| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire
La manoeuvre de LutzenCommandant Lanrezac
V - Offensive de l’armée française de l’Elbe à l’Oder Mouvement des coalisés après leur retraite derrière l’Elbe : Ils se concentrent à BautzenQuand les alliés eurent repassé l’Elbe , ils ne purent s’entendre sur la direction à donner aux opérations. Tandis que les Prussiens voulaient remonter vers le Nord pour couvrir Berlin , les Russes exigeaient qu’on se repliât sur Breslau afin de rester lié avec l’Autriche , dont l’adhésion à la coalition semblait devoir se produire d’un jour à l’autre. L’entente n’ayant pu s’établir, les coalisés résolurent de se séparer. Le 9 mai, le gros de l’armée russe se replia sur Rädeberg , couvert par le corps de Miloradowitch qui resta à Menstadt ; l’armée prussienne se porta de Meissen sur Grossenhayn . Mais le roi Frédéric-Guillaume comprit que cette séparation des deux armées était une lourde faute. En conséquence, le 10 mai, se résignant à abandonner la défense de sa capitale au corps de Bülow , il décida que Blücher et York rejoindraient l’armée russe. Dans les journées des 10, 11 et 12 mai, les Prussiens et les Russes firent leur retraite concentriquement sur Bautzen , sous la protection de Miloradowitch qui rétrogradait lentement devant les Français . Les souverains alliés étaient tombés d’accord sur la nécessité de ne pas rentrer en Silésie avant d’avoir livré une nouvelle bataille. Ils résolurent de prendre position sur les hauteurs en arrière de Bautzen et de s’y fortifier pour attendre, de pied ferme, l’attaque des Français . Miloradowitch , après avoir disputé pied à pied tout le terrain entre l’Elbe et la Sprée , se replia derrière cette rivière le 14 mai au soir ; il prit alors position sur la rive droite, occupant Bautzen qui avait été mise en état de défense, couvert par des avant-postes établis sur la rive gauche et sur ses flancs, par des détachements de cavalerie légère placés à Wittschenau (Détachement Landskoï ) et à Boblitz (Détachement Emmanuel ) et qui, de là, poussaient des partis jusqu’à l’Elbe , au milieu même des colonnes françaises. Le 16 mai, Barclay de Tolly , qui venait de Thorn , rejoignit l’armée alliée avec 13 500 hommes. Dispositions préparatoires de Napoléon pour les opérations au-delà de l’ElbeLe Quartier général de Napoléon fut maintenu à Dresde , du 8 mai au 17. Il y eut alors, pour l’armée française, une période de calme relatif, qui fut mise à profit pour faire rejoindre les unités qui s’étaient formées depuis le commencement des opérations (une Division de Jeune Garde , quatre bataillons de Vieille Garde , deux Divisions de marche de Compagnie, etc), pour mobiliser les troupes saxonnes, (une Division d’infanterie destinée au 7ème Corps et une Division de Compagnie, dont les quatre régiments furent versés au 1er Corps de cavalerie) et enfin, pour attirer sur Wittenberg et Torgau , le 2ème Corps, la Division Puthod et le 2ème Corps de cavalerie qui, jusqu’alors, étaient restés immobiles près de Magdeburg . Les données chiffrées ci-dessous donnent la composition détaillée de l’armée à la date du 15 mai.
