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Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre X


La section du 2e échelon dans la défensive

 

1. Quelle est la mission de la section de 2e échelon dans la défensive ?

Aider la section dans la défense de la ligne principale en les flaquant et en protégeant les flancs.

Opposer une deuxième barrière de feux de flanquement à l’ennemi qui a dépassé la ligne principale, par-dessus ou à travers les sections de 1er échelon.

Une fois l’ennemi arrêté, contre attaquer sur les por­tions de terrain perdues par les sections de 1er échelon.

2. Comment s’appelle cette deuxième ligne de défense que constituent les sections de 2e échelon ou de sou­tien ?

La ligne des soutiens.

3. À quelle distance se trouve-t-elle de la ligne de ré­sistance des sections de 1er échelon et pourquoi ?

Autant que possible au moins de 200 mètres. En effet la largeur de la zone de dispersion des obus ennemis qui font la préparation est de 300 à 400 mètres. La plus grande partie de ces obus tombe à cheval sur 150 à 200 mètres de la ligne de résistance.

Il faut que cette grosse partie de l’arrosage ennemi ne puisse détruire en même temps la ligne principale et la ligne des soutiens, d’où une distance d’au moins 200 mètres.

Mais avant tout il faut que la ligne des soutiens voie la 1ère ligne pour flanquer et garder ses flancs (voir 1), cette condition passe avant toutes les autres.

Or, les flanquements, pour être rasants, ne doivent guère dépasser 600 mètres, cela diminue la distance entre les deux lignes.

4. Comment la section de 2e échelon (ou des soutiens) aide-t-elle la première ligne ?

Par des feux de flanquement, toutes les fois que l’emplace­ment le permet. Ces feux de flanquement se super­posent à ceux du 1er échelon.

Le plus souvent les mitrailleuses seront rattachées aux soutiens.

Par des feux à travers des intervalles des sections de 1er échelon et en couvrant leurs flancs. Ces feux sur les flancs ne sont donc pas des feux de flanquement.

5. Vous pensez donc que les sections de 2e échelon peu­vent tirer devant elles en visant. Leur moral n’est-il pas atteint comme celui des sections de 1er échelon par le bombardement, l’impression de l’avance enne­mie ?

Non, car entre les sections et l’ennemi, il y a l’écran mo­ral des sections de 1er échelon, c’est la principale raison qui permet à la base des feux dans l’offensive de tirer par-dessus la troupe.

Mais on ne prendra jamais trop de précautions : para­dos dans les sections de 1er échelon, limitation du fauchage par les armes de 2e échelon, etc.

6. Comment la section de 2e échelon arrête-t-elle l’attaque passée au travers ou par-dessus les sections de 1er échelon ?

Par des feux de flanquement de la ligne de soutien, comme les soutiens de 1er échelon.

Il en résulte que les armes automatiques (F.M. ou mi­trailleuses) des sections de 2e échelon ou de soutien ont au moins deux missions bien distinctes.

L’une de flanquement et de protection des flancs des sections de 1er échelon.

L’autre flanquement de ses propres emplacements.

Pour cette mission le chef de section fait mettre les ar­mes automatiques au tir bloqué dès que l’ennemi a dépassé notre ligne principale de résistance et ne les débloque que lorsque l’ennemi est arrêté.

Elles peuvent avoir une troisième mission de tir éloigné.

7. Quand les mitrailleuses et des groupes de voltigeurs occupent le point fort, qui commande ?

Le plus ancien gradé, mitrailleur ou voltigeur. Tous fantassins. Tout ce qui a été dit pour l’organisation morale et matérielle de la défensive (défense de cercle, en hérisson) – des sections de 1er échelon autour de leurs armes automati­ques subsiste.

8. Quand contre-attaque-t-on ?

Quand l’ennemi est arrêté, mais a pris une tranche de point fort, une portion de la ligne de résistance des sections de 1er échelon.

On ne perd pas de temps pour profiter du désordre en­nemi qui suit toujours l’attaque, tout en contre-attaquant avec méthode.

9. Comment contre-attaque-t-on avec méthode ?

La seule différence entre l’attaque et la contre-attaque est la nature de l’objectif. Dans la contre-attaque l’objectif est un point fort que nous avons perdu. Pour faciliter l’appui de feu par le flanc on choisit comme objectif une portion du point fort perdu près d’un élément ami qui tient encore. La largeur de cet objectif ne dépasse pas 100 mètres pour une section, de façon à toujours attaquer du fort au faible et à pouvoir garder son flanc découvert.

On neutralise le tir ennemi par une base de feux consti­tuée par les éléments du 1er échelon qui tiennent encore ou par des armes automatiques.

On prend une base de départ face à l’objectif à la tran­chée, au défilement le plus près de l’objectif, et on attaque comme dans l’attaque ordinaire, on se garde sur le flanc dé­couvert par un F.M. et par la formation en échelon.

On procède ainsi par tranches successives, en s’appuyant le plus souvent sur des éléments qui tiennent encore, on attaque du fort au faible jusqu’à ce que ce point fort soit repris.

S’il faut choisir son objectif d’après plusieurs éléments du 1er échelon qui tiennent, on choisit l’objectif qui a le plus de valeur, un observatoire, une tête de boyau de communica­tion, un bon flanquement.

 

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