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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

Correspondance militaire
de Napoléon I
er

Extraite de la correspondance générale et publiée

par ordre du ministère de la guerre

Tome deuxième  

Paris - 1876

 

460.
Ordre aux troupes du camp de Nimègue
de se tenir prêtes à entrer en Hanovre
Au général Berthier

Saint-Cloud, 23 floréal au XI (13 mai 1803)

Le camp de Nimègue se mettra en marche pour se rendre à Coeverden, où il sera arrivé le 1er ou le 2 prairial.

Le général commandant[1] prendra les mesures nécessaires pour faire transporter à Coeverden quatre jours de vivres et six jours de biscuit, de manière à pouvoir, douze heures après la réception d’un courrier, se mettre en marche avec ses vivres.

Il prendra toutes les informations nécessaires sur la route qu’il doit tenir pour occuper le Hanovre en passant par Meppen, en ayant soin de ne pas passer sur le territoire prussien.

Il enverra des agents pour connaître le mouvement que pourront faire les Hanovriens, et les positions qu’ils prennent.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

461.
Ordre pour l’inspection de Tarente
et la mise en état de siége de Livourne. Avis divers
Au général Murat

Saint-Cloud, 3 prairial an XI (23 mai 1803)

L’intention du gouvernement est que le général Saint-Cyr parte sur-le-champ de Rimini, avec le corps à ses ordres, pour traverser le duché d’Urbino et la Marche d’Ancône, entrer dans les États du roi de Naples, mettre garnison à Pescara, marcher sur Otrante, occuper cette place, Tarente, Brindisi, et enfin toutes les positions qui l’étaient par le général Soult et qui ont été évacuées en conséquence de l’article 11 du traité d’Amiens. En entrant sur le territoire du roi de Naples, il fera un ordre du jour conçu en ces termes :

Le roi d’Angleterre a faussé sa signature et refusé d’exécuter le traité d’Amiens en ce qui concerne l’évacuation de Malte. L’armée française se trouve par là obligée d’occuper les positions qu’elle avait quittées en vertu de ce traité. L’ambition démesurée de l’Angleterre se trouve démasquée par cette conduite inouïe. Maîtresse de l’Inde et de l’Amérique, elle veut encore l’être du Levant. Le besoin de maintenir notre commerce et de conserver l’équilibre nous oblige à occuper ces positions, que nous garderons tant que l’Angleterre persistera à garder Malte”.

Les troupes aux ordres du général Saint-Cyr seront soldées, nourries et habillées par le roi de Naples ; il sera passé, à cet effet, un traité pareil à celui qui avait été fait par le général Soult. Le général Saint-Cyr se concertera, à cet égard, avec le citoyen Alquier.

Le général Saint-Cyr ne mettra pas de garnison à Ancône ; il y placera seulement un officier d’état-major, nécessaire pour la correspondance qui se fera avec les troupes du Pape. Vous recommanderez au général Saint-Cyr de maintenir la plus exacte discipline dans les États du Pape, où tout ce que l’armée consommera sera liquidé et payé.

Arrivé à Tarente, le général Saint-Cyr fera sur-le-champ travailler aux ouvrages de cette place, conformément au plan qui avait été arrêté par le général Soult. Son premier soin doit être que, dans tous les ports qu’il occupera, les batteries soient armées en force suffisante pour protéger tous les bâtiments qui seront dans le cas de s’y rendre. Le général Saint-Cyr devra prendre les moyens qui lui paraîtront les plus convenables pour remonter sa cavalerie. Il correspondra avec le chargé d’affaires de la République à Corfou, et il aura soin de m’envoyer le plus souvent possible, le bulletin de tout ce qui se passera à sa connaissance, soit dans l’Adriatique, soit dans le Levant.

Donnez, le plus promptement possible, l’ordre au général commandant les troupes françaises dans la Toscane de réunir toutes ses troupes à Livourne, à Piombino, Orbitello et sur la côte. Vous ferez un arrêté pour mettre la place de Livourne en état de siège, et vous le lui adresserez. Cet arrêté sera ainsi conçu :

1)   Le général en chef dans la République italienne arrête :

“ARTICLE PREMIER. La place de Livourne est mise en état de siège.

