| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Les Stratégiques
Articles choisis
Maurice Faivre LA
GUERRE CIVILE DES ALGERIENS
Terre d'invasions et de colonisations successives, l'Algérie a
traversé des périodes de troubles et de divisions internes. Elle n'a été
unifiée dans ses frontières actuelles qu'après la conquête
française et l'occupation du Sahara, à la fin du 19ème siècle.
L'histoire du Maghreb central offre ainsi une succession de soulèvements
et de conflits religieux et politico-sociaux, qui se sont perpétués au
cours des siècles, jusqu'aux crises de l'Algérie indépendante. Ce
chapitre se propose de survoler cette évolution. Les
rivalités dans une Algérie morcelée(1)
.
La société d'origine berbère se caractérise par son organisation
en familles patriarcales, hostiles à toute oppression et dévouées au
groupe social d'appartenance. Les rivalités existant entre familles, clans,
et tribus ont parfois été surmontées, afin d'opposer des confédérations
de tribus, et même d'éphèmères royaumes numides, à la domination des phéniciens,
notamment Carthaginois, puis des Romains.
Lors des guerres puniques qui opposent Rome à Carthage (261 et 218
avant J.C.), les Berbères se rangent d'abord dans le camp romain, et leur
chef Massinissa bat Hannibal en 202. Lorsqu'en 146 les Romains rasent
Carthage, ils s'emploient à détruire l'unité de la Numidie en
encourageant les revendications tribales. Les attitudes des Berbères sont
alors de deux sortes, ou bien ils refusent l'occupation romaine et se réfugient
dans les montagnes, ou bien ils se romanisent, avant de se christianiser.
Certains de ces chrétiens abjurent leur foi pour échapper aux persécutions
romaines et versent ensuite dans le schisme donatiste aux 3ème et 4ème siècles.
D'autres Berbères romanisés se soulèvent contre la colonisation
romaine et rallient à leur révolte les tribus montagnardes. Succèdant à
celle de Jugurtha (104 avant J.C.), huit insurrections majeures sont déclenchées
de l'an 17 à 395 de notre ère. En 429, l'occupation des Vandales, qui ne pénètrent
pas dans les massifs kabyles, provoque un énorme soulèvement des Berbères,
appuyé par les donatistes et les misèreux d'alors, les circoncellions
(ceux qui rôdent autour des granges, circum
cellas ). Lors de l'intervention de Byzance en 537, les Berbères sont
refoulés dans leurs villages fortifiés, et s'efforcent de reconquèrir les
terres qu'ils ont perdues. De nouvelles révoltes sont conduites par les
Berbères Garmel et Gelimer.
De 645 à 715, les Arabes ayant conquis la Tripolitaine envahissent
à plusieurs reprises le Maghreb. Leur conquête entraîne la révolte du
chef Koseila et de la
Kahina dans l'Aurès. Les conversions par contrainte sont suivies, selon
Ibn Khaldoun, d'apostasies successives. En 740, toute la Berbérie se soulève
contre le despotisme des Califes Omaïyades de Damas, et adopte le dogme kharedjite,
plus ascétique et égalitaire que l'Islam orthodoxe(2).
Les Arabes sont battus sur l'oued Cheliff et l'oued Sebdou en 740 et 742.
Mais au 9ème siècle, le royaume kharédjite
est balayé par le soulèvement des Ketamas,
confédération kabyle qui se réclame du Calife fatimide de Kairouan. A la
suite de luttes très confuses, dans lesquelles les tribus kabyles
s'efforcent de préserver leur autonomie, le Berbère Ziri fonde un Etat
ziride, que son descendant Hammad transforme en royaume hammadite ; c'est déjà
le culte de la personnalité.
A la fin du 11ème siècle, l'Algérie subit la seconde vague de
l'invasion arabe, conduite par les nomades hillaliens,
commandités par le calife du Caire. Les Beni
Hillal occupent les steppes algériennes et refoulent les Kabyles réfractaires
sur les massifs côtiers. Cependant les Hillal
sont à leur tour contenus par les Berbères almoravides
(morabitoun, hommes du couvent
fortifié, le ribat ), mystiques
exaltés et guerriers qui viennent du Sud marocain. S'emparant d'Alger en
1082, ils instituent la journée du
tri, à l'issue de laquelle sont exécutés les tièdes et les
hypocrites. Ils sont supplantés par leurs adversaires du Haut Atlas, les Almohades,
(unitaires), aristocrates plus rigoureux encore, qui imposent le rite malékite
et l'impôt foncier. Ils
battent les Hillaliens
à Sétif en 1152 et éliminent les derniers Almoravides en
s'emparant de Bougie et d'Alger en 1187.
Les invasions des 11ème et 12ème siècles achèvent le processus
d'islamisation du Maghreb, sous de multiples influences et en plusieurs
phases. Les Kabyles et les Chaouias (habitants de l'Aurès) adhèrent à la
religion nouvelle sans la pratiquer complètement, et conservent leurs
coutumes, dont le culte des saints. Une autre invasion est conduite au 14ème
siècle par les Mérinides, rois du Maroc qui s'emparent de Tlemcen (1337),
et ravagent à nouveau le Maghreb jusqu'à Bône et Tunis.
Venus également du Maroc à partir du 15ème siècle, les marabouts
ont peu à peu encadré les tribus, constituant une caste fermée et exerçant
dans les villages un pouvoir spirituel qui leur permettait de présider à
tous les actes de la vie familiale, de la naissance au mariage et à la
mort.
Refoulés vers la côte, les Berbères ont développé leur activité
maritime, notamment la piraterie, qui s'exerça surtout contre le commerce
espagnol. Pour y mettre un terme, le roi d'Espagne décida, après la
Reconquête de son territoire, d'intervenir en occupant des Présides
qui interdirent tout développement et accentuèrent le déclin des
ports d'Alger, Oran et Bougie.
Pour conjurer cette décadence, la cité d'Alger fit appel en 1516 à
deux corsaires turcs établis à Djidjelli, les frères Barberousse,
qui installèrent une Régence ottomane, vassale de l'empire turc, dirigée
par un dey désigné par la milices des Janissaires
(l'Odjak ); le dey était représenté par trois beys à Médéa, Oran
et Constantine. Les Marocains sont chassés de Tlemcen par les Janissaires
en 1552. A cette occupation ottomane, il faut ajouter, à partir de 1609 à
Oran, l'invasion pacifique de 300.000 Morisques qui, expulsés d'Espagne en
raison de leur non-assimilation, vont se disperser dans le Maghreb et dans
l'Empire ottoman (3).
Selon Mohamed Harbi, 200 tribus sur 516 échappaient à l'autorité
de la Régence. Une fois par an, les colonnes de Janissaires, appuyées par
les tribus arabes de la plaine, faisaient des expéditions dans les
montagnes pour y percevoir de lourds impôts. Alliées
à des tribus exemptées d'impôts et à de grandes familles, les Turcs géraient
le pays comme un butin.(3).
