| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Les Stratégiques
Articles choisis
Maurice Faivre LA
GUERRE D'ALGERIE, UN CONFLIT SUR-MEDIATISE
Si le soulèvement du 1er novembre 1954 ne provoque pas de campagne
d'opinion, c'est sans doute parce que les "évènements" d'Algérie
- ainsi sont-ils prudemment désignés - sont d'abord minimisés et
n'inquiètent pas les autorités. Rapidement cependant, des intellectuels
français liés au nationalistes du Maghreb et engagés dans l'idéologie
anticolonialiste prennent position contre les excès de la répression,
sans se préoccuper des excès du terrorisme. Les dirigeants de la rébellion
prennent alors conscience que les médias sont une arme de guerre qui leur
donne des points face à l'opinion algérienne, métropolitaine et
internationale. Ils utilisent désormais abondamment les moyens de la
presse et de la radiodiffusion, avec le concours des pays arabes et
socialistes (1)
.
Du côté français, les médias d'Algérie et de métropole
diffusent les informations sur la situation de façon dispersée, en
fonction de leurs intérêts économiques et des préoccupations particulières
de leur lecteurs et auditeurs. L'envoi du contingent en Algérie suscite
un intérêt de plus en plus grand de la part des familles et favorise
l'utilisation du transistor. Seuls les militaires ont une doctrine
d'action, et même de guerre psychologique, qu'ils développent pour
soutenir le moral des troupes, convaincre les populations, affaiblir le
moral de l'adversaire et attaquer sa propagande, souvent avec succès.
Mais l'arrivée au pouvoir du général de Gaulle, qui utilise avec une
grande maîtrise télévision et conférences de presse, modifie les données
de la situation médiatique. L'armée perd ses possibilités d'action
autonome. Une collusion de fait s'établit entre l'information du pouvoir
et la contestation diffusée par les médias anticolonialistes, elle fait
basculer les opinions en Algérie, en métropole et dans le monde(2)
.
Cet article ne prétend pas constituer une analyse exhaustive de l'évolution
des médias, il en éclaire quelques aspects caractéristiques, en
soulignant les manipulations de l'opinion, que l'on jugera amusantes ou
accablantes selon que l'on se
place dans un camp ou dans l'autre. La
guerre initialement sous-estimée par la presse .
Les liens entre les journaux d'Algérie et la grande colonisation
sont connus. On sait que l'Echo
d'Alger d'Alain de Sérigny et la
Dépêche de Constantine des frères Morel sont à la dévotion de
Borgeaud et de René Mayer, que la
Dépêche algérienne a
des liens avec l'armateur Schiaffino, le
Journal d'Alger avec Georges Blachette, roi de l'alfa et ami du maire
Jacques Chevallier. On sait aussi que ces patrons de presse prirent des
positions politiques, la plupart en faveur de l'Algérie française, ce
qui leur valut des difficultés avec la justice(3)
.
Les liens de la presse parisienne avec les milieux économiques
sont également connus, telle la direction de
l'Aurore par Boussac, et de l'Express
par JJ Servan-Schreiber. Mais en revanche on passe sous silence le rôle
de la banque Worms dans la création de France-Observateur,
en 1950, et l'influence de la Banque de Paris et des Pays-Bas sur Hachette
et les messageries parisiennes
A vrai dire, ils mettront tous un certain temps avant de comprendre
ce qui se passe en Algérie. Les premiers commentaires mettent l'accent
sur le lien entre les affaires tunisiennes et marocaines (le
Monde), sur le soutien apporté aux fellaghas tunisiens (France-Soir)
ou sur l'existence d'un chef d'orchestre invisible (Paris-Presse)
qui ne peut être que Nasser (Le
Figaro). Mendès-France souligne les encouragement venus de l'extérieur
(Dépêche du Midi). Libération
cependant met en doute l'influence arabe, tandis que l'Humanité
condamne la répression. Le Monde publie
le projet des réformes du Gouverneur Soustelle, qui sont critiquées par l'Aurore.
Quant aux journaux algériens, ils présentent une image tronquée
de la rébellion, assimilée à du simple banditisme. Zahir Ihaddaden y
voit une manipulation de l'opinion, fondée sur l'idéologie coloniale,
exaltant la grandeur et la souveraineté française, ignorant totalement
la réalité de la révolution algérienne. Selon l'Echo d'Alger, les
montagnards descendent dans la plaine pour bénéficier de la protection
de l'armée. Même le maire Jacques Chevallier affirme le 10 novembre
1954 que 99% de la population réprouve
les récents troubles. La thèse du complot, résultant de la
collusion entre le parti (MTLD) de Messali Hadj et le parti communiste, et
bénéficiant de l'appui de la Ligue arabe, a la faveur de certains
commentateurs (1).
