|
Institut d'histoire
militaire comparée
Commission française
d'histoire militaire
Colonel
Monclar
de
la Légion étrangère
Catéchisme
du combat
Chapitre
XIII
Catéchisme
de combat
du mitrailleur
A) Offensive
1.
Les mitrailleurs et les servants combattent-ils pour leur propre compte ?
Non,
jamais. Ils travaillent toujours au profit de l’Infanterie, des voltigeurs
qui avancent et qui luttent.
2. Quelles sont les
missions qui peuvent être données aux sections de mitrailleuses dans
l’attaque ?
- Préparer
le mouvement des voltigeurs,
- Appuyer
le mouvement des voltigeurs en avant et sur les flancs,
- Protéger
l’arrivée des voltigeurs sur l’objectif,
- Conserver
le terrain et occuper les points forts conquis,
- Tirer
sur les fuyards.
3. Quelle doit être la
pensée constante des chefs de sections et de groupes de mitrailleuses ?
Tuer
l’ennemi ou lui faire baisser la tête pour l’empêcher de tirer juste
sur nos voltigeurs, afin que ceux-ci puissent aborder l’objectif à la
grenade ou à la baïonnette.
4. Comment les
mitrailleurs préparent-ils l’attaque des voltigeurs ?
En tirant
sur l’ennemi, en battant les points d’appui derrière lesquels il
s’abrite, en le décourageant par des tirs ajustés.
5. Comment les
mitrailleurs appuient-ils l’attaque des voltigeurs ?
En tirant
sur tous les ennemis qui peuvent tirer sur les voltigeurs.
6. D’où et comment
tirent les mitrailleurs pour aider les voltigeurs ?
- Des
points forts amis sur les flancs de l’objectif si la situation le
permet.
- Sinon
par-dessus la troupe, ou à défaut par les intervalles entres les
sections de voltigeurs. Dans ce cas, souvent les mitrailleurs doivent se
porter en avant.
7. Quelles précautions
faut-il prendre quand on tire par-dessus la troupe ?
Asseoir
la pièce solidement, tirer en tir bloqué par courtes rafales de 5 à 6
cartouches, en tir ajusté. On diminue ainsi la trépidation, donc la
dispersion ; cela permet de réduire d’autant la marge de sécurité.
Des
mitrailleuses qui arrêtent leur tir quand l’échelon d’attaque arrive
à 400 mètres de l’ennemi n’appuient pas cet échelon. Il vaudrait
mieux les supprimer et les remplacer par l’artillerie et les mortiers qui
tirent jusqu’à 200 mètres en avant de l’échelon d’attaque.
8. Comment la Compagnie
d’accompagnement
protège-t-elle les flancs de l’attaque ?
En tirant
ou en étant prête à ouvrir le feu sur les points d’où l’ennemi peut
attaquer de flanc les sections de l’échelon d’attaque ou tirer sur ces
sections.
9. Je croyais interdit aux
mortiers de tirer par-dessus les troupes ?
En temps
de paix, oui.
On ne
supprime pas le tir de l’artillerie à cause des coups courts. Une bonne
troupe attaque même en suivant au plus près les gros paquets d’obus des
tirs de soutien immédiat quitte à en recevoir quelques-uns, plutôt que
de se heurter à une arme automatique. Le même raisonnement vaut pour les
mortiers.
10. Comment les
mitrailleurs aident-ils à conserver le terrain ?
En venant
l’occuper et en constituant des barrages de feux puissants de flanquement
en avant des points forts.
En préparant
des tirs sur les points forts d’où l’ennemi peut contre-attaquer et en
se mettant en surveillance sur ces bases de contre-attaque.
11. Les mitrailleurs
peuvent-ils remplacer les
voltigeurs ?
Oui, en
venant occuper un point fort par exemple tenu par des voltigeurs, quand
ceux-ci doivent continuer le mouvement en avant.
12. Les mitrailleuses
tirent-elles dans des directions différentes ?
on, au
contraire, elles tirent toutes autant que possible en même temps sur le même
but pour obtenir un effet écrasant de masse, on exécute ces tirs de
masse successivement sur les objectifs repérés.
13. Comment les
mitrailleurs protègent-ils l’assaut et l’arrivée sur l’objectif des
voltigeurs ?
À ce
moment les mitrailleurs ne peuvent tirer sur l’objectif, les voltigeurs en
sont trop rapprochés. Ils tirent quand c’est possible sur des points
d’appui d’où l’ennemi peut tirer sur nos voltigeurs ou faire partir
des contre-attaques. Sinon ils tirent à 30 mètres au-dessus des voltigeurs
pour faire croire que le tir d’appui continue.
14. Pourquoi les fait-on
agir en masse ?
Seul le
tir en masse agit matériellement et moralement.
Il faut
frapper fort pour mettre son adversaire hors de combat.
Il ne
faut pas oublier que par-dessus la troupe, les mitrailleuses tirent par
courtes rafales.
15. À quoi pouvez-vous
comparer cela ?
À une
maison dont on veut enfoncer la porte. En poussant tous à la fois la
porte, elle cèdera plus facilement. Si chacun s’amuse à pousser chacun
sa porte, personne n’est sûr de rien enfoncer. Quand une porte est enfoncée,
on ouvre les autres à l’intérieur.
16. Et quand il y a
plusieurs objectifs ?
On frappe
alors celui qui empêche les voltigeurs d’avancer et qui paraît le plus
faible, puis on frappe sur les autres, toujours tous à la fois.
17. Sur quel objectif
tire-t-on de préférence ?
Sur celui
qui paraît le plus faible. On le reconnaît à la section qui avance
davantage de même qu’on cherche à enfoncer la porte qui cède et non
celle qui résiste, celle qui paraît peu solide et non celle qui tient.
Quand
aucun objectif ne paraît plus faible, on tire sur celui par lequel on veut
manœuvrer et qui est indiqué par les ordres.
18. Que fait le chef de
groupe de mitrailleuses au
combat ?
Il prépare
et dirige l’exécution de la mission de son groupe.
19. Que doit-il faire pour
cela ?
Une
reconnaissance du terrain.
20. Pourquoi ?
Pour
fixer :
-
la position de déchargement,
-
la position du tir,
-
les itinéraires défilés pour s’installer à ces positions.
21. Que fait le chef de la
pièce ?
Il dirige
le feu de sa pièce, vérifie la hausse et observe, si possible, le tir sur
le but indiqué.
22. À quoi doit encore
penser le chef de groupe ?
Au
ravitaillement en munitions, le chef de groupe doit renvoyer en arrière les
caisses, faire venir des caisses pleines et demander au Capitaine des
cartouches quand la moitié de ses caisses sont vides.
B) Défensive
Voir
chapitre : Combat du Groupe et de la Section de 1er échelon
dans la défensive.
|