Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

 Revenir au sommaire général

  

Portail Nouveautés Etudes stratégiques Publications ISC- CFHM- IHCC Liens Contacts - Adhésion

 

Dossiers :

 

  . Théorie de la stratégie

  . Cultures stratégiques

  . Histoire militaire

  . Géostratégie 

  . Pensée maritime

  . Pensée aérienne

  . Profils d'auteurs

  . Outils du chercheur

  . BISE

  . Bibliographie stratégique

 

Publications de référence

 

Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

 

Correspondance militaire
de Napoléon Ier

Extraite de la correspondance générale et publiée

Par ordre du ministère de la guerre

Tome quatrième  

Paris - 1876

 

817. ‑ MESURES A PRENDRE POUR PROTÉGER ET TENIR BERLIN, PENDANT LA CAMPAGNE DE POLOGNE.

 

AU GÉNÉRAL CLARKE, GOUVERNEUR GÉNÉRAL DE LA PRUSSE.

 

Mescritz, 27 novembre 1806.

 

J’ai fait donner l’ordre aux gouverneurs de Stet­tin, de Küstrin, Spandau, Magdeburg et Wittenberg de correspondre avec vous tous les jours. J’ai ordonné qu’il fût placé des postes le long de l’Oder : par le commandant de Stettin, jusqu’à Oderberg, et par celui de Küstrin, de Küstrin jusqu’à Oderberg ; de sorte qu’il n’y aura plus aucune correspondance sur l’Oder que par Stettin, Küstrin et Francfort. Diligences, courriers, chariots de commerce, etc., devront passer la rivière sur un de ces points. M. de Thiard commande la place de Dresde ; il est fort convenable que vous vous mettiez en corres­pondance avec lui.

 

Berlin peut être attaqué par la Poméranie sué­doise : j’ai ordonné au maréchal Mortier de tenir à Rostock et Anklam deux fortes divisions, qui for­meront de 12 à 14,000 hommes ; non‑seulement elles contiendront les Suédois, mais aussi serviront de réserve pour se porter à Berlin et partout où il sera nécessaire.

 

Des partis ennemis peuvent partir des bords de la Vistule pour tenter un coup de main sur Stettin, le gros de mon armée opérant sur le haut de la Vistule : j’ai donné des ordres circonstanciés dans ce sens au commandant de Stettin. J’ai ordonné qu’une partie des dépôts de cavalerie fût portée sur l’Oder ; dans un cas d’événement pressant, on trou­vera toujours dans ces dépôts un millier de chevaux qui repousseraient les partis ennemis. Dans ce cas même j’ai ordonné au commandant de Stettin de prévenir les généraux du corps du maréchal Mor­tier, qui ont ordre de venir au secours de Stettin et de border l’Oder.

 

Une révolte à Berlin me paraît difficile. Je pense que, des 1,600 hommes de garde nationale, vous devez n’en armer que 800, sous prétexte que les fusils manquent ; un fusil peut servir à deux hommes ; ils se le passeraient. Il y aura à Berlin assez de garnison pour pouvoir contenir la popu­lation. D’ailleurs, le dépôt de Potsdam sera toujours en mesure de fournir un millier d’hommes, ainsi que les garnisons de Stettin, de Küstrin, et enfin le corps du maréchal Mortier, si les choses devenaient graves. Le principal est de ne souffrir à Berlin ni fusils, ni canons, ni sabres ; tout doit être en­fermé soigneusement à Spandau et dans les places fortes. La populace sans armes ne peut rien faire. Au moindre événement, vous devez faire arrêter le prince Auguste et le mettre à Spandau, en otage. Vérifiez ce que sont devenues les armes provenant du désarmement. Si on les a laissées à Berlin, faites‑les transporter sans délai à Spandau.

 

Je vais vous envoyer à Berlin, pour garnison, deux bataillons de Nassau qui font bien le service.

 

Enfin, cependant, si l’ennemi parvenait à passer l’Oder, ou d’un autre côté menaçait Berlin, vous vous retireriez dans la citadelle de Spandau, après avoir prévenu le plus possible les commandants des différentes places et donné des ordres pour qu’on n’éprouve point des pertes.

