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Correspondance
militaire
de Napoléon Ier
Extraite
de la correspondance générale
Et publiée
Par
ordre du ministère de la guerre
Tome
premier
Paris
- 1876
61.
Ordre de reconnaître l’enceinte de la place
de Mantoue
Aux chefs de brigade Andréossy et Chasseloup
Quartier
général, Roverbella, 15 prairial au IV
(3 juin 1796)
10
heures du soir
Il est ordonné au
citoyen Andréossy d’être rendu demain, à cinq heures du matin, à
Castiglione-Mantovano, près le général Augereau, pour profiter du
mouvement que sa division fait en avant pour bien reconnaître l’enceinte
de la place de Mantoue du côté où doit se porter le général Augereau.
Le chef de brigade
Chasseloup ordonnera au citoyen Roland, officier du génie, et à une
compagnie de sapeurs, d’être rendus demain 16, à cinq heures du matin,
près le général Augereau, à Castiglione-Mantovano.
Le citoyen Chasseloup
partira lui-même, le même jour, à la même heure, avec le général
Dallemagne, pour se rendre à la Favorite ; il se fera suivre d’un
bataillon de sapeurs, et profitera du mouvement que fait le général
Dallemagne pour faire une reconnaissance utile au projet offensif sur la
place de Mantoue.
Par ordre du général en
chef
Dépôt de la guerre
62.
Ordre de réunir à Roverbella les régiments
de Cavalerie
Au général Kilmaine
Quartier
général, Roverbella, 17 prairial an IV
(5 juin 1796)
Il est ordonné au général
Kilmaine de se rendre au quartier général de Roverbella, d’où il
continuera de commander l’arme des troupes à cheval. Il donnera
sur-le-champ ses ordres pour faire rassembler à Roverbella tout le 1er
régiment de hussards, et le 10e de chasseurs ; il les fera
baraquer dans un emplacement commode ; il passera sans délai une revue
de ces deux corps, et dressera un état de leurs besoins en armement, équipement,
harnachement et habillement ; il en enverra un double au commissaire
ordonnateur pour obtenir tout ce qui pourra être fourni des magasins à
proximité ; il enverra l’autre au général en chef et y notera les
objets qu’il faudra tirer de Milan. Ces deux corps ne feront aucune corvée
et le moins de service possible, afin qu’ils puissent se reposer et être
en état de marcher au premier ordre. Le général Kilmaine conservera la
surveillance directe et particulière de ces deux corps. Il ordonnera au 8e
régiment de dragons de se rendre également à Roverbella, où il sera
employé sous ses ordres au service du quartier général.
Le 7e régiment
de hussards et le 22e de chasseurs sont destinés pour le blocus
de Mantoue, et seront à la disposition du général Serurier. Le général
de brigade David commandera ces deux corps. En conséquence, le général
Kilmaine lui en fera passer l’ordre, auquel il ajoutera telle instruction
qu’il jugera nécessaire.
Le 15e régiment
de dragons et le 25e de chasseurs resteront attachés à la
division du général Masséna et seront commandés par le général de
brigade Beaumont.
Le 5e et le 20e
de dragons sont à Milan, et le 24e de chasseurs à Pavie.
Le général Kilmaine,
qui commande toute la cavalerie, passera des revues des différents corps,
excepté de ceux qui sont à Milan et à Pavie. Il proposera tous les moyens
qu’il croira les plus sûrs et les plus prompts pour la remonte, l’équipement,
l’habillement, etc., de toutes ces troupes. Il enverra les états en
double au général en chef et au commissaire ordonnateur à Roverbella. Il
est prévenu qu’il sera attaché au 1er régiment de hussards
et au 10e de chasseurs huit pièces d’artillerie légère. On
donne des ordres en conséquence au général de brigade Dommartin.
Le général Kilmaine
voudra bien recommander qu’on apporte la plus grande exactitude à envoyer
au chef de l’état-major le rapport journalier. Il aura attention, en
passant ses revues, de faire dresser un état des hommes qui sont démontés,
de ceux qui ont leur harnachement, et de tous ceux qui sont actuellement présents
à l’armée active ; il s’occupera enfin des mesures nécessaires
pour faire venir à l’armée les chevaux blessés ou malades qui ont été
laissés dans l’intérieur et qui doivent être guéris maintenant.
Par ordre du général en
chef
Dépôt de la guerre
63.
Ordres relatifs à l’artillerie légère attachée
à des régiments de cavalerie
Au général Dommartin
Quartier
général, Roverbella, 17 prairial au IV
(5 juin 1796)
Le général Dommartin
est prévenu que le 1er régiment de hussards et le 10e
de chasseurs à cheval ont ordre de se réunir à Roverbella pour s’y
reposer et se tenir prêts à marcher sous peu de jours. L’intention du général
en chef est qu’il soit attaché à ces corps huit pièces d’artillerie légère.
Le général Dommartin
donnera sans délai tous les ordres nécessaires pour que ces pièces soient
parquées derrière les deux régiments dont il vient d’être parlé. Il
passera une revue exacte de ces huit pièces et de tout ce qui peut y avoir
rapport, tant pour le personnel que pour le matériel ; il portera le
plus grand soin à ce que rien n’y manque. L’approvisionnement devra être
complet, à trois caissons pour les obusiers et à deux pour les pièces de
8. Il mettra à cette artillerie les meilleurs chevaux, qu’il aura soin de
laisser reposer, défendant qu’on leur fasse faire d’autre service. Il
fera essayer un obus de chaque caisson, pour s’assurer que les obus crèvent.
