| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome cinquième Paris - 1876 1030.
‑ ORDRES CONCERNANT LA DÉFENSE DE PAMPELUNE ET DE LA NAVARRE. A
ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR
GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE, A BAYONNE. Bayonne,
30 mai 1808. Donnez
l’ordre que demain, à deux heures du matin, le 6è bataillon de marche,
avec deux pièces de canon et approvisionnement complet, quatre caissons à
cartouches chargés, quarante cartouches par homme dans la giberne, et trois
jours de pain, parte pour se rendre à Pampelune par la route la plus
directe et en trois jours. Vous ferez partir par la même occasion le
colonel qui a servi dans le 55è et que j’ai vu hier. Faites partir avec
la même colonne le régiment de lanciers polonais (tout son dépôt
restera à Bayonne, vous le placerez dans un village voisin) ; de sorte que
cette colonne sera composée de 800 hommes de lanciers, de 600 hommes du 6è
bataillon de marche et d’une petite division d’artillerie. Il serait nécessaire
d’ordonner que les lanciers prissent des cartouches pour leurs pistolets,
des carabines pour leurs sous-officiers, et également du pain pour trois
jours. Je désirerais qu’il y eût un général de brigade pour commander
cette colonne. Expédiez
sur-le-champ un officier d’état-major, qui arrivera dans la nuit à
Pampelune, qui fera connaître au général d’Agoult l’envoi de ces
troupes ; qu’il se trouvera ainsi avoir près de 1,200 hommes de
cavalerie disponibles et pouvant se porter partout ; qu’indépendamment
de cela, il aura le 15è, le 47è, le 70è et le 6è de marche, ce qui
ferait une force de 2000 hommes. Il aurait donc une colonne de 3,000 hommes,
qui pourrait se porter partout où il est nécessaire, réservant pour la
garde de la citadelle de Pampelune les hommes isolés. Il faut que de ces
quatre bataillons il forme deux colonnes, et qu’il ait deux colonels pour
commander chacun des deux bataillons. Cet
officier d’état-major rapportera la situation exacte des troupes qui sont
à Pampelune, ainsi que le nom des colonels et chefs de bataillons qui s’y
trouvent. Il
prendra également des renseignements sur toutes les nouvelles qu’on
aurait de Saragosse et de l’Aragon. D’après
la minute. Dépôt de la guerre. 1031.
– MÊME OBJET. A
ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR
GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE, A BAYONNE. Bayonne,
30 mai 1808. Le général Verdier a deux pièces de canon, dès l’organisation de sa division ; il en a quatre autres, deux qui lui sont venues avec le général Ducos et deux autres avec le général Lassalle : mon intention est que ces quatre pièces, avec leurs approvisionnements, leurs canonniers et six caissons d’infanterie chargés, de ceux qui sont venus avec l’un des deux généraux, partent le 1er juin pour Pampelune, où ils arriveront le 2 au soir ou le 3. Vous donnerez avis de ces dispositions au général d’Agoult. Vous lui direz également qu’au lieu de deux pièces de canon, il en part demain quatre, avec six caissons d’infanterie chargés ; ce qui lui fournira un parc assez considérable pour marcher avec les colonnes, si cela est nécessaire pour apaiser les troubles. Il fera connaître au capitaine général que ces mesures sont prises à cause des nouvelles qu’on a apprises des troubles qu’il y avait à Saragosse. Donnez
l’ordre au général de division Lefebvre, qui est à Burgos, de se rendre
à Pampelune, où il prendra le commandement de la colonne mobile, composée
du régiment de lanciers, de deux escadrons de marche, de quatre bataillons
d’infanterie et quatre pièces de canon ; il commandera aussi Pampelune.
Tant qu’il y restera, le général d’Agoult sera sous ses ordres, étant
spécialement chargé de la défense de la forteresse et de la ville. Réexpédiez
le courrier du général Duhesme pour lui faire connaître que j’ai envoyé
l’ordre au grand-duc de faire partir la division Chabran avec neuf pièces
d’artillerie et trois pièces servies par l’artillerie légère, 6,500
hommes d’infanterie ou de cavalerie, dont au moins 900 de cavalerie ;
total de la division, artillerie, infanterie, cavalerie, 7,000. Donnez ordre
de la faire partir pour se rendre à Saragosse. Si les mouvements de
l’Aragon continuent, une forte division s’y rendra de Pampelune. Le
maréchal Moncey part avec une forte division ; il serait nécessaire de
combiner son mouvement avec celui du général Chabran, pour arriver
ensemble et en masse à Valence. Enfin
envoyez l’ordre au général de brigade Habert, avec le régiment supplémentaire
de la réserve qui est à Saint‑Sébastien, de changer de route et de
se diriger, par le plus court chemin, sur Pampelune. D’après
la minute. Dépôt de la guerre. 1032.
‑ ORDRES DE MOUVEMENT NÉCESSITÉS PAR L’AGITATION DE VALENCE. A
JOACHIM, GRAND‑DUC DE BERG, LIEUTENANT
GÉNÉRAL DU ROYAUME D’ESPAGNE, A MADRID. Bayonne,
30 mai 1808, cinq heures après midi. Je
vois avec peine votre indisposition ; la consultation des médecins me
rassure ; j’espère apprendre bientôt que l’émétique et un peu de
sueur vous auront fait du bien. Je
viens de travailler trois heures avec le ministre des finances. Le
roi et la reine d’Espagne sont très‑contents à Fontainebleau, et
vont se mettre en chemin pour Compiègne. Les princes sont à Valencay, où
ils paraissent fort satisfaits. La
rareté des subsistances, la nécessité de faire voir mes troupes, et
l’agitation de Valence me portent à ordonner les mouvements suivants.
