| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire La manoeuvre de LutzenCommandant Lanrezac
IV - Offensive de l’armée française du Meyn à l’Elbe Plan de campagne de NapoléonLes désastres de la campagne de Russie n’avaient nullement abattu Napoléon . A aucune époque, il ne montra plus de fermeté d’âme, plus de profondeur de vues. Les Russes franchirent la Vistule : abandonnés des Autrichiens , trahis par les Prussiens , nous n’avons qu’à opposer à nos ennemis qu’une poignée de soldats ; l’Empereur ne s’émeut pas. On le voit qui médite pour le printemps un plan d’offensive grandiose : d’un bond, il reviendra sur la Vistule avec une armée nouvelle et rejettera les Russes au-delà du Niemen (Lettre écrite le 27 janvier au Prince Eugène ). La situation devient de plus en plus sombre, les Prussiens nous déclarent la guerre, les armées alliées franchissent l’Oder et marchent sur l’Elbe : Napoléon ne se départit pas de son calme et persiste dans son projet primitif. Dans une
note rédigée le 11 mars pour le Prince Eugène , il
expose en détail ce qu’il a l’intention de faire : « ......
de Havelberg , c’est la ligne la plus courte
pour se porter sur Stettin . On conçoit donc
que comme le principal but de l’armée française est d’arriver
promptement au secours de Dantzig ,
en supposant l’armée de l’Elbe réunie
à Magdeburg , à Havelberg et à Wittenberg
, et l’armée du Meyn réunie
sous Würzburg , Erfurt et
Leipzig , un mouvement naturel qui
serait facilement dérobé à l’ennemi serait de faire passer toute
l’armée de l’Elbe , suivie de l’armée
du Meyn , par Havelberg sur Stettin : de
sorte qu’on serait arrivé, dans cette ville, on se trouverait avoir passé
l’Oder et
avoir gagné dix jours de marche sans que l’ennemi qui est à Dresde
, Glogau et
Varsovie pût
être en mesure de se pelotonner pour couvrir Dantzig. Après
avoir fait des tentatives pour faire supposer que je veux me porter sur
Dresde et
dans la Silésie , mon intention sera
probablement à couvert des montagnes de la Thüringe et
de l’Elbe , de me porter par Havelberg
, d’arriver à marches forcées sur Stettin avec
300 000 hommes et de continuer la marche de l’armée sur Dantzig
, où on peut arriver en quinze jours et, le vingtième
jour du mouvement, après qu’on aurait passé l’Elbe ,
on aurait débloqué cette ville et on serait maître de Marienburg
, de l’île de la Nogat et
de tous les ponts de la Basse Vistule . Voilà
pour l’ordre offensif.... » Il est évident qu’un tel plan suppose que l’on a des forces très supérieures à celles de l’adversaire : c’est à proprement parler de la stratégie de trois contre un. Napoléon ne croit pas à l’intervention de l’Autriche , il pense donc n’avoir affaire qu’aux Russes appuyés parles Prussiens dont il ne soupçonne pas les ressources militaires. Néanmoins, on est surpris de le voir prendre Dantzig comme premier objectif. A coup sûr, si sa manœuvre réussissait (et elle réussirait certainement si la situation était telle qu’il se la figure), il en retirerait les plus grands avantages. Il aurait débloqué les places de la Vistule et de l’Oder , dont les garnisons forment une véritable armée (plus de 60 000 hommes et qui contiennent d’immenses approvisionnements. Pendant que l’armée ennemie s’affaiblirait de tous les détachements dispersés, ou détruits en chemin par l’armée française, celle-ci se renforcerait de 40 000 vieux soldats au moins qui sortiraient des places où ils seraient relevés par un même nombre de conscrits. Les coalisés, surpris, n’auraient d’autre parti raisonnable à prendre que de rétrograder prestement au-delà de la Vistule, nous abandonnant ainsi toute l’Allemagne . Les avantages perdus à la suite de la désastreuse retraite de 1812 seraient reconquis d’un seul coup : en montrant sa puissance par un tel coup de théâtre, l’Empereur retrouverait son prestige sur l’Europe ; l’Autriche et les Etats de la Confédération redeviendraient des alliés sinon sincères, du moins résignés ; la Prusse , dont nous occuperions tout le territoire, serait réduite à l’impuissance. Cela est vrai mais à ce moment, la question se trouverait ramenée au même point qu’au début de la campagne précédente. Or, nos désastres ont eu pour cause principale l’obligation de suivre les Russes jusqu’au cœur même de leur vaste pays ; ces armées adverses, insaisissables alors, sont venues se placer à portée de nos coups, entre l’Elbe et l’Oder . Pourquoi Napoléon n’emploie-t-il pas tout son génie à essayer de les atteindre et de les détruire ? Ce résultat obtenu, ne serait-il pas maître de la situation même si, entre temps, quelques unes des forteresses de l’Oder et de la Vistule tombaient entre les mains de l’ennemi ? N’est-ce pas le cas plus que jamais d’appliquer le principe fondamental de sa propre doctrine qui veut que l’on prenne pour principal objectif la principale armée adverse ? Peut-être l’Empereur se dit-il que s’il marchait droit aux coalisés par Magdeburg ou par Dresde , ceux-ci, imitant l’exemple des Russes l’année précédente, reculeraient lentement devant lui, guettant l’occasion d’une surprise que faciliterait leur immense supériorité en cavalerie et en tout cas, évitant la bataille générale jusqu’à ce que l’armée française se fût suffisamment affaiblie du fait même de l’allongement de se ligne d’opérations. En définitive, jusqu’à la Vistule au moins, les opérations se réduiraient à une poursuite directe que le manque de cavalerie rendrait forcément très lente ; le seul résultat obtenu serait l’abandon par l’ennemi de tout le pays à l’ouest du fleuve ; or, la manœuvre projetée par Napoléon est une sorte de poursuite indirecte, susceptible d’être menée très rapidement et qui, par suite, procurera plus vite le résultat en question ; non seulement, on ne risquera pas d’arriver trop tard au secours des places mais encore, l’effet moral produit sera plus grand. Un point essentiel à observer est que le plan de l’Empereur n’est praticable que parce que le théâtre des opérations a, pour ainsi dire, été machiné en vue de son exécution. Les forteresses, qui dominent le cours de l’Elbe , de l’Oder et de la Vistule nous assurent des points de passage et en outre, elles créent une situation générale qui subsistera tant que nous en serons maîtres ; situation générale qui sert de base à Napoléon dans son projet de manœuvre. En effet, comme ces forteresses commandent les seuls ponts permanents qu’on ait laissés subsister, les opérations dans le Nord de l’Allemagne sont très dangereuses pour les alliés. Assurément, l’ennemi peut jeter des ponts de circonstances et les couvrir au moyen d’ouvrages de fortification de campagne, mais c’est là un expédient d’une valeur relative. Quand il s’agit de fleuves aussi considérables que ceux énumérés ci-dessus, une armée n’est en droit de se considérer comme ayant des points de passage assurés que si elle est maîtresse de ponts assez solides pour ne pas être emportée à la moindre crue et qui, de plus, soient protégés par une place forte, de manière à être à l’abri des coups de main de l’ennemi. Or, les alliés, faute d’équipage d’artillerie de siège, sont pour quelque temps hors d’état de s’emparer des forteresses que nous occupons. Ils seront donc contraints de prendre leur ligne d’opération dans le sud de l’Allemagne ; leur masse principale sera groupée de ce côté. C’est précisément la certitude que le centre de gravité des forces adverses sera orienté sur Dresde qui permet à Napoléon d’imaginer si longtemps à l’avance son plan de manœuvre. Pendant qu’un corps d’observation amusera l’ennemi sur Dresde , l’armée, filant derrière les montagnes de la Thüringe , gagnera à la dérobée Havelberg , où des moyens de passage auront été préparés ; elle franchira l’Elbe et marchera, sans désemparer, sur Küstrin et Stettin . Comme il y a plus de 200 km de Dresde à Havelberg, l’armée française est assurée d’atteindre l’Oder avant que les coalisés aient eu le temps de faire quoi que ce soit pour gêner son mouvement. Si les coalisés ne se mettent pas en retraite au plus vite, il va sans dire que Napoléon ne continuera pas sa marche sur Dantzig : il se rabattra vers le Sud pour se jeter sur leurs communications. La réussite de l’entreprise repose sur une extrême rapidité de mouvement ; il faut que l’armée française soit leste ; or, elle ne le serait pas si elle devait traîner à sa suite les immenses parcs et convois que nécessitent ordinairement des manœuvres d’une telle amplitude (ou se propose d’aller d’un seul bond jusqu’à Dantzig qui est à 400 km de l’Elbe ). Mais la possession des places fortes du théâtre d’opérations choisi permet de réduire parcs et convois car on trouve dans ces places, outre les approvisionnements normaux de siège, des approvisionnements de réserve en vivres, munitions et matériels qui serviront à ravitailler l’armée quand