La caste militaire décrétait sans discernement la responsabilité
collective des tribus. La justice était rendue selon les rites hanéfite
ou malékite; conformément à la loi coranique. Les sanctions allaient
de l'amende à la décapitation, en passant par la bastonnade, la lapidation
et l'amputation de la main. La forme principale de l'activité économique résidait
dans la course sur mer, qui trois siècles durant réduisit en esclavage des
milliers d'Européens. A ces violences, il faut ajouter la cruauté des féodaux
envers leurs sujets, et les souffrances endurées par les esclaves noirs,
lors de leur transfert à travers le Sahara.
"Autrefois, c'était le
temps de la peur, l'ouakt el keuf...quand il y avait en permanence des
discordes entre les tribus, écrit le géologue Robert Laffitte.
A ce moment les gens de la plaine montaient faire des incursions chez les
montagnards, enlevant leurs troupeaux, violant les femmes et dépouillant de
leurs habits les isolés qui dans le territoire de leur tribu se croyaient
en sécurité (4)". L'impact
de la colonisation
A l'origine, la France n'envisageait qu'une expédition punitive
contre les "pirates barbaresques", qui aurait dû se terminer par
la capitulation d'Alger, le 5 juillet 1830, et par la reddition des villes côtières.
Mais l'effondrement du régime turc eut pour conséquence à la fois la désorganisation
du pays et la résistance des chefs arabes, notamment le bey de Constantine
à l'est et l'émir Abd El Kader à l'ouest.
Des accords conclus avec l'Emir lui permettent d'unifier les deux
tiers du pays, et d'édifier un Etat et une armée modernes. Il se heurte
cependant à la résistance des Kouloughlis (métis de Turcs et d'Algériennes)
de Tlemcen, et à celle des Kabyles, qui refusent de lui payer l'impôt. « Nous
n'avons pas de chefs étrangers à notre nation, lui disent-ils...Vous
vous êtes annoncé chez nous en qualité de pélerin...Si vous étiez venu
comme maghzen, au lieu de couscous blanc, nous vous aurions rassasié de
couscous noir (de la
poudre)».
Non appliqués, les accords furent dénoncés de part et d'autre, et
les opérations militaires reprirent, au cours desquelles les deux camps
rivalisèrent de violences. Rejeté par le roi du Maroc, l'Emir est
contraint à la reddition en 1847. L'armée d'Abd el Kader est ainsi vaincue
par une armée supérieurement équipée. Elle l'est aussi parce que les Algériens
manquent de cohésion. Les clans familiaux qui structurent le pays sont
rebelles à une forme politique capable de regrouper les diversités
tribales...Dans les couches autrefois liées à la caste turque,
l'apparition de nouvelles élites, d'un encadrement issu des tribus, suscite
un réflexe de peur. Ici et là, les chefs de famille prépondérantes...collaborent
avec la France ou se réfugient dans l'expectative (3).
La soumission de toutes les tribus demandera encore quelques années,
et des révoltes sporadiques se déclenchèrent après 1856, suscitées par
des chefs féodaux privés de leur pouvoir : parmi les plus importantes,
l'insurrection de Mokrani, bachaga de la Medjana, qui souleva une partie de
l'ouest Constantinois en 1871, et celle de Bou Amama dans le sud oranais en
1881. Elles furent sanctionnées par des expropriations de terre et de
lourdes amendes. La paix française régna désormais sur l'ensemble de
l'Algérie, sans éliminer totalement les structures tribales(5)
, ni éradiquer immédiatement certaines coutumes archaïques.
C'est ainsi que les règles juridiques (kanoun) en vigueur à Cap
Aokas conduisaient chez le marabout celui
qui insulte la religion. On fond du plomb dans la bouche du blasphémateur,
ou bien on le lapide à coup de pierres, ou bien encore on lui coupe la
langue, sinon on l'étend par terre, on le déshabille, et un adulte
vigoureux lui donne cent coups avec une tige de fer, jusqu'à ce qu'il meure
(6).
Robert Gebhart, instituteur en 1930 dans les Babors, constate que la
djemaa des Beni Messali pratique encore une justice expéditive(7).
Quelque temps avant mon arrivée, écrit-il,
le dénommé Bouskine terrorisa les habitants. A son actif : crimes, vols,
viols...Son épopée se termina lorsqu'il fut tué par un justicier. On exécuta
même sa femme et son fils. Les
discordes des nationalistes
Face à la colonisation française, les élites musulmanes se
partagent d'abord en assimilationnistes et en réfractaires. Le mouvement
des Jeunes Algériens, converti par l'école française aux valeurs des Lumières,
se prononce pour l'égalité des droits, alors que les Vieux Turbans, attachés
à la tradition religieuse, refusent ce qu'ils considèrent comme une
apostasie. Le nationalisme algérien naît après la guerre de 1914-1918, le
courant radical est représenté par Messali Hadj, formé initialement par
le communisme, tandis que Ferhat Abbas et les Oulemas sont davantage réformistes
que révolutionnaires. Le débarquement américain de novembre 1942 accélère
la montée du nationalisme, dont le soulèvement de mai 1945 dans le
Constantinois constitue l'acte fondateur.
Au sein du PPA (Parti populaire algérien) de Messali Hadj, qui après
sa dissolution est devenu MTLD (Mouvement pour le triomphe des Libertés démocratiques),
divers courants voient le jour, à la suite du démantèlement de
l'Organisation Spéciale (O.S.) qui a perpétré quelques attentats dans les
années 1949-50. Les centralistes
du Comité s'opposent au pouvoir personnel de Messali Hadj et créent
le CRUA (Centre Révolutionnaire d'Unité et d'Action) pour préparer
l'insurrection de novembre 1954. Cette opposition sera à l'origine du
conflit entre le FLN, Front de libération nationale, auquel se rallient en
1956 les modérés et les oulémas, et le MNA (Mouvement national algérien),
nouveau parti de Messali.
D'autres rivalités apparaissent entre les dirigeants réfugiés au
Caire et ceux de l'Intérieur, entre les régionalistes de Kabylie et de
l'Aurès, puis entre les wilayas de l'intérieur et la direction de Tunis.
Alors que les éléments européens et musulmans du PCA (Parti communiste
algérien) sont en désaccord, les communistes tentent de créer leur propre
mouvement des Combattants de
la Liberté, mais sont finalement contraints de s'intégrer
individuellement au FLN.
Tout en reconnaissant qu'in fine le FLN l'emporte en créant un Etat
reconnu par la communauté internationale, il faut bien souligner qu'au
cours d'un conflit de huit années, se font jour bien des comportements et
des conceptions divergentes. Les Chaouia n'acceptent une direction
que si elle est aurésienne. Les Oranais contestent les responsables
originaires du Constantinois qui dirigent la wilaya 5. L'ancrage
maraboutique des uns, la cohésion patriarcale et le conservatisme
anti-intellectuel des autres, sont en désaccord avec le réformisme des modérés,
autant qu'avec la volonté révolutionnaire, moderniste et laïque des
nationalistes les plus radicaux(8)
Dans l'Aurès, un mouvement de dissidence provoque le ralliement de
Adjoul Adjoul aux forces françaises, la contestation de Mahmoud Cherif par
ses pairs, et les tentatives de prise en mains népotiques du clan des
Abidi. Dans la wilaya 3, après la mort d'Amirouche (dont la responsabilité
est attribuée par certains aux dirigeants de Tunis), le pouvoir est disputé
entre Mohand ou el Hadj et Abderahmane Oumira; le complot
des lieutenants destitue à la fois les deux concurrents, avant que
Oumira ne meurre au combat.