Le maréchal Moncey, avec toute sa première division d’infanterie,
ses douze pièces d’artillerie, 800 hommes de cavalerie française et
quatre pièces d’artillerie légère, total près de 9,000 hommes,
infanterie, cavalerie et artillerie, et seize pièces de canon, se mettra en
mouvement pour prendre position à Cuenca, chef‑lieu de la province de
ce nom. Le
général de division Chabran, avec sa division d’infanterie française
telle qu’il l’a amenée, 800 chevaux, parmi lesquels le 3è régiment
de cuirassiers, et douze pièces de canon dont trois d’artillerie légère,
se mettra en marche pour prendre position entre Barcelone et Valence. Vous désignerez
un endroit convenable et sain. Je ne sais pas si Tortose réunit ces qualités.
Il sera là à portée de Saragosse et de Valence. Si Valence se soumet et rentre dans la tranquillité, les choses resteront dans cet état. S’il en était autrement, le maréchal Moncey marcherait avec sa division et combinerait sa marche de manière à arriver à Valence avec la division Chabran, c’est‑à-dire avec 12,000 hommes d’infanterie française, 12,000 de cavalerie et vingt‑huit pièces de canon, en tout 15,000 hommes. Pour
témoigner de la confiance aux Espagnols et les employer, vous désignerez
un général de brigade espagnol, homme dont vous soyez sûr, qui, avec
1,500 hommes d’infanterie espagnole et 400 chevaux, fera partie du corps
du maréchal Moncey ; ce qui portera la force du corps du maréchal Moncey
à 11,000 hommes, et, réuni à la division Chabran, à 17,000 hommes. Si
cependant Valence s’apaise, le maréchal Moncey restera à Cuenca, et le
général Chabran à Tortose. Le général Chabran correspondra avec le
maréchal Moncey, mais restera sous les ordres du général Duhesme. Vous
resterez à Madrid avec les deux divisions du général Dupont (je compte la
division qui est à l’Escurial et celle qui est à Tolède comme étant à
Madrid, puisqu’elles peuvent y être en deux jours), les deux divisions du
maréchal Moncey, ma Garde et tous les cuirassiers, c’est‑à‑dire
avec près de 30,000 hommes. Vous donnerez ordre au 1er
régiment de marche d’infanterie, qui est à Aranda, de se rendre
à Madrid, où vous ferez incorporer chaque détachement dans son régiment
provisoire ; ce sera un renfort de 1,200. Le maréchal Bessières le fera
remplacer à Aranda par d’autres troupes. Vous
chargerez le maréchal Moncey de correspondre de Cuenca avec mes consuls
de Valence, d’Alicante et de Carthagène. La
position de Cuenca me paraît fort importante, puisqu’elle rapproche mes
troupes de tous les points de la côte et en impose partout. L’ordre
que j’avais envoyé à vos gardes de venir à Bordeaux ne leur est pas
parvenu. Ils viennent d’arriver ici ; ils sont très‑beaux. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1003. ‑ NOTE SUR L’ÉTABLISSEMENT D’UNE LIGNE DE DÉFENSE EN ITALIE. Il
est de fait qu’il n’y a jamais eu de ligne dans aucune guerre
d’Italie. Celle
que l’on pourrait préférer serait celle qui couvrirait Venise. La Piave
a cet avantage. Deux ou trois petites places en terre, avec un réduit en maçonnerie
d’une trentaine de toises de côté, pourraient être entremêlées de
quelques redoutes, de quelques filets d’eau. Avec une somme médiocre on
pourrait avoir trois ou quatre de ces places. En
supposant une de ces places du côté d’Asolo, sur la rive gauche de la
Piave, une vis‑à‑vis le pont, une vis‑à‑vis les
marais, entre le pont et la mer, il semble qu’une armée inférieure
devrait pouvoir se rallier à l’abri de ces trois places et guetter
l’occasion de faire tomber l’ennemi dans quelque piège. Avec
les places que je propose, 3, 4 ou 500 hommes défendraient suffisamment
une de ces places pour la mettre à l’abri d'un coup de main, donneraient
le temps aux secours d’arriver, et mettraient dans le cas de pouvoir déboucher,
ou par la droite, ou par le centre, ou par la gauche, sans affaiblir l’armée
; ainsi, avec des forces inférieures, on se trouverait supérieur sur le
point qu’on attaquerait. Mais
pour savoir si ce projet peut être exécuté, il faudrait avoir une
reconnaissance bien détaillée depuis la mer jusqu’à Feltre. Quelle
est la distance de cette place à la mer ? Qu’y peut‑on faire pour
la rendre défendable ? Quelle est la largeur de la rivière, le nombre de
gués qu’il y a, le rapport des deux rives ? Quelles sont les
communications de Feltre avec Bassano, Asolo, Conegliano et Sacile qui est
supposé le centre de l’armée ennemie ? On
remarque qu’il serait avantageux de cantonner les principales forces de
l’armée sur le bas de la Piave, parce qu’on croit que les
communications de Conegliano avec Feltre sont fort difficiles, et que
l’ennemi serait obligé d’opérer par Feltre avec un corps détaché, et
qu’avant que l’ennemi fût arrivé à Bassano par Feltre, l’armée
aurait le temps de pénétrer par une de ces places sur le bas de la Piave
et de cerner tout ce qui serait devant elle. Enfin la ligne d’opération
de l’armée française étant sur Venise, et la retraite derrière
l’Adige se faisant de cette position par la ligne la plus courte, elle ne
peut jamais être menacée sérieusement par les opérations du corps de
Feltre. On
serait donc porté à croire que, si l’armée française ne se trouve pas
en mesure sur l’Isonzo, qu’elle juge à propos de laisser 2 ou 3,000
hommes à Palmanova et quelques centaines d’hommes à Osoppo, il faudrait
la porter le long de la Piave ; au moyen de trois ou quatre places d’une
nature nouvelle et particulière, qui se lieraient avec Venise, elle serait
à même de défendre Venise et d’attendre des secours. Quand
l’ennemi a pris tout le pays compris entre l’Isonzo et la Piave, il
n’a rien ; il a obligé l’armée française à laisser une garnison de
2,000 hommes dans Palmanova ; lui‑même s’est affaibli de plus de
