| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome cinquième Paris - 1876 970.
‑ INSTRUCTIONS POUR L’OCCUPATION DE ROME PAR LE GÉNÉRAL MIOLLIS. A
EUGÈNE NAPOLÉON, VICE‑ROI D’ITALIE. Paris,
10 janvier 1808. Mon
Fils, immédiatement après la réception de la présente lettre, expédiez
l’ordre au général Miollis de diriger sur Pérouse toute son
artillerie, sa cavalerie et son infanterie, hormis un bataillon qu’il
laissera pour la police de Florence et un pour la police de Livourne. Donnez
l’ordre au général Lemarois de mettre en marche sur Foligno toutes ses
troupes, infanterie et artillerie, hormis un bataillon qu’il laissera
pour la garde d’Ancône. Je compte que le général Miollis pourra réunir
2,500 hommes et le général Lemarois autant, ce qui fera 5,000 hommes. Les
troupes du général Lemarois, seront sous le commandement d’un général
de brigade ; arrivées à Foligno, elles seront sous les ordres du général
Miollis. Les marches seront calculées pour que les troupes du général
Lemarois arrivent à Foligno le même jour que les troupes du général
Miollis arriveront à Pérouse. Je donne ordre au roi de Naples de réunir
à Terracine une colonne de 3,000 hommes. Le général Miollis se rendra à
Pérouse, en partira avec la colonne qui y sera réunie, prendra sous son
commandement la colonne de Foligno, et continuera sa route sur Rome, sous prétexte
de traverser cette ville pour se rendre à Naples. Les ordres seront donnés
de manière que la colonne de 3,000 hommes de Terracine soit en mesure de se
diriger en grande marche, et sans perdre de temps, sur Rome, du moment que
le général Miollis y sera entré. Le
général Miollis, à son arrivée, prendra possession du château
Saint‑Ange, rendra au Pape tous les honneurs possibles, et déclarera
qu’il a mission d’occuper Rome et le château Saint‑Ange pour arrêter
les brigands du royaume de Naples, qui y cherchent refuge. Il fera arrêter
le consul et les agents du roi Ferdinand, le consul anglais et les individus
anglais qui sont à Rome. Il tiendra ses troupes en bon ordre, restera
tranquille, ne se mêlera en rien du gouvernement, et fera seulement
fournir à ses troupes les vivres et la solde. Il
est bien important que le plus grand secret soit gardé sur cette expédition. Le
général Miollis marchera sur Rome comme s’il allait rejoindre l’armée
de Naples ; il ne se mettra en marche que lorsque ses troupes seront à Pérouse
et que celles du général Lemarois seront à Foligno, et alors il se
dirigera à grandes journées sur Rome. Il enverra des ordres à la colonne
de Terracine pour qu’elle parte au moment de son arrivée à Rome. Sa
principale mission est de protéger mes malades et de rechercher les
brigands ; il recevra, du reste, des ordres ultérieurs. Il avouera qu’il
n’a à se mêler que de la partie militaire. J’exige secret et
promptitude dans cette opération. Vous
ferez connaître au général Miollis qu’il prendra à Rome le titre de
commandant en chef des troupes qui sont dans les États de l’Église ; il
ne prendra d’ordre que de nous. La
Toscane se trouvant dégarnie par le départ de la division Miollis, vous
aurez à Florence le 13è de ligne, soit bataillons de guerre, soit dépôt
; ce régiment se remettra là. Envoyez aussi à Ancône deux escadrons,
formant 400 hommes de cavalerie, pour donner un surcroît de forces au général
Lemarois. Vous
ferez connaître le jour où le général Miollis arrivera à Pérouse et à
Rome au roi de Naples, afin qu’il règle son mouvement en conséquence.
Vous aurez soin également de m’instruire du jour où il entrera dans
Rome, afin que je puisse lui donner des instructions sur ce qu’il aura à
faire.
NAPOLÉON. D’après
la copie commu. par S. A. I. Mme la duchesse de Leuchtenberg. 971.