 

Je vais ordonner la formation de plusieurs colonnes et camps volants, qui pourront se trouver à Berlin et parcourir les provinces. D’ailleurs, pendant longtemps vous aurez des troupes de passage. En exigeant que les commandants de Wittenberg, Magdeburg et Erfurt, etc., vous écrivent fréquemment, vous saurez toujours sur quoi vous pouvez compter. Une division de cuirassiers de 2,000 hom­mes, que commande le général Espagne, n’arrivera guère que dans quinze jours à Berlin ; enfin des bataillons provisoires, formés de conscrits que j’organise à Mayence, arriveront à la fin de décembre et en janvier, et vous fourniront plusieurs milliers d’hommes.

 

Portez une grande attention à ce qu’il n’y ait ni canons ni armes à Berlin, à ce qu'il n’y en ait que dans les places fortes. Envoyez des individus inspecter les lieux où il y a eu des combats du côté de Prenzlow, pour en retirer tous les canons qui pour­ront s’y trouver et les envoyer dans les places fortes. Il y a un conseiller du grand‑duc de Berg qui a servi à Wesel et dans la campagne passée ; il parle bien allemand, c’est un homme sûr ; vous pouvez vous en servir avec avantage pour la police. Sur toutes choses, écrivez tous les jours afin qu’on sache ce qui se passe.

 

Portez une grande surveillance à ce que l’on con­fectionne des souliers et qu’on les envoie à Küstrin ; le temps devient mauvais, et l’on commence à en avoir très‑grand besoin.

 

On avait conclu ici une suspension d’armes avec le roi de Prusse, qui a déclaré qu’il ne pouvait point la ratifier, parce qu’il était entièrement au pouvoir des Russes.

 

NAPOLÉON.

 

Archives de l’Empire.

 

 

818. ‑ ORDRES D’ÉTUDIER L’EMPLACEMENT D’UNE PLACE FORTE AU CONFLUENT DE LA NAREW ET DE LA VISTULE.

 

AU GÉNÉRAL CHASSELOUP.

 

Posen, 1er décembre 1806.

 

Vous vous rendrez à Lenczyca et me ferez un rap­port détaillé sur ce fort. Vous ordonnerez les travaux nécessaires pour le mettre en état de défense, et qu’il puisse contenir hôpitaux, magasins et le parc d’armée. Vous laisserez à Lenczyca un officier du génie pour exécuter vos ordres, et de là vous vous rendrez à Varsovie. Si nous parvenons à passer le pont, vous ferez établir des ouvrages pour assurer la défense de Praga. Vous irez ensuite reconnaître, au confluent de la Narew dans la Vistule, un emplacement pour y établir une place forte. Mon intention est de prendre une île pour cet emplacement, et de construire deux têtes de pont sur l’une et l’autre rive. Je placerai là mes magasins, mes dépôts. Cette île et les deux têtes de pont devront être fortifiées pendant l’hiver avec des sapins, du bois et tous les moyens que l’art pourra employer pour mettre la place en état de soutenir un siège. Mon intention est d’abandonner cette place à elle‑même, si cela est nécessaire.

 

         NAPOLÉON.

 

Archives de l’Empire.

 

 

819. ‑ ORDRE DE PRENDRE LE GOUVERNEMENT DE GLOGAU ET DE LA HAUTE SILÉSIE.

 

AU GÉNÉRAL BERTRAND.

 

Posen, 3 décembre 1806, 9 heures du matin.

 

Monsieur le Général Bertrand, vous partirez avant une heure pour vous rendre à Glogau. Vous prendrez le gouvernement de cette place et de toute la haute Silésie, jusqu’à ce que j’aie envoyé quel­qu’un vous remplacer. Vous ferez dresser un inven­taire exact des magasins d’artillerie et des vivres. Vous m’enverrez tous les états, ainsi qu’une recon­naissance de la place. Je désire la garder, parce qu’elle me donne un pont sur l’Oder pour tomber en Silésie. J’attendrai votre rapport pour fixer mes idées. Vous me ferez connaître également la force de la garnison qui serait nécessaire pour mettre la place à l’abri d’un coup de main, la force des ma­nutentions. Vous désignerez des emplacements pour les hôpitaux, etc.

