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de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre IV


La Cohésion

 

Qu’est-ce que la cohésion ?

Une des principales forces morales de l’Infanterie.

En quoi consiste la cohésion ?

C’est l’habitude qu’ont les gens de vivre, travailler, manger, dormir en commun, pour arriver, s’il le faut, à dor­mir ensemble du dernier sommeil.

Quel bénéfice donne la cohésion ?

La compréhension des chefs et des hommes entre eux.

Quand un chef ordonne, parle, chacun comprend ; quand un homme accomplit une mission, rend compte, tous savent ce qu’il va faire ou ce qu’il veut dire.

La cohésion donne la confiance, vingt hommes qui ne se connaissent pas fuient devant le lion, quatre hommes qui se connaissent attaquent le lion (Ardant du Picq).

À quoi comparez-vous la cohésion ?

À une auto rodée.

Quand les pièces sont neuves, ne se connaissent pas, elle ne peut rendre beaucoup de services. Il faut la ménager.

Quand les pièces ont travaillé 5 000 km ensemble elle peut donner toute sa vitesse, tout son rendement. Il ne faut pas à tout instant lui enlever ces pièces pour les remplacer par des pièces de rechange qui ne sont pas toujours de la même marque.

Mais le combat vous enlève chefs et camarades ?

Vous n’aurez jamais la cohésion parfaite ?

Raison de plus pour ménager la cohésion des chefs et camarades qui restent. C’est le meilleur moyen d’éviter la contagion de la peur.

Que fait-on en compagne pour respecter la cohésion ?

On évite de fractionner les unités, on détache toujours une unité organique et non tant d’hommes - à l’exception des mitrailleuses et des mortiers et canons de 25 mm.

Et encore pour renforcer la compréhension et la confiance mutuelles, la même section de mitrailleuses, ou de 25 mm marche-t-elle autant que possible toujours avec la même Compagnie, ceci n’exclut pas qu’on puisse appuyer une Compagnie avec plusieurs sections de mitrailleuses. Mais dans ce cas, l’une des sections est celle du combat en général avec la Compagnie.

Enfin, quand les pertes obligent à fusionner des unités, on constitue, autant que la spécialisation le permet, des demi-groupes avec les gens du même groupe, des sections avec les groupes d’une même unité, des Compagnies avec les sections du même Bataillon, et ainsi de suite.

Y a-t-il vraiment une contagion de la peur ?

Oui. On l’a constaté à la retraite de France, où tout le monde voyait des Allemands partout, même où ils n’étaient pas.

La contagion est plus rapide dans les formations serrées la nuit, avec des gens inoccupés (que l’action ne distrait pas), fatigués, mal commandés, qui ne se connaissent pas et man­quent de cohésion.

 

 

 

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