L'évolution de la guerre d'Algérie donnera lieu à des batailles
d'opinion provoquées par les événements majeurs de ce conflit : les
complots du 13 mai 1958, l'affaire des barricades, le procès Jeanson, le
putsch, la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, les attentats de
l'OAS et le cessez-le-feu. En revanche, le massacre des harkis et les enlèvements
d'Européens en 1962 seront passés sous silence et considérés comme des
tabous par la majorité des médias. Contrôle
de l'information et action psychologique
L'information de l'opinion par le gouvernement, et son corollaire
naturel, la propagande,, ne sont pas une nouveauté. Au bourrage de crâne
de 1914-18 ont succédé les causeries de Giraudoux en 1939, la guerre des
ondes entre Londres et Vichy, et le bureau ACPO (action politique) de
Pleven en 1951. Considérant que "les
journaux communistes ...auxiliaires de 5ème colonne, répandent
des fausses nouvelles pour créer la psychose hostile à la Défense
nationale", le premier ministre Pleven s'attache à organiser une
contre-propagande efficace, qui sera mise en sommeil en 1953.
Le général Ely confirme en 1955 que la
propagande défaitiste venant de métropole fut la plus démoralisante pour
les combattants d'Indochine (5).
Dès juillet 1955 est mis sur pied un Bureau
central de documentation et d'information (BCDI) confié au général
Spillman, chargé de lutter "contre
la propagande anti-française dans le monde arabe". Ce bureau
sera rattaché aux services secrets ( SDECE) en avril 1957. Un Centre
de diffusion française (CDF) lui succède en juillet 1957, ayant pour
mission de combattre toutes les
contre-propagandes qui insultent et calomnient le gouvernement, et de
diffuser à l'étranger les buts de la politique gouvernementale(6).
Les
officiers de retour d'Indochine ont auparavant proposé une approche
renouvelée de la question, et notamment le colonel Lacheroy, qui s'impose
comme le principal théoricien de la guerre révolutionnaire, et autour
duquel gravite une poignée de jeunes officiers convaincus par ses idées
(Hogard, Prestat, Caniot, Souyris). C'est dans les premiers mois de 1956
que des mesures énergiques sont prises contre une certaine presse qualifiée
d'antinationale. Nommé par le
ministre de la défense Bourgès-Maunoury à la tête du Service
d'action psychologique et d'information de la Défense nationale et des
Forces armées (SAPIDNFA), Charles Lacheroy a alors pour tâche de
"s'efforcer de faire de la
presse une alliée sûre et avertie ". Il assume la redoutable
fonction de censeur pour s'attaquer aux journaux que son ministre considère
comme "une entreprise de démoralisation
malfaisante". Des organes aussi réputés que France-Observateur,
l'Express, Témoignage chrétien, Esprit et les Temps modernes
subissent ses foudres à plusieurs reprises, en vertu de la loi sur les
pouvoirs spéciaux de mars 1956, tandis que d'autres publications
pratiquent l'autocensure, et que certaines ne résistent pas à des
saisies répétées et disparaissent. Le journal communiste Alger
Républicain a été interdit en septembre 1956, et en 1958 le journal
des libéraux l'Espoir. Le
directeur de l'Echo du Centre est
condamné à un an de prison. Lacheroy représente même la Défense
nationale à la Commission de contrôle
des films cinématographiques; c'est lui notamment qui fera interdire
"les sentiers de la gloire"
de Ernst Lubitsch.
Des actions de plus grande envergure sont parfois entreprises,
telle l'arrestation de Claude Bourdet le 31 mars 1956, et la perquisition
du domicile du professeur Henri Marrou le 10 avril.(7)
Evincé par Chaban-Delmas, en février 1958, pour une queston sans
rapport avec la nouvelle doctrine, Lacheroy deviendra responsable de
l'information et de l'action psychologique auprès du général Salan après
le 13 mai et jusqu'en décembre 1958 .
Ihaddaden estime qu'il faut attendre l'arrivée du général de
Gaulle pour que soit levé le tabou de l'Algérie française. En fait, le
général hésitera longtemps avant de prendre sa décision finale. La Vème
République sera encore plus stricte que la IVème en matière de censure,
et l'action psychologique prendra des formes plus percutantes. L'Office de
radio-télévision devient un outil de propagande gouvernementale. La
gestion de l'information est accaparée par le pouvoir. La décision
gouvernementale du 27 avril 1961 ira même jusqu'à interdire la diffusion
des informations relatives à la rébellion de l'OAS(8).
Un des succès les plus marquants de l'action psychologique du général
de Gaulle fut sans nul doute d'avoir persuadé les médias, grâce au
montage des manifestations musulmanes du 10 décembre 1960, que tous les
musulmans d'Algérie étaient favorables au FLN (9). Les
intellectuels contre la guerre (10).