troupes. L’armée française a fait cinq à six marches au‑devant de
ses secours, et chaque jour qu’elle peut gagner derrière la Piave lui en
rallie davantage. Au
contraire, si l’ennemi profite de ce premier mouvement pour passer la
Piave et jeter l’armée française derrière l’Adige, dès ce moment il
faut laisser 15 à 20,000 hommes dans Venise ; ce qui est un considérable
affaiblissement et n’occupera à l’ennemi que la moitié de son nombre,
vu la dissémination de la garnison de Venise. On sent bien que, dans
toutes les batailles qu’on pourra livrer pour débloquer Venise, on aurait
contre soi l’armée d’observation et une grande partie du corps qui
bloque Venise, sans pouvoir tirer aucun parti de la garnison de Venise. Ainsi
donc l’isolement de la place de Palmanova occasionne un affaiblissement à
l’ennemi ; mais la place de Venise, si on devait l’isoler, occasionne un
grand affaiblissement à l’armée française. Il faut donc étudier la
ligne de la Piave, et voir tout le parti qu’il est possible d’en tirer
pour pouvoir fixer ses idées. Le
terrain une fois ainsi préparé, il serait de règle que, si l’armée
française croyait avoir des chances à courir pour livrer bataille au
commencement de la campagne, elle approvisionnerait Palmanova et
prendrait position derrière la Piave. Le
Tagliamento ne peut pas avoir ce même avantage. Quoique la Piave soit guéable
à plusieurs endroits, elle est cependant une grosse rivière en comparaison
du Tagliamento, qui habituellement se passe à sec. Enfin cette ligne est
beaucoup trop loin de Venise et laisserait des craintes de se voir coupé de
cette place. On croit aussi que depuis le pied des montagnes près
d’Osoppo jusqu’à la mer, la ligne est d’une plus grande étendue. Après
la Piave, la ligne la plus importante est celle de l’Adige, parce
qu’elle permet de ne pas isoler Porto‑Legnago, Mantoue et Peschiera,
et qu’on peut faire concourir à l’armée active les 10 ou 12,000 hommes
qui forment la garnison de ces places ; mais cette ligne n’exige rien. Vérone
est un poste de campagne ; avec le château, il a à peu près la propriété
qu’on désire. Un général prudent fera autour de Vérone et du vieux château
une tête de pont aussitôt que la guerre paraîtra devoir se faire sur la défensive.
Il ferait faire également une tête de pont à Arcole, pour être maître
du débouché des marais. Un général qui a étudié son terrain ne doit
jamais abandonner Arcole, et se réserver là une place sur la rive droite. Legnago
ne laisse rien à désirer. Avec ces trois points, Vérone, Ronco et
Legnago, on a absolument les moyens qu’on demande à organiser sur la
Piave. Tout
ce qu’on pourrait désirer serait peut‑être de faire sur la rive
gauche, vis‑à‑vis Ronco, un ouvrage en maçonnerie qui
pourrait être le réduit de la place qu’on propose. Il n’y aurait aucun
inconvénient à en reconnaître l’emplacement, à faire les plans et
devis. La
ligne du Mincio a aussi son importance, parce que, pendant tout le temps
qu’on la tient, Mantoue n’est point abandonnée. Un plan qui déterminerait
les points à occuper sur la rive gauche du Mincio, tel que celui de
Valeggio à Goito, qui assurerait la possession de deux ou trois points,
outre celui de Peschiera, et qui contiendrait les devis et plans des
ouvrages à faire, pourrait être utile. Il
y a aussi des marais le long de cette rivière, qui en favorisent la défense. Les
projets de la Piave, de l’Adige, du Mincio étant faits, il restera à
comparer la dépense, la résistance et les avantages de chacun, afin
qu’on décide celui par lequel on doit commencer. Cette
note servira d’espèce de préface au plan de ma place, que je veux
envoyer en Italie. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1034. ‑ NOTE SUR UN PROJET DE FORT EN TERRE, AVEC RÉDUIT EN MAÇONNERIE. On
désirerait un carré en terre, de 150 à 160 toises, avec réduit casematé
dans les places d’armes, comme ceux d’Alexandrie, pouvant contenir 25
bommes chacun ; dès lors les chemins couverts sont inabordables et les
places d’armes hors d’insulte ; fossé de 10 toises au réduit ; surtout
un chemin couvert, avec réduit casematé aux deux angles opposés. Le réduit
central carré, avec des bâtiments voûtés tout autour. On
établirait l’ordre du travail ainsi qu’il suit : Première
année. On ferait la moitié des maçonneries du réduit et le chemin
couvert de l’ouvrage en terre ; on fonderait les trois réduits des places
d’armes rentrantes et l’on masserait l’ouvrage en terre. Deuxième
année. Le tout serait achevé. Ainsi le fort devrait soutenir un siège
en octobre 1809. Un tel fort ne devrait coûter que 400,000 francs ;
ainsi 200,000 francs par année. Si
les localités exigeaient un pentagone, on le tracerait ; la dépense serait
en sus des 400,000 francs. Enfin, si le réduit devait être plus fort
d’un côté que de l’autre, on le ferait rectangulaire. Dans les deux réduits
de places d’armes saillantes, on pratiquerait une casemate inférieure, à
feux de revers, pour flanquer le fossé et mettre l’ennemi dans la nécessité
de s’emparer de ces réduits avant de rien tenter contre l’ouvrage. On
pourrait au besoin placer sur une face du réduit central huit pièces de
canon. On pourrait marquer la place pour deux mortiers, afin de renforcer
la voûte en cet endroit. Le
carré de l’ouvrage, ayant 600 toises de côtés et environ 900 toises de
développement, exigerait 900 hommes pour une belle défense. Ces 900 hommes,
forcés, se retireraient dans le réduit, dont le chemin couvert a 240
toises de développement et peut au besoin contenir toute la garnison de
l’ouvrage. Tous les magasins de vivres et de guerre seraient retirés
dans le réduit. Ainsi l’ouvrage serait complet. On aurait soin que la
citerne fût dans le réduit. Dans
le cas d’une faible garnison de la place, avec 300 hommes on n’a rien à
