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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

Correspondance militaire
de Napoléon Ier

Extraite de la correspondance générale et publiée

Par ordre du ministère de la guerre

Tome quatrième  

Paris - 1876

 

807. ‑ INSTRUCTIONS POUR L’ARMEMENT DE SPANDAU ET L’ÉTABLISSEMENT DE MAGASINS DANS CETTE PLACE.

 

AU GÉNÉRAL SONGIS.

 

Charlottenburg, 26 octobre 1806.

 

Mon intention est d’armer le fort et la ville de Spandau ; envoyez‑y un général de brigade d’ar­tillerie pour y organiser le service, et qu’avant demain, à neuf heures du matin, il y ait une compagnie entière d’artillerie de 100 hommes ; une escouade d’ouvriers, un chef de brigade ou de bataillon d’artillerie, un officier en résidence, un garde‑magasin général, un artificier. Le général de brigade y restera jusqu’à ce que le service soit parfaitement monté.

 

Toutes les poudres qui se trouvent à Berlin et dans tous les pays entre la Sprée et l’Oder seront sans délai transportées à Spandau, ainsi que les plombs et tous les matériaux pour faire des car­touches à balle et à boulet ; également tous les matériaux propres aux travaux de l’arsenal. Je vous le répète, je ne veux rien à Berlin. Les transports de Berlin à Spandau sont très‑faciles, puisqu’il y a la Sprée.

 

On choisira à Spandau des souterrains pour qu’ils puissent contenir un million de poudre et des em­placements pour contenir quatre à cinq millions de cartouches ; on établira une salle d’artifice, je n’en veux que là, un arsenal de construction, et on orga­nisera tout ce que j’ai déjà ordonné pour Erfurt et Wittenberg. Erfurt, Wittenberg et Spandau, voilà mes trois places de dépôts. Quelle que soit celle de ces places où je me dirige, j’y dois trouver poudre, pierres à feu, fusils, cartouches à balle et à boulet, moyens de rechange et de réparation nécessaires après une bataille gagnée ou perdue. On doit constamment considérer le reste du pays comme pouvant être occupé d’un moment à l’autre par la cava­lerie ou les colonnes ennemies. Ainsi l’artillerie à Spandau doit être considérée sous deux points de vue : l’artillerie nécessaire à la défense de la place, et munitions de guerre de toute espèce, de dépôt, pour réparer les consommations et les pertes. Il faut donc que, dans trois jours, si cette place soit cernée, l’artillerie y fût en mesure pour se défendre ; que, pour cela, les plates‑formes fussent établies ; que le bois soit déjà coupé pour faire des  saucissons et des gabions ; enfin que la citadelle et la place soient armées. Il faut qu’avant six jours tout ce que j’ai à Berlin, qui peut m’être nécessaire, comme munitions, pièces de rechange, artillerie de campagne, se trouve emmagasiné dans le fort de Spandau. Je vous ai déjà ordonné de faire revenir tout ce que vous aviez en arrière, à Augsbourg, Ulm, Würzburg, Kronach, non pas en maté­riel, car je crois que vous avez ici plus qu’il ne vous faut, mais en personnel ; enfin en tout ce qui vous est nécessaire. Répartissez ces moyens sur Erfurt, Wit­tenberg et Spandau.

 

NAPOLÉON.

 

Archives de l’Empire.

 

 

808. ‑ ORDRES CONCERNANT LES MAGASINS DE VIVRES ET LES FOURS A INSTALLER A SPANDAU.

 

A M. DARU.

 

Charlottenburg, 26 octobre 1806.

 

Monsieur Daru, je vous ai fait connaître qu’Erfurt et Wittenberg étaient des dépôts de l’armée. Spau­dau est une place que l’ennemi ne prendra jamais ; elle est située sur la Sprée, à deux lieues de Berlin. C’est dans cette place qu’on doit mettre tous les dépôts de l’armée, car mon intention n’est point de garder Berlin. Le payeur de l’armée sera rappelé de Wittenberg à Spandau ; sous quelque prétexte que ce soit, il ne logera point à Berlin. Il y a dans ce moment‑ci dans le fort de Spandau deux fours capables de confectionner 10,000 rations par jour, J’ai ordonné au génie de désigner l’emplacement pour construire les fours nécessaires à la confection de 60,000 rations par jour. Faites construire ces fours ; faites aussi travailler à faire autant de biscuit qu’il sera possible, sans nuire au service journalier. Il y a à Spandau des magasins très‑considérables ; à la visite que j’en ai faite, je pense qu’il y a au moins 60,000 quintaux de farine et autant de seigle ou de blé ; cela suffit pour nourrir mon armée pendant deux mois. Mon intention est que ces magasins soient augmentés au lieu d’être diminués, que le seigle et le blé soient convertis en farines, les farines en biscuit. Il faut donc que demain, avant la pointe du jour, il y ait un commissaire des guerres dans le fort de Spandau ; qu’il y reste sans que sous aucun prétexte il puisse en être retiré ; qu’il y ait un garde‑magasin et un inspecteur des vivres. Les inventaires seront faits sans délai, et vous nomme­rez un auditeur pour assister auxdits inventaires. Vous prendrez des mesures pour réunir dans la citadelle de Spandau 1,500,000 boisseaux d’avoine, des légumes, du riz et de l’eau‑de‑vie ou de la bière pour l’armée pendant deux mois. Je n’ai besoin à Berlin que du journalier de l’armée.

 

Tous les effets d’habillement qui seraient à Ber­lin ou ailleurs devront être réunis à Spandau ; s’ils ne peuvent tenir dans la citadelle, on les mettra dans la ville. On réunira à Spandau mes moyens pour les hôpitaux. On retirera de Berlin ce qui sera nécessaire. On formera à la citadelle, dans le local que désignera le génie, un hôpital pour 1,200 bles­sés, et dans la ville trois hôpitaux , chacun de 2 ou 300 malades. J’autorise qu’on établisse à Berlin un hôpital pour 400 malades ; je ne veux point de blessés à Berlin.

 

NAPOLÉON.

 

Comm. par M. le comte Daru.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

809. EFFETS A DISTRIBUER AUX CORPS DE LA GRANDE ARMÉE.

 

AU MARÉCHAL BERTHIER.

 

Berlin, 2 novembre 1806.

 

Mon Cousin, faites donner 1,200 paires de sou­liers au 28è régiment d’infanterie légère. Faites donner 3,000 chapeaux au corps du maréchal Davout, 1,000 au corps du maréchal Lannes, 1,000 à celui du maréchal Soult, 1,000 à celui du prince de Ponte‑Corvo.

 

Prévenez, par l’ordre de l’armée, qu’il y a dans l’arsenal de Berlin une grande quantité de caisses de tambours, et que les corps qui en auront besoin peuvent en demander.

 

Chargez le maréchal Bessières de visiter les 5,000 bois de selles qui sont ici en magasin, pour savoir s’ils sont bons, et faites‑moi connaître ce qu’il faudrait pour compléter les selles. Donnez au corps du maréchal Lannes 6,000 paires de souliers à prendre à Stettin, et au corps du maréchal Davout 6,000 à prendre à Francfort.

 

Prévenez l’armée qu’il y a à Berlin 80,000 gi­bernes que les corps peuvent demander, s’ils en ont besoin.

 

Faites distribuer les 2,103 culottes de peau qui sont à Berlin aux dragons, à mesure qu’ils sont montés. Faites‑leur donner aussi, s’ils en ont besoin, des sabres et des baudriers. Prévenez les corps de chasseurs, dragons et hussards qu’il y a beaucoup de baudriers à Berlin.

 

Donnez ordre que les 5,000 paires de bas de laine soient données en gratification aux blessés, à me sure qu’ils sortent de l’hôpital et qu’ils rejoignent    leurs corps.

 

Faites également connaître aux régiments de cavalerie qu’il y a une grande quantité d’objets de harnachement à Berlin, et qu’ils en forment la demande quand ils en auront besoin.

 

Il y a également des marmites et des petits bidons. Faites donner 800 marmites, 800 gamelles, 800 bidons, 800 haches au corps du maréchal Davout, qui les a demandés.

 

NAPOLÉON.

 

Dépôt de la guerre.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

810. ‑ DISPOSITIONS A PRENDRE AVANT DE MARCHER SUR LA VISTULE.

 

AU MARÉCHAL LANNES.

 

Berlin, 5 novembre 1806, 7 heures du soir.

 

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 4 novembre.

 

Je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous fassiez occuper Stargard, pourvu que la troupe y soit bien et s’y repose. Il doit y avoir à Stargard des maga­sins. Envoyez des patrouilles du côté de Colberg, sur la mer. Douze pièces d’artillerie, avec le 28è, sont parties ce matin, une heure avant le jour, pour Stettin. Je désire beaucoup que vous formiez vos trois divisions. Du moment que j’aurai un autre régiment, je le donnerai à Victor. Choisissez un autre chef d’état‑major.

 

Vous recevrez bientôt des ordres pour marcher sur la Vistule ; mais j’attends, pour voir finir la poursuite de la colonne du duc de Weimar, qui s’est réunie à celle de Blücher et occupe les corps d’ar­mée des maréchaux Soult, prince de Ponte‑Corvo et grand‑duc de Berg. Elle doit être arrivée hier sur la Baltique du côté de Rostock. J’imagine qu’on parviendra à les prendre.

 

On m’assure qu’il y a beaucoup de mouvements en Pologne.

 

Mon intention est de fortifier Stettin. Faites ap­provisionner les forts de Prusse, de Damm, les forts Guillaume et Léopold. J’ai prescrit des ordres au général Chasseloup. Avec une armée comme celle­-ci, tant de dépôts, tant de troupes auxiliaires, il est fort heureux d’avoir des lieux où l’on puisse mettre en sûreté 2 à 3,000 hommes.