“ART. 2. Le général Olivier est revêtu de tous les pouvoirs ordinaires de l’autorité militaire dans les places en état de siège”.

Le général Olivier nommera à Livourne et à Piombino un bon commandant d’armes, afin de pouvoir communiquer avec l’île d’Elbe et en recevoir des nouvelles. Quoique cette île soit de la 23e division militaire, le général Olivier doit se mettre en correspondance avec le général Rusca, et même avec le général Morand, commandant en Corse. Il doit exactement, tous les jours, envoyer un bulletin de tout ce qui pourrait se passer de nouveau dans la Méditerranée et dans cette contrée.

Ordonnez à la 87e demi-brigade, qui doit être arrivée à Parme, de continuer sa route par Livourne, où elle sera nourrie et soldée par le roi d’Étrurie.

Tous les Anglais qui sont à Livourne doivent être arrêtés par les ordres du général Olivier, qui s’y trouve suffisamment autorisé, puisque la place est en état de siège.

Envoyez-moi l’état de situation des troupes du roi d’Étrurie, afin de faire connaître ce qu’il pourra fournir à la défense de la cause commune.

Je vous préviens que je donne l’ordre au 6e régiment de chasseurs, qui est en Helvétie, de se rendre en Italie.

J’expédie en Ligurie les ordres ci-après :

La 91e demi-brigade, qui est dans la 27e division, se rend dans la Ligurie, où elle sera soldée et habillée par ce Gouvernement.

J’ordonne de réarmer les côtes, et particulièrement le golfe de la Spezzia, afin de protéger le cabotage.

J’ai demandé au Gouvernement ligurien de lever deux bataillons d’infanterie de 600 hommes chacun, composés de troupes liguriennes, lesquelles se rendront à Pistoja, où le général Saint-Cyr leur enverra des ordres pour rejoindre son corps, dont elles doivent faire partie, et alors elles seront soldées, comme les troupes françaises, par le roi de Naples.

J’ordonne de mettre une garnison française dans le fort de Gavi, et de faire démolir le fort de Vintimille du côté de la terre, en conservant les casernes et le front du côté de la mer.

Je vous préviens que je viens de donner l’ordre au général Mortier d’entrer dans l’électorat de Hanovre avec un corps de 25 000 hommes.

Vous devez, Citoyen Général, ordonner des inspections dans toutes les parties de l’armée, de l’artillerie, des munitions, des places, de l’armement, des magasins, afin de mettre tout en état d’entrer en campagne, s’il y avait lieu.

Par ordre du Premier Consul

Dépôt de la guerre

 

462.
Instructions pour le général Victor, chargé
du commandement des troupes en Hollande
Au général Berthier, ministre de la Guerre

Saint-Cloud, 17 prairial an XI (6 juin 1803)

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre au lieute­nant général Victor de prendre le commandement des troupes françaises et bataves qui se trouvent en Hollande ; son titre sera seulement : général commandant en Hollande.

Il divisera son corps en trois brigades. La première sera destinée à la défense de Flessingue et de l’île de Walcheren ; la deuxième sera destinée à la défense des embouchures de la Meuse ; la troisième sera destinée à la défense du Texel.

La première sera commandée par le général Monnet, auquel vous ferez connaître que, Flessingue étant destiné à être un grand chantier de construction de la marine française, il doit correspondre directement avec vous et recevoir directement vos ordres. Le général Victor ne devra donc se mêler de la défense de Flessingue que sous le point de vue d’intérêt général et de supériorité de pouvoir militaire.

La première brigade sera composée des 41e et 71e de ligne ; la deuxième, des 17e et 35e de ligne ; la troisième, des 11e et 109e de ligne.

Le général Victor réunira à chacune trois bataillons bataves.

Les troisièmes bataillons des corps formant l’expédition de Hanovre doivent rester sous son commandement, mais toujours soumis aux ordres qu’ils recevraient de l’état-major du général Mortier.

