Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

 Revenir au sommaire général

  

Portail Nouveautés Etudes stratégiques Publications ISC- CFHM- IHCC Liens Contacts - Adhésion

 

Dossiers :

 

  . Théorie de la stratégie

  . Cultures stratégiques

  . Histoire militaire

  . Géostratégie 

  . Pensée maritime

  . Pensée aérienne

  . Profils d'auteurs

  . Outils du chercheur

  . BISE

  . Bibliographie stratégique

 

Publications de référence

 

Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

Correspondance militaire
de Napoléon I
er

Extraite de la correspondance générale Et publiée

Par ordre du ministère de la guerre

Tome premier  

Paris - 1876

 

41.
Dispositions pour le siége du château de Milan
Au chef de brigade Chasseloup

Quartier général, Milan, 27 floréal an IV (l 6 mai 1796)

Il est ordonné au commandant du génie de se concerter avec les généraux Masséna et Despinoy pour coopérer, chacun, en ce qui le concerne, aux mesures à prendre pour que, dans la nuit, toutes les issues qui conduisent de la ville au château soient fermées par des épaulements en tonneaux. Il faut que dans la journée de demain l’on arrange des lignes, en profitant des circonstances du terrain, de manière que les différentes brigades, chacune à leur tour, fournissent des bataillons dans la tranchée, qui resserrera le fort le plus près possible, et le plus loin à 600 toises.

Le commandant du génie fera faire sur-le-champ, conjointe­ment avec le commandant de l’artillerie, des gabions, des sacs à terre, des saucissons. Ils choisiront un emplacement pour le parc destiné au siège du château, et y rassembleront tous les outils, paniers à terre, tonneaux et autres objets nécessaires au siège. Ils présenteront demain au soir au général en chef leur projet pour l’attaque du fort.

Par ordre du général en chef
Dépôt de la guerre

 

42.
Ordres de service pour le siége du château de Milan
Au général Masséna

Quartier général, Milan, 28 floréal au IV (17 mai 1796)

Les troupes aux ordres du général Masséna destinées à faire le siège de la citadelle de Milan feront un double service, celui de la ville et celui du siège.

Le général Masséna, de concert avec l’officier commandant le génie, réglera le nombre des bataillons qui devront être, chaque jour, de tranchée, de manière qu’un même bataillon ne monte pas une seconde fois la tranchée que tous les autres ne l’aient montée une fois. Le plus ancien chef de brigade sera chef de tranchée, et ainsi des autres alternativement. S’il y a plusieurs attaques séparées, il y aura plusieurs chefs de tranchée.

Les bataillons des demi-brigades qui devront monter la tran­chée seront toujours commandés la veille et ne fourniront pas de garde le jour qu’ils seront de tranchée, à l’exception de la garde du camp, qui sera commandée par un sergent. Les compagnies de grenadiers ou carabiniers des bataillons qui ne seront pas de tranchée peuvent être commandées à leur rang pour renforcer la tranchée, ou pour les attaques.

Il sera nommé tous les jours un officier général pour monter la tranchée. Cet officier en reconnaîtra une fois tous les débou­chés, places d’armes et angles avantageux, afin de déterminer en conséquence l’ordre et les positions des troupes en cas d’attaque.

Le chef de brigade ou de bataillon de tranchée en fera le détail quant aux services des troupes, pendant les vingt-quatre heures qu’il y sera, et il veillera à l’exacte observation de tout ce qui sera ordonné ; il fera d’avance la visite des postes de la tranchée.

Le général Masséna ordonnera à l’officier général de service de prévenir exactement le chef de brigade ou de bataillon de tranchée de l’endroit où les troupes doivent se rassembler en cas de sortie.

Le général Masséna nommera un ou plusieurs officiers intelligents et actifs pour être chargés des détails de la tranchée pendant tout le siège. Cet officier sera chargé de recevoir les munitions qui seront apportées à la queue de la tranchée, comme sacs à terre, gabions, dont il tiendra un état.