craindre ; alors, en mettant 10 hommes dans chaque réduit de l’ouvrage
en terre (pour les quatre, 40 hommes), 40 hommes dans chaque bastion (total,
160 pour les quatre bastions), on défendrait l’ouvrage en terre avec 100
hommes, et les glacis seraient inabordables ; on y servirait près de vingt
pièces de canon, les autres 100 hommes en réserve dans le réduit central
et pour servir les dix à douze pièces qui tireraient par‑dessus ;
ainsi une colonne serait détruite avant d’arriver. Voilà le problème résolu :
défendre avec peu de monde un ouvrage qui peut en contenir davantage, puisqu’au
besoin, 4 à 5,000 hommes peuvent s’y tenir, c’est‑à‑dire
3,000 dans les chemins couverts, qui ont plus de 900 toises de développement,
et 2,000 dans le fort. Ainsi
cet ouvrage serait à l’abri d’un coup de main et exigerait un siège en
règle. Dans le siège en règle, il faudrait détruire toute l’artillerie
de la place pour couronner le chemin couvert, et détruire ensuite les réduits
des places d’armes. Cela fait, il faudrait encore s’emparer du réduit. C’est
une question à décider s’il faudrait revêtir l’ouvrage. Il est
certain que la maçonnerie ne fait que nuire pour le passage des fossé, vu
qu’ils sont à moitié comblés en jetant bas la contrescarpe. De manière
qu’ayant un fort pareil situé en plaine, avec des fossés pleins d’eau,
et sur un mamelon avantageux avec une demi‑lune sur le côté exposé,
j’aimerais autant qu’il ne fût pas revêtu. Un des avantages de
l’escarpe et de la contrescarpe est de mettre moins de garnison : cet
avantage est rempli par le réduit. Si avec 400,000 francs on peut construire
un ouvrage de cette espèce, on obtiendrait le même but que s’il était
entièrement revêtu, ce qui coûterait alors 2 millions. Le réduit est la
chose la plus coûteuse ; le même servirait à un hexagone, dont la dépense
n’augmenterait pas sensiblement. Un ouvrage de cette sorte offrirait un
bel avantage pour la défense d’une rivière. S’il
était possible que le canon du réduit pût, par-dessus l’ouvrage en
terre, labourer les glacis de son chemin couvert, on sent que ce serait un
grand avantage. Lorsque, sans donner un trop grand relief, les localités
permettent de se procurer cet avantage, il sera très‑important d’en
profiter. Lorsque, par exemple, le réduit pourra être situé sur un
mamelon, alors on pourrait abandonner entièrement l’ouvrage en terre,
n’avoir dans le réduit que 25 hommes et quelques pièces de canon, et ôter
à l’ennemi l’envie de l’insulter. En effet, sur le glacis, l’ennemi
sera labouré par la mitraille du réduit ; arrivé dans le chemin
couvert, il est attaqué par la fusillade de nos places d’armes retranchées
; enfin, en traversant le fossé, il faut qu’il soit battu par les feux
d’une canonnière voûtée, casematée et faisant un avec les réduits des
places d’armes. On
demande ce que coûterait une communication souterraine du réduit central
aux réduits des places d’armes. Il suffit que cette communication soit
bonne pour un homme à pied, afin que les hommes, n’ayant jamais aucune
inquiétude pour leur retraite, puissent se retirer ou recevoir des
renforts ; alors les cinq ouvrages en maçonnerie sont un système à part,
qu’on peut occuper en négligeant l’ouvrage en terre. D’après
la minute. Dépôt de la guerre. 1035.
‑ NOTE SUR LES FORTIFICATIONS D’ANCONE On
ne se souvient pas assez de la position d’Ancône pour déterminer
d’avance où doivent être établis des ouvrages comme ceux dont le plan
est ci-joint ; mais on a assez de souvenir qu’il y a une hauteur sur la
gauche, qui peut croiser ses feux avec ceux de la citadelle, de manière
que, ces deux points occupés, l’enceinte de la ville, si mauvaise
qu’elle soit, devient inattaquable. Des
officiers du génie et ingénieurs géographes doivent lever le plan de la
place et des terrains environnants à 1,500 toises, avec des notes qui
fassent connaître les niveaux. Le
plan ci‑joint suppose l’ouvrage placé dans une plaine, où les
quatre côtés sont également opposés aux attaques de l’ennemi ; ce
n’est pas le cas d’Ancône. Le
côté de droite est défendu par la citadelle, puisqu’il n’en est éloigné
que d’environ 400 toises, autant qu’on puisse s’en souvenir ; le côté
gauche est défendu par la mer, la gorge n’est éloignée que de 4 à 500
toises de la ville. Le point d’attaque sera donc à peu près déterminé
sur un front. On
peut alors n’établir de réduit de place d’armes et de caponnière
qu’au front d’attaque, donner moins de relief aux côtés qui sont moins
exposés, surtout si l’ouvrage, situé sur une hauteur, a, sur le terrain
environnant, un commandement naturel, indépendant du relief de son profil. Le
profil qu’on présente ici est celui d’un ouvrage en plaine et doit être
modifié sur le terrain ; il y aura une grande économie à diminuer le
relief de l’ouvrage en terre, et, pour remplir les intentions de
l’Empereur, il faut beaucoup d’économie : sans entrer dans aucune
discussion là‑dessus, c’est sa volonté. Dans
un pays de plaine, l’ouvrage indiqué pourrait coûter 6 à 700,000 francs
; situé sur un mamelon, lorsque trois côtés seront défendus par la
citadelle, la mer ou la place, l’économie sera considérable. Personne
ne peut prescrire les modifications que l’ingénieur doit adapter à un
tracé sur le terrain, mais il doit être bien entendu et fait avec économie. Au
projet qui sera rédigé et envoyé an ministre de la guerre devront être
joints un devis et un mémoire qui fera connaître la raison du profil qui
aura été adopté. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1036
ORDRES DE MOUVEMENT POUR L’OCCUPATION DE SANTANDER ET DES ASTURIES. AU
MARÉCHAL BESSIÈRES, COMMANDANT
LA GARDE IMPÉRIALE, ETC., A BURGOS. Bayonne,
3 juin 1808, une heure après midi. Mon
Cousin, le major général vous écrit sur l’insurrection de Santander.
