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Correspondance
militaire
de Napoléon Ier
Extraite
de la correspondance générale
et publiée
par
ordre du ministère de la guerre
Tome
deuxième
Paris
- 1876
240.
Ordre du jour indiquant l’emplacement de l’armée
Quartier
général, au Caire, 5 fructidor an VI
(22 août 1798)
Emplacement de
l’armée. Division Desaix, à Gyzeh
-
21e légère, le 3e bataillon détaché au
Caire ;
-
61e de ligne, le 3e bataillon détaché à
El-Rahmânyeh ;
-
88e de ligne, le 3e bataillon détaché au
Caire.
Division Reynier, à Sâlheyeh
-
9e de ligne ;
-
85e de ligne, le 3e bataillon détaché à
Rosette ;
-
15e de dragons ;
-
22e de chasseurs ;
-
7e
de hussards.
Division Bon, au Caire
-
4e demi-brigade légère, détachée à Rosette ;
-
18e de ligne, le 3e bataillon détaché à
Mehallet-el-Kebyr ;
-
32e de ligne, le 3e bataillon détaché à
Atfyeh ;
-
3e de dragons ;
-
14e de dragons ;
-
20e de dragons.
Division Dugua, à Mansourah
-
2e légère, le 3e bataillon détaché au Caire ;
-
25e de ligne ;
-
65e de ligne, le 3e bataillon à Qelyoub ;
-
18e de dragons.
Division Lannes, au Vieux Caire
-
22e légère, le 3e bataillon à El-Khânqah ;
-
13e de ligne, le 3e bataillon à Damiette.
Garnison d’alexandrie
-
69e demi-brigade de ligne.
Par ordre du général en
chef.
Collection
Napoléon
241.
Ordre du jour rappelant différentes prescriptions d’administration
militaire
Quartier
général, au Caire, 8 fructidor an VI
(25 août 1798)
Le général en chef
recommande aux chefs de corps de veiller à ce que les fusils des soldats
qui vont aux hôpitaux ne soient pas perdus. Il ordonne qu’il soit établi
au dépôt de chaque demi-brigade un local pour recevoir les fusils de ceux
qui vont aux hôpitaux. Les chefs de corps doivent sentir que sans cette précaution
l’armée se trouvera bientôt sans armes, le remplacement était
beaucoup plus difficile dans ce pays que dans tout autre.
Le général en chef
recommande cet article majeur au patriotisme des chefs de corps.
Les chefs de corps auront
la plus grande attention à faire exécuter ce qui est prescrit par les règlements
militaires relativement aux latrines, soit dans les casernements, soit
dans les campements, objet de la plus grande importance pour la santé.
Il est ordonné aux chefs
de corps de faire surveiller et de surveiller eux-mêmes la confection de
l’habillement, de manière que
les habits soient aisés
et bien cousus. L’habit trop étroit est bientôt déchiré et ne
convient pas dans un climat chaud.
La solde est la base de
toutes les autres dépenses de l’armée, et c’est la plus considérable
de l’administration militaire. Les revues prescrites par la loi sont le
premier devoir des commissaires des guerres ; c’est le plus essentiel
dans l’ordre de la comptabilité militaire, et la négligence qu’on y
porte fournit des moyens de
dilapidation qui augmentent considérablement
dépenses de l’armée.
Le général en chef
renouvelle aux commissaires des guerres l’ordre de mettre la plus grande
exactitude dans les revues ; le général en chef renouvelle également
l’ordre aux quartiers-maîtres d’être exacts à fournir, tous, les cinq
jours, aux commissaires des guerres chargés de la police des corps, les
états de munitions et de mouvements prescrits par l’article 3, section 1,
titre VIII de la loi du 2 thermidor.
Les commissaires des
guerres porteront également la plus grande attention aux rations de
subsistances, en vivres et fourrages, affectées à chaque grade, lesquelles
ne doivent pas excéder les quantités prescrites par la loi et les revues
pour leur distribution basées sur celles de la solde.
Les mouvements de l’armée
ne permettant pas pour le moment les revues d’inspecteurs ordonnées par
la loi, les généraux de division s’assureront par eux-mêmes si les
bases de la comptabilité sont en règle dans chacun des corps à leurs
ordres, savoir :
1)
Le registre des délibérations du conseil d’administration ;
2)
Les feuilles de prêt ;
3)
Le livre où sont inscrits les à-compte ;
4)
Les livres de caisse destinés à établir journellement les recettes
et dépenses ;
5)
Les registres de la comptabilité en deniers ;
6)
Enfin l’exactitude des revues des commissaires des guerres, qui
sont la pièce justificative de toutes les dépenses de la solde et la base
de toutes les autres.
