| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome
premier Paris - 1876
Quartier général, Nice, 12 germinal an IV (1er avril 1796)Si l’ordonnateur en chef m’eût envoyé, il y a sept jours que je suis arrivé, une lettre pareille à celle que je reçois de vous, mon cher ordonnateur, j’eusse pris des mesures pour assurer le service des fourrages ; mais toutes les lettres que j’ai reçues de Gênes tendaient à m’endormir. La route, depuis le Rhône jusqu’au Var, est approvisionnée ; Nice l’est pour un mois, Menton l’est également. Par le courrier que je vous expédie, j’écris au citoyen Navarre pour le presser, et je donne des ordres au général Casalta. Je serai demain soir à Bordighera. Vous recevrez ci-joint l’état du mouvement de la cavalerie. Les charrois filent à force, et demain il part 2 000 mulets ; ils seront tous adressés à Finale et Vado. Si le citoyen Navarre est de bonne foi, avec les avances qu’il a reçues à Paris et les 60 000 francs que vous lui avez donnés, vous ne devriez plus avoir d’inquiétudes. Transportez-vous à Varaggio et prenez des engagements pour 30 000 francs, à condition que les fourrages seront rendus à Loano, Finale, Oneille, avant le 25 du mois ; je ferai honneur à vos engagements, à Albenga. Le blé est assuré par la compagnie Flosque. Ce citoyen, qui se rendra à Gênes, m’a promis 20 000 paires de souliers, qui seront payées à Paris. Je ferai partir demain 5 000 paires d’ici ; 12 000 paires partiront de Marseille. Vous remettrez la lettre ci-jointe, par laquelle Collot ordonne à sa maison de faire partir 10 000 paires de souliers et 800 quintaux de foin. Pressez le départ des souliers que vous avez achetés. Je pars demain pour Bordighera. Je serai à Albenga le 15 ; je vous y attends le plus tôt possible. Le quartier général, composé de tous les agents des services, est parti aujourd’hui. Lambert part avec moi. Adieu, mon cher ordonnateur. Activité et courage ! Bonaparte
7. Menton, 14 germinal an IV (3 avril 1796)Le général en chef renouvelle l’ordre aux généraux commandant les divisions d’accélérer, autant qu’il leur sera possible, le travail relatif à la nouvelle organisation. Les généraux de division feront passer une revue des troupes qui sont sous leur commandement, afin d’examiner avec attention l’état de l’armement. Ils feront changer les fusils hors d’état de service. Les généraux et adjudants généraux ne doivent pas perdre un seul instant pour faire pourvoir les troupes des objets qui peuvent leur être nécessaires. Le général en chef est instruit que des employés des fourrages se permettent de changer arbitrairement la ration, sous prétexte de la pénurie des magasins. Il leur est expressément défendu de faire délivrer des rations au-dessous de la proportion déterminée sans un ordre par écrit d’un commissaire des guerres, qui ne pourra le donner qu’après avoir constaté, par un procès-verbal, l’état des magasins, et avoir motivé l’urgence. Ils resteront responsables de la mesure qu’ils auront prescrite. Les adjudants généraux chargés du détail dans les divisions enverront avec la plus grande exactitude au chef de l’état-major, à Albenga, l’état décadaire de l’emplacement et de la situation des troupes dans les divisions. Dans l’exécution de quelques mouvements de troupes ordonnés, plusieurs généraux ont oublié de faire relever des détachements. Il leur est ordonné d’apporter plus d’attention aux dispositions qu’ils ont à faire, de manière à ce qu’il ne reste aucun détachement isolé des corps qui reçoivent l’ordre de changer de destination. Par ordre du général en
chef
8. Quartier général, Oueille, 15 germinal au IV (4 avril 1796)Vous
donnerez les ordres et vous prendrez de mesures pour qu’il y ait à la
disposition et pour service de la division d’Ormea, pour les vivres : 1ère charrois de vivres : - 1 chef de division ; - 4 brigadiers ; - 20 haut-le-pied ; - 200 mulets. 2e charrois de fourrages : - 1 brigadier ; - 5 haut-le-pied ; - 50 mulets. 3e
charrois d’artillerie : -2 brigadiers ; -10 haut-le-pied ; -100 mulets. Ces
trois cent cinquante mulets seront fournis dans le pays génois. Chaque
haut-le-pied commandera dix mulets ; chaque brigadier en commandera
cinquante ; chaque chef de division, deux cents. Ils seront payés tous
les cinq jours. Il sera passé un marché par le commissaire des guerres, et
les engagements seront par jour, et, s’il est possible, pour deux décades. Tous les charrois ci-dessus seront à la disposition, savoir : ceux des vivres, de l’agent en chef des vivres ; ceux des fourrages, de l’agent en chef des fourrages ; ceux de l’artillerie, du commandant de l’artillerie. Ils seront levés le plus tôt possible, et l’on fera, dès demain, charroyer : par l’attelage des vivres, des farines, eaux-de-vie et biscuits, à Pieve et à Ormea ; par celui de l’artillerie, des cartouches ; par l’attelage des fourrages, de l’avoine à Ormea. Il faut que, sous six jours, deux mille cinq cents quintaux de blé ou de farine soient transportés à Pieve et à Ormea ; qu’il y ait à Ormea cent mille rations de biscuit, et cinq cent mille rations d’eau-de-vie ; à Pieve, un million de cartouches et cinq cent mille à Ormea, et qu’il soit transporté à Ormea quatre mille boisseaux d’avoine. Tous les jours, le garde-magasin de chaque service enverra à son chef, au quartier général, l’état de ce que l’on aura versé, et le commissaire des guerres enverra à l’ordonnateur, tous les jours, l’état de ce qui aura été transporté à Ormea et à Pieve. Bonaparte 9. Albenga, 16 germinal an IV (5 avril 1796)À dater du 22 germinal, la première et la deuxième division d’avant-garde, la première et la deuxième du corps de bataille, recevront alternativement un jour de la viande fraîche, un autre des légumes, et le troisième de la viande salée. Incessamment, la viande fraîche sera donnée tous les jours. Le général en chef ordonne que la ration de fourrages soit fixée ainsi qu’il suit : Pour les troupes à cheval et les charrois, dix livres de foin et un demi-boisseau d’avoine ; Pour les charrois de l’artillerie seulement, douze livres de foin et un demi-boisseau d’avoine. Il est expressément ordonné aux adjudants généraux chargés du détail des divisions de faire passer par la voie la plus prompte au chef de l’état-major, à Albenga, un état de situation et d’emplacement des troupes de leur division ; ils n’oublieront pas d’y porter la force de la compagnie auxiliaire. Le général en chef a le plus pressant besoin de connaître ces états. Par ordre du général en
chef
10. Quartier
général, Albenga, 22 germinal an IV
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