| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale par
ordre du ministère de la guerre Tome troisième Paris - 1876 Mayence,
5 vendémiaire an XIII (27 septembre 1804)
Lorsque j’ai présenté, Monsieur, à la signature de l’Empereur le projet de décret sur l’organisation générale de l’armée compris dans votre dernier travail, Sa Majesté m’a chargé de vous faire connaître les motifs qui l’ont déterminée à ne pas statuer sur cet objet dans la forme que vous proposez. L’Empereur a considéré l’usage de fixer tous les ans l’organisation générale de l’armée comme tenant à des idées qui ne peuvent plus exister et qui ne sauraient renaître et s’appliquer à un système fixe et régulier. L’armée est permanente. Lorsque des circonstances ou l’expérience exigent des modifications partielles, vous ne manquez pas, Monsieur, d’en faire le rapport à Sa Majesté, qui, après y avoir mûrement réfléchi, statue par des règlements particuliers. En adoptant la forme d’une organisation annuelle, il pourrait échapper à Sa Majesté, au milieu des détails dont elle serait composée, quelques objets qui n’entreraient pas parfaitement dans ses vues. Il arriverait aussi, Monsieur, que, peu de temps après avoir arrêté cette organisation, elle pourrait être altérée par des modifications dans une ou plusieurs de ses parties, à moins qu’on ne voulût se soumettre à différer jusqu’à l’année suivante des changements que les circonstances pourraient rendre indispensables. Le projet que vous avez présenté suppose l’existence de seize maréchaux de l’empire, et il n’y en a que quatorze. Si l’on en portait quatorze dans l’organisation, elle pourrait devenir également inexacte, si le nombre de seize était complété. Sous beaucoup d’autres rapports plus importants, Sa Majesté juge qu’une organisation générale est sans objet ; elle la croit même contraire au but qu’on se propose. Mais autant il y aurait d’inconvénients à la consacrer solennellement par un décret, autant l’Empereur verrait-il d’avantages à ce que le ministre établit, dans une sorte de règlement ou de récapitulation, l’organisation existante conformément aux décrets rendus pendant le cours de l’année. Rien n’empêcherait d’adopter ensuite et successivement les changements dont l’expérience vous aurait fait reconnaître la nécessité, et que vous proposeriez à Sa Majesté par des rapports particuliers. Telles sont, Monsieur, les observations qui se sont présentées à l’esprit de l’Empereur en lisant le projet d’organisation de l’armée pour l’an XIII, et qu’il m’a chargé de vous communiquer. Par ordre de l’Empereur. Archives de l’Empire
Mayence,
7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804)
Je désire que le fort Hauptstein de Mayence porte le nom de fort Meunier. En général, faites-vous faire par le génie un rapport sur tous les forts qui auraient des noms étrangers ou difficiles à retenir, pour y substituer des noms français. Mayence est une bonne place ; elle est peut-être une des plus importantes sous le point de vue de l’offensive comme de la défensive. On doit la tenir constamment en bon état. Les deux côtés les plus faibles sont les marais de Monbach et du fort Charles : en construisant vis-à-vis de l’embouchure du Mein et devant le fort Charles, un fort servant de réduit à l’espèce de camp retranché qui y existe, on renforcerait le fort et on obligerait de ce côté comme de tous les autres l’ennemi à prendre deux forts avant d’arriver à la place. Le côté de Monbach est, dans l’état actuel, le plus faible : convertir la redoute 103 en un bon fort, construire un fort permanent dans les îles Saint-Pierre et Saint-Jean, me paraissent les opérations les plus importantes et auxquelles je désire qu’on travaille sans délai. Avec le secours de ces forts, les marais de Monbach contribueraient réellement à la défense de la place. Mais il ne faut pas faire de forts casematés et se jeter dans des dépenses folles ; aucun trésor ne saurait suffire à ce système de fortifications. Un petit tracé revêtu avec une contrescarpe mettra les îles Saint-Pierre et Saint-Jean à l’abri de toute attaque. L’ennemi ne s’amusera jamais à ouvrir la tranchée dans un terrain aussi étroit. Le fort Hauptstein ou Meunier doit toujours être tenu en bon état ; il s’en faut de beaucoup qu’il le soit. Ses galeries de mines sont écroulées ; il faut les faire rétablir. Il y a à Mayence un grand nombre de maisons et d’églises démolies ; on en mettra les matériaux à la disposition du génie. Les travaux des trois forts, le rétablissement du fort Hauptstein, le nettoiement des fossés de la place, voilà ce qui me paraît ne devoir souffrir aucun retardement. La place de Mayence doit être approvisionnée d’une quantité immense de bois. Mis dans l’eau, ils durent cent ans. Il faut s’y prendre pour cela en temps de paix. Le Rhin est praticable. Faites faire l’état des palissades et blindages nécessaires à la place de Mayence, on les fera couper dans les forêts de Porentruy, et on les fera descendre sur le Rhin jusqu’à Mayence ; car il ne faut pas attendre au dernier moment pour ce genre d’approvisionnement. Le revêtement des fronts de Monbach est une bonne opération ; mais ils sont tellement dominés par les coteaux et le fort Hauptstein, que je ne considère cette opération que comme secondaire. Les fossés doivent être entretenus pleins d’eau, soit par les eaux du Zahlbach, soit en y faisant couler les eaux qui vont aux égouts de la ville. Mayence est très-malsain ; les marais de Monbach, les fossés de la place et les égouts en sont cause. Quant aux marais de Monbach, donnez ordre qu’ils soient desséchés en en faisant écouler l’eau, opération à faire sur-le-champ, pour que l’hiver passe dessus et ne fasse pas de tort à la ville. Faites acheter tout le terrain de Monbach, et chargez le génie de veiller à ce qu’il n’y soit fait aucune espèce de travaux. Vous accorderez un fonds extraordinaire et 50 à 60 000 fr. tout de suite pour nettoyer les fossés de la place avant le 15 vendémiaire. Avant le 1er frimaire, faites faire le revêtement de la redoute 104 et du fort 103. Vous ferez acheter par le génie le terrain qui va de l’extrémité de l’inondation de Monbach à la rivière, entre les redoutes 103 et 105, de manière que ce terrain et la redoute 103 soient de tous côtés environnés d’eau. NAPOLÉON Archives de l’Empire
509. Mayence,
10 vendémiaire an XIII (2 octobre 1804).
Je vous envoie l’état des bois manquant à Mayence. Vous vous entendrez avec l’administration des forêts pour faire couper les bois qui sont nécessaires. Quelques sapeurs et gardes généraux pourront suffire et faire cette opération avec économie. J’attache une grande importance à ce que cette quantité considérable de bois se trouve rassemblée incessamment à Mayence. Je vois qu’on ne porte dans l’état que 6 000 pelles et 4 000 pioches : il faut le double. Ne perdez pas de vue que Mayence mérite plus de soins qu’aucune autre place. Le jour qu’il y aurait de la froideur entre l’Autriche et la France, assez marquée pour laisser entrevoir une rupture, 8 000 hommes se rendraient à Cassel, au fort sur le Mein, pour en rassembler les fortifications. Il faut donc avoir les matériaux et outils nécessaires ; il faut avoir aussi 2 000 brouettes. La même observation a lieu pour Strasbourg : 8 000 hommes se rendraient à Kehl pour y rétablir cette tête de pont. Faites rédiger l’un et l’autre de ces plans au comité des fortifications, afin de n’avoir plus rien à discuter quand il sera temps, et de suivre le meilleur tracé possible. Ne pensez pas de cette lettre que le cas arrive ; mais au moment d’une déclaration de guerre il y a tant de choses à faire, qu’il est de la sagesse de s’y prendre à l’avance quelques années. Faites mettre à Mayence 4 000 fusils ; la salle d’armes est superbe. NAPOLÉON Archives de l’Empire
510. Trèves,
15 vendémiaire an XIII (7 octobre 1804)
Mon Cousin, je reçois un projet de décret sur les avocats. Il n’y a rien qui donne au grand juge les moyens de les contenir. J’aime mieux ne rien faire que de m’ôter les moyens de prendre des mesures contre ce tas de bavards, artisans de révolutions, et qui ne sont inspirés presque tous que par le crime et par la corruption. Tant que j’aurai l’épée au côté, je ne signerai jamais un décret aussi absurde. Je veux qu’on puisse couper la langue à un avocat qui s’en servirait contre le gouvernement. On a beaucoup discuté, l’année passée, au Conseil d’État sur le droit de chasse, et on a fini par ne rien faire. Un individu, étranger au Conseil d’État, proposa un projet à l’instar du règlement anglais sur les chasses, et qui aurait rendu plusieurs millions. Faites rechercher ce projet, il a été imprimé. NAPOLÉON Comm. par M. le duc de Cambacérès. (En minute aux Arch. de l’Emp.)
511. Saint-Cloud,
25 vendémiaire an XIII (17 octobre 1804)
Le ministre de la guerre propose d’accepter la démission du capitaine Lebrun, aide de camp du maréchal Davout. Le ministre de la guerre tancera cet officier. Il lui fera connaître que ce n’est pas en temps de guerre que l’on donne sa démission ; qu’il reprenne ses fonctions ; et le faire ressouvenir que, lorsqu’on est en présence de l’ennemi, il est contre l’honneur de donner sa démission. NAPOLÉON Archives de l’Empire
512. Saint-Cloud,
30 vendémiaire an XIII (22 octobre 1804).
II y aura auprès de l’Empereur deux conseillers d’État, secrétaires du cabinet. L’un sera chargé du cabinet topographique de Sa Majesté et d’écrire lui-même, soit sous la dictée de l’Empereur, soit sur ses propres minutes, tout ce qui aura rapport à l’administration des affaires de la guerre ou de la marine, aux plans de campagne et à tous autres objets relatifs à ces départements que Sa Majesté voudra lui confier. L’autre sera chargé de tenir la statistique des différentes puissances de l’Europe, et d’écrire lui-même, soit sous la dictée de l’Empereur, soit sur ses propres minutes, tout ce qui aura rapport à l’administration des affaires de l’intérieur et des finances, aux plans de politique et à tous autres objets relatifs à ces départements que Sa Majesté voudra lui confier. Ils ne pourront l’un et l’autre avoir aucun commis. S’ils ont un secrétaire particulier, ce secrétaire, sous quelque prétexte que ce soit, ne pourra prendre aucune connaissance du travail ci-dessus spécifié, ni y être employé en aucune manière. Ils seront de service par semaine pour l’analyse et le travail des pétitions adressées à l’Empereur. Ils feront également ce travail sans le secours d’aucun commis. Les cartes et plans qui seront nécessaires au cabinet seront dressés soit dans les bureaux de la marine, soit dans les bureaux de la guerre, soit dans ceux des ponts et chaussées, afin qu’il n’y ait dans le palais de l’Empereur aucun dessinateur où aucun autre employé pour cet objet. NAPOLÉON Archives de l’Empire
513. Saint-Cloud,
4 brumaire an XIII (26 octobre 1804)
Mon Cousin, j’ai lu avec attention le rapport que vous m’avez remis sur le dépôt de la guerre. Ce rapport ne peut être imprimé. Il est inutile de publier que vous faites faire la carte de la Morée, celle de la Bavière, etc. Je crois que les ingénieurs géographes travaillent, mais je ne suis pas certain qu’ils travaillent sur de bonnes bases. On leur fait faire des cadastres, et non des cartes militaires ; d’où il suit que dans vingt années on n’aura rien. J’ai eu occasion de m’en assurer dans les départements du Rhin ; on m’a présenté de grandes cartes très-inutiles. On a employé quatre années, et je ne sais quel nombre d’ingénieurs et quelle somme d’argent, à ne faire qu’une partie du département de la Roër, et l’on n’a rien des départements de Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre, qui sont véritablement importants. Mettre vingt années à terminer des cartes et des plans, c’est trop travailler pour la postérité. Si l’on s’en était tenu à faire des cartes sur l’échelle de Cassini, on aurait déjà toute la frontière du Rhin. Combien de circonstances peuvent se présenter d’ici à vingt ans où nous les regretterons ! Que d’événements peuvent arriver, même pour cet amas de papier, avant qu’on ait tiré quelque avantage de tout ce travail ! Je ne sais pas pourquoi la guerre veut faire des cadastres. Les ingénieurs avaient commencé en Corse un cadastre, qui dans le pays était regardé comme très-mal fait ; il n’y avait de bien et de très-utile que la grande carte qui s’est perdue et qui ne devait pas coûter plus de cent mille écus, tandis que le cadastre coûtait plusieurs millions. Je vois dans votre rapport qu’on a levé sur l’échelle de 1/2000e les biens sénatoriaux enclavés dans le département de la Roër. Qui a donné cet ordre ? On perd ainsi à des futilités un temps qu’on pourrait employer à des choses vraiment intéressantes. Le fait est que je n’ai eu, dans mon voyage du Rhin, aucune carte ou je pusse prendre quelque connaissance du pays. Nous avons à faire lever le Mont-Blanc, le Piémont, la République italienne, la République ligurienne et les États du pape. Il ne manque donc pas de travail pour les ingénieurs géographes. Mais si l’on suit pour le Mont-Blanc, où je vois que depuis l’an X les triangles ne sont pas encore faits, et pour le Piémont, la marche qu’on a suivie pour les départements du Rhin, rien ne sera fini de nos jours. Les ingénieurs sont trop maîtres de faire ce qu’ils veulent. Je n’avais pas demandé autre chose que de compléter la carte de Cassini. Assurez-vous que les opérations ne sont pas dirigées pour de trop vastes projets. L’expérience prouve que le plus grand défaut, en administration générale, est de vouloir faire trop ; cela conduit à ne point avoir ce dont on a besoin. Faites-moi donc un rapport positif sur le temps où les départements réunis seront placés sur la carte de Cassini. Donnez des ordres et prenez des mesures pour que ce travail soit terminé le plus tôt possible. Quant au cadastre, s’il était nécessaire, ce ne serait point à la guerre à le faire ; et, au lieu de s’occuper d’abord des départements de la frontière, il serait beaucoup plus naturel de commencer par les départements qui avoisinent Paris. Depuis cinq ans je ne vois encore aucun résultat de la carte d’Italie. À quelle époque me présentera-t-on enfin quelques feuilles achevées ? Votre rapport présente un résultat pour la carte de la Souabe. S’il y a quelques parties terminées, je désire que vous me les fassiez apporter. Ordonnez surtout de bien marquer la nature des différents chemins, afin de distinguer ceux qui sont praticables ou impraticables pour l’artillerie. Si tous les débouchés des montagnes Noires sont exactement placés, cette carte sera une des plus essentielles que nous puissions avoir. NAPOLÉON Archives de l’Empire
514. Saint-Cloud,
20 brumaire an XIII (11 novembre 1804)
Tous les articles ci-après doivent être ajournés à l’année prochaine : Douai, Béthune, Valenciennes, Nord-Libre, le Quesnoy, Bouchain, Cambrai, Givet et Charlemont, Philippeville, Maubeuge, Landrecies, Avesnes, Rocroy, Verdun, Phalsbourg, Grenoble, fort Barraux, Mont-Lyon, Genève, Entrevaux et côtes, Colmar, Montpellier, Perpignan, Bellegarde, Mont-Louis, Prats-de-Mollo, fort des Bains, Villefranche, Bayonne et côtes, Navarreins, château de Lourdes, Montreuil et côtes, Amiens (citadelle), Doullens (citadelle), Saint-Omer et canal défensif, Aire et canal défensif, Ardres, Bergues, fort Lillo, Sas-de-Gand, Gand (citadelle), l’Écluse et côtes, Ypres, Stevensweert, Turin (citadelle). On
ajoutera les sommes ci-après aux articles suivants : Luxembourg 60 000 francs. Strasbourg
15 000 francs Fort-Vauban 10 000 francs Landau
20 000 francs Lauterbourg
6 000 francs Besançon
25 000 francs Fenestrelle
35 000 francs Il ne peut y avoir aux ajournements indiqués qu’une seule objection, celle des ponts. Mais les ponts-levis, dont la dépense serait urgente cette année, peuvent être réparés par les villes, et, à cet effet, étançonnés. Il est bien suffisant, pour la sûreté de la plupart des villes, que les portes soient suffisamment fermées. L’ennemi pouvant se présenter trois ou quatre mois après une déclaration de guerre devant les places de Luxembourg, Venloo, Maëstricht, Juliers, Mayence, Landau, Strasbourg, Fort-Vauban, Neuf-Brisach, Briançon et Fenestrelle, il est nécessaire qu’il n’y ait jamais rien à faire à ces places. Mayence et Strasbourg doivent être plus amplement approvisionnés de bois, parce que c’est avec des bois que l’on défend les places ; qu’à l’époque d’une déclaration de guerre les transports sur le Rhin sont impossibles, et que tous les autres moyens sont alors employés au transport des vivres. Cette observation est d’autant plus forte à l’égard de ces deux places, qu’au moment d’une déclaration de guerre il faut s’occuper aussitôt de relever les têtes de pont de Cassel et de Kehl. Un approvisionnement non moins nécessaire est celui de trente mille outils pour le travail de ces têtes de pont. Quant aux places neuves, il convient d’ajourner à une autre année Ostende et Anvers, et d’ajouter à l’état Venloo pour une somme de 100 000 francs. Il ne paraît pas nécessaire de dépenser 960 000 fr. à Boulogne, les forts de la Crèche et de l’Heurt étant faits et ne devant point avoir de casemates ; une partie de cette somme n’est pas destinée à acquitter les dettes de l’exercice écoulé ; il faut réduire cette dépense à 500 000 francs. Le montant de ces réductions, qui s’élèverait à 620 000 francs, serait ajouté à l’article d’Alexandrie. Quant aux casernes, il est nécessaire de présenter dans un état le nom de toutes les casernes, le nombre des hommes et chevaux qu’elles peuvent contenir, les besoins de chaque place pour logement d’hommes et de chevaux. Une colonne fera connaître à quoi s’élèvent les demandes pour dépenses à faire. Cet état comprendra et distinguera en même temps les casernes que le département de la guerre tient à loyer. NAPOLÉON Archives de l’Empire
Paris,
24 brumaire an XIII (15 novembre 1804)
On est obligé d’entretenir seize bataillons du train sur le pied de guerre, et au moins huit sur le pied de paix, ce qui est une dépense très-considérable, puisque ces bataillons forment plus de 12 000 hommes. On entretient en ce moment 14 000 chevaux d’artillerie, ce qui est une dépense encore plus considérable. D’un autre côté, les transports d’artillerie ont, en l’an XII, coûté trois millions. Le ministre de la guerre est invité à se faire faire un rapport sur la question de savoir s’il serait possible d’économiser ces trois millions, en employant les bataillons du train et les chevaux d’artillerie au service des transports militaires. Pour l’exécution de ce projet, il faudrait déterminer les points sur lesquels s’effectuent ces transports, et former des relais sur les routes qu’ils parcourent, de manière qu’un cheval ne fît jamais plus de deux ou trois journées au-delà de la station. Le ministre fera examiner si l’on ne pourrait pas étendre ce système, et employer les bataillons de pontonniers au service des transports qui se font sur quelques grandes rivières. NAPOLÉON Archives de l’Empire
Paris,
9 nivôse an XIII (30 décembre 1804)
Mon Cousin, vous ferez partir l’adjudant commandant Romieu pour une mission secrète dans laquelle il prendra la couleur de voyageur. Il se rendra droit à Constance, de là à Lindau et dans toutes les possessions autrichiennes dans la Souabe. Il prendra une note exacte des corps d’infanterie et de cavalerie, de leur force et des généraux qui s’y trouvent. Il se rendra de là à Inspruck, Botzen, Villach, Klagenfurt, Gratz, Laybach, Goritz et Trieste. Il prendra note de toutes les troupes qui ont passé depuis trois mois pour se rendre en Italie. Il aura soin de noter aussi les bruits relatifs à des troupes qui seraient attendues. Il vous écrira souvent pour vous instruire des mouvements des troupes et de tout ce qui viendrait à sa connaissance, en remettant ses lettres à mes ministres en Suisse et à Munich, et au général qui commande à Vérone. S’il s’apercevait d’un mouvement de troupes considérable, tel que plus fort que 30 000 hommes, il vous en préviendrait par un courrier extraordinaire. Il doit mettre la plus grande discrétion dans sa mission et se souvenir qu’il voyage pour ses plaisirs. NAPOLÉON Archives de l’Empire
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