Il paraît que l’aide de camp que vous y aviez envoyé y a été arrêté,
ainsi que des officiers espagnols partis de Madrid, et même, dit‑on,
un officier du grand‑duc de Berg. Dans tous les cas, la place de
Santander est nécessaire à occuper. La Biscaye paraît d’un bon
esprit. D’ailleurs, j’ai ordonné que les trois régiments portugais
fissent halte à Tolosa, Vitoria et Irun, et j’aurai bientôt ici
d’autres forces à y envoyer, si cela devenait nécessaire. Vous devez
donc ordonner au général Verdier de partir avec les 13è et 14è provisoires,
ses deux escadrons de cavalerie et son artillerie, et de se diriger sur
Santander. Donnez l’ordre au général Lasalle de partir avec un régiment
de cavalerie, le général Sabatier et sa brigade, et son artillerie, et de
se diriger de Burgos sur Santander. Si l’insurrection est grave, comme on
le dit, mon intention est que ces 6,000 hommes séjournent à Santander et
envoient des détachements dans les Asturies. Si l’insurrection n’était
pas aussi grave, le général Verdier se rendrait toujours à Santander,
mais le général Sabatier s’approcherait seulement à moitié chemin de
Santander à Burgos, c’est‑à‑dire en joignant l’Èbre à
Villarcayo. Par ce moyen, il protègerait la marche du général Verdier et
lui servirait de réserve. Le général Lasalle peut prendre deux routes :
l’une, la route de poste qui passe par Reinosa, et l’autre, en suivant
la grande route jusqu’à Castrojeriz, passe l’Èbre et se dirige par
Villarcayo sur Espinosa. Cette dernière route est plus courte d’un quart,
et elle offre surtout l’important avantage de se rapprocher de celle du général
Verdier, de sorte que, si les événements étaient sérieux, ce général
pourrait facilement réunir les deux colonnes à Espinosa et même en avant,
si cela était nécessaire. Vous sentez donc combien cette route‑ci
est préférable. Le
général Verdier peut prendre deux routes, l’une par Orduna et de là à
Santander, et l’autre en rétrogradant sur Miranda, venant à Frias et de
là à Medina et à Espinosa. Étant sur les lieux, vous pouvez prendre des
renseignements à ce sujet. Les routes qui tendent à rapprocher la marche
de mes colonnes sont les meilleures. Pour ne pas agglomérer une aussi
grande quantité de troupes à Santander, le général Lasalle pourra
s’arrêter à Espinosa, Medina et Villarcayo, et, en une marche forcée ou
deux marches, se porter de là au secours du général Verdier. De
la célérité et de la vigueur. Commencez par ordonner ces mouvements. Que
le général Lasalle se mette en marche et qu’il commence toujours à
occuper l’Èbre et Villarcayo jusqu’à ce que la division du général
Verdier arrive. Ayez soin que le général Lasalle ait avec lui pour dix
jours de biscuit, ses huit pièces de canon approvisionnées, que les hommes
aient leurs cartouches et qu’il y ait un bon nombre de caissons à la
suite de cette troupe. Veillez à la même chose pour la division Verdier.
Recommandez à ces deux généraux de faire prompte et sévère justice. On
m’assure que les révoltés occupent déjà Reinosa au nombre de 400 ou
500. Il est très‑nécessaire d’arriver promptement, car déjà les
Anglais tâchent de jeter des émissaires et vont bientôt jeter des armes.
Faites‑moi connaître la population de Reinosa. Aussitôt que les
troupes seront en mouvement, et quand elles se trouveront à mi‑chemin
de Santander, envoyez‑y en avant deux ou trois bons prêtres de Burgos
pour faire connaître aux habitants combien est grand leur aveuglement
d’avoir des intelligences avec les Anglais et qu’ils courent à leur
ruine totale. Une fois arrivés à Santander, qu’on désarme les
habitants, et, si on y entre les armes à la main, que l’on fasse un
exemple. Lorsque les troupes seront en marche, vous écrirez au capitaine général
de la Cuesta pour que ce brave homme envoie un de ses officiers dans les
Asturies, qui fasse connaître aux habitants de cette province les malheurs
que la révolte attirerait sur toute l’Espagne et sur eux‑mêmes. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1037.
