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Correspondance
militaire
de Napoléon Ier
Extraite
de la correspondance générale
et publiée
par
ordre du ministère de la guerre
Tome
troisième
Paris
- 1876
620.
Au maréchal Berthier
Quartier
impérial, Donauwœrth, 16 vendémiaire
an XIV
(8 octobre 1805)
Mon
Cousin, le maréchal Lannes partira dans la journée avec son corps d’armée
et occupera Wertingen. Il poussera son avant-garde aussi loin qu’il le
pourra sur la route de Burgau ; il communiquera par des patrouilles de
cavalerie avec le maréchal Ney par le pont de Dillingen. Il aura soin de
tenir bien éclairé tout le pays entre le Danube et la Zusam. Vous donnerez
l’ordre au maréchal Soult de diriger les divisions de Saint-Hilaire, de
Legrand et de Vandamme, avec son quartier général, à Augsbourg,
toutefois, après s’être assuré que l’ennemi n’est pas en force à
Aichach et que le maréchal Davout est maître de Neuburg et de son pont.
Donnez ordre au général Marmont de s’emparer d’Ingolstadt
aujourd’hui, s’il peut le faire plus promptement que le maréchal
Bernadotte, qui a ordre de l’occuper demain.
NAPOLÉON
Archives
de l’Empire
621.
Au maréchal Lannes
Quartier
impérial, Donauwœrth, 16 vendémiaire an XIV
(8 octobre 1805)
Mon
Cousin, le général Kienmayer, qui a voulu hier défendre le Lech, s’est
retiré sur Augsbourg. Soult, avec deux divisions, est à sa poursuite sur
la droite du Lech, et deux autres divisions sur la rive gauche. J’espère
que ce corps sera entamé. Il me tarde d’apprendre que vous êtes maître
du pont de Günzburg. Je ne puis plus penser que l’ennemi puisse avoir
d’autre projet que de se retirer sur Augsbourg, ou sur Landsberg, ou même
sur Füssen. Toutefois, il pourrait hésiter, et, dans ce cas, c’est à
nous à faire en sorte que pas un n’échappe. Je ne doute pas qu’il ne
puisse revenir quelques-unes de ses forces du Tyrol. Votre position à Günzburg
est favorable pour vous porter partout où il faut.
NAPOLÉON
Comm.
par M. le duc de Montebello.
622.
Au maréchal Soult
Quartier
impérial, Donauwœrth, 16 vendémiaire an XIV
(8 octobre 1805)
Mon
Cousin, j’ai prévenu le prince Murat que l’ennemi s’est retiré sur
Augsbourg. J’ai prévenu Saint-Hilaire, que j’ai renforcé du 18e de
ligne qui était resté à Donauwœrth. Votre parc de réserve, où il y a
plus de 150 caissons, vient d’être dirigé sur Augsbourg et se tiendra à
mi-chemin. Le prince Murat, avec 10 000 hommes de cavalerie, se porte
sur Zusmarshausen pour couper la route d’Ulm à Augsbourg. Il va se
porter, avec la plus grande
partie de ses forces, sur Augsbourg, pour donner bonne chasse à la
cavalerie qui était hier à Rain. Le maréchal Ney occupera ce soir Günzburg,
où je suppose que l’ennemi pourrait venir, s’il se croyait encore à
temps pour se retirer sur Augsbourg. Les
grenadiers de Lannes ne se donneront pas de repos avant d’être à
Zusmarshausen, et je dirigerai ce soir la division Suchet suivant les
nouvelles que j’aurai d’ici à deux heures. Ne vous donnez aucun repos,
et songez que, soit de jour ou de nuit, il faut que vous m’enleviez ce
corps. Le moins que vous puissiez m’envoyer, c’est 3 ou 4 000
prisonniers.
NAPOLÉON
Dépôt
de la guerre
623.
