Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre II


De la direction

 

1. Les obstacles, les points forts, ont-ils la même va­leur dans toutes les directions ?

Non, un point fort ou un obstacle anti-chars s’apprécie, s’évalue, se jauge dans une direction donnée.

La lisière d’un village, d’un bois, n’offre en général ni vues, ni champ de tir vers l’intérieur du bois ou de la localité. Une crête peut avoir des vues étendues vers le Nord et, au contraire un horizon très limité à l’Ouest ou au Sud. Autre­ment la direction fait la valeur d’un point d’appui.

2. La direction a-t-elle une autre importance ?

Oui, tous les hommes du premier échelon (appelé éche­lon d’attaque) doivent marcher dans une direction donnée et la garder avec soin, sinon ils se resserrent sous le feu, parce que la troupe non instruite réagit ainsi devant le danger et parce qu’encore ils tendent à éviter les zones battues pour s’entasser dans les zones privées de feu, or les paquets atti­rent le feu toutes les armes.

Il faut encore marcher dans une direction donnée, parce que sous le feu des armes automatiques, le fantassin ne peut exécuter que des mouvements très simples, marcher dans une direction donnée, en utilisant le terrain s’il présente des cheminements.

3. Qu’est-ce qu’un point de direction ?

C’est un point du terrain très visible de loin, par rap­port auquel les soldats de 1er échelon prennent leur direction, soit en marchant dessus, soit en marchant à tant de travers de doigt ou de main, à sa droite ou à sa gauche, sur des points de direction appelés subordonnés.

4.  Qu’appelle-t-on point de direction intermédiaire ?

D’une part, quel que soit le souci avec lequel on marche vers un point de direction, il peut disparaître : par exemple si on arrive dans un fond ou dans un terrain très couvert ; on prend alors des points de direction restant visibles, sur l’alignement du point de direction choisi, dits points inter­médiaires.

D’autre part, il n’est pas aussi facile qu’il paraît de marcher sur le point de direction, beaucoup y vont en zigzags et se remettent face à lui de temps à autre. Une direction, comme une ligne, se détermine par deux points qu’on conserve dans l’œil en marchant : le point de direction prin­cipal et le point de direction intermédiaire.

5. Mais alors, vous n’utilisez pas les chemine­ments du terrain ?

Non, en terrain plat.

En revanche, dans une portion de terrain qu’on appelle zone d’action, il faut savoir utiliser les cheminements dans la direction générale de marche, pour reprendre ensuite, en terrain plat, sans cheminements la direction de marche.

6. Comment enseignez-vous le réflexe de la direction ?

L’éducation des réflexes s’obtient en particulier par ré­pétition. Donc tous les rassemblements, mouvements de la vie militaire, se font face à une direction donnée.

Chaque Unité supérieure au groupe a une unité de di­rection (groupe, section) suivant laquelle les autres unités prennent leur point de direction subordonné.

En outre, sur le terrain, les Chefs de tous grades de la Compagnie, et même du Bataillon, prescrivent souvent les exercices suivants :

-        marche isolée dans une direction donnée

-        la même marche dans une direction donnée en utili­sant les cheminements

-        les mêmes exercices à plusieurs, puis par groupes, sec­tions, etc.

 

 

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