Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

 Revenir au sommaire général

  

Portail Nouveautés Etudes stratégiques Publications ISC- CFHM- IHCC Liens Contacts - Adhésion

 

Dossiers :

 

  . Théorie de la stratégie

  . Cultures stratégiques

  . Histoire militaire

  . Géostratégie 

  . Pensée maritime

  . Pensée aérienne

  . Profils d'auteurs

  . Outils du chercheur

  . BISE

  . Bibliographie stratégique

 

Publications de référence

 

Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

Institut d'histoire militaire comparée

Commission française d'histoire militaire

 

Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre XIII


Catéchisme de combat
du mitrailleur

 

A) Offensive

1. Les mitrailleurs et les servants combattent-ils pour leur propre compte ?

Non, jamais. Ils travaillent toujours au profit de l’Infanterie, des voltigeurs qui avancent et qui luttent.

2. Quelles sont les missions qui peuvent être données aux sections de mitrailleuses dans l’attaque ?

  1. Préparer le mouvement des voltigeurs,
  2. Appuyer le mouvement des voltigeurs en avant et sur les flancs,
  3. Protéger l’arrivée des voltigeurs sur l’objectif,
  4. Conserver le terrain et occuper les points forts conquis,
  5. Tirer sur les fuyards.

3. Quelle doit être la pensée constante des chefs de sections et de groupes de mitrailleuses ?

Tuer l’ennemi ou lui faire baisser la tête pour l’empêcher de tirer juste sur nos voltigeurs, afin que ceux-ci puissent aborder l’objectif à la grenade ou à la baïonnette.

4. Comment les mitrailleurs préparent-ils l’attaque des voltigeurs ?

En tirant sur l’ennemi, en battant les points d’appui derrière lesquels il s’abrite, en le décourageant par des tirs ajustés.

5. Comment les mitrailleurs appuient-ils l’attaque des voltigeurs ?

En tirant sur tous les ennemis qui peuvent tirer sur les voltigeurs.

6. D’où et comment tirent les mitrailleurs pour aider les voltigeurs ?

  1. Des points forts amis sur les flancs de l’objectif si la si­tuation le permet.
  2. Sinon par-dessus la troupe, ou à défaut par les inter­valles entres les sections de voltigeurs. Dans ce cas, souvent les mitrailleurs doivent se porter en avant.

7. Quelles précautions faut-il prendre quand on tire par-dessus la troupe ?

Asseoir la pièce solidement, tirer en tir bloqué par cour­tes rafales de 5 à 6 cartouches, en tir ajusté. On diminue ainsi la trépidation, donc la dispersion ; cela permet de ré­duire d’autant la marge de sécurité.

Des mitrailleuses qui arrêtent leur tir quand l’échelon d’attaque arrive à 400 mètres de l’ennemi n’appuient pas cet échelon. Il vaudrait mieux les supprimer et les remplacer par l’artillerie et les mortiers qui tirent jusqu’à 200 mètres en avant de l’échelon d’attaque.

8. Comment la Compagnie d’accompagnement
pro­tège-t-elle les flancs de l’attaque ?

En tirant ou en étant prête à ouvrir le feu sur les points d’où l’ennemi peut attaquer de flanc les sections de l’échelon d’attaque ou tirer sur ces sections.

9. Je croyais interdit aux mortiers de tirer par-dessus les troupes ?

En temps de paix, oui.

On ne supprime pas le tir de l’artillerie à cause des coups courts. Une bonne troupe attaque même en suivant au plus près les gros paquets d’obus des tirs de soutien immé­diat quitte à en recevoir quelques-uns, plutôt que de se heur­ter à une arme automatique. Le même raisonnement vaut pour les mortiers.

10. Comment les mitrailleurs aident-ils à conserver le terrain ?

En venant l’occuper et en constituant des barrages de feux puissants de flanquement en avant des points forts.

En préparant des tirs sur les points forts d’où l’ennemi peut contre-attaquer et en se mettant en surveillance sur ces bases de contre-attaque.

11. Les mitrailleurs peuvent-ils remplacer les
volti­geurs ?

Oui, en venant occuper un point fort par exemple tenu par des voltigeurs, quand ceux-ci doivent continuer le mou­vement en avant.

12. Les mitrailleuses tirent-elles dans des directions différentes ?

on, au contraire, elles tirent toutes autant que possible en même temps sur le même but pour obtenir un effet écra­sant de masse, on exécute ces tirs de masse successivement sur les objectifs repérés.

13. Comment les mitrailleurs protègent-ils l’assaut et l’arrivée sur l’objectif des voltigeurs ?

À ce moment les mitrailleurs ne peuvent tirer sur l’objectif, les voltigeurs en sont trop rapprochés. Ils tirent quand c’est possible sur des points d’appui d’où l’ennemi peut tirer sur nos voltigeurs ou faire partir des contre-attaques. Sinon ils tirent à 30 mètres au-dessus des voltigeurs pour faire croire que le tir d’appui continue.

14. Pourquoi les fait-on agir en masse ?

Seul le tir en masse agit matériellement et moralement.

Il faut frapper fort pour mettre son adversaire hors de combat.

Il ne faut pas oublier que par-dessus la troupe, les mi­trailleuses tirent par courtes rafales.

15. À quoi pouvez-vous comparer cela ?

À une maison dont on veut enfoncer la porte. En pous­sant tous à la fois la porte, elle cèdera plus facilement. Si chacun s’amuse à pousser chacun sa porte, personne n’est sûr de rien enfoncer. Quand une porte est enfoncée, on ouvre les autres à l’intérieur.

16. Et quand il y a plusieurs objectifs ?

On frappe alors celui qui empêche les voltigeurs d’avancer et qui paraît le plus faible, puis on frappe sur les autres, toujours tous à la fois.

17. Sur quel objectif tire-t-on de préférence ?

Sur celui qui paraît le plus faible. On le reconnaît à la section qui avance davantage de même qu’on cherche à en­foncer la porte qui cède et non celle qui résiste, celle qui paraît peu solide et non celle qui tient.

Quand aucun objectif ne paraît plus faible, on tire sur celui par lequel on veut manœuvrer et qui est indiqué par les ordres.

18. Que fait le chef de groupe de mitrailleuses au
com­bat ?

Il prépare et dirige l’exécution de la mission de son groupe.

19. Que doit-il faire pour cela ?

Une reconnaissance du terrain.

20. Pourquoi ?

Pour fixer :

-        la position de déchargement,

-        la position du tir,

-        les itinéraires défilés pour s’installer à ces positions.

21. Que fait le chef de la pièce ?

Il dirige le feu de sa pièce, vérifie la hausse et observe, si possible, le tir sur le but indiqué.

22. À quoi doit encore penser le chef de groupe ?

Au ravitaillement en munitions, le chef de groupe doit renvoyer en arrière les caisses, faire venir des caisses pleines et demander au Capitaine des cartouches quand la moitié de ses caisses sont vides.

B) Défensive

Voir chapitre : Combat du Groupe et de la Section de 1er échelon dans la défensive.

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin