| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome
quatrième
Paris
- 1876
877.
‑ NÉCESSITÉ DE TENIR STETTIN, KUSTRIN APPROVISIONNÉS EN MUNITIONS
DE GUERRE ET DE BOUCHE. AU
GÉNÉRAL CLARKE. Osterode,
18 mars 1807. Dans
la campagne qui va s’ouvrir, il est impossible de calculer tous les événements
qui auront lieu. Il est nécessaire que Stettin, Küstrin, Glogau, Magdeburg
soient abondamment approvisionnés en munitions de guerre et de bouche, de
manière à pouvoir soutenir un siège, ainsi que Hameln. Faites passer la
lettre ci‑jointe au commandant de Hameln. Correspondez avec lui afin
de pouvoir m’instruire de la situation de cette place. Il faut à
Magdeburg et Hameln de très‑grands magasins de vivres. Il y a, je
crois, à Magdeburg 3,000 hommes des troupes du grand‑duc de Berg. On
y placera le 18è provisoire. D’ailleurs, en cas d’événement, le maréchal
Brune, qui a avec lui 8,000 hommes, se réunira autour de cette place ainsi
que le maréchal Mortier. Comme les magasins de Breslau, Schweidnitz, Brieg,
ont plus que n’en peut contenir Glogau, ils pourront en fournir sur
Magdeburg. Envoyez de Wittenberg pour m’en rendre compte, afin que, si
les événements prenaient une certaine direction, on pût trouver là un
point d’appui. Quant à Spandau, je le suppose dans le meilleur état de défense.
Soit que l’ennemi fasse un très‑grand débarquement à
l’embouchure, soit qu’il le fasse à Stralsund, s’il avait de très‑grandes
forces, il serait possible qu’il fût momentanément maître de Berlin. Frédéric
même n’a pas défendu sa capitale. Mais, dans le premier cas, le maréchal
Brune, dans le deuxième cas, le maréchal Mortier, garniraient, le premier
Magdeburg et Hameln, le second les places de Stettin et de Küstrin. Il faut
donc que l’artillerie et les magasins soient prêts. Spandau sera toujours
un point occupé, mais il me paraît bien peu fort, si l’entreprise était
sérieuse, pour vous conseiller de vous y réfugier. Préféreriez‑vous
Stettin, Küstrin ou Magdeburg ? Veillez sur l’approvisionnement et le
parfait armement des trois places en travaux d’artillerie et du génie. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 878.
‑ ORDRE POUR UNE MISSION : RAPPORTS A FAIRE SUR
MARIENWERDER, MARIENBURG, ELBING ET TOLKEMIT. AU
GÉNÉRAL BERTRAND. Osterode,
19 mars 1807. Le
général Bertrand se rendra à Marienwerder. Il y verra la tête de pont,
et la Chambre de Marienwerder pour se plaindre qu’elle ne fournit pas
assez de subsistances, et que c’est cependant à cette considération
que je ne leur ai pas imposé de contributions. Il me fera un mémoire qui
me fasse connaître les ressources en vivres, et sur ce qu’on a fourni et
doit fournir dans toute la juridiction de Marienwerder ; un mémoire sur
la tête de pont, qui me fasse connaître quand je puis espérer que le pont
sera fini ; quelle est l’île qui est là ; si elle est susceptible d’être
armée pour assurer la défense de la tête de pont ; si la mer la submerge
et dans quelle saison, et le moyen à prendre pour réunir les deux ponts
quand cette île sera submergée. De
là, il se rendra à Marienburg ; il me fera un second mémoire sur ce que
Marienburg a fourni et doit fournir ; un mémoire sur la tête de pont de Marienburg
et sur quoi je puis compter ; sur l’île de Nogat, et quand je puis espérer
que le pont de Dirschau sera fini. De
là, il se rendra à Elbing ; il me fera un mémoire sur les subsistances,
sur les chemins à Holland, à Marienburg et au Frische‑Haff. Il se
rendra aux bords du Frische‑Haff : quand il sera dégelé et quand la
navigation pourra avoir lieu ; quelle espèce de tentative l’ennemi
pourrait faire par le Frische‑Haff ; si nous pourrions, dès
aujourd’hui, pénétrer par le Frische‑Haff sur la langue de terre
de Danzig à Kœnigsberg ; quand les bateaux que nous avons, et pour
lesquels j’ai destiné quarante marins de la Garde, seront armés, et
s’il y a des canons pour cet objet. Il
se rendra à Tolkemit en côtoyant le Frische-Haff, et reconnaîtra bien
toutes les embouchures de la Vistule dans le Frische‑Haff, et toute
cette côte jusqu’à Brandenburg et Braunsberg ; quel est le fond qu’il
y a depuis Tolkemit jusqu’à la langue de terre ; y a‑t‑il là
de la marée ? On prétend qu’il y a un point, à basse marée, où il y a
moins de quatre pieds d’eau quand le Frische‑Haff sera navigable. Il
se rendra de là à Braunsberg, verra l’embouchure de la Passarge, la tête
de pont qu’on a faite à Braunsberg, et viendra me joindre en toute
diligence. Avant
de partir d’Elbing, il m’enverra un mémoire ainsi qu’avant de
partir de Tolkemit. Il
aura soin, dans tous les mémoires relatifs aux subsistances, de me faire
connaître le nombre des bestiaux, vaches, moutons et bœufs qu’on pourra
tirer de Marienwerder et de l’île de Nogat. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 879.