Ces dissentiments seront à l'origine de maintes liquidations : l'exécution
de Chihani Bachir par ses pairs de l'Aurès, l'assassinat de Ali Mellah, du
capitaine Rouget et de Tayeb Djoghlali dans la wilaya 6, l'élimination de
cadres de la wilaya 5 par Si Mohammed, responsable militaire de la wilaya 4.
Les purges contre les traîtres présumés des wilayas 3, 4 et 6 se
traduisent par des milliers d'exécutions sommaires, accompagnés
d'horribles supplices. Le ralliement de Si Salah et d'une vingtaine
d'officiers supérieurs à la paix des braves entraîne leur élimination
physique. L'épuration de la wilaya 4 est poursuivie par les commissions de
purge itinérantes du commandant Hassan (le docteur Youssef Khatib). Se
prononçant contre l'attitude bienveillante du colonel Lotfi, les officiers
de la wilaya 5 sont partisans de décapiter à la hache les déviants (8).
Le FLN a l'ambition d'assurer la direction du peuple, mais ne
parvient pas à éliminer le tribalisme, le régionalisme et le clientélisme.
Pour s'imposer, il n'hésite pas à recourir à la violence et à éliminer
physiquement les notables pro-français et les anciens combattants. De 1955
à 1956, on passe de 4 à 16 égorgés par jour (voir courbe jointe). La
terreur s'installe dans les villages. Des centaines de mutilations faciales
punissent ceux qui enfreignent l'interdiction de fumer et de boire.
La criminalité indigène, étudiée par les professeurs de la Société
médicale d'Alger(9),est
marquée par certains réflexes des temps barbares, où l'on supprime les
humains aussi facilement, et du même geste que l'on égorge les moutons. En
médecine légale occidentale, les égorgements, éventrations et
mutilations faciales et génitales sont assimilées à des actes de sadisme,
et les lynchages de la foule à une explosion de folie collective. Cette
explication ne satisfait pas ces experts, qui recherchent les causes
profondes de ces violences dans l'anarchie des siècles passés, dans la
brutalité de la justice ottomane, et dans le mépris de la vie humaine,
attestée par la pratique de la Rebka
(vendetta kabyle). Le sentiment de l'honneur conduit à venger dans le sang
les manquements à ce code, il autorise le fils à sacrifier sa mère et le
mari à exécuter la femme adultère et son amant.
Reconnaisant le haut idéal de la religion musulmane, son attachement
aux valeurs de fraternité et d'hospitalité, ces médecins observent
cependant que c'est aussi une religion guerrière, intolérante envers les déviants.
Selon eux, la reconnaissance de l'égale dignité de la femme aurait dû
tempèrer la cruauté des moeurs.
Le 20 août 1955, le chef du Nord Constantinois Zirout Youssef entraîne
la population à attaquer une vingtaine de villages, de façon à provoquer
une répression massive des forces de l'ordre;
73 Européens sont tués ainsi que 30 musulmans jugés réfractaires à la Révolution(10).
La
répression sera évidemment très lourde (1200 tués selon le SLNA du
colonel Schoen).
Au début de 1956, le chef kabyle Amirouche fait attaquer les
villages qui s'étaient constitués en auto-défense; à Ioun Dagen et Aïn
Ourabah, des centaines de villageois sont ainsi éliminés au cours d'une
dramatique "nuit rouge". En même temps dans l'Oranais, des
dizaines de fellah sont assassinés à Ain Menaa, Wagram et Honaïn.
En sept ans de guerre, 16.000 civils musulmans seront tués, des
dizaines de milliers blessés, et des milliers de disparus dont on ignore la
destination. La
lutte FLN-MNA (11)
Surpris par les attentats du 1er novembre 1954, les chefs du MTLD
s'efforcent de prendre le train en marche et de s'entendre avec les
responsables FLN auxquels ils accordent une importante aide financière. En
Kabylie et dans l'Aurès en effet, c'est au nom de Messali que Krim Belkacem
et Mostefa Benboulaïd ont lancé l'appel à la lutte. Cependant le
gouvernement dissout le MTLD le 6 novembre, et fait arrêter plus de 400
messalistes. Le Zaïm réagit en créant le MNA, Mouvement National Algérien,
et en envoyant deux délégués, El Mekki et Mazerna, auprès des dirigeants
extérieurs du FLN au Caire, auxquels il reproche "les promesses non
tenues". Mais les Services égyptiens du major Fathi Dib font arrêter
les envoyés de Messali. Mazerna se range alors aux côtés de Boudiaf.
A Alger, le FLN est opposé à une action autonome du MNA. Messali
est considéré comme traître à la Révolution. Abane Ramdane donne
l'ordre au printemps 1955 d'éliminer les maquis MNA en cours de
constitution en Kabylie, et même de liquider Messali. En avril, le MNA procède
à quelques attentats à Boufarik et à Alger, où des bagarres éclatent
entre collecteurs de fonds. Yacef Saadi recrute des truands dont la mission
sera d'épurer la casbah des militants MNA. En septembre, le chef messaliste
Azzouzi est tué à Alger. Messali autorise alors l'action terroriste, mais
recommande d'épargner la vie et les biens des Européens.
En Kabylie, Krim Belkacem charge Amirouche d'éliminer les maquis du
MNA. 800 djoundi de l'ALN écrasent en juin 1955 les groupes armés constitués
à Bouira, Dra el Mizan, aux Ouadhia, à Seddouk, au Guergour, aux douars
Beni Bou Abdou et Amlouline, à Ain Bessem et Ménerville. Les combats les
plus durs se déroulent à Guenzet, où 500 messalistes sont massacrés.
Leur chef Belounis est chassé de Er Rich près de Bouira, et s'enfuit vers
le sud, où il reconstitue un groupe de choc. Au printemps 1956, la Kabylie
est normalisée, et la force K, à base de messalistes recrutés par la DST,
est prise en mains par Krim Belkacem.
Simultanément, le FLN élimine le MNA à Oujda et Marnia. Mais dans
la vallée du Cheliff, Si Ahmed et Djillali Belhadj ont constitué deux
maquis qui ne relèvent pas du FLN. Djillali, surnommé Kobus, est un leader
messaliste d'Alger, mais son maquis reste indépendant du MNA. Il élimine
à la fois les groupes communistes du maquis rouge, et le réseau FLN dirigé
par Bagadi. Manipulé par la DST, il est soutenu à partir de 1957 par l'armée
française. Disposant de 600 hommes et de 460 fusils de guerre, il devient
le Commando du Doui, sous le
contrôle du lieutenant Heux. Mais le FLN réussit à retourner ses
subordonnés qui assassinent Kobus le 28 avril 1957.
Une autre bande messaliste va se rallier à l'armée française en
juillet 1957. Il s'agit de la bande de Labhri Cherif, dit Si Cherif, qui
dispose de 300 hommes implantés dans le sud algérois. Son djich, baptisé
Forces auxiliaires franco-musulmanes (FAFM), va liquider les troupes de la
wilaya 6. Porté à 1100 hommes armés, il participe alors à la lutte
contre l'ALN et à la pacification du Sud algérois jusqu'en juin 1962.
