| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome sixième Paris - 1876
1165.
‑ COMPOSITION DES CORPS DU VICE‑ROI : INSTRUCTIONS POUR LE
GÉNÉRAL BARAGUEY D’HILLIERS LAISSÉ DEVANT PRESBOURG. A
EUGÈNE NAPOLÉON, VICE‑ROI D’ITALIE, A RAAB. Schœnbrunn,
29 juin 1809. Mon
Fils, voici comme je conçois que votre corps pourrait être composé : Aile
droite. ‑
Macdonald. Division Broussier, 6,000 hommes ; division Lamarque, 5,000 ;
artillerie, 500 ; total, 12,000 hommes. Corps
de Grenier. ‑
Division Seras, 4,000 hommes ; division Durutte, 4,500 ; artillerie, 500 ;
total, 9,000 hommes. Réserve.
‑ Division Pacthod,
4,000 hommes ; Garde, 2,000 ; dragons, 3,000 ; cavalerie légère, 1,600 ;
total, 10,600 hommes. Ce
qui fait 30 à 32,000 hommes que vous auriez à la bataille. Corps
d’observation devant Presbourg. ‑ Baraguey
d’Hilliers. Division Severoli, 4,000 hommes, un régiment de cavalerie légère. Corps
d’observation de Bruck et du Semring et garnisons. ‑
Division Rusca, 3,000 hommes ; garnison de Raab, 1,200 ; de Klagenfurt,
1,200 hommes. J’ai
expédié les ordres pour ce mouvement. Ce
qui porte votre armée à 42,000 hommes. Vous pourrez faire à l’itinéraire
les changements que vous jugerez convenables. Il me faut à la bataille de
bonnes troupes, car les mauvaises ne servent de rien. Ainsi vous aurez
quatre divisions formant deux ailes, une division de dragons et une de
cavalerie légère, et une réserve dans votre main, composée de la
division Pacthod et de votre garde ; ce qui vous formera un beau corps de 30
à 32,000 hommes. Envoyez le général Baraguey d’Hilliers, de sa
personne, reconnaître Presbourg et les positions à occuper. Comme de
raison, je désire qu’il empêche l’ennemi de déboucher de Presbourg.
L’ennemi n’a dans les îles que six bataillons ; il a aussi quelques
landwehre, mais ce sont de très‑mauvaises troupes. Le général
Baraguey d’Hilliers, en fournissant la garnison de Raab, peut avoir 3,000
hommes et six pièces de canon. Vous joindrez à sa colonne un de vos régiments
de cavalerie légère. J’avais eu l’intention de lui envoyer une brigade
de cavalerie légère, que j’ai formée d’un régiment de chasseurs
provisoire et d’un régiment wurtembergeois, sous les ordres du général
Thiry ; mais je placerai ce millier de chevaux à Bruck pour éclairer le
pays depuis le lac jusqu’ici. Ils seront sous les ordres du général
Baraguey d’Hilliers. Par ce moyen, toute la division Montbrun, la brigade
Colbert et vos trois régiments de l’armée d’Italie se trouveront à la
bataille. La division Baraguey d’Hilliers sera forte de 4,000 hommes,
qui suffisent pour empêcher l’ennemi de déboucher devant Presbourg et
pour maintenir la communication avec Ebersdorf. En cas d’événement, le général
Baraguey d’Hilliers ne doit jamais se laisser couper d’Ebersdorf, et
doit se retirer graduellement. Le
général Rusca a les mêmes instructions du côté de Bruck. L’important
est que, demain ou après‑demain, le général Baraguey d’Hilliers
aille trouver le duc d’Auerstaedt afin de bien reconnaître les positions
et ce qu’il a à faire. NAPOLÉON. P.
S. J’ai reçu votre
projet de proclamation aux Hongrois ; je désire que vous remettiez à faire
cette proclamation après la bataille. D’après
la copie comm. par S. A. I. Mme la duchesse de Leuchtenberg. 1166.
‑ INSTRUCTIONS POUR SE RENDRE DE GLEISDORF A VIENNE, PAR OEDENBURG. AU
GÉNÉRAL MARMONT, DUC DE RAGUSE, COMMANDANT L’ARMÉE DE DALMATIE, A
GLEISDORF. Schœbrunn,
30 juin 1809, onze heures et demie du soir. J’ai
mis votre lettre du 29 juin, Monsieur le Duc, sous les yeux de Sa Majesté.
Vous n’indiquez pas l’heure à laquelle vous écrivez ; cependant cela
est très‑important. Hier, 29, au soir, quatre hussards rouges ont été
pris par des insurgés hongrois dans la petite ville de Güns. Nous
supposons que ce sont quatre hommes du 6è de hussards. Vous
avez dû être le 29 au soir à Gleisdorf, et vous vous serez dirigé le 30,
pour arriver à Vienne, par OEdenburg, et il est possible que vous fassiez
de la bonne besogne. Le
comte Eszterhazy, avec quelques milliers d’hommes d’infanterie et
quelques mille de cavalerie de l’insurrection hongroise, a paru du côté
d’OEdenburg, menaçant d’attaquer OEdenburg. Nous espérons que vous
tomberez sur les derrières de cette colonne et que vous écraserez son arrière‑garde. Sa
Majesté a vu avec peine que vous fassiez peu de cas de ses ordres. Son
intention est que les deux compagnies d’artillerie qui vous servent vous
restent, et que les deux autres reviennent au quartier général. L’exécution
de cet ordre ne souffre aucune modification et tient au bien du service.
La route que vous avez ordonnée à vos convois, de Laybach à Klagenfurt,
est très‑hasardeuse, et par cette communication on s’expose à
perdre beaucoup de monde. Sa
Majesté espère que vous êtes en grande marche sur Vienne, que vous passez
par OEdenburg, et que le général Broussier file à grande marche sur
Neustadt. Les
nouvelles sont que le général Chasteler est du côté de Pàpa ; il serait
bien près du vice‑roi. Il paraît que Chasteler et Gyulai n’ont que
l’instruction de battre le pays en partisans. Ayez
bien soin, si vous passez par la Hongrie, aux deux choses ci‑après : 1°
De n’avoir pas de traîneurs ; 2°
Que tout ce qui viendrait vous joindre de Grætz passe par Neustadt et non
par la route de Hongrie ; sans quoi vous perdriez beaucoup de monde, ce qui
est arrivé au vice‑roi. Que tout cela vienne de Grætz à Bruck, et
suive de là la route de Neustadt. Il
faut même envoyer au‑devant de vos convois, pour que rien ne vienne
à Grætz et que tout se dirige droit sur Bruck. Ces précautions sont
bien importantes et peuvent seules sauver les hommes qui viennent à la
suite. Le
major général, prince de Neuchâtel. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1167.
‑ ORDRES GÉNÉRAUX POUR LE PASSAGE DU DANUBE. Ile
Napoléon, 2 juillet 1809, onze heures du soir. TITRE
1er. 1.
Le 4, à l’heure que nous désignerons, le général Oudinot fera
embarquer un général de brigade et quatre ou cinq bataillons de
voltigeurs formant 1,500 hommes, au lieu qui sera indiqué par le capitaine
de vaisseau Baste, pour s’emparer du Hansel‑Grund. Le capitaine de
vaisseau Baste, avec huit bateaux armés, marchera devant et protégera
leur débarquement par une vive canonnade, en enfilant les batteries
ennemies, qui en même temps seront canonnées par nos batteries. 2.
Le général Bertrand donnera des ordres pour que le 3, à six heures du
soir, il y ait quatre bacs près du lieu où l’on doit jeter le pont de
l’embouchure, avec des marins et les agrès nécessaires à la navigation,
avec un treuil et une cinquenelle. Aussitôt que le débarquement qui doit
avoir lieu sera exécuté conformément à l’article 1er, le général Oudinot
fera placer 800 hommes dans ces quatre bacs et les dirigera pour débarquer
au pied de la batterie ennemie. Au même moment une cinquenelle sera jetée
; ces quatre bacs s’y attacheront et serviront à transporter des troupes
à chaque voyage qu’ils feront, en se servant de cette cinquenelle. 3.
Le capitaine des pontonniers fera établir son pont, qu’il devra
construire en deux heures, et, immédiatement après, le général Oudinot
débouchera avec son corps, chassera l’ennemi de tous les bois, viendra
porter une de ses divisions jusqu’à la Maison Blanche, une autre sur Mühlleuten. Le
chemin le long et le plus près de la rivière sera mis en état pour
pouvoir être la communication de l’armée, si cela était nécessaire.
On travaillera à une tête de pont ; et le plus tôt possible le général
Oudinot établira sa droite à Mühlleuten, sa gauche à la
Maison‑Blanche, ayant trois ponts sur le petit canal. La plus grande
partie de sa cavalerie sera sur Mühlleuten. Le général Oudinot aura
avec lui de quoi jeter deux ponts sur baquets, de dix toises chacun. Dans
cette position, il recevra des ordres. L’Empereur sera dans l’île
Alexandre. 4.
Le capitaine de vaisseau Baste s’emparera de l’île de Rohr‑Haufen,
et enverra des barques pour flanquer la droite. Deux pièces de 6 seront débarquées
à terre pour faire une batterie qui battra le Zahnet et flanquera toute la
droite. Il fera soutenir cette batterie par 200 marins armés de fusils TITRE
II. 5.
Un quart d’heure après que la canonnade aura commencé sur la droite, et
après que la fusillade se sera fait entendre, le duc de Rivoli fera partir
les cinq bacs, portant dix pièces de canon avec mille coups à tirer, dans
des caisses, et 1,500 hommes d’infanterie, lesquels doubleront l’île
Alexandre et iront débarquer le plus haut qu’ils pourront. Une
cinquenelle sera jetée ; les bacs y seront attachés et serviront à porter
des hommes, des chevaux, des canons et des caissons. 6.
Aussitôt que les bacs auront doublé l’île Alexandre, le pont d’une pièce
descendra jusqu’à soixante toises de l’île Alexandre, et là sera
abattu et placé. Aussitôt tout le reste du corps du duc de Rivoli passera
sur ce pont. 7.
Immédiatement après que le pont d’une pièce sera descendu, les radeaux
fileront, et un pont sera construit vis‑à‑vis l’île
Alexandre. Le duc d’Auerstaedt sera chargé de faire construire ce pont,
ses troupes devant passer dessus. 8.
Au même moment, le pont sur pontons sera jeté par‑dessus l’îlot,
vis‑à‑vis l’île Alexandre ; et aussitôt l’artillerie du
duc de Rivoli et sa cavalerie passeront sur ce pont. 9.