les circonstances l’amèneront à proximité de l’une de ces places. Napoléon excelle à faire jouer aux forteresses un rôle qui n’a rien de passif ; pour lui, elles sont surtout des pivots de manœuvre, des têtes de pont, des centres de ravitaillement, des points d’appui pour ses lignes de communication. Dans le cas présent, elles seules rendent possible une manœuvre qui ne le serait pas autrement. Mais, à mesure que le temps s’écoule, la situation se dessine tout autre que ne l’avait prévu l’Empereur ; elle devient pour nous de moins en moins favorable. Napoléon éprouve de graves mécomptes dans l’organisation de ses forces, en ce qui concerne la cavalerie surtout ; il ne tarde pas à constater qu’un grand nombre d’unités ne seront pas prêtes à la date fixée : par suite, au début des opérations, les forces dont il disposera seront inférieures à ses prévisions, ce qui est d’autant plus fâcheux que les coalisés, de leur côté, mettent en ligne plus de troupes qu’il n’y comptait. L’occupation de Hamburg par l’ennemi provoque une vive effervescence dans toute la région, entre le Rhin et l’Elbe ; l’attitude de l’Autriche est de plus en plus incertaine, le roi de Saxe se confine dans la neutralité et les rois de Bavière et de Wurtemberg manifestent une tendance à suivre son exemple ; Dresde , qui n’est plus gardée que par une poignée d’hommes, va, d’un jour à l’autre, tomber entre les mains des coalisés qui envahiront en force la rive gauche de l’Elbe : dans ces conditions, Napoléon ne peut plus songer à aller courir la Fortune à l’autre extrémité de l’Europe ; il doit avant tout refouler l’ennemi au-delà de l’Elbe et contraindre le roi de Saxe à se conduire en allié fidèle afin de prévenir de nouvelles défections. Les premières opérations auront donc Dresde comme point de direction générale. A la fin de mars, l’armée du Meyn comprend :
Au total de 140 à 150 000 hommes [1]. Le 3ème Corps, qui s’est formé à Mayence , s’est avancé sur Würzburg dès que son infanterie a été prête pour faire de la place au 6ème Corps ; il occupe Schweinfurt , Würzburg, où est le Quartier général et Aschalfenburg ; il ne lui manque plus que son artillerie qu’il récevra du 1er au 10 avril. Le 6ème Corps est établi autour de Hanau ; son organisation ne sera pas terminée avant le 15 avril. La Garde est à Mayence . Le corps d’observation d’Italie débouche du Tyrol en une longue colonne qui doit marcher par Augsburg , Donauwerth et Nuremberg : la tête de sa première brigade atteindra Bamberg du 10 au 15 avril. La Division badoise se réunit à Würzburg ; la Division bavaroise à Bayreuth ; la Division wurtembergeoise à Mergenthei m. La place d’Erfurt , où commande le Général Dancet , a une garnison de 4 000 hommes ; Kronach , Forcheim , Koenigsholen et la citadelle de Würzburg ont été mis en état et armés. Rappelons que l’armée de l’Elbe est en train de se masser en arrière de Magdeburg et s’apprête à passer sur la rive droite de l’Elbe . L’Empereur n’a que des renseignements assez vagues sur la situation des coalisés. La position de leurs différents corps ne leur permet pas de se rendre compte de leurs intentions, mais le 29 mars, au moment où il expédie de Paris ses ordres pour l’exécution des mouvements préparatoires au rassemblement, il sait de source certaine que le 22, Grand Quartier général des alliés et de la Garde russe étaient encore à Kalisch où ils devaient rester au moins jusqu’au 1er avril. Dans ces conditions, Napoléon conclut que les coalisés ne seront pas en état d’opérer au-delà de la Saale avec l’ensemble de leurs forces, avant le 1er mai. Nos corps d’armée devant se mettre en mouvement avant le 15 avril (dès qu’ils seront prêts), l’Empereur est à peu près certain de pouvoir les rassembler sur la Saale sans que l’opération soit troublée autrement que par des partis de cavalerie légère. Néanmoins, il se garde bien de régler ses premiers mouvements sur une hypothèse aussi favorable ; il prévoit le cas où Blücher , Wittgenstein et Miloradowitch continueraient leur marche en avant sans attendre la Garde russe, ce qui leur permettrait de franchir la Saale vers le 20 avril. Napoléon prend sa ligne d’opération par Erfurt , Weymar , Naumburg et Leipzig , de manière à se lier avec son armée de couverture (armée de l’Elbe ), qui manœuvre sur Magdeburg et qu’il compte attirer à lui, au moment voulu, pour déboucher sur la rive droite de la Saale avec