| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome sixième Paris - 1876
1095.
‑ MOUVEMENT DE TROUPES EN Allemagne. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
21 février 1809. Monsieur
le Général Clarke, vous donnerez l’ordre que le quartier général de
la division Saint-Hilaire se réunisse à Magdeburg. A cet effet le 10è léger,
le 3è de ligne, le 12è et le 16è de chasseurs, qui sont dans la Poméranie
suédoise, ainsi que l’artillerie, sapeurs, mineurs, etc., se mettront en
marche pour Magdeburg. Un
général de brigade pour commander, un intendant pour l’administration,
un commissaire des guerres, deux officiers d’artillerie, resteront seuls
dans la Poméranie suédoise. Le général de brigade aura sous ses ordres
un régiment de Mecklenburg-Schwerin de 2,000 hommes, un bataillon de
Mecklenburg‑Strelitz de 400 hommes et le contingent d’Oldenburg de
800 hommes. Ces 3,000 hommes au plus serviront pour garder la province. Le
duc d’Auerstaedt enverra un officier pour presser le départ du contingent
des ducs de Mecklenburg, en tout ou en partie, afin que les troupes soient
disponibles. Tout
ce qui se trouve dans Stettin se rendra également à Magdeburg, hormis un
bataillon du 22è régiment d’infanterie de ligne, une compagnie
d’artillerie et un commandant français avec un commissaire des guerres,
un commandant de place, des officiers du génie et d’état‑major, et
une escouade de sapeurs. Tout le reste sera dirigé sur Magdeburg. La
garnison de Stettin sera de plus composée de 800 Saxons, pris dans la
division qui est dans le duché de Varsovie, et d’un bataillon de 800
Polonais, pris dans un des régiments qui sont à Danzig, de sorte que la
garnison de Stettin se trouvera toujours forte de 8 à 900 hommes et 1,600
auxiliaires ; et, au moindre événement, tout le contingent de Strelitz,
qui garde la Poméranie, s’y réfugierait. Il sera donc nécessaire que
le général de brigade qui commandera dans la Poméranie soit subordonné
au commandant de Stettin. La
garnison de Küstrin sera composée d'un bataillon du 22è (l’autre se
rendra à Glogau), d’une compagnie d’artillerie et, de plus, d’un
bataillon de Polonais, qui s’y rendra de Posen. La
garnison de Glogau sera composée d’un bataillon du 22è, plus d’un régiment
saxon de 1,200 hommes, pris également parmi les 6,000 hommes qui sont dans
le duché de Varsovie. Par ce moyen, il n’y aura de Français employés
dans les places de l’Oder que le 22è de ligne, quatre ou cinq compagnies
d’artillerie, une compagnie de sapeurs, dix ou douze officiers du génie
et dix ou douze officiers d’état‑major. Quant
à la cavalerie, vous donnerez ordre au duc d’Auerstaedt de prendre un régiment
de cavalerie polonais et de le répartir, l’état‑major à Stettin
et le reste dans la Poméranie, à Küstrin et à Glogau, de manière
qu’il y ait assez de monde pour servir ces places. La
division Saint‑Hilaire se trouvera donc réunie à Magdeburg, composée
de quatre régiments d’infanterie et deux régiments de cavalerie. Le 22è
restera dans les places de l’Oder ; mais il pourra, par la suite, être
remplacé par le 105è, qui a ordre de se rendre à Baireuth. Tous
ces ordres seront exécutés avec la plus grande promptitude et le plus
grand secret, de manière qu’on ne les apprenne qu’après l’exécution,
et que les Prussiens ne sachent que ces Polonais sont dans leurs places que
lorsqu’ils y seront arrivés. Vous me ferez connaître le jour à peu près
ou ces mouvements pourront être opérés. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1096.