‑ NOUVELLE NOTE SUR LA SPEZIA. Bayonne,
11 juin 1808. L’Empereur a reçu le mémoire sur la Spezia avec le plan qui y était joint. Voici ce qu’il désire : Il
faut faire le projet pour occuper Maralunga par une batterie fermée à la
gorge et défilée à la hauteur, de manière qu’une centaine d’hommes
puissent se tenir là pendant le temps du blocus et ne céder qu’à la
tranchée ouverte, et après les premiers procédés d’un siège. D’ailleurs,
l’Empereur ne croit pas qu’il faille occuper le fort Sainte‑Thérèse
autrement que par une batterie de côte. Il paraît que le fort existant
doit être à l’abri d’un coup de main. On en a déjà demandé le
profil. Il
y a 1,500 toises du fort Sainte‑Thérèse au fort Sainte‑Marie.
C’est une distance fort raisonnable. Il y en aurait 2,000 du fort
Sainte‑Thérèse à l’entrée de Porto‑Venere. A quoi
aboutirait la dépense d’un million du côté du fort Sainte‑Thérèse
? L’ennemi établira ses batteries à 500 toises de ce fort et serait tout
aussi près de l’anse des Grâces et enverrait des bombes et des boulets
perdus dans cette anse. Il faut donc reconnaître qu’il n’y a aucun
moyen d’empêcher un ennemi très‑supérieur de placer des
batteries à 15 ou 1,600 toises du fond de l’anse des Grâces ; mais,
outre que cette distance est déjà considérable, on pourrait se retirer
alors dans le Porto-Venere. Ainsi les choses sont satisfaisantes sous ce
dernier point de vue. A
cette observation s’en joint une autre. Quand on occuperait la côte
orientale par quatre ou cinq forts, empêcheraient‑ils l’ennemi
d’y établir des batteries sur la tour de Pitelli ou de San‑Vito et
de se trouver également à 1,500 toises de l’anse des Grâces ? Il
faudrait donc étendre les fortifications de manière à garder tout le
pourtour du golfe, ce qui est une combinaison impossible, d’une dépense
immense et qui annulerait la défense pour être trop étendue. Ainsi,
si le projet de fortification pour la Spezia est de 3,600,000 francs, il
faut d’abord supprimer cet article du projet. Tout
se réduit donc, pour la côte orientale, à envoyer des plans et profils
qui fassent bien connaître la situation actuelle des forts Sainte‑Thérèse,
Lerici, Barthélemy et Maralunga. Il faut que ces points importants soient
occupés par des batteries fermées, de très‑peu de dépense, et qui
soient à l’abri d’un coup de main ; il faut qu’une centaine
d’hommes puissent y résister longtemps à un millier d’hommes, jusqu’à
ce qu’ils reçoivent des renforts, ou jusqu’à ce qu’on envoie de la
place pour les évacuer et retirer l’artillerie, si la supériorité de
l’ennemi est trop décidée. Voilà les projets qu’il faut faire pour
remplir les intentions de l’Empereur sur la côte orientale. Quant
à la côte occidentale, on a déjà demandé le plan sur une grande échelle
de l’extrémité de la presqu’île. Il faut faire faire ce plan avec des
côtes et y tracer le plan tel qu’on l’entend, après l’avoir médité
de nouveau plusieurs jours sur le terrain. Le
projet doit remplir ces conditions, que cela soit capable de la plus grande
résistance, telle qu’on doit l’attendre de toutes les ressources de
l’art, afin qu’on puisse venir, soit par terre, soit par mer, au secours
de la place, avant qu’on se soit emparé des ouvrages ; quarante ou
cinquante ou soixante jours de tranchée ouverte est la force qui paraît être
nécessaire : ce qui donnera trois ou quatre mois de temps. Ce port est
destiné à renfermer des approvisionnements considérables ; il faut que
la dépense y soit proportionnée. On ne pense pas que, pour arriver au but
de l’Empereur, un million ou les 1,500,000 francs proposés soient
suffisants ; mais qu’il faille deux, ou trois, ou quatre, ou cinq millions,
cela est indifférent ; il faut ce qu’il faut. Mais
comme ce port ne doit avoir d’intérêt que progressivement, que les
travaux ne doivent être faits que progressivement, l’art consiste à
diviser le projet et la dépense par articles de 500,000 francs. Ainsi le
projet doit faire connaître quel doit être l’emploi des 500,000 francs
qu’on suppose devoir être l’emploi de la première campagne, et qu’on
puisse dire quelle résistance on pourrait opposer, si l’on était prévenu,
un ou deux mois d’avance, qu’on serait attaqué et assiégé par une armée
ennemie. Le
deuxième article du projet doit être l’emploi des seconds 50,000 francs
; on aurait alors employé un million. Il faut faire connaître également
dans quelle situation on se trouverait si on était prévenu qu’on serait
attaqué. Si
le projet doit coûter cinq millions, il faut donc le diviser en dix
articles. On n’a pas besoin de dire qu’après avoir dépensé ces
premiers 500,00 francs, on doit se trouver en situation telle que l’ennemi
soit obligé à un siège régulier, c’est‑à‑dire que
Castellana doit être occupée par des ouvrages de fortification permanente
et l’ithsme fermé. On
fera connaître la situation actuelle des forts Sainte‑Marie et
Pessino. Ces deux forts ne sont d’aucune importance ; ils ne peuvent être
considérés que comme des batteries de côte fermées à la gorge, ou comme
de petites citadelles contre une émeute d’ouvriers ou de matelots d’une
escadre. Il
faut pousser de front la défense de l’île de Palmaria. Cette île a près
de 3,000 toises de tour ; comme elle forme une espèce de trapèze, il faut
trois ou quatre batteries, qui croisent leurs feux entre elles. Mais il est
difficile de pouvoir espérer de défendre cette petite île sans beaucoup
de monde. Il faut donc, dans un point culminant, un réduit qui appuie ces
batteries de manière que l’ennemi, venant à débarquer entre elles, ne