 

Je ne sais pas le nombre de fours qu’il y a à Stettin ; si vous n’y avez pas les moyens suffisants pour faire 50,000 rations par jour, faites construire quel­ques fours de plus.

 

Un corps de troupes bavaroises se porte du côté de Glogau ; la place est forte ; mais Stettin et Küstrin se sont bien rendus ; je ne vois pas pourquoi ceux‑ci feraient autrement. Cette place nous serait fort utile.

 

J’avais nommé, pour commander à Küstrin, un adjudant commandant, mais je donnerai ce com­mandement au général Thouvenot, dont j’ai été content à Würzburg et qui entend bien le détail des places.

 

J’ai appris avec plaisir que vous aviez 2,000 rations d’eau‑de‑vie ; mais je suis fâché que vous n’ayez pas plus de souliers. C’est bien peu de chose que deux paires de souliers par homme, dans la saison où nous allons entrer. J’imagine que les corps en font venir de France ; on en fait ici 500 paires par jour. S’il est possible, faites‑en faire à Stettin ; nous avons passé la plus belle sai­son, et désormais une paire de souliers ne durera pas dix jours.

 

NAPOLÉON.

 

Comm. par M. le duc de Montebello.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

811. ‑ FOURS ET MAGASINS A ÉTABLIR A POSEN.

 

A M. DARU.

 

Berlin, 6 novembre 1806, au soir.

 

Monsieur Daru, faites partir demain, pour le quartier général du maréchal Davout, à Posen, tous les constructeurs de fours de l’armée pour construire rapidement les fours nécessaires pour nourrir l’armée qui va se réunir à Posen. Envoyez un ordonnateur et deux commissaires des guerres, qui formeront constamment votre avant‑garde et seront chargés d’exécuter tous vos ordres.

 

Mon intention est qu’il y ait à Posen :

1° Des fours pour faire 80,000 rations de pain par jour ;

2° Qu’on réunisse sur‑le‑champ des magasins pour pouvoir nourrir l’armée, en farine, avoine, eau‑de‑vie et bestiaux.

 

Ce commissaire ordonnateur d’avant‑garde d’ad­ministration aura avec lui un inspecteur de chaque service. Tout cela partira à la pointe du jour, pour être arrivé à Posen en même temps que le maréchal Davout.

 

Vous écrirez à l’ordonnateur du maréchal Davout et à ce maréchal, afin que, lorsque l’armée se réu­nira à Posen, il y ait des farines, de l’avoine, de la viande et des eaux‑de‑vie.

 

Vous enverrez un agent des transports à Küstrin, qui partira avant minuit et sera arrivé demain, avant neuf heures du matin, à Küstrin. Il prendra des mesures pour connaître le nombre de jours qu’il faut à un bateau pour remonter la Warta jusqu’à Po­sen. Si cela est nécessaire, il se rendra à Landsberg, où j’ai des magasins considérables, pour en faire filer l’avoine et les farines dont on aurait besoin. Il vous expédiera demain un courrier, afin que je sache ce qu’il faut de temps pour remonter la Warta de Küstrin à Posen.

 

Le trésor, les chefs de service, les approvisionne­ments d’ambulance, tout ce qui doit suivre le quar­tier général, tout cela peut se préparer à partir. Faites‑moi connaître le nombre de voitures allant avec leurs chevaux, et le matériel soit pour les am­bulances, soit pour le trésor, qui pourront partir pour suivre l’armée. Donnez des ordres pour qu’on établisse des hôpitaux à Küstrin. Vous pouvez faire remonter, de Stettin à Küstrin, par l’Oder, de l’eau­-de‑vie et du vin. C’est par la ligne de communication de Stettin a Küstrin qu’auront lieu toutes les opéra­tions militaires contre les Russes.

 

Il y a à Stettin deux millions de pain, du rhum et de l’eau‑de‑vie. Vous pouvez en faire remonter la moitié à Küstrin.

 

NAPOLÉON.

 

Comm. par M. le comte Daru,

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

812. - ORDRE DE SE RENDRE A POSEN ET D’Y PRENDRE UNE POSITION MILITAIRE.

 

AU MARÉCHAL DAVOUT.

 

Berlin, 7 novembre 1806.

