| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Les Stratégiques
Clausewitz et le discours stratégique américain. De 1945 à nos jours
Christophe Wasinski
Dans
les paragraphes qui suivent, nous avons voulu donner une idée de la
diffusion de la pensée germanique outre-Atlantique. Cela permettra ultérieurement
de mieux distinguer ce qui ressort de Clausewitz ou d'autres auteurs
allemands dans le discours américain. Les
noms des grands théoriciens germaniques de la guerre reviennent en effet très
souvent dans ce discours. L'attrait de la pensée stratégique allemande est
présent de longue date aux Etats-Unis. On peut évoquer diverses raisons à
cet égard. Ainsi, dans l'introduction de la nouvelle publication américaine
de 1951, des instructions à ses généraux de Frédéric II, on apprend que
les patriotes de la Révolution américaine, dont Washington et Franklin,
appréciaient beaucoup le roi de Prusse. En effet, celui-ci refusa la
traversée de ses territoires à des troupes allemandes qui devaient
s'embarquer pour soutenir les Anglais dans les colonies américaines en
1777-1778 - ultérieurement il revint sur sa décision car il eut besoin du
soutien de la Grande-Bretagne pour faire face à l'Autriche en 1778-1779.
Par ailleurs, Frédéric II était très bien perçu parmi les populations
protestantes de Pennsylvanie et de New York. Washington accueillit aussi un
instructeur prussien à son service : le baron Steuben.[1]
Mais,
plus sérieusement, l'attrait pour la Prusse / Allemagne et sa pensée ne
prendra sa pleine mesure que bien plus tard. Russel F. Weigley note que,
jusqu'en 1870, le modèle de référence de l'armée américaine fut la
France d'où émanait le style napoléonien de la guerre. Après la victoire
prussienne sur la France pendant la guerre de 1870, le prestige de
l'Allemagne se développa rapidement jusqu'à contrebalancer l'influence
française. Ce fait n'est d'ailleurs pas limité aux Etats-Unis. Le modèle
germanique se diffusa rapidement dans le reste de l'Europe.[2]
Par conséquent, le modèle allemand devint de plus en plus celui de référence
aux Etats-Unis. Cela s'avéra surtout exact au niveau de l'armée de terre.[3]
De plus, la fin de la Seconde Guerre mondiale donna un nouveau coup d'accélérateur
à ce phénomène. Les soldats américains étaient en mesure de tirer les
leçons du conflit en mettant à contribution leurs anciens ennemis. Les Américains
cherchaient en particulier à obtenir une meilleure connaissance sur la façon
de se battre contre les Soviétiques en prenant appui sur les méthodes
allemandes.[4] L'influence
allemande est encore observable dans le mouvement de réforme militaire de
la fin des années 70 - début des années 80. On assiste alors à une sorte
d'apogée de la redécouverte des classiques de la stratégie allemande.[5]
Les réformateurs puisèrent une part importante de leur inspiration chez
Clausewitz mais aussi chez Moltke (1800-1891), Schlieffen (1833-1913),
Guderian (1888-1954), Rommel (1891-1944), etc. Si
Clausewitz a largement été associé au paradigme de la bataille d'anéantissement
de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la fin de la guerre du Vietnam,
il a ensuite été analysé avec plus de subtilité. Et, loin de le mettre
dans le même sac que Moltke ou Schlieffen[6],
le discours stratégique américain a appris à le différencier de la généalogie
des penseurs germaniques. Déjà
en 1976, Herbert Rosinski, le stratégiste d'origine allemande, signait un
article mentionnant le glissement qui s'était opéré dans la pensée
militaire allemande de Clausewitz à Schlieffen en passant par Moltke. Pour