Au maréchal Davout
Quartier
impérial, Donauwœrth, 16 vendémiaire an XIV
(8 octobre 1805), vers 1 heure après midi
Mon
Cousin, ce matin, à huit heures, il n’y avait personne à Neuburg et vous
ne l’occupiez pas encore. Il me tarde bien de savoir enfin votre armée
arrivée. J’ai besoin qu’elle soit réunie, demain, dans la journée, à
Aichach. Il paraît qu le général Kienmayer, qui commande le seul corps
qui est entre ceci et Ratisbonne, s’est retiré sur Augsbourg. Il est
poursuivi de telle sorte qu’il ne peut échapper.
NAPOLÉON
Ne
perdez pas une heure et que j’apprenne sans retard que vous occupez
Aichach ; votre cavalerie et votre avant-garde peuvent y être ce soir.
Comm.
par Mme la maréchale princesse d’Eckmühl
624.
Au général Dumas
Quartier
impérial, Donauwœrth, 16 vendémiaire an XIV
(8 octobre 1805), 1 heure après midi
Monsieur
le Général Dumas, vous vous rendrez en toute diligence à Neuburg, et vous
m’écrirez de Neuburg par un de vos aides de camp. Vous me manderez quels
sont les corps arrivés à Neuburg et tous les détails concernant les
ennemis, régiment par régiment, dans ces cantons[1] :
si on croit qu’Ingolstadt est occupé en force. Si le général Marmont y
était arrivé, vous vous y rendrez pour lui dire qu’il est nécessaire
qu’il passe le Danube sur-le-champ ; que l’ennemi est coupé ;
que, dans peu de jours, il n’aura plus d’autre parti à prendre que
d’essayer de nous passer sur le corps, et, comme il pourra réunir
jusqu’à 80 000 bommes, il n’y a pas un moment à perdre pour
rassembler nos forces. Enfin, si le général Marmont n’était pas encore
à Ingolstadt, vous irez le trouver où il sera, et vous lui ferez connaître
notre système de guerre, qui veut qu’il passe le Danube sans délai. Vous
irez, de là, trouver le maréchal Bernadotte ; il doit être parti
aujourd’hui Eichstædt pour Ingolstadt. Du moment que vous aurez vu le
premier de ces corps, on que vous saurez positivement où il est, vous
m’en instruirez. Vous prendrez des renseignements précis sur les corps
ennemis qui se trouveraient soit sur la Rednitz, ou vers la Bohême, et vous
connaîtrez les noms des corps et les généraux qui les commandent ;
et, après cela, vous me viendrez rejoindre, s’il se peut, dans la journée
de demain.
NAPOLÉON
Archives
de l’Empire
625.
Au prince Murat
Quartier
impérial, Donauwœrth, 17 vendémiaire an XIV
(9 octobre 1805)
Mon
Cousin, je suis extrêmement satisfait du compte que vous me rendez de la
bonne conduite de ma cavalerie et spécialement des dragons dans la journée
d’hier. Ils ont eu affaire avec douze bataillons de grenadiers, et c’est
ce qu’il y avait de mieux dans l’armée autrichienne. Faites-le connaître
à l’ordre. La division Suchet se rend pour appuyer le corps du maréchal
Lannes. J’ai dirigé d’Hautpoul sur Mertingen, grande chaussée de
Donauwœrth à Augsbourg. Moi-même, avec toute ma Garde, je vais
militairement suivre la même chaussée, et j’irai coucher à Augsbourg, où
je compte que le maréchal Soult est arrivé à l’heure qu’il est.
Interceptez la grande route d’Augsbourg à Ulm, et poussez le général
Walther entre Augsbourg et Landsberg, et placez le maréchal Lannes de manière
que, si demain à la pointe du jour Augsbourg était attaqué, les trois
divisions de ce maréchal pussent s’y porter. Je ne partirai pas avant dix
heures. J’attends les rapports du maréchal Ney, qui me sont nécessaires
avant de me fixer au parti que je viens de vous faire connaître. il est fâcheux
que le maréchal Ney n’ait pas jeté hier quatre on cinq bataillons par
Dillingen ; il eût été à temps encore cette nuit. Par ce moyen, peu
des ennemis auraient échappé. J’attends les huit drapeaux et les
prisonniers que vous avez faits ; 2 000, c’est bien peu ;
j’avais espéré, d’après le premier rapport, que la cavalerie serait
arrivée à temps pour empêcher que l’ennemi ne se réfugiât dans les
bois. J’ai fait officier de la Légion d’honneur votre aide de camp[2],
qui m’a apporté deux drapeaux. J’attends le rapport pour récompenser
ceux qui se sont distingués au combat de Wertingen.