Dès 1952 François Mauriac s'élève contre la répression au
Maroc. Il prend pour argent comptant la déclaration de Ahmed el Allaoui,
estimant que 1.000 manifestants des Carrières centrales de Casablanca ont
été tués, alors que l'estimation officielle est de 32 morts. Claude
Bourdet publie dans le même temps son article sur la Gestapo
algérienne. En 1955, Mandouze publie des tracts FLN dans Conscience
française, avec le soutien de Frossard, Mauriac et Suffert. La
campagne de presse se poursuit en 1956 avec Robert Barrat et Henri Marrou,
qui est soutenu par Mauriac. L'Express,
le Monde, France-Observateur, l'Humanité, Franc-Tireur, Tribune des
Nations et Demain
participent à cette campagne.
Le dossier Jean Muller est publié par Témoignage
chrétien en février 1957, et le témoignage du recteur Pereyga dans l'Observateur
du 4 avril. Le 27 mars, le général de Bollardière approuve le livre
tendancieux de Servan-Schreiber. Beuve-Mery, directeur du Monde,
qui refuse d'aller en Algérie de peur d'être influencé par
l'administration, prend la défense de Bollardière avant d'aller se jeter
dans les bras de Jeanson (11).
Il faut rappeler que Albert Camus, qui avait critiqué la politique
du Gouverneur Soustelle, abandonne l'Express
après l'échec de la Trêve civile. Dans le
Figaro, seul Philippe Barrès s'élève contre la campagne de démoralisation
de l'armée.
Les années suivantes sont marquées par la publication de la
Question de Henri Alleg et de la
Gangrène, qui selon Pascal Kropp est un livre de propagande commandé
par le FLN et regroupant des témoignages exagérés en vue de déstabiliser
le patron de la DST Wibot(12).
Ces ouvrages sont exploités par la presse, de même que le Memorandum
du Comité Audin, le livre Djamila
Boupacha de Giselle Halimi et Simone de Beauvoir, les débats du procès
Jeanson et le manifeste pour l'insoumission. Le ministre de la défense a
été amené à prendre la défense du colonel Simoneau, chef du Centre de
coordination interarmées, chargé du renseignement, contre les
accusations mensongères de Beuve-Méry Indiscrétions
des journalistes (13)
Le 2ème Bureau d'Alger s'efforce, parfois
avec succès, de recueillir les indiscrétions des journalistes
bien informés, qui fréquentent les bars de l'Aletti et du St Georges après
être passé par Tunis ou Oujda. C'est ainsi que la description précise
de la mine de Sakiet Sidi Youssef permet en février 1958 d 'orienter les
bombardiers sur le bataillon ALN qui y stationne.
A partir de 1959, le Bureau
d'Etudes et Liaisons (BEL) du colonel Jacquin développe ces contacts.
Il obtient du journaliste britannique S.T., pour un million de francs, un
film sur les camps de l'ALN en Tunisie; ainsi sont localisés ces camps,
en même temps que leurs chefs sont identifiés. Le journaliste P.L. de France-Observateur
révèle le prochain retour en Algérie des chefs de wilaya, ce qui
permet au BEL en mai 1960, d'intercepter le colonel Lotfi, chef de la
Wilaya oranaise, de s'emparer de son poste radio, et de prendre la
direction de la wilaya 5 pendant deux mois.
Héros ou propagandistes, se demande Philip Knightley au sujet des
correspondants de guerre ? Les exemples qu'il donne des correspondants étrangers
de la guerre d'Algérie montre que plusieurs d'entre eux ont pris le parti
du camp qui les recevait, correspondant d'ailleurs à une opinion préconçue.
Leurs récits, pris sur le vif, donnent l'image de la réalité du moment,
mais énoncent quelques contre-vérités : ainsi la relation du soulèvement
de mai 1945, les renforts mis en place avant le 1er novembre 1954, les
massacres du 20 août 1955 et de Melouza. On ne peut faire confiance à
cette histoire ponctuelle, qui est trop souvent ignorante de l'histoire récurrente(14)
Le
journal le Bled et le limogeage de son directeur (15)
Créé par le général Lorillot en 1955 pour informer les soldats
sur le terrain et les motiver, le Bled est subventionné par le
Gouvernement général et diffusé dans les trois armées. Il est installé
boulevard La Ferrière dans les locaux de la Dépêche
algérienne.
En 1956, sa direction est confiée au commandant Caniot, Français
d'Algérie, ayant l'expérience de la guerre psychologique en Indochine.
Affecté en 1954 au Service
information du ministre de la Défense, Caniot y a fait venir des spécialistes
de l'action psychologique (Lacheroy ?). Envoyé en mission en Algérie en
novembre 1954, il a fait un rapport sur la guerre psychologique qui a été
apprécié par le général Blanc, chef d'état-major. Avec la bénédiction
du général Salan, il fait du Bled un organe de combat pour l'Algérie
française.
Tiré à 300.000 exemplaires, le Bled est diffusé en six éditions
dont une en arabe, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en France et en
Allemagne. Ses éditoriaux politiques, qui sont critiqués par les médias
progressistes, sont soumis au commandement. En 1958, le ministre
Chaban-Delmas y fait affecter Lucien Neuwirth, qui adopte la même ligne
politique dans la perpective du complot gaulliste, qui aboutira au 13 mai.
