| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale par
ordre du ministère de la guerre Tome troisième Paris - 1876
Paris,
16 frimaire an XII (8 décembre 1803)
Citoyen Général Marmont, Premier Inspecteur général de l’artillerie, je reçois votre état du personnel de l’artillerie. Je désire que vous y ajoutiez les renseignements suivants : La compagnie n° 2 du 1er régiment est sur la côte : quelle côte ? Même observation pour les compagnies n° 10, 11 et 12 du même régiment, et pour les compagnies n° 14, 15, 17, 18 et 19 du 5e régiment. Faites-moi connaître l’endroit positif où sont ces compagnies, et les batteries qu’elles servent. Je vois en note que les compagnies du 1er régiment sont portées à 70 hommes : est-ce présents sous les armes ou effectifs ? Pourquoi y a-t-il encore 28 officiers détachés hors de l’armée ? Qu’entend-on par tailleurs, cordonniers, enfants, non disponibles ? Tout doit être disponible. Qu’entend-on par la colonne en détachement, par la colonne au dépôt et aux colonies ? Il ne doit plus y avoir de canonniers des compagnies dans les colonies. Pourquoi y a-t-il des canonniers sur les derrières ? Faites-moi connaître les mesures à prendre pour que chaque compagnie soit portée, officiers compris et présents sous les armes, à 80 hommes. Faites-moi, à cet effet, connaître la situation des dix compagnies de ces trois régiments qui restent au corps. Je vois que le total du personnel de l’artillerie ne se monterait, sans comprendre les ouvriers ni les pontonniers, qu’à 2 400 hommes. Il faut que vous me présentiez les moyens pour que l’artillerie à pied seule présente un total de 3 000 hommes. L’artillerie à cheval : 800 Les pontonniers 600 Et les ouvriers 400 Total 4 800 Je suppose que toute l’artillerie à pied, pontonniers et ouvriers, sont armés de fusils. Dans les bataillons du train, je vois que le 8e bataillon est oublié ; il est vrai que ce bataillon est à Rennes ; mais le 7e, qui est à Toulouse, devrait pouvoir faire le service des camps de Brest et de Rochefort. Alors le 8e deviendrait disponible. Il faut que vous preniez des mesures pour avoir au moins 3 500 charretiers et 2,400 chevaux en très-bon état ; ainsi le personnel total de l’artillerie serait de 10 000 hommes. Il y a une autre observation : les quatre régiments d’artillerie à cheval n’embarqueront chacun que 30 chevaux ; présentez des mesures pour équiper en conséquence les canonniers à cheval et savoir où seront tenus les chevaux en attendant, et par qui ils seront soignés. Il est temps aussi de connaître combien de bâtiments du tonnelage de 80 tonneaux vous seront nécessaires pour embarquer le gros parc ; faites-moi aussi connaître l’état de tous les objets que vous aurez à embarquer, leur poids, leur distribution, soit sur les chaloupes et bateaux canonniers, soit sur les gros bâtiments de transport. Je désire que vous m’apportiez samedi un rapport sur tous ces objets. BONAPARTE
Paris,
20 frimaire an XII (12 décembre 1803)
Il y aura un état-major général composé du ministre de la guerre faisant les fonctions de major général ; De deux généraux de brigade ; De quatre adjudants commandants ; De seize adjoints à l’état-major, de différents grades ; Du premier inspecteur général de l’artillerie ; Du premier inspecteur général du génie ; Du commissaire général Petiet, pour l’administration ; D’un directeur général pour chaque administration ; Du nombre de commissaires des guerres et adjoints qui sera jugé nécessaire. Il
n’y aura point de commandant général de la cavalerie. Il est donc bien nécessaire que tous les individus qui doivent composer l’état-major général soient désignés avec le titre qu’ils doivent porter et le nombre de chevaux et domestiques qu’ils doivent embarquer. Un
général de division embarquera quatre chevaux ; Un général de brigade en embarquera deux ; Un adjudant commandant, un ; Un aide de camp et un adjoint à l’état-major en embarqueront chacun un ; Un colonel de corps en embarquera un ; Un major, un. Le
général de division embarquera quatre palefreniers sur le même bâtiment
le bâtiment qui portera ses chevaux, et deux domestiques sur le bâtiment
qui le portera. Un
général de brigade embarquera quatre domestiques ; Un adjudant commandant, deux ; Un aide de camp et un adjoint, un ; Un colonel, deux ; Un major, un ; Un capitaine, un ; Les