toutes ses forces. L’ennemi, pour les raisons développées précédemment, doit baser ses opérations au-delà de l’Elbe , sur la partie du fleuve comprise entre la Bohème et Torgau ; il est donc à supposer que le centre de gravité de son armée se trouvera au sud de Leipzig . L’armée française débouchant en masse de cette ville, deux cas peuvent se présenter : Les coalisés, ayant discerné la direction du mouvement des colonnes françaises et s’étant décidés à accepter la lutte, se concentrent en temps utile sur leur droite. Il se produira alors une bataille que l’Empereur se croit certain de gagner car il disposera de forces doubles de celles de ses adversaires ; même dans ce cas qui est le moins favorable, la défaite peut être désastreuse pour ces derniers en raison de la proximité de l’Elbe . Les coalisés se laissent attirer vers la Saale supérieure et le Frankenwald par les souvenirs de 1806 et les démonstrations que l’Empereur fait exécuter de ce côté ; l’armée française ne rencontrera devant elle que des détachements dont elle aura facilement raison, ce qui lui permettra d’avancer rapidement sur Dresde , de couper les communications du gros de l’armée adverse et de l’acculer aux montagnes de la Bohème. C’est
la manœuvre inverse de celle exécutée en 1806, sur le même théâtre
d’opération. La ligne d’opération choisie répond également bien au cas où, contre toutes prévisions, les coalisés franchiraient la Saale vers le 30 avril, avant que l’armée du Meyn est entièrement débouché sur Erfurt . Si cette éventualité se réalise, l’armée de l’Elbe , qui sera revenue sur la rive droite du fleuve, prendra position derrière la Wipper , la gauche appuyée à la Saale et la droite aux derniers contreforts du Harz , couvrant sa ligne de retraite par Halberstadt et menaçant de se porter sur le flanc des coalisés s’ils tentaient de marcher sur Erfurt ; en même temps, on pressera le mouvement du 3ème Corps et de la Division badoise, dont la préparation est plus avancée que celle des autres corps de l’armée et qui auront le temps de se réunir à Erfurt avant que les coalisés aient achevé de franchir la Saale . L’ennemi,
qui ne disposera pas de plus de 80 000 hommes, ayant, devant lui les
50 000 hommes du Maréchal Ney , appuyés à
la place d’Erfurt et
derrière lesquels accourraient le 6ème Corps et la Garde
, et, sur son flanc droit, les 70 000 hommes du Prince
Eugène , ne pourra « rien faire de
raisonnable, il sera bridé ». Remarquons que le mode d’emploi de l’armée de l’Elbe est une application de la couverture indirecte ou de manœuvre qui, souvent est plus efficace que la couverture directe, tout en exposant moins les troupes qui y sont employées. Dans le cas considéré, l’armée de l’Elbe protège plus efficacement les débouchés de l’armée du Meyn et court des risques moindres que si elle était établie derrière la Saale , immédiatement en avant de ces débouchés. Au cas où les alliés marcheraient contre le Prince Eugène , celui-ci rétrograderait lentement devant eux de manière à rester à leur contact immédiat sans courir le risque d’un engagement général. L’ennemi, entraîné à sa suite, se trouverait dans une situation des plus critiques quand l’armée du Meyn déboucherait d’Erfurt sur Aschersleben : pris entre des forces françaises d’un effectif double et la partie de l’Elbe que commande Magdeburg , il serait voué à une destruction certaine. On s’explique donc que les coalisés se soient abstenus d’attaquer le Prince Eugène quand (à partir du 10 avril), il eût pris la position que nous venons d’indiquer. S’il eût établi ses troupes derrière la Saale , vers Naumburg , de manière à barrer directement les routes qui conduisaient sur Erfurt , les coalisés n’auraient pas hésité à l’y attaquer pour essayer de le battre avant l’arrivée de l’armée du Meyn ou, tout au moins, rejeter ses troupes en désordre sur les têtes de colonnes de cette armée : à défaut d’un grand effet matériel, ils eussent obtenu un grand effet moral. Clausewitz
, dans sa relation de la campagne de 1813, voulant
expliquer pourquoi Blücher et
Wittgenstein restèrent
inactifs durant toute la seconde quinzaine d’avril, dit en substance :
« Prendre l’offensive pour opérer au-delà de la Saale
contre le
Prince Eugène sans
attendre la Garde russe,
c’eût été se placer dans une situation plus mauvaise encore que celle
où l’on se trouvait, uniquement pour satisfaire à un besoin d’action.