Une autre tentative de 3ème Force est celle de Belounis, qui est crédité
de 1500 combattants armés en mai 1957. Chassé de la région de Bouira, il
agit d'abord autour d'Aumale contre le FLN; plus au sud, il subit une
attaque de bandes ALN venues du Maroc; dans le djebel Amour, son adjoint Si
Ziane est assassiné par Amor Driss. Traversant l'Ouarsenis, il est dénoncé
par des agents FLN et accroché près de Boghari par des unités françaises.
Il se rapproche alors des Beni Ilmane avec les 800 hommes qui lui restent.
C'est alors que la wilaya 3 intervient et avec l'aide des kabyles de
Melouza, massacre le 28 mai 1957, à Mechta Kasbah, 300 messalistes arabes
des Beni Ilmane. Aussitôt, Belounis rencontre le capitaine Combette qui avait
entrepris de pacifier la région. Contacté par les envoyés du général
Salan, il accepte de collaborer avec l'armée, mais refuse de se rallier au
drapeau français et de conclure un accord politique. Suivi par un détachement
de liaison du CCI, puis du 11ème Choc, il reçoit armement, véhicules
militaires, postes radio et crédits de fonctionnement pour un effectif de
3.500 hommes.
L'Armée nationale Populaire
algérienne (ANPA) de Belounis est baptisée par le commandement français
Commandos du Sud Algérois (CSA).
Elle participe à des opérations en liaison avec l'armée française, en
particulier à l'opération Nivose en février 1958, qui a pour but de
contrer l'offensive que les wilayas de l'ALN ont déclenchée contre l'ANPA.
En mai et juin, l'ANPA obtient plusieurs succès dans la lutte contre l'ALN.
En contrepartie, Belounis a l'ambition d'étendre son influence à
toute l'Algérie, il crée sa propre organisation politico-administrative,
impose des réquisitions abusives et pressure la population. Son action est
condamnée par Messali Hadj à la suite d'une mission d'information de
Jacques Simon. Rencontrant de plus en plus d'oppositions internes, il se
livre à des exécutions sommaires. Le général Salan décide de mettre fin
à la coopération. Belounis est tué le 14 juillet 1958 dans des
circonstances mal éclaircies. Un charnier de 430 cadavres sera alors découvert.
Une partie de ses troupes se rallie au FLN, tandis que les autres continuent
leur combat autonome et observent une stricte neutralité vis-à-vis des
forces françaises. On en retrouvera une partie en 1961 dans les maquis
constitués par le Front algérien d'action démocratique (FAAD) dans le Sud
algérois.
En métropole, où le MNA était solidement implanté en région
parisienne, dans le Nord et dans l'Est, les règlements de compte avec le
FLN seront sanglants. Les messalistes accusent le FLN de collusion avec le
Parti communiste, lequel avait condamné en mai 1955 la position du MNA. La
volonté d'hégémonie du FLN est confirmée par une directive de Ben Bella
qui ordonne d'exterminer tous les messalistes. Les hotels où ils logent
sont attaqués par les commandos de choc du FLN en 1956 et 1957. En juin
1957, un cessez-le-feu est conclu en Belgique entre groupes rivaux. En
revanche à Paris, les commandos FLN assassinent les responsables du
syndicat messaliste (USTA), puis les dirigeants Abdallah Filali et Ahmed
Bekhat. En décembre 1957, le FLN a pris le dessus en France, mais la lutte
se poursuivra en 1958. Le bilan des affrontements en métropole est évalué
à 12.000 agressions, 4.000 morts et 9.000 blessés.
Le 29 août 1959, le Bureau politique du MNA adresse à la Ligue
arabe un message qui stigmatise les crimes et massacres dont sont victimes
les "patriotes algériens" : il affirme que des charniers sont découverts
tous les jours, et que le pays subit un bain de sang. Le 30 mars 1961, la déclaration
de Louis Joxe affirmant qu'il négociera avec le MNA est rejetée par le
FLN. Le MNA ne sera admis ni aux négociations, ni au référendum d'autodétermination.
En 1962, la répression contre le MNA est relancée en Algérie par le FLN.
Au sein de l'Exécutif provisoire, on l'accuse d'avoir "vendu
son âme au diable ". Le 1er novembre, le dirigeant Moulay Merbah
sera emprisonné et torturé. Discordes
au sein du FLN et de l'ALN extérieurs (12)
Soutenus par les services spéciaux égyptiens, Ben Bella et les
dirigeants de l'extérieur mettent en place en 1955 des filières d'armement
qui ne conviennent pas aux dirigeants de l'intérieur, Krim Belkacem et
Abane Ramdane. Les représentants des premiers, Mahsas et Abdelhaï, sont éliminés
par la force à Tripoli et Tunis, au profit d'Ouamrane, alors que Boussouf,
qui se réclame à la fois de Napoléon, de Franco et de Staline, s'impose
au Maroc. Non invité au Congrès de la Soummam, Ben Bella en refusera les décisions,
en particulier la primauté de l'intérieur sur l'extérieur, et l'absence
de référence aux valeurs de l'Islam. Au rejet de ces conclusions par une
partie des wilayas 1 et 2 s'ajoutaient les oppositions traditionnelles entre
l'Aurès, les Nementcha et les Kabylie, le conflit entre
bourguibistes-conciliateurs et nassériens-radicaux, et la compétition pour
la possession des armements. On peut y voir aujourd'hui les prémisses de la
lutte pour le pouvoir.
Les bandes qui s'installent en Tunisie et au Maroc se rattachent
d'abord à leurs autorités territoriales. Les partisans d'une guérilla régionalisée
s'opposent à la direction dictatoriale des trois B: Belkacem, Boussouf,
Bentobbal. Après avoir assassiné Abane Ramdane, Boussouf impose au Maroc
une discipline fondée sur la prison, les tortures et les exécutions. Des pétitions
circulent, condamnant cette direction arbitraire.
Après l'échec de la bataille des frontières, l'ALN ne réussit pas
à introduire en Algérie les cadres et l'armement dont ont besoin les
wilayas de l'intérieur. Exclu du Commandement Est et exilé au Caire par le
CCE en septembre 1958, le colonel Lamouri exprime sa haine du clan kabyle.
Avec l'aide du commandant Lakhal, le soutien des services égyptiens et du
clan radical de la wilaya 1, il organise un putsch visant au renversement du
GPRA et à la pénétration des unités frontalières en Algérie. Ayant découvert
le complot, les 3 B font appel à Bourguiba qui fait encercler les insurgés
par sa Garde nationale. En février 1959, un tribunal présidé par
Boumediene prononce quatre condamnations à mort et la détention de treize
officiers. La gravité de ce complot fait oublier la "trahison" du
commandant Azzedine, qui, converti à "la
paix des braves"à Alger, venait plaider cette cause à Tunis.
Du 6 au 12 décembre 1958, quatre chefs de wilayas se sont réunis et
ont établi un bilan négatif de l'action du GPRA, jugé
incapable de remplir sa mission de ravitailleur en armes. La mort au
combat d'Amirouche et de Si Haouès (28 mars 1959) met un terme à leur
projet d'aller protester à Tunis. Dans le même temps, Mohammedi Saïd est
rejeté par la base de l'Est, qu'il voulait diriger. Le 21 mars, le
capitaine Ali Hambli avec ses 150 djoundi, se rallie aux forces françaises;
il accuse les responsables politiques de vivre dans le luxe alors que les
forceurs de barrage endurent
les pires souffrances.