‑ ORDRE POUR LA FORMATION D’UNE DIVISION DE RÉSERVE A ORLÉANS. AU
GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE. Paris,
12 janvier 1808. Monsieur
le Général Clarke, vous donnerez les ordres pour la formation
d’une division qui portera
le titre de division de réserve, et
qui se réunira à Orléans. Cette division sera composée conformément
au tableau ci‑joint. Les compagnies qui formeront le 17è et le 18è régiment
provisoire affaibliront le camp de Boulogne de 3,200 hommes ; mais, il
pourrait être renforcé par les 43è, 51è et 55è. Vous aurez soin
d’ordonner que les 17è et 18è régiments provisoires soient formés
sur‑le‑champ à Boulogne et en partent dès que le 44è, qui est
à Valenciennes et que vous dirigez sur Boulogne, y sera arrivé. Vous
donnerez l’ordre que les 43è, 51è, 44è et 55è se dirigent sur
Boulogne, et que les dépôts du 44è et du 51è, qui ne sont pas à
Boulogne, s’y rendent également, de sorte que ces quatre régiments
soient tous réunis dans cette place. Vous ordonnerez que les 3es bataillons
de ces quatre régiments soient égalisés en répartissant les dépôts également
entre les 3es bataillons ; bien entendu que les compagnies que ces
bataillons auront au corps d’observation des côtes de l’Océan et aux
différents régiments provisoires compteront comme présentes. Vous
donnerez l’ordre qu’avant de faire partir les compagnies qui doivent
former la division de réserve d’Orléans ou complète tout ce que les
corps doivent fournir aux douze régiments provisoires du corps
d’observation des côtes de l’Océan. Le général de division Verdier
commandera cette division de réserve. Le général Schramm y sera employé. NAPOLÉON. P.
S. Les ordres seront
donnés sur‑le‑champ pour la formation de cette division, et
elle se mettra en marche au 1er février. Vous aurez soin de lui
faire fournir des capotes et de veiller à ce que les hommes soient bien
habillés. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 972.
‑ OBSERVATIONS SUR L’ÉTAT DES REVUES. AU
GÉNÉRAL LACUÉE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DES REVUES ET DE LA CONSCRIPTION
MILITAIRE. Paris,
19 janvier 1808. J’ai
reçu les états de revue que vous m’avez envoyés. Comment
arrive‑t‑il qu’au 1er novembre il y avait encore
2,500 prisonniers de guerre ? Je vois avec plaisir qu’il n’y a plus que
31,000 hommes portés aux hôpitaux. L’intendant général en porte 18,000
dans les états de la Grande Armée, ce qui ne forme plus qu’une différence
de 13,000 hommes, et, en comptant 2 à 3,000 hommes sortis depuis, la différence
n’est plus que 10,000. Faites bien constater
la situation des corps au 1er janvier et bien établir leur
effectif. Autorisez les
commissaires des guerres à porter dans un état particulier les prisonniers
de guerre, et à les effacer même, si l’on a des renseignements qu’ils
ont pris du service à l’étranger ou qu’ils sont morts dans les prisons
de l’ennemi. Ordonnez la même chose pour les hôpitaux, faites porter
sur un contrôle à part les hommes aux hôpitaux dont on n’a pas de
nouvelles depuis six mois. Beaucoup de malades et blessés sont rentrés ;
ils sont portés aux hôpitaux et aux dépôts, en même temps, comme présents.
Je pense que vous êtes autorisé suffisamment, sans qu’il soit nécessaire
que je prenne un décret, à faire une circulaire pour autoriser cette
mesure, car il m’importe beaucoup que je connaisse exactement la force
de mon armée, à 2,000 hommes près. Le
maréchal Kellermann a 6,000 hommes qui attendent des récompenses
militaires ; je désirerais savoir ce qui s’oppose à ce que l’on se débarrasse
de ces hommes. Je
vois dans les états de situation des gouvernements militaires que vous
portez des détachements sans dire à quel corps ils appartiennent. J’ai
dissous, je crois, tous les régiments provisoires, de sorte que je ne
sais pas par quelle raison ces détachements se trouvent là. Je vois bien
pourquoi le bataillon du 17è s’y trouve, c’est pour la garnison de
Hameln ; c’est un corps entier ; le 44è également ; mais je ne vois pas
pourquoi il y a là 258 hommes du 27è léger. Le
pays de Hanau étant dans le commandement du maréchal Kellermann, il y fait
des changements de troupes qu’il tire de l’armée de réserve. Je sais
alors à quoi m’en tenir ; mais je ne vois pas ce que font à Munster 104
hommes du 8è de ligne, etc. Cela devait‑il faire partie d’un régiment
provisoire qui, au 11, novembre, devait partir pour l’armée ? Le
45è, qui est porté au 1er corps à 2,014 hommes présents sous
les armes, ou 2,449 hommes effectifs, a 460 hommes à Munster ; il
s’ensuivrait donc que ce régiment aurait en Allemagne plus de 2,900
hommes effectifs. Écrivez
aux intendants des différents gouvernements pour savoir pourquoi ces détachements
s’y trouvent. Si c’est à titre de détachements formant des régiments
provisoires, ils devraient avoir rejoint leurs corps. Comme j’ai fort à cœur
de réunir mes corps et de ne pas laisser de détachements isolés, opérez
cette réunion le plus promptement possible. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 973.
