| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome
quatrième
Paris
- 1876 817.
‑ MESURES A PRENDRE POUR PROTÉGER ET TENIR BERLIN, PENDANT LA
CAMPAGNE DE POLOGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, GOUVERNEUR GÉNÉRAL DE LA PRUSSE. Mescritz,
27 novembre 1806. J’ai
fait donner l’ordre aux gouverneurs de Stettin, de Küstrin, Spandau,
Magdeburg et Wittenberg de correspondre avec vous tous les jours. J’ai
ordonné qu’il fût placé des postes le long de l’Oder : par le
commandant de Stettin, jusqu’à Oderberg, et par celui de Küstrin, de Küstrin
jusqu’à Oderberg ; de sorte qu’il n’y aura plus aucune correspondance
sur l’Oder que par Stettin, Küstrin et Francfort. Diligences, courriers,
chariots de commerce, etc., devront passer la rivière sur un de ces points.
M. de Thiard commande la place de Dresde ; il est fort convenable que vous
vous mettiez en correspondance avec lui. Berlin
peut être attaqué par la Poméranie suédoise : j’ai ordonné au maréchal
Mortier de tenir à Rostock et Anklam deux fortes divisions, qui formeront
de 12 à 14,000 hommes ; non‑seulement elles contiendront les Suédois,
mais aussi serviront de réserve pour se porter à Berlin et partout où il
sera nécessaire. Des
partis ennemis peuvent partir des bords de la Vistule pour tenter un coup de
main sur Stettin, le gros de mon armée opérant sur le haut de la Vistule :
j’ai donné des ordres circonstanciés dans ce sens au commandant de
Stettin. J’ai ordonné qu’une partie des dépôts de cavalerie fût portée
sur l’Oder ; dans un cas d’événement pressant, on trouvera toujours
dans ces dépôts un millier de chevaux qui repousseraient les partis
ennemis. Dans ce cas même
j’ai ordonné au commandant de Stettin de prévenir les généraux du
corps du maréchal Mortier, qui ont ordre de venir au secours de Stettin
et de border l’Oder. Une
révolte à Berlin me paraît difficile. Je pense que, des 1,600 hommes de
garde nationale, vous devez n’en armer que 800, sous prétexte que les
fusils manquent ; un fusil peut servir à deux hommes ; ils se le
passeraient. Il y aura à Berlin assez de garnison pour pouvoir contenir la
population. D’ailleurs, le dépôt de Potsdam sera toujours en mesure de
fournir un millier d’hommes, ainsi que les garnisons de Stettin, de Küstrin,
et enfin le corps du maréchal Mortier, si les choses devenaient graves. Le
principal est de ne souffrir à Berlin ni fusils, ni canons, ni sabres ;
tout doit être enfermé soigneusement à Spandau et dans les places
fortes. La populace sans armes ne peut rien faire. Au moindre événement,
vous devez faire arrêter le prince Auguste et le
mettre à Spandau, en
otage. Vérifiez ce que sont devenues les armes provenant du désarmement.