Faites connaître également an général Victor que le général Dessolle se rend à Deventer, pour y réunir une division de réserve formée des 14e, 45e et 54e demi-brigades, et de six bataillons bataves ; que cette réserve doit être l’arrière-garde de l’expédition de Hanovre ; qu’elle ne doit donc pas être sous ses ordres jusqu’à nouvel ordre, parce que, si la guerre de Hanovre ne tirait pas en longueur, et que le général Mortier pût s’en passer, elle servirait de réserve pour la formation d’un camp à Utrecht, qui, dès lors, se trouverait sous ses ordres.

Vous lui ferez connaître que le ministre des relations extérieures a notifié que l’ambassadeur anglais quitte la Haye, et que mon intention est qu’il y ait aucun parlementaire, au moins très rarement et par des ordres spéciaux ; qu’il fallait que la Hollande soldât : 1) les six demi-brigades composant son corps d’armée, et qui ne se montent pas à 9 000 hommes ; 2) le corps du général Dessolle, qui ne se monte pas à 5 000 hommes ; 3) les neuf troisièmes bataillons de l’expédition de Hanovre, qui ne se montent pas à 3 000 hommes ; ce qui ne forme qu’un total de 17 à 20 000 hommes ; que, si le général Dessolle va dans le Hanovre, et que les neuf troisièmes bataillons y aillent, ces troupes seront remplacées, et que le Gouvernement batave doit compter, pendant la guerre, sur 25 000 hommes à entretenir.

Donnez donc l’ordre à la 109e, qui est à Metz, de se rendre à Breda, où elle recevra les ordres du général Victor, ainsi qu’à la 11e de ligne et au 8e régiment de chasseurs. Vous préviendrez le général Victor qu’il doit employer le 8e régiment de chasseurs à faire le service de son quartier général, et à se porter partout où les circonstances l’exigeraient.

Je vous prie de me faire connaître s’il y a en Hollande un ordonnateur, le nombre de commissaires des guerres, d’officiers de santé, d’officiers de génie nécessaire, et tout ce qui est convenable pour compléter ce corps. Écrivez au général Dejean, et concertez-vous avec lui pour proposer tout ce qui est néces­saire pour l’organiser complètement.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

463.
Modifications à introduire dans un projet d’organisation de la cavalerie
Au général Bourcier

Saint-Cloud, 18 prairial an XI (7 juin 1803)

Citoyen Général Bourcier, Conseiller d’État, votre projet sur l’organisation de la cavalerie me paraît renfermer beaucoup de bonnes choses. Je désirerais :

1)             Que, pour les dragons, les maréchaux des logis et briga­diers des escouades à pied fussent aussi à pied, et formassent des escouades séparées. Je verrais beaucoup d’inconvénient à ce que les hommes à pied fussent mêlés dans les escouades à cheval.

2)   Je voudrais qu’en temps de guerre la différence des hommes à pied aux hommes à cheval fût du tiers, c’est-à-dire que, s’il y a 1 170 hommes, 390 restent à pied.

3)   Je voudrais que vous ajoutassiez un article qui porterait qu’une fois entrés en campagne, tous les hommes à pied formeraient un escadron, et les hommes à cheval formeraient les trois premiers escadrons. L’escadron à pied serait commandé par un chef d’escadron et par les officiers du 4e escadron. Leurs sous-officiers les suivraient.

4)   Je voudrais que vous changeassiez la botte du dragon.

5)   Je pense qu’il est nécessaire de laisser les deux pistolets à toute la cavalerie, et de leur prescrire de les lier au pommeau de la selle.

6)   Les grenadiers à cheval devraient avoir la baïonnette, que je voudrais donner également aux chasseurs et aux hussards.

Je vous prie de rédiger un projet d’arrêté sur les bases de votre travail avec ces modifications.

Bonaparte

Archives de l’Empire

 

464.
Ordre pour la formation de camps à Deventer, Gand, Saint-Omer, Compiègne, Saint-Malo
et Bayonne
Au général Berthier, ministre de la Guerre

Saint-Cloud, 25 prairial an XI (14 juin 1803)

Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :

Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu’une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d’artillerie commandé par un général d’artillerie et par un colonel directeur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l’artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.

Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne.