Le numéro 109 du 10 mai, consacré à Jeanne d'Arc, affirme de façon
prémonitoire que l'heure est venue
de donner à la France un gouvernement de salut public. Le numéro du
16 mai fait appel au général de Gaulle. Le 6 août, le Bled évoque le
système et ses tares, héritage de la Constitution de 1946. Il représente
Mendès-France, défilant aux côté de Daladier contre les factieux
d'Alger. Mendès-France proteste auprès du général de Gaulle, qui
promet que l'officier responsable sera sanctionné.
Le Bled subit alors les invectives de l'Humanité,
du Monde, de France-Observateur, de Paris-Match, du Canard enchaîné, de
Témoignage chrétien, de la Dépêche du Midi et des Dernières Nouvelles
d'Alsace. Le 28 septembre, le
Cri du peuple revendique la mise au pas de Salan et du Comité de
Salut public et célèbre le courage des combattants nationalistes. Le
Bled y est décrit comme le journal
des factieux.
Reçu par le général de Gaulle qui exige des sanctions, Salan n'a
pas l'intention d'y donner suite. Il approuve le numéro spécial du 18 décembre
qui fait le bilan de l'action de nos forces. Mais il est remplacé par le
tandem Delouvrier-Challe. Caniot à son tour est muté au 12ème RCA, et
la direction du Bled est transférée à Paris, d'où sa ligne éditoriale
sera contrôlée par le gouvernement. Le commandant Caniot se ralliera au
putsch en avril 1961. Le
FLN intoxiqué par l'armée française (16)
Chargé d'orienter la presse, le BEL réussit également à
intoxiquer le GPRA en utilisant les journalistes qui sont bien en cour à
Tunis. Ainsi Belkacem Krim est-il informé en février 1959 des ambitions
du colonel Amirouche qui envisage d'aller à Tunis demander des comptes;
ce voyage lui sera fatal. Dix mois plus tard, est répandu le bruit de la
vulnérabilité du barrage Nord; cette information provoque le montage de
l'opération Amirouche, qui se
solde par la mort de 140 moudjahid et l'échec du franchissement.
En février 1960, le
conflit qui oppose le capitaine Zouibir, commandant la mintaka 51, à la
direction de la wilaya à Oujda, est amplifié par la presse algérienne
et parisienne, ce qui entraîne l'intervention des Forces armées royales
et l'arrestation de Zouibir. A la même époque, les
nouvelles des wilayas 4 et 5, diffusées dans le bled sous forme
journalistique par le colonel Fournier-Foch, chef du 2ème Bureau d'Orléansville,
contribuent à la démoralisation du colonel Si Salah, chef de la wilaya
4, s'apercevant que les Français n'ignorent rien de son organisation, ce
qui l'incite à demander la paix
des braves.
En juillet 1960, l'interdiction faite aux journalistes d'aller en
zone frontalière, fait croire au colonel Boumediene qu'une opération
contre la Tunisie se prépare; il fait replier ses bataillons les plus
avancés.
L'intoxication la plus spectaculaire, de mars à juin 1960(17),
vise le journal du FLN el
Moudjahid, dont les morasses sont tranmises de Tunis à Rabat par
l'avion régulier qui fait escale à Alger. Orientés par Jacquin, des spécialistes
de la guerre psychologique subtilisent la page centrale du journal et la
remplacent par un texte de leur composition. Ainsi les lecteurs marocains
ont-ils connaissance en mars de la nouvelle Charte
du CNRA, instituant un régime marxiste et raciste, s'appuyant sur des
tribunaux populaires et imposant aux Européens la loi islamique. En mai,
la publication d'un ancien appel de Ferhat Abbas encourage les Algériens
à participer aux élections, alors que le FLN en a ordonné le boycott.
Le mois suivant, une carte géographique fait état des revendications algériennes
sur Figuig et le Tafilalet. Les protestations de la diplomatie marocaine
amènent le général de Gaulle à interdire la poursuite du caviardage.
Dans son livre la guerre secréte
en Algérie, le colonel Jacquin prétend qu'il conseille à Belkacem
Krim, par téléphone, d'éviter le transit des morasses par Alger. L'affaire
Catena-Main rouge (18)
Selon le Monde du 21 août 1994,"le
SDECE (Service secret français)
a monté une organisation secrète baptisée Main Rouge pour perpétrer
des homicides et des attentats contre des revendeurs d'armes et des chefs
nationalistes algériens ". Il semble qu'il s'est agi d'une
couverture pour le Service Action du
SDECE, qui à partir de 1952 a recruté en Tunisie et au Maroc un noyau de
contre-terroristes.
