| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale par
ordre du ministère de la guerre Tome troisième Paris - 1876
479. Paris,
8 vendémiaire an XII (1er octobre 1803)
Le ministre directeur de l’administration de la guerre soumet au Premier Consul un projet d’arrêté portant organisation des hôpitaux militaires et du service de santé. Cela est l’inverse de ce que j’avais désiré ; car le grand défaut de notre organisation est de voir l’armée qu’en temps de paix, tandis que c’est toujours en temps de guerre qu’il la faut voir. Il me paraît donc convenable d’attacher les officiers de santé aux corps, en décidant que, partout où seraient les corps, les officiers de santé les soigneraient à l’hôpital. BONAPARTE Archives de l’Empire
Saint-Cloud,
11 vendémiaire an XII (4 octobre 1803)
Vous donnerez l’ordre, Citoyen Ministre, au général de brigade Sebastiani de se rendre dans le département du Morbihan, pour y prendre le commandement des côtes depuis Brest jusqu’à l’embouchure de la Vilaine. Il sera sans cesse sur les côtes, faisant faire l’exercice chaque jour à deux ou trois batteries, et exerçant les canonniers garde-côtes. Il aura tout le 1er régiment de hussards, savoir : trois escadrons à 200 hommes à cheval, qu’il répartira sur les points les plus importants de cette côte. Le 4e escadron et le dépôt de ce régiment resteront à Pontivy. Il aura de plus trois compagnies du 7e régiment de chasseurs, avec lesquelles il garnira la partie des côtes du Finistère qui est sous son inspection. Sa mission aura là un double but : le premier de surveiller les côtes et de tendre des pièges aux Anglais qui voudraient les piller ; de surveiller tous les hommes suspects qui rôdent sur ces côtes et correspondent avec les Anglais ; le second, de protéger le passage de la flottille, de se rendre Vous en personne et de réunir sur-le-champ une grande force de cavalerie sur tous les points où des bâtiments de la flottille relâcheraient. Il aura à sa disposition deux pièces de 4, deux pièces de 8, deux pièces de 12 et deux obusiers, attelés, avec approvisionnement, et servis par une compagnie du régiment d’artillerie qui est à Rennes. Ce général correspondra avec le général qui est à Rennes, les préfets maritimes de Brest, de Lorient, de Rochefort, pour être instruit des mouvements des flottilles. Il rendra compte, tous les jours, au ministre de la guerre du lieu où il se trouve et de ce qu’il a fait. Son séjour habituel sera Lorient. Pour lui donner les moyens de faire parvenir ses lettres et subvenir aux frais de sa mission du Havre, vous lui ferez donner une gratification de 5 000 francs. donnerez l’ordre au général de brigade Lemarois, que je mets à cet effet à votre disposition, de se rendre sur les côtes pour y prendre le commandement et l’inspection, depuis la pointe de Brest jusqu’à Cancale, limite de la 13e division militaire. Il aura sous ses ordres le 20e régiment de chasseurs, dont trois escadrons, forts de 500 hommes, seront répartis sur les côtes, et le 4e escadron et le dépôt seront à Rennes, et trois compagnies du 7e régiment de chasseurs pour garnir les côtes du Finistère qui sont sous son commandement. Il résidera habituellement à Saint-Malo. Il sera continuellement sur les côtes, et fera exercer par jour au moins trois batteries, et les compagnies de canonniers garde-côtes. Sa cavalerie sera répartie sur la côte en petits détachements, qui feront des patrouilles de nuit, pour surprendre les péniches ennemies qui débarquent et se répandent dans l’intérieur. Il protégera la marche de la flottille et réunira promptement une grande force de cavalerie sur les anses où des divisions de la flottille seraient forcées de relâcher, et où elles n’auraient pas une protection assurée. Il correspondra directement avec vous, avec le général commandant la division, avec le préfet maritime de Brest, le commandant de la marine à Saint-Malo, le chef de brigade Lahoussaye et le général de brigade Sebastiani, pour être instruit de tous les mouvements de la flottille et pouvoir se porter sur son passage. Il aura également deux pièces