Si on les a laissées à Berlin, faites‑les transporter sans délai à
Spandau. Je
vais vous envoyer à Berlin, pour garnison, deux bataillons de Nassau qui
font bien le service. Enfin,
cependant, si l’ennemi parvenait à passer l’Oder, ou d’un autre côté
menaçait Berlin, vous vous retireriez dans la citadelle de Spandau, après
avoir prévenu le plus possible les commandants des différentes places et
donné des ordres pour qu’on n’éprouve point des pertes. Je
vais ordonner la formation de plusieurs colonnes et camps volants, qui
pourront se trouver à Berlin et parcourir les provinces. D’ailleurs,
pendant longtemps vous aurez des troupes de passage. En exigeant que les
commandants de Wittenberg, Magdeburg et Erfurt, etc., vous écrivent fréquemment,
vous saurez toujours sur quoi vous pouvez compter. Une division de
cuirassiers de 2,000 hommes, que commande le général Espagne,
n’arrivera guère que dans quinze jours à Berlin ; enfin des bataillons
provisoires, formés de conscrits que j’organise à Mayence, arriveront à
la fin de décembre et en janvier, et vous fourniront plusieurs milliers
d’hommes. Portez une grande attention à ce qu’il n’y ait ni canons ni armes à Berlin, à ce qu'il n’y en ait que dans les places fortes. Envoyez des individus inspecter les lieux où il y a eu des combats du côté de Prenzlow, pour en retirer tous les canons qui pourront s’y trouver et les envoyer dans les places fortes. Il y a un conseiller du grand‑duc de Berg qui a servi à Wesel et dans la campagne passée ; il parle bien allemand, c’est un homme sûr ; vous pouvez vous en servir avec avantage pour la police. Sur toutes choses, écrivez tous les jours afin qu’on sache ce qui se passe. Portez
une grande surveillance à ce que l’on confectionne des souliers et
qu’on les envoie à Küstrin ; le temps devient mauvais, et l’on
commence à en avoir très‑grand besoin. On
avait conclu ici une suspension d’armes avec le roi de Prusse, qui a déclaré
qu’il ne pouvait point la ratifier, parce qu’il était entièrement au
pouvoir des Russes. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 818.
‑ ORDRES D’ÉTUDIER L’EMPLACEMENT D’UNE PLACE FORTE AU CONFLUENT
DE LA NAREW ET DE LA VISTULE. AU
GÉNÉRAL CHASSELOUP. Posen,
1er décembre 1806. Vous
vous rendrez à Lenczyca et me ferez un rapport détaillé sur ce fort.
Vous ordonnerez les travaux nécessaires pour le mettre en état de défense,
et qu’il puisse contenir hôpitaux, magasins et le parc d’armée. Vous
laisserez à Lenczyca un officier du génie pour exécuter vos ordres, et de
là vous vous rendrez à Varsovie. Si nous parvenons à passer le pont, vous
ferez établir des ouvrages pour assurer la défense de Praga. Vous irez
ensuite reconnaître, au confluent de la Narew dans la Vistule, un
emplacement pour y établir une place forte. Mon intention est de prendre
une île pour cet emplacement, et de construire deux têtes de pont sur
l’une et l’autre rive. Je placerai là mes magasins, mes dépôts. Cette
île et les deux têtes de pont devront être fortifiées pendant l’hiver
avec des sapins, du bois et tous les moyens que l’art pourra employer pour
mettre la place en état de soutenir un siège. Mon intention est
d’abandonner cette place à elle‑même, si cela est nécessaire.
NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 819.
‑ ORDRE DE PRENDRE LE GOUVERNEMENT DE GLOGAU ET DE LA HAUTE SILÉSIE. AU
GÉNÉRAL BERTRAND. Posen,
3 décembre 1806, 9 heures du matin. Monsieur
le Général Bertrand, vous partirez avant une heure pour vous rendre à
Glogau. Vous prendrez le gouvernement de cette place et de toute la haute
Silésie, jusqu’à ce que j’aie envoyé quelqu’un vous remplacer.
Vous ferez dresser un inventaire exact des magasins d’artillerie et des
vivres. Vous m’enverrez tous les états, ainsi qu’une reconnaissance
de la place. Je désire la garder, parce qu’elle me donne un pont sur
l’Oder pour tomber en Silésie. J’attendrai votre rapport pour fixer mes
idées. Vous me ferez connaître également la force de la garnison qui
serait nécessaire pour mettre la place à l’abri d’un coup de main, la
force des manutentions. Vous désignerez des emplacements pour les hôpitaux,
etc. Vous
m’enverrez un premier aperçu de la statistique de toute la haute Silésie.
Vous me ferez connaître la quantité de magasins à poudre, des forges à
rougir les boulets, etc., les manufactures de drap, les tanneries qui se
trouvaient dans la haute Silésie. Vous commanderez des souliers, dont vous
savez le grand besoin que l’on a, et vous ordonnerez tous les petits
travaux, soit d’artillerie, soit du génie, pour mettre la place en état. Vous
aurez soin de désarmer toute la ville de sabres et de fusils, et
d’envoyer toutes les armes provenant du désarmement sur Varsovie pour
armer les Polonais. NAPOLÉON. Comm.
par M. le colonel Henry Bertrand. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 820.