De 1957 à 1959 en Europe, le Service Action a monté des opérations
homo et arma contre des
traficants allemands et suisses (Otto Schlutter, Marcel Léopold, Georges
Puchert) et contre leurs bateaux, ce qui provoqua de violentes réactions
dans l'opinion allemande. La presse (Stern,
Spiegel, Daily Mail, Aurore, Express) s'empara de l'affaire, elle
attribua ces attentats à l'organisation Catena-Main
Rouge. Il fut prétendu que le général Olié et Jacques Foccart en
étaient informés. Un interview du chef de Catena,
le colonel Condé dit de Sainte-Croix, fut proposé à la rédaction du Stern
au prix de 20.000 DM. Pour
finir Spiegel le paya 1.500 DM.
Le Sicherungs-gruppe s'intéressa
à l'affaire et le commissaire Horn interrogea Alain Roy de l'Aurore
en juillet 1959. Jacques Derogy se rendit en RFA en décembre. Mais ce
n'est qu'en février 1961 que l'officier de police Delarue rencontra le
commissaire Horn.
Le rapport très secret de la Sous-Direction
des Affaires criminelles, signé Michel Hacq le 6 avril 1961, révéla
qu'il s'agissait d'un canular monté par le chef de bataillon Garder, soviétologue
connu et ancien des Services secrets, qui avait réalisé l'enregistrement
du colonel fictif avec l'un de ses subordonnés du SGDN. Le but recherché
était d'influencer l'opinion
allemande et de prendre la défense de la civilisation occidentale
(sic). Le rapport ne dit pas si Garder, qui s'amusa beaucoup de l'affaire,
a été sanctionné. La
propagande du FLN (19)
Dès le début du conflit, le FLN bénéficie de l'appui de la Voix
des Arabes, et des radios du Moyen-Orient, avant de constituer à
Nador (Maroc) la chaîne de l'Algérie
libre et combattante. Le brouillage de ces stations pose des problèmes
mal résolus du côté français.
A partir de 1956, le Comité de coordination et d'exécution (CCE)
fait adresser à quelques journaux parisiens (le
Monde, Tribune des nations, l'Express, Témoignage chrétien) des
documents sur la torture, redigés par Ouzegane.
En juin 1956, la direction du FLN crée El
Moudjahid, journal bimensuel qui est d'abord édité à Tetouan avant
d'être installé rue des Entrepreneurs à Tunis. Tiré à 3.000 puis
10.000 exemplaires, il comporte une édition en français et une en arabe,
pour un prix qui passe de 100 à 20 francs anciens. Ses thèmes de
propagande ont pour objectif de faire participer la population colonisée
à la lutte de libération. L'analyse de ses 91 numéros, de 1956 à 1962,
fait ressortir trois ou quatre axes principaux : populariser l'armée de
libération (16% des articles), discréditer les forces ennemies (14,5%),
internationaliser le conflit (38%), étudier les problèmes économiques
(17%). Moins importants apparaissent les problèmes humains et moraux de
la guerre, l'histoire de l'Algérie et son avenir politique .
L'importance croissante du thème de l'internationalisation montre
que les débats de l'ONU sur la question algérienne sont peu à peu
devenus le principal champ de bataille du FLN, conjugués aux voyages
internationaux des dirigeants, aux réunions d'intellectuels et au respect
des Conventions de Genève.
Le combattant algérien se compare au poisson
dans l'eau de Mao. Il est le peuple
en armes de la théorie marxiste, composé de paysans
affamés. Le journal exalte sa discipline, ses exploits au combat, son
armement moderne. Abane Ramdane, étranglé par ses pairs, devient un héros
mort au combat. Le moudjahidine incarne le bien, il est humble et modeste,
sensible et fidèle à l'islam. Des Commissaires politiques politisent les
combattants et le peuple, condamnent les sévices de l'armée coloniale,
ainsi que le génocide des regroupements de population, véritables camps
de concentration. Un million de martyrs, tel est le prix payé pour la
destruction du colonialisme et la reconquête des terres.
A l'inverse, le combattant français représente le mal absolu.
Malgré sa bombe atomique,, l'armée coloniale est aux abois, le plan
Challe est un désastre; ses soldats tortionnaires, au service de la
grande colonisation, sont corrompus et démoralisés. A ce discrédit intérieur,
s'ajoute le discrédit extérieur d'une armée de l'OTAN et de l'Occident
impérialiste, instrument d'asservissement du Tiers Monde. Violant les
lois de la guerre, elle brûle les villages au napalm et torture les
militants.
La résistance ininterrompue à des conquérants despotiques résume
l'histoire de l'Algérie., Etat souverain en 1830, l'Algérie faisait la
police en Méditerranée avant d'être militarisée par Abd El Kader. Elle
n'est donc pas un mythe, elle se réclame de la résistance de Massinissa
et de la révolte de Mokrani. Ayant réalisé la fusion des Arabes et des
Berbères, elle s'est opposée à l'oppression économique, au vandalisme
et à la spoliation. Elle a adopté en 1954 une stratégie révolutionnaire
moderne, sans adhérer cependant au communisme. Les nationalistes algériens
s'opposent en effet à la thèse de
la nation en formation, qui fut celle du Parti communiste français.
Les problèmes économiques sont abordés sous deux angles : celui
de la critique du plan de Constantine, opération diplomatique sans
avenir, rejeté par les colons, au budget insuffisant, irréalisable tant
que dure la guerre, et celui de la souveraineté algérienne sur les
richesses du Sahara. L'aide du Maroc et de la Tunisie est souhaitée, mais
sans ingérence.
A côté de ces thèmes présentés de façon manichéenne, les
dirigeants du FLN n'hésitent pas
à utiliser la désinformation, dont on se contentera de citer quelques
exemples : -
le massacre de 300 Arabes des Beni Ilmane par les djounoud de la wilaya 3
et les kabyles de Melouza, le 19 mai 1957, est attribué par la presse
nationaliste aux soldats des commandos noirs et aux policiers français, -
le franchissement du barrage par un commando qui le 24 juin 1959 est entièrement
détruit à 10 km de Bône, est présenté par les radios arabes comme la
prise de Bône, -
l'attaque d'Ain Zana le 13-14 juillet 1959 par plusieurs bataillons venant
de Tunisie aurait abouti à la prise du poste et à la mort de 200 soldats
colonialistes, alors que le BRQ de Constantine reconnaît que malgré la
violence de l'attaque, un seul moghazni a été tué,
Des récits de feu ont
été décrits après la guerre d'Algérie, dans le journal de l'armée
nationale populaire El Djeich,
contribuant ainsi à diffuser dans la jeunesse algérienne une culture
de guerre, selon laquelle le FLN a remporté la victoire militaire sur
le terrain (20)
.
C'est ainsi par exemple que le combat du djebel Mzi, près d'Ain
Sefra, se serait traduit par la mise hors de combat de 300 soldats français,
alors que le rapport de l'aéronavale fait état de 2 morts, face à 73
djounoud tués, 23 prisonniers et 87 armes de guerre saisies. Noter que El
Djeich situe ce combat en mai 1959, alors qu'il a eu lieu en mai 1960.
On ne peut pas souscrire à l'opinion de Zahir Ihaddaden selon
laquelle la propagande du FLN était sérieuse, mesurée et nuancée. Il
n'est pas douteux que ses résultats furent négatifs en ce qui concerne
l'engagement des harkis, la relation des musulmans avec les Européens et
les Juifs, la stérilisation des femmes et l'extermination des
regroupements par la famine, mais qu'ils furent positifs pour le
ralliement des partis modérés, le soutien des pays arabes et
socialistes, et l'appui de l'opinion internationale et métropolitaine. UN
MODÈLE DE DÉSINFORMATION La
relance polémique des médias
Désarçonnés par les critiques exprimées contre les excès de
cette guerre civile, guerre perdue par la France malgré l'action éducative
et humanitaire de l'armée, les combattants ont généralement gardé le
silence sur leur expérience guerrière. Ils ont cependant assuré le succès
en 1972 des 112 numéros de Historia-Magazine
consacrés à la guerre d'Algérie. Divisés au sujet de la date de
commémoration des victimes de ce conflit, ils ont approuvé en 1999 la
reconnaissance de l'état de guerre d'Algérie.
La visite en France du président Bouteflika a donné l'occasion au
journal Le Monde de relancer la
polémique sur la torture pratiquée par l'armée(21).
Le témoignage d'une victime algérienne, et des généraux Massu et
Bigeard, a été suivi des aveux par le général Aussaresses des sévices
qu'il avait perpétrés et, dans l'Humanité,
de l'Appel des douze pour la
repentance de la France, et d'une thèse de doctorat sur la
torture et l'armée. En décembre, le Président Chirac a reconnu que les
atrocités pratiquées par les
deux camps étaient le fait de minorités. Mis à la retraite
d'office, Aussaresses fut condamné en justice(22),
tandis que la polémique se poursuivait par le biais d'émissions télévisées,(23)
,auxquelles le Cercle pour la défense
des combattants d'AFN répliquait par trois livres blancs (24).
L'approche du 40ème anniversaire de la fin de la guerre attirait
l'attention des médias sur les victimes du conflit : Français d'Algérie
et supplétifs musulmans (harkis). Alors que la plupart des journalistes
rappelaient les enlèvements et les massacres de 1962, les militants
proches du FLN reprenaient l'accusation de violence coloniale, et contre
les harkis, de collaboration et de sévices. Une autre exploitation
mensongère est celle de l'association patronnée par Ollivier Lecour-
Grandmaison, qui décuple le nombre des victimes de la répression du 17
octobre 1961 à Paris (25).