Les sept colonels réunis
de juillet à novembre 1959 refusent la présence des membres du triumvirat
et mettent Belkacem Krim en minorité. Ils imposent une participation accrue
des militaires au CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne), et
confient le commandement de l'ALN à Boumediene. D'anciens officiers français
complotent alors pour kidnapper trois colonels dont Boumediene.
Pendant le même été, l'insubordination se répand dans les
bataillons de Tunisie. Par compagnies entières, les soldats abandonnent
leur cantonnement. La psychose des cadavres suspendus aux barbelés électrifiés
amplifie la baisse du moral. Lors d'une visite à Ghardimaou, fin 1959, Krim
Belkacem est hué aux cris de «Vive
la paix, vive de Gaulle ».
Les efforts d'organisation poursuivis par l'EMG n'empêchent pas les
querelles internes de se développer. Au Maroc, le colonel Ben Boulaïd échappe
à un attentat. Le capitaine Zouibir, avec une centaine de djoundi, entre en
dissidence contre la wilaya 5 ; il attaque un détachement de l'ALN avant d'être
cerné, puis condamné à mort par un tribunal présidé par Boumediene. Le
capitaine Moussa est l'auteur en septembre d'une nouvelle conjuration.
Tandis que l'armée tunisienne s'oppose
par la force aux infiltrations vers le Sud, l'ALN de Tunisie n'est pas à
l'abri des dissensions et des
manifestations d'indiscipline. Les désertions d'un bataillon à l'autre et
les absences irrégulières obligent Boumediene à brandir la menace de
sanctions. En août 1960, Ferhat Abbas dresse un contat alarmiste de la
fracture entre les maquis et le FLN extérieur. Au début de 1961, il se
rend à deux reprises à Ghardimaou pour faire la leçon à Boumediene. Leur
différend concerne la passivité de l'ALN, et surtout le commandement des
wilayas, que le GPRA veut conserver, alors que l'EMG le revendique. Opposé
au Comité interministériel de Guerre (CIG), Boumediene constitue une
nouvelle faction et cherche des alliés parmi les chefs historiques détenus
en France : Ben Bella, Khider et Bitat(13).
Le GPRA, à la demande de Bourguiba, demande que l'EMG livre à la
police tunisienne un pilote français abattu le 21 juin 1961. Boumediene
s'incline avec difficulté, mais le 15 juillet, l'EMG donne sa démission et
se constitue en direction autonome. Le 19 août, 21 officiers votent une
motion réclamant le retour à la Révolution
et la transformation de l'ALN en armée
de militants. Le conflit ne fait que s'envenimer avec la désignation de
Ben Khedda (ancien centraliste du MTLD) à la tête du GPRA, à la fin du
mois d'aôut.
Les représentants de l'EMG voteront contre les accords d'Evian en février,
puis en mai 1962. L'ordre du jour de Boumediene affirme que le
cessez-le-feu n'est pas la paix...la lutte continue jusqu'à la Révolution.
Représentant l'EMG, le capitaine Bouteflika se rend à Aulnoye en décembre
1961 et rallie Ben Bella au camp des militaires. Après l'échec du CNRA de
Tripoli au début de juin 1962, Boumediene achemine des responsables et des
armes en Algérie. Le 30 juin le GPRA destitue l'EMG, décision sans conséquence
du fait que l'Armée Nationale Populaire est derrière Boumediene. Profondément
politisée, l'armée de métier qui entre en Algérie en juillet 1962 est
aussi un instrument de conquête du pouvoir. L'anarchie
de l'été 1962 (14)
Dans un interview de juin 1963, Aït Ahmed estime que « les
causes de la crise, c'est la ligne Morice, c'est la ligne Challe, ce sont
les barrages électrifiés...Asphyxiée, l'ALN poursuivait un combat de plus
en plus inégal. La crise de direction fut fondamentalement une conséquence
de la crise sur le terrain ».
Rejeter la crise sur des facteurs extérieurs, c'est oublier ou ne
pas admettre les ambitions personnelles des chefs historiques de la rébellion.
C'est l'attrait du pouvoir absolu qui
a déterminé le choix de nos dirigeants, écrit Ferhat Abbas.
Installés sur leur trône, ils se sont entourés de courtisans. Ainsi
Ben Bella, désireux de prendre sa revanche, va-t-il cristalliser les
oppositions, avec le soutien de Boumediene. Après avoir recherché
l'investiture de Nasser, il se fait acclamer à Oujda aux dépens de Boudiaf
et d'Aït Ahmed, et proclame son allégeance ethnique par le cri répété
de « Nous sommes Arabes ! ».
Après la fuite de Tripoli de Ben Khedda et de quelques ministres, 39
congressistes du CNRA avaient adopté un "procès-verbal de
carence", sans se mettre d'accord sur la constitution du Bureau
politique. La lutte pour le pouvoir va opposer Boudiaf, Krim, Ben Khedda et
la Fédération de France au clan Ben Bella- Boumediene. Ben Bella impose
son propre Bureau Politique à Tlemcen, auquel Ferhat Abbas et Mohamed
Khider se rallient pour des raisons personnelles d'opportunité.
En raison de cette discorde, il est impossible au GPRA d'approuver
les accords Susini -Mostefaï, que Ben Khedda avait d'abord autorisés. Les
wilayas prennent parti pour l'un ou l'autre camp, après l'échec relatif de
la réunion inter-wilaya du 24-25 juin. Les wilayas 3 et 4 se prononcent
pour Ben Khedda, les autres pour Ben Bella, non sans désaccords internes.
En Wilaya 3 en effet, Mohammedi Saïd et Yazourene s'opposent à leur
colonel Mohand ou El Hadj, qui s'est rallié au pouvoir établi. En wilaya
2, les commandants Berredjem et Beloucif se déclarent contre leur chef
benbelliste, et enlèvent le ministre Bentobbal. Boudiaf est détenu par la
wilaya 1 à M'sila. Après avoir créé le Comité
de la Révolution algérienne, Belkacem Krim signe avec le Bureau
politique un accord de compromis, valable un mois, que Boudiaf et Aït Ahmed
rejettent. La wilaya 4 prend en main la Zone autonome d'Alger (ZAA), et
Yacef Saadi déclenche une fusillade en haute casbah. Il y a des morts, et
la population, qui vit sa situation
comme une occupation militaire (14), manifeste aux cris de « Sept
ans, ça suffit !».
Trois pouvoirs coexistent alors en Algérie, entre lesquels naviguent
les wilayas. Ben Khedda se déconsidère dans une guerre de communiqués.
L'Exécutif provisoire de Farès est amputé de ses conseillers démissionnaires,
et de la Force de l'ordre qui a déserté avec armes et bagages. Ben Bella
est le plus fort et tactiquement le plus habile.