NAPOLÉON
Archives
de l’Empire
626.
Au maréchal Lannes
Quartier
impérial, Donauwœrth, 17 vendémiaire an XIV
(9 octobre 1805)
Mon
Cousin, j’ai vu avec plaisir dans votre rapport la bonne conduite des
grenadiers d’élite. Il est fâcheux que vous n’ayez pas en deux heures
de jour de plus ; il n’eût pas échappé un seul homme de ce corps.
Vous vous trouvez toujours dans les bonnes circonstances ; il est vrai
aussi que vous vous en tirez fort bien. Vous devez avoir sous vos ordres les
divisions Saint-Hilaire et Suchet ; ce qui vous forme un corps de 25 000
hommes, indépendamment de la cavalerie. Moi-même, je partirai à dix ou
onze heures, avec toute ma Garde, pour me porter le long du Lech, suis le
chemin d’Augsbourg. J’espère arriver de bonne heure à Mertingen ;
j’irai probablement coucher à Augsbourg. J’écris au prince Murat de
donner pour direction à votre corps, si de nouvelles circonstances n’y
changent rien, de vous placer assez près d’Augsbourg, pour pouvoir vous
porter demain de bonne heure et être à portée de concourir aux opérations
que les circonstances pourront faire juger nécessaires.
Mettez à
l’ordre des grenadiers que je suis content de la manière dont ils se sont
conduits au combat de Wertingen. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en sa
sainte et digne garde. Je vous embrasse de cœur.
NAPOLÉON
Comm.
par M. le duc de Montebello
(En
minute aux Arch. de l’Emp.)
627.
2e Bulletin de la Grande Armée
Donauwœrth,
17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805)
Les événements
se pressent avec la plus grande rapidité. Le 14, la seconde division du
corps d’armée du maréchal Soult, que commande le général Vandamme, a
forcé de marche, ne s’est arrêtée à Nœrdlingen que deux heures, est
arrivée à huit heures du soir à Donauwœrth, et s’est emparée du pont,
que défendait le régiment de Colloredo. Il y a eu quelques hommes tués et
des prisonniers.
Le
15, à la pointe du jour, le prince Murat est arrivé avec ses dragons ;
le pont a été à l’heure même raccommodé, et le prince Murat, avec la
division de dragons que commande le général Walther, s’est porté sur le
Lech, a fait passer le colonel Watier, à la tête de 200 dragons du 4e
régiment, qui, après une charge très-brillante, s’est emparé du
petit du Lech et a culbuté l’ennemi, qui était du double de sa force. Le
même jour, le prince Murat a couché à Rain.
Le
16, le maréchal Soult est parti avec les deux divisions Vandamme et
Legrand, pour se porter sur Augsbourg, dans le même temps que le général
Saint-Hilaire, avec sa division, s’y portait par la rive gauche.
Le
16, à la pointe du jour, le prince Murat, à la tête des divisions de
dragons des généraux Beaumont et Klein, et de la division de carabiniers
et de cuirassiers, commandée par le général Nansouty, s’est mis en
marche pour couper la route d’Ulm à Augsbourg. Arrivé à Wertingen, il
aperçut une division considérable d’infanterie ennemie, appuyée par
quatre escadrons de cuirassiers d’Albert. Il enveloppe aussitôt tout ce
corps. Le maréchal Lannes, qui marchait derrière ces divisions de
cavalerie, arrive avec la division Oudinot, et, après un engagement de deux
heures, drapeaux, canons, bagages, officiers et soldats, toute la division
ennemie est prise ou dispersée. Il y avait douze bataillons de grenadiers
qui venaient en grande hâte du Tyrol au secours de l’armée de Bavière.
Ce ne sera que dans la journée de demain qu’on connaîtra tous les détails
de cette action vraiment brillante.
Le maréchal
Soult, avec ses divisions, a manœuvré toute la journée du 15 et du 16 sur
la rive gauche du Danube pour intercepter les débouchés d’Ulm et
observer le corps d’armée qui paraît encore réuni dans cette place.