lieutenants et sous-lieutenants en embarqueront un pour quatre. Ceux qui voudront embarquer un plus grand nombre de domestiques et de chevaux devront en faire la demande, afin qu’on puisse leur indiquer les lieux où ils doivent les tenir, pour passer après l’armée. L’armée se divise en quatre grands corps : Le camp de Saint-Omer ; Le camp de Bruges ; Le camp de Montreuil ; La réserve. Le camp de Saint-Omer doit avoir un état-major et des adjoints ; Un général d’artillerie ; Un officier supérieur du génie ; Un commissaire ordonnateur ; Un chef pour chaque administration ; Un inspecteur du service de santé. Il est nécessaire de connaître et de spécifier les noms et les titres de tous ces individus. Le camp de Saint-Omer sera composé de quatre divisions, d’une division de cavalerie et d’un parc de réserve d’artillerie. Chaque division aura un payeur, un commissaire des guerres et un adjoint en chef pour chaque administration ; Les brigades de boulangers qui seront nécessaires pour faire le pain pour la nourriture de la division ; Des escouades d’ouvriers maçons, propres à construire des fours en peu de temps. Il est également nécessaire de déterminer le nombre de tous ces individus. Un adjudant commandant sera chef de l’état-major, indépendamment des adjoints et aides de camp qui y seront attachés. Chaque division aura un colonel ou un lieutenant-colonel d’artillerie ; Un capitaine en second en résidence ; Un conducteur d’artillerie ; Un capitaine du génie ; Un lieutenant ; 50 sapeurs. Il y aura pour chaque division huit pièces d’artillerie. La division de cavalerie aura quatre pièces d’artillerie légère. Il y aura à la réserve huit pièces d’artillerie avec les approvisionnements d’infanterie, etc. Ce qui fera pour ce corps d’armée quarante-quatre pièces d’artillerie. Les camps de Bruges et de Montreuil seront composés chacun de trois divisions. Ils seront organisés comme le camp de Saint-Omer. Leur train d’artillerie ne sera que de trente-six pièces de canon pour chaque camp. La réserve sera composée de deux divisions de dragons, d’une division italienne, d’une division de cavalerie de la réserve et d’une division d’élite. Chacune de ces divisions aura huit pièces de canon, ce qui fera quarante pièces de canon ; il y en aura huit pour le parc ; total, quarante-huit pièces de canon. La réserve aura un état-major en tout pareil à celui des autres camps. Le parc général de l’armée sera toujours avec la réserve. Il est donc nécessaire que tous les ordres convenables soient donnés, pour qu’au 1er nivôse on puisse avoir l’état de l’armée ainsi organisée, partagée en divisions, avec le nombre de domestiques et de chevaux que chacune doit embarquer, la force des corps, les noms des officiers d’état-major et des administrateurs attachés à chaque division, le lieu où ils se trouvent, le temps où l’on suppose qu’ils joindront, les lieux où se trouvent les 3e bataillons et les dépôts, et enfin les lieux où chaque corps se recrute. Le ministre de la guerre me présentera en même temps un autre état de situation du matériel, soit des vivres, soit des charrois, soit de l’artillerie, de ce qui a été demandé, du lieu où chaque objet se trouve, enfin de ce qui manque pour arriver au complet des demandes faites par le résumé de la flottille qui a été remis au ministre de la guerre il y a trois mois. BONAPARTE Dépôt de la guerre
491. Paris,
20 frimaire an XII (12 décembre 1803)
Je vous prie, Citoyen Ministre, d’expédier dans la nuit un courrier extraordinaire au général Fénerolz, commandant le camp de dragons de Redon, pour lui donner l’ordre de partir avec les régiments qu’il commande, six heures après la réception du courrier, et de se diriger sur Nantes. Là il fera prendre à chaque homme cinquante cartouches, des pierres à fusil, et formera trois colonnes, chacune composée d’un régiment de dragons fort de 260 hommes à cheval et de 140 hommes à pied. Le général Dumuy joindra à chacune de ces colonnes deux compagnies du 12e d’infanterie légère, fortes chacune de 70 hommes ; ce qui portera chacune des trois colonnes à plus de 550 hommes. La gendarmerie y joindra 10 ou 12 hommes de son arme. La première colonne s’arrêtera à Nantes, de là se rendra à Palluau, d’où, avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Paulet, qui se tient ordinairement aux Sables. Le général Paulet se mettra à la tête de cette colonne, y joindra les troupes qui sont sous ses ordres et des officiers des détachements de gendarmerie, et se mettra à la poursuite des brigands, en obéissant cependant aux ordres qu’il recevrait du général Gouvion. La seconde colonne se rendra à Montaigu. Elle sera commandée par le général Fénerolz. Avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Gouvion, et, si elle n’en reçoit pas au moment de son arrivée, elle prendra des renseignements