| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
|
||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome
premier Paris - 1876
66.
Organisation des dépôts de cavalerie Quartier général, Milan, 21 prairial an IV (9 juin 1796)Le général Beaurevoir restera à Milan pour y être chargé de tous les dépôts de cavalerie auxquels il a donné l’ordre de se rendre dans cette ville. Il aura à ses ordres les 500 hommes démontés des différents régiments de cavalerie qui viennent d’arriver de Nice. Il se concertera avec le commissaire ordonnateur pour faire confectionner six cents paires de bottes. Il fera venir de Crémone les sabres, selles à la hussarde, brides et autres objets de cavalerie qui ont été trouvés dans cette place. Il correspondra avec le général Cervoni, qui est à Plaisance, pour savoir où sont les 600 chevaux de cavalerie que doit fournir le duc de Parme, et les fera venir à Milan. Il correspondra également avec le général Sahuguet pour les 300 chevaux que doit fournir le duc de Modène, ainsi qu’avec le commissaire ordonnateur et le commissaire des guerres Boinod, attaché au service de l’artillerie, pour choisir et mettre de côté les chevaux qui pourront être propres pour les dragons et les hussards. Il placera son dépôt général au Lazareth, et aura soin que les hommes y soient logés. Il activera, autant qu’il sera possible, l’arrivée des dépôts qui sont à Nice et dans la 8e division militaire, auxquels on a donné l’ordre de se rendre à Coni. Il aura soin de faire faire la recherche, dans les différentes places que nous avons occupées, de tous les objets qui peuvent servir à la cavalerie et les fera réunir au dépôt général, à Milan. Par ordre du général en
chef
67. Quartier général, Milan, 23 prairial au IV (11 juin 1796)Le général en chef est informé que, malgré ses ordres réitérés, le pillage continue dans l’armée, et que les maisons des habitants des campagnes sont partout dépouillées et dévastées. Cette conduite infâme de la part de quelques individus, qui aspirent au déshonneur et à la perte de l’armée, ne permet plus au général de différer l’emploi des moyens de rigueur qu’il doit déployer pour la conservation de l’ordre public, et pour le maintien de l’honneur et des lauriers cueillis par l’armée. En
conséquence, il ordonne : 1) Aux généraux divisionnaires et de brigades, sous leur responsabilité, de faire arrêter et fusiller, en présence des troupes assemblées, après avoir été jugé par des conseils de guerre, tout militaire, de quelque grade qu’il soit, et tout individu à la suite de l’armée, arrêté en flagrant délit commettant le pillage. 2) Les chefs des corps et commandants des compagnies surveilleront la conduite de leurs subordonnés dans les marches, camps ou cantonnements, et feront arrêter, sans exception, tout homme accusé de pillage ou trouvé volant ; toute négligence de leur part pouvant compromettre le sort des troupes, le général en chef déclare qu’il livrera à des conseils de guerre tout commandant ou officier qui n’aurait pas rempli son devoir à cet égard. 3) Il est défendu à tout militaire, administrateur ou agent quelconque, de lever aucune contribution, de quelque espèce que ce soit, sur l’habitant ou sur les communes, à moins qu’elle n’ait été légalement autorisée par le général en chef ou par les autorités qui en ont le droit. Tout individu qui se permettra d’exiger une contribution en argent ou en denrées sera arrêté et puni par les conseils de guerre, suivant la loi. L’armée
doit sentir que la discipline, la sagesse et le respect des propriétés
soutiennent ses victoires, que le pillage et le vol n’appartiennent
qu’aux lâches ; que ceux-ci sont indignes de rester dans les rangs
des républicains, qu’ils conspirent la perte de leur honneur et qu’ils
n’ont d’autre but que de flétrir des lauriers cueillis par tant de
bravoure et de constance. Soldats, patriotes, républicains, arrêtez ces scélérats, livrez-les au glaive de la loi ; vous sauverez l’honneur de l’armée, vous affermirez le triomphe de vos armes ; vous aurez un double titre à la reconnaissance publique, par la guerre que vous ferez à la fois aux satellites des despotes et aux hommes immoraux partisans du désordre et de la rapine. La
présente proclamation sera lue à la tête de chaque corps, publiée et
affichée dans tous les camps, cantonnements et garnisons. Bonaparte
68. Quartier général, Pavie, 24 prairial an IV (12 juin 1796)Il est ordonné au général Augereau de partir avec les 4e et 51e demi-brigades d’infanterie de bataille et son artillerie, le 28 du courant, pour se rendre à Bologne, allant, Le premier jour, au-delà du Pô, par Borgoforte ; Le deuxième jour, à la Mirandole ; Le troisième jour, à Bomporto ; Et le quatrième jour, à Bologne. Il
commencera son mouvement le 27, pour faire passer le Pô à un bataillon et
à toute son artillerie. Il ordonnera au commissaire des guerres de sa
division de prendre les mesures nécessaires pour assurer la subsistance
des troupes de sa division, ainsi que le fourrage nécessaire aux chevaux.