Il est évident que nous n’aurions pas pû atteindre le Prince qui se
serait mis en retraite à l’approche de nos corps d’armée ; en le
poursuivant, nous eussions été exposés à nous trouver pris entre
Magdeburg et
des forces françaises d’un effectif très supérieur ». Mise en marche de l’armée du Meyn vers la SaaleLes 28 et 29 mars, l’Empereur donne des ordres pour qu’à partir du 18 avril, les 3ème et 6ème Corps de la Garde soient échelonnés sur leur route de marche vers Erfurt . Le 3ème Corps marchant par Schweinfurt et portant sa tête à Meiningen et, si les circonstances le permettent, à Erfurt et même à Weymar ; Le 6ème Corps marchant par Fulde et avançant sa tête jusqu’à Eisenach , ou jusqu’à Gotha si le 3ème Corps occupe Erfurt ; La Garde suivant le 6ème Corps ; Les Divisions bavaroises et badoises assureront la garde des passages du Frankenwald , les Bavarois à Bayreuth , avec une avant-garde à Münchberg pour observer les directions de Kof et de Schleiz , et un détachement s’appuyant à Kronach pour tenir la route de Schleiz à Bamberg ; les Badois , à Coburg , avec une avant-garde à Grafenthal pour observer le débouché de Saalfeld . Le Corps d’Italie , à la date indiquée ci-dessus, 18, devra avoir ses deux Divisions de tête réunies à Bamberg , prêtes à marcher ensemble sur Saalfeld dès le lendemain. Le 9 avril, l’Empereur reçoit la nouvelle que les coalisés se sont emparés de Dresde et qu’ils portent leurs avant-gardes sur la Saale . Le lendemain ou le surlendemain, il apprend que le Prince Eugène , dont la démonstration sur la rive droite de l’Elbe n’a eu qu’un succès relatif, va ramener ses troupes sur la rive gauche et prendre position derrière la basse Saale et la Wipper . Il écrit
alors à ses lieutenants pour leur prescrire d’accélérer la marche de
leurs colonnes. La lettre que nous reproduisons ci-après et qu’il
adresse, le 12 avril, au Général Bertrand , donne
toute l’économie de son mouvement. Lettre du 12 avril au Général Bertrand « Vous
aurez reçu, le 12, les ordres que je vous ai expédiés le 8 pour porter
votre Quartier général à Bamberg
. Je suppose que le 14 et le 15, vous y aurez été [2]
de votre personne avec vos 1ère et 4ème
Divisions.... « Le
Prince de la Moskowa vous aura fait connaître que mon intention est de
refuser ma droite... faisant un mouvement inverse de celui que j’ai fait
dans ma campagne d’Iéna
, de sorte que si l’ennemi pénètre sur Bayreuth
, je puisse arriver avant lui sur Dresde
et le
couper de la Prusse . « Le
duc d’Istrie ,
ayant sous ses ordres le duc de Raguse, 40 000 hommes d’infanterie et
10 000 de cavalerie, se porte sur Eisenach où
il sera arrivé du 18 au 20. Le prince de la Moskowa se porte également sur
Erfurt où
il sera également arrivé le 20 ; il a sous ses ordres 60 000
hommes, y compris les alliés et quelques milliers de chevaux.... Je serai
à Mayence le
20. Le
prince de la Moskowa dirigera votre mouvement ; mais comme je suppose
que votre cavalerie et vos deux Divisions seront à Bamberg le
16, vous appuierez le mouvement du prince de la Moskowa en vous portant avec
ses deux Divisions et votre cavalerie sur Coburg .
Ce mouvement est le plus naturel parce qu’il est le plus court et
que de Coburg, vous ne vous trouverez éloigné que de deux grandes journées
de Meiningen , que de trois d’Erfurt
et de trois
d’Iéna et
qu’ainsi, vous pourrez toujours manœuvrer vers la Saale .
Ainsi donc, si les choses sont telles que le prince de la Moskowa se porte
sur Erfurt, votre position sur Coburg vous placera sur sa droite et de là,
vous pourrez vous porter, suivant les circonstances sur Iéna, sur Erfurt ou
sur Meiningen. Ce qu’il est convenable de vous recommander, c’est de
marcher serré, vos deux Divisions réunies, votre artillerie placée
convenablement, n’ayant pas de queue, bivouaquant tous les soirs dès
que vous serez sorti de Bamberg.... L’ennemi est loin de se douter des
forces considérables qui vont se porter sur la Saale .
Si nous étions assez heureux pour que l’ennemi fit réellement un gros
mouvement sur Bayreuth , il serait bientôt
rappelé sur Dresde . Vous
pourrez, comme je vous l’ai mandé, diriger la ligne de vos 2ème
et 3ème Divisions sur Würzburg .