Le général Masséna donnera des ordres pour qu’il y ait toujours des brancards prêts à porter les blessés. L’officier chargé des détails de la tranchée fera part chaque jour au chef de l’état-major général de l’armée de la marche des travaux, du nombre des tués et des blessés, il tiendra un journal du siège.

La tranchée sera exactement relevée toutes les vingt-quatre heures. Le général Masséna fixera l’heure à laquelle on devra la monter et le lieu du rendez-vous où les troupes doivent s’assem­bler. Elles s’y rendront assez à l’avance pour que l’officier général de tranchée en fasse l’inspection.

Il sera formé par chaque bataillon, avant qu’il entre dans la tranchée, deux piquets de huit escouades, dont l’une marchera à la tête, l’autre à la queue du bataillon, pour être employées et placées au besoin dans les postes ou aux usages que le général de tranchée pourrait ordonner. Les piquets seront commandés par un capitaine et un lieutenant. Le reste du bataillon restera formé comme à l’ordinaire.

Les tambours seront partagés et mis à la tête et à la queue de chaque bataillon.

Chaque bataillon et chaque compagnie de grenadiers enver­ront, avant l’heure d’être relevés, un fusilier d’ordonnance à la queue de la tranchée, pour conduire les troupes qui devront les relever.

Lorsque les nouvelles troupes de tranchée arriveront, les anciennes leur céderont le côté de l’épaulement.

Toutes les troupes, soit en montant, soit en descendant la tranchée, marcheront tambours battant, drapeaux déployés, la baïonnette au bout du fusil.

Lorsque les troupes auront pris leur poste dans la tranchée, les porte-drapeaux planteront leurs drapeaux sur l’épaulement. Il sera placé des sentinelles de distance en distance ; elles auront pour consigne d’avertir de ce qu’elles pourront voir sortir de la place et des bombes qui en partiront.

On placera sur l’épaulement de la tranchée des sacs à terre pour couvrir les sentinelles.

Les officiers feront travailler chaque soldat, dans son terrain, à élargir la tranchée et à épaissir l’épaulement.

On ne rendra dans la tranchée aucun honneur à qui que ce soit. Lorsque le général en chef ou le général de division viendra, les soldats se tiendront seulement debout, l’arme au bras, faisant face à l’épaulement et prêts à monter sur la banquette.

Lorsque les troupes sortiront de la tranchée, elles marche­ront en colonne renversée.

L’infanterie du camp doit faire le nombre de gabions et de fascines ou claies ordonnés ; ils seront payés au prix qui aura été réglé par le commandant du génie. L’officier chargé du détail de la tranchée en donnera des reçus, sur lesquels le commandant du génie fera payer ce qui est dû à chaque compagnie.

Les gabions seront de trois pieds de hauteur et de deux pieds et demi de diamètre ; les claies auront six pieds de longueur ; les fascines auront six pieds de long sur dix pouces de diamètre.

Les bataillons auront toujours à la tête de leur camp ou bivouac une quantité réglée de fascines, qu’ils remplaceront à mesure qu’elles se consommeront.

Tout soldat allant à la tranchée prendra, en partant de son camp, une fascine qu’il laissera à la queue de la tranchée.

Les détachements de travailleurs seront de tel nombre d’escouades qu’on jugera à propos de demander, commandées et composées ainsi qu’il est d’usage pour les diverses espèces de détachements armés ; ces détachements seront commandés par demi-brigades. Les demi-brigades ou bataillons qui seront de tranchée ou qui la descendront ne fourniront pas de travailleurs, mais ils ne devront pas moins reprendre leur tour dans la suite du siège.

Les travailleurs seront conduits au rendez-vous par un adjudant-major de chaque bataillon.

Chaque commandant d’escouade sera chargé de faire travailler et de contenir les soldats qui la composent.

Les travailleurs marcheront dans le plus grand silence et suivront ce qui leur sera prescrit par les ingénieurs.

Il y aura des détachements pour soutenir les travailleurs. Les postes avancés de ces détachements resteront couchés à terre jusqu’à ce que la tranchée soit assez profonde pour couvrir un homme jusqu’à la ceinture ; alors les détachements se retireront dans la tranchée.