Le corps
du maréchal Davout est arrivé seulement le 16 à Neuburg.
Le corps
du général Marmont y est également arrivé.
Le corps
du général Bernadotte et les Bavarois sont arrivés le 10 à Eichstædt.
Par les
renseignements qui ont été pris, il paraît que douze régiments
autrichiens ont quitté l’Italie pour renforcer l’armée de Bavière.
La
relation officielle de ces marches et de ces événements intéressera le
public et fera le plus grand honneur à l’armée.
Moniteur
du 22 frimaire an XIV.
(En
minute au Dépôt de la guerre)
628.
3e Bulletin de la Grande Armée
Zusmarshausen,
18 vendémiaire an XIV (10 octobre 1805)
Le maréchal
Soult a poursuivi la division autrichienne qui s’était réfugiée à
Aichach, l’a chassée, et est entré, le 17 à midi, à Augsbourg avec les
divisions Vandamme, Saint-Hilaire et Legrand.
Le 17 au
soir, le maréchal Davout, qui a passé le Danube à Neuburg, est arrivé à
Aichach avec ses trois divisions.
Le général
Marmont, avec les divisions Boudet, Grouchy, et la division batave du général
Dumonceau, a passé le Danube et pris position entre Aichbach et Augsbourg.
Enfin le
corps d’armée du maréchal Bernadotte, avec l’armée bavaroise, commandée
par les généraux Deroy et Wrede, a pris position à Ingolstadt. La garde
impériale, commandée par général Bessières, s’est rendue à
Angsbourg, ainsi que la division de cuirassiers aux ordres du général
d’Hautpoul.
Le prince
Murat, avec les divisions de dragons Klein et de Beaumont et la division de
carabiniers et de cuirassiers du général Nansouty, s’est porté en toute
diligence au village de Zusmarshausen, pour intercepter la route d’Ulm à
Augsburg.
Le maréchal
Lannes, avec la division de grenadiers d’Oudinot et avec la division
Suchet, a pris poste le même jour au village de Zusmarshausen.
L’Empereur
a passé en revue les dragons, au village de Zusmarshausen ; il s’est
fait présenter le nommé Marente, dragon du 4e régiment, un des
plus braves soldats de l’armée, qui, au passage du Lech, avait sauvé son
capitaine qui, peu de jours auparavant, l’avait cassé de son grade de
sous-officier. Sa Majesté lui a donné l’aigle de la Légion d’honneur.
Ce brave soldat a répondu : “Je n’ai fait que mon devoir ;
mon capitaine m’avait cassé pour quelque faute de discipline ; mais
il sait que j’ai toujours été un bon soldat”.
L’Empereur
a ensuite témoigné aux dragons sa satisfaction de la conduite qu’ils ont
tenue au combat de Wertingen. Il s’est fait présenter, par régiment, un
dragon, auquel il a également donné l’aigle de la Légion d’honneur.
Sa Majesté
a témoigné sa satisfaction aux grenadiers de la division Oudinot. Il est
impossible de voir une troupe plus belle, plus animée du désir de se
mesurer avec l’ennemi, plus remplie d’honneur et de cet enthousiasme
militaire qui est le présage des plus grands succès.
Jusqu’à
ce que l’on puisse donner une relation détaillée du combat de Wertingen,
il est convenable d’en dire quelques mots dans ce bulletin.
Le
colonel Arrighi a chargé, avec son régiment de dragons, le régiment de
cuirassiers du duc Albert. La mêlée a été très-chaude ; le colonel
Arrighi a eu son cheval tué sous lui : son régiment a redoublé
d’audace pour le sauver. Le colonel Beaumont, du 10e de
hussards, animé de cet esprit vraiment français, a saisi, au milieu des
rangs ennemis, un capitaine de cuirassiers, qu’il a pris lui-même après
avoir sabré un cavalier.
Le
colonel Maupetit, à la tête du 9e de dragons, a chargé dans le
village de Wertingen ; blessé mortellement, son dernier mot a été :
“Que l’Empereur soit instruit que le 9e de dragons a été
digne de sa réputation, et qu’il a chargé et vaincu aux cris de :
Vive l’Empereur !”