Le camp de Hollande sera composé de 30 000 hommes, dont 18 000 de troupes françaises et 12 000 de troupes bataves. Les 54e, 84e, 45e, 17e, 109e, 11e, 71e, 35e et 41e demi-brigades seront d’abord destinées à faire partie de ce camp ; avant un mois d’autres troupes seront désignées pour compléter le nombre de 18 000 hommes ; 6e de hussards et 1er régiment de chasseurs qui seront désignés, trois compagnies d’artillerie à pied, une compa­gnie d’artillerie à cheval, une compagnie d’ouvriers.

Pour le camp de Gand, les 6e et 13e légères ; 12e, 33e, 51e, 108e, 14e, 36e, 61e, 85e de ligne ; le 2e régiment de chasseurs, le 7e de hussards, les 4e, 14e, 16e et 17e de dragons.

Pour le camp de Saint-Omer, la 10e légère, 25e, 28e, 55e, 57e de ligne ; 26e légère, 22e, 43e, 46e et 75e de ligne ; 8e et 11e le régiment de chasseurs, 2e, 5e, 10e et 21e de dragons.

Pour le camp de Compiègne, les 9e et 24e légères ; les 18e, 44e, 63e, 64e, 4e, 32e, 96e et 111e de ligne ; le 3e régiment de hussards ; les 10e de chasseurs ; les 1er 3e, 8e et 9e de dragons.

Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er et 2e bataillons, lesquels seront complétés à 1 000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l’été, afin qu’ils activent l’instruction, l’habillement, etc.

On se réserve de désigner postérieurement les corps de grosse cavalerie qui devront faire partie de ces trois camps.

Le personnel de l’artillerie sera composé : 1) de compagnies fournies, au nombre de six, par chacun des quatre régiments ci-après, savoir : les 1er, 5e, 7e et 3e régiments ; lesquelles six compagnies seront complétées au pied de guerre ; 2) de deux escadrons de chacun des 2e, 5e et 6e régiments d’artillerie à cheval, complétés au pied de guerre ; ce qui fera vingt-quatre compagnies d’artillerie à pied et douze compagnies d’artillerie à cheval ; 3) un demi-bataillon de pontonniers.

Le premier inspecteur du génie désignera deux compa­gnies de mineurs et un bataillon de sapeurs mis sur le pied de guerre.

Le premier inspecteur de l’artillerie désignera le nombre de compagnies nécessaires aux six parcs.

Le général Marmont, premier inspecteur général, commandera en chef l’artillerie des six camps.

Le général Faultrier sera directeur général des parcs des six camps.

Le conseiller d’État Petiet sera commissaire ordonnateur en chef des six camps. Au travail de samedi, le ministre m’appor­tera tous ces arrêtés avec les projets de cantonnement.

Bonaparte

Comm. par M. le prince de Wagram

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

465.
Mesures pour mettre à exécution les dispositions ci-dessus
Au général
Berthier

Saint-Cloud, 25 prairial an XI (14 juin 1803)

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter, samedi prochain, les mesures à prendre :

1)             Pour qu’il y ait, au 1er vendémiaire, dans les salles d’armes de Douai, de Saint-Omer, de Dunkerque, de Calais, de Boulogne et autres places environnantes, 60 000 fusils d’infanterie, 4 000 fusils de dragons, 15 000 baïonnettes de rechange, 2 000 sabres de dragons, 1 000 sabres de chasseurs, 6 000 briquets et 2 000 paires de pistolets ;

À Brest, 3 000 fusils, un quart de baïonnettes de rechange ;

À Saint-Malo, 3 000 fusils, avec un quart de baïonnettes de rechange ;

À Rochefort, 3 000 fusils ;

2)             Pour qu’il y ait, prêts à mettre en mouvement à la même époque, à Douai et à La Fère, pour les camps de Gand, de Saint-Omer et de Compiègne, trois parcs d’artillerie, composés chacun de quarante pièces de canon, savoir : quatorze de 4, quatorze de 8, six de 12, et six obusiers, dont quatre pièces de 8 pouces et deux obusiers attelés pour l’artillerie légère ;

De plus, un équipage général de réserve de quarante bouches à feu, réunies à Douai pour la réserve générale de tous les camps formés sur les bords de l’Océan ;