Cette anarchie favorise toutes les violations des accords d'Evian :
occupation de biens vacants abandonnés par les Européens, extorsion de
fonds auprès des commerçants et des colons, pillages, enlèvements ( 3.093
Européens enlevés, dont un millier seulement seront retrouvés vivants),
internement des messalistes et massacre de plus de 60.000 harkis. S'agissant
de ces derniers, la préméditation et la duplicité sont évidentes : les
directives des wilayas recommandent en effet de les traiter avec
bienveillance, en attendant leur
jugement final devant Dieu et devant le Peuple. Ces directives
contredisent les promesses de novembre 1961.
Le 30 août, le Bureau politique donne l'ordre aux troupes de l'ANP
de se diriger vers Alger. A Boghari, Aumale, Sidi Aissa et Chlef, le choc
avec la wilaya 4, bref et meurtrier, se traduit par des centaines de morts.
Ben Bella révise ensuite les listes électorales et élimine ses
adversaires. L'armée des frontières impose ses propres représentants, sur
une liste unique de 195 militants.
Tendances et factions prolifèrent.
Le FLN a éclaté. Hocine Aït Ahmed crée le Front des Forces socialistes,
Boudiaf le Parti de la Révolution socialiste, aussitôt interdits (14).
Le parti de Messali Hadj et le parti communiste sont également interdits.
Le peuple algérien, une fois passées les fêtes de l'indépendance, qui
sont aussi celles de la paix espérée, ne se rend pas encore compte que le
régime de parti unique ne répond pas aux espoirs que pouvaient formuler
les partisans des droits de l'homme, du pluralisme et de la démocratie. La
déception n'en sera que plus amère.
Le colonialisme a duré 130
ans. Combien de temps durera l'indépendance ?, demandent les
interlocuteurs de Mohammed Benyaha, lequel, regagnant la Kabylie, constate
que la Soummam vit dans la terreur(15)
. La
nouvelle guerre civile
Elu Président par acclamation, Ben Bella se préoccupe sans doute de
ramener le calme dans le pays, mais surtout de mettre ses partisans aux
commandes de l'Etat, et d'appliquer le programme marxisant de Tripoli, et en
particulier l'autogestion socialiste, recommandée par quelques gauchistes
français (dont le trotskiste Michel Raptis) en dépit de son échec en
Yougoslavie. La campagne d'enlèvements et les extorsions de fonds ayant
fait partir les derniers colons, des comités
de gestion sont mis en place en mars 1963 dans les propriétés
agricoles, dont les détenteurs sont expropriés en octobre. 2,7 millions
d'hectares sont ainsi conduits à la ruine, l'exode rural s'accélère, la
production est en chute libre et le chômage s'accroît.
La Constitution d'octobre 1963 confirme le régime de parti unique et
donne les pleins pouvoirs au Président. Un Code raciste de la nationalité
consacre l'exclusion des non-musulmans. A l'incompétence des pseudo-médecins
venus de l'Est s'ajoute la médiocrité de 650 instituteurs proches des Frères
musulmans, dont Nasser est heureux de se débarrasser; ils vont s'employer
à dispenser en Algérie un islamisme rétrograde (16)
.
Le système des wilayas résiste
et ne sera brisé qu'après plusieurs secousses, la révolte du colonel
Mohand oul Hadj (Kabylie) en septembre 1963, et du colonel Mohamed Chaabani
(Sahara) en juillet 1964 (14).
Craignant pour sa survie, Ben Bella met en place en juillet 1964 des
milices populaires destinées à préserver les
acquis de la Révolution. Elles ne sont pas en mesure de s'opposer au
coup d'Etat du colonel Boumediene, qui le 19 juin 1965 envoie son prédécesseur
en détention, pour 15 ans, dans le Sud algérien. Boumediene décrit Ben
Bella comme un dictateur incompétent : amour
morbide du pouvoir, intrigues traquées dans l'ombre, improvisation ,
irresponsabilité, mystification et illusionnisme démagogique, telles
sont les aimables qualifications que le colonel attribue à celui qui a mis
en prison sans jugement, ou fait assassiner, une dizaine de responsables de
la Révolution.
Mais à peine au pouvoir, Boumediene renforce les pouvoirs présidentiels
et policiers, et se lance avec son ministre Abdesselam dans une politique
d'industrialisation forcée - sur les modèles de Mussolini et de Staline.
Malgré la rente pétrolière, qui passe de 89 à 7.500 millions de dollars,
c'est un échec. Des dizaines d'usines travaillent au tiers de leur capacité,
les apparatchiks s'enrichissent, l'agriculture délaissée ne suffit pas à
nourrir une population dont la croissance démographique est encouragée.
Les fellah des camps de regroupement ne regagnent pas le djebel et
s'entassent autour des villes. Cette urbanisation spontanée contribue à
destructurer la famille(17).
Dans l'enseignement, l'arabisation et l'islamisation provoquent la
fuite des cerveaux; comme dans d'autres pays musulmans, l'accès à la
modernité est ainsi entravé. Une culture de guerre anti-française répand
le mythe de la victoire militaire. Boumediene
institue un islamisme d'Etat.
C'est au tour de la wilaya 1 de se soulever, en décembre 1967, en la
personne de son chef Tahar Zbiri. Selon Mohamed Harbi, l'Algérie
nouvelle s'avère riche en affrontements factionnels et en assassinats
politiques, celui de Mohamed Khider (Madrid, 4 janvier 1967), celui de Krim
Belkacem (Francfort, 18 octobre 1970). La Sécurité militaire assure le
maintien de la dictature et réprime le Parti
de la France. Aux côtés de 2.500 prisonniers politiques, Ferhat Abbas
et Abderahmane Farès sont placés en résidence surveillée.
C'est l'Etat-Armée qui tient le pays, et non le FLN, qui est réorganisé
sur le modèle nassérien. La première Assemblée populaire nationale est
élue le 25 février 1977 sur le mode plébiscitaire. Le fossé s'élargit
entre la société civile et l'Etat qui avec un
journal anime un Parti et un
Syndicat.
Après la mort de Boumediene (décembre 1978), Chadli Bendjedid relâche
la pression étatique et tente de se rapprocher de l'Europe et des
Etats-Unis. Mais il se heurte au régionalisme : le printemps
kabyle est réprimé en avril 1980 à Tizi Ouzou.
Les mesures de redressement financier provoquent les émeutes d'octobre
1988. Intervenant contre les saccages de magasins et les incendies
d'immeubles, l'armée fait plus de 500 morts parmi les jeunes manifestants. Des
militaires ont tiré, comme ça, parce qu'ils n'en avaient pas l'habitude,
par peur, reconnaît le général Khaled Nezzar, accusé en outre par
l'avocat Bourdon d'être responsable
direct de l'exécution extrajudiciaire d'une cinquantaine de victimes
civiles à Bab el Oued. Le dénouement de la libéralisation est amer.
Le peuple a fini par se soulever contre ce régime tyrannique et corrompu, reconnaît
ben Khedda.
Chadli réagit en abolissant, dans la Constitution de 1989, le rôle
dirigeant du Parti. Il institue le multipartisme et la liberté de la presse(18).
Mais il est trop tard. Le mécontentement populaire est exploité par les réseaux
islamiques. Dès 1983 se sont constitués des maquis attribués aux Afghans.
Le Code de la famille antilibéral(19),
voté en 1984, ne suffit pas à apaiser les fondamentalistes , dont 135 sont
déférés aux tribunaux. Aux
élections municipales de juin 1990, on assiste au raz de marée du FIS
(Front Islamique du Salut), qui totalise 54% des votants et rejette la démocratie
et l'Occident.