 

Mon Cousin, j’ai lu votre lettre du 5 au prince de Neufchâtel. Vous recevrez l’ordre de vous diriger sur Posen avec votre corps d’armée. Faites suivre, comme vous pourrez, vos 3,000 fusils, afin que vous puissiez les distribuer aux Polonais à Posen. Des lettres du 30 octobre, interceptées, paraissent prou­ver que les Russes ne sont pas encore à Varsovie. J’imagine que vous serez le 9 ou le 10 à Posen. Toutefois mon intention est que vous n’engagiez aucune affaire sérieuse, surtout avec les Russes, s’il en était arrivé sur la Vistule. Le maréchal Augereau sera le 9 à Driesen. Le maréchal Lannes sera le même jour à Schneidemühl. Le prince Jérôme sera maître de Gross‑Glogau, si cette place veut se rendre, et, en cas qu’elle ne veuille point se rendre, mon intention est de faire passer l’Oder au corps du ­prince Jérôme et de le diriger du côté de Schmie­gel, pour intercepter la route de Breslau à Posen. Quand vous serez à Posen, vous enverrez des partis pour intercepter les routes de Posen à Breslau, Graudenz et Thorn. Il est impossible que cela ne vous procure pas quelques renseignements impor­tants. Envoyez reconnaître les ponts sur la Warta, entre Küstrin et Posen, afin que si, par les mouve­ments de l’ennemi, vous deviez vous porter sur votre gauche, je sache où vous devez passer cette rivière. Envoyez des ordres à la division de dragons du général Beaumont, qui est partie d’ici ce matin à la pointe du jour, afin qu’elle vous joigne ; elle sera le 7 sur l’Oder, et elle pourra être le 10 à Posen ; si l’ennemi est toujours très‑loin, ne la fati­guez pas inutilement, et ne la faites arriver que le 11. Prévenez le général Beaumont de maintenir une sévère discipline, et établissez‑la dans votre corps d’armée. Il serait malheureux d’indisposer les Polonais. J’imagine que vous avez quelques Polonais avec vous. Vous devez trouver facilement des espions et des agents pour être instruit de la marche des Russes. N’ayez point trop de confiance, c’est ce que je dois vous recommander aujourd’hui. Il m’importe d’avoir fréquemment de vos nouvelles. Envoyez un adjoint sur la route de Stettin, pour qu’il puisse vous porter des nouvelles du maréchal Lannes. Ne fatiguez point vos troupes, et arrivez à Posen sans faire des marches forcées. Choisissez à Posen une bonne position militaire qui couvre la route de Thorn et celle de Varsovie. Comme il est possible que je vous laisse là trois ou quatre jours, ne pouvant m’avancer davantage sans avoir fait rapprocher les corps qui sont sur mes derrières, faites faire des baraques et établissez‑vous là très­-militairement. Faites lever par des ingénieurs le croquis de votre position tout autour, et que, dans la position que vous prendrez, vous puissiez faire votre retraite indistinctement sur la rive gauche ou sur la rive droite de la Warta. Vous ferez, en consé­quence, reconnaître votre seconde position de re­traite, qui me paraît devoir être derrière un petit ruisseau qui rencontre la route de Posen à Schnei­demühl, au village de Rogasen.

 

Faites construire des fours à Posen, puisque toute l’armée va se réunir là ; mais faites‑les construire véritablement en trois jours. Envoyez‑en l’ordre à votre cavalerie. Faites‑moi connaître en combien de jours un bateau remonte la Warta depuis Küstrin jusqu’à Posen.

 

En prenant une position militaire, éloignez‑en un peu votre cavalerie, afin de ne pas manger ce qui serait autour de votre camp et de le réserver pour des moments difficiles d’opérations. A votre entrée à Posen, prenez des mesures pour établir des maga­sins de farine, d’avoine, d’eau‑de‑vie et de viande, si vous n’y en trouvez pas, non‑seulement pour votre corps, mais pour toute l'armée.

 

Comm. par Mme la maréchale princesse d’Eckmühl.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

813. ‑ ORDRES POUR LA FORMATION DE BATAILLONS PROVISOIRES.

 

AU MARÉCHAL BERTHIER.

 

Berlin, 10 novembre 1806.

 

Indépendamment des détachements que j’ai or­donné au maréchal Kellermann de faire partir dans la première quinzaine de novembre pour venir ren­forcer les corps, mon intention est qu’il soit formé 8 bataillons provisoires. Chaque bataillon sera com­posé d’une compagnie fournie par chacun des 3es ba­taillons des corps qui sont à la Grande Armée ; chaque compagnie sera complétée à 140 hommes ; les bataillons seront formés conformément à l’état ci‑joint.

 

Le maréchal Kellermann nommera un chef de bataillon et un adjudant‑major pour chaque ba­taillon, et un major pour commander deux bataillons.

 

Il aura soin de ne pas prendre les majors dans les mêmes corps où il prendra les chefs de bataillon ou adjudants‑majors.

 

Il ne sera pas nécessaire que les conscrits soient inscrits : il suffira qu’ils aient huit ou dix jours d’instruction, qu’ils soient armés, et qu’ils aient la veste, la culotte, les guêtres, le chapeau d’uniforme et une capote. Il ne faudra pas attendre qu’ils aient l’habit.

 

Ces bataillons seront placés dans les places suivantes, où ils achèveront leur instruction. Le 4è et le 5è bataillon se réuniront à Cassel, le plus tôt possible, pour maintenir la tranquillité de l’électorat de Hesse‑Cassel ; et vous remarquerez à cet effet qu’il faudra que vous donniez l’ordre au commandant de la 1re division militaire pour la compagnie du 14è régiment, au commandant de la 2è division pour la compagnie du 12è de ligne, et au commandant de Verdun pour la compagnie du 25è d’infanterie légère. Donnez ordre aux com­mandants de ces trois divisions d’organiser sur‑le‑champ ces compagnies et de les diriger sur Mayence.

 

Les autres bataillons se dirigeront sans délai sur Magdeburg, où ils resteront le temps nécessaire pour compléter leur instruction. Faites sentir au maré­chal Kellermann qu’il ne faut pas perdre un moment pour former ces bataillons ; que, pourvu qu’ils soient armés, tout est bon ; que je les fournirai de tout à Magdeburg ; qu’enfin j’obtiendrai par là deux avan­tages, puisqu’ils ne me coûteront rien en France et qu’ils me garderont Magdeburg, ce qui me rendra d’autres troupes disponibles.

 

J’espère que ces troupes seront réunies à Mayence et partiront le 25, pour être rendues le plus tôt pos­sible à leur destination.

 

Donnez ordre au commandant de la 25è division, militaire de faire partir au 20 novembre tous les dragons à pied, chasseurs et hussards qui s’y trou­veront au‑dessus du nombre de chevaux qu’ils ont.

 

Donnez le même ordre pour les 5è et 26è divi­sions militaires. Donnez le même ordre à Paris pour les corps de dragons. Les ordres sont donnés aux corps de cavalerie, qui se trouvent dans les 6è, 24è, 16è, 1re et 18è divisions. Tout doit donc venir à la Grande Armée. Il ne doit donc plus y avoir aux dépôts d’hommes à pied, hormis les invalides, aux­quels il faut donner leur retraite, et les hommes qui ont des chevaux non encore dressés, et encore faut‑il que ces chevaux partent à mesure qu’il y en a dix d’équipés et d’arrangés, pour venir rejoindre leur régiment.

 

Vous ferez remarquer au général Dejean l’avan­tage qu’il y aura, pour l’économie de mes finances et le bien de mon armée, dans l’envoi de ces hommes ; qu’ils tiendront garnison dans les grandes places de Magdeburg, Potsdam, Spandau , Küstrin, Stettin, garderont mes derrières, s’instruiront plus vite parce qu’ils en sentiront le besoin, et ne coû­teront rien à mes finances.

 

Il y a à Juliers deux compagnies de sapeurs qui y sont inutiles ; faites‑en partir une pour Mag­deburg. N’en laissez qu’une à Mayence et à Wesel ; que le reste parte. Il n’y en a pas besoin à Stras­bourg.

 

NAPOLÉON.

 

Dépôt de la guerre.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

814. – 31è BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.

 

RÉCAPITULATION DES PRISONNIERS, DRAPEAUX, CANONS, PRIS DANS LA CAMPAGNE CONTRE LA PRUSSE.

 

Berlin, 12 novembre 1806.

 

La garnison de Magdeburg a défilé le 11, à neuf heures du matin, devant le corps d’armée du maré­chal Ney. Nous avons 20 généraux, 800 officiers, 22,000 prisonniers, parmi lesquels 2,000 artilleurs, 54 drapeaux, 5 étendards, 800 pièces de canon, un million de poudre, un grand équipage de pont et un matériel immense d’artillerie.

 

Le colonel Gérard et l’adjudant commandant Ricard ont présenté ce matin à l’Empereur, au nom des 1er et 4è corps, 60 drapeaux, qui ont été pris à Lubeck au corps du général prussien Blücher ; il y avait 22 étendards, 4,000 chevaux tout harnachés, pris dans cette journée, se rendant au dépôt de Potsdam.

 

Dans le vingt‑neuvième bulletin, on a dit que le corps du général Blücher avait fourni 16,000 pri­sonniers, parmi lesquels 4,000 de cavalerie. On s’est trompé : il y avait 21,000 prisonniers, parmi lesquels 5,000 hommes de cavalerie montés ; de sorte que, par le résultat de ces deux capitulations, nous avons 120 drapeaux et étendards, et 43,000 pri­sonniers. Le nombre des prisonniers qui ont été faits dans la campagne passe 140,000 ; le nombre des drapeaux pris passe 250 ; le nombre des pièces de campagne prises devant l’ennemi et sur le champ de bataille passe 800 ; celui des pièces prises à Berlin et dans les places qui se sont rendues passe 4,000.

 

L’Empereur a fait manœuvrer hier sa Garde à pied et à cheval dans une plaine, aux portes de Berlin. La journée a été superbe.

 

Le général Savary, avec sa colonne mobile, s’est rendu à Rostock, et y a pris 40 ou 50 bâtiments suédois sur leur lest ; il les a fait vendre sur‑le­champ.