Le duc de Rivoli se placera selon les circonstances. Il se tiendra sous la
protection des batteries de l’île Alexandre, jusqu’à ce que le général
Oudinot ait pris le bois et que les ponts soient faits. Le duc de Rivoli
fera la gauche de l’armée. La première position sera sous la
protection des batteries de l’île Alexandre, la seconde sous la
protection des batteries de l’île
Lannes, la troisième dans Enzersdorf. 10.
Le corps du prince de Ponte‑Corvo, la Garde et l’armée du prince
Eugène passeront immédiatement après sur les différents ponts et
formeront la deuxième ligne. L’Empereur leur désignera, au moment, les
ponts sur lesquels ils doivent passer. 11.
L’armée doit être placée de la manière suivante, le plus tôt
possible : trois corps en première ligne ; celui du duc de Rivoli à la
gauche, celui du général Oudinot au centre, celui du duc d’Auerstaedt
à la droite ; en seconde ligne : le corps du prince de Ponte‑Corvo à
la gauche, la Garde et le corps du duc de Raguse et la division Wrede au
centre, et le prince Eugène à la droite. Chaque corps d’armée sera placé,
une division faisant la gauche, une le centre et une la droite. 12.
Le 5, à la pointe du jour, toutes les divisions seront sous les armes,
chacune ayant son artillerie, l’artillerie de régiment dans
l’intervalle des bataillons. 13.
Les cuirassiers, en réserve sous les ordres du duc d’Istrie, formeront la
troisième ligne. 14.
En général, on fera la manœuvre par la droite, en pivotant sur Enzersdorf
pour envelopper tout le système de l’ennemi. TITRE
III. 15.
Le duc de Rivoli aura ses quatre divisions d’infanterie ; il laissera un régiment
badois aux ordres du général Reynier. Sa cavalerie sera commandée par
le général Lasalle, qui ne recevra d’ordres que du duc et qui aura sous
lui les brigades Piré, Marulaz et Bruyère. 16.
Le général Oudinot aura ses trois divisions d’infanterie et la brigade
de cavalerie légère du général Colbert ; il laissera deux bataillons,
formés des compagnies du centre, aux ordres du général Reynier. 17.
Le corps du duc d’Auerstaedt sera composé de ses quatre divisions
d’infanterie, de la brigade de cavalerie du général Pajol et de celle de
Jacquinot, sous les ordre du général Montbrun, plus, d’une des deux
divisions de dragons de l’armée d’Italie (celle du général Pully ou
celle du général Grouchy) ; ce qui lui fera neuf régiments de cavalerie. 18.
Le prince de Ponte‑Corvo aura son corps. 19.
La Garde sera augmentée du corps du duc de Raguse et de la division Wrede. 20.
L’armée d’Italie formera le corps du prince Eugène. 21.
Les cuirassiers formeront une réserve à part, sous les ordres du duc
d’Istrie. TITRE
IV. ‑ DE LA DÉFENSE DE L’ILE. 22.
Le général de division Reynier sera chargé du commandement de l’île.
Il prendra le service le 4, à midi. Il donnera le commandement des différentes
îles et postes détachés aux officiers d’artillerie les plus anciens
ou les plus propres employés dans les batteries desdites îles. 23.
Le général Reynier aura sous ses ordres : 1° un régiment de Bade, que
fournit le corps du duc de Rivoli ; 2° les deux bataillons que fournit le
corps du général Oudinot ; 3° deux bataillons saxons, que fournira le
corps du prince de Ponte‑Corvo ; 4° le bataillon du prince de Neuchâtel. Le
bataillon de Neuchâtel et un bataillon badois seront placés dans la tête
de pont, dans laquelle il y aura six pièces de canon en batterie. Ce
mouvement ne se fera que dans la nuit du 4 au 5. L’autre bataillon
badois mettra 25 hommes dans l’île Saint Hilaire, 25 dans l’île Masséna,
200 dans l’île du Moulin, 25 hommes dans l’île Lannes, 25 dans l’île
Espagne et 25 dans l’île Alexandre ; ce qui fera 325 hommes. Le reste des
400 hommes sera en réserve pour se porter partout où il sera nécessaire. Des
deux bataillons du corps du général Oudinot, un sera placé à la tête de
son pont et l’autre à la tête des grands ponts du Danube. Des
deux bataillons saxons, l’un sera placé en réserve, l’autre aux grands
ponts du Danube. 24.
Toutes les batteries des îles et la garde de tous les ponts seront sous les
ordres du général Reynier. Il fera exécuter les changements et fera
transporter les pièces où les circonstances, pendant la bataille, pourront
les rendre nécessaires. TITRE
V. ‑ DES BATIMENTS DE GUERRE. 25.
Il y aura deux bâtiments de guerre, armés de pièces de canon, en station
entre Stadelau et la rive gauche, tant pour inquiéter l’ennemi que pour
prévenir de ce qui viendrait à leur connaissance et des entreprises que
l’ennemi voudrait faire contre les ponts ou tout autre point de la rive
droite, et pour arrêter les brûlots qu’il voudrait envoyer. Deux autres
bâtiments armés seront placés entre Aspern et notre pont, pour inquiéter
ce que l’ennemi a dans les îles et observer ses mouvements. Le
reste des barques armées se tiendra sur notre droite pour protéger la
descente et toute notre droite. D’après
la minute. Dépôt de la guerre. 1168.