de 4, deux pièces de 12, deux pièces de 8 et deux obusiers, attelés, qu’il distribuera sur la côte et réunira lorsqu’il sera nécessaire pour protéger le passage de la flottille. Ces pièces seront servies par une compagnie du régiment d’artillerie qui est à Rennes. Vous donnerez les ordres nécessaires au directeur d’artillerie à Rennes, pour organiser ces deux divisions et les faire atteler de chevaux achetés dans le pays. Les sommes pour l’achat et le harnachement des chevaux seront payées sur des ordonnances d’urgence. En conséquence des dispositions ci-dessus, le 20e régiment de chasseurs se rendra d’abord à Saint-Malo, où le général Lemarois lui donnera ses ordres pour les mouvements. Vous donnerez l’ordre au 16e régiment de chasseurs, qui est à Rouen, de se rendre à Caen, pour y remplacer le 20e. Le 16e régiment fournira trois escadrons, forts de 450 hommes an moins, qui, sous les ordres du chef de brigade Lahoussaye, garniront la côte depuis Cancale jusqu’à Honfleur. Les escadrons du 3e régiment de hussards qui sont dans la 14e division militaire se rendront en conséquence à Rouen. Le général de brigade Dupas se rendra au Havre ; vous lui donnerez une instruction semblable à celle du général Sebastiani, qu’il remplace. Vous donnerez ordre au général de brigade Paulet, commandant le département de la Vendée, d’établir son quartier général aux Sables-d’Olonne, et d’être perpétuellement sur les côtes de son département. Le 4e régiment de chasseurs fournira deux escadrons, forts au moins de 300 hommes, pour garnir la côte, depuis Bourgneuf exclusivement jusqu’auprès de Marans. Vous lui ferez comprendre qu’en qualité d’inspecteur des côtes il doit correspondre avec le général de la division, et aussi, tous les jours, avec vous. Il doit, tous les jours, faire faire l’exercice du canon et inspecter trois ou quatre batteries. Sa mission a le double but d’empêcher les péniches anglaises de correspondre avec les côtes, de leur tendre des embûches et de les surprendre ; d’inspecter les compagnies garde-côtes, et de veiller à ce que les postes soient complets et les batteries approvisionnées. Il doit y avoir des détachements sur tous les points abordables de la côte, et surtout à Notre-Dame-de-Mont, à Saint-Jean-de-Mont, à Beauvoir, à Bouin et à Noirmoutiers. Il doit correspondre avec le préfet maritime de Rochefort et le général Lacoste, inspecteur des côtes du département de la Loire-Inférieure, pour protéger le passage de la flottille, afin que dans tous les lieux il réunisse des détachements de cavalerie et s’y rende en personne. Vous donnerez ordre à deux escadrons du 7e bis de hussards, qui est à Saumur, complétés à 300 hommes, de se rendre à Machecoul, où le généra Lacoste leur donnera des ordres pour être réparti depuis Bourgneuf jusqu’à l’embouchure de la Vilaine. Vous donnerez à ce général des instruction pareilles et pour le même but. Le général chargé de l’inspection des côtes de Vendée et celui des côtes de la Loire-Inférieure auront chacun deux pièces de 4 et deux pièces de 8. Ces huit pièces seront servies par une seule compagnie d’artillerie et attelées de cent chevaux. Elles s’organiseront à Nantes. Vous chargerez le directeur de l’artillerie de Nantes d’acheter ces chevaux et de les harnacher. Ces cinq officiers généraux et supérieurs auront chacun un capitaine d’artillerie qui sera fourni par le directeur d’artillerie de la résidence de Rennes et de Nantes. Ce capitaine les accompagnera partout et sera chargé de montrer la manœuvre aux batteries et de les faire exécuter en présence du général. Les sous-officiers et soldats des 1er, 3e et 7e bis de hussards, des 4e, 7e, 16e et 20e de chasseurs, employés sur les côtes, seront exercés à la manœuvre du canon. Il leur sera accordé une gratification de 20 centimes par jour, qui sera payée, tous les dix jours, sur des feuilles visées par l’officier général et sur les fonds que le ministre de la guerre mettra à cet effet à sa disposition. Dites à ces officiers généraux que mon intention est que, tous les dix jours, ils voient toutes leurs batterie s ; qu’il faut par conséquent qu’ils soient continuellement sur les côtes ; qu’ils doivent vous rendre compte, au moins tous les deux jours, tant de ce qui passe à la côte que de ce qu’ils apprendront, soit de la mer, soit par les vigies, et user de la plus grande et de la plus active surveillance. BONAPARTE Archives de l’Empire
481. Saint-Cloud,
12 vendémiaire an XII (5 octobre 1803)
ARTICLE PREMIER. Il sera formé une compagnie de guides-interprètes qui sera employée à l’armée d’Angleterre. ART. 2. Cette compagnie sera composée ainsi qu’il suit : 1 capitaine, 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants ; 1 maréchal des logis en chef, 4 maréchaux des logis, 1 fourrier, 8 brigadiers, 96 guides, 2 tambours ; total : 117. ART. 3. Le recrutement de cette compagnie se fera par la voie des enrôlements volontaires à Paris, et dans les ports de mer, depuis Ostende jusqu’à Saint-Malo. Pour y être admis, il faudra n’avoir pas plus de trente-cinq ans, être bien constitué, savoir parler et traduire l’anglais, avoir habité l’Angleterre et en connaître la topographie, et produire des certificats d’anciens services et de bonne conduite. Les Irlandais qui sont en France et les jeunes gens de la conscription qui ne font pas partie de l’armée pourront être admis dans cette compagnie, s’ils réunissent d’ailleurs les conditions ci-dessus exigées. ART. 4. Les officiers de cette compagnie seront nommés par le Premier Consul, sur la proposition du ministre de la guerre. Les sous-officiers le seront par le ministre de la guerre. ART. 5. – L’uniforme sera composé ainsi qu’il suit : habit-veste de couleur vert-dragon, doublure rouge, revers, parements et retroussis écarlates, boutons blancs à la hussarde, veste de drap blanc, boutons blancs, culotte de peau blanche, bottes à l’américaine, éperons noirs bronzés. L’équipement sera en buffleterie blanche, à l’exception de la giberne. L’armement sera composé de mousquetons garnis de leurs baïonnettes et de sabres du modèle de ceux des dragons. ART. 6. La solde de cette compagnie sera payée conformément à l’arrêté du 22 ventôse an VIII. Les masses le seront sur le pied de celles fixées pour les dragons. Il y aura un lieutenant de première classe et un de deuxième. ART. 7. Le conseil d’administration sera composé ainsi qu’il est prescrit par l’arrêté du 15 germinal dernier pour les compagnies isolées. ART. 8. Les ministres de la guerre et du trésor public, et le ministre directeur de l’administration de la guerre, seront chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de cet arrêté. BONAPARTE Archives de l’Empire
482. Saint-Cloud,
10 brumaire an XII (2 novembre 1803)
1)
Avoir soin que chaque soldat ait son épinglette ; qu’il y ait
un nombre suffisant de tire-bourres ; 2) Que les régiments aient de très-bonnes haches bien acérées, et non des haches de parade ; 3) Que, quand le soldat s’embarquera, il ait avec lui son sac et son bidon, et soit fourni de quatre haches, quatre pelles et quatre pioches par compagnie ; 4) Désigner les hommes qui doivent les porter, pour que chaque compagnie ait toujours des outils partout où elle se trouve ; les chariots et caissons n’arrivent jamais à temps ; 5) Portez la même attention pour la cavalerie, et qu’elle ait les outils de pionniers nécessaires. BONAPARTE Archives de l’Empire
483. Boulogne,
23 brumaire an XII (15 novembre 1803)
Citoyen Général Marescot, je vous prie de faire, réunir à Boulogne, dans le plus court délai, 27 000 outils de pionniers ; que vous les fassiez emmancher, et que vous vous assuriez qu’ils sont de bonne qualité. Ils sont destinés à être embarqués, à raison de 27 outils emmanchés par chaque bâtiment. Il est nécessaire que les outils soient répartis comme il convient, en pelles, pioches, hoyaux et haches. Il faut avoir soin qu’il n’y ait que des outils de très-bon service, et les placer dans un magasin, le plus près possible du port, afin de rendre plus facile leur embarquement. Vous devez en avoir un nombre égal, au moins, qui devront être embarqués sur la flottille de transport. BONAPARTE Archives de l’Empire
484.
Ordres divers. Boulogne,
24 brumaire au XII (16 novembre 1803)
Je vous envoie, Citoyen Ministre, une demande du 36e régiment. Ce régiment doit fournir 1,800 hommes. Accordez-lui 200 capotes de plus. Les hommes naufragés sur les bateaux canonniers ont besoin d’être rhabillés à neuf ; accordez-le-leur. Il n’y a encore ici d’arrivé que 5 000 petits bidons. Il est nécessaire que vous en fassiez passer un grand nombre ; car il en faut un pour chaque soldat. Il n’est encore arrivé que 10 000 couvertures. J’ai lieu d’être content des souliers que j’ai vus en magasin, des couvertures et des marmites. Je ne le suis pas également des outils de campement, qui ne sont d’aucun service. Il est vrai qu’ils sont des restes de magasins et ne valent pas le transport. Je suis assez content du biscuit, pas mal du service du pain et de celui de la viande. Je le suis assez du fourrage, par les mesures extraordinaires qui ont été prises. Enfin je me suis aperçu d’une grande amélioration dans la qualité des fournitures. Je dois donc, comme de raison, l’attribuer au zèle que vous y avez porté. BONAPARTE Dépôt de la guerre (En minute aux Arch. de l’Emp.) Paris,
3 frimaire an XII (25 novembre 1803)
Je vous envoie, Citoyen Ministre, un projet d’arrêté, sur lequel je vous prie de me faire connaître votre opinion. Vous me le présenterez définitivement avec la répartition des conscrits par départements. Faites faire un travail, en même temps, pour organiser la Garde en conséquence de cela. Un chevron distinguerait les anciens soldats. Chaque compagnie serait composée de 120 hommes, dont 60 seraient recrutés par l’armée et 60 par la conscription. On établirait indépendamment deux compagnies de dépôt, l’une pour les chasseurs, l’autre pour les grenadiers. On pourrait porter à 150 hommes chaque compagnie de dépôt ; ce qui porterait la force de la Garde à 5 000 hommes. Quant à l’administration, la Garde sortant des régiments serait payée comme elle l’est aujourd’hui : les conscrits n’auraient que 10 sous par jour, à peu près comme l’infanterie qui est en garnison à Paris ; mais ils se trouveraient également payés, moyennant la haute paye qu’ils auraient de chez eux. Après cinq ans de service dans la Garde, un conscrit pourrait être admis à faire partie des premières escouades, mais seulement jusqu’à concurrence de moitié des places vacantes, l’autre moitié devant toujours être remplacée par les corps de l’armée. Ce dernier règlement est moins pressé ; on peut se donner le temps de le faire. L’important est de s’occuper du premier, afin de faire sur-le-champ l’appel, et d’être à même d’en faire marcher dans deux mois une partie avec la Garde. BONAPARTE Archives de l’Empire 486. I.
Il sera fait un appel de 1 200 conscrits sur l’armée de réserve
de l’an IX et de l’an X, et de 1 200 sur celle des années XI et
XII, pour faire partie de la Garde du Gouvernement. II. Les conscrits seront choisis parmi ceux jouissant par eux-mêmes ou par leur famille d’une haute paye de 10 sous par jour. III. La répartition de ces conscrits entre les départements sera faite conformément au tableau ci-joint. IV. Ils seront placés dans les compagnies de chasseurs et de grenadiers, à raison de 50 hommes par compagnie. V. La moitié des hommes que devra fournir chaque département devra avoir au moins la taille de 5 pieds 5 pouces, et l’autre moitié au moins celle de 5 pieds 2 pouces. VI. Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté. Archives
de l’Empire 487. Paris,
3 frimaire an XII (25 novembre 1803)
Je désire, Citoyen Ministre, que vous donniez l’ordre au commandant de l’école de Fontainebleau de faire dresser un état de quarante jeunes gens, âgés de plus de dix-huit ans, les plus instruits, sachant parfaitement le maniement des armes, et capables d’occuper une place de sous-lieutenant dans un corps. Vous me proposeriez de les nommer sous-lieutenants dans chacun des quarante bataillons faisant partie des camps de Saint-Omer, Montreuil et Bruges. Je désirerais également que vous fassiez dresser dans le prytanée de Saint-Cyr un état de soixante jeunes gens âgés de plus de seize ans, ayant plus de 5 pieds, et qui seraient propres à être attachés à chacun de ces quarante bataillons, en qualité de caporaux-fourriers. Je désire accélérer le temps où cette jeunesse devra entrer dans l’armée, afin qu’elle puisse acquérir de l’expérience dans l’expédition actuelle. BONAPARTE Archives de l’Empire
Paris,
9 frimaire an XII (1er décembre 1803)
Je vous envoie un projet pour compléter la Garde avec un appel de conscrits. Il paraît, par ce que dit le général Bessières, qu’il faudrait, au lieu d’appeler 500 hommes de l’an IX et X, en appeler 600, et au lieu de 1 000 hommes de l’an XI et XII, en appeler 1 200. L’armée ne peut suffire au recrutement de la Garde ; elle ne peut la mettre même au pied de paix, sans s’affaiblir d’un petit nombre d’hommes extrêmement précieux, ce qui m’a donné l’idée d’appeler des conscrits. J’exige qu’ils aient dix sous de haute paye, afin de n’être pas ruineux pour le trésor public. BONAPARTE Archives de l’Empire
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