Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

Correspondance militaire
de Napoléon I
er

Extraite de la correspondance générale et publiée

par ordre du ministère de la guerre

Tome deuxième  

Paris - 1876

260.
Ordre relatif aux promotions dans l’armée
Ordre

Quartier général, au Caire, 1er jour complémentaire an VI
(17 septembre 1798)

Le général en chef ordonne :

1)             Toute promotion de grade, dans les différents corps de l’armée, est suspendue jusqu’à ce que tous les officiers qui ont été promus, pendant la campagne, sur le champ de bataille, soient placés.

2)             Aucun individu ne pourra être promu, soit par ancien­neté ou au choix, qu’il ne puisse prouver avoir assisté à deux campagnes de l’an IV ou de l’an V, ou aux campagnes de Suisse ou d’Égypte.

3)   Le présent ordre annule celui du 14 prairial an V.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

261.
Ordres pour la construction de ponts portatifs devant servir à passer les canaux
Au général Dommartin

Quartier général, au Caire, 4e jour complémentaire an VI
(20 septembre 1798)

Il faudrait, Citoyen Général, pour passer les canaux dans ce pays-ci, des ponts portatifs de quatre à cinq toises que deux chameaux pourraient porter très facilement en litière. Je vous envoie une esquisse que j’ai fait faire. Je voudrais en avoir un dans la journée du 2 vendémiaire. Il faut qu’il soit fait du bois le plus léger. S’il était impossible au parc d’en faire, pour le 2 vendémiaire, un aussi complet, on pourrait, pour celui-là, supprimer les genouillères et faire tout ce qui pourrait abréger le travail.

Faites-moi connaître ce que pèsera ce pont. C’est une première idée que l’on perfectionnera. Je crois qu’il est nécessaire que chaque division de l’armée en ait un ; mais je vous prie d’activer le premier, afin de ne pas retarder l’opération que doit faire le général Murat.

Bonaparte

Dépôt de la guerre


262.
Mission pour reconnaître le lac Menzaleh,
et Peluse ;
Instructions au général Andréossy

Quartier général, au Caire, 3 vendémiaire an VII
(24 septembre 1798)

J’ai appris, Citoyen Général, avec plaisir votre arrivée à Damiette. Il paraît que vous y êtes arrivé à temps pour aider le général Vial de vos conseils et rendre un nouveau service à l’armée.

Vous devez, à l’heure qu’il est, avoir beaucoup de troupes à Damiette, où le général Dugua doit se trouver. Je lui donne l’ordre de s’emparer d’El-Menzaleh ; de faire entrer le plus de djermes possibles armées dans le lac, et des bateaux armés de canon. Je lui ai ordonné de visiter différentes îles du lac Menza­leh, de prendre des otages de tous les villages qui se seraient mal comportés ; enfin de faire tout ce qui est nécessaire :

1) Pour être souverain maître du lac Menzaleh ;

2) Pour que vous arriviez à Peluse ; mes propres mots sont ceux-ci : “Dussiez-vous y faire marcher toute votre division, il faut que le général Andréossy arrive à Peluse”.

Je crois que l’Égypte ne peut être attaquée que par le lac Menzaleh, que nous ne pouvons attaquer la Syrie que par le lac Menzaleh. Ainsi, pour l’offensive comme pour la défensive, c’est de votre reconnaissance que tout dépend ; il faut donc la faire lentement et n’avancer que des choses bien sûres ; car une fausse donnée pourrait me faire faire de faux calculs.

1) Combien de barques y a-t-il dans le lac Menzaleh ?

2) Combien chacune peut-elle contenir de monde ?

3) Quel est le fond du lac ?

4) Un aviso, une chaloupe canonnière, une djerme comme la Carniole, peut-il y naviguer ?

5) Quelle est la profondeur des trois bouches ?

6) Une chaloupe canonnière, une tartane peut-elle y entrer ?

7) Quelle est la population, l’étendue des îles du lac ?

8) Comment communique-t-on de Damiette au lac ?