‑ ORDRE POUR LA FORMATION D’UNE DIVISION DE CAVALERIE A POITIERS. AU
GÉNÉBAL CLARKE, MINISTRE DE LA
GUERRE. Paris, 13 janvier 1808. Monsieur le Général Clarke, donnez des ordres pour la formation d’une division de cavalerie, que mon intention est de réunir à Poitiers et qui sera composée de quatre régiments provisoires de cuirassiers, de dragons, de chasseurs et de hussards. Vous nommerez, pour commander chacun de ces régiments provisoires, un major et un adjudant-major, et vous aurez soin de distribuer le nombre d’officiers et sous‑officiers que les corps doivent fournir pour organiser chacun de ces quatre régiments provisoires. NAPOLÉON. P.
S. Les ordres seront donnés sur‑le‑champ pour la formation de
cette division, et les troupes se mettront en marche au 1er février.
Vous aurez soin de les faire fournir de capotes et de veiller à ce
qu’elles soient bien habillées. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 974.
- OBSERVATIONS AU SUJET DES DÉPENSES DES ARMÉES DE DALMATIE ET D’ITALIE. AU
GÉNÉRAL DEJEAN, MINISTRE
DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE. Paris,
15 janvier 1808. Monsieur
Dejean, les armées d’Italie et de Dalmatie coûtent immensément cher ;
il faut y porter une attention particulière. Vous verrez, dans les états
que m’a remis le sieur Joubert, que la journée d’hôpitaux coûte
d’abord 32 sous la journée proprement dite, et 8 sous en sus pour dépenses
générales, et cela pendant les neuf premiers mois de 1807, ce qui fait 40
sous. Cela est scandaleux ; dans un pays où les médicaments de toute espèce
sont à très‑bon marché, la journée d’hôpitaux ne devrait pas coûter
plus de 16 sous. Les vivres ont coûté, pour les neuf premiers mois de
1807, plus de 5 sous : cela ne devrait pas coûter plus de 3 sous. Enfin les
transports et convois militaires, étapes, etc., ont coûté près de
500,000 fr. On a dépensé pour les hôpitaux 500,000 francs pour 1807, et
autant pour 1806. On fait donc et défait les hôpitaux à plaisir. Il y a
dans tout cela vice d’administration. Prenez des mesures pour que les
journées d’hôpitaux ne coûtent pas, tout compris, plus de 20 sous, et
que le pain ne me coûte pas plus de 3 sous, au plus 17 centimes. Je
vois, par les comptes du payeur, que les fourrages
coûtent immensément ;
cependant le foin et les fourrages sont bons
et excessivement bon marché en Italie. Je désire que vous établissiez
le budget des dépenses des armées d’Italie et de Dalmatie pour 1808,
en prenant pour base la situation actuelle de mes troupes. Je vous envoie
les comptes de l’ordonnateur Joubert. On voit, en les lisant, la grande économie
qu’on peut faire sur tous les articles. NAPOLÉON. D’après
l’original. Dépôt de la guerre. 975.