Rosinski, on assistait à une application toujours plus mécanique de l'édifice
clausewitzien. Selon lui, Schlieffen faisait toutefois exception à ce
processus de mécanisation – l'exception ne s'étend toutefois pas aux
disciples de ce dernier. Rosinski concluait ensuite que la Seconde Guerre
mondiale prouvait que l'Allemagne avait su retrouver une vision plus
flexible de la tradition clausewitzienne au travers de la Blitzkrieg.[7]
Martin Kitchen partagea le point de départ de l'analyse de Rosinski -
soit l'application toujours plus mécanique des préceptes clausewitziens -
mais ne voyait pas en quoi Schlieffen était un cas différent. Selon
Kitchen, Schlieffen, comme Moltke, croyait en la possible élimination des
frictions clausewitziennes. Tous deux avaient une conception de la guerre
centrée sur le dogme de la bataille d'anéantissement, dogme très vivace
selon l'auteur.[8]
Par contre, toujours pour Kitchen, les tenants de la défense - défensive
ne seraient peut-être pas si éloignés de Clausewitz car l'origine de leur
raisonnement découle de la primauté du facteur politique dans la guerre.[9]
Quoi
qu'il en soit, la vision mécaniste de la pensée stratégique allemande est
encore une fois retenue dans le chapitre consacré à Moltke, Schlieffen et
la doctrine de l'enveloppement stratégique dans l'édition de 1986 du Makers
of Modern Strategy. L'auteur, Gunther E. Rothenberg, pense tout d'abord
qu'il est difficile d'évaluer l'influence réelle de la pensée de
Clausewitz en Prusse et en Allemagne. Mais quelle que soit cette influence,
il décrit Schlieffen et Moltke comme des "grammairiens" de la
guerre. D'un part, Moltke fait passer au second plan les enseignements
clausewitziens sur la primauté du politique. D'autre part, Schlieffen
entreprend tous les efforts possibles pour éliminer les frictions dans sa
pensée, ce qui fait de lui l'antithèse
de Clausewitz.[10]
Daniel
J. Hughes précisera l'image de Moltke. Il mettra complètement en doute une
possible influence de Clausewitz chez Moltke. Moltke fut bien élève à la Kriegsakademie
lorsque Clausewitz y était directeur. Mais, de par sa position, Clausewitz
n'y enseigna jamais et avait apparemment peu de prise sur la matière et les
méthodes d'apprentissage. De plus, il n'existe aucune preuve de contact
direct entre Moltke et Clausewitz. Daniel J. Hughes illustre également le
peu de compréhension dont Moltke faisait preuve à l'égard de la Formule
par l'épisode de la guerre franco-prussienne. Moltke pensait qu'une fois
les hostilités commencées, la stratégie devait prendre le pas sur la
politique.[11]
Moltke était peut-être capable de discerner la composante politique de la
composante militaire - opérationnelle - de la guerre[12],
mais pas de les agencer avec subtilité. Cette approche est à comparer avec
celle de Colmar von der Goltz (1844-1904), un des théoriciens de la guerre
totale. Goltz pensait, comme Moltke, que la guerre devait être poussée
jusqu'à sa limite supérieure, refusant par là l'idée de soumission de la
grammaire militaire à la logique politique. S'il existe un impact de la
pensée de Clausewitz dans la réflexion de ces hommes, il doit être trouvé
à un autre niveau. Moltke, par exemple, rechercha surtout des conseils opérationnels
dans Vom Kriege - quasiment des
recettes.[13] On
vient donc de voir qu'il était abusif de confondre Clausewitz et la généalogie
des stratèges et stratégistes allemands. Le discours stratégique américain,
lui, ne pratique pas non plus cette confusion pour la période considérée.
