| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome sixième Paris - 1876
1195.
‑ REPROCHES AU MARÉCHAL SOULT SUR SA CONDUITE EN Portugal ; AVIS DE
SA NOMINATION DE MAJOR GÉNÉRAL. AU MARÉCHAL SOULT, DUC DE DALMATIE, COMMANDANT L’ARMÉE DE PORTUGAL,
A PLASENCIA. Schœnbrunn,
25 septembre 1809. Mon Cousin, j’ai été mécontent de votre conduite. Mon mécontentement
est fondé sur cette phrase de la circulaire de votre chef d’état‑major
: « Le duc de Dalmatie serait prié de prendre les rênes du
gouvernement, de représenter le souverain et de se revêtir de toutes les
attributions de l’autorité suprême, le peuple promettant et jurant de
lui être fidèle, de le soutenir et de le défendre aux dépens de la vie
et de la fortune contre tout opposant et envers même les insurgés des
autres provinces jusqu’à l’entière soumission du royaume... »
C’eût été un crime qui m’eût obligé quelque attachement que je vous
porte, à vous considérer comme criminel de lèse‑majesté et
coupable d’avoir attenté à mon autorité, si vous vous fussiez attribué
le pouvoir suprême de votre propre mouvement. Comment auriez‑vous
oublié que le pouvoir que vous exerciez sur les Portugais dérivait du
commandement que je vous ai confié, et non du jeu des passions et de l’intrigue
? Comment, avec les talents que vous avez, auriez‑vous pu penser que
je consentisse jamais à vous laisser exercer aucune autorité, sans que
vous la tinssiez de moi ? Il y a dans cela un oubli des principes, une méconnaissance
de mon caractère et des sentiments et de l’orgueil de la nation, que je
ne puis concilier avec l’opinion que j’ai de vous. C’est avec ces
fausses démarches que le mécontentement s’est accru, et qu’on a pensé
que vous travailliez pour vous et non pour moi et pour la France. Vous
avez sapé le fondement de votre autorité, car il serait difficile de
dire si, après la circulaire émanée de vous, un Français qui eût cessé
de vous obéir eût été coupable. Dans
votre expédition, j’ai été fâché de vous voir vous enfourner sur
Oporto sans avoir détruit la Romana, de vous voir rester si longtemps à
Oporto sans rouvrir vos communications avec Zamora, marcher sur Lisbonne
ou prendre un parti quelconque. J’ai vu avec peine que vous vous fussiez
laissé surprendre à Oporto, et que mon armée, sans combattre, se fût
sauvée presque sans artillerie et sans bagages. Toutefois, après avoir longtemps hésité sur le parti que je devais
prendre, l’attachement que j’ai pour vous et le souvenir des services
que vous m’avez rendus à Austerlitz et dans d’autres circonstances
m’ont décidé ; j’oublie le passé, j’espère qu’il vous servira de
règle, et je vous confie le poste de major général de mon armée
d’Espagne. Le roi n’ayant pas l’expérience de la guerre, mon intention
est que, jusqu’à mon arrivée, vous me répondiez des événements. Je
veux moi‑même entrer le plus tôt possible à Lisbonne. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1196.
‑
OUVRAGES A FAIRE POUR LES ÉCOLES DE METZ ET DE SAINT‑CYR. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Schœnbrunn,
1er octobre 1809. Monsieur le Général Clarke, notre militaire est peu instruit ; il faut s’occuper de deux ouvrages, l’un pour l’école de Metz, l’autre pour celle de Saint‑Cyr. L’ouvrage pour l’école de Metz doit contenir les ordonnances sur
les places, les jugements qu’ont encourus tous les commandants qui ont
rendu légèrement la place dont la défense leur était confiée, enfin
toutes les ordonnances de Louis XIV et de nos jours qui défendent de rendre
une place avant qu’il y ait brèche et que le passage du fossé soit
praticable. Dans
cet ouvrage, qui comporte plusieurs volumes, il faut faire entrer une
dissertation sur la défense des places, qui fasse voir : 1°
Comment de vrais militaires, prenant le commandement de places presque démantelées,
les ont en peu de temps mises en état de soutenir un long siège. Il faut
entrer, à cet égard, dans de grands détails et citer une quinzaine
d’exemples, tels que celui du duc de Guise à Metz et celui du chevalier
Bayard à Mézières. 2°
Comment ces braves commandants, prévoyant l’attaque de l’ennemi, ont
sur‑le‑champ rectifié la brèche, retranché le bastion ;
comment, d’ailleurs, le moindre petit ouvrage et une bonne défense des
derniers travaux ont considérablement retardé le cheminement des assiégeants.