‑ ORDRES POUR LE PASSAGE DU GÉNÉRAL OUDINOT. Ile
Napoléon, 4 juillet 1809. Ce
soir, à huit heures, les quatre bacs et les bateaux pontés destinés à
former le pont de bateaux partiront de manière à arriver à leur
emplacement à neuf heures, nuit faite. A
huit heures, le général de brigade Conroux et 1,500 hommes
s’embarqueront au pont. A
neuf heures, les bateaux portant ces troupes appareilleront avec les barques
armées et iront débarquer dans l’endroit convenu. Ainsi ce débarquement
aura lieu à neuf heures et demie. Notre
batterie de six pièces de canon commencera son feu aussitôt qu’elle
apercevra arriver les bateaux, et on aura soin que les pièces placées pour
prendre d’écharpe la batterie ennemie finissent leur feu aussitôt que
nos bateaux commenceront le leur Le
général de division Tharreau se trouvera à la batterie et fera embarquer
sur les bacs le reste de la brigade Conroux. A cet effet, les bacs entreront
vides dans la rivière ; on jettera une cinquenelle et on se servira de tous
les bateaux pour passer toute la division Tharreau. Le
pont de bateaux commencera aussitôt la batterie prise, et le capitaine de
pontonniers fera faire son pont. Une compagnie de sapeurs passera avec des
officiers du génie pour couper des arbres, faire une tête de pont et
tracer le chemin sur la Maison-Blanche. INSTRUCTIONS
POUR LE GÉNÉRAL THARREAU. La
première chose à faire est de s’emparer de toute l’île de Hansel‑Grund
jusqu’au canal, de jeter les trois ponts sur le petit canal. Alors une
division marchera sur le village de Mühlleuten, une autre sur la
Maison‑Blanche. Le colonel Baste prendra possession de l’île de
Rohr‑Haufen, comme cela a été, dit, et flanquera non‑seulement
le Zahnet, mais encore la plage jusqu’au village de Schœnau, et fera
connaître tout ce qu’il y aura là de nouveau. Une
barque armée remontera aujourd’hui le Danube le plus tôt possible, ira
se poster pour menacer du côté d’Aspern et veiller à ce que
l’ennemi ne puisse faire aucun mouvement sur les îles Masséna ; une
autre se portera du côté de Stadelau pour le même objet. PASSAGE
DE L’ILE ALEXANDRE. Aussitôt
qu’on saura que le passage du général Oudinot a réussi, on commencera
le passage à l’île Alexandre, et on tâchera de faire la jonction des
deux colonnes le long de la rivière. A cet effet, les bacs passeront
d’abord cinq pièces de canon et 15 à 1,600 hommes, ou plutôt autant
d'hommes que les cinq bacs en pourront porter, de la division Boudet. Le
pont d’une pièce servira sur‑le‑champ à passer le reste de
la division Boudet et les divisions Molitor et Saint‑Cyr. Les bacs
passeront l’artillerie jusqu’à ce que les deux autres ponts soient jetés. Au
même moment, on donnera l’ordre aux batteries de l’île Lannes, de
l’île d’Espagne, aux grandes batteries intermédiaires et à celles de
l’île du Moulin de commencer leur feu, lequel sera continué toute
la nuit avec la plus
grande activité. Un
officier du génie, avec la plus grande partie des sapeurs, tracera
sur‑le‑champ, avec beaucoup de sacs à terre et gabions, une tête
de pont formée de quatre à cinq redoutes, faisant un système de 15 à
1,600 toises. Aussitôt que ces redoutes seront en premier état de défense,
on placera les pièces de position et les mortiers dans ces redoutes. Le bateau
armé qui sera du côté d’Aspern cherchera des positions où l’ennemi
n’ait pas de batteries, pour tirer et faire diversion. Un officier du génie
sera spécialement chargé de reconnaître le petit canal de l’île où débarquera
le général Oudinot ; il verra s’il est guéable. On pourrait construire
sur le chemin allant à Zahnet un petit ouvrage pour assurer la droite.
Les bateaux armés doivent donner de l’inquiétude sur toute la rive
gauche et faire un grand fracas de leur artillerie ; mais ils doivent spécialement
flanquer la droite du général Oudinot. Le
prince de Neuchâtel, major général. D’après
l’original comm. par le général duc de Reggio. 1169.
‑ INTENTION D’AUGMENTER L’ARTILLERIE DE LA GARDE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS. Wolkersdorf,
8 juillet 1809. Les
bulletins vous auront appris le résultat des journées d’Enzersdorf et de
Wagram, batailles mémorables où toutes les forces de la monarchie
autrichienne ont été détruites. J’ai mon quartier général dans la
maison qu’occupait le chétif François II, qui s’est contenté de
voir toute l’affaire du haut d’un belvédère, à quatre lieues du champ
de bataille. J’estime
que les ennemis nous ont fait feu avec sept à huit cents pièces de canon.
Quant à moi, j’en avais beaucoup aussi, car j’avais cinq cent cinquante
pièces. Je leur ai tiré 100,000 boulets ou coups de mitraille.