Une
question supplémentaire se pose maintenant quant à savoir en quoi, la pensée
germanique intéresse la stratégie américaine
- et quelles sont les limites de cet intérêt. En fait, lorsque l'on
rassemble les textes mentionnant les penseurs allemands, plusieurs thématiques
particulières se dégagent rapidement et, parfois, se recoupent :
A
La première thématique en question est celle du rôle que doit assumer un
grand état-major. Il est vrai que l'élaboration des états-majors
"modernes" remonte surtout à l'armée prussienne de l'époque de
Moltke.[14]
Le discours stratégique américain n'a pas manqué de se poser la question
de l'applicabilité de ce modèle aux Etats-Unis. La démarche est souvent
très éloignée d'une interrogation historique "gratuite". Le modèle
du grand état-major s'avérait très seyant au premier abord. La structure
et les prouesses intellectuelles de cette institution étaient remarquables.[15]
Mais il existe un certain nombre d'objections à la transposition. Une telle
greffe serait-elle possible dans un milieu totalement dissemblable ? Le système
allemand n'était-il pas avant tout l'expression de son milieu d'origine ?[16]
Des protestations à caractère plus éthique ont aussi été formulées ;
au point de vue organisationnel, la création d'un organe militaire tout
puissant ne risque-t-elle pas de mettre en péril la démocratie ? La réflexion
prend d'autant plus d'acuité que l'armée américaine, après la guerre du
Vietnam, est devenue professionnelle. On pensait alors aux risques de
dissociation entre le militaire et la société américaine.[17] B
La deuxième thématique abordée est celle de l'art opérationnel. Dans sa
recherche des fondements de l'art opérationnel, le mouvement de réforme
militaire, ainsi que sa descendance, puisera largement dans la pensée
classique allemande. Les noms de Moltke et Schlieffen reviennent souvent et
se voient même attribuer une certaine paternité en la matière. Assez étrangement,
certains auteurs mettent en évidence leur approche flexible, contredisant
la thèse de la mécanisation développée par Herbert Rosinski et Martin
Kitchen. Ce courant justifie son opinion à la lueur de la médiocre valeur
que Moltke attribuait à la planification. Il est vrai que Moltke a affirmé
qu'une fois la ligne de départ des opérations franchie, le plan perd toute
sa valeur sous le poids des contingences.[18]
Indirectement, le rôle des frictions se trouve ici réintroduit. La
flexibilité mentionnée est en fait plus proche de l'improvisation. C
Toujours dans la thématique opérationnelle, les réformateurs vont
beaucoup s'intéresser à la Blitzkrieg
de la Seconde Guerre mondiale. La Blitzkrieg
revêt une image quasi mythique d'efficacité. De plus, son application face
à une éventuelle offensive du Pacte de Varsovie paraissait envisageable
dans les années 80.[19]
Les Américains ont été séduits par le concept de disruption
- soit l'emphase du choc psychologique et de la désorganisation en résultant
– que l'on retrouve dans la Blitzkrieg.
En effet, la Blitzkrieg ne visait
pas uniquement la destruction physique, ou l'anéantissement pur et simple.
Cette "doctrine" semblait alors bien convenir à la situation des
forces de l'O.T.A.N. en Europe. L'O.T.A.N. était en position d'infériorité
numérique, comme l'Allemagne l'était contre l'Union soviétique pendant la
guerre.[20]
Mais le fait de vouloir transformer la doctrine de l'U.S. Army en une
nouvelle forme de Blitzkrieg
rencontra l'opposition de certains auteurs comme Daniel J. Hughes. Pour
Hughes, l'association des termes doctrine et Blitzkrieg
était abusive. Selon lui, la manière de combattre des Allemands n'était
pas formellement codifiée - comme doit normalement l'être toute doctrine.
Il s'agissait plutôt d'une sorte de consensus informel, d'une approche
commune particulière, parfois assez floue, du combat. Le tout était caractérisé
par une grande latitude d'initiative donnée aux officiers.[21] D
La troisième thématique souvent évoquée par le discours stratégique américain
est issue d'une réflexion sur la valeur relative des combattants, sur leur
aptitude à combattre. Cette notion a été rendue en anglais par le terme fighting
power. Cette thématique a été propulsée dans le discours stratégique
par l'ouvrage Fighting Power écrit
par l'historien militaire israélien, Martin van Creveld. Ce livre, sorti en
1983, eut un grand retentissement aux Etats-Unis. Il remettait en question
de nombreuses affirmations qui circulaient quant à la valeur respective des
troupes américaines et allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Fighting
Power comblait également un vide. Avant la guerre du Vietnam, trop de
publications s'étaient intéressées aux matières situées en amont et en
aval du combat - comme la logistique -, mais rarement au combat lui-même.