La relance de cette "bataille des mémoires" ne favorise
pas le travail de recherche des historiens. Elle ne peut produire que des
effets pernicieux sur l'opinion : -
les soldats (1,4 million) qui ont fait leur devoir en Algérie, les
rapatriés français et musulmans en sont écoeurés, -
les militants du FLN, leurs complices et les anti-militaristes
traditionnels poursuivent leur combat contre la France, -
les maghrébins travaillés par la propagande islamique, y trouvent
argument pour renforcer leurs sentiments de haine.
Reconnaissant que les deux camps se sont rendus coupables de
brutalités, et observant que l'opinion
populaire est plus avancée que celle des dirigeants, Mohammed Harbi,
historien du FLN, estime qu'il serait temps de dire
enfin que la guerre est finie (26)
. Maurice
Faivre et Paul Villatoux Colloque
de Bucarest,
Remarques
finales
Le thème du colloque : Guerre,
armée et médias, était très vaste, mais bien délimité. En se
focalisant sur les médias, on évitait de déborder sur la politique ou
la tactique.
Comme l'ont fait remarquer les Présidents de Vos et
Coutau-Begarie, les relations entre les médias et la guerre sont
anciennes, mais ont connu un accroissement considérable au 20ème siécle.
Les intervenants ont souligné l'utilisation de tous les moyens de
communication, écrits, oraux et images, en particulier la chanson, le
communiqué et la peinture de guerre, le prêche des pasteurs, et la
rumeur. Ils ont mis en évidence que : 1.
La vocation des médias est d'informer sur les faits de guerre :
- l'opinion intérieure et internationale (exemple de la répercussion
en Amérique du sud de la révolte grecque de 1822)
- les combattants, en leur faisant comprendre le cadre de leur
mission,
- les autorités, en les amenant à modifier leurs plans en
fonction des réactions défavorables du public et des indiscrétions
recueillies sur l'ennemi. 2.Les
autorités utilisent les médias comme moyens de guerre psychologique,
de propagande et de désinformation. Cette dérive utilitaire présente
des aspects positifs s'il s'agit de soutenir le moral des soldats et de la
population, en agissant parfois sur leur inconscient. Mais la censure des
informations et le contrôle (plus ou moins sophistiqué) des
correspondants de guerre peut conduire à la désinformation du public.
Leur rôle est négatif s'il vise à démoraliser, criminaliser,
intoxiquer et tromper l'ennemi (techniques anciennes des ruses, stratagèmes
et opérations de déception).
Le problème posé est alors de mesurer l'impact de cette
propagande, différent selon les sujets concernés : prisonniers de
guerre, combattants et population ennemie. 3.
Les opérations militaires connaissent une médiatisation croissante,
en raison de la transmission instantanée et mondiale des
informations, et de l'intervention
du public dans la gestion des conflits.
L'introduction de reporters dans les unités de combat constitue
une innovation. Ils rendent compte des opérations observées sur le
terrain, mais n'ont qu'une vision partielle des évènements, et méconnaissent
la situation générale, l'idée de manoeuvre des deux camps et les
nouvelles formes de guerre (rappel de Fabrice à Waterloo, dans le
rouge et le noir
de Stendhal). Conditionnés par leur milieu, ils ont tendance à
rechercher le flash et à présenter
une vision unilatérale des faits. En
conclusion, les médias
rapportent une histoire immédiate, qui n'est pas l'histoire des
conflits. On peut faire une histoire des médias dans la guerre,
mais ils ne constituent qu'une source que l'historien militaire doit
comparer à d'autres. (1)
-Zahir Ihaddaden. La désinformation
pendant la guerre d'Algérie. p.363.
in
Militaires et guerilla en guerre d'Algérie. Complexe.2001 .
- La propagande du FLN.
in La guerre d'Algérie et les Algériens. A.Colin. 1997. -
Hervé Hamon- Patrick Rotman. Les
porteurs de valises. A.Michel. 1979. (2)
- Jacques Frémeaux. La France
et l'Algérie en guerre. Economica. 2002.
- Villatoux Paul et
Marie-Catherine. La guerre et
l'action psychologique en France. Thèse Paris I. mars 2002. (3)
J.Frémeaux, op.cit.- Claude Paillat. Vingt
ans qui déchirèrent la France. R.Laffont. 1972. (4)
on rappellera que Edgard Faure provoqua en duel JJ Servan-Schreiber. (5)
Commandant en chef en Extrême-Orient. Enseignements
de la guerre d'Indochine. 1955, p.15 -
P. et M.C. Villatoux,
op.cit. et : la menace de
subversion communiste dans les forces armées (1949-1950). RHA n°2/1999. (6)
Caroline Ollivier-Yaniv. L'Etat
communiquant. PUF. 2000 - Martin Harrison. Government
and press in France during the algerian
War.