 

Moniteur du 20 novembre 1806.

(En minute au Dépôt de la guerre.)

 

 

815. ‑ CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ARMÉE : SOLDE, APPROVISIONNEMENT, HABILLEMENT, TRANSPORTS, HOPITAUX.

 

Berlin, 14 novembre 1806.

 

Le conseiller d’État Daru, intendant général, est présent. M. Roguin, payeur général, est introduit. Il met sous les yeux de Sa Majesté l’état de sa recette et de ses payements, et celui des moyens et des besoins du service. Sa Majesté fait les observations et prescrit les dispositions suivantes :

 

On ne voit pas figurer dans les rentrées les 700,000 francs provenant des caisses de Cassel. Cette omission doit être réparée.

 

Il n’est pas nécessaire de s’occuper du 8è corps, attendu qu’il a reçu 200,000 francs à Cassel.

 

Il faut donner sur‑le‑champ l’ordre de verser dans la caisse du 4è corps, à Lubeck, les 400,000 francs de Hambourg, qui ont été réalisés.

 

Le payeur général présentera au conseil d’admi­nistration, qui se tiendra dimanche prochain, à dix heures, un compte séparé de l’argent qui provient du trésor public de Paris, et de celui qui provient du pays conquis. Ces fonds ne doivent pas être confondus : le payeur doit compte des uns au trésor public, et il doit être tenu des autres un compte particulier dont le trésor public doit avoir connais­sance, mais sur l’emploi desquels il n’a aucun moyen de vérification.

 

L’intention de Sa Majesté est que le mois de solde accordé à l’armée soit entièrement payé avec les fonds du pays conquis. Si, pour activer les payements, on était dans le cas de prendre sur les fonds qui viennent de France, ce ne serait qu’un emprunt. Il doit en être de même des sommes qui seront mises à la disposition de l’intendant général sur les ordonnances du major général. Les fonds envoyés par le trésor public de France sont pour le payement de la solde arriérée. Ainsi le mois qui a été payé à l’armée sur les fonds provenant du pays conquis est pour la solde d’octobre ; et, comme l’intention de Sa Majesté est que la solde courante soit payée, le premier mois à acquitter sera celui de novembre.

 

Dans les besoins auxquels les fonds du trésor de France doivent subvenir, le payeur général com­prendra : 1° les ordonnances délivrées par les mi­nistres et autorisées par le trésor ; 2° la solde jus­qu’au 1er octobre exclusivement.

 

Le payeur général apportera : 1° le bordereau séparé de ce qui a été payé sur les deux millions mis à la disposition du major général, et celui des ordonnances en vertu desquelles se sont faits ces payements ; comme le trésor public a fait les fonds pour ces deux millions, ils entreront dans les dé­penses à payer par le trésor de France ; 2° le bor­dereau des dépenses des ministres de la guerre et de l’administration de la guerre ; 3° enfin, le montant détaillé, corps par corps, d’un mois de solde pour toute l’armée.

 

M. Daru présente l’état des magasins de Magdeburg et de Spandau.

 

Sa Majesté ordonne que, jusqu’à nouvel ordre, on ne laisse rien sortir de la douane de Magdeburg, et qu’on fasse connaître l’argent qui se trouve dans la banque de cette place.

 

Elle prescrit de faire publier par les comman­dants, à Berlin, Magdeburg, Stettin et Küstrin, que toute personne qui fera connaître un magasin d’effets ou de denrées ayant appartenu au roi de Prusse, aux régiments ou aux capitaines de l’armée prussienne, recevra le quart de la valeur de ce ma­gasin, à quelque somme qu’elle puisse s’élever.

 

M. Cetty, faisant les fonctions d’ordonnateur du service de l’habillement, et M. de Riccé, inspecteur général, sont introduits. Les états de magasins des diverses sortes d’effets d’habillement sont mis sous les yeux de l’Empereur. Sa Majesté prescrit les dispositions suivantes :

 

Les 2,103 culottes de peau existant dans les ma­gasins seront distribuées aux régiments de dragons et de cuirassiers, excepté le 1er et le 2è, qui en ont déjà reçu, à raison de 50 par régiment. Cette dis­tribution sera mise à l’ordre du jour de demain.

 

Il faut également distribuer les 6,000 chapeaux,

 

Donner aussi à l’armée les caisses de tambours qui se trouvent à l’arsenal, et dont le magasin général doit faire recette.

 

Donnez à l’artillerie les poudrières.

 

Présenter, pour être mise à l’ordre du jour, une distribution des draps fins provenant tant de Berlin que de Leipzig.

 

Distribuer les 14,000 aunes de coutil, en en don­nant d’abord aux grenadiers d’Oudinot un pantalon par homme.

 

La mesure proposée de faire venir des capotes en masse est impraticable ; mais il faut ordonner que chaque maréchal d’empire, en conséquence de l’ordre du jour, fasse une distribution régiment par régiment, et que cette distribution soit mise à l’ordre de chaque corps d’armée.