Au reste, je serai moi-même à Mayence et
je pourrai diriger leur marche selon les circonstances ». Une autre raison de faire passer le Corps d’Italie par Coburg et Saalfeld , c’est que la route Gotha-Erfurt -Weymar est déjà très encombrée et que les ressources de cette région en moyens de subsistances seront en grande partie épuisées par les corps de l’armée du Meyn . On ne doit pas oublier que pendant les marches de rassemblement, nos troupes vivent entièrement sur la pays. On peut considérer les forces françaises, pendant leur mouvement vers la Saale , comme divisées en trois groupes ou Armées. L’armée de l’Elbe , 60 à 65 000 hommes, (non compris les 18 à 20 000 laissés avec le Maréchal Davout sur le bas Elbe ) ; c’est une armée de couverture qui a pris position derrière le Wippe r afin de protéger indirectement les débouchés est du Thüringenwal d. L’armée du Meyn proprement dite, formée des corps qui se sont organisés dans la vallée du Meyn , les 3ème et 6ème Corps, la Garde et les Divisions badoises et wurtembergeoises, 105 à 110 000 hommes ; c’est l’armée principale avec laquelle marchera Napoléon ; elle va se rassembler dans la région d’Erfurt . Le Corps d’Italie , auquel il faut rattacher la Division bavaroise, environ 40 000 hommes ; à la date du 12 avril, il est formé en une longue colonne qui se dirige sur Coburg par Bamberg . Dès que l’armée du Meyn aura terminé son rassemblement près d’Erfurt , elle se portera droit sur Naumburg ; l’armée de l’Elbe et le corps d’Italie appuieront sur elle en manœuvrant derrière la Saale . Au début du mouvement, l’armée du Meyn se trouvera séparée de l’armée de l’Elbe par une très grande distance (80 km). Nous avons exposé précédemment comment ces deux armées manœuvraient, si contrairement aux prévisions, Blücher et Wittgenstei n entreprenaient d’opérer au-delà de la Saale sans attendre la Garde russe, avec moins de 80 000 hommes par conséquent. Il est bien évident que si l’effectif total de nos deux armées n’était pas double ou presque double des forces adverses immédiatement disponibles, il serait imprudent de leur faire opérer leur jonction vers Naumburg , au contact même de l’ennemi. Quant au corps d’Italie , nous avons vu les raisons qui ont poussé Napoléon à le diriger de Bamberg par Coburg sur Saalfeld et de là sur Naumburg : il a à jouer un rôle de démonstration. Sa marche vers la Haute-Saale a pour but d’attirer l’ennemi, de ce côté si possible, afin de faciliter la manœuvre enveloppante que projette l’Empereur . Il y a de grandes précautions à prendre pour que ce corps ne soit pas compromis, si l’adversaire, donnant dans le piège qui lui est tendu, se porte en masse vers le Frankenwald . Le corps d’Italie suivra donc la direction Saalfeld -Naumbur g, tant qu’il pourra le faire sans danger mais, au premier indice de péril, il appuiera vers le Nord-Ouest pour rallier l’armée du Meyn , laissant l’ennemi donner dans le vide s’il persiste dans son offensive. Depuis deux mois, Napoléon fait étudier avec un soin extrême la viabilité de la région comprise entre Mayence et la Saale , portant particulièrement son attention sur les chemins transversaux qui font communiquer entre elles les routes que suivront ses corps d’armée. Il s’est ainsi rendu compte que le corps d’Italie pourra effectuer son changement de direction, quel que soit le point où sera arrivée sa tête, lorsque ce mouvement deviendra nécessaire. D’ailleurs, au cas où, pour une raison quelconque, le changement de direction ne pourrait s’effectuer en temps utile, le Général Bertrand aura toujours la ressource de faire rétrograder sa tête de colonne pour concentrer ses troupes soit à Coburg , soit même plus en arrière si c’est nécessaire pour éviter l’étreinte de l’ennemi. On le voit, ce qui fait la sécurité du Corps d’Italie , comme ce qui faisait la sécurité de l’armée de l’Elbe dans le cas précédent, c’est la possibilité de se soustraire aux attaques d’un ennemi supérieur en nombre par un mouvement rétrograde, prévu et par conséquent, préparé. Beaucoup d’officiers ne veulent pas entendre parler des mouvements rétrogrades, sous prétexte qu’ils démoralisent les troupes, qui ne font aucune différence entre un mouvement de ce genre et une retraite pure et simple. Pourtant, les corps de démonstration, les corps d’avant-garde, etc, à moins d’agir avec une timidité presque toujours incompatible avec la mission dont ils sont chargés, seront souvent entraînés à se placer dans une situation périlleuse dont ils ne pourront sortir que par un mouvement rétrograde. Il importe donc, d’une part, de propager cette idée qu’un tel mouvement est une manœuvre qui n’implique nullement un aveu de faiblesse et d’autre part, d’étudier les procédés tactiques spéciaux que comporte ce genre de manœuvre. Quand l’armée du Meyn et le Corps d’Italie auront atteint la Saale , cette rivière se trouvera bordée par nos troupes surtout son développement