Institut
d’histoire des
Conflits Contemporains
Centre
d’Histoire
de l’Aéronautique
et de l’Espace
Commémoration
des anniversaires des premiers vols
du
premier avion à réaction français : SO-6000 Triton (11 novembre
1946)
du
premier vol du Mirage III (17 novembre 1956)
du
premier vol du Mirage F-1 (23 décembre 1966)
ALLOCUTION
DE CLÔTURE
PAR
MONSIEUR SERGE DASSAULT
PRÉSIDENT-DIRECTEUR
GÉNÉRAL DES
AVIONS MARCEL DASSAULT – BREGUET AVIATION
Mesdames,
Messieurs,
Mon
Général,
Je voudrais d'abord, à
l'issue de cette journée commémorative remercier, féliciter les
organisateurs qui se sont donnés beaucoup de mal pour assurer son succès,
et ils ont réussi. En tout premier lieu Monsieur le professeur Claude
Carlier, directeur du Centre d'histoire de l'aéronautique et de l'espace
qui a été le promoteur de cette journée avec le professeur Guy
Pedroncini.
Je voudrais aussi remercier le
Président Jacques Chaban-Delmas qui a mis cette salle de réunion à
notre disposition. Je voudrais remercier ceux qui sont intervenus dans les
débats, spécialement les orateurs qui nous ont fait revivre les
histoires passionnantes du Triton, du Mirage III, du Mirage F-1, qui ont
été les fers de lance, et qui le sont encore, de notre industrie aéronautique
et de nos avions de combat. Je remercie le général Lerche notre nouveau
chef d'état-major de l'armée de l'Air, Revellin-Falcoz qui vous a parlé
de la nombreuse famille des Mirage, Roland Glavany qui vous a fait revivre
son aventure passionnante de pilote d'essai, Jean Calmon qui vous a décrit
la famille des Atar, qui a contribué au succès des Mirage, le général
de Chassey qui a présenté l'utilisation opérationnelle des Mirage III
et F-1 ainsi que Jean-Claude Bertagna qui vous a présenté la Thomson-CSF
avec ses radars et le général Maurice Bret de la Matra qui vous a parlé
des missiles. Je tiens aussi à rappeler que, sans Marcel Dassault, il n'y
aurait eu ni Mirage III ni Mirage F-1 et que c'est grâce à son génie
industriel, à sa volonté, à sa persévérance que nous avons
aujourd'hui une industrie aéronautique et une armée de l'Air de niveau
international.
Je voudrais aussi rendre
hommage à tous les pilotes, les ingénieurs, les techniciens, les mécaniciens,
les ouvriers qui ont pris part à ces épopées et qui n'ont pas ménagé
leur peine pour créer, développer, mettre au point, produire ces avions
et associer toutes les sociétés : Aérospatiale, S.N.E.C.M.A.,
Matra, Thomson-C.S.F., toutes les sociétés d'équipement qui ont
participé et sans lesquelles rien n'aurait pu être fait. Mais c'est
aussi grâce à l'administration, à la Délégation Générale pour
l'Armement, aux ingénieurs de l'Armement, aux officiers et aux pilotes de
l'armée de l'Air et du Centre d'Essais en Vol que ces programmes ont pu
être lancés, financés et réalisés dans les meilleures conditions,
qu'ils en soient ici remerciés. Enfin je ne voudrais pas oublier ceux qui
ont disparu aux commandes de leurs prototypes et qui par leur sacrifice
ont permis à notre industrie aéronautique d'être ce qu'elle est
aujourd'hui : Monnier, Sarabérousse, Rozanoff, Bigand, Buge, Trétou,
Lade, Goujon, Charpentier, Challard, Teysson, Pinier et malheureusement
bien d'autres.
La naissance d'un avion dans
un bureau d'étude, sa construction dans les ateliers, son montage sur la
piste, son premier vol sont des aventures merveilleuses, passionnantes,
qui unissent dans une grande famille tous ceux qui participent. Les
prototypes d'aujourd'hui comme ceux d'hier ouvrent la voie vers l'avenir.
La France a acquis un potentiel fantastique, de compétence unique au
monde, avec des moyens financiers limités, mais avec des ingénieurs, des
pilotes, des techniciens exceptionnels. Le succès d'une industrie aussi
complexe et des technicités aussi multiples que l'aéronautique dépend
avant tout de la compétence et de la motivation des équipes.
Démotiver, disloquer, les équipes
feraient un mal irréparable et porteraient un coup fatal à notre
industrie aéronautique comme à notre indépendance. On ne fera pas mieux
demain ce que l'on sait faire aujourd'hui et si on ne le fait pas
aujourd'hui on ne sera plus le faire demain. Le chemin était tracé par
les pionniers de 1946 et de 1956, à nous maintenant, que l'on soit à la
D.G.A., dans les services techniques, dans l'armée de l'Air, à la société
Marcel Dassault-Breguet, à l'Aérospatiale, à la S.N.E.C.M.A., à la
Thomson, à la Matra et dans les sociétés d'équipement de prendre la
relève tous ensemble et de monter toujours plus haut l'industrie aéronautique
française et notre armée de l'Air.
Tout ceci montre que l'aéronautique
française est nationale, que tout se développe et se fabrique en France,
c'est une bonne chose pour notre indépendance. C'est peut-être aussi
pour cela que cette industrie ne manifeste pas toujours un enthousiasme délirant
à coopérer pour le développement des nouveaux matériels français,
encore que cela puisse évoluer. Tout ceci montre que cette journée
permet aussi aux jeunes de trouver les motivations d'une carrière
professionnelle passionnante.
Mesdames, Messieurs, cette
journée aura été très émouvante, pleine de souvenirs, mais aussi
pleine d'espoirs. Je remercie encore ceux qui l'ont organisé et je vous
remercie d'avoir bien voulu y participer.