L’artillerie de la Garde m’a rendu les plus éminents services, et comme
dans mon organisation cette artillerie forme réellement la réserve de
l’artillerie de l’armée, je crois que je me déciderai à la porter à
cent vingt pièces. Ainsi donc l’artillerie de ma Garde est de soixante pièces
; j’ai demandé vingt‑quatre pièces pour les trois nouvelles
compagnies que j’ai formées ; c’est donc encore trente‑six pièces
à organiser. Jusqu’à
cette heure on ne sait pas trop ce que veut faire l’ennemi. Il marche dans
la direction de la Bohême. Il est coupé de la Moravie. Mes avant-postes
sont à Nikolsborg et à Stockerau. Quant
aux affaires d’Espagne, mandez à Madrid que le coup de Jarnac leur
viendra des Anglais, si les affaires ne sont pas mieux menées. Je tremble
que les Anglais, débouchant du Portugal par Abrantès, ne surprennent le
Roi à Madrid par des mouvements qu’ils auraient cachés. Je
vous avais mandé de prendre parmi les Polonais déserteurs ou
prisonniers, au service d’Autriche, des recrues pour mes régiments
polonais d’Espagne ; vous ne m’avez pas répondu sur un objet si
important. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1170.
‑ ORDRE DE COMPLÉTER LES VIDES DE L’ARMÉE, PERSONNEL ET MATÉRIEL. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Schœnbrunn,
15 juillet 1809. Monsieur
le Général Clarke, j’ai reçu deux états, l’un des détachements de
toutes armes partis de Strasbourg pour se rendre à l’armée d’Allemagne
depuis le 10 juin jusqu’au 3 juillet, duquel il résulte que 6,500 hommes
d’infanterie, 1,700 chevaux et 1,500 hommes d’artillerie et du génie,
formant 9,500 hommes, sont partis. Le second état est celui des détachements
destinés à l’armée d’Allemagne, partis ou devant partir de Strasbourg
depuis le 4 juillet, duquel il résulte que 8,500 hommes d’infanterie,
1,100 chevaux et 200 hommes d’artillerie et du génie sont en marche ;
ce qui ferait la valeur de 20,000 hommes qui vont rejoindre l’armée. Dans
ces états n’est pas compris ce qui a été fourni des dépôts du Piémont
et d’Italie. Faites‑moi connaître ce qu’il y a à ces dépôts et
ce qu’ils peuvent envoyer ; faites‑en dresser l’état. Je pense
que cela ne va pas loin de 8,000 hommes. Tous ces renforts réunis répareront
les pertes de l’armée depuis son entrée en campagne. Je
désire que vous fassiez partir pour l’armée tout ce que les 5es
bataillons peuvent fournir aux bataillons de guerre, ainsi que les
demi‑brigades provisoires. Dirigez donc sur l’armée, soit des demi-brigades
provisoires qui sont en France et en Italie, soit des dépôts, tout ce qui
est disponible, armé et exercé, sans y comprendre cependant la levée
supplémentaire de 40,000 hommes. Tous ces détachements se rendront
d’abord sur Passau et de là sur Vienne. Il
faut excepter de cette mesure trois demi‑brigades provisoires, les
deux qui sont à Boulogne et celle qui est à Gand, lesquelles doivent
rester entières. Toutes les autres doivent faire partir ce qu’elles ont
de disponible pour les corps respectifs. Il m’importe beaucoup que, dans
le courant d’août, mes cadres soient le plus complets possible. Organisez
tous ces détachements de manière qu’ils partent de Strasbourg par
colonnes de 5 à ,600 hommes, afin d’arriver en règle. Cavalerie.
Quant à la cavalerie,
je ne puis que vous réitérer de compulser vos états, et de renouveler aux
généraux commandant les divisions l’ordre
de faire partir des dépôts de hussards et de chasseurs tous les
hommes montés disponibles dont les escadrons de guerre sont, soit en
Allemagne, soit en Espagne. On incorporera dans les corps qui
sont en Allemagne les hommes dont les corps sont en Espagne. Faites la même
chose pour les cuirassiers et portez à 9,000 hommes les six régiments
provisoires de dragons. Artillerie.
Faites-moi faire des états pareils pour l’artillerie, qui me fassent
connaître :
1° ce qui est parti ; 2° ce qui n’était pas arrivé à
Vienne au 10 juillet ; 3° ce qui partira et pourra être arrivé avant
la fin de septembre. Je m’attends à avoir un grand accroissement
d’artillerie après l’ordre que j’ai donné de faire remplacer les
canonniers garde-côtes par des canonniers de marine, et d’envoyer tout ce
que les dépôts ont de disponible. Vous m’enverrez un état particulier
pour cela. Le système de guerre régulier que je suis exige une grande
quantité d’artillerie. Les immenses ouvrages que je fais faire à Passau
et ailleurs m’en emploient beaucoup. Il me faudrait deux compagnies à
Augsbourg, deux à la tête de pont de Linz, une à l’abbaye de Mœlk, une
à l’abbaye de Gœttweig, deux à la tête de pont de Vienne, deux à
l’arsenal de Vienne, deux à Rabb, deux à Grætz, une à Klagenfurt. Il
m’en faut pour compléter les pertes faites dans les dernières batailles,
et aussi pour augmenter mon matériel. J’ai été fort content de
l’artillerie dans ces dernières affaires. Avec l’artillerie de ma
garde et la précaution de distribuer aux régiments cent vingt pièces
d’artillerie autrichiennes, j’avais l’égalité et peut-être la supériorité
sur l’artillerie ennemie. Mon intention est de compléter l’artillerie
des régiments, mais je manque de petites pièces. Il serait convenable
d’envoyer de Strasbourg un bon nombre de pièces de 3, avec leurs caissons
et munitions. Envoyez-moi des hommes et des chevaux des dépôts des
bataillons du train, soit qu’ils aient leurs bataillons ou des compagnies
en Espagne, soit qu’ils les aient en Allemagne. On incorporera dans les
bataillons qui sont à l’armée d’Allemagne les hommes des dépôts dont
les bataillons sont en Espagne. Génie.