de Saalfeld à son confluent dans l’Elbe : Napoléo n donnera les ordres les plus formels pour que tous les passages soient gardés d’une façon permanente. Cette rivière sera alors, selon l’expression même de l’Empereur , « comme un rideau tendu entre l’armée française et l’ennemi ». A défaut d’une cavalerie assez nombreuse pour tenir à distance celle des alliés, il utilisera un obstacle naturel continu pour se ménager une zone où il puisse faire mouvoir ses corps d’armée relativement en secret et préparer sa manoeuvre débordante par Leipzig en s’assurant le bénéfice de la surprise. Le mérite des dispositions prises par Napoléon résulte de ce qu’elles réalisent le rassemblement de toutes nos forces, sur la Saale , à portée du point sensible de l’ennemi, dans des conditions de sécurité complètes et aussi dans le minimum de temps, ce qui est essentiel car les circonstances sont pressantes ; dès le début des opérations, nos armées seront en situation d’infliger aux alliés une défaite désastreuse pour peu que ceux-ci commettent la moindre imprudence. Le commandement jusqu’à l’arrivée de l’Empereur avait été réglé de la manière suivante : Lettre du 10 avril au Maréchal Ney « Le duc d’Istrie commandera au duc de Raguse comme plus ancien et lui-même sera sous vos ordres pour la même raison. Le duc d’Istrie n’a d’ordre que de prendre position à Eisenach ; si je ne suis pas arrivé, c’est de vous qu’il recevra l’initiative de se porter sur Gotha si vous vous portez sur Erfurt .... Dans les cas imprévus, vous commanderez aussi au Général Bertrand ... ». En définitive, Napoléon ne veut pas se dessaisir du commandement ; les pouvoirs qu’il accorde au Maréchal Ney sont illusoires ; jusqu’à son arrivée, l’armée sera privée de toute direction supérieure ce qui est d’autant plus grave que, fidèle à son système ordinaire, il ne rejoindra ses troupes que très tard. Il
n’est donc pas étonnant que nos premières opérations aient présenté,
dans le détail, un certain décousu, bien que l’ennemi n’ait rien fait
pour les troubler. Mouvements
du 12 au 24 avril
Armée du Meyn – Le 3ème Corps rompt par brigades, le 15 avril et, marchant par Gotha et Erfurt , se porte sur Weymar où sa tête, 1ère brigade de la Division Souham (6 000 fantassins, 1 000 chevaux et 16 canons) arrive le 18 ; à cette date, le corps d’armée s’échelonne en arrière jusqu’à Schweinfurt ; il mettra sept jours, du 18 au 24, pour se rassembler sur sa brigade de tête et prendre position à hauteur de Weymar, sa droite bordant l’Ilm . On avouera qu’il eût été prudent de reformer au moins les Divisions avant de leur faire repasser Erfurt. Le 6ème Corps et la Garde , se suivant dans cet ordre, se mettent en marche par brigades, le 12 avril, et se portent par Fulde , Hacha et Eisenach sur Gotha : le 16, la tête de la colonne, (1ère brigade de la Division Compans du 6ème Corps) débouche d’Eisenach pour gagner Gotha, mais elle est obligée de s’arrêter en arrière de cette ville pour laisser défiler le 3ème Corps [3]. Du 15 au 21, la colonne serre lentement sur sa tête ; la Garde , doublant le 6ème Corps, se porte sur Gotha ; le 6ème Corps s’établit entre cette ville et Eisenach avec un détachement à Langensalza comme nous le dirons plus loin. Le Corps d’Italie , dont les fractions s’échelonnent sur une profondeur de douze étapes, marche par Auspach et Nuremberg vers Bamberg ; le 16, sa tête arrive à Bamberg où elle s’arrête, poussant sur Coburg une avant-garde destinée à relever les Divisions Marchand (badoise) ; les deux premières divisions (Division Morand et Division italienne du Général Peyri ) se réunissent à Bamberg, du 16 au 19 inclus ; le 20, elles partent pour Coburg où elles arrivent le 21. Là, le Général Bertrand les arrête parce qu’il ne juge pas prudent de continuer sur Saalfeld tant que le 3ème Corps n’aura pas dépassé Weymar ; il se contente d’envoyer une avant-garde à Grafenthal , pour tenir la tête du défilé qui conduit à Saalfeld. L’attitude louche du Général Raglowitch , commandant la Division bavaroise, avait déterminé le Général Bertrand à agir avec la plus extrême circonspection ; Raglowitch , contrairement aux ordres de l’Empereur qui lui prescrivaient de concentrer sa Division sur les hauteurs d’Ebersdorf pour surveiller de près les débouchés de Hof et de Schleiz , avait retiré les détachements qui étaient sur la Saale et commencé à réunir ses troupes à Bayreuth . Le 16, quand le Général Bertrand lui demanda des explications à ce sujet, il dit qu’il se conformait aux instructions du roi de Bavière qui lui avait ordonné de ne pas dépasser la frontière saxonne. Cependant, sur les instances de Bertrand , il consentit à laisser une avant-garde à Münchberg. L’incident ne manquait pas de gravité car il révélait l’hésitation du roi de Bavière à rester fidèle à la cause française ; ce fut seulement le 22 que ce souverain se décida à prescrire au Général Raglowitch de se mettre, avec