Il enverra au général en chef, à Milan, l’état de ce qui pourrait
manquer pour cet équipage d’artillerie et qu’il ne pourrait pas se
procurer au parc.
Le général Dommartin
restera au quartier général à Roverbella, où il s’occupera non
seulement de l’objet dont on vient de l’entretenir, mais encore de
toutes les autres parties de l’artillerie légère qui peuvent être au
parc ou dans les divisions de l’armée, de manière à ce que tout soit
approvisionné et en état d’agir ; mais il doit porter ses premiers
soins aux huit pièces attachées aux deux régiments de troupes à cheval.
Par ordre du général en
chef
Dépôt de la guerre
64.
Dispositions pour le blocus et le siége
du château de Milan et de Mantoue
Au chef de brigade Chasseloup
Quartier
général, Roverbella, 17 prairial an IV
(5 juin 1796).
Le commandant du génie
doit établir ses bureaux à Roverbella. Il est chargé de la surveillance
des sièges et blocus de la citadelle de Milan, du château et de la place
de Mantoue, et des travaux ordonnés à Peschiera. Il portera ses soins à
faire exécuter toutes les dispositions qui lui ont été ordonnées par le
général en chef.
Il est prévenu que des
ordres sont donnés au chef de brigade Sugny, pour qu’il forme à
Roverbella un petit parc qui doit être prêt à se mettre en mouvement le
20. L’intention du général en chef est qu’il y ait à la suite de ce
parc 150 sapeurs armés de leurs outils, une escouade de mineurs, un chef de
bataillon du génie et quatre capitaines ou lieutenants de ce corps ;
qu’il soit, de plus, attaché un officier du génie pour commander cette
arme dans la division du général Augereau, qui est à Borgoforte, et un
dans celle du général Vaubois, qui sera à Suzzara le 21.
Le chef de brigade
Chasseloup doit, de concert avec le général Serurier, faire toutes ses
dispositions pour nous rendre maîtres des bords du lac et de toutes les
issues de la place de Mantoue. Le généra en chef s’en rapporte aux
talents du citoyen Chasseloup, ainsi qu’à son zèle, pour ordonner tout
ce que les circonstances permettront ou exigeront.
Par ordre du général en
chef
Dépôt de la guerre
65.
Ordre concernant l’admission aux hospices
et le ralliement des soldats
Quartier
général, Milan, 20 prairial an IV (8 juin 1796)
Le général en chef,
informé que plusieurs militaires, au lieu de suivre leurs demi-brigades
lorsqu’elles sont en marche, s’arrêtent sur les derrières pour se
livrer au pillage, qu’ils ne rejoignent leurs corps que longtemps après,
et que, pour excuser leur absence, ils allèguent qu’ils sont sortis des hôpitaux,
où réellement ils ont été admis quoiqu’ils ne fussent pas malades,
puisque la plupart n’y restent qu’un jour ou deux ;
Défend expressément,
sous peine de destitution, aux directeurs des hôpitaux militaires ou des
ambulances, d’admettre dans lesdits hôpitaux des militaires, de quelque
grade que ce soit, s’ils ne sont munis d’un certificat de maladie du
chirurgien du corps, visé par le commandant de la compagnie et approuvé
par le chef du bataillon.
Lorsqu’il s’agira de
militaires faisant partie de détachements éloignés de leurs corps, le
billet d’entrée devra être signé tant par le commandant du détachement
que par celui de la place où se trouve l’hôpital.
Les volontaires voyageant
isolément pour aller rejoindre, ne seront reçus dans les hôpitaux que
lorsqu’ils seront porteurs d’un billet du commandant de la place, qui
s’assurera d’avance, par la visite qu’il en fera faire à un officier
de santé du lieu, du besoin indispensable où ces militaires se
trouveraient d’être traités à l’hôpital.
Les commandants des
places ou postes militaires qui se trouvent sur les points de communication
de l’armée auront soin de faire réunir tous les jours les volontaires
isolés qui passeront par lesdites places pour aller rejoindre ; après
avoir fait pourvoir à leur subsistances, ils les mettront sous la conduite
et le commandement d’un officier, et, à défaut, d’un sous-officier, et
les dirigeront, avec une feuille de route, sur les points où se trouvent
les corps auxquels appartiennent lesdits volontaires, de manière à les
faire voyager par détachements et en ordre, et à empêcher qu’ils
n’aillent forcer les communes et les habitants à leur donner des vivres.
On dirigera au quartier général les détachements des hommes dont on
ignorerait l’emplacement des corps.
On tiendra note des
officiers et sous-officiers qui conduiront ces détachements, et, s’il se
commet des désordres de la part des troupes sous leur commandement, ils en
seront responsables.
On recommande aux
officiers généraux et commandants de place de faire arrêter tout
volontaire voyageant isolément, sans une feuille de route ou un billet de
sortie de l’hôpital ou permission en règle ; et, après les avoir
rassemblés, ils auront soin de les renvoyer, sous escorte, à leurs corps
pour y être jugés comme déserteurs.
Par ordre du général en
chef
Dépôt de la guerre
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