Le livre s'insérait dans un courant de réflexion engagé par des
chercheurs comme E.N. Luttwak et T.N. Dupuy, que Martin van Creveld remercie
dans son introduction. Au total, pour l'historien israélien, les unités
allemandes ne se battirent pas mieux que les unités américaines pendant la
guerre. Toutefois, il en vient tout de même à cibler certaines faiblesses
dans la gestion des unités américaines. En premier lieu, le style américain
de la guerre est trop "managérial" et il attache trop
d'importance au détail. On y retrouve un certain taylorisme où l'homme est
perçu comme une sorte de machine. Cette situation joue au détriment de la
créativité et de l'initiative. A contrario, les Allemands développèrent
le concept d'Auftragstaktik - une
forme de commandement extrêmement décentralisé et souple -, concept qui
semble remonter aux troupes de la Hesse qui combattaient lors de la Révolution
américaine. Cette approche de commandement est mise en valeur et présentée
comme une espèce de modèle dont les forces américaines pourraient
s'inspirer. On verra que le terme d'Auftragstaktik
a connu une grande diffusion dans le discours stratégique américain. Van
Creveld met une deuxième notion en exergue : l'importance de la cohésion
du groupe primaire - un groupe composé d'individus entretenant des contacts
interpersonnels directs. Alors qu'au sein des unités américaines, cette
cohésion est généralement faible - le type d'entraînement, les rotations
fréquentes de soldats au sein d'une unité et non la rotation de l'unité
dans son ensemble, l'individualisme traditionnel sont quelques-unes des
explications qui peuvent être avancées -, elle était très développée
dans la Wehrmacht. La cohésion permettrait d'expliquer pourquoi les soldats
allemands continuaient à combattre dans des situations quasi-désespérées
: pour la sauvegarde du groupe. En conclusion, l'auteur relativise le rôle
de l'idéologie dans le comportement du soldat allemand.[22]
Van Creveld précisera tout de même, dans un article, que l'armée
allemande n'était pas dénuée de points faibles et qu'il ne faut pas la
transformer en un modèle absolu d'apprentissage.[23]
Cette vision du "soldat-manager" américain et du
"soldat-combattant" allemand a fait des émules depuis la
publication du livre Fighting Power.[24]
Mais, ici aussi, la question de la transposition possible du système
de la Wehrmacht aux Etats-Unis soulève des problèmes de compatibilité.
Christopher Bassford se demande si le tempérament américain, trop
individualiste, permet véritablement d'instaurer le modèle de cohésion du
groupe primaire. Le schéma germanique ne serait donc pas la panacée.[25]
Roger Beaumont, lui, continue à penser que le rôle de l'idéologie,
de la propagande, ou le pouvoir charismatique de Hitler, restent des éléments
explicatifs très valables de la haute combativité de la Wehrmacht.[26]
Pour
terminer, certains auteurs finiront par être agacé par la référence perpétuelle
au modèle allemand. Les critiques portent d'abord sur la constatation que
l'Allemagne a perdu la guerre 40-45. Pour David Schoenbaum, les Allemands
n'ont jamais été capables de consolider leurs succès opérationnels au
niveau stratégique. Leur compréhension de la Formule
reste donc limitée.[27]
D'autre part, la quasi - absence de doctrine du côté américain n'a
pas empêché les Etats-Unis de vaincre le nazisme.[28]
De plus, le peu de considérations d'une puissance continentale comme
l'Allemagne pour la marine rend le modèle moins parlant outre-Atlantique.[29]
Encore une fois, la critique juge que l'armée allemande n'est pas le
seul modèle d'apprentissage.[30]
Une
autre série de critiques portera sur des questions d'ordre plus éthique.[31]
Martin van Creveld évoquait déjà le fait qu'il est grossier de séparer
totalement le nazisme de la Wehrmacht.[32]
L'allégeance des officiers à Hitler est aussi discutée que présentée
comme une source d'inspiration négative : l'officier doit rester loyal
envers la société pas envers le dictateur. Le soldat devrait donc répondre
à un impératif de moindre politisation.[33]
Clausewitz est parfois aussi mis sur la sellette dans ce débat sur la
Wehrmacht. Présenté comme le chantre du nationalisme allemand, Clausewitz
serait spirituellement aussi coupable que les officiers allemands de la
Seconde Guerre mondiale. Les recherches académiques à ce propos sont par
contre nuancées. Peter Paret avait déjà écrit à ce propos en 1965 qu'il
existait deux écoles d'interprètes de Clausewitz en Allemagne durant les
années 30. L'une respectait le principe de la soumission du militaire par
le politique, la deuxième réinterprétait Clausewitz dans un sens
contraire à la Formule. La première
école est représentée par Groener, dernier chef d'état-major de l'armée
impériale et Hans von Seekt, une des figures de proue de la Reichswehr
jusqu'en 1926. La seconde école est symbolisée par Ludendorff – qui
rejeta la Formule.[34]
Mais quelles que soient les raisons morales invoquées pour appréhender
avec précautions l'apport du modèle allemand, il existe encore une poignée
d'irréductibles qui se justifient simplement par le fait que la Wehrmacht
combattit superbement bien.[35]
Ce débat semble loin d'être clos.[36] [1]
Frederic the Great, Instructions
for his Generals, Harrisburg, Military Service Pub. Co., 1951, pp.
2-3. [2]
Voir à ce propos : Luvaas J., The
Military Legacy of the Civil War – The European Inheritance,
Chicago, The University of Chicago Press, 1959, 252 p. (par exemple p.
115 en ce qui concerne la Grande-Bretagne). [3]
Weigley R.F., The American Way of
War, op. cit., p. 210. [4]
Soutor, K., "To Stem the Red Tide: The German Report Series and Its
Effect on American Defense Doctrine, 1948-1954", The
Journal of Military History, octobre 1993, pp. 653-688. [5]
Citons à ce propos une remarque de Denis Showalter: Uniformed
intellectuals have embraced Clausewitz, Moltke and Guderian like hermits
discovering sex: with more enthusiasm than finesse. Showalter D.,
"Goltz and Bernhardi: The Institutionalization of Originality in
Imperial German Army", Defense
Analysis, décembre 1987, p. 305. [6]
Helmuth von Moltke (1800-1891) était le chef d'état-major prussien
lors des guerres prusso-danoise de 1864, prusso-autrichienne de 1868,
franco-prussienne de 1870. Il ne faut pas le confondre avec son neveu,
qui porte les mêmes nom et prénom que lui, et sera chargé de l'exécution
du plan Schlieffen. On distingue généralement les deux hommes en
appelant le premier des deux l'ancien
et le second le jeune - the
Elder et the Younger en
anglais. Nous ne ferons pas référence au plus jeune des deux. Alfred
von Schlieffen (1833-1913) est surtout célèbre pour avoir donné son
nom aux bases du plan d'offensive allemande du début de la Première
Guerre mondiale. [7]
Rosinski H.,
"Scharnhorst to Schlieffen: The Rise and Decline of German Military
Thought", Naval War College
Review, été 1976, pp. 83-103. (article
traduit en français par Lionel Fischer dans : id., "De Scharnhorst
à Schlieffen : Grandeur et décadence de la pensée militaire
allemande", Stratégique,
4-2000, 76, pp. 53-84). [8]
Opinion partagée par l'historien militaire israélien Jehuda L. Wallach
; Wallach J.L., "Misperceptions of Clausewitz' On
War by the German Military", dans Handel M.I., Clausewitz
and Modern Strategy, op. cit.,
pp. 213-139. [9]
Kitchen M., "The Traditions of German Strategic Studies", The
International History Review, avril 1979, pp. 163-190. [10]
Rothenberg G.E., "Moltke, Schlieffen, and the Doctrine of Strategic
Envelopment", dans Paret P. (ed .), Makers
of Modern Strategy, op. cit.,
pp. 297 et 312 [11]
Hughes D.J., "Points on Moltke Redefined", Military
Review, janvier 1991, pp. 86-87. Opinion que nous retrouvons également
dans : Echevarria A.J., "Moltke and the German Military Tradition:
His Theories and Legacies", Parameters,
printemps 1996, pp. 91-99. [12]
Krause M.D., "... And
Further Redefined", Military
Review, janvier 1991, pp. 87-89. [13]
Cannon M.W., "Clausewitz for Beginners", Airpower
Journal, été 1989, pp. 48-57. Voir aussi : Echevarria A.J.,
"Borrowing from the Master: Use of Clausewitz in German Military
Literature before the Great War", War
and History, juillet 1996, pp. 274-292. [14]
Il existe une littérature importante à cet égard, de la fin de la
Deuxième Guerre mondiale à nos jours. Voir par exemple : Bucholz A., Moltke,
Schlieffen and the Prussian War Planning, Oxford, Berg. Pub., 1991,
352 p. ; Demeter K, The German
Officer Corps, (Das deutsche
Offizerkorps in Gesellschaft und Staat 1650-1945, 1962 - traduit de
l'allemand par Malcolm A.), Londres, Weindenfeld & Nicolson, 1965,
414 p. ; Görlitz W., The German
General Staff – Its History and Structure – 1647-1945, (Der
Deutsche Generalstab, trans. by Br. Battershaw, with a Preface by C.
Falls), Londres, Hollis and Carter, 1953, 508 p. Ces trois ouvrages ont
été écrits par des Allemands. Mentionnons que Karl Demeter est un
ancien étudiant de Hans Delbrück. A cela, il faut encore ajouter des
ouvrages classiques comme : Craig G.A., The
Politics of the Prussian Army – 1640-1945, Londres – Oxford –
New York, Oxford University Press, 1968 (1955, 1964), 538 p. ; Kitchen
M., A Military History of Germany
from the eighteenth century to the present day, Londres, Weidenfeld
and Nicolson, 1975, 384 p. Ces ouvrages citent Clausewitz même s'ils ne
s'attardent pas spécialement sur lui. Le livre de Görlitz est celui
qui lui consacre le plus de place, avec une vision tournée vers
l'approche directe. L'auteur souligne néanmoins la valeur de la Formule
dans la pensée de Clausewitz (voir surtout : pp. 60-64). [15]
Starry D.A., "To Change an Army", Military
Review, mars 1983, p. 26 (texte issu d'une conférence - Committee
on a Theory of Combat - du général Donn A. Starry le 10 juin 1980
à Carlisle Barracks, U.S. Army War College). [16]
Voir : Betts R.K., "Conventional Strategy -
New Critics, Old Choices", art.
cit., p. 149. [17]
Beaumont R.A., "On the Wehrmacht
Mystique", Military Review,
mars 1987, pp. 2-13. [18]
Hoschouer J.D., "von Moltke and the General Staff", Military
Review, mars 1987, pp. 62-73 ; Krause M.D., "Moltke and the
Origins of Operational Art", Military
Review, septembre 1990, pp. 28-44. [19]
Linvingtson N.B. III, "Blitzkrieg in Europe: Is It Still
Possible?", Military Review,
juin 1986, pp. 26-38. [20]
Oberer W.Fr., "The True Difference", Military
Review, avril 1988, pp. 74-81. L'auteur est
un juriste allemand. [21]
Hughes D.J., "Abuses of German Military History", Military
Review, décembre 1986, pp. 68-69. [22]
Creveld M. van, Fighting Power -
German and U.S. Performance, 1939-1945, Londres, Arms and Armour
Press, 1983, 198 p. Cet ouvrage est à situer en droite ligne d'un
article de Morris Janowitz et Edward A. Shils sur la cohésion des unités
allemandes. Ces deux auteurs, qui avaient travaillé auprès de services
alliés de guerre psychologique, utilisaient largement la notion de
groupe-primaire dans leurs explications. Shils
E.A. & Janowitz M., "Cohesion and Disintegration in the
Wehrmacht in World War II", Public
Opinion Quarterly, été 1948, pp. 280-315.
[23]
Creveld van M., "On Learning from the Wehrmacht and Other
Things", Military Review,
janvier 1988, pp. 62-71. [24]
Voir, par exemple : Gray C.S., "National Style in Strategy", International
Security, automne 1981, pp. 21-47. [25]
Bassford Ch., "Cohesion, Personnel Stability and the German
Model", Military Review,
octobre 1990, pp. 73-81. [26]
Beaumont R.A., "Wehrmacht Mystique Revisited", art.
cit., pp. 64-75. [27]
Schoenbaum D., "The Wermacht and G.I. Joe: Learning What
from History - A Review Essay", International
Security, été 1983, p. 205. [28]
Beaumont R.A., "On the Wehrmacht
Mystique", art. cit. [29]
Record J., "Operational Brilliance, Strategic Incompetence - The
Military Reformers and the German Model", Parameters,
automne 1986, pp. 5-7. [30]
Tritten J.J. & Donaldo L., A
Doctrine Reader - The Navies of United States, Great-Britain, France,
Italy and Spain, op. cit.,
p. 146. [31]
Notons au passage une très intéressante thèse historique. Rappelons
que Clausewitz distinguait deux types de guerre : la guerre dans la réalité
et la guerre absolue, ou conforme à sa nature abstraite. Les Nazis
auraient réinterprété Clausewitz en retournant le concept d'absolu.
Par l'idéologie, ils ont élaboré une politique totale - une politique
aux objectifs illimités - qui devait s'adapter à l'idée de guerre
absolue. Ici, la politique
n'est plus l'un des éléments censé limiter la guerre. Elle sert, au
contraire, à lui permettre de se conformer à sa tendance absolue. Baldwin
P.M., "Clausewitz in Nazi Germany", The
Journal of Contemporary History,
janvier 1981, pp. 5-26. [32]
Creveld M. van, "On Learning from the Wehrmacht and Other
Things", art. cit., pp.
62-71. Sur ce sujet, voir par exemple :
Bartov O., Hitler’s Army :
Soldiers, Nazis, and War in the Thord Reich, Oxford, Oxford
University Press, 1992, 238 p. [33]
Wakenfield K.R., "The German Generals 1918-1933", Military
Review, novembre 1974, pp. 32-40. [34]
Paret P., "Clausewitz - A Bibliographical Survey", art.
cit., p. 280. Voir aussi, dans la même ligne que l'interprétation
de Peter Paret : Müller K.-J., "Clausewitz, Ludendorff and Beck:
Some Remarks on Clausewitz' Influence on the German Military in the
1930s and 1940s", dans Handel M.I., Clausewitz
and Modern Strategy, op. cit.,
pp. 240-266. ; Sadoff L.R., "Hans von Seeckt: One Man Who Made a
Difference", Military Review,
décembre 1987, pp. 76-81. [35]
Evancevich M.S., "Wermacht Lessons",
et Richey S.W., "Into The Frey Again", dans le même
numéro de la Military Review,
juillet 1988, p. 89. [36]
Voir en particulier : Baxter C.F., "Did Nazis Fight Better Than
Democrats? Historical Writing on the Combat Performance of the Allied
Soldier in Normandy", Parameters,
automne 1995, pp. 112-117.
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