‑ ORDRES CONCERNANT LA COMPOSITION ET L’EFFECTIF DE L’ARMÉE DE
DALMATIE. A
EUGÈNE NAPOLÉON, VICE‑ROI D’ITALIE. Paris,
20 janvier 1808. Mon
Fils, mon intention est que, pendant le reste de l’hiver, on continue à
s’occuper de tenir sur un bon pied l’armée de Dalmatie. Je vois, par
l’état de situation du 30 décembre de cette armée, que m’a envoyé le
général Marmont, qu’il y a un bataillon italien dont l’effectif
n’est que de 879 hommes : il faut faire partir un détachement pour
porter l’effectif de ce bataillon à 140 hommes par compagnie ; que les
carabiniers n’ont que 475 hommes et les vélites 532 hommes : il faut également
augmenter l’effectif des uns et des autres. Je voudrais également compléter
tous les régiments français à 140 hommes par compagnie. Je suppose que
dans l’état du général Marmont, du 30 décembre, qui porte l’armée
de Dalmatie à 18,400 hommes, ne sont pas compris les trois mille hommes que
j’ai fait partir pendant mon dernier voyage en Italie. Je désirerais
qu’un autre détachement de 2 ou 3,000 hommes pût être formé du dépôt
de l’armée de Dalmatie et se réunît à Trévise. Il faudrait que ces
hommes fussent choisis de manière à ce que les régiments se
trouvassent, par leur incorporation, avoir un effectif de 140 hommes par
compagnie. J’ai quinze bataillons français en Dalmatie : ce serait donc
18,900 hommes qu’il y faudrait, tant d’infanterie de ligne que
d’infanterie légère, et il n’y a que 14,400 Français sur le dernier
état de situation. Si, comme je le suppose, le détachement de 3,000 hommes
que j’ai fait partir dernièrement n’est pas encore arrivé, et qu’il
renforce de 2,000 hommes ces 14,400 Français, il manquerait encore 2,500
hommes pour arriver au complet désiré. Les dépôts de l’armée de
Dalmatie peuvent fournir ces 2,500 hommes. Mon intention est qu’ils soient
réunis sans délai à Trévise, afin qu’ils puissent se mettre en marche
au 1er février, dès que la revue en aura été passée. La
cavalerie n’est que de 240 hommes : mon intention
est de la porter sans délai à 1,000 hommes. Je vois, par votre état
de situation du 1er janvier,
que vous avez fait partir 80 hommes de cavalerie ; ce qui, avec 240 hommes,
fera 320. Ce sera donc encore 680 hommes à envoyer. Le 3è et le 2è régiment
de chasseurs peuvent encore fournir une cinquantaine d’hommes à cheval ;
ce qui compléterait les escadrons à près de 200 hommes et porterait
la force en cavalerie à 400 chevaux. Ces deux régiments doivent encore
pouvoir fournir beaucoup d’hommes, qui seraient montés et équipés en
Dalmatie. Par ce moyen, l’armée de Dalmatie se trouverait ainsi composée
au 1er mars : Troupes françaises
: infanterie
de ligne et infanterie légère, 18,900 hommes ; cavalerie, 1,000 ;
artillerie, 1,000 ; gendarmerie, 30 ; sapeurs, 100. Total, 2,900 hommes. Troupes
italiennes : Garde
royale, 1,200 hommes ; infanterie légère, 1,200 ; artillerie, 400 ;
sapeurs, 100. Total, 2,900. Total général, 24,030 hommes. Vous
devez avoir reçu les ordres pour compléter les régiments de l’armée de
Naples à 140 hommes par compagnie. Formez de tous les dépôts une bonne
colonne de 2 ou 3,000 hommes, pour renforcer les bataillons de guerre.
Vous devez avoir des renseignements sur ce qui manque à chaque corps pour
être audit complet. NAPOLÉON. D’après
la copie comm. par S. A. I. Mme la duchesse de Leuchtenberg. 976.
‑ INSTRUCTIONS POUR L’ENTRÉE EN ESPAGNE DES TROUPES RASSEMBLÉES
SUR LA FRONTIÈRE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE. Paris,
28 janvier 1808. Faites venir chez vous le général Duhesme, et donnez‑lui l’ordre de partir dans la journée avec les instructions suivantes : Il
sera arrivé à Perpignan le 4 février ; il en partira du 6 au 8 avec sa
division ; il entrera en Espagne le 9 et se dirigera droit sur Barcelone.