 

Comprendre, dans la distribution des capotes, les grenadiers d’Oudinot en masse, pour 3,000 ca­potes.

 

Avoir soin, lors de la distribution des man­teaux aux dragons à pied qui ont été montés, de faire rendre une capote pour chaque manteau délivré.

 

Faire connaître au prochain conseil la quantité des draps qui proviennent de Stettin et de Francfort, et donner un état positif et détaillé de ceux qui ont été requis à Leipzig.

 

Faire réunir à Magdeburg du drap provenant des boutiques de draperie de cette ville, pour 20,000 capotes ; en demander à Hambourg pour 50,000, et à chacune des villes de Brême et de Lubeck pour 15,000. Faire emmagasiner ces draps et confectionner les capotes, qui seront dirigées sur Magdeburg.

 

Enfin remettre, tous les huit jours, l’état de ce qui aura été donné, corps par corps.

 

Sa Majesté représente la nécessité de s’occuper avec activité d’un grand approvisionnement de souliers. Elle prescrit à cet effet les dispositions sui­vantes :

 

L’intendant général passera des marchés qui seront soumis à l’approbation du major général : à Berlin, pour 50,000 paires, qui seront versées à Spandau ; à Magdeburg, pour 50,000 paires, qui seront emmagasinées dans cette place ; à Stettin, pour 25,000 paires, qui seront emmagasinées dans cette place ; à Francfort‑sur‑l’Oder, pour 15,000 paires, qui seront versées à Küstrin ; à Küstrin, pour 10,000 paires, qui y seront emma­gasinées ; à Leipzig, pour 50,000 paires, qui seront versées à Magdeburg, et à Dresde, pour 50,000 paires, qui seront versées à Küstrin.

 

Les marchés fixeront l’époque des livraisons, savoir :

Le premier cinquième, au 1er décembre ; le second, au 15 ; le troisième, au 30, et les deux der­niers cinquièmes, avant le 20 janvier ; avec la con­dition d’une déduction sur le prix en cas de retard. Les payements seront faits après chaque livraison de 1,000 paires.

 

Des ordres seront donnés à l’avant‑garde pour passer aussi des marchés de souliers, savoir : de 25,000 paires à Glogau, de 25,000 à Posen, et à Varsovie de 50,000 ; aux mêmes conditions et dans les mêmes délais.

 

On fera acheter à Hambourg du cuir pour 200,000 paires ; la livraison s’en fera à Magdeburg. Dans ce cas, les marchés de souliers, pour cette quantité de 200,000 paires, ne seront passés que pour la façon.

 

M. Breidt, entrepreneur des transports et équipages militaires, et M. Thévenin, inspecteur général de ce service, sont introduits. Sa Majesté prescrit les dispositions suivantes :

 

Au lieu de laisser les agents de l’inspecteur général auprès de chaque corps d’armée, il con­vient de les rappeler tous auprès de l’inspecteur général. Ils y seront employés pour le service du transport des réquisitions et pour d’autres missions. On pourra, tous les mois ou tous les deux mois, les envoyer faire l’inspection de l’état du service dans les corps.

 

Il convient aussi d’envoyer sans délai un inspecteur des équipages militaires à Lubeck, à Prenzlow et dans les autres lieux du pays où l’armée prussienne a été coupée, pour réclamer, auprès des baillis, les caissons, voitures et équipages, selles et harnais de l’ennemi.

 

Les inspecteurs doivent être chargés non‑seule­ment des missions qu’ils recevront pour les trans­ports par terre, mais encore de tout ce qui concer­tera les transports par eau. Il faut donc que M. Thévenin se mette au courant de tout ce qui regarde les transports : sur l’Elbe, de Dresde à Hambourg ; sur l’Oder, de Glogau à Stettin, et sur la Warta, de Posen à Küstrin. Il enverra des in­specteurs pour être au fait, par leurs rapports, des prix, du nombre et de la capacité des bateaux, etc., afin d’être en état de disposer de ces moyens natu­rels de transport.

 

M. Lombard, commissaire ordonnateur du service des hôpitaux, et MM. Coste, médecin en chef, Percy, chirurgien en chef, Bruloy, pharmacien en chef, et Meuron, régisseur, sont introduits M. Lombard met sous les yeux de Sa Majesté les états relatifs au service des hôpitaux et de l’ambulance.

 

Sa Majesté défend expressément aucune évacua­tion sur la France. Les évacuations sont funestes aux blessés et aux malades. Mais, quand elles sont indispensables, elles doivent avoir lieu sur Weimar et sur Leipzig, pour ce qui est au delà de la Saale, et, pour ce qui est en deçà, sur Magdeburg, Span­dau et Küstrin.

 

Sa Majesté ordonne l’établissement d’un hôpital pour 500 malades et 500 blessés à Magdeburg. Les hôpitaux prussiens seront ôtés de la ville et évacués sur Brunswick et dans cette direction.

