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Correspondance
militaire
de Napoléon Ier
Extraite
de la correspondance générale
et publiée
par
ordre du ministère de la guerre
Tome
deuxième
Paris
- 1876
320.
Formation d’une compagnie d’éclaireurs dans chaque demi-brigade
Ordre du jour
Quartier
général, devant Acre, 17 floréal au VII
(6 mai 1799)
Le général en chef a
ordonné la formation d’une compagnie d’éclaireurs dans chaque
demi-brigade ; celles de la 18e et de la 32e se
sont déjà distinguées par leur bravoure à l’attaque des places
d’armes dans la nuit du 15. Il se ressouvient des services qu’ont rendus
ces compagnies toutes les fois qu’on les a formées ; il compte spécialement
sur elles : un brave éclaireur ne montre jamais le dos à l’ennemi.
Par ordre du général en
chef
Dépôt
de la guerre
321.
Dispositions pour lever le camp devant Acre pendant la nuit et marcher sur
Hayfa
Aux généraux de division et aux commandants
de l’Artillerie et du Génie
Quartier
général, devant Acre, 1er prairial an VII
(20 mai 1799)
Le général en chef
ordonne les dispositions suivantes :
On battra la générale
à sept heures du soir par un seul tambour dans chaque compagnie.
À huit heures du soir,
la division Lannes se mettra en marche pour Hayfâ ; après elle les équipages
du quartier général, les administrations, les guides à pied ; le
parc d’artillerie et les sapeurs suivront après.
La division Bon marchera
après le parc ; ensuite la division Kléber, qui prendra position au
camp retranché sur le monticule, en enlevant des postes jusqu’à la mer ;
lorsqu’elle sera placée, le général Kléber fera prévenir le général
Reynier, qui, le plus doucement possible, ploiera ses avant-postes sur ses réserves,
ploiera ses réserves dans la plaine, au-delà des haies, et viendra se
placer en bataille cinquante pas en avant de son camp ; dix minutes après,
il filera sur Hayfâ.
Quand la division Reynier
aura filé, le général Kléber passera le pont et filera sur Hayfâ, en
formant l’arrière-garde.
La cavalerie du général
Murat ira se former au-delà de la petite rivière faisant face à Acre ;
elle y sera à huit heures du soir. Le général Murat placera des postes le
long de la rivière, jusqu’au moulin de Cherdâm. Il enverra à la même
heure 100 hommes à cheval se placer à cinquante pas en avant du camp
actuel du général Reynier, sur la droite, et ces 100 hommes suivront les
mouvements de la division du général Kléber.
Le général Murat ne se
mettra en marche, avec toute sa cavalerie, qu’à onze heures du soir.
Lorsque la division du général
Kléber aura filé, ainsi que sa cavalerie, quinze sapeurs, qui seront laissés
à cet effet, et quelques ouvriers, jetteront les deux ponts à bas ;
100 dragons, qui mettront pied à terre, seront laissés pour protéger
cette opération.
Le général Kléber est
prévenu que le général Junot a ordre de partir de sa position à six
heures du soir, avec son infanterie et les quatre pièces d’artillerie,
pour se rendre au moulin de Cherdâm. Il est instruit que toute l’armée
file à neuf heures du soir pour se rendre à Hayfâ. Le but de la position
du général Junot à Cherdâm est d’empêcher l’ennemi de nous tourner
par la droite et de nous acculer à la mer ; on lui enverra des ordres
ultérieurs.
Aussitôt que le général
Junot sera à Cherdâm, le général Junot enverra son aide de camp rendre
compte, par la rive gauche, au pont de l’ambulance.
Par ordre du général en
chef
Dépôt
de la guerre
822.
Instructions pour ramener en Égypte les blessés
en état de marcher
À l’adjudant général Boyer
Quartier
général, Jaffa, 5 prairial an VII (24 mai 1799)
Il est ordonné à
l’adjudant général Boyer de partir, le 6 à minuit et demi, avec 300
hommes des blessés les plus en état de marcher. Il se concertera à cet égard
avec le citoyen Larrey. Il fera rassembler ces 300 hommes à onze heures du
soir, dans un lieu qu’il indiquera, et leur fera donner les vivres pour
trois jours.
L’adjudant général
Boyer joindra à ces 300 blessés les deux bataillons de la 69e
demi-brigade, qui prendront également des vivres pour trois jours. Il préviendra
les généraux Lannes, Veaux et les citoyens Arrighi, Croizier et Duroc, qui
doivent partir avec lui à minuit et demi.
Arrivé à Gaza,
l’adjudant général Boyer y prendra 300 blessés, les plus en état de
marcher, qu’il joindra aux 300 qu’il emmène de Jaffa. Il prendra à
Gaza les vivres strictement nécessaires pour se rendre à El-A’rych ;
il prendra également le nombre d’outres indispensables pour son convoi ;
il sentira la nécessité de ménager les vivres et les outres pour l’armée.
Il sait qu’un chameau porte de l’eau pour 100 hommes ; il se
servira à cet effet des ânes et chameaux qui se trouvent dans son convoi.
L’adjudant général
Boyer repartira de Gaza le plus tôt possible, avec deux bataillons de la 69e
et les 600 blessés, pour se rendre à Sâlheyeh, où il restera avec un
bataillon de la 69e et tous les blessés. Le général Lannes et
les autres officiers blessés continueront leur marche pour Le Caire, avec
l’autre bataillon de la 69e.
Si, cependant,
l’adjudant général Boyer recevait Sâlheyeh un ordre direct du général
Dugua pour qu’il dût marcher dans une autre partie de l’Egypte, il
l’exécuterait.
Il laissera en passant à
El-A’rych et à Qatyeh les blessés et malades qui se trouveraient trop
fatigués pour continuer leur marche. Il est nécessaire que l’adjudant général
Boyer arrive le plus tôt possible à sa destination. Partout il marchera et
campera militairement et ne souffrira aucun traîneur.
Je joins ici l’ordre
pour les deux bataillons de la 69e.
Le commandant de Gaza
gardera pour sa garnison le bataillon de la 13e et les détachements
qui formaient précédemment sa garnison.
Par ordre du général en
chef
Dépôt
de la guerre
323.
Ordres pour l’officier commandant à Gaza
Au général Berthier
Quartier
général, Jaffa, 5 prairial an VII (24 mai 1799)
Vous donnerez l’ordre
au chef d’escadron Cavalier de partir ce soir avec l’adjudant général
Boyer, et de se rendre à Gaza pour prendre le commandement de la place. Le
citoyen Tousard restera comme commandant du génie.
Vous lui recommanderez de
faire réunir tous les, ânes, chameaux, bestiaux qu’il pourra se
procurer dans les campagnes ;
De faire réunir le plus
de farines qu’il pourra, et de faire faire la plus grande quantité de
pain possible ;
De faire mettre de côté
et de ne faire délivrer que sur un ordre exprès de moi les 40 000
rations de biscuit et 200 quintaux de riz qui se trouvent dans les magasins ;
De
prendre tous les renseignements pour connaître les biscuits et riz qui se
trouveraient dans les différents magasins, et, sans rien dire, les reconnaître,
afin qu’au moment du passage de l’armée on puisse s’en saisir.
À son passage à Gaza,
l’adjudant général Boyer fera prendre les armes à la garnison et
reconnaître le citoyen Cavalier comme commandant de la place. Vous ferez
connaître au citoyen Tousard que, comme ses fonctions d’officier du génie
vont devenir très importantes, je me suis résolu à le faire remplacer
dans les détails de commandant de place de Gaza, et que j’espère qu’il
aidera de tous ses moyens le citoyen Cavalier, en lui donnant tous les
renseignements qu’il peut avoir, en le secondant de ses connaissances
locales.
Vous recommanderez au
citoyen Cavalier de faire lui-même la revue des outres, de s’assurer de
leur nombre, de les faire réparer et de n’en délivrer aux troupes qui
passeront que le nombre absolument nécessaire.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
324.
Ordre pour faire creuser des puits
sur la route de l’armée
Au général Berthier
Quartier
général, Jaffa, 5 prairial an VII (24 mai 1799)
Vous donnerez l’ordre
au chef de brigade Sanson, commandant le génie, pour qu’il fasse partir
de Gaza les sapeurs qui s’y trouvent, avec 100 hommes de la garnison de
cette place, pour creuser le puits à côté de deux colonnes, le puits du
santon Cheikh-El-Zâouy.
Vous donnerez l’ordre
également pour qu’un détachement de la garnison d’El-A’rych, avec
des sapeurs, creuse le puits de Mesoudyah, et que les sapeurs qui sont à
Qatyeh, avec un détachement de la garnison, creusent les puits d’El-Abd
et des Palmiers.
La garnison et les
sapeurs de Sâlheyeh feront ce travail pour le puits qui se trouve à
mi-chemin de Qatyeh à Sâlheyeh.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
325.