The american political review. 2/1964. (7)
Michel Winock. La République
se meurt. Chronique 1956-1958. Folio-Histoire. 1985 - Patricia
Hubert-Lacombe. Le cinéma français
dans la guerre froide. 1946-1956. L'Harmattan. 1996. (8)
Frémeaux, op.cit. - Hamon-Rotman, op.cit. - C. Lacheroy. Histoire
orale. 1997. SHAT. 3K18. Christian
Barthélemy, dans les saisies
de journaux en 1958, BDIC 1992, établit que la IVème République
saisit 13 journaux par an en métropole et 32 en Algérie, alors que
pour la Vème République les saisies sont de 44 et 69 par an. 36% des
informations interdites concernent l'armée française, 30% les Français
d'Algérie et les Comités de Salut public, 20% le FLN. Les articles
sur les terroristes, leurs complices et les insoumis sont caviardés. (9)
Jean Vaujour. Archives orales.
3K5. SHAT 1999. (10)
Georges Spillmann. Du
protectorat à l'indépendance. Maroc
1912-1955.
Perrin 1981.
- Hamon-Rotman, op.cit. (11)
Cécile Romane. Les téméraires.
Flammarion. 1993 ((12) Roger
Falligot et Pascal Kropp. DST
police secrète. Flammarion. 1995. p.183. ((13) Historia-Magazine
n° 84 et 315. Navigation en
eau trouble - Des oreilles chez l'ennemi, -
Henri Jacquin. La guerre secrète
en Algérie. Olivier Orban. 1977. p. 224, 229, 237. -
Michel Forget. Guerre froide et
guerre d'Algérie. Témoignage
sur une période agitée. Economica. 2002 (14)
Pilipp Kneightley. Le
correspondant de guerre, de la Crimée au Vietnam. Héros ou
propagandiste ? Flammarion. 1976. (15)
- Guy Caniot. Le Bled et son
limogeage. Algérianiste. Juin 1998. (16)
H.Jacquin, op.cit. - Historia-Magazine, op.cit. - M.Faivre. L'ALN
extérueure face aux barrages, in Guerre
d'Algérie. La défense des
frontières. Les barrages frontaliers. CFHM. 1997.p.93. (17)
et non 1958 comme l'écrivent Ihaddaden et Albert Fitte (18)
- Archives du SHAT. Fonds
privé Messmer. 1K 744/4. dossier 9. Les deux livres suivants, plus ou
moins romancés ne sont pas fiables : - Constantin Melnik. Un
espion dans le siècle. Plon. 1994
- Antoine Melero. La
main rouge. Ed. du Rocher. 1997. (19)
- Albert Fitte. Spectroscopie
d'une propagande. El Moudjahid du temps de guerre. Université de
Montpellier. 1995.p.183- Ihaddaden,
op.cit.- Hamon-Rotman, op.cit. -
Collectif, Défense des
frontières, op.cit. -
CR Ageron. La guerre
psychologique de l'ALN. in La
guerre d'Algérie et les Algériens. A.Colin. 1997. (20)
El Djeich. Organe de l'ANP.
Collection BDIC. 1964-66 - La
bataille du djebel M'Zi, in Revue
historique des
Armées
3/1995. (21)
Le Monde des 22 et 25 juin 2000 - L'Humanité du 31 octobre - Thèse
de Raphaëlle Branche, disciple de Pierre Vidal-Naquet, à l'IEP le 5
décembre. L'auteur du présent article, cité à l'ordre de l'Humanité
le 18 mars 2002 :
Insulte du général Faivre contre Henri Alleg; a obtenu un
droit de réponse publié le 11 avril 2002. (22)
Condamnné en appel en février 2003 pour apologie
de crimes de guerre, à 7.500 euros d'amende. Noter
que dans le même temps, les terroristes et tortionnaires algériens
(Zirout Youssef - colonel Amirouche -Yacef Saadi..etc..) sont célébrés
comme des héros. Réf.
Mohammed Ben Yahia. La
conjuration au pouvoir. Récit d'un maquisard. Arcantère. 1988. (23)
Films de Patrick Rotman (l'ennemi
intime), d'Hervé Bourges (Un
parcours algérien- Naissance d'une nation) et d'André Gazut (la
pacification en Algérie ). Pièces de théâtre contestataires à
Avignon, Dijon et Paris. (24)
Mémoire et Vérité des
combattants d'AFN. L'Harmattan 2001 - Le
livre blanc de l'armée française en Algérie. Contretemps 2002 -
La France en Algérie. Les réalisations,
l'héritage, mai 2003 -
(25)
Marcel Péju dans Jeune
Afrique-l'Intelligent du 27 février 2001. Le
Cercle pour la défense des combattants d'AFN
a obtenu la condamnation du journal et de Péju
pour diffamation publique -
Le professeur d'histoire El Korso est scandalisé par la présence
d'un ministre harki aux côtés du Président Chirac en Algérie
(journal d'Alger Le Matin,
5 mars 2003). L'association
pour la mémoire du 17 octobre 1962 est sans doute à l'origine de la
manifestation antifrançaise lors du match France-Algérie. (26)
Le Monde du 4 mars 2003.
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