| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale par
ordre du ministère de la guerre Tome
deuxième Paris - 1876 Paris, 29 prairial an X (18 juin 1802)Donner ordre aux généraux commandant les divisions militaires du Midi d’exercer les régiments de cavalerie et de ne pas souffrir qu’ils fassent ni escortes ni service d’ordonnances. Leur réunion aura pour objet de les remettre et de les livrer, pendant la belle saison, aux manœuvres. La gendarmerie doit être suffisante en ce moment pour la sûreté des grandes routes. Réunir également tous les détachements d’infanterie qui auraient été établis dans les différents villages par suite de circonstances quelconques, et réitérer l’ordre que, sous quelque prétexte que ce soit, on ne laisse pas aux soldats moins de cinq nuits. Faire connaître aux chefs de corps et aux commandants de place qu’il est nécessaire que les troupes fournissent, soit aux ateliers des routes, soit aux ateliers particuliers dans les villes, soit aux travaux de l’agriculture. Cela fortifie le soldat, fait gagner la masse et met plus d’aisance dans tout le corps. Faire connaître aux généraux que l’on avait établi en temps de guerre sur les montagnes, ainsi que sur tous les points des côtes, des postes qui deviennent désormais inutiles. Ils doivent retirer et réunir tous ces détachements, en faisant rentrer préalablement les objets nécessaires à l’artillerie et les munitions qui pourraient s’y trouver. Ils ordonneront aux chefs de corps, surtout l’infanterie légère, de faire tirer à la cible ; et, en conséquence, il sera accordé des cartouches. Faire une circulaire aux préfets pour les prévenir des dispositions ci-dessus. Ajouter qu’ils doivent sentir combien il est nécessaire de donner un repos au soldat et de supprimer, en conséquence, tout service d’hommes et de postes qui ne serait pas absolument nécessaire ; que les citoyens doivent s’accoutumer à la police des autorités civiles ; que l’appareil des postes militaires doit être inutile, et que dans une ville on ne doit pas s’apercevoir si un régiment en part ; que les gardes nationales doivent suffire, sans le concours des troupes de ligne, etc. Bonaparte Dépôt de la guerre 441. Paris, 1er thermidor an X (20 juillet 1802)ARTICLE PREMIER. Tous les caporaux et soldats qui, au 1er vendémiaire prochain, se trouveront avoir dix ans révolus de service effectif dans le même corps, recevront une haute paye d’un franc par mois, s’ils contractent et signent la promesse de continuer leur service pendant l’espace de cinq années. ART. 2. Les caporaux et soldats qui, au 1er vendémiaire prochain, se trouveront avoir quinze ans révolus de service effectif, recevront une haute paye d’un franc cinquante centimes par mois, s’ils contractent et signent la promesse de servir encore pendant cinq années. ART. 3. Les caporaux et soldats qui, à l’époque du 1er vendémiaire prochain, se trouveront avoir vingt ans de service effectif, recevront une haute paye de deux francs par mois, tant qu’ils continueront leur service. ART. 4. À compter du 1er vendémiaire prochain, tous les caporaux et soldats qui parviendront à dix, quinze ou vingt ans révolus de service effectif, jouiront des hautes payes fixées par les articles ci-dessus, en continuant leur service pendant cinq ans. ART. 5. Les caporaux et soldats parvenus à dix ans de service porteront sur le bras gauche, comme marque distinctive, un chevron de laine rouge ; de quinze à vingt ans, ils porteront deux chevrons, et de vingt à vingt-cinq, ils porteront trois chevrons. ART. 6. Après vingt-cinq ans révolus de service effectif, ils seront, par le fait seul de la durée de leurs services, susceptibles d’être admis dans la Légion d’honneur. ART. 7.
Le décompte des hautes payes sera fait en même temps et de la même manière
que celui de la solde. ART. 8.
Le ministre de la guerre, celui de la marine et celui du trésor publie sont
chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté,
qui sera inséré au Bulletin des
lois. Bonaparte Archives de l’Empire
442. Paris, 14
thermidor an X (2 août 1802)
L’indépendance du Valais, avec la faculté exclusive aux Français de pouvoir y faire passer leurs armées, la nouvelle route du Simplon, sont propres à changer le système de la guerre d’Italie. Une armée française qui serait forcée sur l’Adda défendrait le Tessin sans craindre la diversion que l’ennemi ferait sur Tortone. Une fois le Tessin forcé, elle se retirerait sur le lac Majeur, prendrait des positions dans la montagne et gagnerait du temps jusqu’à l’arrivée des secours qui lui parviendraient par le Simplon. Il
devient donc indispensable : 1) De faire lever avec un soin particulier tous les environs du lac Majeur, les sources de la Sesia et tous les revers des Alpes qui forment les vallées supérieures de la Sesia et de la Doire, pour bien connaître les communications que ces vallées ont entre elles et déterminer les positions qu’une armée très inférieure pourrait prendre pour donner le temps à un renfort qu’elle attendrait d’arriver au Simplon. Il est nécessaire d’avoir au bureau topographique de la guerre toutes ces reconnaissances faites, afin que l’on puisse, s’il était nécessaire, envoyer aux généraux toutes les instructions convenables, et que dès le commencement d’une guerre, on puisse connaître les ouvrages défensifs de campagne qui seraient à faire dans les différentes positions, en cas d’événement malheureux. 2) Au moyen d’une reconnaissance du Tessin, depuis son embouchure dans le lac Majeur jusqu’au lieu où il reçoit le torrent de l’Anza, une ligne qui suivrait la crête des montagnes aux environs de l’Anza paraîtrait propre à être défendue par peu de monde et aurait les caractères essentiels de placer la petite ville de Domodossola par derrière en dépôt, et conserverait sa gauche appuyée sur le lac Majeur à l’embouchure du Tessin. 3) La faculté d’évacuer promptement, par le Pô, le Tessin et le lac Majeur, tous les bagages, les blessés et les munitions de guerre et de bouche de l’armée, lorsqu’on serait obligé d’évacuer tout le plat pays, rendrait une forteresse sur le lac Majeur, aux environs de l’embouchure du Tessin, extrêmement importante. Il faudrait qu’on pût se servir de ce fort pour y mettre à l’abri les barques du lac Majeur, et renfermer tout ce qui pourrait donner la facilité de passer promptement le Tessin. Il faudrait que celle forteresse fût capable de résister à dix jours de tranchée ouverte, mais surtout qu’elle fût placée de manière à n’influer, ni directement ni indirectement, sur le passage de la grande route du Simplon, afin que, prise par l’ennemi, elle ne s’opposât d’aucune manière à notre rentrée en Italie. Le seul but de ce petit fort devrait être de conserver l’artillerie, les bagages, les malades, les vivres qu’au moment de notre retraite nous ne pourrions pas évacuer au-delà du Simplon, et que nous retrouverions quinze ou vingt jours après, dès l’instant que l’armée aurait reçu les renforts. On sent donc qu’un fort qui n’a pas d’autre but doit être spécialement placé de manière qu’il soit facile à bloquer, qu’il puisse être défendu par 4 ou 500 hommes, et doit être, par le choix de sa localité, une construction facile. 4) Il devient nécessaire d’établir des étapes de Genève à Villeneuve par la rive gauche du lac, ainsi que de Villeneuve au Simplon. 5) La pauvreté du Valais et le peu de bâtiments qui existent rendent nécessaire l’acquisition de quelque grand couvent pour servir de caserne et de magasins. Ces bâtiments, sur lesquels serait arboré le drapeau de la République, seraient gardés par des troupes françaises et soumis à la police française. Il faudrait principalement deux grands établissements : le premier à Martigny, le second à Brigg. Il faudrait que chacun de ces établissements pût contenir un hôpital pour deux cents lits, loger 2 000 hommes et renfermer des hangars pour l’artillerie, une manutention pour les vivres, et des magasins pour des farines et des biscuits. Si ces deux locaux n’offrent aucune ressource, il faudra alors construire, sur un plan régulier, ces différents bâtiments, au compte de la République, et alors il faudra les placer de manière à les envelopper facilement par une ligne magistrale et les mettre à l’abri de toute attaque de vive force, surtout de la part des paysans et de l’infanterie légère de l’ennemi. Les placer de manière qu’ils soient sur le grand chemin et le maîtrisent entièrement, en ayant soin que celui de Martigny soit placé plus bas que l’intersection du chemin du Valais et du chemin du Saint-Bernard. 6) Il y a près de Villeneuve un fort : il faut se faire rendre compte s’il est du domaine du Valais, et, dans ce cas, l’occuper. 7) Le chemin de la rive gauche du lac qui conduit à Genève passe par les rochers de la Meillerie. Il doit y avoir les moyens de bâtir un petit fort qui intercepte ce chemin. Bonaparte Comm. par M. le prince de Wagram.
Paris, 19
thermidor an X (7 août 1802)
Les lois sur les traitements de retraite ont été mal abusivement conçues ou mal interprétées. D’après le compte particulier que je me suis fait rendre, Citoyen Ministre, de tout ce qui a trait aux pensions de retraite, aux traitements de réforme, aux vétérans en activité, aux invalides, aux hommes et enfants des militaires, je me suis convaincu de deux vérités : la première, c’est que le trésor public ne peut continuer à payer les sommes énormes auxquelles s’élèvent la solde et l’entretien de ces différentes classes ; la deuxième, c’est que les règlements existant sur ces différentes parties ont été, ou abusivement conçus, ou mal interprétés. Ne croyant pas que le moment soit encore venu de ramener, par des lois ou des règlements généraux, ces différentes branches de votre administration à l’ordre, à la régularité et à l’économie qui doivent caractériser mon consulat, et ne pouvant cependant laisser plus longtemps la fortune publique et les sueurs peuple s’écouler et se perdre, ainsi sans une absolue utilité, je vais vous faire connaître les résolutions que j’ai prises sur ces divers objets. Tout droit à la solde de retraite est annulé par l’émigration. Ne me présentez point de retraite pour des amnistiés, rayés de la liste, ou éliminés. Regardant les soldes de retraite qu’avaient pu mériter les individus qui ont été inscrits sur les listes d’émigrés, comme acquises au trésor public, vous ne présenterez plus à ma signature de solde de ce genre, ni de traitement de réforme pour les individus qui ont été ou rayés, ou éliminés, ou amnistiés ; vous n’en admettrez aucun ni dans les vétérans nationaux en activité, ni aux invalides. Tous les individus qui n’ont pas servi la République ne doivent pas jouir du bénéfice de la loi du 28 fructidor an VII ; les pensions de ceux-ci doivent se fixer par la loi du 29 août 1790, ou la loi du 9 vendémiaire an VI. Tous les individus qui n’ont pas servi la République ne me paraissent point avoir droit au bénéfice de la loi du 28 fructidor an VII. Je suis résolu à ne signer, pour cette classe, que des pensions, telles qu’elles ont été fixées par la loi du 22 août 1790, réduites d’après l’article 99 de la loi du 9 vendémiaire an VI. La solde de retraite fixée par la loi du 28 fructidor an VII serait uniquement réservée pour les mutilés, blessés pendant la dernière guerre. Tous les individus qui ont quitté le service de la République avant la publication de la loi du 28 fructidor an VII, et qui ont pris leur retraite pour cause d’ancienneté ou d’infirmité, me paraissant être dans le même cas que les précédents, je ne veux signer de même pour eux que des pensions réglées d’après les mêmes bases. Ainsi les soldes de retraite, telles qu’elles ont été fixées par la loi du 28 fructidor, seront uniquement réservées aux militaires qui ont été blessés pendant la dernière guerre, ou qui, ayant consacré un grand nombre d’années an service de la République, ont de véritables droits aux grâces accordées par la loi du 28 fructidor. Tout le reste doit être traité ainsi que l’ont voulu l’assemblée constituante et les auteurs de la loi du 9 vendémiaire. Je sens bien qu’il serait juste de reviser d’après ces principes toutes les pensions qui ont été antérieurement accordées, soit par le Directoire, soit par les Consuls ; mais, comme je ne puis croire que la loi du 28 fructidor ait pu rétroagir, je ne crois pas non plus pouvoir donner un effet rétroactif à ma détermination. Tout individu qui n’est blessé n’y a point droit. Vous voudrez bien aussi ne plus me proposer d’accorder des soldes de retraite pour les infirmités non provenant de blessures. Un abus de ce genre est intolérable. L’Etat ne doit de solde de retraite qu’à ceux qui, ayant été blessés à son service, ne peuvent continuer à le servir, ou qui, ayant atteint cinquante ans d’âge, l’ont servi pendant trente années effectives. Les hommes et les enfants des vétérans et des invalides ont aussi donné lieu à des abus, que je dois faire cesser. Vous ne me proposerez plus de pension pour les femmes et enfants des vétérans ; je ne considère point ces militaires comme en activité de service ; quant aux femmes des invalides, leur sort est fixé par la loi au 16 mai. Les femmes et les enfants des militaires tués à la guerre, et qui sont dans les cas prévu par les numéros 1, 4 et 5 de l’article 1er de la loi du 14 fructidor an VI, continueront à jouir du bénéfice de cette loi. Vous me proposerez donc toutes celles qui seront dans cette hypothèse. Je ferai connaître à la section de la guerre les dispositions ci-dessus, afin qu’elles servent de règle dans rapports qu’elle pourra être chargée de faire, comme elles vous serviront de loi dans la direction de votre travail. Bonaparte Archives de l’Empire
Paris, 17 fructidor an X (4 septembre 1802)Le rapport que vous m’avez fait, Citoyen Ministre, sur la situation d’Alexandrie, ne me paraît pas assez détaillé. Joignez-y le plan, et faites-moi connaître ce qui a été fait dans l’année et ce que l’on doit y faire dans l’an XI. Mon intention est qu’au lieu de 50 000 francs par mois, à compter du 1er vendémiaire, il y soit dépensé 100 000 francs par mois, pendant tout l’an XI. Cet argent doit être employé à augmenter les ouvrages et les magasins casematés. La citadelle d’Alexandrie doit renfermer des magasins capables de contenir 500 milliers de poudre, deux millions de cartouches, 20 à 30 000 fusils, l’approvisionnement complet d’un équipage de campagne de 200 bouches à feu, 5 000 hommes de garnison, boulangerie et approvisionnement complet pour un an, deux hôpitaux de 500 malades chacun. Tous ces établissements, ainsi que les approvisionnements de l’artillerie employée à la défense de la place, doivent être à l’abri de la bombe ; les fronts les plus faibles doivent être considérablement augmentés, et enfin, tout le terrain à la portée du canon, nivelé et arrangé de manière à ne favoriser en rien l’ennemi. Les plans de la citadelle, de la ville, et à 2 000 toises autour, doivent être levés sur une très grande échelle, mon intention étant de n’épargner ni argent ni travaux pour que cette place reste défendable par 5 à 6 000 hommes, et puisse se défendre autant de temps que possible. L’art ne doit rien épargner pour la porter à son dernier degré de force. Cette place devant réunir tous les magasins de l’armée, il faut la fortifier de manière qu’elle puisse arrêter assez l’ennemi pour donner le temps de reformer de nouvelles armées et de venir à son secours. Je vous prie également de me faire connaître pourquoi il n’a été dépensé que 140 000 francs en l’an X ; cependant il a été affecté pour ces dépenses 50 000 francs par mois, c’est-à-dire 600 000 francs pour l’année. Bonaparte Cabinet de l’Empereur. (La minute aux Arch. de l’Emp.)
Paris, 30 fructidor an X (17 septembre 1802)Le Gouvernement a résolu, Citoyen Ministre, de former cinq camps de vétérans dans les six départements du Pô, de Marengo, de la Stura, de la Doire, de la Sesia et du Tanaro. Chacun de ces camps sera composé de 400 vétérans, âgés de moins de quarante ans, et qui ont été mutilés ou grièvement blessés dans la guerre de la liberté. Il sera donné à chaque vétéran, à titre de récompense nationale, un nombre d’arpents de terre, dans les lieux qui seront désignés dans lesdits départements, égal au traitement de retraite dont ils jouissent. Ils continueront, en outre, à jouir de leur traitement, dont il leur sera payé un mois d’avance, pour les mettre à même d’acheter les meubles et effets. nécessaires à leur établissement. Ils devront ne pas être mariés, et dans l’intention de se marier avec des femmes du département où leurs terres leur seront données. Tous les individus qui ont obtenu les Invalides, qui ont été mutilés ou grièvement blessés dans la guerre, ont droit de prétendre à cette récompense. Vous voudrez bien écrire une circulaire aux préfets, sous-préfets, maires, généraux de division, de brigade, commandants de place et ordonnateurs, pour que tous ceux qui sont dans ce cas et qui voudraient faire partie des camps aient à faire leur demande et à vous l’envoyer par le canal du préfet de leur département. Le double but que se propose le Gouvernement est facile à sentir : récompenser de braves soldats auxquels la République doit tant, et, par des alliances dans ces pays nouvellement réunis à la République, attacher davantage les habitants à la patrie, et y introduire la langue et l’esprit français. Vous ferez connaître que vous présenterez toutes les demandes au Premier Consul le 1er brumaire, pour qu’il ait à choisir ceux qu’il jugera les plus dignes de cette récompense nationale. Il sera formé également dans les départements du Mont-Tonnerre, de la Roër, de la Sarre et de Rhin-et-Moselle, cinq camps de vétérans, composé chacun de 300 vétérans, et il leur sera donné la même quantité de biens nationaux pour le même objet. Ceux qui voudront en obtenir vous adresseront également leur demande par le canal du préfet de leur département. Ayez soin de spécifier, dans voire circulaire, la manière dans laquelle seront faites ces demandes, et qu’on doit y relater les batailles où l’on s’est trouvé et les blessures qu’on a reçues. Écrivez aux administrateurs de la 26e et de la 27e division militaire, pour leur faire connaître l’intention du Gouvernement. Pour la 27e division militaire, je désire que les cinq camps de vétérans soient tous placés entre le Pô et la Bormida, sans qu’ils soient éloignés de plus de dix lieues d’Alexandrie, de manière qu’en cas de guerre ils puissent se réfugier, s’il était nécessaire, dans la citadelle d’Alexandrie, avec leurs femmes, leurs enfants et leurs bestiaux. Le général Jourdan fera faire le relevé de tous les biens nationaux qui appartiennent à la République, dans cet arrondissement, et enverra le projet de la formation des cinq camps de vétérans. Il faudra donner l’explication du mot camp : on n’entend pas par là que les individus seront réunis dans une seule et même enceinte ; mais on définit par camp tout partage de terres données à des vétérans, et qui devront se trouver dans le territoire de communes voisines de moins de trois lieues. Il y aura pour chaque camp des terres pour un chef de bataillon, pour quatre capitaines, quatre lieutenants, quatre sous-lieutenants et vingt sergents et caporaux. En cas de tocsin, générale ou de mouvement, ils seront tenus de prendre les armes, et seront soumis toujours à une discipline particulière qui sera établie par des règlements ultérieurs. Il vous sera facile de faire sentir au général Jourdan que le principal but de ce règlement est d’accroître la population d’Alexandrie d’une masse d’hommes français, l’intention du Gouvernement étant d’augmenter les fortifications d’Alexandrie et de la rendre le centre des mouvements de la guerre d’Italie. Pour la 26e division militaire, il faut que les camps se trouvent dans l’arrondissement de dix lieues de Mayence ou de Juliers. Il vous sera également facile de faire sentir au citoyen Jean-Bon Saint-André[1] quelle espèce d’intérêt porte le Gouvernement à préférer cette situation pour le placement des camps de vétérans. Chacun de ces individus doit se trouver logé dans une maison de paysan, séparément, afin de se livrer paisiblement aux travaux de l’agriculture. Il sera nécessaire que l’administrateur général présente un emplacement pour les recevoir, en attendant que les établissements soient faits et les parts assignées. Vous ferez connaître également que les biens nationaux doivent être pris sur le fonds de 10 millions dans la 27e division militaire, et de 6 millions dans la 26e, qui sont affectés pour la formation de ces camps. Bonaparte Cabinet de l’Empereur
446. Paris, 30 fructidor an X (17 septembre 1802)Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter un projet d’arrêté pour réduire les régiments de grosse cavalerie à dix-huit et deux de carabiniers ; total : vingt. Ces régiments seront tous à quatre escadrons. En conséquence, les six derniers seront supprimés, et fourniront chacun un escadron aux dix-huit premiers. Sur ces dix-huit régiments, les cinq premiers seront cuirassiers, ainsi que le 8e, qui l’est déjà ; ce qui fera six régiments de cuirassiers et douze sans cuirasse. Les deux escadrons restants seront fondus dans les quatre nouveaux régiments de cuirassiers. Bonaparte Archives de l’Empire
Paris, 3e jour complémentaire an X (20 septembre 1802)Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, des notes qui feront voir au général Chasseloup le sens dans lequel on désire que les fortifications d’Alexandrie soient dirigées. Vous ne sauriez trop lui faire sentir l’importance que j’attache à cette place, et l’intention où est le Gouvernement de faire tous les sacrifices d’argent convenables pour pousser les travaux avec une extraordinaire activité. Bonaparte Notes sur les fortifications de la 27e
division militaire
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