‑ URGENCE DE HATER L’ARRIVÉE DE SOULIERS A L’ARMÉE. A
M. DARU. Posen,
3 décembre 1806. Monsieur
Daru, je vous avais demandé un rapport sur les souliers qui doivent être
envoyés à Küstrin. Le premier compte que vous m’avez rendu m’annonçait
qu’il en était arrivé 6,000 paires ; cependant il n’en est arrivé
que 4,000. Il devait aussi en arriver de Dresde, d’Erfurt, et aussi d’un
second et troisième envoi de Berlin. Il est urgent de prendre des mesures
efficaces pour que ces souliers arrivent ici. Écrivez à M. Lambert de les
faire partir pour Küstrin. Le général Oudinot les garde tous pour lui :
ce n’est pas juste ; ses grenadiers sont pourvus, et j’ai ici des corps
qui n’ont rien. Le général Oudinot demande 10,000 paires de souliers :
il est convenable de les lui accorder, mais quand on lui donnerait 3,000
paires aujourd’hui, 3,000 paires dans quinze jours et 3,000 paires dans un
mois, ce serait suffisant. Écrivez
à l’ordonnateur du corps du maréchal Ney qui est à Bromberg, que
Bromberg et Thorn sont des pays de ressources où l’on peut se procurer
des souliers ; et si l’on ne peut pas avoir des souliers, qu’on prenne
du cuir avec lequel nos soldats sont assez industrieux pour raccommoder
leurs vieux souliers. Lorsque 30,000 paires de souliers seront parties pour
Küstrin, donnez le trente et unième mille au général Ménard pour les
hommes qui sont dans le cas de rejoindre les différents dépôts ; mais
faites‑en venir trente mille à Küstrin, et puis la trente‑deux
millième paire jusqu’à la quarante millième seront également dirigées
sur Posen. NAPOLÉON. Comm.
par M. le comte Daru. (En
minute aux Arch. de l’Emp.) 821.
‑ ORDRE DE FAIRE DÉMOLIR LES FORTIFICATIONS DE BRESLAU AUSSITOT LA VILLE PRISE. AU
MARÉCHAL BERTHIER. Posen,
5 décembre 1806. Mon
Cousin, mon intention est qu’aussitôt que nous serons maîtres de
Breslau, on en démolisse, sans perdre une heure, les fortifications, excepté
la citadelle, s’il y en a une qui puisse être de quelque utilité ; mais
la ville, étant peuplée de plus de 60,000 habitants, exigerait trop de
garnison. Donnez
ordre au commandant du génie d’y diriger une compagnie de mineurs et une
de sapeurs, pour qu’on puisse procéder à la démolition sans retard.
Les pièces seront transportées à Varsovie pour l’armement des têtes
de pont, à Glogau, qui est une place que je veux garder, et dans la
citadelle de Breslau, si elle est jugée pouvoir être conservée. Faites
connaître également mes ordres au général d’artillerie, pour qu’il
les transmette à ses officiers, et qu’il ait là une compagnie
d’artillerie pour faire les évacuations et concourir aux démolitions. NAPOLÉON. Dépôt
de la guerre. (En
minute aux Arch. de l’Emp) 822.
‑ DISPOSITIONS A PRESCRIRE AUX DIFFÉRENTS CORPS, OUVRAGES A FAIRE
ENTRE LE BUG ET LA NAREW ; AVIS ET ORDRES. AU
GRAND‑DUC DE BERG. Posen,
5 décembre 1806. Je
reçois votre lettre du 2 décembre, à sept heures du matin. Il paraît que
l’arrivée de l’infanterie n’a pas tardé à décider les Russes à
s’en aller. A l’heure qu’il est, j’imagine que le pont est tout à
fait rétabli, que le général Chasseloup est arrivé et qu’il emploie
tous les sapeurs et ingénieurs à travailler aux fortifications de Praga,
afin que cela serve de tête de pont. Il n’y a pas un moment à perdre. Je
suppose que vos trois divisions de dragons, qui doivent former près de
8,000 hommes, et toute votre cavalerie légère, ont passé la rivière et
bordent le Bug, la cavalerie légère en première ligne, vos dragons en
seconde ; que tout le corps du maréchal Davout a passé la Vistule, et que
son avant‑garde est sur la Narew ; que le corps du maréchal Lannes
tout entier est dans Varsovie ; que celui du maréchal Augereau est descendu
à l’embouchure de la Narew dans la Vistule et jette là un pont. Si ces
dispositions ne sont pas faites, faites‑les faire sur‑le-champ.
