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Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre XV


Coopération avec les chars

 

1. Y a-t-il une différence sensible entre les principes de l’attaque avec les chars et ceux de l’attaque sans chars ?

Il n’y a pas de différence.

Il s’agit toujours pour l’Infanterie d’avancer dès que le feu ennemi cesse d’être ajusté, que ce feu ne soit plus précis parce que l’ennemi subit l’action de l’artillerie des bases de feux fixes, ou celle des chars [1], le résultat pour l’infanterie est le même – elle en profite, elle avance.

Il n’en résulte pas moins que l’infanterie doit prendre des précautions.

2. Quelles sont ces précautions ?

Ne pas marcher trop près des chars sauf au moment de l’arrivée sur la position. Les chars attirent les projectiles de tous ordres. Il faut s’en tenir au moins à 200 mètres pour éviter et les projectiles et les ricochets.

3. La base de feux de la compagnie d’accompagnement du Bataillon appuie-t-elle toujours l’infanterie ?

Non. Elle est en surveillance contre les armes anti-chars qui sont repérées ou qui se relèvent.

Les feux et l’action des chars valent plus pour l’infanterie que l’action des mitrailleuses et mortiers de la compagnie d’accompagnement. Il faut avant tout sauver les chars.

Toutes les armes de l’infanterie, F.M., mitrailleuses, mor­tiers, interviennent donc a priori contre les armes anti-chars.

Si un char est assailli, l’infanterie tire sur le char à car­touches ordinaires et non perforantes.

4. Comment se passe l’attaque avec les chars ?

Les chars débouchent en général les premiers ; l’infanterie suit à 200 mètres, les chars arrivent au défile­ment du point fort, l’infanterie continue sa progression et arrive sur le point fort, les chars protègent l’installation de l’infanterie en se défilant aux vues, puis ils s’en vont ou bien chars et infanterie recommencent.

5. Et si les chars ne voient pas les armes automatiques qui arrêtent l’infanterie ?

Alors ils reviennent vers l’arrière, à un cheminement ou un point fort où se trouve une section de l’échelon ou le Capi­taine, et s’y renseignent.

Il est, en effet, peu vraisemblable que des fantassins ar­rêtés par une arme automatique puissent se lever pour par­ler à l’équipage des chars.

6. Quand les chars marchent-ils derrière l’infanterie ?

Quand les chars ne peuvent voir sans les yeux de l’infanterie. Dans les bois, par exemple, l’infanterie progresse quand une arme automatique ennemie l’arrête, elle va quérir le char, celui-ci pointe sur la résistance, la réduit, puis re­vient derrière l’infanterie.

L’infanterie avance de nouveau et ainsi de suite.



[1]  On pourrait dire que les chars constituent une base de feu mobile, si le terme de base n’impliquait plutôt l’idée de fixe, de stable, de statique.

 

 

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