9) Les troupes qui longeraient entre la mer et le lac, comment feraient-elles pour passer les bouches ?

10) L’eau du lac est-elle saumâtre ou salée ?

N’allez à Peluse qu’avec de grandes forces ; ayez ait moins six bateaux armés chacun d’une pièce de canon.

S’il n’y a point d’autre moyen, ne serait-il pas possible de faire passer des djermes dans le lac Menzaleh en franchissant les 1 200 toises ?

Enfin, ne partez point de Damiette que vous n’ayez 4 ou 500 hommes et six bateaux armés de pièces de canon.

Emportez de l’eau et des vivres pour pouvoir rester à Peluse cinq ou six jours, et même jusqu’à dix, s’il est nécessaire (ayez avec vous une pièce de canon de 3) :

1)             Pour en bien connaître les ruines ;

2)             Pour pouvoir tracer un fort capable de contenir 7 à 800 hommes et servir de dépôt à l’armée (de quoi pourra-t-on en faire le revêtement) ;

3)             Faire des essais pour reconnaître si, en creusant, on ne trouve pas d’eau douce ; en général, nous avons reconnu que, dans le désert, on a toujours de l’eau douce en creusant.

Envoyez-moi aussi des notes sur tout ce que vous pourrez recueillir de la reconnaissance de Damiette à El-Menzaleh et d’El-Menzaleh à Sâlheyeh, ainsi que ce qui est relatif à Damiette, au Nil et à la défense de la rade.

Bonaparte

Collection Napoléon

 

263.
Rappel d’ordre aux chefs de corps
pour que les sous-officiers soient armés de fusils
Au général Berthier

(Pour mettre à l’ordre de l’armée.)

Quartier général, au Caire, 3 vendémiaire an VII
(26 septembre 1798)

Le général en chef a ordonné plusieurs fois que les sous-officiers fussent armés de fusils. Il voit avec peine que, dans plusieurs compagnies, les sous-officiers négligent l’exécution dudit ordre. En conséquence, il recommande aux généraux et chefs de corps de tenir la main à ce que les sous-officiers soient armés de fusils ; rien n’est plus préjudiciable au service que d’avoir le cinquième, quelquefois le quart, et l’élite des corps sans armes. Effectivement, un petit briquet ne vaut pas un bâton de paysan.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

264. Ordre du jour :
Détails d’administration défense
aux soldats de servir comme domestique

Quartier général, au Caire, 10 vendémiaire an VII
(1er octobre 1798)

Il s’est glissé une erreur dans l’ordre du jour du 5 vendé­miaire concernant la manutention du pain dont le prix est annoncé être fixé à 2 sous 8 deniers au lieu qu’il est réellement fixé à 28 deniers ou 2 sous 4 deniers.

Les corps sont prévenus que le général en chef a décidé qu’on supprimerait le sous-pied du pantalon-guêtre de l’infante­rie. En conséquence, on recommande aux soins du capitaine chargé de l’habillement l’économie d’étoffe qui résultera de ce changement, qui peut suppléer en partie à la demi-guêtre.

Les employés d’administration étant sous le ordres immé­diats de leur agent en chef, les commissaires des guerres ne doivent point s’opposer l’exécution des ordres donnés aux prépo­sés qui sont sous leur police, soit pour changement de résidence, soit pour tout autre besoin du service.

Le général en chef est prévenu que la plupart des soldats que les corps ont fournis pour infirmiers dans les hôpitaux servent comme domestiques d’un côté et d’autre ; il sait également qu’on engage des soldats sortant des hôpitaux à servir de même.

En conséquence, le général en chef ordonne que tout soldat, hussard, dragon ou chasseur, qui serait employé auprès de quelque individu, ait à rejoindre son corps ou autre destination où il est provisoirement employé soit comme infirmier ou boulanger ; que tout individu qui, à dater du 10 du présent mois, conserverait auprès de lui un soldat, dragon, hussard ou chasseur pour le servir ou lui être attaché de quelque manière que ce soit, éprouvera, sur ces appointements, une retenue de louis, pour autant de jours qu’il aura gardé ledit militaire, pour être affectée à la masse d’entretien. Le militaire, rentré à son corps, y éprouvera une peine correctionnelle et, suivant qu’il y aurait lieu, serait jugé comme déserteur, et celui qui l’aurait retenu ou caché, comme embaucheur.

Aucune permission donnée à un soldat pour être employé provisoirement comme infirmier, boulanger, etc., ne sera valable que lorsqu’elle sera donnée par le général en chef de l’état-major général, ou portée à l’ordre du jour.

Les chefs de corps sont spécialement chargés, ainsi que les officiers et sous-officiers, de suivre les dispositions du présent ordre, pour en donner connaissance à l’état-major général, chargé de l’exécution.

Les nuits étant très humides et la saison étant celle des brouillards, le général d’artillerie donnera des ordres pour que les caissons renfermant des munitions soient couverts de prélarts toute la nuit.

Par ordre du général en chef

Dépôt de la guerre

 

265.
Reproches à faire à un officier ; Mesures contre la négligence des commandants de convois
Au général Berthier

(Pour mettre a l’ordre de l’armée.)

Quartier général, au Caire, 14 vendémiaire an VII
(5 octobre 1798)

Le général en Chef est mécontent de la conduite du chef de bataillon Camut, de la 75e demi-brigade, qui est parti le 2 ven­démiaire de Boulâq avec son bataillon, embarqué sur dix djermes, pour se rendre à Damiette ; il en a laissé une en route sur laquelle étaient dix hommes de son bataillon ; cette djerme, seule en arrière, a été attaquée, et les dix hommes égorgés par les Arabes.

Le général en chef prévient les officiers qui commande­raient des détachements qu’il fera traduire au conseil de guerre ceux dont la sollicitude ne se porterait pas sur tous les hommes qui sont sous leurs ordres. On doit attendre les traîneurs, et le soin d’un chef est de marcher avec tout son monde réuni.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

266.
Ordres pour fortifier Le Caire

Quartier général, au Caire, 18 vendémiaire an VII
(9 octobre 1798)

ARTICLE PREMIER. Il sera établi une batterie de deux pièces de gros calibre et deux mortiers à la pointe du Meqyâs. Il lui sera donné un commandement tracé de manière qu’elle puisse :

1)             Défendre Gyzeh et battre tout le quai de cette ville ;

2)             Battre le Vieux-Caire et une portion considérable du canal.

ART. 2. Il sera construit une batterie de deux pièces de canon à l’extrémité nord de l’île de Roudah.

ART. 3. Il sera placé deux ou trois pièces de canon sur la mosquée située au milieu de l’île de Roudah.

ART. 4. Il sera établi un pont près de la prise d’eau de l’aqueduc. Il sera construit une tête de pont à laquelle le réser­voir de l’aqueduc servira de réduit. Il sera placé deux pièces de canon d’un calibre supérieur à 12 et quatre d’un calibre inférieur et deux obusiers audit réservoir, et quatre pierriers on fusils de rempart à l’extrémité de la partie occupée de l’aqueduc.

ART. 5. Il sera établi un hôpital, avec tous les magasins et la principale pharmacie de l’armée, à la maison de campagne d’Ibrahim-Bey.

ART. 6. Tous les ateliers et magasins du génie et du citoyen Conté seront établis à la maison des Pèlerins, et, s’il est nécessaire, on affectera à cet effet les bâtiments les plus voisins de la maison d’Ibrahim-Bey.

ART. 7. On bouchera toutes les portes de l’enceinte de la maison d’Ibrahim-Bey, hormis une devant laquelle on construira une demi-lune revêtue en maçonnerie.

ART. 8. La petite maison à côté de celle d’Ibrahim-Bey, donnant sur le grand chemin, formera un saillant environné de fossés, destiné à flanquer le deux fronts.

ART. 9. On établira, sur la face de gauche de l’enceinte de la maison d’Ibrahim-Bey, un terre-plein pour pouvoir y placer cinq ou six pièces de canon et flanquer le front jusqu’à la rivière.