Cette
colonne de grenadiers, l’élite de l’armée ennemie, s’étant formée
en carré de quatre bataillons, a été enfoncée et sabrée. Le 2e régiment
de dragons a chargé dans le bois.
La
division Oudinot frémissait de l’éloignement qui l’empêchait encore
de se mesurer avec l’ennemi ; mais, à sa vue seule, les Autrichiens
accélérèrent leur retraite ; une seule brigade a pu donner.
Tous les
canons, tous les drapeaux, presque tous les officiers du corps ennemi qui a
combattu à Wertingen ont été pris ; un grand nombre a été tué :
2 lieutenants-colonels, 6 majors, 60 officiers et 4 000 soldats sont
restés en notre pouvoir ; le reste a été éparpillé, et ce qui a pu
échapper a dû son salut à un marais qui a arrêté une colonne qui
tournait l’ennemi.
Le chef
d’escadron Exelmans, aide de camp de S. A. S. le prince Murat, a eu deux
chevaux tués. C’est lui qui a apporté les drapeaux à l’Empereur, qui
lui a dit : “Je sais qu’on ne peut être plus brave que vous ;
je vous fais officier de la Légion d’honneur”.
Le maréchal
Ney, de son côté, avec les divisions Malher, Dupont et Loison, la division
de dragons à pied du général Baraguey d’Hilliers et la division Gazan,
a remonté le Danube, et attaqué l’ennemi sur sa position de Günzburg.
Il est cinq heures, le canon se fait entendre.
Il pleut
beaucoup, mais cela ne ralentit pas les marches forcées de la grande armée.
L’Empereur donne l’exemple ; à cheval jour et nuit, il est
toujours au milieu des troupes et partout où sa présence est nécessaire.
Il a fait hier quatorze lieues à cheval ; il a couché dans un petit
village, sans domestique et sans aucune espèce de bagage. Cependant l’évêque
d’Augsbourg avait fait illuminer son palais et attendu Sa Majesté une
partie de la nuit.
Moniteur
du 24 vendémiaire an XIV
(En
minute au Dépôt de la guerre)
629.
Au maréchal Bernadotte
Quartier
impérial, Augsbourg, 19 vendémiaire au XIV
(11 octobre 1805) - 8 heures du matin
Mon
Cousin, j’espère que, si l’ennemi n’est point en force, vous
arriverez à Munich aujourd’hui ; s’il vous en disputait l’entrée,
ce qu’il pourra faire au plus avec 18 ou 20 000 hommes, j’espère
que vous en aurez bon compte. Dans ce cas, il vaut mieux arriver un jour
plus tard et bien prendre ses dispositions pour le bien battre. Il nous est
nécessaire d’avoir Munich, comme centre de nouvelles, de renseignements
et de l’organisation du pays.
Il y a eu
deux combats dans lesquels nous avons eu du succès : à Wertingen, le
nombre des prisonniers, compté un à un, a été de 3 800, dont 80
officiers ; à Günzburg, le nombre de prisonniers a été de 1 100.
Le maréchal
Davout sera ce soir, avec son corps, à Dachau ; le maréchal Soult
sera ce soir à Landsberg. Vous vous trouverez donc couvert de ces deux côtés.
Envoyez un de vos officiers du génie à Ingolstadt, pour voir s’il serait
possible de mettre promptement ce poste à l’abri d’un coup de main.
Les
Bavarois doivent procurer beaucoup de renseignements ; comme ils sont
du pays, vous pouvez en faire facilement des détachements en forme de patrouilles,
pour éclairer. Faites aussi éclairer le cours de l’Isar jusqu’au point
où il se jette dans le Danube, car je ne veux point d’ennemis entre le
Lech et l’Isar. Ne vous laissez point tourner par votre flanc gauche ;
et, si l’ennemi prétendait passer entre vous et le Danube, mettez-vous
sur-le-champ, à sa poursuite et gagnez-le avant qu’il soit au Lech.
NAPOLÉON
Comm.
par S. M. le roi de Suède
(En
minute aux Arch. de l’Emp.)
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