3)             Pour qu’il y ait à Saint-Omer deux millions de cartou­ches, renfermées dans des caisses dont les dimensions seront données par l’inspecteur général de la flottille, le citoyen Forfait ; plus, deux millions de cartouches pour le camp de Saint-Malo, et deux millions pour Rochefort, dans des caisses ordinaires ;

4)             Pour réunir à Saint-Omer 300 charrettes, les plus légères possible, et qui puissent se monter et se démonter sans le secours d’aucun ouvrier ;

5)             Pour réunir à Douai 200 pièces de 24, dont 50, de 24, courtes et légères, 100 pièces de 18 ou de 16, et 100 obusiers de 6 on 8 pouces, avec 200 coups à tirer par pièce ; une partie doit être destinée à être mise à la disposition du ministre de la marine pour l’armement de la marine : il sera toutefois pourvu à l’approvisionnement nécessaire pour mettre ces 400 pièces en batterie, et à ce qui est nécessaire pour la construction des batteries ;

6)             Pour lever 6 000 chevaux d’artillerie et en réunir à chaque camp le nombre proportionné à ses besoins.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

466.
Projets à présenter pour des approvisionnements en vivres et en effets d’habillements
Au général Dejean, ministre directeur de l’administration de la guerre

Saint-Cloud, 25 prairial an XI (14 juin 1803)

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter, samedi prochain, des projets ;

1)             Pour faire confectionner 1 200 000 rations de biscuit, qui seraient rendues le 15 vendémiaire à Saint-Omer, et renfermées dans des caisses dont le modèle sera donné par l’inspecteur général de la flottille, le citoyen Forfait ;

2)             Pour rassembler à Saint-Omer trois millions de rations d’eau-de-vie, qui devront être contenues dans des barils dont les dimensions seront données par l’inspecteur général de la flottille ;

3)             Pour faire construire des fours à Boulogne, à Étaples et à Ambleteuse, et faire rétablir les fours à Saint-Omer et dans les places du Nord, en quantité suffisante pour la réunion d’une armée de 80 000 hommes ;

4)             Pour organiser des hôpitaux pour le service de ces troupes, et préparer à Boulogne tous les magasins nécessaires ;

Pour assurer les moyens de subsistance, en pain, viande, vin et eau-de-vie, des camps de Gand, Saint-Omer et Compiè­gne, composés chacun de 25 à 30 000 hommes, pendant tout l’hiver ;

6)             Pour réunir et confectionner 80 000 capotes et 120 000 paires de souliers, au 1er vendémiaire prochain, afin de distri­buer ces fournitures aux troupes et de les mettre à même de faire une campagne d’hiver et de rester cantonnées tout l’hiver.

Bonaparte

Archives de l’Empire

 

467.
Dispositions supplémentaires relatives aux camps de Saint-Omer, Gand et Compiègne
Arrêté

Paris, 3 messidor an XI (22 juin 1803)

1)   Les dispositions présentées par le ministre de la guerre, en conséquence du travail rédigé par le premier inspecteur général de l’artillerie, relatif à l’artillerie des camps de Saint-Omer, Gand et Compiègne, annexé au présent arrêté, sont approuvées en tout ce qui n’est pas contraire aux dispositions ci-après :

2)   Il ne sera pris aucune pièce d’artillerie à Maëstricht.

Il n’en sera pris aucune ni à Metz ni à Strasbourg.

Il sera fondu cent pièces de 24 courtes.

Les fonderies de Douai, Metz, Strasbourg, seront, à cet effet, mises en activité.

3)   Le premier inspecteur général d’artillerie soumettra au ministre tous les mouvements à faire pour l’artillerie de siége ; il fera autant de rapports qu’il y aura de places d’où il proposera d’en tirer, afin de faire connaître quel est l’armement de la place, et s’il restera complet indépendamment des pièces qu’on en tirera. Le ministre présentera au Gouvernement ces disposi­tions pour être autorisé à ordonner les déplacements.

4)   Il sera fondu deux cents pièces de 24 longues, avec les pièces de différents calibres qui sont inutiles à Toulon, et que le ministre de la marine doit mettre à la disposition du ministre de la guerre.