Organisation d’une commission chargée de punir les dilapidateurs des
magasins
Au général Berthier
Quartier
général, Jaffa, 7 prairial an VII (26 mai 1799)
Bonaparte, général en
chef, vu les conséquences que la dilapidation des magasins a dans la
circonstance où se trouve l’armée, et la nécessité d’imposer à une
nuée de fripons par des exemples sévères, ordonne :
ARTICLE
PREMIER. Il sera formé une commission extraordinaire composée d’un général
de brigade, de deux chefs de brigade, de deux capitaines.
ART. 2.
Cette commission prononcera prévôtalement et dans douze heures au plus
tard.
ART. 3.
Le garde-magasin des vivres de la division Bon, le garde-magasin qui était
à Tantourah, seront sur-le-champ arrêtés, les scellés mis sur leurs
papiers et effets, et ils seront traduits à midi devant cette commission.
ART. 4.
Cette commission sera composée du général de brigade Lagrange, des
chefs de brigade Darmagnac et Delgorgues.
ART. 5.
Si la commission, après l’interrogatoire de ces individus, demeure
convaincue qu’ils ont dilapidé, elle les fera fusiller en présence de
l’armée.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
326.
Mission à donner à Menou pour l’inspection
des magasins d’el-A’rych
et de Qatyeh
Au général Berthier
Quartier
général, Qatyeh, 19 prairial an VII (7 juin 1799)
Vous donnerez l’ordre
au général de division Menou de partir de Qatyeh, avec le détachement de
dromadaires et de cavalerie, pour se rendre à El-A’rych. Il fera
l’inspection des troupes des différentes armes qui se trouvent à
El-A’rych.
Il fera partager les
magasins de subsistances en deux ; il fera verser dans l’un ce qui
est nécessaire pour nourrir la garnison pendant quinze jours ; dans
l’autre, l’approvisionnement de siège, auquel on ne devra toucher
qu’en cas que l’on soit investi. Il fera dresser un procès-verbal dans
lequel sera contenu l’inventaire de ce dernier magasin, et fera exécuter
l’ordre que j’ai donné qu’il soit fait trois clefs, dont une pour le
garde-magasin, une pour le commandant et une pour le commissaire des
guerres.
Il visitera les magasins
d’artillerie et constatera, par un procès-verbal où se trouvera
l’officier du génie, la quantité de pièces qu’il faudrait pour la défense
d’El-A’rych, et les époques où il faudrait que cette artillerie arrivât.
Il se fera remettre l’inventaire des approvisionnements d’artillerie qui
existent. Mon intention est que les pièces françaises soient approvisionnées
à 1 000 coups de canon par pièce, et les pièces turques à 500.
Il fera constater également,
par un procès-verbal, la situation où se trouvent les ouvrages de
fortifications et le temps où l’on croit, avec les moyens actuels, que
les ouvrages seront faits.
Il visitera les différents
tracés, et, s’il y avait des discussions entre les officiers du génie
sur les ouvrages à faire, il lèvera toutes les difficultés.
Le général Menou
remplira donc pour ce fort les fonctions d’inspecteur d’infanterie,
d’artillerie et du génie.
À son retour, il passera
toujours le long de la mer ; il fera faire un croquis de la route et tâchera
de savoir s’il y a de l’eau.
Si l’ennemi menaçait
d’investir la place avant que son travail fût achevé, il reviendrait à
Qatyeh, mon intention étant que, dans aucun cas, il ne s’enferme dans le
fort.
À son retour à Qatyeh,
il fera la même opération pour Qatyeh.
Vous préviendrez les
officiers commandant les différents forts, les officiers d’artillerie et
du génie, pour qu’ils le reconnaissent dans cette inspection comme leur
inspecteur.
Tous les chrétiens qui
sont venus de Syrie se rendront à Damiette, où le général Kléber leur
donnera des terres.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
327.
Ordre pour le mouvement de l’armée.
Partage de la cavalerie en deux brigades
Au général Berthier
Quartier
général, au Caire, 26 prairial an VII
(14 juin 1799)
Je vous prie de donner
ordre à l’adjudant général de visiter, demain matin, les casernes
qu’occupent l’armée et les dépôts, soit d’infanterie, soit de
cavalerie, pour connaître le nombre des hommes qui s’y trouvent, en
distinguant les hommes armés, les hommes désarmés mais en état d’être
armés, les hommes encore blessés.
Un autre officier de l’état-major
ira visiter les hôpitaux.
La cavalerie de l’armée
sera divisée en deux brigades indépendantes l’une de l’autre, et
correspondant l’une et l’autre avec l’état-major général.
Le 22e de
chasseurs, les 15e et 20e de dragons seront de la
brigade du général Davout.
Le 7e de
hussards, les 3e et 14e de dragons seront de la
brigade du général Murat.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
328.
Ordres pour l’organisation de l’artillerie
de campagne
Au général Dommartin
Quartier
général, au Caire, 30 prairial an VII
(18 juin 1799)
J’approuve, Citoyen Général,
toutes les mesures que vous proposez pour l’organisation de l’artillerie
de campagne de l’armée.
Faites-moi un projet de règlement
par articles pour l’artillerie des bataillons ; vous y mettrez les
masses telles que vous pensez que l’on doit les accorder aux corps.
Les brigades de cavalerie
étant faibles, une artillerie trop nombreuse ne fait que les embarrasser.
Ainsi, je pense que deux pièces de 3, attachées à chaque brigade de
cavalerie, seront suffisantes ; la cavalerie est divisée en deux
brigades.
Je désirerais que vous
organisassiez de suite l’artillerie des guides et des deux brigades de
cavalerie, en donnant aux guides la pièce de 5 du général Reynier et la
pièce de 5 de la cavalerie, et en donnant à la cavalerie la pièce de 3
qu’a le général Lannes, la pièce de 3 des guides, la pièce de 3 qu’a
le général Lanusse, et en laissant provisoirement une pièce de 5 jusqu’à
ce que vous la puissiez remplacer par une pièce de 3 autrichienne.
Il est nécessaire que
vous complétiez l’approvisionnement de toutes ces pièces à 300 coups.
Il est également nécessaire
de commencer à donner à chaque division deux grosses pièces. Il faudrait
approvisionner les pièces de 8 qu’ont les généraux Lannes et Reynier,
la pièce de 8 et l’obusier qu’a aujourd’hui le général Davout ;
envoyer le plus tôt possible à Kléber deux affûts de rechange, afin
qu’il puisse se monter les deux pièces de 8 ; faire remplacer les pièces
de 8 des généraux Lanusse et Fugière par des pièces de 3 vénitiennes,
et les attacher aux divisions Lannes et Rampon.
Il est nécessaire de
distribuer les pièces de 3 ou de 4 de manière que chaque division se
trouve en avoir deux ou trois ; et, lorsqu’on donnera aux bataillons
leurs pièces, on se trouvera en avoir de chaque division pour les premiers
bataillons des demi-brigades.
Le général Kléber se
trouve déjà avoir trois petites pièces.
La pièce qui est à
Belbeys peut être attachée à la division Reynier. Il sera nécessaire
d’en procurer le plus tôt possible aux divisions Lannes et Rampon.
L’armée pourra attendre dans cette situation que vous ayez eu le temps de
faire venir l’artillerie de Rosette et de donner à chaque division
l’artillerie, comme vous le projetez.
Ordonnez que l’on ne
distribue des fusils que par mon ordre : mon intention est de ne
commencer à en distribuer que dans cinq ou six jours, et lorsque les corps
seront réorganisés.
Bonaparte
Collection
Napoléon
329.
Garde des magasins de siège des différentes places
Ordre du jour
Quartier
général, au Caire, 4 messidor an VII
(22 juin 1799)
Le général en chef a
inspecté avant-hier les fortifications de la citadelle du Caire ; il a
été satisfait de l’activité prodigieuse du chef de brigade Dupas,
commandant la place, qui a mis cette forteresse dans le meilleur état de défense.
Il sera mis, à la
principale porte des magasins de siège des différentes places de l’Égypte,
deux serrures ou cadenas ; le garde-magasin aura la clef de l’une, et
l’autre sera remise au commandant de la place.
Tous les cinq jours, le
commandant de la place, le commissaire des guerres et le garde-magasin
feront la visite pour s’assurer que tout est en règle et que les vivres
ne dépérissent point.
Le commissaire
ordonnateur en chef et les commandants des places sont chargés de faire exécuter
le présent ordre au plus tard cinq jours après sa réception. Il sera, à
cette occasion, dressé un procès-verbal par le commissaire des guerres, en
présence du commandant de la place, et signé par le garde magasin, avec un
tableau en trois colonnes, comprenant les objets nécessaires, les objets
existants, les objets manquants.
Par ordre du général en
chef
Dépôt
de la guerre
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