Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

Avant-propos

Général Robert Bresse
directeur du musée de l’Armée

Les 30 novembre 1er et 2 décembre 2005 se déroulait au musée de l’Armée le colloque “Austerlitz, Napoléon au cœur de l’Europe”. Son organisation en trois journées avait pour but de rendre compte, dans toute leur complexité, des multiples dimensions de l’événement : la bataille elle-même, dans ses aspects tactiques et organisationnels. Puis les conséquences géopolitiques et diplomatiques qui en résultent, avec l’émergence d’un nouvel ordre européen. Enfin, last but not least, l’impressionnante postérité du souvenir d’Austerlitz, ensemble très riche, très divers, de représentations et de mémoi­res de la plus fameuse victoire militaire de Napoléon – célébrée encore de nos jours.

Ce colloque constitue l’aboutissement d’un cycle interna­tional dont le musée de l’Armée a pris l’initiative à Paris, en 2001, avec Terminer la Révolution ?[1], puis qui s’est poursuivi en 2002 à Moscou, en 2003 à Naples et en 2004 à Vienne. Le but de cette vaste entreprise est d’associer les regards croisés de nom­breux spécialistes, civils et militaires, historiens, historiens d’art et littéraires, français et étrangers, afin d’actualiser notre connais­sance de l’Europe au temps de Napoléon.

Chargé statutairement d’être le “gardien du tombeau de l’Empereur”, responsable d’un établissement dont les collections Premier Empire fascinent, j’ai dû constater, à maintes reprises, que “… la figure de Napoléon suscite toujours plus de passion que de raison, plus de polémique que de réflexion historique critique…[2]. Aussi ai-je tenu à ce que le musée de l’Armée main­tînt, en cette occasion comme dans toutes les autres, une appro­che exclusivement scientifique du sujet.

Cette déontologie salutaire est l’accompagnement logique du grand projet ATHENA de modernisation du musée de l’Armée, qui offre à notre établissement la chance de s’affirmer pleinement comme musée d’histoire. Les anciennes salles d’exposition permanente, attachantes, chaleureuses, correspon­daient à une muséographie des années 70 (leur volonté d’exhaus­tivité conduisait parfois à une accumulation d’objets sans démonstration évidente) et une partie du public s’en est éloignée. Il s’agit à présent d’élaborer de nouvelles présentations qui valo­risent les collections en intégrant les procédés muséographiques modernes et qui proposent aux visiteurs une lecture hiérarchisée s’inscrivant dans une perspective historique à la fois rigoureuse et attrayante. Ainsi le musée de l’Armée sera-t-il à bon droit le grand musée d’histoire militaire de la France.

Grâce à l’aide constante et précieuse accordée au musée de l’Armée par la Fondation Napoléon, je suis heureux de livrer au public le fruit du travail conjugué des éminents spécialistes qui nous ont restitué le soleil d’Austerlitz, avec ses rayons et ses ombres.

 

[1]      Les actes de ce colloque ont été publiés sous ce titre chez Economica, 2001.

[2]      Oleg Solokov, Napoléon, l’Europe et la Russie, Éd. Commios, 2006, préface du général R. Bresse, p. 5.

 

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