Le ministre de la guerre prendra les mesures nécessaires pour que la fonderie de Toulon puisse fondre des pièces de ce calibre.

5)   Aucun directeur des parcs des six camps ne sera choisi parmi les colonels des régiments d’artillerie, qui doivent rester à leurs corps pour commander les batteries.

Le 4e bataillon du train d’artillerie restera à Turin.

6)   Les troupes d’artillerie destinées aux camps de Saint-Omer, Gand et Compiègne, seront composées de dix compagnies du 1er régiment à pied, de dix du 5e, de dix du 7e.

7)   Parmi le nombre des compagnies ci-dessus, quatre du 5e régiment et quatre du 7e seront sur-le-champ complétées au pied de paix et se rendront le plus tôt possible à Douai.

8)    Il sera dirigé de suite sur Douai deux compagnies de chacun des bataillons du train, destinées aux camps de Saint-Omer, Gand et Compiègne ; ces compagnies mèneront avec elles les chevaux du bataillon.

9)    Il sera dirigé sans délai sur Douai quatre compagnies de pontonniers, ainsi que la 1re et la 7e compagnie d’ouvriers.

Quant à la 4e compagnie, qui est à Auxonne, et à la 15e, qui est à Grenoble, elles recevront l’ordre de se rendre à Douai aussitôt que ce mouvement pourra s’exécuter sans inconvé­nient ; en conséquence, il sera pris des mesures pour que les travaux de ces arsenaux soient continués, malgré le départ de ces compagnies.

10e Les huit bataillons du train seront sur-le-champ dédoublés.

11e Le ministre de la guerre fera la reprise de 6 000 chevaux d’artillerie, pris parmi ceux qui ont été placés chez les cultivateurs.

Dans ce nombre sont compris les chevaux levés pour le train d’artillerie de la garde des Consuls.

12)  Le ministre de la guerre fera confectionner 3 000 harnais et 3 250 selles pour les bataillons du train.

13)  Le Premier inspecteur général d’artillerie donnera tous les ordres pour les mouvements du matériel du parc, d’après ceux qui lui auront été envoyés directement par le ministre.

Le premier inspecteur général soumettra au ministre successivement tous les ordres pour les travaux dans les deux arsenaux de Douai et de la Fère.

14)     Les arsenaux de la Fère et de Douai seront sous l’inspection particulière du directeur des parcs des six camps des côtes de l’Océan.

Chacun de ces arsenaux conservera néanmoins son mode de comptabilité ordinaire pour les nouveaux travaux à y exécuter.

Bonaparte

Archives de l’Empire

 

468.
Arrêté ordonnant la confection d’outils
et de sacs à terre

Paris, 3 messidor an XI (22 juin 1803)

ARTICLE PREMIER. Il sera confectionné sur-le-champ 50 000 outils, comme pioches, louchets, pelles rondes, pies à boyau, haches, scies et serpes, dans les proportions nécessaires. Cette confection aura lieu dans les places du Nord. Ils seront rendus le 15 vendémiaire à Saint-Omer.

ART. 2. Il sera confectionné 6 000 sacs à terre, dont 4 000 pour le service de l’artillerie et 2 000 pour celui du génie.

ART. 3. Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Bonaparte

Archives de l’Empire

 

469.
Arrêté concernant Latour-d’Auvergne

Gand, 26 messidor au XI (15 juillet 1803)

ARTICLE PREMIER. Le cœur de Latour-d’Auvergne, premier grenadier de la République, mort à la bataille de Neubourg, le 9 messidor an VIII, continuera à être porté ostensi­blement par le courrier de la compagnie de grenadiers de la 46e demi-brigade, dans laquelle il servait.

ART. 2. Le nom de Latour-d’Auvergne sera maintenu dans les contrôles et dans les revues ; il sera nommé dans tous les appels, et le caporal de l’escouade dont il faisait partie répondra par ces mots : Mort au champ d’honneur !

ART. 3. Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Bonaparte

Archives de l’Empire



[1]        Le général Mortier.



[1]           Coblentz.

 

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