 

Vous m’enverrez un premier aperçu de la statis­tique de toute la haute Silésie. Vous me ferez connaître la quantité de magasins à poudre, des forges à rougir les boulets, etc., les manufactures de drap, les tanneries qui se trouvaient dans la haute Silésie. Vous commanderez des souliers, dont vous savez le grand besoin que l’on a, et vous ordonnerez tous les petits travaux, soit d’artillerie, soit du génie, pour mettre la place en état.

 

Vous aurez soin de désarmer toute la ville de sabres et de fusils, et d’envoyer toutes les armes provenant du désarmement sur Varsovie pour armer les Polonais.

 

NAPOLÉON.

 

Comm. par M. le colonel Henry Bertrand.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

820. ‑ URGENCE DE HATER L’ARRIVÉE DE SOULIERS A L’ARMÉE.

 

A M. DARU.

 

Posen, 3 décembre 1806.

 

Monsieur Daru, je vous avais demandé un rap­port sur les souliers qui doivent être envoyés à Küstrin. Le premier compte que vous m’avez rendu m’annonçait qu’il en était arrivé 6,000 paires ; ce­pendant il n’en est arrivé que 4,000. Il devait aussi en arriver de Dresde, d’Erfurt, et aussi d’un second et troisième envoi de Berlin. Il est urgent de prendre des mesures efficaces pour que ces souliers arrivent ici. Écrivez à M. Lambert de les faire partir pour Küstrin. Le général Oudinot les garde tous pour lui : ce n’est pas juste ; ses grenadiers sont pourvus, et j’ai ici des corps qui n’ont rien. Le général Oudinot demande 10,000 paires de souliers : il est convenable de les lui accorder, mais quand on lui don­nerait 3,000 paires aujourd’hui, 3,000 paires dans quinze jours et 3,000 paires dans un mois, ce serait suffisant.

 

Écrivez à l’ordonnateur du corps du maréchal Ney qui est à Bromberg, que Bromberg et Thorn sont des pays de ressources où l’on peut se procurer des souliers ; et si l’on ne peut pas avoir des souliers, qu’on prenne du cuir avec lequel nos soldats sont assez industrieux pour raccommoder leurs vieux souliers. Lorsque 30,000 paires de souliers seront parties pour Küstrin, donnez le trente et unième mille au général Ménard pour les hommes qui sont dans le cas de rejoindre les différents dépôts ; mais faites‑en venir trente mille à Küstrin, et puis la trente‑deux millième paire jusqu’à la quarante millième seront également dirigées sur Posen.

 

NAPOLÉON.

 

Comm. par M. le comte Daru.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

821. ‑ ORDRE DE FAIRE DÉMOLIR LES FORTIFICATIONS

DE BRESLAU AUSSITOT LA VILLE PRISE.

 

AU MARÉCHAL BERTHIER.

 

Posen, 5 décembre 1806.

 

Mon Cousin, mon intention est qu’aussitôt que nous serons maîtres de Breslau, on en démolisse, sans perdre une heure, les fortifications, excepté la citadelle, s’il y en a une qui puisse être de quelque utilité ; mais la ville, étant peuplée de plus de 60,000 habitants, exigerait trop de garnison.

 

Donnez ordre au commandant du génie d’y diriger une compagnie de mineurs et une de sa­peurs, pour qu’on puisse procéder à la démolition sans retard. Les pièces seront transportées à Var­sovie pour l’armement des têtes de pont, à Glogau, qui est une place que je veux garder, et dans la citadelle de Breslau, si elle est jugée pouvoir être conservée.

 

Faites connaître également mes ordres au gé­néral d’artillerie, pour qu’il les transmette à ses officiers, et qu’il ait là une compagnie d’artillerie pour faire les évacuations et concourir aux démoli­tions.

 

NAPOLÉON.

 

Dépôt de la guerre.

(En minute aux Arch. de l’Emp)

 

 

822. ‑ DISPOSITIONS A PRESCRIRE AUX DIFFÉRENTS CORPS, OUVRAGES A FAIRE ENTRE LE BUG ET LA NAREW ; AVIS ET ORDRES.

 

AU GRAND‑DUC DE BERG.

 

Posen, 5 décembre 1806.

