Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Colonel Monclar 

de la Légion étrangère 

 

Catéchisme du combat

 

Chapitre V


La Sûreté – La Liaison

 

Note liminaire

Certains estiment exagéré d’enseigner aux hommes la sûreté la liaison. Cet enseignement reste possible et néces­saire.

Il est possible : aucune notion n’est plus naturelle : le braconnier, le cambrioleur, le soldat qui fait le mur, se gar­dent.

Il est nécessaire : une section, un groupe, ne peuvent utiliser judicieusement le terrain, prendre une formation appropriée, avoir confiance, que s’ils conçoivent avec netteté la sûreté et la liaison. C’est ce qu’il faut démontrer.

1. Qu’appelez-vous surprise ?

Une troupe est surprise quand elle reçoit le feu, ou le choc ennemi, les attaques des avions, des blindés, les gaz, sans s’y attendre, et surtout dans une formation serrée donc très vulnérable.

2. En quoi consiste la sûreté ?

La sûreté consiste à éviter la surprise, c’est-à-dire à être renseigné à temps pour pouvoir se mettre en garde, autre­ment dit :

-        utiliser le terrain,

-        prendre les dispositions de combat, en particulier les formations diluées,

-        mettre les armes en batterie aux emplacements vou­lus ;

La sûreté dépend donc de la rapidité d’exécution de la troupe et en particulier de la rapidité d’exécution des alertes.

3. Comment une troupe à pied, ou une troupe transpor­tée, mais combattant à pied, évite-t-elle la surprise ?

a.        par les renseignements de toute nature que vont lui chercher les avions, les autos blindées, les motocy­clistes, les détachements de reconnaissance, les pa­trouilles, les éclaireurs détachés en avant et sur les flancs, etc.

b.       par le combat que livrent ces détachements pour lui donner le temps de se mettre en garde.

c.        en station, par l’utilisation : des obstacles anti-chars, des points forts.

d.       par la marche en perroquet, c’est-à-dire l’occupation d’un obstacle ou d’un point fort, aussi longtemps qu’on n’en tient pas un autre. Un perroquet ne lâche pas un barreau tant qu’il n’en tient pas solidement deux autres.

4. Mais alors vous occupez quatre points forts, un de­vant, deux sur les flancs, un derrière ?

Le gros tient, surtout avec ses armes lourdes, un point fort principal et sur trois autres points on fait marcher les détache­ments, les éclaireurs flanqueurs, c’est ce qu’on ap­pelle échelons de tête ou avant-gardes, flancs-gardes, pa­trouilles, (d’arrière-garde).

5. Mais comment une unité de faible effectif (section ou groupe) peut-elle détacher autant d’avant, flanc, ou arrière-gardes ?

Ils ne le peuvent. Ils se gardent par la formation très diluée et par le terrain. Ils se déplacent de point fort à point fort, ou par les cheminements.

Notamment, sur les flancs, la section ou le groupe doi­vent soit tenir face au flanc découvert, les vues et le champ de tir, soit être en liaison avec une autre unité.

6. Qu’appelez-vous liaison ?

Deux sections, deux groupes, sont en liaison quand le terrain entre eux est parfaitement vu et battu par le feu.

Le mot liaison est encore employé pour expliquer que le chef, le voisin, savent tout ce que font le subordonné, le voi­sin, soit parce qu’ils voient ceux-ci, soit parce qu’ils reçoivent leurs renseignements.

Donc, quand une section, un groupe, ne voient pas le chef, le voisin, ils lui envoient des renseignements, ou se re­lient à lui par une patrouille.

7. Quels renseignements envoient-ils ?

Ils emploient le procédé de la croix  [1] :

-        je suis ici………………………...

-        devant moi………………………

-        à droite…………………………..

-        à gauche…………………………

-        en arrière………………………...

8. Quel moyen d’acquérir le réflexe de la sûreté ?

Dès qu’on risque le feu, les engins blindés, l’aviation enne­mie, on prend et sur route et à travers champs une for­mation diluée, c’est-à-dire au moins :

-        50 pas entre les groupes,

-        5 pas entre les hommes,

-        50 pas entre section.

Sur route : en tout temps, en toutes circonstances, on se garde contre les blindés particulièrement par des barrages de mines, l’occupation des obstacles anti-chars.

La sûreté sera enseignée pour chaque phase du combat.



[1]  Le texte ne précise pas les symboles employés (Nde).

 

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