‑ INSTRUCTIONS SUR L’ORGANISATION MILITAIRE DE LA SAXE ET SUR LES PRÉPARATIFS
A FAIRE POUR LA GUERRE. A
FRÉDÉRIC‑AUGUSTE, ROI DE SAXE, A DRESDE. Paris,
21 février 1809. Monsieur
mon Frère, j’envoie à Votre Majesté des observations sur les
augmentations projetées dans l’armée du duché de Varsovie. Réduire les
bataillons à six compagnies et les compagnies à 95 hommes est une chose
contradictoire. Le premier principe militaire est qu’un bataillon doit
offrir, en entrant en campagne, un complet de 800 hommes, afin d’avoir,
après les premiers événements, un présent sous les armes de 5 ou 600
hommes. Un bataillon organisé au complet de 550 hommes ne présenterait
qu’un présent sous les armes de 400 hommes ; ce bataillon serait de nulle
consistance et évidemment trop faible. Je préférerais donc voir les
compagnies à 140 hommes et les régiments à trois bataillons. Mais ici un
autre inconvénient se présente ; une administration pour trois bataillons
ou dix‑huit compagnies est trop coûteuse, et il est d’une sage économie
de n’établir une administration séparée que pour au moins
vingt‑cinq ou trente compagnies. Ce sont ces deux principes qui déterminent,
l’un la force des compagnies, l’autre le nombre des bataillons qui
doivent composer le corps ayant une administration séparée. Mais, dans
l’état actuel des choses, des changements peuvent avoir quelque danger ;
il faut attendre jusqu’à ce que la crise soit passée. Je pense qu’il
serait convenable de se borner à porter, par une ordonnance, les compagnies
existantes à 140 hommes, ce qui augmenterait considérablement les forces
du duché. Cette augmentation exigerait sans doute de nouvelles dépenses,
mais j’autoriserais mon ministre à conclure avec ceux de Votre Majesté
une convention par laquelle je m’engagerais à supporter les frais
qu’occasionneront tous les hommes que chaque compagnie aura
au‑dessus de 100 hommes. Mon opinion est qu’on pourrait proposer à
la Diète la formation des régiments à vingt‑huit compagnies et à
cinq bataillons, et le nombre des régiments à six de ligne et à deux
bataillons des gardes. Mais cette organisation devrait être ajournée
jusqu’à ce que les événements soient décidés et qu’on soit tout à
fait tranquille sur les menaces de l’Autriche. Je
désire qu’un des bataillons polonais qui sont à Danzig se rende à
Stettin et qu’un autre de ceux qui sont à Posen se rende à Küstrin ;
qu’un des bataillons saxons qui sont dans le duché se rende à Stettin,
et un régiment à Glogau, avec un régiment de cavalerie ; mais le duc
d’Auerstaedt, que j’ai chargé de ces détails, en écrira au ministre
de Votre Majesté. Mon but est de composer les garnisons des places de
l’Oder de Saxons, de Polonais et de Français, afin de rendre disponible
un plus grand nombre de mes troupes. Ce sera une diminution de charges
pour le duché de Varsovie, puisque ces troupes seront entretenues et
nourries aux frais des places qu’elles occuperont. Dans
les circonstances actuelles, il paraît que l’on entraîne l’Autriche à
sa perte. Ses intelligences avec l’Angleterre paraissent de plus en plus
prouvées. L’Angleterre a fait la paix avec la Porte par l’intermédiaire
de l’Autriche, et les Anglais ont été reçus en triomphe à
Constantinople par l’internonce, ce qui a fort indisposé l’empereur de
Russie et moi. Ce prince m’écrit qu’il fait marcher des troupes sur les
frontières de l’Autriche. Je fais moi‑même marcher sur
Strasbourg des troupes que je destinais à mon camp de Boulogne et à former
une expédition dans la Méditerranée ; mais dans peu de mois cela
se décidera, ou par le désarmement de l’Autriche et son rétablissement sur le pied de paix, ou par la guerre, qui sera
suivie de la ruine de cette ancienne et grande monarchie. Il est impossible
de porter les Anglais à la paix tant qu’ils auront des moyens de troubler
le continent ; et le continent ne sera pas tranquille tant que l’Autriche
sera en opposition avec nous et qu’elle fera des fortifications de
campagne et des levées de masses extraordinaires que ne peut supporter l’état
de ses finances, armements qui supposent des projets hostiles et qui
appellent des subsides de l’Angleterre. Dans tout état de choses, il y
aura un état d’armement intermédiaire qui précédera la guerre. Je désire
donc que 15,000 Polonais, infanterie, cavalerie et artillerie, prennent
position entre Varsovie et Cracovie, sur le territoire du duché, et que les
deux divisions de Saxons qui ne seront pas employées à Stettin, Danzig et
Glogau, c’est‑à‑dire environ 18,000 hommes, prennent position
en avant de Dresde. Les autres troupes de la Confédération prendront
position sur leurs limites, et mes troupes, au nombre de 200,000 hommes,
dont 120,000 hommes en Italie, seront en ligne. Je serai moi-même de ma
personne pour diriger tout. Si le cas arrive, Votre Majesté peut être sans
inquiétudes ; on sera promptement à Prague et à Vienne. Je ne puis rien
concevoir à l’esprit de vertige et de folie qui s’est emparé des têtes
de ce pays. Tout ceci n’est qu’une suite de la confiance que j’ai en
Votre Majesté, et ne doit pas être considéré comme avis officiel, car
j’attends de voir plus clair dans les affaires pour requérir des appels
dans la Confédération, réquisitions que je sais être coûteuses et que
je ne veux faire que lorsque j’y serai nécessairement obligé. Je me
flatte encore que, lorsque l’Autriche verra les armées françaises et
russes prêtes à envahir son territoire, elle acceptera la garantie que
l’empereur de Russie et moi lui offrons de l’intégrité de son
territoire ; qu’elle désarmera, se replacera dans une situation tranquille
et, par là, rendra le repos à l’Europe. NAPOLÉON. D’après
la copie. Archives des affaires étrangères. 1097.