Il fera connaître au gouverneur qu’il a ordre de se rendre à Cadix, et
qu’il attend la décision de la cour d’Espagne, à ce sujet, à
Barcelone ; que les étapes sont préparées. Il vous fera connaître la
situation des places et des dépôts qui en forment la garnison, sans rien
faire qui puisse faire soupçonner des dispositions défavorables aux
Espagnols. Il fera fusiller le premier Italien qui manquerait à la
discipline, et la fera observer rigoureusement. Il emmènera avec lui un général
de brigade français. Je suis dans la supposition qu’il a 6,000 hommes,
1,000 chevaux et dix pièces attelées, avec les cartouches et tout ce
qui lui est nécessaire pour faire campagne. Il écrira tous les jours,
dès qu’il aura mis le pied en Espagne, pour faire connaître la
disposition des esprits, la situation des places fortes, et ce qu’il y a
devant lui depuis Barcelone jusqu'à l’Èbre. Écrivez
par un officier au maréchal Moncey de porter son quartier général à
Burgos le 10 février, avec deux divisions et toute sa cavalerie, et d’y
être rendu le 10 février. Il aura soin d’étendre une de ses divisions,
sous le prétexte des vivres, jusqu’à Aranda, et il tiendra à Vittoria
sa dernière division. Il dira qu’il s’étend ainsi pour ménager les
ressources en vivres et ne pas trop fouler le pays. Vous enverrez cet
ordre par un officier qui vous fera bien connaître la situation des esprits
de ce côté. D’après
la minute, Archives de l’Empire. 977.
‑ MÊME OBJET. AU
GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE. Paris,
28 janvier 1808. Monsieur
le Général Clarke, donnez l’ordre au général de brigade Darmagnac de
partir dans la journée de demain pour se rendre à
Saint‑Jean‑de‑Pied‑de‑Port, où il prendra le
commandement de la division des Pyrénées occidentales, sous les ordres du
général Mouton. Avant de faire partir le général Darmagnac, vous
l’enverrez chercher et vous lui remettrez l’ordre, par écrit, d’être
arrivé à Saint‑Jean-Pied‑de‑Port le 3 février, afin
de pouvoir en partir le 6 pour se diriger sur Pampelune, où il sera le 9 février.
Il doit avoir 3,000 hommes d’infanterie et douze pièces de canon. Arrivé
à Pampelune, il attendra de nouveaux ordres ; il prendra possession de la
place, et, sans faire semblant de rien, il occupera la citadelle et les
fortifications, en traitant avec la plus grande courtoisie les commandants
et les habitants, ne faisant aucun mouvement, et disant qu’il attend de
nouveaux ordres. NAPOLÉON. P.
S. Indépendamment du compte que le général Duhesme vous rendra, il
correspondra également avec le maréchal Moncey ; indépendamment du compte
que le général Darmagnac vous rendra, il correspondra avec le général
Mouton, qui doit être près du maréchal Moncey, et, dans tous les événements
extraordinaires, il préviendra toujours le maréchal Moncey. D’après
l’original. Dépôt de la guerre. 978.
‑ INSTRUCTIONS AU GOUVERNEUR DES SEPT ILES POUR LEUR DÉFENSE. Paris,
29 janvier 1808. L’amiral Ganteaume, que j’envoie pour ravitailler votre île, vous porte 200 ouvriers de la marine, munis de leurs outils, et 300 hommes d’infanterie tirés des 32è léger et 16è de ligne, formant deux compagnies. Vous incorporerez ces 300 hommes dans le 6è de ligne, officiers et soldats, et vous enverrez le procès‑verbal d’incorporation à notre ministre de la guerre. Vous
formerez des 200 ouvriers de la marine une compagnie d’ouvriers
d’artillerie ; vous les ferez exercer au canon comme les canonniers, afin
qu’ils puissent servir comme artilleurs, et vous les emploierez aux
travaux de l’arsenal, soit de terre, soit de mer. L’amiral
Ganteaume vous porte également quatre-vingts affûts, cent cinquante
milliers de poudre, un million de cartouches, seize pièces de campagne, six
mortiers à la Gonier dont deux à grande portée, deux mille cinq cents
outils de pionniers. Vous emploierez ces objets pour l’armement des
places et forts de Corfou. La
présence de l’amiral Ganteaume permettra aux convois de Brindisi et
d’Otrante de passer à Corfou. Vous aurez donc à Corfou le 6è de ligne
avec tous les détachements qui sont à Otrante, le 14è léger, le 5è
italien et les renforts envoyés des dépôts, près de deux cent
cinquante milliers de poudre, avec ce qu’a envoyé le roi de Naples et ce
qui a dû partir de Venise et d’Ancône ; dix mille quintaux de blé qui
vous ont été envoyés d’Ancône, et cinq mille quintaux de farine
qu’apporte l’amiral Ganteaume. J’espère donc que vous vous trouverez
avoir ainsi dans la seule île de Corfou 5,000 Français et Italiens, indépendamment
d’un millier d’Albanais et de Corfiotes. Il n’est pas probable
qu’avec ces 5,000 hommes les Anglais puissent débarquer dans l’île.