Le maréchal Augereau laissera ses deux régiments de cavalerie légère
vis‑à‑vis Plock, pour communiquer avec le maréchal Ney à
Thorn. Je donne ordre au général Walther et à mon petit quartier général
de se porter à Varsovie. Je ne me rendrai moi-même à Varsovie que
lorsque vous aurez passé le Bug ou la Narew. Le Bug passé, vous ferez
jeter un pont et travailler à une belle tête de pont. Ainsi donc je veux
avoir un pont à l’embouchure de la Narew dans la Vistule, où je veux
construire une place forte avec deux têtes de pont ; je veux avoir une tête
de pont à Praga ; un pont et une tête de pont sur le Bug ; tout le corps
du maréchal Davout en avant de la Vistule, pour défendre Praga et le pont
de la Narew ; tout le corps du maréchal Lannes dans Varsovie et même dans
Praga, fournissant des travailleurs, s’il est nécessaire ; le corps du
maréchal Augereau défendant le pont à l’embouchure du Bug,
fournissant des travailleurs pour la place que je veux construire, ayant sa
cavalerie légère vis‑à‑vis Plock, et occupant Wyszogrod et
Zakroczym. Il ne faut point violer le territoire autrichien, mais il faut
passer ces deux rivières et remuer beaucoup de terre. La
Narew passée, il faudra inonder toute la Pologne de partis, jusque
vis‑à‑vis Thorn, pour en soulever les habitants. Le général
Watier est parti de Posen, il y a deux jours, avec le 11è régiment de
chasseurs ; le régiment bavarois de chevaux légers du prince royal doit
également y être rendu. Cette brigade, qui se réunit à Lowicz, est à
votre disposition. Aussitôt que le pont sur la Narew sera jeté, poussez
votre cavalerie en avant pour courir le pays et accélérer d’autant la
retraite de l’ennemi. Le
corps du maréchal Soult prend du repos ici depuis trois jours. J’attends
de connaître que vous êtes sur les bords de la Narew, et que vous espériez
la passer, pour diriger ce corps d’armée sur‑le-champ sur
Varsovie. Vous
trouverez ci‑joint les journaux de Posen, dont le contenu peut être
mis dans les journaux de Varsovie. Demain partent d’ici 4, 000 fusils pour
les Polonais de Varsovie. Comme
j’imagine que vous aurez besoin du général Belliard, j’envoie le général
Lemarois pour commander la place de Varsovie. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 823.
‑ NOTE RELATIVE AUX HOPITAUX DE L’ARMÉE. NOTE
POUR L’INTENDANT GÉNÉRAL. Posen,
8 décembre 1806. Faire
partir les 25,000 thalers trouvés à Glogau, pour Varsovie ; on les versera
dans la caisse du payeur de la réserve de cavalerie à la disposition du
major général. La
matière des hôpitaux est très‑délicate ; il faut d’abord bien établir
la langue pour s’entendre, car c’est faute de cela qu’on prend une
chose pour l’autre. Dans
une armée, on prépare beaucoup d’établissements dont la moitié
doivent être inutiles, mais c’est pour se trouver en mesure avec les événements. Il
faudrait distinguer les locaux, qu’il faut numéroter, où il faut même
commencer une dépense pour les approprier, mais qui ne doivent servir que
dans les circonstances de ceux qui sont nécessaires aujourd’hui. Ainsi,
on a demandé des locaux pour 2,000 hommes au fort de Lenczyca ; mais on
n’a pas demandé de placer ces 2,000 hommes dans ce fort, parce qu’on
prévoit bien qu’ils y seraient fort mal ; mais on a voulu qu’en cas
d’événements ce travail soit préparé. Quelle que soit donc la
situation de Lenczyca, il faut qu’il y ait des locaux pour 2,000 malades,
ne fût-ce qu’une église ou une grange ; il ne faut donc pas y envoyer des
fournitures, mais les choses les plus indispensables. Presque
tous les hôpitaux qu’ordonne l’Empereur sans rapports préalables sont
de cette nature ; c’est subordonné aux rapports militaires et nullement
à la convenance des localités. Il
y a ensuite des hôpitaux aux divers échelons de l’armée ; c’est là
le cas des quatre hôpitaux qu’a ordonnés l’Empereur. Si un soldat
tombe malade à dix lieues de Posen, on le fera venir à Posen ; cela tient
au système de faire faire aux malades le moins de chemin possible. L’hôpital
de Pinne et celui de Meseritz sont de même nature. Maintenant,
pour le travail des hôpitaux, l’armée se trouvera placée sur la Netze,
et il faut un bel hôpital à Lowicz. L’armée
sera en avant et autour de Varsovie : il faut des hôpitaux à Varsovie ;
2,000 hommes y paraissent très‑peu de chose, il faut plus. Il
y aura des corps d’armée à Posen et à Thorn : il faut, pour ceux
de Posen, les avoir à Posen, et pour Thorn, à Bromberg et sur cette rive
de la Vistule. Ainsi
le système actuel consiste à établir des hôpitaux dans les lieux où
sont cantonnées les troupes ; 100,000 hommes à Varsovie ; 20,000 à Lowicz
; 20,000 à Thorn ; 20,000 à Posen. De
sorte que l’on pense que le système des hôpitaux est complet dans la
position actuelle, si l’on a quatre hôpitaux de Posen à Varsovie pour le
mouvement, un grand hôpital de dépôt à Lowicz pouvant fournir aux
besoins de 25,000 hommes, des hôpitaux à Varsovie pouvant fournir aux
besoins de 100,000 hommes, et des hôpitaux à Bromberg pouvant fournir
aux besoins de 20,000 hommes. Après
cela, avoir pour principe de ne jamais faire aucune évacuation que par
ordre. On n’obtiendra jamais cela des employés, si on n’y porte pas la
plus grande attention. Il
faut présenter un projet d’organisation de dépôts de convalescents,
par corps, à Varsovie ; ainsi il faut à Varsovie un hôpital de blessés,
un de malades, un de vénériens. Doubler
ensuite tous ces établissements, de manière qu’il y en ait pour 6,000
personnes. Il
faut ensuite cinq grandes maisons pour dépôts sous l’administration des
corps d’armée, de 4 à 500 hommes chacun. La
première mesure à prendre pour tout cela, c’est de faire venir les cinq
sixièmes des agents français qui sont au delà de l’Oder. Pourquoi, à
Berlin, Magdeburg, Leipzig, les malades français ne seraient‑ils pas
aussi bien soignés par les médecins du pays ? Il
serait donc convenable que l’ordonnateur des hôpitaux, les officiers de
santé en chef et le régisseur se rendissent à Varsovie, fissent choix
de six hôpitaux, et qu’on eût soin de destiner le même hôpital à un
ou deux corps d’armée. NAPOLÉON. Connu.
par M. le comte Daru. 824.