Les
généraux de division sentiront que le seul moyen d’assurer la solde et
les besoins du soldat est d’établir l’ordre et l’économie dans
l’administration, moyen le plus efficace contre les dilapidations.
Les
généraux de division rendront compte de la moindre négligence des
commissaires des guerres ou de tout autre.
Par ordre du général en
chef
Collection Napoléon
242.
Ordre d’envoyer d’Alexandrie au Caire
des munitions de guerre ; Mesures à prendre pour
leur transport et pour l’armement de Rosette
Au général Menou, à Rosette
Quartier
général, au Caire, 9 fructidor an VI
(26 août 1798)
L’armée, Citoyen Général,
est dans la pénurie la plus alarmante de munitions de guerre ; le général
Dommartin doit être
arrivé à Rosette ; j’ai envoyé également le
général
Marmont avec des forces pour maintenir libre la communication de Rosette
à Alexandrie
et d’Alexandrie à Damanhour, et de faire passer
à Rosette le plus de munitions et d’effets possible.
J’ai envoyé ordre à
l’adjudant général Bribes de faire partir de Damanhour la plus grande
quantité d’ânes, chameaux, mulets, pour aller prendre à Alexandrie le
plus de cartouches et d’effets de pionniers qu’il pourra, et nous les
faire passer par El-Rahmânyeh au Caire.
J’ai ordonné également
qu’il fasse ramasser une grande quantité de petites djermes, pour pouvoir
bien servir sur le canal d’El-Rahmânyeh, lorsque l’eau y sera arrivée.
Les chaloupes des
vaisseaux doivent être propres à cette navigation ; prenez des
informations, et, dans ce cas, dès l’instant que les eaux seraient à
la hauteur d’Alexandrie, envoyez-les à El-Rahmânyeh.
Faites réunir le plus de
chameaux, de mulets, d’ânes que vous pourrez, soit dans la province de
Rosette, soit dans les provinces voisines ; envoyez-les porter du blé
à Alexandrie et rapporter à Rosette, des cartouches d’infanterie, des
cartouches de canon, des outils de pionniers, objets dont nous avons un extrême
besoin. L’officier du génie et celui d’artillerie qui sont à Rosette
doivent avoir reçu des fonds pour subvenir aux frais desdits transports. Je
vous ai d’ailleurs envoyé quelque argent, également pour cet objet.
Je vous prie de faire la
reconnaissance de la côte de la direction de Rosette, et de déterminer les
endroits, s’il y en a, où il serait nécessaire d’établir des
batteries.
Faites-moi connaître les
munitions à canon qui se trouvent à Rosette, et veillez à ce qu’on nous
les envoie promptement ici.
Le directeur
d’artillerie d’Alexandrie n’est pas pardonnable d’être resté un
mois sans envoyer à Rosette les quatre pièces de 24 que j’avais ordonné
qu’on y envoyât pour défendre l’entrée du fleuve. Je ne vois pas
comment on pourra faire pour les y envoyer, si ce n’est par le canal
d’El-Rahmânyeh ; à moins
que vous ne puissiez vous
procurer à Rosette une douzaine
de chevaux ou cinq à six paires de
bœufs,
de ceux qui font tourner les
moulins et qui sont accoutumés
à tirer. Je crois qu’avec ces bœufs il devrait être facile de traîner
une pièce de 24. Voyez de tenter ce moyen, car il est bien essentiel
d’avoir au moins quatre pièces de 24 et deux mortiers à l’embouchure
de Rosette.
Je vous salue.
Bonaparte
Dépôt de la guerre
243.
Ordre concernant la fabrication du pain
Quartier
général, au Caire, 9 fructidor an VI
(26 août 1798)
Le général en chef
ordonne :
1)
Il ne sera fait dans l’armée qu’un seul pain ; toutes les
rations, soit à l’état-major, soit aux administrations, seront de pain
de munition.
2)
Il sera fait un pain plus soigné pour les hôpitaux ; mais il
est défendu, sous quelque prétexte que ce soit, aux administrateurs et
aux garde-magasins, de donner de ce pain ni au général en chef, ni à
aucun général, ni au munitionnaire général.
3)
À la visite que l’officier de service fait tous les jours des hôpitaux,
le directeur fera connaître la quantité de pain d’hôpital qu’il aura
reçue. Il lui est défendu, sous les peines les plus sévères, de donner
de ce pain à tout autre.
Bonaparte
Dépôt de la guerre
244.
Munitions à distribuer. Projet de remplacer les caissons par des caisses
portées par des chameaux
Au général Andréossy,
commandant l’artillerie par intérim
Quartier
général, au Caire, 10 fructidor au VI
(27 août 1798)
Puisque quelques
munitions arrivent, votre premier soin, Citoyen Général, est d’en
envoyer aux divisions et d’approvisionner toutes les pièces qui sont
aux divisions à 150 coups.
Je désire abolir entièrement
les caissons. Je vous prie de me faire venir, après-demain, dans la cour de
ma maison, un chameau, avec des caisses de modèle. Je pense qu’il
faudrait qu’un chameau portât quatre caisses, mais que les deux caisses
qui forment la moitié de la charge soient unies entre elles, soit par un
crochet, soit de toute autre manière.
Je n’approuve point la
disposition où vous êtes de laisser les cartouches à Rosette. Donnez au
contraire l’ordre que, dès qu’il y en a 50 000 à Rosette, on les
envoie sur-le-champ au Caire.
Le général Menou a tort
de croire qu’on l’oublie : avec un peu d’activité il eût été
facile, pendant un mois que les Anglais ont laissé la communication libre,
d’envoyer à Alexandrie chercher les quatre pièces de 24 et tous les
approvisionnements nécessaires.
Ne perdez pas un instant
à faire venir toutes les cartouches que vous pourrez.
Bonaparte
Dépôt de la guerre
245.
Grils à boulets rouges pour les batteries d’alexandrie ;
Instructions pour le tir. Ordre
Quartier
général, au Caire, 11 fructidor an VI
(28 août 1798)
Bonaparte, général en
chef, ordonne :
ARTICLE
PREMIER. L’arrêté du conseil de guerre tenu à Alexandrie le 23
thermidor, portant qu’il sera fait une estacade de bâtiments de
transport, ne sera point exécuté et sera regardé comme non avenu.
ART. 2.
Il y aura autant de grils à boulets rouges par batterie qu’il y aura de
fois trois pièces.
ART. 3.
Les grils à boulets rouges seront placés sur le prolongement de l’épaulement,
à droite ou à gauche, le plus près possible du revêtement intérieur.
L’épaulement, dans cet endroit, aura 9 pieds de haut et 22 d’épaisseur.
Les batteries seront séparées des grils par une légère cloison en terre
on en briques.
ART. 4.
Il y aura toujours entre les batteries de mortiers et celles de canons au
moins 6 toises d’intervalle.
ART. 5.
Les magasins à poudre seront éloignés des batteries de 50 toises. Ils ne
seront point dans la direction des feux, mais bien diagonalement en arrière,
à droite ou à gauche. Il y aura un boyau de communication avec la
batterie. Les magasins seront enfoncés en terre le plus possible et
couverts par trois épaulements très hauts et très épais. Il y aura les
gargousses, et une certaine quantité de poudre qui ne pourra pas passer 25
coups par pièce. Le reste des barils de poudre sera placé à 25 toises les
uns des autres, isolés dans la campagne et hors toujours de la direction et
du prolongement des feux. Il
y aura dans le prolongement, à droite ou à gauche, à 18 pieds de la
dernière pièce, un petit magasin à poudre où
il y aura 10 coups à
tirer par pièce, en gargousses. Le petit magasin sera séparé des pièces
par une cloison en terre sèche ou en briques.
ART. 6.
Les boulets seront contre l’épaulement, près des pièces. L’on ne peut
tirer à boulets rouges qu’avec des gargousses de parchemin et qui
soient bien entières ; s’il y a le moindre trou, il arrive des accidents.
Le mandrin, pour faire des gargousses de parchemin,
doit
offrir deux lignes de vent de plus. Il est essentiel qu’elle entre
facilement. Si l’on n’a point de gargousses de parchemin, on chargera
les canons avec trois gargousses contenant chacune deux livres et demie de
poudre. Le papier ne résiste pas à un poids de huit livres. L’on aura
soin que le mandrin donne quatre lignes de vent.
ART. 7.
L’on rafraîchira les pièces avec de l’eau tous les coups, et avec du
vinaigre tous les 5 coups. On tirera doucement, et jamais toutes les pièces
à la fois. L’on pointera sans se presser. Il n’y a rien à craindre, même
avec un seul bouchon, mais l’on en mettra, par précaution, deux : un
sec sur la poudre, l’autre mouillé. L’on ne tirera point de coups que
le boulet ne soit rouge. Tous les trois coups, on tirera un coup à boulet
froid. On doit observer le plus grand silence.
ART. 8.
Vingt-quatre heures après la réception du présent ordre, le général Kléber
fera faire l’exercice en blanc du boulet rouge, et, le lendemain, il fera
exercer les canonniers.
En
employant toutes ces précautions, j’ai, à Toulon, avec six pièces de
canon, brûlé trois bâtiments et obligé, après avoir résisté à plus
de 20 000 coup de canon, l’escadre anglaise à évacuer la grande
rade.
ART. 9.
Le tir des mortiers devient incertain et inutile si l’on tire avec de
grandes charges et si les plates-formes ne sont pas solides. Il est défendu
de mettre dans la chambre plus des trois quarts de ce qu’elle peut
contenir ; dans les mortiers à la Gomer, jamais plus de dix livres.
L’on doit avoir à portée de la batterie, contre l’épaulement, une chèvre,
deux roues de rechange, un affût de rechange, des sacs à terre remplis
de terre, des pioches, des pelles, des piquets, des lambourdes, un crapaud
pour deux mortiers.
Bonaparte
Dépôt de la guerre
246.
Instructions pour l’exercice de son commandement
Au général Menou, à Rosette
Quartier
général, au Caire, 11 fructidor an VI
(28 août 1798).
J’ai reçu, Citoyen Général,
votre lettre du 6 fructidor. Il sera fait incessamment un règlement général
pour le traitement à accorder au divan et à la compagnie des janissaires,
ainsi qu’à l’aga, dans chaque province.
Faites arrêter tous les
Français arrivant du Caire qui n’auraient pas un passe-port de l’état-major.
Diminuez
votre service. Comment est-il possible que vous ayez 300 hommes de
garde, lorsque nous n’en avons que 80 au Caire ? Une garde chez vous,
une de police, quelques factionnaires aux principaux magasins, et tout le
reste en réserve, cela ne fait que 25 ou 30 hommes de service.
L’officier du génie et
l’ingénieur des ponts et chaussées doivent travailler sans instruments :
on ne demande que des croquis.
Si vous pouviez nous
envoyer un croquis de votre province, fait à la main, avec tous les noms
des villages, cela nous serait fort utile.
Je ne puis trop louer le
dîner que vous avez donné aux cheikhs du pays. Nous avons célébré ici
la fête du Prophète avec une pompe et une ferveur qui m’ont presque mérité
le titre de saint.
Je n’approuve pas la
mesure de donner du blé aux pauvres ; nous ne sommes pas encore assez
riches, et il faut nous garder de les gâter.
J’imagine que vous
aurez opéré le désarmement de la ville, et que vous aurez profité des
sabres pour armer notre cavalerie. Vous aurez vu dans l’ordre du jour que
vous devez lever dans votre province 300 chevaux.
Je
vous salue.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
247.
Belbeys préférable à Sâlheyeh
pour des travaux de défense ; Instructions
Au général Reynier
Quartier
général, au Caire, 12 fructidor an VI
(29 août 1798)
Je reçois, Citoyen Général,
votre lettre du 10. L’intendant et l’agent français partent
aujourd’hui.
Dès l’instant que vous
aurez commencé l’organisation de votre province, vous verrez les
difficultés s’aplanir ; mais
il faut que vous
parveniez enfin à maintenir la discipline parmi vos troupes. Faites des
exemples sévères.
L’impossibilité de
faire des fortifications conséquentes à Sâlheyeh m’a décidé à porter
mes principales attentions sur Belbeys. Au bord d’un grand canal, sur un
monticule, et par les bâtiments qu’il contient déjà, Belbeys est plus
propre qu’aucun autre à remplir mon but.