Total
général 203 000 hommes Défalcation faite des pertes subies par le feu et par la maladie, 30 000 hommes environ, l’effectif des troupes appelées à prendre part aux opérations sous les ordres de Napoléon s’élevait à 205 000 hommes ; l’armée coalisée, qui s’était renforcée des corps de Barclay et de quelques troupes de réserve russes et prussiennes, ne comptait pas plus de 110 000 hommes (le corps de Bülow compris) : la supériorité numérique des Français s’était donc accentuée depuis Lutzen . L’armée de l’Elbe , qui n’existait plus que de nom, fut dissoute ; le Prince Eugène partit pour l’Italie , où il devait former un nouveau corps d’observation destiné à contenir l’Autriche si elle se déclarait contre nous. L’organisation de Dresde , qui allait servir de base d’opérations à l’armée française, fut l’objet de la sollicitude de l’Empereur . Le commandement militaire de cette place et de tout le territoire de la Saxe fut confié au Général de Division Durosuel. L’enceinte de Menstadt fut remise en état et palissadée. Un pont de bateaux fut construit à côté du pont de radeaux de Briesnitz , de telle sorte qu’on disposât de trois points de passage sur l’Elbe . Les chemins conduisant aux ponts de Briesnitz furent soigneusement aménagés. Des hôpitaux, des magasins, des manutentions furent organisés. Des dépôts généraux, à raison de un par corps d’armée, furent établis à Dresde , pour les 4ème, 7ème, 11ème, 12ème Corps de la Garde et à Torgau pour les 2ème, 3ème, et 5ème Corps. Il fut crée, en outre, deux dépôts généraux de cavalerie, un à Dresde et l’autre à Leipzig [10]. Les troupes indiquées ci-après furent affectées à la garnison de Dresde : - 4 bataillons westphaliens (Division Hammerstein ) ; - Un régiment de flanqueurs de la Jeune Garde , qui avait besoin de quelque temps pour s’organiser et compléter l’organisation de ses hommes (1 800) ; - les dépôts emmenés ci-dessus (2 000 fantassins et 600 cavaliers) ; - 5 à 600 hommes de troupes saxonnes ; Au total, 6 000 à 6 500 hommes et 12 canons. Par décision du 11 mai, les routes de l’armée furent organisées comme il suit : - Route principale de Mayence à Dresde par Francfort , Fulde , Erfurt , Weymar ; à partir de Weymar, deux embranchements, l’un par Iéna et Altenburg , l’autre par Naumburg et Leipzig . - Un embranchement de Leipzig à Wittenberg ; - Un autre d’Augsburg à Altenburg à Nüremberg, Bamberg , Schleiz et Géra. - La route d’Augsburg par Würzburg était supprimée. Les étapes étaient d’environ six lieues, avec un jour de repos pour six à sept jours de marche. Il n’était pas très prudent (la suite ne le prouvera que trop) de ne pas continuer à faire passer par Würzburg les détachements venant d’Augsburg et d’organiser, entre Erfurt et Dresde , pour gagner trois marches, la ligne d’étapes d’Altenburg au lieu de se contenter de celle de Leipzig . On supposait évidemment que tout le pays à l’Ouest de l’Elbe était à l’abri des entreprises de l’ennemi. Il avait d’ailleurs été prescrit, de la façon la plus formelle, de ne mettre en route que dés détachements comprenant au moins 500 combattants ; ces détachements devaient se garder militairement de manière à n’avoir rien à craindre des partisans ennemis si, par hasard, quelques-uns se glissaient sur les derrières de l’armée, comme cela était déjà arrivé plusieurs fois. Au-delà
de l’Elbe , il n’y avait qu’une seule route
de l’armée, celle partant de Dresde . Quand nos
troupes s’avancèrent jusqu’à Bautzen , un gîte