puisse se maintenir sans prendre le point culminant, qui peut se trouver
à trois ou quatre cents toises de tous les points du rivage. Alors, avec
200 ou 300 hommes de réserve dans ce fort intérieur et de petits détachements
d’infanterie, avec des canonniers dans chaque batterie, c’est‑à‑dire
moins de 400 ou 500 hommes, on conservera un point si important, et qui,
sans fortifications, ne serait point également garanti avec 3,000 bommes de
bonnes troupes. La
défense des petites îles de Tino et Tinetto est également importante ; il
faut là un petit ouvrage de fortification qui, avec une poignée
d’hommes, rende ces îles inattaquables. L’idée
d’avoir un fort au milieu du golfe est ridicule et sans aucune espèce de
résultat. Les fortifications ne peuvent pas se défendre seules, il faut
des hommes ; et, s’il y a des hommes aux différentes batteries depuis
l’île Palmaria jusqu’au fort Pessino, l’ennemi, qui pourra s’en
approcher assez pour faire du mal aux établissements, ne le ferait pas
impunément. La
batterie qu’ont démolie les Anglais dans l’île de la Scola ne doit être
rétablie qu’autant qu’elle coûterait très‑peu ; elle n’est
qu’à cent toises de l’extrémité de l’île. Cependant, quoique cette
position ne soit pas nécessaire, comme les matériaux doivent exister,
six ou huit pièces de canon peuvent être établies à peu de frais. L’emplacement
de la machine à mâter, des établissements de l’arsenal, de la
corderie, des établissements de l’artillerie qu’on peut placer au
fort Sainte‑Marie, se trouve déterminé. Mais un port où l’on aura
sept ou huit vaisseaux sur les chantiers, huit à douze vaisseaux en désarmement
ou en armement et des établissements aussi considérables, un fond d’état‑major
et de garnison de 3 à 4,000 hommes, un port qui va se trouver en communication
avec le Pô par de grands chemins qu’il est indispensable de faire, est
appelé à avoir, en peu d’années, une population de 8 à 10,000 âmes.
Elle s’établirait insensiblement dans la ville actuelle de la Spezia, en
dehors des fortifications, et serait pour l’ennemi un appui qui lui
fournirait des moyens d’abri et de siège contre les fortifications de la
Spezia. Il faut donc, soit dans l’anse de Castagna, soit dans celle de
Porto‑Venere, choisir un bel emplacement pour y tracer une ville de
10,000 âmes. On
sent bien que la nature du terrain, la nature des choses veut peut‑être
que cette ville ne soit qu’une rue qui longe le rivage, à peu près comme
le faubourg de San Pier d’Arena ; et, en effet, l’espace, depuis
Porto‑Venere jusqu’à l’autre côté, a plus de 100 toises de développement.
La cale de Castagna jusqu’au fort Sainte‑Marie a près de 500 toises
de développement. Il faut faire les projets de l’emplacement que doit
occuper cette ville dans le lieu le plus favorable, et les faire de manière
qu’il y ait de l’espace pour les quais qui pourraient être établis, et
même pour des bastions et batteries destinés à se défendre, en supposant
l’île de Palmaria enlevée par l’ennemi. Il faut à cette ville une église,
un hôpital, une halle, un hôtel de ville, des logements pour le
commandant, pour l’état‑major, un petit arsenal pour l’artillerie
de terre, des casernes pour l’infanterie, un hôpital de terre, une
manutention de terre, des magasins, un théâtre, une préture pour les
tribunaux, des prisons, un hôtel de préfecture, la Spezia devant être le
chef‑lieu du département ; quelques établissements pour
l’instruction publique. Il faut coordonner tout cela, de manière que tout
soit prévu d’avance, et que tous les établissements puissent même être
défendus par un mur crénelé, soit du côté de terre, soit du côté de
mer. Ce
projet est important et doit être établi de suite, afin qu’on puisse défendre
de bâtir aucune maison à la Spezia et tout autour du golfe, et obliger à
bâtir dans les emplacements déterminés. Un
objet non moins important, c’est l’eau. Il semble, d’après le mémoire,
qu’il y a des citernes‑assez considérables dans le lazaret. Mais il
faudrail avoir dans l’arsenal de la marine et dans la nouvelle ville des
eaux vives qui puissent jaillir en fontaines. Ces montagnes ont‑elles
des sources ? Y a‑t‑il possibilité d’y faire venir des
arbres, et quel devrait être l’emplacement des promenades publiques, de
l’esplanade des troupes ? Tous ces objets doivent être médités, prévus
dans les plans. Si cela est possible, il faut que tout cela soit enfermé,
dans les fortifications, même les promenades. On
a déjà écrit pour les communications et les chemins. A qui appartient le
terrain de l’île de Palmaria et celui compris dans l’enceinte des
fortifications ? Le terrain est‑il couvert d’oliviers, d’arbres,
ou sont‑ce des montagnes pelées ? Dans l’établissement de la
marine, il faut désigner un emplacement pour y construire un bassin comme
celui de Toulon. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1038.
‑ ORDRES CONCERNANT LA GARDE DES PYRÉNÉES. AU
MAJOR GÉNÉRAL, A BAYONNE. Bayonne,
14 juin 1808. Donner
les ordres suivants : L’adjudant
commandant Lomet aura son quartier général à Bedous, pour observer tous
les cols qui de l’Aragon se rendent dans les Basses‑Pyrénées. Il
aura avec lui une colonne mobile de 1,200 hommes, composée d’un bataillon
de 560 hommes des gardes nationales des Basses‑Pyrénées, de 15
gendarmes, de la compagnie de réserve départementale des Basses‑Pyrénées,
de la compagnie de réserve des Landes et de 300 Portugais. Le
général de brigade Viala, qui est dans la 9è division militaire, recevra
ordre de venir prendre le commandement du département des Hautes‑Pyrénées.