On peut citer le dernier siège de Danzig, où un simple blockhaus nous a
fait passer quinze jours pour le couronnement du chemin couvert et le
passage du fossé. Il faut, à cette occasion, se récrier contre cette
manie qu’ont les officiers du génie de croire qu’une place ne peut se défendre
que tant de jours ; faire sentir combien cela est absurde et citer des
exemples connus de sièges où, au lieu du nombre de jours qu’on avait
calculé devoir mettre à faire cheminer les parallèles, on a été forcé
d’y employer un temps bien plus considérable, soit par des sorties de la
place, soit par des feux croisés, soit par toute autre espèce de retards
que la défense de la place a fait naître ; faire voir, lorsqu’il existe
une brèche, toutes les ressources qui restent encore si la contrescarpe
n’a pas santé, si tous les feux ne sont pas éteints, et comment
l’assaut même de la brèche peut manquer si l’on s’est retranché
derrière. Je ne trace là qu’un aperçu des idées qui doivent entrer dans cet
ouvrage ; c’est un travail complet à faire, et je crois que Carnot, ou
tout autre de cette classe, serait très‑propre à s’en charger. Le
but doit être de faire sentir de quelle importance est la défense des
places, et d’exciter l’enthousiasme des jeunes militaires par un grand
nombre d’exemples ; de faire connaître combien, dans tous les cas, les délais
qu’on a mis en avant comme règles du cheminement ont constamment éprouvé
des retards dans l’application. Enfin, dans cet ouvrage, on doit faire
entrer un grand nombre de faits héroïques, par lesquels se sont
immortalisés les commandants qui ont défendu longtemps les places les plus
médiocres, et rappeler en même temps les sentences qui, chez toutes les
nations, ont flétri ceux qui n’ont pas rempli leur devoir. L’auteur seul peut concevoir les divisions de cet ouvrage, dont je ne
donne l’idée qu’en bloc. Il doit traiter non‑seulement ce qui
regarde l’officier du génie , mais auss le commandant et le gouverneur
d’une place ; il doit apprendre le peu de cas qu’il faut faire des faux
bruits que l’ennemi peut répandre, et poser en principe qu’un
commandant de place assiégée ne doit faire aucune espèce de raisonnement
étranger à ce dont il est chargé ; qu’il doit se regarder comme isolé
de tout ; qu’il doit enfin n’avoir d’autre idée que de défendre sa
place, avec tort ou raison, jusqu’à la dernière minute, conformément
à ce que prescrivent les ordonnances de Louis XIV et l’exemple des braves
gens. J’attache
une grande importance à cet ouvrage, et celui qui le fera bien méritera
beaucoup de moi. Il faut que ce soit à la fois un ouvrage de science et
d’histoire ; que les récits soient même quelquefois amusants ; qu’il y
ait de l’intérêt, des détails, et que, s’il le faut, des plans y
soient joints. Cependant il ne faut pas sortir des bornes d’un ouvrage
propre à être mis dans les mains des jeunes gens. Quant
à l’ouvrage pour l’École militaire, je désire qu’on y traite de
l’administration en campagne, des règles du campement, pour que
chacun sache comment se trace un camp, enfin des devoirs d’un colonel
ou d’un commandant de colonne d’infanterie. Il faut surtout appuyer sur
les devoirs de l’officier qui commande une colonne détachée ; bien
exprimer l’idée qu’il ne doit jamais désespérer ; que, fût‑il
cerné, il ne doit pas capituler, qu’en pleine campagne il n’y a pour
de braves gens qu’une seule manière de se rendre, c’est, comme François
1er et le roi Jean, au milieu de la mêlée et sous les coups de
crosse ; que capituler, c’est chercher à sauver tout hors l’honneur ;
mais que, lorsqu’on fait comme François 1er, on peut du moins
dire comme lui : Tout est perdu fors l'honneur! Il faut citer là des exemples, tels que
celui du maréchal Mortier à Krems, et un grand nombre d’autres qui
remplissent nos annales, pour prouver que des colonnes armées ont trouvé
moyen de se faire passage en cherchant toutes leurs ressources dans leur
courage ; que quiconque préfère la mort à l’ignominie se sauve et vit
avec honneur, et qu’au contraire celui qui préfère la vie meurt en se
couvrant de honte. On peut ainsi prendre dans les histoires anciennes ou
dans les histoires modernes tous les traits faits pour exciter
l’admiration ou le mépris. Au nombre des actions honteuses, il faut
mettre les affaires de Blenheim et de Höchstett, et celle du corps de
grenadiers français qui, dans la guerre de Sept ans, a capitulé. On peut même
citer l’affaire du général Dupont, qui, tandis que des colonnes de
secours s’avançaient, se tint pour battu dans une première attaque, préféra,
pour sauver des bagages, obtenir une prétendue capitulation qui ne fut
point exécutée, et entraîna ainsi les autres divisions dans sa perte. Il y a
un grand nombre de traits historiques pour et contre, qu’il faudra choisir
et citer, de manière à inspirer toujours l’admiration pour les uns et le
mépris pour les autres. Beaucoup
d’autres ouvrages seraient nécessaires pour les écoles, et il faudrait
peut‑être nommer une commission de militaires instruits, que vous
chargeriez de faire le prospectus de ces différents ouvrages. NAPOLÉON. D’après
la copie comm. par M Hippolyte Carnot. 1197.
‑ ORDRES RELATIFS AUX APPROVISIONNEMENTS DE
MATÉRIEL. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Schœnbrunn,
7 octobre 1809. Je
reçois votre lettre du 30 septembre. Je vois avec plaisir qu’il y a en
France plus de voitures neuves que je ne pensais ; qu’il y en a 600 à
Strasbourg, parmi lesquelles 120 haquets à bateaux ; les bateaux y
sont‑ils ? qu’entre Strasbourg et Mayence, Auxonne, Metz et la Fère
j’ai 900 voitures neuves ; c’est la moitié de ce que je demande. Ce qui
existe à Grenoble doit être tenu en réserve pour l’Italie, en cas de
malheur et qu’il fallût reformer une armée sur les Alpes. Je vois 300
voitures marquées en encre rouge ; je présume qu’elles sont à réparer.
Au total, cet état est plus satisfaisant que je ne le croyais, et ma
croyance est simple : vous m’aviez écrit que vous n’aviez pas de
voitures. Vous avez justifié le directeur d’artillerie de Mayence
d’avoir donné de mauvaise artillerie au corps de Hanau, en disant qu’il
n’y avait pas d’artillerie ; cependant il y avait là 120 voitures. Il
faut avoir un grand nombre de forges de campagne, non‑seulement pour
l’artillerie, mais pour que je puisse au besoin en prendre pour la
cavalerie. Cela étant, faites vos commandes et organisez vos arsenaux de
manière qu’on y travaille sans relâche. Présentez‑moi un nouveau
projet. Je désire que vous regardiez comme à‑compte sur les 2,200
voitures que j’ai demandées celles qui sont à Strasbourg, Metz, la Fère,
Auxonne et Mayence. Il faut également compter celles que vous faites
confectionner et qui entrent dans les budgets des années 1809 et 1810,
parce que j’estime que ce ne sera qu’en 1811 que vous pourrez avoir
3,000 voitures que je demande, au lieu de 2,200. Il est probable que celles
que vous avez formeront un nombre de 1,000 à 1,200, et, comme je veux
conserver les mêmes fonds que j’ai accordés par le budget de cette année,
on pourra employer le surplus d’affûts de place et de côte. RÉSUMÉ.
‑ Je désire que mes arsenaux soient organisés de manière qu’au 1er
janvier 1811 j’aie dans mes arsenaux du Rhin 2,500 voitures de campagne
neuves, indépendamment de 3 ou 400 voitures que la Grande Armée y déposera.
Ce nombre de 2,500 voitures se compose. 1° des voitures neuves existant
aujourd’hui ; 2° de celles à faire par le budget de 1809 ; 3° de celles
à faire par le budget de 1810 ; 4° du supplément à faire en conséquence
du budget extraordinaire de cette année, c’est‑à‑dire sur
les fonds accordés par mon dernier décret. Présentez-moi, à mon retour
à Paris, un travail là‑dessus. Un
second travail que je désire que vous me fassiez faire est celui‑ci
: me faire connaître, 1° le nombre d’affûts de côte, de siège et de
place existant dans mes arsenaux ; 2° les commandes que vous avez faites en
conséquence du budget de 1809 ; 3° les commandes que vous avez faites sur
le budget de 1810 ; 4° enfin l’extraordinaire pour consommer les fonds
que j’ai mis cette année pour les voitures d’artillerie. Je
vous prie de considérer quatre choses : 1° que j’ai pour principe,
non‑seulement d’avoir une grande quantité d’affûts et de canons
à la Fère, comme place centrale et près de Paris ; 2° que je veux faire
de Metz, comme place forte et éloignée des frontières, le grand dépôt
de mon matériel ; 3° qu’il faut que Turin puisse fournir à l’armement
d’Alexandrie ; 4° qu’il faut que le Nord puisse fournir au grand
armement d’Anvers et de l’Escaut, car je désire que les batteries du
fort Lillo et autres forts soient sur affûts de place et de côte, ainsi
que celles d’Anvers. Jusqu’à cette heure il n’y a que des batteries
sur affûts marins ; il faut changer cet état de choses. Faites
travailler avec la plus grande activité possible dans les arsenaux. L’Empire
est vaste, et les besoins sont considérables. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1198. ‑ PROJET DE FORMATION D’UN CORPS DE 80,000 HOMMES POUR ÊTRE
ENVOYÉ EN ESPAGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Schœnbrunn,
7 octobre 1809. Monsieur le Général Clarke, donnez l’ordre à Bayonne qu’on forme un régiment de marche tiré des dépôts des 34è, 114è, 115è, 116è, 117è, 118è, 119è et 120è. Ce régiment restera réuni à Bayonne jusqu’à ce qu’il soit bien babillé, bien discipliné et fort de 3 à 4,000 hommes. Le 1er novembre, le général Hédouville en passera la revue et me fera connaître sa situation. Vous
passerez à Paris la revue des deux bataillons de la Vistule et des 200
lanciers. Vous dirigerez de Sedan tout ce qu’il y aurait de disponible sur
ces deux corps, en leur faisant donner ce qui leur est nécessaire pour les
porter à 1,500 hommes d’infanterie et 300 chevaux. Vous me ferez connaître,
au 20 octobre, la situation de ces corps pour que j’indique leur
destination. Vous
dirigerez sur Orléans le bataillon irlandais et les autres troupes que vous
destineriez pour l’Espagne. Réunissez
à Paris tout ce que les dépôts de dragons pourront fournir après avoir
complété les six régiments provisoires à 6,000 hommes, et tâchez de
porter ce nombre d'hommes à 3,000. Vous pourrez former de ces 3,000 hommes
deux ou trois régiments de marche. Ces régiments de marche attendront
à Tours, et autres lieux où le fourrage est abondant, l’arrivée des régiments
provisoires, pour se joindre à eux. Par là, j’aurai neuf régiments provisoires
de dragons, composés des 3è et 4è escadrons et formant 9,000 chevaux. Mon
intention est de réunir, pour le commencement de décembre, 80,000 hommes
d'infanterie et 15 à 16,000 chevaux, pour entrer en Espagne avec ces
renforts. Je suppose que l’ennemi aura évacué l’île de Walcheren.
Voici comment je suppose que je pourrai former ce corps de 100,000 hommes. Infanterie : 9,000 hommes,
composés des 26è, 66è, 82è, d’un bataillon hanovrien et d’un
bataillon de la légion du Midi ; 6,000 hommes des 47è, 15è, 86è et 76è
; 3,000 hommes du 22è de ligne ; 8,000 hommes des neuf bataillons du corps
du duc d’Abrantès et du régiment de Berg ; 3,000 hommes du régiment
de marche qui se forme à Strasbourg ; 3,000 hommes du régiment de marche
qui se forme à Maëstricht ; 14,000 hommes des six demi‑brigades
provisoires de l’armée du Nord ; 3,000 hommes du régiment de marche qui
se forme à Bayonne ; 19,000 hommes provenant de tout ce qui se trouve disponible
aux dépôts de tous les régiments, en France, qui seront dirigés sur
Bayonne et incorporés dans les régiments d’Espagne ; 10,0000 hommes de
la Garde ; total, 80,000 hommes d’infanterie et 4,000 hommes de troupes
alliées. Cavalerie : 9,000 dragons des neuf régiments provisoires ; 2,000
hommes provenant des dépôts de chasseurs et hussards qui ont leurs régiments
en Espagne ; 1,000 hommes du régiment provisoire ; 600 hommes du régiment
de chasseurs du grand‑duché de Berg ; 3,400 hommes de tous les dépôts
de chasseurs et hussards qui sont en France, à incorporer dans les régiments
de l’armée d’Espagne, y compris 1,000 hommes tirés des dépôts de
cuirassiers pour le 13è de cuirassiers ; total, 16,000 hommes de cavalerie. Ce
qui, avec les 80,000 hommes d’infanterie française et les 4,000 alliés,
fera 100,000 hommes, que mon intention est d’avoir réunis, entre Bayonne
et Orléans, dans le mois de décembre, pour entrer en Espagne. Je
désire que vous fassiez faire ce travail dans vos bureaux, afin de
rectifier ces calculs, et que vous me présentiez la formation d’une réserve
de 100,000 hommes, en n’y comprenant aucun homme de l’armée d’Allemagne,
si ce n’est le corps du duc d’Abrantès. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1199.
‑ REPROCHES A ADRESSER AU ROI D’ESPAGNE QUI A FAIT CONNAITRE LES
FORCES DE SON ARMÉE ; CONSIDÉRATIONS A CE SUJET. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE La GUERRE, A PARIS. Schœnbrunn,
10 octobre 1809. Je désire que vous écriviez au roi d’Espagne pour lui faire comprendre que rien n’est plus contraire aux règles militaires que de faire connaître les forces de son armée, soit dans des ordres du jour et proclamations, soit dans les gazettes ; que, lorsqu’on est induit à parler de ses forces, on doit les exagérer et les présenter comme redoutables en en doublant ou triplant le nombre, et que, lorsqu’on parle de l’ennemi, on doit diminuer sa force de la moitié ou du tiers ; que dans la guerre tout est moral ; que le Roi s’est éloigné de ce principe lorsqu’il a dit qu’il n’avait que 40,000 hommes et lorsqu’il a publié que les insurgés en avaient 120,000 ; que c’est porter le découragement dans les troupes françaises que de leur présenter comme immense le nombre des ennemis, et donner à l’ennemi une faible opinion des Français en les présentant comme peu nombreux ; que c’est proclamer dans toute l’Espagne sa faiblesse ; en un mot, donner de la force morale à ses ennemis et se l’ôter à soi‑même ; qu’il est dans l’esprit de l’homme de croire qu’à la longue le petit nombre doit être battu par le plus grand. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1200.
‑ DÉCRET FORMANT UN ÉQUIPAGE DE SIÉGE POUR L’ARMÉE D’ESPAGNE. TITRE
1er. ‑ MATÉRIEL. TITRE
1V. ‑ DISPOSITIONS DIVERSES. D’après
l’original. Archives de l’Empire. 1201. ‑ MESURES ORDONNÉES CONTRE LE GÉNÉRAL GOUVION SAINT‑CYR POUR AVOIR QUITTE SON COMMANDEMENT SANS AUTORISATION. 1202.
‑ NOTES SUR PASSAU. PONT
SUR LE DANUBE. ‑ Le pont du Danube ne peut rester où il est, puisque,
pour défendre ce pont, il faudrait occuper la maison du Hackelberg ;
mais on doit le placer à quatre cents toises en descendant de l’endroit
où il est aujourd’hui, c'est‑à-dire à deux cents toises de la
batterie ronde. En amont, il suffira d’occuper par une redoute une
position près la maison d’Eggendobel. En aval, il faudra occuper la
position qui a été déjà désignée pour le pont de l’Inn. Sur le
quai de l’Inn comme sur celui du Danube, il y a plusieurs tours qu’il
faut raser ; déblayer les décombres, et abattre ce qui est inutile.
Le
fort Rivoli n’est nécessaire à la place qu’autant qu’il protège la
redoute qui sera placée pour empêcher l’effet des batteries que
l’ennemi pourrait établir sur la rive gauche du Danube pour rompre le
pont. Mais il est indispensable de maintenir la communication entre le
fort Rivoli et la citadelle. Pour cela, une caponnière bien placée, avec
une bonne redoute intermédiaire, paraît indispensable. Cette redoute paraîtrait
devoir être construite du côté de la maison Fravengel, qui n’est qu’à
250 toises des batteries le plus près du fort. 1203.
‑ INSTRUCTIONS POUR LA FORMATION DE RENFORTS DESTINÉS A L’ARMÉE
D’ESPAGNE. MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Monsieur
le Général Clarke, je vous ai fait connaître l’intention où j’étais
que la division Loison, qui sera forte de 12,000 hommes tant en infanterie
qu’en cavalerie, pût entrer en Espagne le plus tôt possible, et avant le
11 décembre. Enfin
je vous ai fait connaître que mon intention était que le 8è corps fût
dirigé sur Paris et Huningue, et pût y être arrivé avant le 30 novembre. 1204.
‑ RAPPORT A FOURNIR SUR LA CAMPAGNE DE GOUVION SAINT‑CYR EN
CATALOGNE ; ARRÊTS INFLIGÉS A CET OFFICIER GÉNÉRAL. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Fontainebleau,
14 novembre 1809. Monsieur
le Général Clarke, il faut me faire un rapport sérieux sur la campagne du
général Gouvion Saint‑Cyr en Catalogue : [1] Le général Gouvion Saint‑Cyr avait cru pouvoir quitter le 7è corps avant l’arrivée du maréchal Augereau, désigné depuis trois mois pour le remplacer dans ce commandement.
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