secondaire d’étapes fut organisé à Schmiedfeld Opérations de l’armée française du 10 au 18 maiAu moment où commence la deuxième série des opérations, les forces françaises sont divisées en trois groupes : - l’armée principale, sous les ordres immédiats de Napoléon ; 4ème, 6ème, 11ème et 12ème Corps, la Garde et le 1er Corps de cavalerie ; 120 000 hommes après l’arrivée des renforts dont nous avons parlé ; - l’armée du Maréchal Ney , 2ème, 3ème, 5ème, 7ème Corps et 2ème Corps de cavalerie (25 000 hommes) ; les troupes mises à la disposition du Maréchal Davout pour opérer sur l’Elbe inférieur et qui forment un Corps provisoire à trois Divisions, sous les ordres du Général Vandamme (30 000 hommes) ; nous ne nous occuperons pas de ce groupe qui a un théâtre d’action distinct. L’armée principale est tout entière réunie à Dresde , le 11 mai. Du 11 au 16, elle va s’étendre sur la rive droite de l’Elbe , vers Koenigsbrüch et Bautzen , pour prendre possession des débouchés et se procurer des renseignements sur l’ennemi. Dans l’armée du Maréchal Ney , le 11 mai, les 3ème, 5ème (moins la Division Puthod ) et le 7ème Corps, sont en avant de Torgau ; à cette même date, le Maréchal Victor rassemble à Bernburg la Division Puthod , le 2ème Corps et le 2ème Corps de cavalerie ; le 13, il partira de Bernburg pour rejoindre le Maréchal Ney , en passant par Wittenberg . Le 16 mai, quand les ordres donnés par Napoléon auront été exécutés en entier, les divers corps occuperont les emplacements suivants en avant de Torgau, entre l’Elbe et la Sprée : - Quartier général et le 3ème Corps à Luckar, avec une avant-garde à Lüblen ; - 5ème Corps à Dabrilugk ; - 7ème Corps à Dahure ; - le 2ème Corps et le 2ème Corps de cavalerie vers Schönwald. L’armée du Maréchal Ney se trouvera alors à 23 lieues de l’armée principale et à 21 de Berlin à peu près, disposée en carré, prête à marcher dans n’importe quelle direction. Ce fractionnement des forces disponibles sur le principal théâtre d’opération à deux armées placées à trois marches l’une de l’autre est un dispositif préparatoire destiné à faciliter les manœuvres que nécessitent les circonstances ultérieures. L’Empereur n’a pas encore arrêté son plan d’opérations ; il attend pour cela que les premiers mouvements des coalisés lui aient révélé ce que ces derniers comptent faire. Le Major Général écrit au Maréchal Ney le 13 : « L’Empereur
, d’ici le 15, prendra sa détermination, selon ce
qu’aura fait l’ennemi, pour faire occuper Berlin ou
pour ordonner tous autre mouvement ». Le même
jour, l’Empereur lui-même
au Maréchal Ney , de Dresde :
« Je ne vois pas bien ce qu’ont fait les Prussiens ;
il est certain que les Russes se
retirent sur Breslau ; mais les
Prussiens se retirent-ils sur cette ville, comme on le prétend, ou se
sont-ils jetés sur Berlin , comme
cela paraît naturel, pour défendre leur capitale ?
C’est ce que les renseignements que j’attends cette nuit
m’apprendront parfaitement. Vous sentez qu’avec des forces aussi
considérables que celles que vous avez [11],
ce n’est pas le cas de rester au repos. Dégager Glogau
, occuper Berlin,
pour mettre le prince d’Eckmühl à
même de réoccuper Hamburg et
de s’avancer, avec ses cinq Divisions[12],
en Poméranie et m’emparer de
Breslau : voilà les trois buts importants que je me propose et que
je voudrais remplir dans le mois. Par la position que je vous fait
prendre, nous nous trouverons toujours réunis, pouvant nous porter sur
la droite ou sur la gauche et avec le plus de masses possibles, selon les
renseignements ». Deux passages de la lettre qui précède exigent quelques explications. L’Empereur avait espéré que la présence des 85 000 hommes de Ney , à trois marches de Berlin , inspirerait aux Prussiens des craintes pour leur capitale et les déterminerait à se séparer des Russes pour se porter à son secours : nous avons déjà dit que c’eût été de leur part une faute insigne. Quand l’Empereur écrit « qu’il paraît naturel que les Prussiens se jettent du côté de Berlin », cela signifie non pas qu’il juge ce mouvement rationnel, mais bien qu’il est probable que les Prussiens ne sauront pas résister à la tentation de se placer, avec le gros de leurs forces, de manière à couvrir directement leur capitale. En restant réunis, les coalisés couvrent Berlin indirectement de la façon la plus efficace ; en effet, leur armée de Silésie , qui compte plus de 100 000 hommes, continue à être l’objectif principal de Napoléon , qui doit agir contre elle avec la presque totalité de ses forces, attendu que l’expérience de Lutzen a démontré que, pour obtenir cette victoire décisive, dont il a tant besoin, il faut disposer de forces presque doubles de celles de ses adversaires. « Par la position que je vous fais prendre, nous serons toujours réunis ... ». Les deux armées françaises ne sont pas réunies, mais elle le seront quand Napoléon le voudra. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer que, d’une part, l’armée principale a un effectif sensiblement supérieur à celui de l’armée coalisée et l’armée de Ney , un effectif à peu près égal et que d’autre part, la région comprise entre la Sprée et l’Elbe supérieur est partout facilement praticable pour de grandes masses de troupes. Ceci étant, il n’y a que des avantages à laisser entre les deux armées, un certain intervalle grâce auquel l’ensemble jouit de facilités de manœuvres plus grandes. Pendant que les corps du Maréchal Ney prennent position en avant de Torgau dans les conditions que nous venons d’indiquer, nous jetterons un coup d’œil rapide sur les opérations de l’armée principale, du 11 au 15 mai. Nous avons vu que le 11, les 4ème, 6ème et 11ème Corps étaient passés sur la rive droite pour dégager les abords de Menstad t et se procurer des renseignements précis sur l’ennemi ; la Garde et le 12ème Corps restèrent à Dresde . Le Maréchal Macdonald , avec le 11ème Corps et une Division de cavalerie légère, refoula devant lui le Corps de Moloradowitch qui lui disputait le terrain pied à pied ; il s’avança le 11 jusqu’à Weissuf et le 12, jusqu’à Norschofwerder, où il resta le 13 et le 14, ayant ses avant-postes au contact de ceux de l’arrière-garde russe dont le gros se tenait à Gödau. Le 4ème Corps marcha par Attendorf sur Koenigsbrück et Kameuz : il ne concentra que des partis de cavalerie légère. Le 13, il occupa Koenigsbrück, poussant son avant-garde jusqu’à Kameuz. Le 6ème Corps prit tout d’abord position en 2ème ligne à Reichenberg, pendant que le Général Beaumont , avec son avant-garde (une brigade de cavalerie westphalienne, 3 bataillons d’infanterie et une demi-batterie) se portait à Moritzburg pour surveiller la direction de Grossenhayn . Le 13, le gros du corps d’armée alla s’établir à Radeburg ; le Général Beaumont avec son détachement resta à Moritzburg pour continuer à éclairer vers Grossenhayn où se montraient des partis de cavalerie de plus en plus nombreux. Nos corps d’armée, du 11 au 13, ayant recoupé toutes les routes suivies par les colonnes russes et prussiennes dans leur mouvement sur Bautzen , l’Empereur , en rapprochant leurs rapports, put se convaincre que toutes les forces des coalisés s’étaient retirées derrière la Sprée . Maintenant, l’ennemi recevrait-il la bataille à Bautzen ou continuerait-il sa retraite à l’approche de l’armée française ? Les grands travaux de fortification entrepris à Bautzen semblaient indiquer son intention d’accepter la bataille sur ce point ; pourtant, des renseignements qui paraissaient fondés donnaient à supposer que le gros de son armée était déjà en retraite sur Görlitz. Pour être fixé à ce sujet, il était nécessaire de s’avancer sur Bautzen ; la prudence exigeait qu’au préalable, on fit serrer les 4ème, 6ème et 12ème Corps sur le 11ème. Le 14, en conformité des ordres donnés le même jour à 4 h du matin : - le 11ème Corps resta en position à Bischoffswerda ; - le 4ème se porta à Kameuz, faisant avancer son avant-garde jusqu’à Closter-Marienstern , sur le chemin de Kameuz à Bautzen ; - le 6ème Corps serra sur Frankenthal, à une lieue de Bischoffswerda , le Général Beaumont restant toujours à Moritzburg ; - le 12ème Corps, s’avançant par Weissig , poussa sa Division de tête jusqu’à Fischbach ; - la Garde et le 1er Corps de cavalerie restèrent à Dresde et aux environs. Le 15, de grand matin, Macdonald , débouchant de Bischoffswerda , se heurta à Gödan, à l’arrière-garde russe qu’il réussit à déloger après un violent combat et à rejeter sur Bautzen . Il prit position sur les hauteurs à l’Ouest de la ville, d’où il put apercevoir les campements de l’armée coalisée. Le 6ème Corps, qui avait marché au soutien du 11ème, s’établit derrière lui. Le 4ème Corps occupa Closter-Marienstern et fit avancer son avant-garde à mi-chemin de ce point et de Bautzen, de manière à se lier avec le 11ème Corps. Le 12ème Corps serra sur Bischoffswerda. L’ennemi n’ayant pas reculé, il était à peu près certain qu’il avait résolu d’accepter la bataille à Bautzen . L’Empereur devait donc faire serrer l’armée principale sur Bautzen et se hâter d’appeler à lui la plus grande partie de l’armée du Maréchal Ney . Voici, en substance, les ordres donnés le 15 au soir et le 16 au matin aux corps de l’armée principale : « Les