Dès l’instant que vous
aurez organisé la province, faites-y pousser vivement les travaux. Vous
devez déjà avoir treize pièces de canon. Quand les
trois redoutes commenceront à être dessinées et
que le
canon pourra s’y
mettre en batterie, il n’y aura aucun inconvénient à laisser à Sâlheyeh
500 hommes en artillerie, cavalerie et infanterie, et à ramener le reste de
votre division à Belbeys, où je donne l’ordre qu’on la caserne ;
elle sera mieux là qu’au Caire même.
Lorsque
vous aurez organisé votre province, il vous sera extrêmement facile de
vous procurer des vivres en abondance.
Continuez
à envoyer des exprès en Syrie pour être instruit de ce qui s’y fait.
J’attends
le rapport du général du génie sur Belbeys pour arrêter définitivement
les travaux que nous y ferons.
Nous
n’aurons aucune peine pour les transports et pour l’approvisionnement de
Belbeys, puisque nous pourrons tout transporter par le canal.
J’espère
que, par le zèle que vous porterez dans ces travaux, nous pourrons, dans
deux mois, avoir 60 pièces de canon à Belbeys et une place dans le cas de
couvrir Le Caire et nous donner le temps, dans tout événement, de faire
des dispositions.
Salut.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
248.
Ordre à Junot de partir pour châtier les Arabes ;
Reconnaissance à faire
Au
général Berthier
Quartier
général, au Caire, 12 fructidor an VI
(29 août 1798)
Le chef de brigade Junot
partira demain, à quatre heures après midi, avec 160 hommes de cavalerie,
et ira coucher à Torrah ; là il s’informera quels sont les Arabes
qui viennent tous les jours jusqu’à l’aqueduc, au nombre de 25 ou 30,
et qui ont tué hier un de nos sergents. S’il peut tomber sur un de leurs
camps, il emmènera une vingtaine de leurs femmes en otages et tous leurs
bestiaux. Il aura dix copies d’une proclamation en arabe, dans laquelle il
leur dira qu’il les traite ainsi parce qu’ils viennent
chaque jour faire des courses jusqu’aux portes du Caire.
Arrivé à Torrah, il ira
faire une reconnaissance jusqu’à El-Haye. Il poussera au moins à huit
bonnes lieues dans la direction de cette route, qui conduit à la mer Rouge.
Il aura avec lui un officier du génie. Il s’informera, avec la plus
grande exactitude, où il y a de l’eau et où il n’y en a pas. S’il le
croyait nécessaire, il ferait passer 50 hommes d’infanterie du camp
d’Abou-Seyfeny à Torrah ; il n’y a que le Nil à traverser.
Les 160 hommes de
cavalerie prendront du pain pour deux jours, et du biscuit pour deux jours.
Pendant quatre jours, le
chef de brigade Junot se portera, avec sa cavalerie, partout où il le
croira nécessaire, afin de parvenir à éloigner et à punir les Arabes qui
viennent encore, tous les jours, à la porte du Caire.
Son détachement sera
composé de 100 hommes du 20e, de 50 hommes du 3e, et
de 10 du 14e de dragons.
Il passera toutes ses
troupes en revue demain, à cinq heures du matin, sur la place Ezbekyeh,
pour s’assurer que chacun a ses armes en état et le nombre de cartouches
qui lui est nécessaire.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
249.
Visite à faire dans les hôpitaux pour veiller
à l’exécution de l’ordre relatif aux salles d’armes
Au général Berthier
Quartier
général, au Caire 17 fructidor an VI
(3 septembre 1798).
Vous voudrez bien,
Citoyen, envoyer un adjudant général faire la visite des hôpitaux et
s’assurer si mon ordre du jour relatif à l’établissement d’une salle
d’armes dans les hôpitaux est exécuté ; visiter ces salles
d’armes et voir si elles sont tenues avec propreté. Il portera dans cette
visite la plus grande rigueur, et me rendra compte, par écrit, de la
quantité d’armes qu’il aura trouvée dans chaque salle,
et si elle est proportionnée au nombre des malades.
Vous donnerez l’ordre
au général Bon de faire la visite de toutes les salles d’armes des corps
qui tiennent garnison au Caire. Il s’assurera du nombre d’hommes que
chaque corps a aux hôpitaux, et les comparera au nombre de fusils
manquants. Il punira sévèrement les officiers qui n’auraient pas exécutés
l’ordre relatif aux armes.
Bonaparte
Dépôt
de la guerre
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