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Institut d'histoire militaire comparée

Commission française d'histoire militaire

 

Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre XVI


Ravitaillement et munitions

 

A) À l’échelon Section

1. Comment la section se ravitaille-t-elle en
muni­tions ?

Supposons une section de F.V. [1] partie à l’attaque avec 30 hommes. À l’arrivée sur l’objectif, elle compte 2 morts, 4 blessés. La section s’installe en situation défensive. Le Chef de section demande le recomplètement en munitions en te­nant compte des hommes qui restent.

2. Comment le calcule-t-il ?

Il reste 24 combattants. Il faut donc 24 fois la dotation par homme soit 24 fois 120 = 2880 cartouches. Mais il reste des cartouches aux combattants, par exemple 1 500. Il prend les cartouches des 4 blessés par exemple 200. Il lui faut donc demander 2880-1500-200 = 1180. Il demandera 1200 cartou­ches.

3. Qu’appelle-t-on un dépôt de munitions ?

Le Chef de Bataillon peut décider de donner à la com­pagnie donc à la section plus de munitions qu’elle n’en a ré­clamées. Le Chef de Section rassemble ces munitions sup­plémentaires en un dépôt.

4. Que fait le Chef de Section s’il est obligé d’abandonner ce dépôt pour suivre la progression ?

Il rend compte à la compagnie et précise avec soin l’emplacement.

5. Qui transporte les munitions de recomplètement jusqu’à l’emplacement de la section ?

Les chenillettes du Bataillon si possible.

Les hommes de la Compagnie de la réserve ou de la Section de réserve à partir du point où doivent s’arrêter les chenillettes. Ce point est le Poste de ravitaillement.

6. Les hommes effectuant ce transport sont-ils équipés et armés ?

De nuit, toujours, pour parer aux surprises.

De jour, si les ennemis sont proches.

7. Quels sont les hommes désignés pour ces
trans­ports ?

De nuit, le Chef de section désigne un ou plusieurs groupes organiques.

De jour, il choisit les pourvoyeurs et les voltigeurs.

Enfin, en cas de nécessité les fusiliers tireurs.

B) À l’échelon Compagnie

8. Comment la Compagnie se ravitaille-t-elle en
muni­tions ?

Le Capitaine totalise les demandes de munitions :

-        des sections de F.V.,

-        des sections de mitrailleuses,

-        du groupe de 60,

-        du groupe de 81 éventuellement.

 

Cartouches

Grenades

Bombes

Eau éventuelle

29 C

    32 N

F.I.

O.F.

V.B.

60

81

 

 

 

 

 

 

 

 

 

               

9. Comment le Capitaine organise-t-il le transport des munitions ?

  1. Il fixe le poste de ravitaillement accessible aux chenillet­tes et défilé aux vues et coups ennemis.

2.     Il calcule le nombre de ravitailleurs nécessaires.

  1. Il désigne la section qui les fournira.

C) À l’échelon bataillon

10. Comment le Chef de Bataillon demande-t-il des munitions ?

D’abord, par radio, par téléphone ou optique, il de­mande tant de camionnettes. Ensuite il fait une demande sous la même forme que celle du Capitaine. Il spécifie s’il veut un dépôt.

11. Pourquoi ?

Parce que le Centre de Ravitaillement de la ½ Brigade ne dispose que d’un nombre réduit de camionnettes chargées prêtes.

L’État-major de la ½ Brigade ou de la Brigade fera diri­ger du T.C. 3 [2]. le nombre de véhicules nécessaires.

 

Où se trouve le T.C.1. ?

L’emplacement du T.C.1. est choisi autant qu’il est pos­sible à l’abri des coups et des vues et à distance suffisante du Centre de Ravitaillement pour diminuer les risques qui ré­sultent et de l’encombrement de nombreux véhicules et de la circulation plus visible du Centre de Ravitaillement.

13. De quoi dispose le Chef de Bataillon pour le
ravi­taillement du Bataillon ?

Il dispose d’un groupe de ravitaillement commandé par un Sous-Officier dit “de ravitaillement”, quand l’effectif est au complet de chenillettes, de une, deux, trois camionnettes chargées d’un chargement mixte, le même au moins pour toutes les Compagnies de F.V.

14. Que fait-il de ses véhicules vides de munitions ?

Dès qu’un de ses véhicules est vide, il l’envoie au centre de ravitaillement de la brigade qui l’échange contre un véhi­cule plein. En principe nombre pour nombre ou deux véhi­cules et même davantage en cas de crise.

D) À l’échelon ½ brigade et brigade

15. Qu’est-ce que le Centre de Ravitaillement ?

C’est l’emplacement où s’échangent les camionnettes vides des Bataillons contre des camionnettes pleines de la ½ Brigade ou de la Brigade. Le Colonel le fixe sur une route d’accès facile à proximité (non immédiate) du P.C. du Colo­nel, accessible aux camionnettes, si possible aux camions, défilé aux vues.

Le Règlement appelle axe de ravitaillement la route la plus importante ayant son point origine au point de trans­bordement et reliant les emplacements successifs des centres de ravitaillement de la Brigade et des Bataillons.

16. Comment le centre de ravitaillement est-il
amé­nagé ?

Sur un circuit de manière à permettre les entrées et les sorties faciles de véhicules. Si c’est impossible la section des pionniers aménage des garages permettant un demi-tour facile. Cette condition est à rechercher pour tous les postes de ravitaillement de Bataillon, de Compagnie, etc.

17. Où la Brigade recomplète-t-elle ses munitions ?

Au point de transbordement. Le Commandant le choisit sur un itinéraire formant boucle de manière à permettre une circulation très aisée.

18. Pourquoi l’appelle-t-on point de transbordement ?

Parce que les camionnettes vides ne s’y échangent pas contre les camionnettes ou camions pleins.

Les premiers transbordent sur elles, les chargements des camionnettes ou camions pleins qui viennent de l’arrière.

Bien entendu, en cas d’urgence, les camions de l’arrière poussent jusqu’à l’avant Bataillon, même Compagnie, si la viabilité et le défilement le permettent.

19. Pourquoi dans les demandes de munitions ajoute-t-on un paragraphe eau ?

Le T.C.1. a des citernes à eau. Il a des bidons d’eau, le combattant a soif à l’arrivée. Les blessés encore davantage. La première ligne demande de l’eau quand elle n’en trouve pas en proximité. On peut d’ailleurs toujours mettre sur un camion ou une chenillette quelques bidons de 2 galons (9 litres environ). Ces bidons de deux galons doivent être soi­gneusement vidés dans les bidons des ravitailleurs et en­voyés au T.C. Les Bataillons et les Compagnies en sont comptables, s’ils les perdent, ils n’en auront plus.




[1]  Fusiliers-Voltigeurs (Nde).

[2] Train de combat (Nde).

 

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