ses troupes, à la disposition du Général Bertrand . La Division badoise du Général Marchand quitte Coburg le 17 (nous avons dit plus haut qu’elle est remplacée par l’avant-garde du Corps d’Italie ) et se porte sur Thémar , d’où elle part le 21, pour se diriger sur Ilmenau afin d’assurer la liaison entre le 3ème Corps et le Corps d’Italie. La Division wurtembergeoise quitte Mergentheim le 19 ; elle marche par Würzburg et Schweinfurt sur Hildburghause n. Armée de l’Elbe – Depuis le 11, ainsi que nous l’avons dit précédemment, l’armée de l’Elbe était en position à Aschersleben . Le 21, elle fit un léger mouvement en appuyant un peu sur sa droite afin d’occuper Leinbach et d’être à portée de surveiller Eisleben : le Quartier général se transporta à Hoym . Une Division westphalienne, Général Hammerstein , qui s’organisait à Heiligenstadt , fit occuper en avant d’elle Mulhausen et Nordhausen : elle était chargée d’assurer la liaison entre l’armée de l’Elbe et l’armée du Meyn . Depuis le 10 avril, la cavalerie légère ennemie bordait la Saale sur tout son développement, poussant de nombreux partis à l’Ouest de la rivière. Un fort détachement (2 000 hommes environ), qui était posté à Eisleben , se tenait en contact avec l'armée de l’Elbe ; d’autres détachements de force variable battaient l’estrade vers Nordhausen , Mulhausen , Gotha, Coburg et Bayreuth , semant partout l’alarme et le désordre. Le 12, le major Blücher (fils du Général), avec 200 cavaliers prussiens, s’était présenté devant Weymar ; un bataillon formé des contingents des maisons ducales de Saxe , qui se trouvait dans cette ville, avait immédiatement fait défection. Le 17, un autre officier prussien, le major Helwig , avec un escadron de 150 hommes, tomba à l’improviste près de Langensalza, sur l’avant-garde de la Division Rechberg (2 000 hommes, dont 1 500 fantassins et 300 cavaliers) qui se dirigeait sur Erfurt ; à la faveur de la panique provoquée par la surprise, les Prussiens enlevèrent une centaine d’hommes et deu canons. Le lendemain, le 18, le même escadron dispersait près de Wanfried (sur la route de Cassel ) un régiment de cavalerie westphalienne de la Division Hammerstein . Ce dernier, qui avait pourtant 4 à 5 000 hommes à Heiligenstadt , prit peur et envoya au roi Jérôme des rapports où il était question « d’un corps ennemi de toutes armes comprenant plusieurs milliers d’hommes et qui était en train de marcher sur Cassel ». Le 21, la Division Compans du 6ème Corps et 500 chevaux de la Garde , commandés par le Général Lefebvre-Desnouettes , se portèrent d’Eisenach et de Gotha sur Langensalza, menaçant de couper la retraite aux détachements adverses qui s’aventureraient sur Cassel . CE mouvement détermina les partisans ennemis à se replier vers l’Est tout en continuant à surveiller de près la marche des colonnes françaises. Ces incidents, grossis par la rumeur publique, causèrent une certaine émotion au Quartier général du Maréchal Ney , à Erfurt , où l’on était assez mal informé. Le 19, au soir, sur de faux renseignements, le Maréchal se figura que les coalisés marchaient en force sur Naumburg et Iéna ; dans la nuit même, il envoya des ordres pour accélérer la marche des troupes en arrière. Mieux renseigné le lendemain matin, il donna aussitôt contrordre. Une lettre écrite à ce sujet par le Maréchal Bessières au major général permet d’entrevoir quel désarroi régnait alors dans le haut commandement. « Je
dois vous dire franchement que si le mouvement de l’ennemi eût été véritablement
prononcé sur Naumburg et
Iéna , comme me l’a écrit cette nuit le
prince de la Moskowa, nous n’aurions pas été en mesure, ni lui non
plus ». Fort heureusement, l’ennemi, rendu circonspect par la faiblesse de ses moyens, demeura dans l’inaction. Le 15, Napoléon apprit que le Quartier général des alliés et de la Garde russe avait quitté Kalisch le 7 avril pour se rendre à Dresde ; il partit de Paris le 16 et arriva à Mayence le 17. Ne jugeant pas les circonstances trop pressantes, il resta à Mayence jusqu’au 25, occupé à résoudre les mille difficultés de détails qu’avait soulevées la mise sur pied de sa nouvelle armée. Quelques modifications furent apportées à l’organisation de celle-ci : Le Corps d’Italie fut dédoublé : la Division Morand et la Division italienne Peyri formèrent, avec la Division wurtembergeoise Franquemont , le 4ème Corps d’armée dont le Général Bertrand eut le commandement ; les Divisions Pacthod et Laurencez constituèrent avec la Division bavaroise Raglowitch le 12ème Corps à la tête duquel fut placé le Maréchal Oudinot ; La Division badoise Marchand fut attribuée au 3ème Corps. En annonçant
ces dispositions au Maréchal Ney , l’Empereur
eut soin de lui
faire remarquer que son corps d’armée était le seul qui comptât cinq
divisions. Situation des forces françaises qui marchent vers la Saale le 25 avril [4]
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