6ème et 4ème Corps prendront position devant
Bautzen ,
le 6ème à hauteur et à la gauche du 11ème ;
le 4ème à hauteur et à la gauche du 6ème ;
le 12ème Corps se placera en réserve en avant de
Bischoffswerda et
fournira trois colonnes mobiles de 1 200 à 1 500 hommes destinées à
chasser des bois situés entre la grand-route et la frontière
autrichienne les partis ennemis qui s’y sont glissés et de là, inquiètent
les communications avec Dresde . « Le Maréchal Mortier , avec une Division de Jeune Garde , le 1er Corps de cavalerie et le détachement du Général Beaumont , sera chargé de nettoyer le pays sur la gauche de l’armée, afin d’assurer les communications avec les Corps du Maréchal Ney ; le 16, échelonnant son infanterie sur ses derrières, il se portera rapidement avec toute sa cavalerie sur Grossenhayn de manière à couper tous les partis ennemis qui se trouvent de ce côté et qui ne se retireraient pas assez vite ». Tous ces mouvements s’exécutèrent sans difficulté. Le Maréchal Mortier ne trouva à Grossenhayn qu’un parti de 1 500 à 2 000 cavaliers qui, à son approche, se retirèrent précipitamment sur Elsterwerda . Le Maréchal fit suivre l’ennemi par le Général Beaumont [13] ; lui-même, avec le reste de ses troupes, se rabattit, le 17, sur Bischoffswerda ; quant au Général Beaumont , après avoir communiqué avec le 5ème Corps, il rétrograda le 18 sur Moritzbur g. Nous relaterons in extenso les ordres concernant les Corps du Maréchal Ney . Le Major Général au Général Lauriston , Dresde , le 15 mai, à 10 h du soir : « Partez
de Dobrilugk et
dirigez-vous sur Hoyerswerda , l’ennemi paraissant
vouloir tenir à Bautzen . « Je donne ordre au Prince de la Moskowa, qui est à Werzberg , de se diriger sur Spremberg ». De même au Maréchal Ney , même jour, même heure, sur la copie de l’ordre précédent. « De
la position où vous êtes, à Werzberg
, dirigez vous sur Sprember g
sur la Sprée , l’ennemi paraissant se réunir
et vouloir tenir dans la position de Bautzen ». Ces ordres, partis de Dresde , le 15 à 11 h du soir, ne parvinrent aux corps destinataires que le 16, dans la soirée, c’est-à-dire après la marche. A ce moment, le 5ème Corps se trouvait effectivement à Dobrilugk , mais le 3ème Corps était à Lückau et non à Werzberg . Comme c’était en exécution des ordres de l’Empereur que le 3ème Corps avait marché sur Lückau le 15 et le 16, on ne s’explique pas comment le Major Général a pu supposer que l’ordre en question parviendrait au Maréchal Ney à Werzberg. Les ordres ci-dessus restaient applicables ; seulement, ils ne pouvaient recevoir leur exécution que le 17. Dans sa lettre au Maréchal Ney , le Major Général n’avait pas spécifié quelles étaient les troupes qui devaient se porter sur Spremberg avec ce Maréchal ; il s’agissait en réalité du 3ème Corps seul, l’intention de l’Empereur étant de charger le Maréchal Victo r avec les 2ème et 7ème Corps et le 2ème Corps de cavalerie, soit plus de 25 000 hommes, d’opérer offensivement contre le Général Bülow . Ney ne le comprit pas ainsi ; il prit ses dispositions pour faire marcher sur Spremberg non seulement le 3ème Corps, mais aussi les 2ème et 7ème. Il faut reconnaître qu’en cette circonstance, le Maréchal [14] se montra mieux avisé que Napoléon : car la situation commandait impérieusement d’agir avec le plus de moyens possibles contre la principale armée des coalisés ; il fallait donc se contenter de laisser devant Bülow quelques milliers d’hommes qui, en s’appuyant sur Torgau et Wittenberg , suffiraient pour le contenir. En examinant sur la carte les | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||