des officiers de gendarmerie qui se trouvent à Montaigu et du sous-préfet de Montaigu, et se mettra à la poursuite des rassemblements armés. La troisième colonne se rendra à Machecoul. Elle sera commandée par un des généraux de brigade qui se trouvera à portée, ou par le général de brigade Valory, s’il est encore à Nantes. Si tout est tranquille dans cet arrondissement, cette troisième colonne continuera sa marche jusqu’à Challans, et préviendra de son mouvement le général Paulet, qui se trouvera aux Sables ou à Palluau ; elle prendra les ordres de ce général de brigade, mais sera toujours sous les ordres supérieurs du général Gouvion. Vous préviendrez le général commandant la division et l’ordonnateur de cette division de prendre toutes les mesures pour que les vivres ne manquent point aux troupes. Il leur sera accordé les vivres de campagne, et, en attendant, pour se procurer de la viande, une indemnité. Vous préviendrez le général de la division de donner l’instruction aux commandants de ces trois colonnes de se diviser par escadron, moitié à cheval et moitié à pied, afin de pouvoir faire vivre facilement les chevaux, et d’avoir soin de joindre à chaque détachement des officiers ou sous-officiers de gendarmerie connaissant bien le pays. Vous recommanderez la plus sévère discipline. Vous préviendrez le général Gouvion des mouvements. Les dragons ont l’avantage de servir à pied et à cheval. Ils sont tous armés de bons fusils. Comme il est inutile de s’embarrasser de caissons, il faut faire prendre à chaque dragon des cartouches de réserve à Nantes. Les 3e et 4e escadrons des 1er, 14e et 20e régiments de dragons resteront jusqu’à nouvel ordre dans leurs cantonnements actuels. Faites partir de Paris un des adjudants commandants attachés à vôtre ministère, pour faire les fonctions de chef d’état-major auprès du général Gouvion. Il emmènera avec lui quatre adjoints à l’état-major. Faites connaître au général Dumuy que, sa présence étant nécessaire à Nantes, l’état de situation de toutes les troupes de sa division doit être envoyé au général Gouvion, et que l’ordonnateur de la division doit se rendre près de ce général pour assurer le service. Prévenez le général Gouvion que j’espère que ce renfort de 1 500 hommes lui sera suffisant, et qu’il fera une bonne chasse à ces brigands ; qu’il doit tenir note des chefs surtout, pour ne faire grâce à aucun ; qu’enfin il y a sous ses ordres le général Dufresse, qui tiendra en respect le département des Deux-Sèvres, le général Girardon, commandant le département de Maine-et-Loire et environs, le général Paulet, le général Fénerolz, le chef de brigade Reynaud, et, si même il se trouve en avoir besoin, le général Lacoste, qui est sur la côte ; que les généraux Paulet et Lacoste ont un certain nombre de pièces attelées ; que d’ailleurs, si cela devient nécessaire, il peut faire appeler le directeur d’artillerie qui est à Nantes ; qu’il doit tâcher cependant, autant que possible, de ne pas dégarnir la côte et y laisser les batteries mobiles et les détachements que j’y ai établis pour protéger le passage de la flottille. Mettez à la disposition du général Gouvion, pour assurer le service, 50 000 francs en or ; 30 000 francs seront destinés à pourvoir à la gratification de la troupe, et 20 000 pour frais de transport, de courrier et d’espionnage. Sur cette somme il donnera 1 000 francs à chaque commandant de colonne d’éclaireurs. Mon opinion est qu’il ne faut laisser nulle part de garnison, mais faire de toutes les forces quatre corps sous les ordres d’un général de brigade, indépendamment des corps des généraux Girardon et Dufresse ; que chacun de ces corps doit être partagé en trois autres, chacun de 150 à 200 hommes, infanterie, cavalerie et gendarmerie comprises. Soutenus par l’espionnage et continuellement en mouvement, ces corps doivent parvenir à étouffer la révolte dès sa naissance. Je désire que le courrier porteur des ordres pour les mouvements des dragons, et l’instruction pour le général et l’ordonnateur de la division à Nantes, partent cette nuit. L’argent et l’instruction pour le général Gouvion pourront ne partir que demain à quatre heures après midi. Vous me ferez demander, avant leur départ, s’il n’y a point de nouveaux ordres. Je vous prie de demander par le retour du courrier la situation de la division du général Dumuy et le lieu où se trouve chaque corps. BONAPARTE Archives de l’Empire
492. Paris,
27 frimaire an XII (19 décembre 1803)
ARTICLE PREMIER. Il sera créé deux corps de vélites faisant partie de la Garde du Gouvernement. ART.