Il doit vivre dans le pays en prenant toutes les précautions pour mettre le
plus grand ordre, empêcher le gaspillage et ménager les ressources. Il
aura pour les États des ducs de Modène et de Parme les attentions que
l’on doit à l’armistice qui existe entre eux et l’armée. Le général Augereau est prévenu que le 10e régiment de chasseurs a ordre de le rejoindre pour faire partie de sa division. Il est également prévenu que le général de brigade Dallemagne partira de Roverbella le 26, avec les 6e et 7e bataillons de grenadiers et un autre bataillon de la division du général Serurier, pour relever ses troupes dans les positions qu’elles occupent au blocus de Mantoue, depuis le lac Supérieur, à la tête du pont de Pradella, jusqu’au Mincio ou lac Inférieur et Cerese. Le général Dallemagne devant rester aux ordres du général Serurier pour être chargé de la partie du blocus qui était confiée au général Augereau, il lui donnera tous les renseignements nécessaires sur les positions qu’il occupe, et qu’il doit prendre avec des forces inférieures à celles du général Augereau. Le général Augereau donnera, sur la route de Bologne à Plaisance, soit à Reggio, soit à Parme, de ses nouvelles au général en chef, et notamment de son arrivée à Bologne. Il recevra de nouveanx ordres à Bologne. Le 22e régiment de chasseurs restera aux ordres du général Dallemagne. Le général Augereau est prévenu que le 10e régiment de chasseurs sera à Borgoforte le 28, où il lui donnera ses ordres. Par ordre du général en
chef
69. Quartier général, Pavie, 24 prairial an IV (12 juin 1796)Le général Serurier est prévenu que le général Augereau a des ordres pour partir, avec les troupes de sa division, le 28 de ce mois, et se porter sur Bologne. En conséquence, il reste seul chargé du blocus de Mantoue, ayant à ses ordres la 187e demi-brigade de bataille, la 19e idem, les 6e et 7e bataillons de grenadiers, qui sont à Roverbella, et la 12e demi-brigade légère, dont le 3e bataillon arrive à Borgoforte le 30, et les deux autres, quatre jours après. Il aura à ses ordres le 7e de hussards et le 22e de chasseurs. Le général Dallemagne passe dans sa division, et sera chargé de la partie du blocus qui était confiée au général Augereau. Comme la 12e demi-brigade n’arrive pas de quelques jours sous Mantoue, le général en chef ordonne que le général Serarier donne un des forts bataillons de sa division au général Dallemagne, qui se réunira aux 6e et 7e bataillons de grenadiers, pour se rendre, le 26, à Cerese, où il doit relever les troupes du général Augereau, qui part le 28. Je joins ici copie de l’ordre que j’envoie au général Dallemagne, et qui servira à baser ceux que le général Serurier croira devoir lui donner Le général Serurier sera, en outre, chargé de fournir 400 hommes au quartier général, à Roverbella, pour sa garde, conjointement avec le 8e régiment de dragons. Le général Serurier sera chargé de la défense de l’Adige, depuis Porto-Legnago jusqu’à Badia. Il tiendra à cet effet les troupes qu’il jugera nécessaires à Porto-Legnago, du moment où la 12e demi-brigade d’infanterie légère sera entrée dans sa division. Il est prévenu qu’on a employé deux adjoints à l’état-major avec le général Dallemagne. Le général Serurier
sera prévenu des endroits où il devra correspondre avec le général en
chef. Par ordre du général en
chef
70. Quartier général, Pavie, 24 prairial an IV (12 juin 1796)Le général en chef étant informé que les troupes à cheval se permettent d’arrêter les convois des fourrages destinés pour le quartier général, sous prétexte de pourvoir à la nourriture de leurs chevaux, tandis qu’on en emploie une partie à faire la litière, ce qui occasionne une perte énorme de cette denrée et fait manquer les autres services de l’armée, défend expressément à tout régiment de cavalerie d’arrêter aucun chariot de fourrage. Ceux qui se rendront coupables de ce délit seront traduits au conseil militaire et jugés comme pillards. Les chefs des corps et les officiers des compagnies, qui se trouveraient présents à un pillage de cette espèce et qui ne l’empêcheraient pas, seront destitués de leurs fonctions et traduits au conseil militaire. On renouvelle aux commandants des colonnes et des places ou postes militaires l’ordre qui leur a été donné de faire filer, sur les points où ils ont été dirigés, tous les convois de vivres on munitions de guerre, et d’employer au besoin la force qui est à leur disposition pour empêcher qu’ils ne soient arrêtés dans tout autre endroit que celui pour lequel ils sont destinés ; ils empêcheront également que les troupes n’enlèvent, comme cela est arrivé, une partie de ces vivres, et veilleront à ce que la distribution en soit faite régulièrement et dans les lieux indiqués par les préposés des administrations ; ils chargeront un officier d’état-major d’assister de temps en temps à ces distributions, d’empêcher que les denrées distribuées ne soient de mauvaise qualité et qu’on ne les délivre à de faux poids. Par ordre du général en
chef
|
||||||||||||||||||
|
|
Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin |
||||||||||||||||||