Envoyez ici toutes les compagnies de sapeurs qui sont en France ou en Italie ;
il ne doit y en avoir nulle part, tous les ouvrages permanents se font par
des entrepreneurs ; envoyez à l’armée d’Allemagne celles qui se
sont employées à Khel, à Wesel, à Juliers, à Mayence et dans les places
d’Italie, avec un bon nombre d’hommes pour les recruter. Portez une
attention particulière aux ordres contenus dans cette lettre. Il est
important que pendant l’armistice les routes se couvrent de troupes françaises,
et que l’accroissement de l’armée soit supérieure à tout ce que
pourra recevoir l’ennemi. Envoyez-moi 3 ou 400 milliers de poudre ;
ils pourront, à présent que le Danube est libre, s’embarquer à Ulm et
venir par eau jusqu’à Passau. Il est également nécessaire de diriger
20,000 fusils, 2,000 paires de pistolets, 2,000 sabres de cuirassiers, et
2,000 sabres de cavalerie légère sur Passau. J’ai demandé, il y a plus
de six semaines, 2,000 cuirasses. La
quantité de chevaux tués aux différentes batailles est très‑considérable.
En général, dans les batailles, j’ai constamment, pour un homme de cavalerie
tué ou blessé, perdu trois ou quatre chevaux. J’ai ordonné aux dépôts
de Passau et de Schœnbrunn qu’on en achète et qu’on ne néglige rien
pour cela ; mais j’ai encore 4,000 hommes de cavalerie à pied. Cependant
une partie sera montée dans le courant du mois. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1171.
- DEMANDE DES BESOINS DE L’ARTILLERIE ; INSTRUCTIONS A CE SUJET. AU
GÉNÉRAL COMTE DE LA RIBOISIÈRE, COMMANDANT L’ARTILLERIE DE L’ARMÉE
D’ALLEMAGNE, A VIENNE. Schœnbrunn,
15 juillet 1809. Monsieur
le Général la Riboisière, faites‑moi un rapport qui me fasse connaître
les besoins de l'artillerie : 1° en bouches à feu de campagne ; 2° en
munitions ; 3° en poudre ; 4° en ouvriers pour pouvoir se procurer des
affûts, des fers et autres objets nécessaires à l’approvisionnement de
l’artillerie ; 5° en personnel, savoir, canonniers et train. Votre
rapport doit reposer sur les bases suivantes : deux pièces de 3, de 4 ou de
6 par régiment d’infanterie ; ce qui fait, pour le corps d’un duc de
Rivoli, vingt-huit ; pour le corps du duc d’Auerstaedt, vingt‑huit
; pour le corps du maréchal Oudinot, trente‑quatre ; pour le corps du
vice‑roi, trente‑deux ; pour le corps du maréchal Marmont,
quatorze ; ce qui fait, pour les pièces du régiment, un total de cent
seize, desquelles il faut ôter ce que vous avez déjà fourni.
Faites‑moi connaître : 1° ce que
vous pouvez fournir ici en pièces de 3, de 4 ou de 6 ; 2° ce que peuvent
fournir encore Passau et Linz ; 3° ce qu’on peut faire venir d’Italie ;
4° ce qu’on peut faire venir de France.
Quant
à l’organisation des divisions, voici les besoins : le corps du duc de
Rivoli, soixante pièces ; le corps du duc d’Auerstaedt, soixante ; le
corps du maréchal Oudinot, quarante‑cinq ; le corps du maréchal
Marmont, trente ; le corps du vice‑roi, soixante ; total, deux cent
cinquante‑cinq. Je ne comprends point dans ce compte les alliés. Pour
la cavalerie, il faut une demi‑batterie par chaque régiment de
cuirassiers ; ainsi, pour la division Nansouty, il faut dix‑huit pièces,
pour la division Saint-Germain, douze ; pour la division du duc de Padoue,
douze. Une demi‑batterie de trois pièces pour chaque division de
cavalerie légère ; ainsi, il faut, pour la division Montbrun et pour celle
que commandait le général Lasalle, quarante‑huit pièces
d’artillerie légère. Pour la Garde, il faut compter d’abord soixante
pièces telles qu’elles existaient avant la bataille, en outre
vingt‑quatre pièces dont j’ai ordonné la formation à
Strasbourg. De plus, je désire avoir, sous le commandement du général de
l’artillerie de ma Garde, pour suivre sa destination, une réserve de
douze pièces de 12 et six obusiers servis par l’artillerie à pied,
faisant dix‑huit pièces, ce qui portera l’artillerie qui suivra la
Garde à cent deux pièces. Plus, quatre divisions chacune de six pièces,
savoir : seize pièces de 6 et huit obusiers servis par l’artillerie de la
ligne, faisant vingt‑quatre pièces ; ce qui formera une réserve de
quarante-deux bouches à feu qui, avec les quatre‑vingt‑quatre
pièces de la Garde, feront une réserve de cent vingt-six pièces. Récapitulation :
pièces de régiment, 116 ; pièces de division, 255 ; pièces de la
cavalerie, 48 ; pièces de la Garde et réserve, 126 ; total, 545 bouches à
feu ; sans compter les alliés qui doivent avoir, les Bavarois, 60 pièces ;
les Saxons, 36 ; les Wurtembergeois, 24 ; les Badois, 18 ; les Hessois, 16
; total, 154 ; total général, 699 bouches à feu.