2.
Le premier corps de vélites sera à la suite du corps des grenadiers
à pied, et le second à la suite des chasseurs à pied. Il sera composé d’une partie de la conscription de chaque année. ART.
3.
Chaque préfet désignera quatre conscrits pris dans ceux de la réserve
ou qui s’offriraient volontairement, des années IX, X, XI et XII. La moitié des conscrits que fournira chaque département devra avoir la taille de cinq pieds six pouces, et l’autre moitié celle de cinq pieds deux pouces. ART. 4. Si, dans la conscription des années IX, X, XI et XII, il ne se présentait pas un nombre suffisant d’hommes ayant les qualités requises, les conscrits de l’an XIII et de l’an XIV pourront être admis, pourvu qu’ils aient la taille et dix-huit ans révolus. ART. 5. Les vélites devront être bien constitués et avoir par eux-mêmes ou par leurs parents une haute paye assurée de 200 francs par an. ART. 6. Chaque corps de vélites se divise en cinq compagnies, commandées chacune par un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un sergent-major, un caporal-fourrier et le nombre de sergents et de caporaux nécessaire. Les sous-officiers seront fournis, par détachement, par les corps de grenadiers et chasseurs. Il y aura seulement d’ajouté de plus à la Garde quatre sergents-majors, quatre caporaux-fourriers et un adjudant-major, par les grenadiers, et autant par les chasseurs. ART. 7. L’administration sera la même que celle des grenadiers et des chasseurs. Ils auront le même quartier-maître et le même conseil d’administration. Les parents verseront dans la caisse de la Garde, par trimestre, d’avance, le tiers de la haute paye des conscrits ; moyennant quoi ceux-ci seront traités comme la Garde et auront la même paye. ART. 8. Au bout de cinq ans, ils pourront entrer dans la Garde concurremment avec les autres corps de l’armée. ART. 9. Un de ces corps sera caserné à Fontainebleau, et l’autre à Saint-Germain. Archives de l’Empire
Paris,
30 frimaire an XII (22 décembre 1803)
Je vous prie, Citoyen Ministre, de me proposer un projet d’arrêté rédigé d’après ces bases : Il y aura dans chaque bataillon des régiments d’infanterie légère, une compagnie appelée compagnie à cheval, ou compagnie d’expédition, ou compagnie de partisans, ou tout autre nom analogue. Cette compagnie sera toujours la troisième du bataillon, en comptant la compagnie de grenadiers pour la première. Elle sera composée d’hommes bien constitués, vigoureux, mais de la plus petite taille. Aucun sous-officier ni soldat ne pourra avoir plus de 4 pieds 11 pouces ; les officiers ne pourront pas avoir au-delà de 5 pieds. Elle sera armée de fusils plus légers que ceux des dragons, et sera exercée au tir. Les officiers et sous-officiers seront armés de carabines rayées. Les hommes de ces compagnies seront exercés à suivre la cavalerie au trot, en se tenant tantôt à la botte du cavalier et tantôt à la queue du cheval, à monter lestement et d’un saut en croupe du cavalier, de manière à pouvoir être ainsi rapidement transportés par la cavalerie. Ces compagnies seront toujours complétées et entretenues sur le pied de guerre. Le nombre d’hommes d’ailleurs entrera dans le complet du régiment. Ces principes une fois adoptés, il restera à former ces compagnies. Tous les sous-officiers et soldat d’infanterie légère qui auraient moins de 4 pied 11 pouces y seraient admis, et il sera fait un appel de 6 000 hommes dans la conscription des années IX, X, XI et XII. Ces hommes seraient pris parmi ceux ayant été exemptés de la conscription par défaut de taille. Faites-moi un projet sur ces bases. BONAPARTE Archives de l’Empire
Paris,
30 frimaire an XII (22 décembre 1803)
Je désire, Citoyen Ministre, que vous considériez les cuirassiers, les dragons et les hussards comme formant trois armes différentes, et que vous ne me proposiez jamais des officiers de ces corps pour passer d’une arme dans une autre. BONAPARTE Dépôt de la guerre
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