| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire
Colonel Monclar de la Légion étrangère
Catéchisme du combat
Chapitre
VII 1. Quelle est la mission de la section ou du groupe de premier échelon ?C’est de marcher sur un point du terrain qu’on appelle objectif et de l’atteindre tôt ou tard. 2. L’objectif est-il un point quelconque du terrain ?Non ; c’est toujours un point fort ou un obstacle anti-chars. 3. Qui donne le point fort et qui fixe l’objectif ?Le capitaine ou le chef de section donne l’objectif. 4. Si le capitaine a oublié de donner le point fort objectif, que fait le chef de section ?Il en choisit un à droite ou à gauche de celui de la section de direction, car il y a toujours une section de direction. 5. Et à quel intervalle de l’objectif de la section de direction faut-il choisir son point fort-objectif, 50, 100 ou 200 mètres ?Il n’y a pas d’intervalle fixe, c’est le terrain qui commande et les objectifs y sont à des intervalles variables. Règle générale : je choisis toujours l’objectif de ma section de façon que l’intervalle entre ma section et la section voisine soit efficacement battu par le feu (raison de liaison). 6. Comment marchez-vous sur votre objectif ?Je marche aussi longtemps que je n’ai pas reçu de coups de fusil. 7. Je croyais qu’une section marchait sur son objectif en faisant des bonds ?Non, on commence seulement à faire des bonds quand l’ennemi a commencé de tirer. 8. Alors, on ne s’arrête pas ou on ne se couche pas quand l’ennemi tire ?Non, ceci est encore une erreur ; on ne s’arrête que sous un feu ajusté à une distance efficace, c’est-à-dire vers 800 m. de l’objectif. 9. Qu’appelez-vous tir ajusté ?La section, mon groupe, sont soumis à un tir ajusté quand les balles font des petits nuages de poussière de 5 à 10 mètres devant, à droite, ou à gauche, ou dans les intervalles de […] mes hommes. Je n’attends donc pas les pertes pour m’arrêter. En revanche, je n’arrête pas pour des pertes qui, manifestement, sont le fait de quelques tirs isolés et non d’un tir conduit d’armes automatiques. 10. Dans quelle formation marche la section ?La
section marche sur son objectif en deux formations : 1. ou en petites colonnes par un, les hommes à 5 pas de distance. 2. ou en tirailleurs à 5 pas d’intervalle. 11. Quelle est la meilleure des formations ?Elles sont aussi peu vulnérables l’une que l’autre quand on a des armes automatiques pour les feux. Il vaudrait peut-être mieux rester en petites colonnes ; quand il reste seulement des fusils il vaudrait mieux être en tirailleurs pour pouvoir envoyer le plus grand nombre de balles possible. 12. Quand se met-on en tirailleurs ?On se met en tirailleurs au dernier point fort, face à l’objectif et à 400 mètres seulement de cet objectif. 13. Si on est parti sans savoir que l’ennemi tient l’objectif ?On se déploie au premier coup de fusil, à une distance de 400 mètres et autant que possible dans un repli de terrain à l’abri de feu. 14. Quand vous êtes arrêté longtemps, que faites-vous ?Je me fais un abri avec le barda, l’outil, les pierres, je fais des créneaux obliques. 15. Quand repartez-vous ?Quand l’ennemi tire mal, c’est-à-dire quand ses balles passent trop haut et tombent trop loin ou quand l’ennemi ne tire plus. 16. Votre groupe ou votre section repartent-ils tous ensemble ?Non, car l’ennemi pourrait me tendre un piège. Je tâte l’ennemi, je fais exécuter des bonds courts par homme, puis par deux hommes, puis par quatre hommes à la fois. Je fais des bonds de plus en plus longs jusqu’au moment où je suis sûr que le tir de l’ennemi est désajusté. 17. Quand le tir de l’ennemi n’est pas très ajusté, que faites-vous ?Je progresse par bonds, utilisant le terrain ou faisant tirer les uns pendant que les autres avancent. 18. Y a-t-il d’autres moyens de désajuster le tir de l’ennemi ?Oui, le Capitaine fait tirer les chars en avant de la troupe, les mitrailleuses et les canons par-dessus la troupe, les voisins qui sont déjà arrivés sur l’objectif tirent de flancs sur les gens qui nous arrêtent. 19. Donc les mitrailleuses, les chars, les canons, les voisins tirent, que faut-il faire ?Très attention pour profiter des occasions d’avancer. 20. Que faites-vous quand vous êtes arrivés sur l’objectif ?La section se retranche, une partie fait face en avant et nous garde, le reste tire de flanc sur l’objectif du voisin. 21. Ensuite ?
Le Capitaine fixe un nouvel objectif, nous marchons au pas aussi longtemps que l’ennemi ne tire pas. Nous avançons par des bonds quand l’ennemi commence à tirer, entre 600 et 800 mètres. Nous nous arrêtons quand le tir est ajusté. Arrivés sur l’objectif, nous nous retranchons et ainsi de suite. 22. C’est tout ce que vous avez à dire et à faire en ce qui concerne le combat de première ligne ?Je peux ajouter qu’avant de partir, le chef de section reconnaît le terrain, fixe la direction, l’objectif, la formation, les cheminements à utiliser par ses groupes de combat, lignes de terrain qui sont favorables aux arrêts. Je fais l’appel à tous les arrêts de combat pour m’assurer que tous suivent. 23. Quand vous êtes arrêté, que faites-vous ?Je me suis arrêté parce que j’étais sous un feu ajusté, je tire sur l’ennemi pour le tuer si possible et dans tous les cas pour lui faire peur et désajuster le tir. C’est pourquoi tirer de trop loin sans voir c’est perdre son temps et ses cartouches.
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