 

M Roman, commissaire ordonnateur du service des subsistances, et MM. Reibell entrepreneurs des vivres‑pain, Valette, entrepreneur des vivres‑viandes, et Lannoy, entrepreneur des fourrages, sont introduits. Les états de ces divers services sont mis sous les yeux de Sa Majesté, qui prescrit les dispositions suivantes :

 

Les grains qui sont à Weissenfels seront trans­portés à Magdeburg.

 

On fera remonter 100,000 boisseaux d’avoine de Stettin sur Küstrin.

 

Sa Majesté remarque qu’il y a peu bien de chose à Erfurt. Elle désire qu’on prenne des mesures pour y maintenir toujours un approvisionnement de 15,000 quintaux de grains.

 

Elle ne voit pas d’inconvénient à ce que l’on frappe une réquisition sur Weimar et sur Fulde, ainsi que sur les pays prussiens qui en sont voisins.

 

Dépôt de la guerre.

 

 

816. ‑ MESURES A PRENDRE POUR FORMER UN CINQUIÈME ESCADRON DANS LA CAVALERIE ; DEMANDE D’HOMMES NON MONTÉS.

 

AU GÉNÉRAL DEJEAN.

 

Berlin, 16 novembre 1806.

 

Monsieur Dejean, je reçois votre lettre par la­quelle je vois évidemment que vous n’avez rien fait pour le 5è escadron de cavalerie dont j’ai or­donné la formation. Vous écrivez aux colonels des régiments qui sont au milieu de la Pologne, qui n’ont pas le temps de lire vos lettres, ou qui même ne les reçoivent pas ; vous n’arriverez ainsi à aucun résultat, Il faut nommer les officiers de 5è escadron parmi les officiers réformés. Vous êtes arrêté par la difficulté de savoir si ce sont des officiers de cui­rassiers ou d’autres régiments de cavalerie que vous choisirez : cela devait d’autant moins vous arrêter que, quelque décision que vous eussiez prise, cela ne pouvait m’importer, et que, dans la circonstance, tout ce que vous auriez fait eût été bien. Vous n’êtes pas assez tranchant, et vous ne vous pénétrez pas assez de la situation des choses. Je désire que, vingt‑quatre heures après la réception de ma lettre, tous les officiers soient nommés, pourvu que vous ne les preniez pas dans l’armée et que vous ne nommiez pas des freluquets de 1792. Nommez‑moi des hommes qui aient fait une partie des campagnes et qui soient bons sujets.

 

Quant aux régiments de cuirassiers qui sont en Italie et qui rejoignent l’armée, j’ai laissé les 4es escadrons en Italie pour qu’ils s’y forment. Par ce moyen, toutes les mesures qui sont prises pour la conscription ne souffrent aucun dérangement. Du moment que je saurai que les cadres des 5es esca­drons sont formés et existent, je rappellerai les 4es escadrons à l’armée. On demande ici à grande force des hommes de cavalerie à pied ; 800 ont été envoyés à Cassel ; mais il y en a besoin de 800 autres ; il en faudrait aussi ici. Veuillez donc en­voyer des officiers passer la revue des dépôts, pour en faire partir tous les hommes disponibles à pied, avec leurs selles, leurs manteaux, leurs bottes et leurs armes ; on leur donnera ici des chevaux. Il faut cependant laisser les hommes nécessaires pour soigner les chevaux. Les conscrits n’ont pas besoin de rester plus de huit jours aux dépôts. J’ai 60 à 70,000 hommes de cavalerie. Je suis persuadé qu’il y a encore en France plus de 10,000 hommes aux différents dépôts. Pour les chevaux qui, par le résultat des marchés, ne doivent être levés qu’en janvier, on aura le temps de fournir les hommes. Il faut laisser seulement des hommes pour les che­vaux qui restent. Tout le reste, faites‑le marcher. Il faut donc que vous m’envoyiez l’état de situation des hommes existant aux dépôts des différents régi­ments de cavalerie au 15 novembre ; du nombre de chevaux qui arriveront en conséquence des mar­chés passés pour le 1er janvier ; de ceux à réformer, ce qu’il faut faire le plus tôt possible, et des chevaux qui peuvent partir des dépôts au 15 décembre et au 1er janvier, et enfin du nombre des hommes que vous ferez partir ; je désirerais qu’il fût au delà de 6,000 hommes ou de 4,000 au moins. J’ai bien vu, dans votre rapport, des ordres que vous aviez donnés pour cet objet ; il faut presser ce travail, en faisant inspecter les dépôts par des officiers supé­rieurs et par des généraux. J’ai donné au roi de Bavière plusieurs centaines de chevaux que j’ai levés dans le pays de Baireuth, parce que je n’avais point d’hommes pour en avoir soin.

 

NAPOLÉON.

 

Dépôt de la guerre.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

 

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