 

Je reçois votre lettre du 2 décembre, à sept heures du matin. Il paraît que l’arrivée de l’in­fanterie n’a pas tardé à décider les Russes à s’en aller. A l’heure qu’il est, j’imagine que le pont est tout à fait rétabli, que le général Chasseloup est arrivé et qu’il emploie tous les sapeurs et ingé­nieurs à travailler aux fortifications de Praga, afin que cela serve de tête de pont. Il n’y a pas un moment à perdre.

 

Je suppose que vos trois divisions de dragons, qui doivent former près de 8,000 hommes, et toute votre cavalerie légère, ont passé la rivière et bordent le Bug, la cavalerie légère en première ligne, vos dragons en seconde ; que tout le corps du maréchal Davout a passé la Vistule, et que son avant‑garde est sur la Narew ; que le corps du maréchal Lannes tout entier est dans Varsovie ; que celui du maréchal Augereau est descendu à l’embouchure de la Narew dans la Vistule et jette là un pont. Si ces dispositions ne sont pas faites, faites‑les faire sur‑le-champ. Le maréchal Augereau laissera ses deux régiments de cavalerie légère vis‑à‑vis Plock, pour communiquer avec le maréchal Ney à Thorn. Je donne ordre au général Walther et à mon petit quartier général de se porter à Varsovie. Je ne me rendrai moi-­même à Varsovie que lorsque vous aurez passé le Bug ou la Narew. Le Bug passé, vous ferez jeter un pont et travailler à une belle tête de pont. Ainsi donc je veux avoir un pont à l’embouchure de la Narew dans la Vistule, où je veux construire une place forte avec deux têtes de pont ; je veux avoir une tête de pont à Praga ; un pont et une tête de pont sur le Bug ; tout le corps du maréchal Davout en avant de la Vistule, pour défendre Praga et le pont de la Narew ; tout le corps du maréchal Lannes dans Varsovie et même dans Praga, fournissant des travailleurs, s’il est nécessaire ; le corps du maré­chal Augereau défendant le pont à l’embouchure du Bug, fournissant des travailleurs pour la place que je veux construire, ayant sa cavalerie légère vis‑à‑vis Plock, et occupant Wyszogrod et Zakroc­zym. Il ne faut point violer le territoire autrichien, mais il faut passer ces deux rivières et remuer beau­coup de terre.

 

La Narew passée, il faudra inonder toute la Po­logne de partis, jusque vis‑à‑vis Thorn, pour en soulever les habitants. Le général Watier est parti de Posen, il y a deux jours, avec le 11è régiment de chasseurs ; le régiment bavarois de chevaux l­égers du prince royal doit également y être rendu. Cette brigade, qui se réunit à Lowicz, est à votre disposition. Aussitôt que le pont sur la Narew sera jeté, poussez votre cavalerie en avant pour courir le pays et accélérer d’autant la retraite de l’ennemi.

 

Le corps du maréchal Soult prend du repos ici depuis trois jours. J’attends de connaître que vous êtes sur les bords de la Narew, et que vous espériez la passer, pour diriger ce corps d’armée sur‑le-­champ sur Varsovie.

 

Vous trouverez ci‑joint les journaux de Posen, dont le contenu peut être mis dans les journaux de Varsovie. Demain partent d’ici 4, 000 fusils pour les Polonais de Varsovie.

 

Comme j’imagine que vous aurez besoin du gé­néral Belliard, j’envoie le général Lemarois pour commander la place de Varsovie.

 

NAPOLÉON.

 

Archives de l’Empire.

 

 

823. ‑ NOTE RELATIVE AUX HOPITAUX DE L’ARMÉE.

 

NOTE POUR L’INTENDANT GÉNÉRAL.

 

Posen, 8 décembre 1806.

 

Faire partir les 25,000 thalers trouvés à Glogau, pour Varsovie ; on les versera dans la caisse du payeur de la réserve de cavalerie à la disposition du major général.

 

La matière des hôpitaux est très‑délicate ; il faut d’abord bien établir la langue pour s’entendre, car c’est faute de cela qu’on prend une chose pour l’autre.

 

Dans une armée, on prépare beaucoup d’établis­sements dont la moitié doivent être inutiles, mais c’est pour se trouver en mesure avec les événements.