Vous devez garder précieusement les cent quarante quintaux de farine que
les Russes ont laissés à Corfou, et la faire manipuler, parce qu’en
cas de siège elle serait fort importante. Si
les Anglais vous attaquaient avec des forces qui vous obligeassent à vous réfugier
dans les fortifications, vous devez tenir six mois, parce que les Anglais
sont peu habiles en fait de siège, et il n’y a pas de doute que vous
serez secouru à temps. Le Grand Seigneur a déjà donné des ordres pour
que le passage me fût livré chez les Albanais. Le Grand Seigneur m’ayant
cédé Butrinto, mon intention est que vous en preniez
sur‑le‑champ possession pour fortifier le cap et y établir une
bonne batterie qui sera nécessaire à la protection de Corfou. Mon
intention est que vous n’occupiez Céphalonie et Zante que par des
Albanais, ainsi que Parga, et que vous ayez à Sainte‑Maure des
Albanais et seulement 500 Français et Italiens. Des contre‑maîtres
et ouvriers vous étant envoyés, il ne vous sera pas difficile de faire
construire trois ou quatre chaloupes canonnières pour aider à la défense
de la rade. Je donne ordre d’ailleurs qu’il reste à Corfou le fonds de
quatre frégates et de plusieurs bricks.
Vous devez avoir reçu, depuis le 1er octobre, 250,000
francs par mois, c’est‑à‑dire un million, ces quatre mois échus.
Le général Ganteaume versera dans la caisse de votre payeur deux autres
cent mille francs. Le
roi de Naples vous a envoyé des ingénieurs ; j’ai ordonné également au
général Marmont de vous en envoyer par terre. Je suppose que vous avez
fait occuper tontes les positions avancées qui peuvent prolonger la défense
de la place ; car, si l’on se rendait avant que le dernier sac des cent
quarante quintaux de farine russe fût mangé, que tous les ouvrages avancés
eussent été emportés d’assaut, la contrescarpe du corps de la place
sautée, la brèche non‑seulement praticable, mais prise par
l’ennemi, et la garnison repoussée dans le dernier retranchement, ceux
qui signeraient une pareille capitulation seraient criminels et passés par
les armes à leur rentrée en France. Il faut vous arranger comme si vous
deviez être attaqué au 1er avril. Avec 5 ou 6,000 hommes que
vous devez avoir, et un peu de bravoure et d’intelligence, 12,000 hommes
ne peuvent débarquer dans l’île, et les Anglais ne sont pas dans le
cas d’employer plus de 6 ou 7,000 hommes à cette expédition. Correspondez
souvent avec le gouverneur des bouches de Cattaro et établissez une
correspondance par terre. Témoignez
mon mécontentement au capitaine de frégate qui a été envoyé à Corfou.
S’il se fût présenté devant Brindisi et Otrante, tous mes convois seraient
passés. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 979. ‑ ORDRE D’ACCÉLÉRER LA LIQUIDATION DES RETRAITES DES ANCIENS SOLDATS. AU
GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE. Paris,
17 février 1808. Il
y a à Rennes un grand nombre de soldats qui attendent leur retraite. Je
suppose qu’il en est de même dans d’autres départements. Il est
bien nécessaire de se défaire de ces individus. Ne recevant pas leur
retraite et n’ayant plus de solde, ils demandent l’aumône. Prenez des
mesures pour qu’ils reçoivent promptement leur retraite, et, en attendant,
faites‑leur fournir les vivres et la paye par les préfets. Vous
sentez qu’il n’y a rien de plus malheureux que de voir d’anciens
soldats mendier. Cela décourage et nuit beaucoup à l’esprit militaire. D’après
la minute. Archives de l’Empire.
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