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Institut d'histoire militaire comparée

Commission française d'histoire militaire

 

Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre XIV


La défense contre les chars
dans le combat défensif

 

1. Quel a été l’aspect nouveau de la guerre en 1940 ?

L’importance des chars et de l’aviation.

2. Est-il possible de se défendre contre les chars ?

Oui, le 152e R.I. Régiment à fourragère rouge, le pre­mier Régiment de France Métropolitaine, a tenu un jour contre les chars.

Il a dû céder, parce que ses voisins de droite et de gau­che ont lâché.

3. Quels sont les moyens de résister aux chars ?

a.       L’utilisation à fond des obstacles naturels anti-chars, notamment des blancs d’eau (rivière, coupu­res) [1].

b.       La continuité entre les obstacles naturels.

c.        La pose d’obstacles artificiels [2].

d.       Le camouflage et la protection contre les vues aérien­nes.

e.       L’observation et le renseignement préalables qui permettent de déceler à temps les chars.

4. Est-ce tout ?

Non, il faut le moral.

Toutes les organisations, toutes les armes sont sans va­leur, si elles n’utilisent des hommes disposés à tenir jusqu’au dernier souffle”.

5. Je croyais que vous disiez qu’il ne fallait pas
de­mander à des combattants de tenir jusqu’au bout, mais un temps donné ?

Ce n’est plus vrai avec les chars. Quitter l’emplacement de combat devient alors une duperie : le char rejoint toujours le fuyard et le combat se livre alors dans un terrain non pré­paré, où le char a tous les avantages.

6. Que font les voltigeurs, mitrailleurs, F.M. contre les chars ?

D’abord ils provoquent les tirs d’arrêt de l’Artillerie.

S’ils sont abrités d’une façon sûre contre les chars par des murs ou des bois, ils tirent à balles perforantes sur les fentes de visées, jettent des grenades sous les chenilles, des bouteilles d’essence préalablement enduites de chiffon et al­lumées, allu­ment de la paille, des herbes sèches, du bois sec préalablement disposés sous le passage des chars.

Mais la première tâche des voltigeurs reste de défendre les canons anti-chars, les mitrailleuses ensuite.

7. Quelle est la meilleure façon d’assurer à temps la mise en jeu de la défense anti-chars ?

L’observation constante, passionnée, de nuit et de jour, à la vue et à l’oreille. Elle permet de déceler les chars, d’attirer sur eux les concentrations d’artillerie, d’alerter à temps les armes anti-chars pour qu’elles tirent à bout de por­tée utile. Elle évite la surprise.

8. A-t-on suffisamment d’armes anti-chars pour toute une organisation défensive ?

Non, les dotations permettent seulement de défendre la ligne principale de résistance et une ligne de communication vers l’arrière, vers nos camions.

Que l’Infanterie le sache et se retranche en conséquence dans les obstacles naturels ou artificiels où elle peut tenir.

 

[1]  Voir Chapitre 1 : Définition des obstacles anti-chars.

Pour mémoire : les obstacles importants construits par le génie sont :

les réseaux sur piquets de béton,

les pièges à chars,

les pieux et rails,

les blocs de béton reliés par des chaînes.

 

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