‑ IMPORTANCE D’UNE PLACE A L’EMBOUCHURE DE LA NAREW. ‑
POSITION A RECONNAITRE DU COTÉ DE SIEROCK. AU
GRAND‑DUC DE BERG. Posen,
8 décembre 1806. Je
reçois votre lettre du 5 décembre à minuit. Je vois avec peine que les
moyens de passage sont exigus. Les marins de la Garde et une compagnie de
pontonniers sont partis pour vous rejoindre. Quand
même l’île qui sera choisie à l’embouchure de la Narew dans la
Vistule serait submergée plusieurs fois par an, si l’on ne peut pas faire
autrement, ce ne doit pas être une objection pour ne pas exécuter mon
projet. Mon principal but est d’avoir une position qui tourne le Bug et la
Narew, sans être obligé d’aller à Varsovie. Le plus tôt possible,
faites travailler à la tête de pont. Le général Chasseloup doit être
arrivé. Je donne ordre qu’on expédie de Glogau 100,000 francs, et
d’ici 100,000 francs, pour accélérer les achats de blé dans la
Gallicie. Je donne ordre que l’ordonnateur des hôpitaux se rende à
Varsovie, où il faut établir des hôpitaux pour 4,000 malades. Toute mon
armée doit être cantonnée à Varsovie et environs. N’épargnez rien
pour travailler avec activité à la tête de pont de la Narew et aux
fortifications de Praga. J’ai envoyé Lemarois pour commander à Varsovie
et y établir de l’ordre. Le
maréchal Ney a passé la Vistule à Thorn le 6. Il est maître de la ville
et le pont est raccommodé. Je vous recommande une tête de pont du côté
de l’Utrata. Une fois que vous aurez passé la Narew et que vous aurez
beaucoup de cavalerie au delà, vous pouvez envoyer des partis, si vous le
jugez convenable, sur les routes de Thorn, par la rive droite, pour
communiquer avec le maréchal Ney. Je
crois vous avoir mandé hier que la guerre était déclarée entre la Porte
et la Russie, et qu’une armée russe était entrée en Moldavie et
Valachie et assiégeait Bender et Choczim. Je
désire que, du moment que vous aurez passé la Narew, vous vous portiez du
côté de Sierock pour reconnaître là un champ de bataille où mes troupes
puissent prendre une belle position. Il faudra établir des manutentions à
Sierock ou dans tout autre endroit que vous choisirez à l’embouchure du
Bug, pour nourrir l’armée. Le
maréchal Davout, qui forme l’avant‑garde, se placera dans les
cantonnements de ce côté. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 825.
‑ ORDRE DE PASSER LA REVUE DES DÉTACHEMENTS QUI ARRIVENT A BERLIN,
RECOMMANDATIONS A LEUR SUJET. AU
GÉNÉRAL CLARKE. Posen,
8 décembre 1806. Je
suis instruit que plusieurs détachements arrivant de l’intérieur sont
dans un grand dénûment. Faites‑les séjourner à leur passage à
Berlin, et voyez‑les tous les jours, à midi. Faites donner des
souliers aux hommes qui n’en auraient point, et ceux qui seraient sans
capotes, retenez‑les à Berlin jusqu’à ce qu’ils soient habillés.
J’ai rencontré des hommes qui arrivaient de Boulogne pieds nus. Cela ne
sert à rien qu’à me donner des malades. Ayez tous les jours, à midi,
une parade, et faites‑y venir les hommes qui doivent partir le
lendemain pour rejoindre leurs corps. NAPOLÉON. Archives
de l’Empire. 826.
‑ MARCHÉS A PASSER POUR LA CONFECTION DE SOULIERS ; DISTRIBUTION QUI
DOIT EN ÊTRE FAITE AUX SOLDATS. Au
GÉNÉRAL DEJEAN. Posen,
8 décembre 1806. Monsieur
Dejean, vous recevrez un décret pour faire confectionner des souliers. Vous
verrez que je vous autorise à passer un marché pour 50,000 paires, que
vous réunirez à Mayence. Il est urgent qu’ils y arrivent le plus tôt
possible. Voilà l’emploi que je désire qu’il soit fait de ces
souliers. Tous les détachements qui viendront de Paris et de Boulogne
doivent partir avec une paire de souliers et deux dans le sac. A Mayence,
ils en recevront une paire en remplacement de celle qu’ils auront usée en
route. A Magdeburg, ils en recevront une nouvelle paire pour celle qu’ils
auront usée dans la route de Mayence à Magdeburg, de manière que les
hommes arriveront toujours à leurs corps avec une paire de souliers aux
pieds et une dans le sac. Les détachements qui partiront du Rhin doivent
avoir leurs trois paires de souliers fournies par les corps. NAPOLÉON. Dépôt
de la guerre. (En
minute aux Arch. de l’Emp.)
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