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Correspondance
militaire
de Napoléon Ier
Extraite
de la correspondance générale
et publiée
par
ordre du ministère de la guerre
Tome
deuxième
Paris
- 1876
380.
Munitions de guerre et attelages envoyés
à l’armée de réserve ; Ordres
Au général Berthier,
commandant en chef l’armée de réserve, à Dijon
Paris, 8
floréal an VIII (28 avril 1800)
Je reçois, Citoyen Général,
votre lettre du 7.
La 30e
demi-brigade doit, à l’heure qu’il est, être arrivée, ainsi que la 13e
légère.
Ce
qui vous embarrasse, ce sont les attelages d’artillerie et les munitions
de guerre :
1)
400 chevaux sont partis avec la division de Chambarlhac ;
2)
460 sont partis avec la garde ;
3)
200 sont partis avec les différents corps arrivés de l’Ouest ;
4)
60 sont partis avec les affûts-traîneaux ;
5)
230 sont partis le 6 floréal et doivent arriver le 13 ;
6)
130 partent aujourd’hui de Versailles ;
7)
400 partiront décadi ;
8)
300 partiront le 11 ;
9)
400 partiront le 11 avec le second détachement de la garde ;
10)
420 mulets de Boinod que vous devez avoir ;
Total : 3 000
chevaux.
Les
attelages numérotés 5e, 6e, 7e, 8e,
vous portent des cartouches, des fusils et autres munitions de guerre.
Appelez auprès de vous
un nommé Colombini, qui est à Vienne en Dauphiné entrepreneur des routes,
et qui connaît parfaitement le grand et le petit Saint-Bernard et tous ses
débouchés.
Appelez également le
citoyen Pavetti, chef de bataillon de la légion italique, qui se trouve au
dépôt, qui connaît parfaitement toute cette partie.
J’attends avec
impatience des nouvelles du Rhin et d’Italie.
Donnez des ordres pour
qu’à mesure que les chevaux arriveront à Auxonne, on les fasse filer
pour renforcer vos attelages et traîner le complément
d’approvisionnements dont vous aurez besoin.
Il ne sera fait aucun
changement à l’organisation de la légion italique.
Établissez à Genève un
atelier pour les réparations d’artillerie, un atelier de bourreliers pour
vous faire des harnais d’artillerie, dont on a toujours besoin. Prenez des
mesures pour avoir en réserve, à Genève, un millier de harnais et des
fers. Faites également établir à Genève une bonne salle d’artifices.
Je désire ne partir de
Paris que lorsque tout sera prêt et lorsque vous me l’aurez annoncé.
Par l’état que vous
m’avez envoyé, je vois que vous n’aurez un corps respectable à Genève
que vers le 15 du mois.
Bonaparte
À
5 heures du soir
Le
télégraphe m’apprend à l’instant que le général Sainte-Suzanne, qui
a débouché sur la Kinzig le 5, est toujours dans les positions de
Willstett et Urloffen.
Dépôt de la guerre
(En minute aux Arch. de l’Emp.)
381.
Avis divers. Mesures à prendre pour assurer
la subsistance de l’armée ; Instructions
Au général Berthier,
commandant en chef l’armée de réserve, à Dijon
Paris,
12 floréal au VIII (2 mai 1800).
Le quartier général du
général Moreau, Citoyen Général, était, le 12, à Saint-Blaise. Il
avait pris deux pièces de canon et fait 300 prisonniers. Le général
Vigovich, contre qui nous avons eu affaire en Italie, est chargé, avec un
corps de 9 000 hommes, dont 3 000 seulement de bonnes troupes, de
la garde du Simplon, de Bellinzona et du Saint-Gothard. Son quartier général
est à Arona. J’imagine que vous établirez deux ateliers de réparation
d’armes, un à Genève et un à Auxonne. Faites remettre en activité
celui de Chambéry, s’il existe toujours, et, s’il n’existe plus,
faites-en passer les débris à Genève.
Vous avez sept escadrons
de cavalerie de l’armée d’Orient ; sont-ils dans le cas de faire
la campagne ?
Je reçois une lettre de
Murat d’après laquelle il paraît que le 7e de chasseurs est
en bien mauvais état. S’il y a un escadron de 120 hommes en état de
faire la campagne, attachez-le à une division, et, si vous jugez le reste
hors d’état, dirigez-le sur la Hollande. Il sera remplacé par le 10e
de dragons, qui est en Hollande.
Je fais donner l’ordre,
par un courrier extraordinaire, au général Augereau, de diriger ce régiment
sur Genève. Il arrivera à temps pour remplacer vos pertes.
Il
est parti aujourd’hui pour Dijon :
2
escadrons du 5e de dragons
260 hommes
2
escadrons du 9e de dragons
300 hommes
1
escadron du 1er de cavalerie
120 hommes
1
compagnie du 3e de cavalerie
60 hommes
1
escadron du 5e de cavalerie
120 hommes
1
escadron du 1er de hussards
120 hommes
1
escadron du 15e de chasseurs
120 hommes
Mes
guides
110 hommes
300 grenadiers de la
garde ;
60 canonniers à cheval
de la garde ;
6 pièces de canon avec
double approvisionnement ;
100 chevaux haut-le-pied.
Le
dépôt de la 30e, fort de 500 hommes, est parti il y a plusieurs
jours.
Le 18, partent 500 hommes
du 11e de hussards.
Le 24, partent 400 hommes
du 15e de chasseurs.
Tout ce qui part et
partira de Paris est parfaitement harnaché et armé.
Le général Gardanne
commandera la 6e division de votre armée. Il vient de se mettre
en marche pour cet effet.
Indépendamment de ce que
je vous ai annoncé ci-dessus, 230 chevaux sont partis aujourd’hui
haut-le-pied ; 600 chevaux des attelages de l’armée de l’Ouest ont
ordre aussi de partir.
Je prends des mesures
pour vous faire fournir 300 chevaux par Laumont, indépendamment des 800 que
vous fournira le dépôt de Versailles pendant le courant du mois.
Dans la position où se
trouve l’armée autrichienne d’Italie, affaiblie considérablement par
la lutte terrible qu’elle soutient dans la Rivière de Gênes, 30 000
hommes et 30 pièces de canon vous rendent momentanément maître de
l’Italie ; mais je sens la nécessité de diriger une grande quantité
de chevaux sur Auxonne, afin de pouvoir faire filer les munitions
d’infanterie, les pièces de 12 dont vous avez besoin, sinon pour le
premier, du moins pour les deuxième et troisième actes de la campagne.
Mon aide de camp Lefebvre
m’annonce qu’il vous a envoyé 3 000 fusils de Chalons ; 4 000
sont partis il y a deux jours de Paris. Ceux de Saint-Étienne, Charleville,
Liège, doivent enfin être arrivés.
Je serai le 16 ou le 17
à Genève.
J’imagine que vous avez
sur le lac autant de barques que vous voulez pour transporter vos vivres à
Villeneuve, où il faut que vous établissiez tout de suite un commandant
militaire et organisiez un dépôt.
D’après tout ce que je
vois des manœuvres du général Melas, je suis intimement persuadé que sur
toute la ligne de la Rivière de Gênes, compris le Levant, il n’avait pas
plus de 40 000 hommes. À l’heure qu’il est, il en a perdu 15 000,
prisonniers, tués ou malades. Ainsi il ne lui en reste pas 25 000. Je
n’y comprends pas 6 000 hommes de cavalerie qu’il peut avoir dans
les plaines d’Italie, ni le corps de 8 000 hommes qu’a le général
dont je vous ai parlé plus haut.
Il faudrait tâcher
d’avoir à Aoste vos quatre premières divisions le 22, ainsi que la
division du général Chabran.
D’après tous les
renseignements qu’on m’a donnés, j’imagine que de Villeneuve à Aoste
il n’y a que cinq jours. Il faudra au moins deux jours pour que ces cinq
divisions puissent défiler par le Saint-Bernard.
L’ennemi ne s’attend
pas du tout à l’opération que vous faites. Il suppose bien qu’il est
possible qu’une division de 10 à 12 000 hommes se présente pour dégager
l’armée d’Italie, et dans ce cas-là il ne la craint pas. J’ai des
renseignements très sûrs que l’on se moque à Vienne et en Italie de
l’armée de réserve ; on ne croit pas qu’elle soit prête avant le
mois d’août, et on la regarde comme un rassemblement de conscrits pour
compléter l’armée du Rhin.
Il faudrait, le 16, avoir
à Villeneuve 4 à 500 000 rations, et, le 20, le double de biscuit et
150 mulets, au moins de réquisition ou autrement qui porteraient 30 000
rations au village de Saint-Pierre. Vous pouvez prendre des chars à bancs
du pays. Ils y seraient arrivés le 19 et seraient de retour à Villeneuve
le 21, pour prendre une pareille charge qui arriverait à Saint-Pierre le
24. Si vous aviez deux transports de cette nature, vos approvisionnements
seraient parfaitement assurés ; il faut que vous envoyiez sur-le-champ
un agent des transports, un commissaire des guerres et quelques brigades de
vos mulets, si vous en avez, et de l’argent pour ce transport essentiel.
Il est nécessaire d’établir
de suite un magasin à un village entre Saint-Pierre et le pied du
Saint-Bernard, où vous ferez bien également de mettre un commandant et
d’établir un hôpital, qui évacuera sur l’hôpital qui sera à
Villeneuve et sur celui qui sera à Saint-Maurice.
Ainsi les troupes
pourraient prendre à Villeneuve pour quatre jours de biscuit ; elles
prendraient à Saint-Pierre pour trois jours, où le soldat seul prendrait.
La cavalerie, les charretiers, l’état-major, tout ce qui est à cheval,
pourraient être tenus de prendre pour huit jours, ce qui les conduirait à
Aoste ; et pendant ce temps-là on continuerait d’approvisionner le dépôt
de Saint-Pierre pour pourvoir au passage et à la retraite, si on y était
forcé.
La saison, heureusement
rend la nourriture des chevaux plus facile ; il faudrait cependant
avoir un peu d’avoine au pied du Saint-Bernard et au couvent. Les moines
doivent, à ce qu’on m’assure, avoir de l’orge et de l’avoine,
qu’avec un peu d’argent ils déterreraient.
Vous voyez que je
m’occupe beaucoup de vos détails ; mais c’est que c’est dans
votre opération qu’est véritablement le succès de la campagne, et que
je ne doute nullement que vous n’ayez la gloire de reconquérir ce beau théâtre
de la valeur française.
Quant à l’armée du
Rhin, il est bien clair qu’au 20, il y aura quelque chose de décidé ;
et dès lors elle pourra, dans le temps où vous arriverez à Aoste, préparer
une forte diversion par le Saint-Gothard et le Simplon, de manière à déboucher
au moment où vous auriez concentré sur vous toutes les forces de
l’ennemi. J’estime qu’à la rigueur une simple division de 6 000
hommes d’infanterie et de 1 000 hommes de cavalerie qui viendraient
par le Saint-Gothard, et 4 000 par le Simplon, vous seraient d’un
secours puissant et rendraient infaillible votre opération.
Si Masséna ne se fait
pas trop écraser, et s’il a le bon esprit ou de forcer la ligne et
prendre une position quelconque dans la Rivière de Gênes, ou de se laisser
enfermer dans Gênes, l’attaque sur Gênes nous vaudra de grands
avantages. Car vous n’auriez pas pu faire la même diversion sans une coopération
immense de l’armée du Rhin, si l’armée autrichienne eût eu le bon
esprit de rester cantonnée sur le Pô.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
(En
minute aux Arch. de l’Emp.)
382.
Ordre à l’avant-garde de se mettre en route pour passer le Saint-Bernard
Au général Lannes
Quartier
général, Genève, 20 floréal an VIII (10 mai 1800)
Conformément aux ordres
du général en chef, Citoyen Général, vous vous rendrez le 23 à
Saint-Maurice avec l’avant-garde que vous commandez, et vous ferez prendre
à Villeneuve du biscuit à la troupe pour les 23, 24, 25 et 26. Dans la
journée du 24, vous serez rendu à six lieues au-delà de Saint-Maurice,
et, le 25, vous vous trouverez au pied du grand Saint-Bernard. En passant à
Saint-Pierre, vous prendrez du biscuit pour trois jours, 27, 28 et 29
inclus.
Le général Mainoni
devra réunir les trois bataillons de la 28e, le bataillon helvétique
et le bataillon italique à l’hospice du Saint-Bernard, le 24, et leur
fera délivrer du biscuit pour quatre jours. Donnez-lui des ordres en conséquence.
Vous prendrez toutes les
précautions nécessaires accélérer le transport de votre artillerie au
Saint-Bernard, et vous ferez filer avec la plus grande rapidité les affûts-traîneaux
qui vous sont destinés, de manière qu’ils soient arrivés au pied de la
montagne avant la tête de la colonne.
Vous calculerez votre
marche avec assez de précision pour que le 26, une heure avant le jour,
vous ayez passé le Saint-Bernard, et que vous vous trouviez sur les postes
avancés de l’ennemi que vous culbuterez.
Vous donnerez l’ordre
au 12e régiment de hussards et au 21e régiment de
chasseurs d’être rendus le 23 à Vevay.
Le mouvement de l’armée
suivra celui de l’avant-garde, et vous recevrez des instructions ultérieures.
Le général Marmont a
ordre d’expédier un officier qui sera chargé de faire monter de suite
sur le Saint-Bernard une pièce de 8, un obusier et les pièces de 4 de la
division Watrin. Vous donnerez à ce convoi l’escorte que vous jugerez nécessaire,
et vous déterminerez le point où ces pièces devront s’arrêter pour
attendre la colonne d’attaque.
La division Chabran
passera le petit Saint-Bernard le 26, culbutera l’ennemi qui pourrait
occuper ce passage, et fera sa jonction avec vous le plus tôt possible.
Instruisez, je vous prie,
fréquemment le général en chef de votre position.
Par ordre du Premier Consul
Les
troupes à cheval devront prendre de l’avoine pour quatre jours.
Comm. par M. le duc de
Montebello.
383.
Ordre de préparer en secret un corps
de 20 000 hommes dans la Batavie
Au général Augereau,
commandant en chef l’armée française en Batavie
Genève,
21 floréal an VIII (11 mai 1800)
Vous avez reçu
l’ordre, il y a un mois, Citoyen Général, de choisir un camp entre
Maestricht et Breda. Je désirerais aujourd’hui que vous pussiez porter ce
camp jusqu’à 8 ou 9 000 Français et 4 ou 5 000 Bataves, avec
un train d’artillerie de campagne proportionné ; que vous fussiez en
état, au premier ordre, de vous mettre en marche pour Mayence. Vous
tireriez facilement des 24e, 25e et 26e
divisions, et spécialement de la garnison de Mayence, 5 ou 6 000
hommes. Nous nous trouverions donc, par ce moyen. improviser un corps
d’armée de 18 à 20 000 hommes, qui pourrait se porter dans le cœur
de l’Allemagne, donner de vives inquiétudes à l’ennemi et favoriser
les grandes opérations militaires.
Vous sentez combien un
projet de cette nature doit être tenu secret. Affectez, au contraire, de
vouloir vous porter à l’embouchure de l’Escaut et sur les côtes.
Arrangez-vous de manière que, vingt-quatre heures après l’ordre que vous
en recevriez, vous pussiez vous mettre en marche et suivre votre
destination. Dans quinze jours, il est possible que l’armée de réserve
soit au cœur de l’Italie et lie l’armée du Rhin à celle d’Italie ;
c’est alors que votre rôle commencerait.
Vous sentez que tout ceci
est fondé sur ce que nous aurons alors la croyance que, pour un mois ou six
semaines, l’Angleterre ne veut pas attaquer la Hollande, et c’est spécialement
par cette considération que le secret et la célérité sont
indispensables.
Prenez toutes les mesures
pour faire monter le 16e de dragons.
Bonaparte
Archives
de l’Empire
384.
Ordres à donner pour les mouvements de l’armée sur Villeneuve et
Lausanne
Au général Dupont,
chef d’état-major de l’armée de réserve
Quartier
général, Lausanne, 22 floréal an VIII
(12 mai 1800)
Donnez l’ordre à
l’artillerie des trois divisions Boudet, Loison et Chambarlhac, de partir
demain 23 pour se rendre à Villeneuve, où elle parquera et se complétera
en approvisionnements, cartouches, etc., et où elle passera la revue du général
Marmont.
Ordre à la division
Boudet de se rendre le 24 à Bex, près Saint-Maurice.
Ordre à la division
Loison de se rendre à Aigle, bourg à deux lieues en avant de Villeneuve,
le 24. Ordre à la division Chambarlhac de se rendre à Villeneuve le 24.
Vous donnerez l’ordre
à chacune de ces divisions de prendre, en passant à Villeneuve, du biscuit
pour les 25, 26, 27, 28 et 29 inclus.
Donnez des ordres pour
que toutes les troupes à cheval, à l’exception des 12e de
hussards et 21e de chasseurs, du 15e de chasseurs et
des deux escadrons du 11e de hussards, qui ont des ordres pour
rejoindre les divisions auxquelles ils sont attachés, soient réunies le 25
à Lausanne, pour y passer la revue du Premier Consul.
Le général d’Harville
se rendra en conséquence à Lausanne, et vous préviendrez de ces
dispositions le général Murat, afin qu’il prenne les ordres du général
en chef pour cette revue.
Ayez soin de prévenir
l’ordonnateur en chef de ces mouvements, ainsi que les lieutenants généraux,
en ce qui les concerne.
Donnez des ordres pour
que tous les petits dépôts des corps soient centralisés à Genève, où
tous les conscrits arrivés isolément ou en petits détachements se
rendront avant de rejoindre leurs demi-brigades, et où ils seront armés,
etc.
Les grands dépôts
resteront toujours dans les lieux qui auront été désignés dans la 18e
division, conformément aux dispositions mises à l’ordre du jour.
Ordonnez que, dans toutes
les demi-brigades, on fasse tirer, dès demain, quelques coups de fusil à
tous les conscrits ; qu’on leur fasse connaître de quel œil on mire
pour ajuster, et enfin de quelle manière on charge son fusil.
Chargez un officier d’état-major
de se rendre à Villeneuve, où il veillera à ce que tous les corps, en
passant, aient 50 coups par homme et deux pierres à feu.
Prescrivez à
l’ordonnateur en chef qu’il ait à ordonner au payeur de remettre des
fonds aux payeurs des divisions pour acquitter la solde, ainsi qu’il est
prescrit dans l’ordre du jour.
L’armée, avant de
passer à Villeneuve, doit être payée de tout ce qui lui est dû de la
solde de l’an VIII
jusqu’au 1er prairial. Le payeur restera responsable de
l’exécution de cet ordre.
Ordonnez de ma part que
le payeur fasse remettre ce soir à l’aide de camp Duroc, qui part pour se
rendre à l’avant-garde, 50 000 francs pour la solde. Cette somme
sera versée dans les mains du payeur de la division Watrin, qui acquittera
également ce qui peut être dû à la 28e. Les Italiens
doivent être payés aussi exactement que l’armée.
Donnez l’ordre à tous
les équipages de l’armée et au quartier général d’être rendus le 24
à Villeneuve.
Les officiers d’état-major
se rendront demain à Vevay.
Je partirai demain matin,
avec le Premier Consul, pour me rendre à Vevay, y passer la revue à midi ;
de là j’irai à Villeneuve voir la situation des choses, et je reviendrai
le soir coucher à Lausanne.
Vous êtes le maître de
venir avec moi, ou de rester si vous jugez avoir à travailler à Lausanne
dans la journée de demain. Dans tous les cas, faites toujours partir vos
chevaux pour Villeneuve, et une partie des bureaux de l’état-major.
Le 24, je repartirai en
poste pour rejoindre mes chevaux à Villeneuve, et de là à
l’avant-garde.
Mettez à l’ordre du
jour qu’il sera retenu 30 sous à chaque homme qui aura perdu une baïonnette.
Ordonnez
au général Lechi de marcher à grandes journées pour rejoindre
l’avant-garde.
Par ordre du
Premier Consul
Dépôt
de la guerre
385.
Instructions pour le général Moncey, chargé d’opérer par le Simplon et
le Saint-Gothard
Au général Dupont,
chef d’état-major de l’armée de réserve.
Quartier
général, Lausanne, 24 floréal an VIII
(14 mai 1800)
Donnez des ordres pour
que le général de division Monnier commande la réserve, composée des 19e
demi-brigade légère, 44e de bataille, 70e idem.
La 70e partira
de Lausanne le 26, pour rejoindre l’armée.
La 19e légère,
qui arrive à Nyon le 27, rejoindra le plus vite possible la 70e.
Ordonnez qu’à son arrivée à Gex il s’y trouve un officier de l’état-major
de la place de Genève, qui s’assure des fusils dont elle a besoin, ainsi
que des cartouches, à raison de cinquante coups par homme. On les leur
enverra à leur passage à Nyon.
Quant à la 44e,
vous verrez par les dispositions ci-après que le général Monnier en
trouvera deux bataillons à Martigny, et successivement le troisième. Le général
de brigade Saint-Cyr,
le général Schilt, et l’adjudant général qui y est avec 70e,
seront sous ses ordres.
Dites à l’ordonnateur
en Chef qu’il ait à organiser sur-le-champ tous les services
administratifs, ambulances, etc., pour cette division de réserve. Le
Premier Consul donnera des ordres pour l’artillerie qu’elle doit avoir.
Donnez des ordres au général
Moncey pour lui annoncer qu’il fait partie de l’armée que je commande.
Ordonnez-lui de faire
partir le plus promptement possible les deux bataillons de la 44e
demi-brigade, mon intention étant que cette demi-brigade entière rejoigne
l’armée au Saint-Bernard. En conséquence, le bataillon que le général
Moncey devait envoyer au Simplon sera dirigé le plus promptement possible
sur Martigny, où il serait nécessaire qu’il arrivât le 30 au plus tard,
pour se réunir à la colonne du général Monnier ; l’autre
bataillon suivra le plus près possible le même mouvement. Donnez
l’ordre positif au général Moncey de rassembler environ 1 000
hommes des parties de l’Helvétie le plus à portée du Simplon pour les y
envoyer en toute diligence, et qu’ils se réunissent aux 400 hommes du
bataillon helvétique, qui est déjà sous les ordres du général Béthencourt ;
et relevez le bataillon de la 44e, qui, dans ce moment, est au
Simplon, de manière que les trois bataillons de la 44e se
trouvent le plus promptement possible réunis à Martigny, où ils
arriveront successivement rejoindre le général Monnier. Les 1 400
hommes environ qui se trouveront au Simplon suffiront pour le moment et le général
Moncey n’en fera pas passer davantage.
Vous ordonnerez au général
Béthencourt de faire passer à Martigny le bataillon de la 44e
qui est au Simplon, du moment où il aura reçu 600 hommes des 1 000
que le général Moncey a ordre de faire passer à la place de la 44e.
Vous donnerez en
instruction à l’officier général commandant le Simplon que l’armée
étant à Ivrée marchera vraisemblablement par sa gauche sur le Tessin ;
qu’il doit chercher à faire croire à l’ennemi qu’il a de grandes
forces, et à l’inquiéter en attaquant ses postes, mais sans imprudence.
Vous le préviendrez que le général Moncey a ordre de porter successivement
de grandes forces par le Saint-Gothard ; qu’ainsi il n’a rien à
craindre.
Prévenez
le général Moncey que, d’après l’arrêté des Consuls de la République,
le général Moreau, détache de son armée les troupes ci-après, qui
seront aux ordres du général Moncey, savoir :
Un bataillon de la 102e
demi-brigade ;
Un bataillon de la 1re
légère ;
Deux bataillons de la 101e
demi-brigade ;
Ces
quatre bataillons, déjà aux ordres du général Moncey, forment un corps
de plus de 3 000 hommes ;
Deux bataillons de la 102e,
venant de la division Vandamme ;
La 91e
demi-brigade de ligne, venant de la division Laval, du côté de Mayence ;
La 12e
demi-brigade légère, venant de la réserve du centre de l’armée du Rhin ;
La 29e de
ligne, venant du corps de Sainte-Suzanne ;
Enfin deux demi-brigades,
qui ne sont pas désignées, tirées des corps des généraux Saint-Cyr et
Lecourbe.
Toutes ces troupes
formeront une force d’environ 15 000 hommes d’infanterie, qui
arriveront successivement et très promptement, à l’exception de la 19e
demi-brigade et des deux bataillons de la 29e, qui y viennent du
côté de Mayence.
Il lui vient également
en troupes à cheval : le 1er régiment de dragons, le 6e,
le 14e de cavalerie, le 15e, le 25e, le 12e
de chasseurs formant environ 2 400 chevaux.
Le général Moncey a déjà
à ses ordres plusieurs bataillons des troupes désignées ci-dessus.
Donnez-lui l’ordre de réunir
ces troupes au Saint-Gothard, et successivement toutes celles qui
arriveront, excepté celles qu’il aura envoyées au Simplon.
Prévenez-le que, le 29
ou le 30, je serai à Ivrée avec l’armée ; qu’arrivé là, je me
porterai droit sur Milan en suivant le plus court chemin. Il est à supposer
que l’ennemi présentera de grands obstacles au Tessin, pendant le temps
que je forcerai cette ligne ; que, lorsque je pourrai établir ma
communication avec l’Helvétie et avec lui par le Simplon je me ferai
joindre par le petit corps qu’il a ordre d’envoyer au Simplon et qui
sera aux ordres du général Béthencourt. Vous le préviendrez que cet
officier commande à ce point.
Prévenez encore le général
Moncey qu’il est vraisemblable que, le 2 ou le 3 prairial, je serai à
Romagnano et à Arona. Faites-lui sentir combien le corps de troupes qui va
se trouver sous ses ordres inquiétera puissamment l’ennemi.
Pendant le cours de mes
mouvements, il faut qu’il montre le plus de forces possible et qu’il
fasse croire à l’ennemi qu’il en a beaucoup plus qu’il n’en aura réellement,
et qu’à chaque instant il le menace de se porter sur Milan.
Il serait possible
qu’arrivé à Ivrée, les nouvelles que j’aurais du général Masséna
m’obligeassent à me porter droit sur Gênes ; dans ce cas, il est également
nécessaire que le général Moncey attire l’attention de l’ennemi en le
menaçant, afin qu’il tienne dans le Milanais le plus de forces possible.
Prévenez-le que, dans le cas où je ferais ce mouvement, il ne retarderait
mon arrivée sur le Tessin que de cinq à six jours, et qu’alors, au lieu
des premiers jours de la décade de prairial, je ne serais sur le Tessin que
vers la fin de cette décade.
Il est essentiel qu’il
manœuvre de manière à établir nos communications par Bellinzona et
Locarno, afin de pouvoir agir de concert pour nos différentes attaques.
Prévenez le général
Moncey qu’il y a à Zurich et à Lucerne du biscuit, de l’avoine et de
l’eau-de-vie qui le mettront à même de nourrir ses troupes ; il y a
à Lucerne 1 500 000 cartouches qu’il doit faire approcher le
plus près possible, afin de nous en faire fournir du Saint-Gothard sur le
Tessin, si l’ennemi me retenait longtemps sur cette position. Les traîneaux
et les pièces nécessaires au général Moncey sont à Lucerne. Prévenez-le
que je lui envoie 50 000 francs par le citoyen Tassin, aide de camp du
général Montchoisy, tant pour les transports que pour les services urgents
du moment et pour lever toutes les difficultés qu’il pourrait rencontrer,
etc.
Il faut que le général
Moncey tâche de nous faire filer, par Berne et par Fribourg, 500 000
cartouches au pied du Saint-Bernard ; s’il peut également nous
envoyer 1 500 coups de canon de 8, de 4 et d’obusiers, il nous rendra
un grand service.
Cet objet est essentiel,
et si la prompte exécution tient à l’argent, que cela ne le retienne
pas, nous lui en donnerons.
Dites-lui que je pense
que toutes ses troupes ne seront pas arrivées avant le 2 prairial, mais
qu’il doit toujours commencer à faire filer au Saint-Gothard celles à
ses ordres, et à mesure que les autres arriveront.
Ordonnez-lui d’envoyer
des officiers au-devant des colonnes pour faire hâter leur marche sans séjour.
Que, sans la situation où se trouve Gênes, ce qui presse infiniment nos
mouvements, j’aurais attendu huit jours, ce qui n’est pas possible.
Ordonnez au général
Moncey de correspondre fréquemment avec moi par des courriers et par le
Saint-Bernard, jusqu’à ce que je sois assez avancé pour communiquer avec
le Simplon.
Le Premier Consul, qui
est au milieu de l’armée, compte sur le zèle et les talents du général
Moncey, tant par les difficultés que présente la promptitude du mouvement
que par son importance.
Vous enverrez cet ordre
par l’aide de camp du général Monteboisy, et un double par un courrier.
Par ordre du Premier Consul
Dépôt
de la guerre
386.
Magasins à former à Aoste. Ordre à donner de s’emparer des hauteurs de
Bard
Au Général Dupont,
chef d’état-major de l’armée de réserve
Aoste,
28 floréal an VIII (18 mai 1800)
Je
pars demain à cinq heures du matin pour établir mon quartier général
devant Bard. Toutes les administrations resteront à Aoste ; vous y
laisserez un adjudant général pour y remplir les fonctions de sous-chef
d’état-major. Il fera bivouaquer les divisions et les corps de cavalerie
à mesure qu’ils arriveront. Aussitôt qu’il arrivera des pièces
d’artillerie et munitions appartenant aux divisions, il les leur
renverra de suite.
Quant
à tout ce qui tient au parc de l’armée et aux cartouches pour les
divisions, il en faut faire un dépôt à Aoste. Il me paraît que, pour le
moment, il y en a assez à l’avant-garde.
Ordonnez
au général Lannes de faire ses dispositions de manière à être maître
des hauteurs qui dominent Bard, demain de très bonne heure dans la matinée ;
il a 6 000 hommes avec lesquels il peut culbuter vivement toutes les
forces que l’ennemi petit lui présenter. Prévenez-le que la 28e
demi-brigade part demain d’ici pour le rejoindre.
Faites
sentir au général Lannes que le sort de l’Italie, et peut-être de la République,
tient à la prise du château de Bard. Prévenez-le de l’artillerie qui
part dans la nuit. Envoyez cet ordre par un officier d’état-major, qui
sera escorté de six hommes de troupes à cheval ; il devra partir dans
une heure au plus tard.
Par ordre du Premier Consul
Dépôt de la guerre
387.
Instructions pour le siège du fort de Bard ; Reconnaissances à faire
entre Bard et Ivrée
Au genéral Berthier,
commandant en chef l’armée de réserve, à Verres
Étroubles,
30 floréal an VIII, (20 mai 1800),
9 heures du soir
Je reçois à l’instant
votre courrier, Citoyen Général. Un commissaire des guerres, expédié par
l’ordonnateur en chef, passe à l’instant pour Saint- Pierre, pour faire
partir du biscuit qu’il y trouvera en assez grande quantité et qui peut
être rendu à Aoste le 2 au soir.
On m’assure ici que les
affûts-traîneaux sont partis. Je ne partirai demain que très tard, pour
voir moi-même la situation de l’artillerie qui est ici.
Je désire que vous
m’envoyiez à Aoste un itinéraire très détaillé sur le détour qu’il
faut faire à cause du château de Bard, le temps et la nature des
communications.
Choisissez, au débouché
de la plaine, de bonnes positions que puisse prendre l’armée qui couvrira
le siège de Bard, et où elle puisse recevoir le combat de l’armée
ennemie. Ces positions peuvent être choisies de manière que l’avantage
de sa supériorité de cavalerie soit peu de chose, et que l’avantage de
son artillerie soit considérablement diminué. Cela nous conserverait également
la faculté de pouvoir battre la plaine et nous agrandir pour nous nourrir :
ce qui, joint à ce qui nous viendra par le petit Saint-Bernard, au million
de rations de biscuit que nous avons depuis Villeneuve et aux ressources
d’Aoste, nous fera vivre.
Le mouvement sur le
Simplon ou sur le Saint-Gothard deviendra très sensible à l’ennemi vers
le 5 ou le 6 prairial. Nous avons dix pièces sur affûts-traîneaux qui
pourront appuyer les positions de l’armée. Pendant tout ce temps-là,
l’artillerie achèvera de passer, les corps en arrière arriveront, et
cependant la diversion sur Gênes n’en sera pas moins en partie faite.
Ordonnez tout de suite
qu’une partie des sapeurs, avec la plus grande quantité de paysans
qu’on pourra ramasser, travaille à raccommoder le nouveau chemin, qui
devient celui de la communication de l’armée, il faudrait qu’il fût
bien mauvais, s’il l’était plus que le Saint-Bernard, où nous avons
passé une partie de notre artillerie ; avec de la peine et du temps,
on surmonte bien des obstacles.
Faites courir vos ingénieurs
et vos adjudants généraux pour connaître le système du pays entre Bard
et Ivrée.
Tenez-vous éveillé.
Lannes aura 7 à 8 000 hommes sur le corps avant trois ou quatre jours.
Melas ne peut pas être
sur vous avant le 6 ou le 7.
Ainsi, je crois qu’il
faut faire travailler au nouveau chemin, faire faire de fortes et nombreuses
reconnaissances.
Dès l’instant que
votre artillerie sera prête, commencez à sommer le château de Bard.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
388.
Nouvelles des mouvements de l’armée.
Ordre d’activer l’organisation d’un corps
de réserve à Dijon
Au général Brune, à Dijon
Aoste, 4
prairial an VIII (24 mai 1800)
Vous trouverez ci-joint,
Citoyen Général, le bulletin de l’armée.
L’ennemi parait très
étonné de notre mouvement. Il ne sait où il en est. Il y croit encore à
peine. Vous pourrez en juger. Voici la situation de l’ennemi au 28 floréal :
12 000 hommes à Nice, 6 000 hommes sur Savone et dans la Rivière
de Gênes, 25 000 devant Gênes, 8 000 à Suse, Pignerol, etc., 3 000
dans la vallée d’Aoste, 8 000 vis-à-vis le Simplon et le
Saint-Gothard ; tout cela, infanterie ; deux régiments de
hussards à Gênes et à Nice, quatre régiments près de Turin ; le
reste, cantonné du côté d’Acqui et dans l’intérieur de la Lombardie.
Il est resté dans cette
position jusqu’au moment où nous sommes arrivés à Ivrée.
Les 3 000 hommes qui
étaient dans la vallée ont été battus et éparpillés. Tout le corps qui
était du côté de Suse et de Pignerol s’est porté entre Turin et Ivrée.
Nice doit probablement être évacuée à l’heure qu’il est. On m’écrit
même d’Ivrée que Melas doit être arrivé à Turin ; mais cela
n’est pas sûr.
Le 6 ou le 7, je compte
avoir à Ivrée toute l’armée réunie, formant à peu près 33 000
hommes. Je serai maître de tout le pays depuis la Dora-Baltea jusqu’à la
Sesia.
Le même jour, Moncey
passera le Saint-Gothard avec 15 000 hommes.
Suchet et Masséna, qui
sont prévenus du mouvement, suivront l’ennemi quand ils le verront
s’affaiblir devant eux.
Le château et la ville
d’Ivrée sont à nous, ainsi que le bas fort de Bard. Le capitaine
hongrois, avec 400 Croates, s’est retiré dans un donjon où il a une
douzaine de pièces de canon qui défendent le chemin ; nous allons le
canonner.
Si nous avons des succès,
ils ne seront qu’un commencement. Vous allez vous organiser un bon corps
d’armée, avec lequel, dans le commencement de juillet, vous aurez un beau
rôle à remplir.
Occupez-vous sans relâche
à armer et à habiller les conscrits qui vous arrivent. L’ordonnateur de
l’armée vient de recevoir un million de Paris. Je lui ordonne de vous
envoyer 400 000 francs pour niveler la solde, et vous procurer un
surcroît d’armement et d’habillement auquel, cependant, le ministre de
la guerre doit avoir pourvu.
Vous allez vous trouver
commander l’armée de réserve, dès l’instant que celle-ci aura fait sa
jonction avec l’armée d’Italie.
Bonaparte
Archives
de l’Empire
389.
Situation de l’armée autrichienne
et de l’armée française.
Recommandations au citoyen Carnot,
ministre de la Guerre
Milan,
15, prairial an VIII (4 juin 1800)
Nous sommes à Milan,
Citoyen Ministre. Nous avons trouvé à Pavie 300 pièces de canon sur leurs
affûts, moitié de pièces de campagne, moitié de siège ; 200
milliers de poudre, 10 000 fusils neufs, une grande quantité
d’approvisionnements de guerre de toute espèce, des magasins de tout
genre.
Voici la situation de
l’Italie.
L’ennemi a longtemps
cru que nous n’étions au plus que 7 à 8 000 hommes, que nous
tentions une incursion pour lui faire quitter le blocus de Gènes et Nice ;
il a persisté dans cette idée jusqu’au 8 prairial.
Au combat de la
Chiusella, leur cavalerie fit 7 ou 8 prisonniers ; l’ennemi en tira
des renseignements auxquels il refuse encore d’ajouter foi.
Le 13, le général
Hohenzollern, qui commande le blocus de Gènes, paraissait, comme vous
l’aurez vu par la lettre que j’ai envoyée aux Consuls, ne pas faire
encore grand cas de nos forces. Le général Melas écrivait à Pavie, à
une femme qu’il a avec lui : “Je sais que l’on dit en
Lombardie qu’une armée française arrive ; ne craignez rien ;
je vous défends de partir”. Douze heures après nous entrâmes dans
Pavie.
Nous sommes à Lodi ;
l’avant-garde de Moncey arrive là Côme, et lui s’occupe à rassembler
des bateaux pour passer le Pô.
Tous les hôpitaux de la
Lombardie sont restés en notre pouvoir ; nous y avons trouvé 5 à 6 000
malades ou blessés.
Une partie de la garnison
de Savone, qui s’en retournait prisonnière, a été coupée et est venue
nous rejoindre.
Vous sentez qu’il va se
passer, dans peu de jours et rapidement, des événements bien importants
et qui peuvent avoir une influence bien singulière sur la situation future
de la Maison d’Autriche.
Il faut porter
actuellement toute votre attention sur l’habillement des troupes ;
c’est le moment de rétablir les masses ;
Sur la seconde armée de
réserve ;
Remonter la cavalerie,
lui fournir les choses dont elle peut avoir besoin, afin de faire sortir des
dépôts ce tas d’hommes qui nous coûtent beaucoup et ne rendent aucun
service.
Je ne vous recommande pas
les fusils, puisque ce sera encore, trois ans après la paix, un objet à
l’ordre du jour. Je ne regarderai pas la République comme consolidée
tant qu’elle n’aura pas trois millions de fusils dans ses arsenaux.
Salut
et amitié. Bonaparte
Dépôt
de la guerre
(En
minute aux Arch. de l’Emp.)
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