Dans les lignes et batteries et autres lieux à portée des dépôts de poudre, il ne sera permis à aucun soldat de fumer.

En cas de sortie, les travailleurs se retireront dans les lieux désignés, où ils ne puissent embarrasser le troupes.

Pendant les sorties de l’ennemi, toutes les batteries doivent se diriger sur le front de l’attaque pour en écarter les assiégés.

Lorsque les troupes auront repoussé l’ennemi, elles observeront de ne pas le poursuivre ; elles recevront à cet égard des ordres de leurs généraux.

Aussitôt que l’attaque sera finie, les travailleurs reviendront à leur poste.

Les travailleurs de tranchée qui auront été commandés seront payés sur le certificat des officiers du génie qui les auront employés.

Il ne pourra être fait aucune retenue sur cet argent, et les travailleurs seront payés chaque jour.

Il sera fourni des travailleurs détachés quand il en sera besoin pour aider à la construction des batteries ; ils seront payés par l’artillerie.

Dès le commencement du siège il y aura deux sergents affectés pour demeurer, pendant tout le temps de sa durée, auprès du commandant des ingénieurs, un autre auprès de l’ingénieur chargé du détail de la tranchée, ils seront payés sur le certificat du chef du génie.

Si la place est prise d’assaut, on empêchera le pillage ; les munitions de bouche et de guerre et la caisse de l’ennemi appartiendront à la République.

Bonaparte
Dépôt de la guerre

 

43.
Ordre de mouvement sur Lodi
Au général Masséna

Quartier général, Milan, 30 floréal an IV (19 mai 1796)

Le général Masséna donnera au général de brigade Joubert l’ordre de partir demain, 1er prairial, avec la 1ère et la 8e demi-brigade d’infanterie légère, pour se rendre le même jour à Melegnano, et le 2 à Lodi, où il recevra de nouveaux ordres. Il prendra à Milan son pain pour deux jours.

Il ordonnera à la 3e demi-brigade d’infanterie légère de partir de Milan le 2 prairial, pour se rendre le même jour à Melegnano et le 3 à Lodi. Le général Masséna partira le 3e prairial pour se rendre le même jour à Lodi avec la 21e demi-brigade. Ces troupes prendront le pain pour deux jours. Son artillerie suivra le mouvement de la dernière colonne.

Par ordre du général en chef
Dépôt de la guerre

 

44.
Ordre de mouvement sur Cassano
Au général Augereau

Quartier général, Milan, 30 floréal an IV (19 mai 1796)

Il est ordonné an général Augereau de partir de Pavie, le 2 prairial, avec les troupes de sa division qui y sont et toute son artillerie, pour se rendre le même jour à Milan, où il bivouaquera dans l’endroit qu’il enverra reconnaître à l’avance par un officier de son état-major. Cet officier viendra à l’état-major général pour savoir de quel côté de la ville il placera ses troupes.

Le 3, le général Augereau continuera sa route, pour se rendre à Cassano, sur l’Adda, où il recevra de nouveaux ordres. La 69e demi-brigade restera à Lodi.

Le général Augereau est prévenu que la compagnie auxiliaire de la 19e demi-brigade a l’ordre de se rendre à Pavie pour y tenir garnison. Il fera prendre du pain pour deux jours à Pavie.

Par ordre du général en chef
Dépôt de la guerre

 

45.
Ordre de mouvement sur Crémone
Au général Serurier

Quartier général, Milan, 30 floréal an IV (19 mai 1796)

Il est ordonné au général Serurier de partir de Plaisance, le 2 prairial, avec toutes les troupes composant sa division et son artillerie, pour se rendre le même jour à Maleo, près Pizzighetto­ne, et le 3 à Crémone, où il recevra de nouveaux ordres ; il fera prendre le pain pour deux jours, c’est-à-dire pour le 2 et le 3.

Il laissera des ordres à Plaisance pour que les troupes qui tiennent à sa division, et qui sont encore en marche pour le rejoindre, puissent suivre son mouvement.

Par ordre du général en chef
Dépôt de la guerre

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin