| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire
La campagne de 1813 jusqu'à l'ArmisticeCarl von Clausewitz
Chapitre
II L’armée
prussienne
Au mois de janvier 1813
commencèrent, en Prusse, les levées pour compléter les effectifs des
troupes existantes et en former de nouvelles, à peu près au même moment où
la France organisait de nouveaux corps. Après deux mois, c’est-à-dire
vers la fin de mars, l’armée de Silésie était portée à 25 000
hommes de troupes complètement formées, sans compter les garnisons des
places fortes, et environ 20 000 hommes de troupes en voie
d’organisation. Le corps prussien
d’York, fort de 15 000 hommes, vint vers les Marches (il avait plus
de 6 000 malades). Dans les Marches et en
Poméranie étaient environ 10 000 hommes de troupes complètement formées,
non compris les garnisons des places fortes, et 15 000 hommes de
troupes en formation. Par conséquent, les
forces prussiennes s’élevaient à :
Les forces de l’armée
avaient donc été presque quadruplées. Les nouvelles troupes, non complètement
formées en mars, se trouvèrent prêtes à la fin d’avril lorsque la
guerre éclata, mais elles n’avaient pas encore pu arriver sur le théâtre
d’opérations de Saxe. Au commencement de mai (au moment de la bataille de
Görschen), l’armée prussienne comprenait les trois parties suivantes :
Les troupes de
landwehr étaient, en ce moment, encore en formation. D’après le plan
d’organisation, elles devaient atteindre la force de 450 000
hommes. Toutes ces troupes complètement formées étaient animées du
meilleur esprit. Leur organisation en petits corps de 7 000 à 8 000
hommes de toutes armes, munis de tout le nécessaire, peut passer pour une
des meilleures que des troupes aient jamais eue. Les commandants des corps
étaient : 1.
Le général de cavalerie Blücher. Sous ses ordres : 1re
brigade, colonel de Klüx ; 2e
brigade, général de Ziethen ; Brigade
de réserve (garde), général de Röder Réserve
de cavalerie (comprenant tous les cuirassiers), colonel de Dolffs ; 2.
Le lieutenant général d’York. Sous lui : Lieutenant
général de Kleist, colonel du Horn et général de Hunerbein. L’organisation
primitive de ce corps avait été si souvent modifiée au cours des
opérations auxquelles il n’avait cessé de prendre part depuis la
campagne de Courlande qu’elle n’était plus reconnaissable au moment de
la, bataille de Görschen. Le général d’York était à la bataille
avec 8 000 hommes, ayant sous ses ordres le général de Hunerbein et
le, colonel de Horn. Le général de Kleist, avec une partie du corps et
quelques régiments russes, en tout environ 5 000 hommes, était devant
Leipzig. Les autres fractions du corps étaient restées, partie devant
Spandau, partie devant Wittemberg ; 3.
Le général Bülow et, sous ses ordres, le général Borstell. Ils
commandaient les corps établis devant les places de Magdebourg et
Wittemberg, ainsi que sur l’Elbe. Le lieutenant général
Tauentzheim commandait les troupes devant Stettin ; le général Schüler,
celles devant Glogau ; le général Thümen celles devant Spandau. Tel était l’état de
l’armée prussienne au début des opérations sur la rive droite de
l’Elbe. Ainsi que cela se produit
d’habitude, les conditions dans lesquelles on se trouvait furent cause
d’un éparpillement des forces auquel ne songe guère celui qui, éloigné
du théâtre des opérations, calcule du fond de son cabinet les divers événements
qui peuvent se produire. Par la force des choses, cet éparpillement devait
être là plus important que de coutume : d’abord, on avait derrière
soi un nombre inusité de places fortes tant ennemies qu’amies, puis la
Prusse avait commencé la formation de sa puissance militaire dans les
provinces éparses de son royaume mutilé et encore occupé par l’ennemi ;
enfin, elle n’avait pas eu le temps d’échanger ses positions contre
celles des troupes russes et de réunir ses forces en un même point.
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