Il aura également avec lui une colonne d’environ 1,200 hommes, composée
d’un bataillon de 560 hommes de gardes nationales des Hautes‑Pyrénées,
de gendarmes et de 300 Portugais. Il observera tous les cols qui protègent
Barréges et qui des Hautes‑Pyrénées se rendent dans l’Aragon. Le
général de brigade Miquel, qui est dans la 20è division militaire,
recevra ordre de venir prendre le commandement du département de l’Ariège,
Il aura avec lui la compagnie de réserve de l’Ariège et plusieurs
brigades de gendarmerie. Le
général Ritay se rendra dans les Pyrénées-Orientales et portera son
quartier général à Bellegarde. Il réunira les compagnies de réserve départementale
du Gers, de la Haute‑Garonne, de l’Aude, des Pyrénées‑Orientales,
du Tarn, de l’Hérault, de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche, du
Gard, du Lot et de Lot‑et‑Garonne. Il fera de tout cela un
bataillon. Il formera deux bataillons, de douze compagnies, de ce qu’il y
a de disponible du régiment d’infanterie toscane qui se rend à
Perpignan, et un escadron des dragons toscans. Il aura un bataillon de 560
hommes des gardes nationales des Pyrénées-Orientales. Il réunira une
compagnie de 60 gendarmes à pied et de 40 gendarmes à cheval des
compagnies tirées des douze départements nommés ci‑dessus, de manière
à réunir à Bellegarde une force de 3,000 hommes. Vous
lui donnerez ordre de réunir ces forces sur Bellegarde, et de se mettre au
courant de tout ce qui se passe, afin de lier sa communication avec le général
Duhesme. Le
général de division Lacombe Saint‑Michel se rendra à Toulouse pour
prendre le commandement de l’artillerie et de la 10è division militaire,
jusqu’à ce qu’il soit remplacé. Il organisera six pièces de canon et
quelques caissons d’infanterie pour la colonne du général Ritay. Vous
donnerez ordre, à Grenoble, qu’un bataillon de six compagnies de la région
de réserve, fortes le plus possible, et formant au moins 600 hommes, parte
de cette ville pour se rendre à Perpignan. Vous
donnerez l’ordre au général commandant la 8è division militaire de
faire partir, pour Perpignan, quatre compagnies, le plus fortes possibles,
du 32è léger, ce qui formera un petit bataillon. Donnez-lui également
l’ordre qu’un petit bataillon provisoire formé de deux compagnies du
régiment suisse, de 150 bommes chacune, et deux compagnies du 16è de
ligne, de même force, se rendent à Perpignan, ce qui portera à sept
bataillons la force de la colonne du général Ritay. Donnez
ordre que le bataillon valaisan qui est à Port‑Maurice se rende à
Perpignan. Donnez
ordre qu’il soit formé, dans la 27è division militaire, deux
bataillons de marche composés, le premier bataillon, de trois compagnies du
3è bataillon du 7è de ligne et de trois compagnies du 93è ; le deuxième
bataillon, de deux compagnies du 37è de ligne, de deux compagnies du 56è
et de deux compagnies du 2è de ligne. Chaque compagnie sera complétée
à 140 hommes ou au moins à 100 hommes. Écrivez par l’estafette
d’Italie au gouverneur général à Turin pour qu’il fasse
sur‑le‑champ former ces deux bataillons de marche, et qu’il
les dirige sur Perpignan. Il
sera également formé un escadron de marche de cuirassiers, composé de détachements
des 4è, 7è et 8è formant 120 hommes. Il
sera formé un autre escadron de marche de chasseurs, de 200 chevaux, composé
de détachements des 3è, 14è et 24è. Ces
300 chevaux partiront sous le même commandement que les deux bataillons
de marche, et sous les ordres d’un adjudant commandant, qui fera les
fonctions de colonel de ce régiment de marche. Il
sera nommé un chef d’escadron pour commander les deux escadrons de
marche. D’après
la minute. Dépôt de la guerre. 1039.
‑ ORGANISATION ET DESTINATION DU CORPS DU MARÉCHAL BESSIÈRES. A
ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR
GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE, A BAYONNE. Bayonne,
15 juin 1808. Mandez
au maréchal Bessières que, immédiatement après qu’il se sera emparé
de Benavente, qu’il aura soumis Zamora, Toro et Léon, je désire que son
corps d’armée ait l’organisation suivante : Division
Merle, composée de quatre brigades : 1° brigade Darmagnac, Suisses et le
86è, 1,800 hommes ; 2° brigade Gaulois, 1er
régiment supplémentaire, 1,600 hommes ; 3° brigade Ducos, 13è régiment
provisoire et un bataillon du 14è, 2,000 hommes ; après la prise de
Saragosse, les trois autres bataillons rejoindront ; 4° brigade Sabatier,
17è et 18è provisoires, 2,800 hommes ; total, 8,200 hommes ; six pièces
de canon de l’ancienne division Verdier et douze pièces de canon de la
division, faisant dix‑huit pièces de canon. Division
Mouton, composée de deux brigades : 1° brigade Reynaud, 4° léger,
15è de ligne et un bataillon de Paris, 3,000 hommes ; 2° brigade Rey, 2è
et 12è légers, 2,100 hommes, 5,100 hommes et douze pièces de canon. Garde
impériale : 1,900 hommes et six pièces de canon. Total
de l’infanterie, 15,200 hommes. Cavalerie
: 10è de chasseurs, 450 hommes ; 22è idem,
450 ; Garde impériale, 300 ; 26è de chasseurs qui arrive, 450 ;
l’escadron de dragons commandé par le chef d’escadron Tascher, et
l’escadron parti ce matin, 300 hommes ; total, 1,950. Ce qui porte le
corps actuel du maréchal Bessières à 17,150 hommes, et l’artillerie a
trente‑six pièces de canon. | ||||||||||||||||||