 

Il faudrait distinguer les locaux, qu’il faut nu­méroter, où il faut même commencer une dé­pense pour les approprier, mais qui ne doivent servir que dans les circonstances de ceux qui sont nécessaires aujourd’hui. Ainsi, on a demandé des locaux pour 2,000 hommes au fort de Lenczyca ; mais on n’a pas demandé de placer ces 2,000 hom­mes dans ce fort, parce qu’on prévoit bien qu’ils y seraient fort mal ; mais on a voulu qu’en cas d’événements ce travail soit préparé. Quelle que soit donc la situation de Lenczyca, il faut qu’il y ait des locaux pour 2,000 malades, ne fût-ce qu’une église ou une grange ; il ne faut donc pas y envoyer des fournitures, mais les choses les plus indispen­sables.

 

Presque tous les hôpitaux qu’ordonne l’Empereur sans rapports préalables sont de cette nature ; c’est subordonné aux rapports militaires et nullement à la convenance des localités.

 

Il y a ensuite des hôpitaux aux divers échelons de l’armée ; c’est là le cas des quatre hôpitaux qu’a ordonnés l’Empereur. Si un soldat tombe malade à dix lieues de Posen, on le fera venir à Posen ; cela tient au système de faire faire aux malades le moins de chemin possible. L’hôpital de Pinne et celui de Meseritz sont de même nature.

 

Maintenant, pour le travail des hôpitaux, l’armée se trouvera placée sur la Netze, et il faut un bel hô­pital à Lowicz.

 

L’armée sera en avant et autour de Varsovie : il faut des hôpitaux à Varsovie ; 2,000 hommes y pa­raissent très‑peu de chose, il faut plus.

 

Il y aura des corps d’armée à Posen et à Thorn : il faut, pour ceux de Posen, les avoir à Posen, et pour Thorn, à Bromberg et sur cette rive de la Vistule.

 

Ainsi le système actuel consiste à établir des hô­pitaux dans les lieux où sont cantonnées les troupes ; 100,000 hommes à Varsovie ; 20,000 à Lowicz ; 20,000 à Thorn ; 20,000 à Posen.

 

De sorte que l’on pense que le système des hô­pitaux est complet dans la position actuelle, si l’on a quatre hôpitaux de Posen à Varsovie pour le mou­vement, un grand hôpital de dépôt à Lowicz pou­vant fournir aux besoins de 25,000 hommes, des hôpitaux à Varsovie pouvant fournir aux besoins de 100,000 hommes, et des hôpitaux à Bromberg pou­vant fournir aux besoins de 20,000 hommes.

 

Après cela, avoir pour principe de ne jamais faire aucune évacuation que par ordre. On n’obtiendra jamais cela des employés, si on n’y porte pas la plus grande attention.

 

Il faut présenter un projet d’organisation de dé­pôts de convalescents, par corps, à Varsovie ; ainsi il faut à Varsovie un hôpital de blessés, un de ma­lades, un de vénériens.

 

Doubler ensuite tous ces établissements, de ma­nière qu’il y en ait pour 6,000 personnes.

 

Il faut ensuite cinq grandes maisons pour dépôts sous l’administration des corps d’armée, de 4 à 500 hommes chacun.

 

La première mesure à prendre pour tout cela, c’est de faire venir les cinq sixièmes des agents français qui sont au delà de l’Oder. Pourquoi, à Berlin, Magdeburg, Leipzig, les malades français ne seraient‑ils pas aussi bien soignés par les méde­cins du pays ?

 

Il serait donc convenable que l’ordonnateur des hôpitaux, les officiers de santé en chef et le régis­seur se rendissent à Varsovie, fissent choix de six hôpitaux, et qu’on eût soin de destiner le même hôpital à un ou deux corps d’armée.

 

NAPOLÉON.

 

Connu. par M. le comte Daru.

 

 

824. ‑ IMPORTANCE D’UNE PLACE A L’EMBOUCHURE DE LA NAREW. ‑ POSITION A RECONNAITRE DU COTÉ DE SIEROCK.

 

AU GRAND‑DUC DE BERG.

 

Posen, 8 décembre 1806.

 

Je reçois votre lettre du 5 décembre à minuit. Je vois avec peine que les moyens de passage sont exigus. Les marins de la Garde et une compagnie de pontonniers sont partis pour vous rejoindre.