Le personnel de l’artillerie doit pouvoir fournir, indépendamment
du service du corps, deux compagnies à Passau, une ou deux à Linz, une
à Mœlk et à Gœttweig, deux à la tête de pont de Vienne, deux dans
Vienne ; une à Raab, une à Grætz, deux dans d’autres forts. Indépendamment
de ces douze ou treize compagnies, il en faut au moins huit pour le service
des parcs et pour les événements imprévus. C’est donc plus de vingt,
soit à pied, soit à cheval, qui sont indispensables, indépendamment de
celles destinées au service des corps. Aussitôt que j’aurai votre rapport,
je prendrai des mesures convenables pour que tout ce qui manque arrive. Nous
trouverons à Grætz une grande quantité de boulets ; on peut en ramasser
cent mille sur les champs de bataille autour de Vienne ; ainsi il paraît
que nous en aurons suffisamment. Si, à Brünn, on n’a point trouvé 3 ou
400 milliers de poudre, il faut en faire venir d’Ulm. Il faut faire venir
également des fusils, des cuirasses, des sabres et des pistolets. Il doit
y avoir actuellement à l’armée sept à huit compagnies qui ne sont
attachées à aucun corps ; il en arrive quatre d’Italie et huit ou dix
qui sont parties de France. NAPOLÉON. D’après
l’original comm. par M. le comte de la Riboisière. 1172.
‑ ORDRE POUR L’ÉTABLISSEMENT D’ATELIERS D’HABILLEMENT, DE
MAGASINS DE BLÉ, FARINE ; BISCUIT. AU
COMTE DARU, INTENDANT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A VIENNE. Schœnbrunn,
15 juillet 1809. Monsieur
Daru, je désire que vous me présentiez des rapports sur les différents
projets suivants : 1°
Réunir à Vienne tout le biscuit qu’il peut y avoir à Augsbourg, à
Passau, à Linz, à Enns et à Mœlk, de manière à avoir à Vienne un
million de rations de biscuit ; en établir le magasin dans un des bastions
ou dans un local qui serait désigné par le gouverneur ; 2°
Réunir à Vienne 25,000 quintaux de farine et 100,000 quintaux de blé,
dont on organiserait la mouture ; 3°
Se procurer 100 millions en papier, afin de pouvoir payer sans délai juin,
juillet et août à l’armée, et pourvoir à toutes les dépenses de
l’artillerie et du génie ; 4°
Établir des ateliers d’habillement à Grætz, à Linz, à Vienne, et
prendre des mesures pour avoir de quoi confectionner dans chacun de ces
ateliers 20,000 capotes, habits, vestes et culottes ; total, 60,000
capotes, habits, vestes et culottes ; un même nombre de baudriers et de
gibernes ; le double de chemises ; la moitié de shakos et la moitié de
sacs à peau. Ces trois ateliers seront d’une grande utilité pour l’armée.
Faites‑en établir un à Znaym pour le corps du duc de Rivoli, un à
Brünn pour le corps du duc d’Auerstaedt, et un à OEdenburg pour le corps
du vice‑roi. Portez la confection de chacun de ces ateliers des
corps d’armée à 3,000 capotes, culottes, habits, vestes, etc., pour
pouvoir servir aux hôpitaux établis dans ces lieux. Il faut établir
tous ces ateliers comme j’ai établi ceux de Bordeaux. Faites-moi connaître
sur quels lieux doivent frapper les réquisitions en draps, toiles, tricots,
etc. Par ce moyen je pourrai entretenir mon armée. Présentez‑moi
le plus tôt possible vos rapports, afin de mettre cela promptement en
vigueur. Quant aux façons, on les fera faire par les tailleurs des villes,
que le directeur de l’habillement payera convenablement. NAPOLÉON. D’après
la copie comm. par M. le comte Daru. 1173.
‑ FORMATION DE LA CAVALERIE LÉGÈRE DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE EN
DIX BRIGADES. ORDRES. Schœnbrunn,
21 juillet 1809. 1° Il y aura dix
brigades de cavalerie légère, qui seront organisées de la manière
suivante. 1re
brigade Le 3è, le 23è de chasseurs et les Hessois formeront la
1re brigade, qui sera commandée par le général Bordesoulle. 2è
brigade. Le 14è, le 19è de chasseurs et les Badois formeront la 26
brigade, qui sera commandée par le général Bron. 3è
brigade. Le 24è et le 13è de chasseurs formeront la 3è brigade,
qui sera commandée par le général Castex. 4è
brigade. Le 8è de hussards et le 16è de chasseurs formeront la 4è
brigade, qui sera commandée par le général Piré. 5è
brigade. Le 5e de hussards, le 11è et le 12è de chasseurs
formeront la 5è brigade, qui sera commandée par le général Pajol. 6è
brigade. Le 1er et le 2è de chasseurs et le 7è de hussards
formeront la 6è brigade, qui sera commandée par le général Jacquinot. 7è
brigade. Le 7è et le 20è de chasseurs et le 9è de hussards
formeront la 7è brigade, qui sera commandée par le général
Colbert. 8è
brigade. Le 1er provisoire, le 25è de chasseurs et un régiment de
Wurtemberg formeront la 8è brigade, qui sera commandée par le général
Thiry. 9è
brigade. Le 6è et le 9è de chasseurs formeront la 9è brigade, qui
sera commandée par le général Girard. 10è
brigade. Enfin le 6è de
hussards et le 8è de chasseurs formeront la 10è brigade, qui sera commandée
par le général Berkeim. 2°
Les généraux de division Marulaz, Bruyère et Montbrun seront spécialement
attachés au commandement de la cavalerie légère. 3°
Le général Reynaud (des cuirassiers) remplacera le général Bron dans
le commandement du dépôt de cavalerie. 4°
Le général Fouler se rendra à Baireuth pour y prendre le commandement de
la cavalerie du corps de réserve aux ordres du duc d’Abrantès. NAPOLÉON. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1174.
‑ PRINCIPES QUI DOIVENT PRÉSIDER A LA CONFECTION ET A LA LIVRAISON DU
MATÉRIEL D’ARTILLERIE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG , MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Schœnbrunn,
1er août 1809. Tout
officier d’artillerie qui donne des cartouches qui ne sont pas de calibre,
qui donne des pièces folles ou hors de service, ou des affûts hors d’état
de faire la campagne, mérite la mort. Je ne puis qu’être extrêmement mécontent
des principes que contient votre lettre du 25 juillet ; quand on n’a pas
d’artillerie en état de servir, on n’en donne pas, car il vaut mieux
n’avoir pas d’artillerie que d’en avoir de mauvaise, qui compromet la
vie des hommes et l’honneur des armes. Mettez ces principes à l’ordre,
pour qu’ils soient connus de toute l’armée, et faites arrêter le
directeur de Mayence, qui a donné au corps de réserve commandé par le duc
d’Abrantès des affûts hors d’état de servir. Je
ne puis pas entrer dans tous les détails ; les fonds de l’artillerie ne
peuvent pas être augmentés ; mais c’est à vous à varier les dépenses,
à faire faire des affûts de campagne au lieu d’affûts de côtes, à
avoir des canons de fer coulé si vous n’en pouvez pas avoir de cuivre,
enfin à d’employer les sommes disponibles à ce que le service a de plus
urgent. Si j’avais à former un équipage d’artillerie de trente pièces
de campagne dans la seule 26è division militaire, je ne serais pas
embarrassé. Nous avons une infinité de petites places où on peut trouver
des pièces ; mais l’artillerie, qui ne sait pas les trouver, a préféré
donner de l’artillerie prussienne au corps de réserve. Dans la seule
ville de Mayence, il est impossible qu’il n’y ait pas trente à
quarante pièces de campagne. Il est vrai que ces bouches à feu peuvent être
portées dans les états comme destinées à la défense de la place, mais
il valait bien mieux les donner que de mettre le duc d’Abrantès dans le
cas de se trouver sans artillerie au moment d’une bataille De tous les
pays de l’Europe, la France est celui où il y a le plus de canons, de
caissons, de voitures d’artillerie et de tout. Je ne reviens plus sur ce
que je vous ai demandé d’artillerie ; je vous ai écrit que j’avais
mille voitures d’artillerie de plus qu’il ne me fallait ; que ce dont
j’avais besoin, c’étaient des pièces. Les
principes de votre bureau d’artillerie ne sont pas assez clairs ; il
suppose qu’en campagne toutes les munitions doivent être sur des chariots
; ce qui n’est pas exact. Un approvisionnement et demi ou deux
approvisionnements sont suffisants sur des chariots ; mais le surplus des
munitions de réserve doit être mis dans des caisses pour être transporté
par eau ou traîné sur des voitures du pays. Depuis que je suis à Vienne,
j’ai tiré plus de 200,000 coups, mais pour cela je n’ai pas eu assez
des caissons. Il est donc clair qu’il suffit d’avoir dans des caisses
les munitions qui doivent remplacer. Dans ce moment j’ai à Vienne 150,000
coups à balles et à boulets ; cet approvisionnement sera bientôt porté
à 200,000 coups, et cependant j’estime que j’ai des caissons beaucoup
plus qu’il ne m’en faut. L’inconvénient d’un trop grand nombre de
caissons, c’est de ruiner la France, d’exposer à des événements, d’être
très-coûteux et excessivement embarrassant. Enfin,
mille voitures ne doivent pas coûter plus de 6 ou 700,000 francs, ce qui,
après tout, n’est pas une dépense énorme. Je dépense beaucoup
d’argent et j’entends toujours des plaintes de l’artillerie : c’est
que, je crois, tout cela est mal compris et que notre matériel
d’artillerie manque de principes. Il
me semble que ce qui est relatif à l’équipage de campagne doit passer
avant tout, et en général le matériel de l’artillerie de l’armée
n’est pas assez bien tenu. D’après
la minute. Archives de l’Empire.
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