A partir de 1991 s'enclenche une dynamique
insurrectionnelle (18). Les élections législatives de décembre 1991
confirment la domination des islamistes, qui enlèvent 188 sièges contre 25
au FFS et 18 au FLN. 200 officiers supérieurs signent une pétition contre
Chadli, qui est contraint à la démission. Un Haut Comité d'Etat fait
appel à Boudiaf, qui interdit le FIS. Mais il est assassiné le 29 juin
1992 à Annaba. La guerre civile est désormais réouverte. Le terrorisme
fait des milliers de victimes, journalistes, intellectuels, hommes
politiques et étrangers (31 Français plus 7 religieux). 600 écoles ont été
détruites, des villages décimés sans que les forces de l'ordre
interviennent. A l'Armée islamique du Salut (AIS) s'ajoutent en janvier
1994 les GIA (Groupes islamiques armés).
Selon le capitaine Souaïdia, la consigne est d'exterminer non
seulement les tangos
(terroristes), mais tous les islamistes dans la population. Il faut éradiquer
toute opposition, tuer les bergers, ramener les têtes ou les oreilles des
terroristestabattus. « Pas
de prisonniers, je veux des morts», aurait déclaré le général
Mohamed Lamari. Après la désertion de 18 sous-officiers à la fin de 1991,
les purges s'étendent à l'armée, assimilée à une Société
nationale de formation des terroristes. La prière devient un acte
criminel, les mosquées sont interdites dans les casernes. Certains
militaires, à l'imitation des tangos,
soumettent des jeunes filles à des mariages
de complaisance, qui ne sont rien d'autre que des viols.
Alors que le gouvernement accuse des fils de harkis de se livrer à
des opérations de vengeance, les patriotes
des Groupes de légitime défense
reconstituent les harkas d'autrefois. Ils ne seraient pas moins cruels que
les terroristes du GIA ou les tortionnaires du Département
du renseignement et de l a Sécurité (DRS).
Dans le Monde
du 13 mars 2001, l'ex-officier Yasmina Khadra, qui a été chargé
d'enquêter sur les massacres, dément les accusations de Souaïdia. Il
attribue toutes les horreurs au GIA et évoque ces
vieillards, ces femmes, ces enfants, et nourrissons, surpris dans leur misère
la plus accablante, et assassinés avec une férocité absolue. Des bébés
ont été embrochés, frits et brûlés vifs. De
telles horreurs ne peuvent être commises que par des mystiques ou des
forcenés... Il reste que ces atrocités rappellent celles des temps
anciens, et plus proches de nous, celles du 20 août 1955, les supplices
infligés aux traîtres de la bleuïte, et en 1962 aux harkis.
Les péripéties politiques apportent peu de répit à le lutte. La
plate-forme adoptée en 1995 à San Edigio par les partis et par le FIS est
refusée par le gouvernement. L'élection du général Zeroual, le succès
de son parti, et la trêve décretée par l'AIS, s'accompagnent en 1997 d'épouvantables
massacres. Après la démission de Zeroual, le programme de Concorde civile
de son successeur Bouteflika, élu en avril 1999 à une faible majorité(20),
ne produit pas l'apaisement espéré; 5.000 prisonniers ont été libérés,
dont certains se livrent à nouveau à des actions de propagande islamique.
La sécurité semble revenue dans les grandes villes, mais dans le bled
subsistent de vastes zones d'insécurité.
Le bilan de cette deuxième guerre civile est estimé à plus de
100.000 morts, dont 20.000 militaires, et 4.000 disparitions dues en grande
partie à la répression
(21).
Il faut y ajouter les manifestations kabyles d'avril-mai 2001, qui font une
centaine de morts. Sortir
de la crise ?
Telle est la question posée aux participants d'un colloque
d'historiens, algériens pour les deux tiers, réunis à Nancy par Gilbert
Meynier au début de 1999. Le constat est sans appel, mais n'évite pas
quelques contradictions : l'obscurantisme
en Algérie a été depuis longtemps et continue d'être une production
officielle...L'Algérie a un passé - le passé turc, le passé colonial
français - qui est lui-même violent. Le marché mondial et l'impérialisme
financier mondialisé sont les violences importées aujourd'hui...Le diable
est donc bien à l'extérieur... Mais le
diable est aussi à l'intérieur .
Smaïl Goumeziane, universitaire et ancien ministre, estime que le
fossé ne cesse de se creuser entre une population désabusée, une
opposition politique étouffée, et un pouvoir réel de plus en plus isolé.
Il préconise de réhabiliter l'agriculture et l'industrie nationale,
d'attaquer les monopoles et les rentes de spéculation, de faire appel à
l'initiative et aux partenariats extérieurs. Selon lui, l'urgence
va aux réformes démocratiques. Certains des participants mettent alors
leur espoir dans la prochaine élection de M. Bouteflika(22)
.
Pour d'autres observateurs, le rôle des historiens est primordial.
Il s'agit, conformément à la réflexion de Paul Ricoeur, d'élargir
le regard dans l'espace et dans le temps. A la lumière de l'actualité,
Paul Thibaud estime que la guerre
d'Algérie est devenue un évènement tragiquement négatif. G.Pervillé
souhaite que l'on se libère de la mémoire
obsessionnelle de la guerre d'Algérie. ...Algérie et France ont besoin de
reconsidérer leur passé avec esprit critique...Le jour où l'Algérie décidera
de refermer les portes de cette guerre, elle pourra espérer devenir enfin
un pays libre et heureux (23)
Aussi nécessaire qu'il soit, le travail historique ne parait pas
suffisant. Le drame de l'Algérie actuelle va au-delà de la crise.
L'analyse historique montre que la violence n'est pas seulement coloniale ou
turque, elle remonte aux coutumes ancestrales, à l'inconscient collectif,
à la course au pouvoir et aux richesses, à la conception d'un islam intolérant.
Dans son testament posthume (24),
le roi Hassan II affirme que l'intégrisme est contraire à l'Islam, qui est
animé par l'esprit de tolérance et
de modération, conformément au précepte du Coran : "O
gens du Livre, évitez l'excès dans la religion ". Le Commandeur
des Croyants, profondément contrarié
par la situation algérienne,
fait confiance aux fils et filles d'Algérie pour trouver une solution aux
difficultés actuelles.
Cette solution, estime Mohammed Harbi, exige un effort intérieur de
la part du peuple algérien : l'idéalisation
de la violence requiert un travail de démystification. C'est parce que ce
travail a été frappé d'interdit, que le culte de la violence a été
entretenu dans le cadre d'un régime arbitraire et que l'Algérie voit
resurgir avec l'islamisme les fantômes du passé...
Décrivant
la tragédie d'une démocratie sans démocrates,
il confirme deux ans plus tard : Ainsi
en occultant l'existence de pratiques cruelles enracinées dans une culture
paysanne archaïque, dominée par un code particulier de l'honneur et de la
blessure symbolique à imposer au corps de l'ennemi, on s'interdit de voir
dans la cruauté actuelle des actions de terrorisme islamiste, un retour qui
en vértité traduisait une permanence culturelle (25).
A son tour, l'ambassadeur d'Algérie Ahmed Ghoualmi dénonce une
guerre venue du fond des âges, un terrorisme barbare, sans précédent dans
l'histoire moderne . Cette opinion n'est pas sans rappeler le jugement
de Tocqueville selon lequel la société musulmane "n'était
pas incivilisée; elle avait seulement une civilisation arrièrée et
imparfaite. Germaine Tillion souligne enfin que la société musulmane
"s'est efforcée d'effacer la
femme de la catégorie active et pensante de l'humanité. Or comme ce sont
les femmes qui élèvent les enfants, il en résulte souvent pour cette société
une arriération chronique (26).
En conclusion du colloque de 1999, Ahmed Koulakssis en appelle à la
libération du peuple algérien, libération d'un Etat prédateur, d'une
classe parasitaire, de la peur et des blocages culturels, du refoulement
historique (8). Tout est dit. (1)
Pour ce paragraphe, on a surtout utilisé les ouvrages de CA Julien, et
"l'Algérie, passé, présent
et futur" de Lacoste, Nouschi et Prenant, en nuançant leur
tableau idyllique de la Régence turque par les points de vue d'Augustin
Bernard, H.Isnard et M.Emerit. S'agissant de la romanisation et de la
christianisation, on a utilisé les ouvrages de Joseph Mesnage, de
Joseph Cuoq et de Serge Lancel. (2)
Réf. Bernard Lugan. Histoire du
Maroc. Perrin. 2000. (3)Mohamed
Harbi. La guerre commence en Algérie.
Complexe. p. 74 à 102.
Philippe Conrad. Histoire
de la reconquista. PUF.1998. (4)
Robert Laffitte. C'était l'Algérie.
Ed. Confrérie Castille. 1994. (5)
Notre peuple a une tendance
profonde à rester au stade de la tribu, écrit Ferhat Abbas dans Autopsie
d'une guerre. Garnier. 1980. Le mythe kabyle n'est pas une invention
des ethnologues coloniaux, comme le prétend CR Ageron. (6)
Rahmani Slimane. Coutumes kabyles
de Cap Aokas. Société historique algérienne. 1939. (7)
Robert Gebhart. L'élève et le
maître. Rapport manuscrit du 30 novembre 1987. (8)
G.Meynier. L'Algérie
contemporaine. Actes d'un colloque de 1999, publiés par
L'Harmattan. 2000. (9)
Professeurs A.Fournier, P.Michaux et J.Thiodet. in Algérie
médicale. Vol. 61. 1957. (10)
Aujourd'hui, certains Algériens prétendent que les Européens ont
assassiné leurs propres compatriotes. Réf. Entretien avec Chergui
Brahim et article de JL Planche :
FLN et MNA à Alger. in Militaires
et guérilla dans la guerre d'Algérie. Complexe. 2001.. (11)
Sources : J.Valette. La guerre
d'Algérie des messalistes. 1954-1962.
L'Harmattan. 2001. J.Simon. La
passion de l'Algérie libre. Thèse de 1995. M.Harbi. Mirages
et réalités du FLN. op.cit. p.143 à 168. M.Faivre. Services
secrets et troisième Force. in Il
n'est point de secrets que le temps ne révèle. Lavauzelle. 1998. (12)
M.Faivre. L'ALN extérieur face
aux barrages frontaliers. in La
défense des frontières. CFHM. Vincennes 1997. Mohamed Harbi.
Le complot Lamouri. in La
guerre d'Algérie et les Algériens. A.Colin. 1997. (13)
M.Harbi, La guerre commence en
Algérie, op.cit. p.269-275, et l'implosion
du FLN, in L'Algérie
contemporaine. op.cit.p.29. F.Abbas. L'indépendance
confisquée. Flammarions. 1984. p.316-317 M.Teguia.
L'Algérie en guerre. OPU
Alger. 1981. p.393-397. M. Lebjaoui. Vérités
sur la Révolution algérienne.
Gallimard. 1980. (14)
M.Harbi. L'implosion du FLN.
op.cit. Ali Haroun. L'été de la
discorde. Casbah édition. 2000. B.Ben
Khedda. L'Algérie à l'indépendance.
Ed. Dahlab. 1997. Hervé Bourges. Mémoire
d'éléphant. Grasset. 2000. M.Faivre. Les
combattants musulmans de la guerre d'Algérie, des soldats sacrifiés.
L'Harmattan. 1995. (15)
Mohammed Benyahia. La conjuration
au pouvoir. Récit d'un maquisard. Aracantère. 1988. (16)
CR Ageron. La prise du pouvoir
par le FLN. in L'Histoire d'avril
1991. (17)
André Nouschi. L'Algérie amère.
1914-1994. Maison des Sciences de l'Homme. 1995.
Michel Cornaton. Les
camps de regroupement de la guerre d'Algérie. L'Harmattan. 1967. (18)
Benjamin Stora. Histoire de l'Algérie
depuis l'indépendance. La Découverte. 1994.
L'Algérie, formation d'une nation. Atlantica. 1998. F.Abbas. L'indépendance
confisquée. Flammarion. 1984. Khaled Nezzar. Octobre.
Ed. Le Matin; Alger. 1998. (19)
Considérée comme vulnérable et
fragile (sic), la femme est mise sous tutelle de son père puis de
son mari. Elle ne peut travailler qu'avec leur autorisation. Elle ne
peut rendre visite qu'à sa famille très proche. Le mariage mixte lui
est interdit. Elle peut être répudiée pour infécondité. Réf.
Yamina Bettahar. L'enjeu des
femmes en Algérie. in G.Meynier.
op.cit. (20)
Selon le Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), Bouteflika a
obtenu 28,3% des voix sur un taux de participation de 23,03%. Réf.
www.anp.org. (21)
D.Malti. La nouvelle guerre d'Algérie.
La Découverte. 1994. E.Schemla. Mon
journal d'Algérie. Novembre1999-Janvier
2000.. Flammarion. 2000. Nesroulah Yous.
Qui a tué à Benthala ? La
Découverte 2000. Habib Souaïdia. La
Sale Guerre La Découverte. 2001. (22)
G.Meynier, op.cit. (23)
P.Thibaud. Les violences en Algérie.
Odile Jacob. 1998. p.176. G.Pervillé. Réflexions
sur la réévaluation du bilan de la guerre d'Algérie. Colloque de
Bordeaux. Mars 1997. Quand la
guerre d'Algérie a-t-elle pris fin ? Conférence au CEHD. 14 juin
1999. (24)
Hassan II. Le génie de la modération.
Réflexions sur les vérités de l'Islam. Plon. 2001. (25)
M.Harbi. L'Algérie et son
destin, croyants ou citoyens. L'Arcantère, 1992. p.155. La
tragédie d'une démocratie sans démocrates, in le
Monde du 13 avril 1994. (26)
Alexis de Tocqueville. De la
colonie en Algérie. Rapport de 1847. Complexe, 1988, p. 169. -
G.Tillion. L'Afrique bascule vers
l'avenir, réédition, Tirésias, 1999, p.71. -
Mohamed Ghoualmi in le Monde
du 21 novembre 2000. L'ambassadeur semble ignorer les supplices
abominables infligés aux harkis.
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