ART. 10. Toutes les maisons, murailles, etc., situées entre là maison d’Ibrahim-Bey et l’aqueduc, et à 300 toises sur la gauche le long de la rivière, seront abattues. On laissera cependant exister les arbres, excepté ceux qui seraient trop près de l’enceinte.

ART. 11. Il sera construit sur la plus grande hauteur, entre le Nil et la citadelle, un ouvrage capable de contenir 80 hommes et quelques pièces de canon. On écrêtera toutes les hauteurs voisines, de manière que le pont situé sur le Khalyg, entre cette hauteur et la maison d’Ibrahim-Bey, soit parfaite­ment découvert, et que de cette hauteur on puisse battre tous les revers que le fort de l’aqueduc, ou l’enceinte de la maison d’Ibrahim-Bey, ou le fort de l’Institut ne pourraient pas battre. Ce fort s’appellera le fort Mireur.

ART. 12. Il sera établi sur la hauteur de l’Institut un ouvrage capable de contenir 100 hommes, quatre mortiers et quatre pièces de canon. On fera tous les travaux nécessaires pour que tous les ponts sur le Khalyg soient bien aperçus de cette hauteur. Ce fort s’appellera fort de l’Institut.

ART. 13. Il sera établi sur la première hauteur, en sortant du Caire pour aller à Qelyoub, un ouvrage capable de contenir 30 hommes et deux pièces de canon. Ce fort s’appellera le fort Camin.

ART. 14. Il sera établi sur le minaret de la mosquée Dâher Beybars[1] deux pièces de canon, et une sur chaque angle de ladite mosquée. Les portes seront bouchées, à l’exception d’une, et on fera à cet ouvrage tout ce qui peut être nécessaire pour pouvoir le défendre facilement. On couvrira les bâtiments de la mosquée de manière qu’ils puissent servir d’écuries pour 300 chevaux.

ART. 15. On prendra des mesures pour que les chemins qui sortent du Caire par les deux portes les plus voisines des forts Mireur, Camin, de l’Institut et de la mosquée de Dâher Beybars, passent, tout près à découvert, au plus loin à trente toises desdits forts. Il y aura un grand chemin qui conduira en droite ligne de chacun de ces forts aux deux portes les plus voisines.

ART. 16. Il y aura au fort Mireur deux pièces d’un calibre supérieur à 12, deux obusiers ; au fort de l’Institut, quatre mortiers de 12 pouces à la Gomer, deux pièces supérieures à 12, deux pièces inférieures ; au fort Camin, deux pièces de 6 ; sur les points les plus essentiels de l’enceinte de la maison d’Ibrahim-Bey, quatre pièces de canon ; à la mosquée de Dâher Beybars, quatre on cinq pièces de canon.

ART. 17. Il y aura dans chacun de ces forts un magasin de biscuit, d’eau, etc., capable de nourrir le nombre d’hommes nécessaire à leur défense, pendant quinze jours.

ART. 18. Il sera fait de Boulâq au Caire, du fort Mireur à la mosquée, du fort Mireur au fort de l’Institut, du fort de l’Institut à la maison d’Ibrabim-Bey, de la maison d’Ibrahim-Bey à l’aqueduc, de l’aqueduc en droite ligne à une porte du Caire, la plus près du fort Mireur, deux droites, ombragées d’arbres à droite et à gauche, de manière que la cavalerie, l’artillerie, les voitures puissent se promener sur ces différentes chaussées sans avoir rien à craindre des Arabes, se trouvant toujours sous la protection des forts.

ART. 19. Le général du génie, le général d’artillerie, l’ordonnateur en chef, prendront les mesures pour l’exécution du présent ordre, chacun en ce qui le concerne.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

267.
Instructions pour exercer le commandement
de la province de Damiette
Au général Dugua

Quartier général, au Caire, 23 vendémiaire an VII
(14 octobre 1798)

L’état-major a dû vous envoyer l’ordre, Citoyen Général, de vous rendre à Damiette avec votre division, et de prendre le commandement de la province de Damiette.

Mon intention serait d’augmenter la province de Damiette et de la rendre la plus considérable qu’il serait possible.

Rendez-vous à Damiette le plus tôt possible. L’officier du génie vous fera connaître le plan que j’ai arrêté pour la fortification de l’embouchure du Nil et mettre à l’abri le peu de troupes que j’y laisserais, si les circonstances me forçaient de réunir toute l’armée sur un seul point.

Je préfère que les troupes que vous laisserez pour assurer les communications avec Sâlheyeh restent à El-Menzaleh, où elles auront de l’eau et seront plus commodément. Puisque Mataryeh est une île, on peut y laisser une barque armée.

J’ai envoyé, pour être mis sur le lac Menzaleh, les canges l’Albanie et la Corcyre, les canots la Seine et le Rhône ; ces quatre bâtiments sont armés de pierriers. J’ai envoyé également la Petite-Cisalpine, qui ne tire que trois pieds d’eau et qui porte une pièce de 12. Je ferai partir demain deux autres canges armées de petites pièces de 2, et successivement je vous en enverrai jusqu’à 10. Mon intention est de ne rien épargner pour être souverainement maître de ce lac.

Le général Dommartin m’assure qu’il vous a envoyé 5 à 600 coups de 3 à tirer : je viens de lui donner ordre de vous en envoyer encore 200 coups.

Peut-être vous sera-t-il possible d’armer quelques-uns des plus gros bateaux que vous trouverez dans le lac Menzaleh, avec les pièces de 3 que vous avez.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

268.
Ordre concernant un officier démissionnaire indigne de rester a l’armée d’Égypte
Extrait de l’ordre du jour

Quartier général, au Caire, 23 vendémiaire an VII
(14 octobre 1798)

Le général en chef accepte la démission que lui offre le citoyen Beauvais, adjudant général : un officier qui, se portant bien, offre sa démission au milieu d’une campagne, ne peut pas être venu dans l’intention d’acquérir de la gloire et de concourir au grand but de la paix générale ; il a été conduit ici par tout autre motif, et dès lors n’est point digne des soldats que je commande.

Bonaparte

Dépôt de la guerre

 

269.
Ordre de construire des redoutes pour protéger le travail du canal d’Alexandrie à El-Rahmânyeh
Au général Caffarelli

Quartier général, au Caire, 29 vendémiaire an VII
(20 octobre 1798)

Pour communiquer, Citoyen Général, d’Alexandrie à El-Rahmânyeh, il faudrait, toutes les cinq lieues, avoir une bonne redoute capable d’être défendue par 50 hommes et d’en contenir jusqu’à 200. On choisirait l’emplacement de manière qu’elle pût protéger les travailleurs du canal et que chacune eût dans son enceinte un bon puits.

Une simple muraille de trois ou quatre toises de haut, avec deux bonnes plates-formes pour deux pièces de canon, un hangar pour servir de corps de garde, et un petit hangar ou bâtiment pour servir de magasin, c’est, je crois, tout ce qu’il faudrait.

Ce travail est absolument préliminaire à celui du canal : il faudrait que vous donnassiez vos ordres pour que l’on commencât à y travailler de suite ; que l’officier du génie d’El-Rahmânyeh ou d’Alexandrie choisisse, de concert avec le général Marmont, tous les emplacements je m’en rapporte à tout ce qu’ils feront. Ajoutez-y seulement que, si on peut en construire une de manière à battre le lac Ma’dyeh et contenir les pêcheurs, il n’y aura plus qu’à déterminer le nombre de pouces d’eau que devront tirer les barques armées que l’on devra tenir sur ce lac.

J’attache toujours une grande importance à la redoute d’El-Rahmânyeh. Donnez seulement une telle modification à son tracé ou à son profil qu’une soixantaine d’hommes s’y trouvent à l’abri.

Bonaparte

Dépôt de la guerre



[1]        Gama el-Dâher.

 

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