‑ ORDRE DE RAPPELER A L’ARMÉE LES CHIRURGIENS, MÉDECINS, ETC., QUI
SONT SUR LES DERRIÈRES. A
M. DARU, A THORN. Osterode,
20 mars 1807. Monsieur
Daru, je reçois votre lettre du 18 mars. Je ne partage en rien votre
opinion. Il y a, me dites‑vous, à Erfurt, 751 malades français
formant cinq hôpitaux : ces 751 malades sont le reste de 3 ou 4,000 ; ils
auraient pu être placés dans un hôpital ou deux, et alors il n’y aurait
pas fallu des employés pour cinq hôpitaux. Secondement, ces malades
auraient dû être laissés avec un seul médecin français et tous les
autres médecins ou chirurgiens étrangers ; d’autant plus que, dans ces
751 malades, il y a un grand nombre de Prussiens. D’ailleurs, c’est ma
volonté. Faites rejoindre tous les médecins et chirurgiens français
hormis un. Faites rejoindre tous les employés qui peuvent être remplacés
par des gens du pays. Je dis la même chose pour Würzburg, Bamberg, Iéna,
Naumburg, etc. Vous considérez la question d’une manière abstraite ;
mais, s’il faut prendre un parti dans les événements, il faut prendre le
meilleur. Faut‑il avoir à Erfurt 160 chirurgiens ou employés, ou
vaut‑il mieux les avoir à Eylau ? Les hommes à Erfurt ne peuvent pas
me servir comme ils le feraient à l’armée. J’ai perdu peut‑être
200 hommes à Eylau, faute de chirurgiens et d’employés. Il y a longtemps
que je fais la guerre. Exécutez mes ordres sans les discuter. Il ne doit se
trouver aucun chirurgien ou employé ni à Erfurt, ni à Iéna, Naumburg, Würzburg,
etc. Vous ne citez d’ailleurs que ces endroits, mais il y en a vingt
autres où toutes les administrations sont disséminées. Croyez-vous, par
exemple, qu’à Magdeburg et Potsdam vous ne trouverez pas des chirurgiens
prussiens ? Ils seront enchantés de gagner de l’argent. Devant
l’ennemi, je n’ai besoin que de Français, parce que je ne puis me fier
qu’à eux. Je sais bien qu’à Berlin nos malades ne voulaient pas être
traités par les médecins du pays ; mais cette question oiseuse m’était
indifférente alors ; quand je suis à deux cents lieues de Berlin, elle
devient ridicule. Vous
me dites qu’il faut un sous‑employé pour 15 malades : mais
ignorez‑vous donc que je n’ai pas un sous‑employé pour 3,000
malades, et pensez‑vous que les commissaires d’Erfurt, Iéna,
Naumburg, etc., aient plus de peine à trouver des employés ou des femmes
que ce pauvre M. Lombart et les commissaires du quartier général ? M.
Percy a fait continuellement le métier d’infirmier. Votre raisonnement
est faux : il y a trois mois que je vous le dis ; vous persistez dans votre
opinion. On
peut, dites‑vous, retirer un ou deux employés d’Erfurt ; mon
intention est qu’on les retire tous, et qu’il n’y ait pas un seul
employé au delà de l’Elbe, hormis les commissaires des guerres ; bien
entendu qu’il ne faut pas les retirer ou les faire partir du soir au
matin, mais d’abord une partie, que vous ferez remplacer par les gens du
pays, et ensuite une autre. Que
m’importe la distinction que vous faites entre les chirurgiens
commissionnés par le ministre, ou l’intendant, ou les officiers en chef ?
c’est une vétille. Le fait est que je manque de tout et que les derrières
absorbent tout. Six chirurgiens commissionnés, onze non commissionnés,
qui sont à Erfurt, me seraient plus utiles sur la Vistule. 30 Prussiens
peuvent y rester. Il
est absurde de laisser des boulangers à Wittenberg, lorsqu’ici je ne
puis cuire que dans huit fours, faute de boulangers ; même chose dans les
autres places. Manque‑t‑il de femmes, et que font là tous ces
boulangers ? Ou bien avez‑vous pensé que, comme dans les guerres de
Perse, les boulangers prussiens pouvaient empoisonner le pain ? Qu’ai‑je
besoin d’employés de fourrages à Wittenberg ou à Halle, où la route ne
passe plus ? Les employés pour la viande de même : les gens du pays
peuvent les suppléer. Les Français sur les derrières sont inutiles. Votre
lettre du 18, d’ailleurs, ne comprend pas tous les employés que j’ai
sur les derrières. Réitérez vos ordres. Si je faisais tous les
raisonnements que vous faites, je n’aurais pas 6,000 hommes à l’armée
; et si j’entrais dans les raisonnements de chaque gouverneur ou
commandant de place, mon armée ne suffirait pas pour garder le pays.
C’est ainsi qu’en temps de paix j’ai vu l’armée pas assez nombreuse
pour faire le service dans toutes les places. Croyez‑vous,
par exemple, que le général Clarke n’ait pas besoin de 600 hommes pour
la garnison de Berlin ; le gouverneur de Magdeburg, de même ? Ne faites
donc pas la question : tel employé est‑il utile là ? mais plutôt :
est‑il plus utile là qu’au quartier général ? Tout cela est
vieux pour qui a l’expérience de la guerre. Je n’aurai rien à dire,
au contraire, si vous me dites que j’ai assez d’employés à l’armée
: alors je consentirai qu’il y en ait sur les derrières, où ils
serviront mieux que les étrangers ; mais vous ne prétendez pas que
j’aie assez d'employés. L’armée
et l’administration sont placées en sens inverse. L’armée est toute en
deçà de la Vistule, les administrations toutes au delà. D’ailleurs,
quand ce que je dis là ne conviendrait à personne, c’est ma volonté,
que je vous ai déjà manifestée à Varsovie, à la fin de décembre,
surtout pour les chirurgiens, boulangers et infirmiers. NAPOLÉON. Comm.
par M. le comte Daru. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 880. ‑ ORDRE DE FAIRE REJOINDRE TOUS LES PETITS DÉTACHEMENTS MAINTENUS EN ARRIÈRE. AU
GÉNÉRAL CLARKE. Osterode,
20 mars 1807. Vous
savez le proverbe : les ruisseaux font les fleuves, et les sous les
millions. Les petits détachements que tous les commandants de places
gardent affaiblissent la Grande Armée. Faites que tout rejoigne. Que
signifie en effet qu’un commandant de place ait ou n’ait pas 8 on 10
hommes à pied ? Mais cela, multiplié mille fois, me donne 8 ou 10,000
hommes sur le champ de bataille de moins dans un jour d’affaire. Écrivez
à Prenzlow et dans tous les arrondissements ; scrutez vous‑même l’état
de la situation, et qu’il ne reste personne. Dans
les circonstances imprévues, quand vous devez garder des détachements de
cavalerie pour réprimer les abus sur les derrières, vous devez garder
des détachements de dragons. Renvoyez‑moi les cuirassiers et
carabiniers surtout, car ceux‑là décident d’une bataille. Après
les détachements de hussards et de chasseurs, ceux dont je puis le plus
me passer, ce sont les détachements de dragons. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 881.
‑ ORDRE EN PRÉVISION D’UN MOUVEMENT SUR LA RIVE GAUCHE DE LA
VISTULE. A
M. DARU. Osterode,
22 mars 1807. Monsieur
Daru, le pays où nous sommes ne pourra pas nous nourrir longtemps. Il faut
prévoir le cas où il serait possible que, les ponts de Marienburg et de
Marienwerder étant bien établis, et les têtes de pont de ces deux points,
ainsi que celle de Sierock, bien assurées et bien armées, je sois contraint
de mener mon armée sur la rive gauche de la Vistule, pour couvrir le siège
de Danzig : alors les principales forces seraient sur Dirschau, Mewe,
Neuenburg, Schwetz, Bromberg, Thorn, Wloclawek. Vous avez à Thorn des
magasins et des manutentions ; vous en avez à Bromberg. Je vous ai donné
l’ordre de faire faire des fours à Mewe et d’y établir des magasins ;
faites également construire des fours à Schwetz et à Neuenburg. J’imagine
qu’il y en a également à Fordon. Il faudrait à Mewe 6 fours, 2 ou 3,
000 quintaux de blé, que l’on peut faire venir d’Elbing, et 2,000
quintaux de farine, que vous pouvez y envoyer. Indépendamment de cette
combinaison de reporter mon armée sur la rive gauche, il serait possible
qu’agissant par ma parole je dirigeasse l’armée par le pont de
Marienwerder, et alors les convois de Thorn recevraient l’ordre de
passer par Mewe. Je regarde donc Mewe comme un point extrêmement important.
Il vous est facile d’y diriger des farines par la Vistule ;
prenez‑vous‑y d’avarice, afin que nous n’éprouvions pas
d’embarras. Faites‑moi faire un mémoire sur tout le pays de cette
rive gauche depuis Dirschau jusqu’à Thorn, qui me fasse connaître ses
ressources à cinq ou six lieues de profondeur, sous le point de vue des
vivres et des fourrages. Faites‑moi également un mémoire sur cette
question : Si mon armée passait sur la rive gauche, un corps d’armée à
Mewe, un autre à Neuenburg, un autre à Schwetz, un autre à Bromberg, un
à Thorn, comment vivrait‑elle ? Comment serait‑elle cantonnée
? Aurait‑elle des villages à droite et à gauche, à six lieues de
profondeur, pour s’y établir ? Je
ne sais si le canal est enfin navigable. Faites évacuer tous les blessés
sur Nackel et déblayer Thorn le plus possible, pour qu’on puisse y
envoyer les blessés s’il y avait une bataille. Je pense qu’un hôpital
à Mewe serait bien placé. Faites‑moi connaître le jour où les
boulangeries et magasins de Mewe, de Neuenburg et de Schweiz seront fournis,
et combien de rations on pourra y cuire. Vous sentez que, dans tout état de
choses, cette lettre ne doit jamais être connue que de vous. NAPOLÉON. Comm.
par M. le comte Daru. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 882.
‑ DISPOSITIONS DIVERSES EN CONSÉQUENCE DU TRANSPORT DU QUARTIER GÉNÉRAL
D’OSTERODE A FINKENSTEIN. AU MARÉCHAL BERTHIER. Osterode,
23 mars 1807. Le
pont de Marienburg et celui de Marienwerder étant établis, mon intention
est de porter mon quartier général à Finkenstein. Vous voudrez bien, en
conséquence, ordonner que l’on reconnaisse sur‑le-champ la route
de Saalfeld et Finkenstein à Thorn, par Freistadt, Rehden et Culmsee. Comme
cette route n’a pas plus de vingt‑cinq ou trente lieues, elle est
plus courte que celle de Thorn à Osterode ; il faut l’organiser par journées
d’étapes ; ce sera la route de communication avec le quartier général. Proposez‑moi
les changements que cela doit opérer dans la route de Varsovie au quartier
général ; puisqu’elle ne devra plus passer par Osterode, cela la
rapproche de la Vistule. Ma
Garde et le corps d’Oudinot seront cantonnés aux environs de mon quartier
général, savoir : à Riesenburg, Freistad, Christhurg,
Deutsch‑Eylau. Le
maréchal Davout s’étendrait dans tous les cantonnements de la Garde,
et porterait son quartier général à Osterode. Le maréchal Soult cessera
de rien tirer de Marienwerder. La
division Nansouty sera cantonnée, la droite à Christburg et la gauche à
Elbing. Elle fera son mouvement demain. Tous les convois qui, de Thorn, se
dirigent sur Osterode, se dirigeront sur Finkenstein. Les
convois par eau, qui sont à Thorn, 200,000 rations de biscuit, 3,000
quintaux de farine et 100,000 rations d’eau‑de‑vie, seront
dirigés par eau sur Marienwerder, d’où ils ne seront qu’à dix lieues
du quartier général. Marienwerder deviendrait le véritable point
d’appui de l’armée. La
manutention d’Osterode continuera à avoir lieu pour aider à nourrir les
3è et 6è corps, et même le 4è. On fera partir demain tous les
constructeurs qui sont à Osterode, un commissaire des guerres, un
garde‑magasin, pour établir à Finkenstein des fours et des magasins
dans l’église ; s’il n’y a pas d’église et qu’il soit impossible
d’avoir des magasins, on les établira à Riesenhurg. Le
maréchal Bessières enverra aujourd’hui son chef d’état‑major
pour reconnaître les emplacements de la Garde à Riesenburg, Rosenberg,
Cbristburg, Freistadt, etc. La droite à Deutsch‑Eylau. Des
ingénieurs géographes iront lever le terrain depuis Deutsch‑Eylau,
Saalfeld jusqu’à Marienburg et Elbing. Des ingénieurs militaires
partiront aujourd’hui pour reconnaître tous les environs et reconnaître
une position militaire qui appuierait la droite au lac de Saalfeld et à
Deutsch‑Eylau et la gauche à Elbing. Mon
petit quartier général se rendra demain au château de Finkenstein, pour y
préparer mon quartier général et marquer les logements. On
distinguera dans les magasins d’Osterode ce qui appartient à l’armée
et à la Garde. Les quatre fours qui avaient été donnés à la Garde
seront donnés au 3è corps. Le reste continuera à appartenir à l’armée.
Les boulangeries, soit de la Garde, soit de l’armée, continueront à
cuire à Osterode, jusqu’à ce que les fours et magasins soient établis
à Finkenstein. On donnera l’ordre à Elbing d’envoyer sur‑le-champ
au magasin de Finkenstein 3,000 quintaux de farines, de
l’eau‑de‑vie, du vin et de la bière. Tout
ce qui existe à Mohrungen en magasin et les fours qui auraient été
construits seront remis au 4è corps. On fera construire six fours à Marienwerder. Aussitôt
que la reconnaissance de la rive gauche de la Vistule sera revenue, vous me
proposerez une route pour mes courriers et pour les troupes de Marienwerder
à Stettin. NAPOLÉON. Dépôt
de la guerre. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 883.
‑ URGENCE DE PRENDRE DES MESURES POUR MONTER LES HOMMES A PIED DANS
LES DÉPOTS DE CAVALERIE. AU
GÉNÉRAL DEJEAN. Osterode,
25 mars 1807. Monsieur Dejean, il me vient des plaintes de presque tous les régiments de cavalerie. Ils disent qu’ils ont beaucoup d’hommes aux dépôts, qui leur en arrive tous les jours, mais qu’ils n’ont point de chevaux pour les exercer ; de sorte que le recrues perdent un temps précieux, et que je n’ai aucune espèce de secours à en espérer. Je
vois, par l’état du 4 mars, que la grosse cavalerie a 2,600 chevaux à
recevoir par les marché qui ont été passés, et 230 par les officiers en
remonte. Mais il n’est passé aucun marché pour le 722 qui restent à
fournir pour le complet ; et il ne faut pas vous abuser, même ces 722
chevaux fournis, cela ne formera pas 14,000 chevaux de grosse cavalerie,
parce que les pertes sont très‑considérables. Je viens de faire des
levées en Silésie pour remplacer les chevaux que j’avais perdus dans la
campagne. Ce que vous devez prendre surtout pour guide, ce sont moins les
bases qui ont servi à la confection de l’état que la situation des dépôts
Ainsi, par exemple, il y a dans le dépôt de tel régiment 300 recrues ; il
faut donc 300 chevaux ; il faut donc que vous les lui procuriez sans délai.
Apprenez‑moi, par le prochain courrier, que les marchés pour les 722
chevaux qui manquent sont passés, et qu’ils pourront être aux corps dans
le courant d’avril ; et, outre cela, autorisez les dépôts qui ont
beaucoup d’hommes à pied à acheter des chevaux en suffisance pour les
monter tous. J’ai de l’argent, j’ai des hommes. Vous sentez combien je
perds à nourrir tous ces hommes dans les dépôts de cavalerie, s’ils
n’ont point de chevaux. Pour les dragons, je vois qu’il leur faut 2,400
chevaux, selon les demandes de votre état ; mais il y en a 4,300 qui leur
ont été fournis par le dépôt de Potsdam et qui couvrent à peine les
pertes qu’ils ont faites. Il
faut d’abord que ces marchés soient passés sans délai, et ensuite
accorder à chaque corps l’autorisation d’acheter autant de chevaux
qu’il a d’hommes à pied au dépôt, en spécifiant la quantité, et lui
faire fournir des fonds. Peu importe, en dernière analyse ; à la fin de la
guerre, cela se compensera avec les pertes. Si vous attendez le procès‑verbal
des pertes, vous n’aurez pas monté un homme de six mois. Le temps de
guerre n’est pas un temps de paix. Tout retard est funeste en temps de
guerre. Il faut de l’ordre, sans doute ; mais il faut que l’ordre soit
d’une nature différente qu’en temps de paix. En temps de paix,
l’ordre consiste à ne rien donner qu’avec les formalités voulues ; en
temps de guerre, l’ordre consiste à donner beaucoup sans aucune formalité,
mais sur des états qui puissent servir à régulariser. Il arrive qu’un régiment
a 300 hommes à pied à son dépôt et seulement 12 ou 15 chevaux ; il faut
faire une enquête, mais commencer d’abord par lui donner 300 chevaux, 300
selles, 300 brides, afin que ce régiment me fournisse 300 hommes devant
l’ennemi. Comme méthode qu’on suit en temps de paix,
tout mon service éprouve de la lenteur. L’économie aujourd’hui
consiste à donner. Un conscrit à pied, à un dépôt de cavalerie, me
ruine et ne me sert à rien. Présentez‑moi sans délai, 1° la
situation des hommes de tous les dépôts de cavalerie au 15 mars ; 2° l’état
des chevaux existant aux dépôts ou devant y arriver par des marchés
conclus ; 3° l’état des chevaux pour lesquels vous autorisez des marchés,
en conséquence de votre état général et du complet de 996 ; enfin, dans
une colonne supplémentaire, ce qu’il faut pour que les hommes des dépôts
présents au 15 mars, plus les conscrits que les dépôts vont recevoir de
la réserve de 1807, soient tous montés. Donnez plutôt 100 chevaux de
plus que de moins, 100 selles de plus que de moins, un million de plus que
de moins. Qui est‑ce qui pourrait bien établir aujourd’hui la situation
de ma sellerie, toute ruinée par trois campagnes ? Faites des marchés,
je fournirai l’argent nécessaire. Qu’en avril mes dépôts soient
remplis de chevaux. L’Allemagne peut à peine suffire à ma consommation.
Il me faut 4,000 chevaux pour réparer mes pertes. Je les cherche en
Allemagne ; je les aurai à peine trouvés qu’il m’en faudra 4,000
autres. Le même raisonnement s’applique aux chasseurs. Le 10è de
hussards a 300 hommes à son dépôt et n’a que 16 chevaux ; les 160 qui
sont portés à la colonne d’achat sont déjà en Allemagne ; il n’a
rien à espérer des marchés passés, des officiers en remonte ; il
n’est porté dans les états, comme lui revenant, que 119 chevaux. Il y a
huit jours, il n’y avait point d’ordre pour acheter ces 119 chevaux ;
cependant il y a bien du temps que j’ai donné des ordres à ce sujet.
Ainsi donc, prenant ce régiment pour exemple (je le cite parce que j’ai
beaucoup causé avec le major, qui vient de France), il faut lui donner
l’argent nécessaire pour acheter ces 119 chevaux, et ensuite 200 autres
que vous porterez dans une colonne à part sur les états, pour pertes dont
il justifiera, et par là ses 300 hommes du dépôt seront montés. Pénétrez‑vous
bien de l’importance de cela et du mal que ferait une économie mal
entendue ou une rigidité hors de saison. On sera toujours à temps de régulariser.
Donnez de l’argent aux dépôts de cavalerie pour qu’ils achètent des
chevaux, pour qu’ils confectionnent ; voilà le bien, voilà l’économie.
Cet objet est si important que j’ai jugé devoir prendre un décret ;
occupez‑vous‑en ; c’est le plus important de tous. Les équipements,
les habillements qui viennent de France valent mieux que tout ce qu’on
peut faire en Allemagne. D’ailleurs c’est de l’argent qui reste dans
le pays. Ce que je dis pour la Grande Armée s’applique aux régiments qui
sont en Italie, où je n’ai laissé que la moitié de ce qui devait y être,
parce je que croyais avoir doublé la remonte des régiments. NAPOLÉON.
Dépôt
de la guerre. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 884.
‑ INTENTION DE PORTER AU COMPLET TOUS LES CORPS
DE L’ARMÉE D’ITALIE. AU
GÉNÉRAL LACUÉE. Osterode,
25 mars 1807. J’écris
fort en détail au vice‑roi pour lui faire connaître mes intentions
sur mon armée d’Italie. Correspondez avec lui et occupez‑vous de
compléter les corps à quatre bataillons. J’ai là le 11è, le 35è, le
92è, le 79è, le 23è, le 56è, le 93è, le 5è, le 62è, le 20è qui sont
à quatre bataillons, et qui sont susceptibles de recevoir encore un grand
nombre de conscrits. Depuis six mois j’augmente progressivement mon armée
Italie, et je veux l’augmenter encore, afin d’avoir en campagne autant
de troupes que les cadres peuvent en contenir. Vous sentez que c’est là
ma plus grande sauvegarde contre l’Autriche, qui aurait besoin d’une
grande armée contre mon armée d’Italie et Dalmatie, et qui
s’attirerait sur les bras une guerre sérieuse que la pénurie de ses
finances et le vide de ses arsenaux ne lui permettent pas d’entreprendre.
Mes armées d’Italie et de Dalmatie réunies forment déjà une très‑belle
armée, mais je continue à y porter une attention suivie. Quoique j’aie
sous la main les éléments de ce travail, pour ne point me fatiguer
d’un travail inutile, j’attendrai les états que je vous ai demandés
pour savoir si nous devons encore envoyer des conscrits à cette armée. Le
complet, tel que je l’entends, est à 140 hommes par compagnie ; c’est là
le maximum de ce qui peut entrer raisonnablement dans un cadre, ce qui
forme 1,260 hommes pour l’effectif et ne fait guère que 1,050 hommes présents
sous les armes, qui, en quelques mois de campagne, se réduisent à 900, ce
qui est encore une force raisonnable. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 895.
‑ DISPOSITIONS ARRÊTÉES POUR ASSURER D’UNE MANIÈRE RÉGULIÈRE LA
SUBSISTANCE DE L’ARMÉE. A
M. DARU. Osterode,
26 mars 1807. Monsieur
Daru, l’armée commence à vivre d’une manière régulière. Voici les
dispositions que j’ai arrêtées : Les
1er, 3è, 4è et 6è corps ont des fours et des magasins, et se
nourrissent aussi des ressources qu’ils peuvent se procurer dans les
localités. Mais ces ressources deviennent tous les jours moins considérables
; il faut donc alimenter leurs fours par les magasins principaux de l’armée.
Les magasins principaux de l’armée sont de plusieurs lignes : Première
ligne, Osterode, Finkenstein,
Elbing et Przasnysz. Deuxième ligne,
Marienwerder et Pultusk. Troisième ligne,
Varsovie, Thorn, Bromberg et Mewe. Mon intention est qu’il y ait
constamment à Osterode 200,000 rafions de pain biscuité, 140,000 rations
de biscuit, 3,000 quintaux de farine, 1,600 quintaux de blé, 300,000
rations d’eau‑de‑vie. Le biscuit sera bientôt complet,
l’eau‑de‑vie l’est déjà ; le pain l’est aussi. Il ne
s'agit plus que de faire face à ce que le magasin d’Osterode doit fournir
tous les jours. Il faut qu’il fournisse au passage, ce qu’il faut évaluer
à 2,000 rations par jour ; au 3è corps, ce qui est évalué à 14,000
rations de pain et 140 quintaux de farine; au 6è corps, 8,000 rations de
pain et 80 quintaux de farine ; au 4è corps, 10,000 rations de pain et 80
quintaux de farine ; total 34,000 rations de pain, c’est à peu près à
quoi se monte la fabrication de la manutention, ce qui fait une consommation
de 300 quintaux de farine, qui, joints aux 300 quintaux qui sont envoyés
aux corps, font 600 quintaux par jour, que consomme le magasin d’Osterode.
Les montures lui en procurent 60 quintaux ; il peut aussi fournir au 3è
corps 60 quintaux de blé au lieu de farine. C’est donc à peu près 500
quintaux de farine qu’il faut au magasin d’Osterode, et, vu les
accidents de la route, il faudrait que Thorn et Bromberg pussent fournir,
tous les jours, un convoi de 300 quintaux, et Varsovie un pareil convoi. Le
blé serait fourni par Elbing. On
peut calculer la consommation de l’eau‑de‑vie à 1,600 pintes
d’eau‑de‑vie par jour. Il faudrait que Varsovie et Thorn en
fournissent chacun la moitié par jour. Elbing fournit aux 1er et
4è corps. On
se procurera une réserve de 100,000 rations de pain biscuité dans cette
ville. Ce magasin servira à former celui de Finkenstein, et la ville pourra
envoyer du blé à celui de Mewe. Les 300,000 rations de biscuit nécessaires
au magasin de Finkenstein ne pourront être fournies que par Thorn et
Varsovie, ainsi que les 3,000 quintaux de farine. Il
faut donc envoyer de Varsovie 3,000 quintaux de farine sur Marienwerder, et
300,000 rations de biscuit ; de Thorn et de Bromberg, 2,000 quintaux de
farine sur Marienwerder, et 300,000 autres rations de biscuit ; de Thorn et
de Bromberg, 3,000 quintaux de farine sur Mewe. Elbing fournirait successivement
3,000 quintaux de farine sur Finkenstein. Pendant les quinze premiers jours,
Thorn dirigera par jour sur Finkenstein 30,000 rations de pain et 150
quintaux de farine. Le magasin de Finkenstein, indépendamment du temps
qu’il lui faut pour confectionner ces 200,000 rations de pain, devra tous
les jours fournir 15,000 rations à la Garde et au quartier général, et
autant au 4è corps. Mais il peut tous les jours tirer 10,000 rations de
pain de Marienwerder ; avec les 16,000 qu’on y fabrique et les 10,000
qu’il tirera de Newe, on pourra concevoir l’espoir qu’il
s’approvisionne promptement. On
petit ainsi, de Varsovie, diriger 60,000 rations de pain biscuité sur
Marienwerder. De là à Finkenstein il n’y a que douze lieues, ce qui
formera une grande diminution de transport. Quant
à la manière d’approvisionner les magasins centraux de Varsovie, de
Thorn et de Bromberg, c’est une question inutile à traiter ici et dont
s’est occupé l’intendant général. La
manutention de Finkenstein ne sera pas en activité avant le 4 ou le 5 avril
; cependant les besoins vont commencer le 30. Vous ne sauriez donc trop accélérer
les transports par eau sur Marienwerder, et par terre sur Finkenstein. NAPOLÉON. Comm.
par M. le comte Daru. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 886.
‑ ORDRES POUR LES DÉPOTS ET LA CONSTRUCTION D’UNE TÊTE DE PONT A
MARIENWERDER. AU
GÉNÉRAL BERTRAND. Osterode,
28 mars 1807. J’ai reçu votre lettre du 26. Vous me dites qu’on a pris 2,000 chevaux dans l’île de Nogat ; les régiments de cavalerie en ont‑ils profité, on bien les trains d’artillerie, ou les équipages ? Faites‑moi
connaître l’état de situation des dépôts qui se trouvent à
Marienburg, Marienwerder et dans l’île de Nogat. J’avais
ordonné que 5 à 600 chevaux hors de service fussent placés dans l’île
de Nogat. Envoyez‑y un officier qui vous rendra compte si cette mesure
a été exécutée. Le
pont de Marienwerder étant jeté, je suis décidé à garder ce point ;
mais je veux y construire une place comme à Praga, c’est‑à‑dire
qui ait 3 à 400 toises de développement et des revêtements en bois, de
manière que, l’armée sur la rive gauche, cette tête me conserve le pont
et un passage sur la rive droite. J’ai écrit là‑dessus au général
Chasseloup. Voyez le général Cazals, qui doit se trouver près de vous,
pour qu’il trace sur‑le‑champ cette tête de pont. Celle
qu’on projetait ne signifiait rien, puisqu’elle ne gardait pas le pont. J’ai
lu avec plaisir les détails que vous m’avez donnés sur Marienburg. Il
faut qu’on y travaille avec activité. Il paraît que sur ce point le
travail est aux trois quarts fait. Les
alléges que le commandant de la marine a choisies sont‑elles
maniables ? vont‑elles à la rame ? car la marche est la plus grande
affaire pour la marine. Songis a donné des ordres pour que des pièces en
bronze soient envoyées. Veillez à ce que l’on travaille aux affûts. Tâchez
d’avoir des plans des environs d’Elbing et de l’île de Nogat ;
l’ingénieur d’Elbing doit en avoir. Raisonnez
un peu dans cette hypothèse : si je passe la Vistule ayant une tête de
pont à Marienwerder et à Marienburg, par où l’ennemi
pourrait‑il passer pour faire lever le siège de Danzig ? Je suppose
que j’abandonne Elbing à l’ennemi : pourrai‑je me porter sur la
rive gauche de la Nogat pour l’empêcher de jeter là un pont ?
Raisonnez dans cette autre hypothèse : y-a‑t‑il une ligne qui
couvre Elbing, passe derrière le Draussen‑See et arrive jusqu’à
Saalfeld ? Envoyez‑moi l’état de situation de tous les régiments
de cavalerie qui sont à Elbing. Il doit y en avoir plus que vous n’en
portez, savoir : Brigade
Durosnel, le 7è, le 20è et le 22è chasseurs ; Division
Lasalle, les 5è, 7è, 1er de hussards et le 13è de chasseurs,
le 11è de chasseurs et le régiment du prince royal de Bavière. Cela
fait 9 régiments. Outre
ces 9 régiments de cavalerie légère, il doit avoir 3 régiments de
dragons de Klein : total, 12 régiments. Au
fur et à mesure que les circonstances vous en offriront l’occasion,
causez avec les colonels sur la situation de leurs régiments. Combien
ont‑ils de chevaux, de selles, d’hommes présents ? Combien
ont‑ils trouvé de chevaux dans l’île de Nogat ? Les dépôts les
ont‑ils rejoints ? Où sont leurs détachements ? Donnez‑moi
sur tout cela des renseignements exacts. SUBSISTANCES.
J’ai ordonné que 3,000 quintaux de blé fussent dirigés d’Elbing sur
Marienwerder, 3,000 sur Mewe, 3,000 sur Neuburg et 3,000 sur Osterode. J’ai
ordonné que de la même ville d’Elbing on dirigeât 3,000 quintaux de
farine sur Mewe, autant sur Marienwerder, autant sur Neuburg, autant sur
Finkenstein, et cela indépendamment de ce qu’Elbing doit fournir
journellement aux 4è et 6è corps. Quelle
est la situation des magasins de farine, de blé, d’eau‑de‑vie
et d’avoine à Elbing ? Quels
sont les moyens que les régiments de cavalerie trouvent à Elbing pour réparer
leur harnachement et leur ferrage ? Je
ne vois point d’inconvénient à établir aussi un hôpital à Elbing. Écrivez
au général Vedel qu’il doit faire des rapports plus fréquents et plus
détaillés sur les dépôts de l’ile de Nogat. Je
porterai probablement après‑demain mon quartier général au château
de Finkenstein, où je fais construire des fours. Éclaircissez
vos idées sur la manière dont Elbing se lie à Holland. On m’assure
qu’il y a des marais qui ne permettent qu’un seul passage entre ces deux
villes. Si
l’ingénieur d’Elbing connaît bien tout le terrain, vous ferez bien
de l’amener avec vous au quartier général. Vous savez combien les
Prussiens sont intéressés ; gagnez‑le avec quelque argent. C’est
par ce moyen que vous aurez son secret et ses plans. Donnez‑lui cent
louis ; avec cette clef d’or vous ouvrirez tous ses portefeuilles et détruirez
tous ses scrupules. NAPOLÉON. Archives de l’Empire
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