 

Quand même l’île qui sera choisie à l’embou­chure de la Narew dans la Vistule serait submergée plusieurs fois par an, si l’on ne peut pas faire autre­ment, ce ne doit pas être une objection pour ne pas exécuter mon projet. Mon principal but est d’avoir une position qui tourne le Bug et la Narew, sans être obligé d’aller à Varsovie. Le plus tôt possible, faites travailler à la tête de pont. Le général Chasseloup doit être arrivé. Je donne ordre qu’on expédie de Glogau 100,000 francs, et d’ici 100,000 francs, pour accélérer les achats de blé dans la Gallicie. Je donne ordre que l’ordonnateur des hôpitaux se rende à Varsovie, où il faut établir des hôpitaux pour 4,000 malades. Toute mon armée doit être can­tonnée à Varsovie et environs. N’épargnez rien pour travailler avec activité à la tête de pont de la Narew et aux fortifications de Praga. J’ai envoyé Lemarois pour commander à Varsovie et y établir de l’ordre.

 

Le maréchal Ney a passé la Vistule à Thorn le 6. Il est maître de la ville et le pont est raccommodé. Je vous recommande une tête de pont du côté de l’Utrata. Une fois que vous aurez passé la Narew et que vous aurez beaucoup de cavalerie au delà, vous pouvez envoyer des partis, si vous le jugez conve­nable, sur les routes de Thorn, par la rive droite, pour communiquer avec le maréchal Ney.

 

Je crois vous avoir mandé hier que la guerre était déclarée entre la Porte et la Russie, et qu’une armée russe était entrée en Moldavie et Valachie et assiégeait Bender et Choczim.

 

Je désire que, du moment que vous aurez passé la Narew, vous vous portiez du côté de Sierock pour reconnaître là un champ de bataille où mes troupes puissent prendre une belle position. Il faudra établir des manutentions à Sierock ou dans tout autre endroit que vous choisirez à l’embouchure du Bug, pour nourrir l’armée.

 

Le maréchal Davout, qui forme l’avant‑garde, se placera dans les cantonnements de ce côté.

 

NAPOLÉON.

 

Archives de l’Empire.

 

 

825. ‑ ORDRE DE PASSER LA REVUE DES DÉTA­CHEMENTS QUI ARRIVENT A BERLIN, RECOMMANDATIONS A LEUR SUJET.

 

AU GÉNÉRAL CLARKE.

 

Posen, 8 décembre 1806.

 

Je suis instruit que plusieurs détachements arri­vant de l’intérieur sont dans un grand dénûment. Faites‑les séjourner à leur passage à Berlin, et voyez‑les tous les jours, à midi. Faites donner des souliers aux hommes qui n’en auraient point, et ceux qui seraient sans capotes, retenez‑les à Berlin jusqu’à ce qu’ils soient habillés. J’ai rencontré des hommes qui arrivaient de Boulogne pieds nus. Cela ne sert à rien qu’à me donner des malades. Ayez tous les jours, à midi, une parade, et faites‑y venir les hommes qui doivent partir le lendemain pour rejoindre leurs corps.

 

NAPOLÉON.

 

Archives de l’Empire.

 

 

826. ‑ MARCHÉS A PASSER POUR LA CONFECTION DE SOULIERS ; DISTRIBUTION QUI DOIT EN ÊTRE FAITE AUX SOLDATS.

 

Au GÉNÉRAL DEJEAN.

 

Posen, 8 décembre 1806.

 

Monsieur Dejean, vous recevrez un décret pour faire confectionner des souliers. Vous verrez que je vous autorise à passer un marché pour 50,000 paires, que vous réunirez à Mayence. Il est urgent qu’ils y arrivent le plus tôt possible. Voilà l’emploi que je désire qu’il soit fait de ces souliers. Tous les détache­ments qui viendront de Paris et de Boulogne doivent partir avec une paire de souliers et deux dans le sac. A Mayence, ils en recevront une paire en remplacement de celle qu’ils auront usée en route. A Magdeburg, ils en recevront une nouvelle paire pour celle qu’ils auront usée dans la route de Mayence à Magdeburg, de manière que les hommes arriveront toujours à leurs corps avec une paire de sou­liers aux pieds et une dans le sac. Les détachements qui partiront du Rhin doivent avoir leurs trois paires de souliers fournies par les corps.

 

NAPOLÉON.

 

Dépôt de la guerre.

(En minute aux Arch. de l’Emp.)

 

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin