| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale par
ordre du ministère de la guerre Tome troisième Paris - 1876 495. Paris,
20 nivôse an XII (11 janvier 1804)
Le ministre directeur de l’administration de la guerre fait connaître les causes du dénuement où le général Baraguey d’Hilliers a trouvé le 6e de dragons. Ce corps, sous peu de jours, sera entièrement habillé à neuf. Le ministre donnera l’ordre qu’un régiment qui ferait un grand voyage ne déplace désormais ses magasins que sur ordre du Gouvernement. Lorsque l’ordre de marche sera donné, les corps donneront l’état de ce qui est dans leurs magasins. BONAPARTE Archives de l’Empire
496. Paris,
16 pluviôse an XII (6 février 1804)
Le ministre de la guerre propose d’accorder une gratification d’un mois de solde aux sous-officiers et soldats qui ont montré le plus de dévouement actions de lors du naufrage de quelques bâtiments de la flottille sur les côtes de la Vendée. Il ne faut pas accoutumer les troupes à recevoir de l’argent pour des actions de courage ; il suffit de leur écrire des lettres de satisfaction. BONAPARTE Dépôt de la guerre
497. Paris,
16 ventôse an XII (7 mars 1804)
Le ministre de la guerre soumet au Premier Consul des renseignements transmis par le général Leval, commandant la 5e division militaire, et un rapport du commandant d’armes de Huningue sur un mouvement des Autrichiens dans le canton de Schaffhouse. Envoyer sur-le-champ un adjudant général pour se rendre à Fribourg, à Schaffhouse, et dans toutes les possessions autrichiennes en Souabe ; de là, parcourir le Tyrol, aller jusqu’à Salzburg et Passau. S’il voyait des mouvements extraordinaires de troupes, il en préviendrait par un courrier, et continuerait sa route. BONAPARTE Archives de l’Empire
498. Paris,
19 ventôse an XII (10 mars 1804)
Citoyen Général Ney, je reçois votre lettre du 18 ventôse. J’ai appris avec plaisir votre arrivée, et j’ai lu avec intérêt votre ordre du jour. Convenez avec le général Soult du point de séparation de la côte, entre Étaples et Boulogne, qui sera du ressort de chaque armée, afin que, s’il arrive des accidents et des bateaux échoués qui ne seraient point protégés par des batteries mobiles, on sache l’officier qui en est responsable. Établissez le service comme vous l’entendrez pour que, depuis Saint-Valery-sur-Somme, la côte soit surveillée par des piquets de cavalerie et l’artillerie légère. Exigez que les généraux de brigade ou les officiers que vous chargez de cette inspection soient continuellement à cheval, et que tout bâtiment qui échouerait sur la côte soit, à l’heure même, protégé et soustrait aux croisières ennemies. Faites-moi faire un profil du fond d’Étaples, de la baie, depuis le pont vis-à-vis la ferme Guilbert jusqu’à l’extrémité du banc aux Chiens, et faites-y coter les vives, moyennes et mortes eaux, à toutes les cent toises. Faites exercer à la nage, sur des péniches et même sur des bateaux canonniers, votre division. Votre division de trente-six bateaux canonniers sera bientôt complète. Vous avez dans la baie un bel espace. Faites-moi connaître combien un bateau canonnier et une péniche peuvent parcourir d’espace dans une demi-heure, à la rame, sans voile et au moment du flot. Je n’ai pas besoin de vous dire de faire manœuvrer beaucoup vos troupes. La dernière fois que je les ai vues, il m’a paru qu’elles en avaient besoin. J’avais fait des instructions pour former des carrés dans toute espèce de direction. J’avais ordonné une route d’Étaples à Boulogne par Neufchâtel ; faites-moi connaître si elle est finie, afin que l’armée puisse, par cette route, se porter rapidement sur Boulogne. Par le plan que vous m’avez envoyé, je vois que les sondes sont marquées dans le mouillage d’appareillage, pour le banc aux Chiens, à 3 et 4. Je ne puis croire que ce soient des pieds ; ce serait trop peu de chose ; si c’étaient des mètres, ce serait plus que je ne croyais. L’officier du génie a oublié de marquer si ces cotes sont en pieds ou en mètres. Il est difficile, jusqu’à ce que les ports d’Ambleteuse, Wimereux et Boulogne soient entièrement achevés, de déterminer la partie de votre corps d’armée qui s’embarquera à Étaples et celle qui s’embarquera à Boulogne. Je crois donc, dans cette incertitude, qu’il ne faudrait faire aucun changement de campement, parce que cela vous coûterait du bois et des transports ; et, lorsque les bateaux seront arrivés et que l’expédition approchera, nous pourrons, avec des tentes, les faire placer où nous voudrons. Le grand embarras est l’embarquement des chevaux, puisqu’il nous en faut près de 8 000. L’artillerie a fait des chariots extrêmement légers, qui équivalent aux chevaux que vous voulez attacher à vos bataillons ; cependant il est vrai de dire que des mulets portant quelques caisses de cartouches ont souvent de grands avantages. Vous avez parfaitement senti cela en voulant employer des hussards et des chasseurs ; et, dans ce cas, je préférerais des paniers, de simples sacs goudronnés, dans lesquels on jetterait des cartouches. Vous devez avoir de mauvais fusils. On a toujours tardé dans l’idée que la mauvaise saison et le temps ne peuvent que les dégrader ; mais, quinze jours avant l’embarquement, nous ferons distribuer des fusils à tout le monde. J’ai ordonné la rentrée du 27e de ligne à votre camp. Du moment que les travaux de Boulogne seront plus avancés, et qu’une seconde division de bateaux sera arrivée à Étaples, je ferai rentrer vos détachements. La police a saisi hier Georges. Ce brigand était dans un cabriolet. Il a tué un inspecteur de police et a grièvement blessé l’autre. Le peuple s’est porté en foule et l’a arrêté lorsqu’il s’échappait. Dans tout ce que vous avez à faire relativement à la flottille, ménagez l’amour-propre de la marine ; vous voyez dans ce moment combien nous avons besoin d’eux. Archives de l’Empire BONAPARTE
499. La
Malmaison, 21 ventôse an XII (12 mars 1804)
Citoyen Général Marmont, j’ai reçu avec plaisir votre lettre du 16, par laquelle vous m’annoncez, que, dans le courant de germinal, vous pourrez être prêt. Envoyez-moi l’état de situation de votre armée et celui au juste de chaque corps ; envoyez-le-moi sous le format d’un petit livret in-12. Faites-moi connaître le nombre de conscrits que-vous avez déjà reçus et la situation de vos hôpitaux. Trois chaloupes canonnières de Liège doivent avoir descendu la Meuse ; faites reconnaître où elles sont. Ayez l’œil sur tout ce qui se fait en Hollande. Si vous trouvez des espions, faites-les traduire devant une commission militaire, et faites-les fusiller ; vous devez en avoir, ces misérables Anglais nous en inondent, Familiarisez-vous avec les détails des grandes manœuvres d’infanterie. La saison va bientôt commencer de faire exercer vos troupes ; et vous en sentez toute l’importance, surtout dans la guerre, où les premiers moments seront les plus chauds et décisifs. Il faut donner le ton aux officiers pour que tous s’en occupent. Nous avons arrêté quelques brigands subalternes depuis l’arrestation de Georges. Nous avons encore trois chefs, Villeneuve, Saint-Vincent, Burban dit Barco. Paris est toujours cerné jusqu’à ce que ces misérables soient arrêtés. Je vous prie de recueillir et d’aller aux enquêtes, dans le pays où vous êtes, pour savoir ce qu’on dit de Dumouriez ; on dit qu’il est sur le continent. Voyez beaucoup le soldat, et voyez-le en détail. La première fois que vous arriverez au camp, bordez la haie par bataillon, et voyez huit heures de suite les soldats un à un ; recevez leurs plaintes, inspectez leurs armes, et assurez-vous qu’il ne leur manque rien. Il y a beaucoup d’avantages à faire ces revues de sept à huit heures ; cela accoutume le soldat à rester sous les armes, lui prouve que le chef ne se livre point à la dissipation et s’occupe entièrement de lui ; ce qui est pour le soldat un grand motif de confiance. Laissez-les donc dans la croyance qu’avant l’embarquement je me rendrai au camp, et que je viendrai les voir manœuvrer et leur donner des drapeaux. BONAPARTE Comm. par M. Charavay (En minute aux Arch. de l’Emp.)
500. Paris,
22 ventôse an XII (13 mars 1804)
Titre 1er - Organisation des compagnies de voltigeursARTICLE
PREMIER. Il y aura, dans chaque bataillon des régiments d’infanterie légère,
une compagnie qui portera la dénomination de Compagnie
de voltigeurs. ART. 2. Cette compagnie sera composée d’hommes bien constitués, vigoureux et lestes, mais de la plus petite taille. Les sous-officiers et soldats qui y seront admis ne pourront avoir plus de 1 mètre 598 millimètres (4 pieds 11 pouces), les officiers plus de 1 mètre 625 millimètres (5 pieds). ART. 3. Cette compagnie sera constamment entretenue au pied de guerre et composée ainsi qu’il suit : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 104 voltigeurs, 2 instruments militaires ; total, 123. Au lieu
de tambours, cette compagnie aura pour instruments militaires des petits
cors de chasse appelés cornets. ART. 4. Les officiers de ces compagnies seront pris sur la totalité du régiment, dans leur grade respectif, sur la présentation de trois sujets faite au ministre de la guerre par le colonel. Ces officiers seront remplacés dans leurs compagnies primitives. Ainsi le nombre des officiers sera augmenté, par bataillon, d’un capitaine, d’un lieutenant et d’un sous-lieutenant. ART. 5. Le nombre des sous-officiers de chaque bataillon sera augmenté de même d’un sergent-major, de quatre sergents, d’un fourrier et de huit caporaux ; mais la force du bataillon, aux trois officiers près, restera telle qu’elle est fixée par l’arrêté d’organisation pour l’an XII. À cet effet, la force de chaque compagnie d’infanterie légère, celle des carabiniers exceptée, sera diminuée de quinze hommes. TITRE II - Armement, habillement et instruction des voltigeursART. 6. Les voltigeurs seront armés d’un sabre d’infanterie et d’un fusil très-léger, modèle de dragon. Les officiers et sous-officiers auront, au lieu de fusil, une carabine rayée.. ART. 7. Les voltigeurs seront vêtus comme l’infanterie légère ; ils porteront les marques distinctives de leurs corps respectifs ; un collet de drap chamois. ART. 8. Les voltigeurs étant spécialement destinés à être transportés rapidement par les troupes à cheval dans les lieux où leur présence sera nécessaire, ils seront exercés à monter lestement et d’un saut en croupe d’un homme à cheval, et à en descendre avec légèreté ; à se former rapidement, et suivre à pied un cavalier marchant au trot. Les voltigeurs seront aussi particulièrement exercés à tirer avec promptitude et beaucoup de justesse. Titre III - Première formation des compagnies de voltigeursART. 9. Les officiers et sous-officiers des compagnies de voltigeurs seront nommés de suite ; les officiers, ainsi qu’il a été dit article 4. Le Premier Consul nommera leurs remplaçants, et les prendra soit dans le corps, soit au dehors. Les sous-officiers seront nommés par le colonel sur la présentation, qui lui sera faite par le capitaine des voltigeurs, de trois sujets pour chaque place, mais toujours avec les conditions relatives à la taille. ART. 10. Il sera choisi, par chaque capitaine de voltigeurs, quarante-huit soldats sur la totalité du bataillon, à raison de six par compagnie ; ils ne pourront être pris que parmi les douze hommes les plus petits de chaque compagnie ; ils formeront le noyau et la tête des compagnies. ART. 11. Les compagnies de voltigeurs seront complétées de suite avec des conscrits des années XI et XII, pris parmi ceux qui ont été exemptés de marcher par défaut de faille, mais dont la constitution sera forte et robuste. Le contingent de chaque département sera déterminé d’après les bases fixées par l’arrêté du 29 fructidor an XI. ART. 12. En l’an XIII et suivants, il sera désigné à chaque département un contingent particulier pour les compagnies de voltigeurs. Ce contingent sera pris parmi les individus de la classe qui auront moins de 1 mètre 598 millimètres. Ceux qui seront désignés seront remboursés des sommes qu’ils ont été tenus de payer en exécution de l’arrêté du 29 fructidor an XI. Titre IV - Solde des compagnies de voltigeursART. 13. La solde des compagnies de voltigeurs sera la même que celle des compagnies de carabiniers. ART. 14. Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté. BONAPARTE Archives de l’Empire
501. Saint-Cloud,
1er floréal au XII (21 avril 1804)
Il y a en Hanovre, Citoyen Ministre, six compagnies du 8e régiment d’artillerie à pied qui ensemble n’ont sous les armes que 350 hommes. Il serait convenable de faire partir des dépôts assez de monde pour compléter ces compagnies au moins à 80 hommes. On enverra à cet effet, des régiments, des conscrits de l’année, dès qu’ils seront habillés. Je vois avec peine que le 45e régiment de ligne n’est encore que de 1 500 hommes. Le département de la Lys a dû cependant lui fournir, cette année, 700 hommes. Faites-vous rendre compte, par le capitaine de recrutement de ce régiment dans la Lys, du nombre positif d’hommes qui sont partis au 1er floréal, et demandez au commandant de ce corps à Osnabrück un état exact de la situation de ce régiment, de sa tenue et de l’état de son habillement ; il faut nécessairement qu’il soit mis au niveau des autres. Le 28e régiment de ligne doit aussi fixer votre attention. Ce régiment est extrêmement faible. Il devait recevoir 740 conscrits du Calvados et n’en a encore que très-peu reçu, quoique cependant l’état des conscrits partis des départements porte qu’il en est parti du Calvados plus de 700. Le 58e mérite également toute votre attention. Écrivez aux trois préfets des départements où ces trois régiments se recrutent, et aux trois chefs qui les commandent, qu’ils sont les plus faibles de l’armée. BONAPARTE Archive de l’Empire
502. Saint-Cloud,
1er floréal au XII (21 avril 1804)
Il me paraît tout à fait convenable qu’une cérémonie imposante soit faite pour mettre la première pierre de l’arsenal d’Anvers ; mais il me paraît aussi assez convenable de ne point démolir de bâtiment sous le prétexte de la régularité. Il suffit de ne rien bâtir contre le plan général de régularité ; insensiblement le reste s’établit. Lorsqu’on a à démolir, on démolit ce qui n’est pas régulier. Mais je dois vous répéter ce que je vous ai dit dernièrement, je ne puis être satisfait des travaux d’Anvers, puisqu’il n’y a qu’un vaisseau sur le chantier et 500 ouvriers. Je désirerais qu’avant le 1er messidor il y eût au moins 3 vaisseaux de 74 sur le chantier, et qu’avant le 1er vendémiaire an XIII il y en eût 6, et qu’avant le 1er nivôse an XIII il y en eût 9 ; et tout cela ne peut se faire avec la petite quantité d’ouvriers que vous y avez. Il y a beaucoup d’ouvriers en Provence qui ne sont pas occupés ; il va beaucoup y en avoir du côté de Bayonne et de Bordeaux ; ainsi donc réunissez 3 000 ouvriers à Anvers. Marchandises du Nord, bois, fer, tout arrive là facilement. La guerre n’est pas un obstacle pour construire à Anvers. Si nous étions trois ans en guerre, il faudrait là construire 25 vaisseaux. Partout ailleurs cela est impossible. Il nous faut une marine, et nous ne pourrons être censés en avoir une que lorsque nous aurons 100 vaisseaux. Il faut les avoir en cinq ans. Si, comme je le pense, on peut construire des vaisseaux au Havre, il faut en mettre 2 en construction. Il faut aussi s’occuper d’en mettre 2 nouveaux à Rochefort et 2 autres à Toulon. Je crois que les nouveaux qu’on mettra en construction à Rochefort et à Toulon, il faut les faire tous les 4 à trois ponts. Je désirerais aussi avoir mes idées fixées sur le port de Dunkerque. Je désire que vous me fassiez une petite note, pour savoir combien la mer monte à la laisse de basse mer. La flottille va bientôt être construite partout. Il faut donc qu’à Nantes, Bordeaux, Honfleur, Dieppe, Saint-Malo, etc., on donne de l’occupation à cette grande quantité d’ouvriers. Il faut donc mettre en construction des frégates, des bagares, des bricks. Il faut, sous le point de vue d’esprit public, que les ouvriers de côtes ne meurent point de faim, et que les départements qui bordent la mer, qui ont été les moins attachés à la révolution, s’aperçoivent aussi que le temps viendra où la mer sera aussi notre domaine. Saint-Domingue nous coûtait deux millions par mois ; les Anglais l’ont prise ; il faut mettre ces deux millions par mois rien que pour des constructions. Mon intention est d’y mettre la même activité que pour la flottille, hormis que, n’étant point pressé, on y mettra plus d’ordre. Je ne suis point pressé sur l’époque, mais je demande que l’on commence beaucoup. Je vous prie de me présenter la semaine prochaine un rapport qui me fasse connaître la situation actuelle de notre marine, de nos constructions, ce qu’il faudrait construire, dans quels ports, et ce que cela coûterait par mois, en partant du principe que j’aime mieux que vous mettiez dix-huit mois à faire un vaisseau et que vous en fassiez le tiers de plus. Quant aux vaisseaux, je voudrais les construire sur le même plan, les frégates sur le modèle de l’Hortense ou de la Cornélie, qui paraissent très bonnes ; pour les vaisseaux, prendre les meilleurs vaisseaux, et partout faire des vaisseaux de 80 et à trois ponts, hormis à Anvers, où il me paraît plus prudent de commencer d’abord par des vaisseaux de 74. BONAPARTE Archives de l’Empire
503. Saint-Cloud,
8 floréal au XII (28 avril 1804)
Ce qui me porte, Citoyen Ministre, à beaucoup me méfier de l’exactitude de l’état de situation du 15 germinal, indépendamment de l’observation que je vous ai faite sur le 9e régiment de ligne, qui, certainement, n’est pas de 2,900 hommes, c’est que je vois à Paris le 4e d’infanterie légère porté à 1,608 hommes présents et 254 aux hôpitaux ; le bataillon d’élite est porté comme déduit, ce qui ferait 2,400 hommes : il y a erreur. Vous sentez cependant combien il est important que les états qui me sont remis ne contiennent pas d’erreurs de cette espèce. Il faut faire en sorte de ne me donner que des résultats sûrs. On doit s’être aperçu que je lis ces états de situation avec autant de goût qu’un livre de littérature. Faites-moi remettre un état où la situation de chaque corps soit vérifiée. BONAPARTE Dépôt de la guerre
Saint-Cloud,
8 floréal an XII (28 avril 1804)
Je signe aujourd’hui un arrêté relatif aux constructions. Je n’admettrai aucune espèce d’excuse. Faites-vous rendre compte deux fois par semaine des ordres que vous donnez, et veillez à leur exécution : s’il faut des mesures extraordinaires, faites-le moi connaître. Je n’admettrai aucune raison valable, car avec une bonne administration je ferais trente vaisseaux de ligne en France en un an, si cela était nécessaire. Dans un pays comme la France, on doit faire tout ce que l’on veut. Il ne vous échappera pas que mon projet est de commencer beaucoup de constructions, hormis à Brest, où je ne veux plus rien construire. Mon intention est d’avoir à l’eau, avant vendémiaire an XIV, vingt-six vaisseaux de guerre : bien entendu que ladite mise à l’eau dépendra surtout du cas où d’ici à ce temps-là nous aurions la paix. Mais désormais tous les vaisseaux de 74 doivent être faits à Anvers. C’est à Anvers que doit être notre grand chantier. C’est là seulement que devient possible en peu d’années la restauration de la marine française. Avant l’an XV nous devons avoir cent vaisseaux de guerre. BONAPARTE Archives de l’Empire
Aix-la-Chapelle,
23 fructidor an XII (10 septembre 1804)
Mon Cousin, les casernes des villes de Marseille, Bordeaux, Lyon, Nantes, la Rochelle, Bruxelles, Anvers, Bruges, Turin, Verceil, etc., et en général de toutes celles qui ne sont pas de véritables places de guerre, doivent, à commencer de l’an XIII, être mises à la disposition de ces villes, entretenues et réparées par elles. Tel était l’ancien usage ; c’est d’ailleurs le seul moyen de pourvoir à cette dépense. Faites donc dresser un relevé des casernes, magasins, etc., existant dans les villes de l’empire autres que les véritables places de guerre. Ajoutez à ce relevé toutes les notions que vous aurez recueillies sur le montant de la dépense d’entretien de ces casernes et bâtiments. Joignez-y un projet de décret par lequel il sera statué qu’à dater du 1er vendémiaire prochain ces villes doivent tenir en état non-seulement les casernes, mais encore les lits, fournir les draps, etc. Par ce moyen, les frais de casernement et les lits militaires seront diminués de moitié. On ne peut, en général, se dissimuler que ces villes ne soient très-riches aujourd’hui, et il vaudra mieux les charger de ces réparations, qui les intéressent, puisqu’elles désirent avoir des garnisons sans loger les troupes chez les habitants, que de prendre sur leurs revenus pour pourvoir à cette dépense. Le logement de la gendarmerie coûte un million de loyer. Il convient de se débarrasser aussi de cette dépense, et de faire loger aussi loger la gendarmerie au compte des communes et des départements. Il est nécessaire pour cela d’avoir un état, dressé par départements, de ce que coûtent les loyers de la gendarmerie pour les maisons qui appartiennent à des particuliers, et les réparations des maisons nationales affectées à ce service. Je désire avoir ces états avant huit ou dix jours.
506. Aix-la-Chapelle,
23 fructidor an XII (10 septembre 1804)
Mon Cousin, l’aide de camp colonel Gérard m’a remis la médaille que vous avez fait frapper avec le produit des mines de Hanovre. J’agrée avec plaisir les sentiments que vous m’exprimez. Profitez de l’automne pour améliorer l’instruction, surtout celle des états-majors. Faites commander les bataillons par les aides de camp et adjoints pour qu’ils se forment. NAPOLÉON Comm. Par le Gouvernement de S. M. le roi de Suède.
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