‑ NOTE SUR PASSAU. Paris,
1er mars 1809. Passau
est un poste important, surtout pour l’offensive. En marchant en Autriche,
rien ne peut être plus avantageux que de suivre le Danube. Dès ce moment,
l’armée ne peut manquer de munitions ni de vivres, et alors elle peut manœuvrer
comme elle veut. Dans
ce plan de campagne, Passau est appelé à jouer un grand rôle. Centre de
l’armée, il doit contenir tous les magasins et en être l’entrepôt.
Tout doit arriver par le Danube. Il faut donc avoir des magasins sur le bord
de ce fleuve ; il faut les avoir sur la rive gauche, c’est‑à‑dire
du côté de la citadelle. Il est donc nécessaire de faire l’inventaire
de ces magasins et de connaître la quantité de poudre et de biscuit
qu’on peut y déposer. Il y a là des bâtiments qui paraissent considérables.
Il faut que tout cela soit entreposé dans la citadelle, ou en bas dans les
bâtiments qui seront protégés par elle. Ainsi ce premier besoin sera
rempli. La
position de la citadelle de Passau rend maître du pont du Danube et aussi
de celui de l’Inn, que la citadelle domine entièrement ; mais on n’est
pas maître du passage de l’Inn. D’un
autre côté, l’espace défendu par la citadelle est bien petit pour
pouvoir être défendu par une armée ; la ville tout entière ne serait
point de trop. Cette ville paraît d’une facile défense. Il faudrait un
plan qui fit connaître la situation des murs et des quais sur une plus
grande échelle. Il y a une muraille, et un fossé que sans doute on peut
remplir d’eau, et qui dès lors est à l’abri d’un coup de main. La
hauteur qui est de ce côté n’est qu’à 200 toises et paraît devoir être
facilement occupée. Moyennant cette occupation, la place se trouverait à
l’abri d’un coup de main. Les troupes, les magasins, et 3 à 4,000
hommes qui se trouvent toujours sur les derrières d’une grande armée
seraient à l’abri des attaques d’une division ennemie qui se porterait
sur les derrières de l’armée. La citadelle
actuelle exerce son action sur toute la rive gauche du Danube ; mais la rive
droite de l’Inn domine entièrement la rive gauche, et la ville. Il est
donc indispensable, par ces considérations et par des considérations plus
importantes encore, d’être maître de ce passage de l’Inn et d’établir
un ouvrage sur la rive droite de l’Inn. Cet ouvrage, devant avoir
plusieurs buts, doit pouvoir être défendu avec 400 hommes, et cependant
doit avoir un développement assez grand pour servir de retraite à une armée.
Dans cette situation, un système de fortification analogue au croquis
qu’on joint ici paraît propre à remplir ce double but. Un réduit de
quatre ou cinq cents toises, revêtu en bois de pin, et trois bastions détachés,
se flanquant entre eux sur les hauteurs, construits comme des ouvrages de
campagne et réunis par un chemin couvert, semblent atteindre le but
qu’on se propose. Il y a, entre la
tête de pont de Praja et celle de Passau, cette différence qu’à Praga
on pouvait s’appuyer à la Vistule, le terrain étant de niveau, et
qu’ici il faut occuper la hauteur, en se réunissant au fleuve par de
simples lignes. Ainsi
donc on désire trois choses : 1° une reconnaissance exacte du pourtour
de Passau ; 2° un tracé des ouvrages, qu’on vient d'indiquer sur la rive
droite de l’Inn ; 3° un tracé de la gorge de la ville[1]
du côté de l’isthme, avec un projet pour occuper la hauteur. La citadelle
serait à l’abri d’un coup de main avec 4 ou 500 hommes ; les ouvrages
sur la droite de l’Inn seraient défendus avec 5 ou 600 hommes. On aurait
1,800 hommes pour surveiller la place et occuper la hauteur du côté de
l’isthme. Ainsi, avec 3,000 hommes, on obligerait l’ennemi à un grand
siège, et on aurait pour la guerre d’Autriche le plus grand avantage
qu’on puisse avoir : un pont sur l’Inn et un pont sur le Danube. Il
faut que ces ouvrages soient poussés de manière qu’à la fin de mai ils
soient exécutés. On fera le plan des environs de la place à douze cents
toises. Ainsi le premier dépôt de l’armée serait Ulm, Passau ensuite,
et l’intermédiaire serait Ratisbonne ou Ingolstadt. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1098.
‑ REPROCHES AU SUJET DES RENFORTS ENVOYÉS A SARAGOSSE. A
JOSEPH NAPOLÉON, ROI D’ESPAGNE, A MADRID. Paris,
4 mars 1809
Mon Frère, je reçois votre lettre du 22 février. Vous avez eu tort
d’envoyer du renfort à Saragosse ; il y avait autant de troupes qu’il
en fallait ; il était plus nécessaire d’y envoyer des mineurs et des sapeurs.
Les généraux demandent toujours ; c’est dans la nature des choses. Il
n’y en a aucun sur lequel on puisse compter pour cela. Il est tout simple
que celui qui n’est chargé que d’une besogne ne pense qu’à cela ;
plus il a de monde, et plus il a de sûreté pour ce qu’il a à faire.
C’est une grande faute qu’on fait lorsqu’on prend en considération
leur demande, si elle n’est pas de nature à être accueillie. NAPOLÉON. D’après l’expédition originale comm. par les héritiers du roi Joseph. 1099.
‑ EXPOSÉ DES PRÉPARATIFS DE GUERRE : INSTRUCTIONS
A TRANSMETTRE AU ROI DE BAVIÈRE. A
M. OTTO, MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE DE FRANCE, A
MUNICH. Paris,
4 mars 1809. J’envoie
un officier d’ordonnance porter la réquisition de réunir l’armée
bavaroise ; je me suis décidé à cette mesure, parce qu’il paraît que
les Autrichiens font sérieusement des mouvements. Cependant je ne les crois
pas assez insensés pour commencer les opérations ayant l’armée russe
sur les flancs. Recommandez au Roi de faire armer et approvisionner
Forchheim, Bamberg, Passau et Kufstein. Le duc de Rivoli sera le 12 à
Strasbourg. La division Molitor et la division Boudet, que je voulais
d’abord réunir à Strasbourg, reçoivent l’ordre de se détourner à
Belfort, de passer par Huningue et, de là, de se diriger sur Ulm, où elles
arriveront le 20 ; probablement qu’à cette époque le duc de Rivoli aura
son quartier général à Ulm. Les
Wurtembergeois se réunissent à Neresheim, les Hessois à Mergentheim, les
Saxons devant Dresde, et les Polonais entre Varsovie et Cracovie. Le duc
d’Auerstaedt aura réuni à la même époque tout son corps d’armée à
Bamberg. Ainsi les Autrichiens verront que nous sommes prêts. Je ne me
presse pas d’arriver, parce que je ne pense pas que l’Autriche attaque,
et, si je me prête à ces armements, ce n’est que pour éviter à la
Confédération la honte de trembler. L’armée
d’Italie se concentre également. 6,000 hommes d’infanterie et 2,000
hommes de cavalerie, qui appartiennent aux régiments de l’armée du duc
de Rivoli, vont traverser le Tyrol pour se rendre à Ulm. Je
suppose que le roi de Bavière aura établi des magasins à Ulm et à
Augsbourg. Je désire qu’il en établisse aussi à Nœrdlingen, et qu’il
fasse faire un million de rations de biscuit. Voyez Montgelas pour que cette
fabrication ait lieu sans délai ; je payerai. Il faudrait que cet
approvisionnement fût préparé sur les points suivants : 200,000 rations
à Ulm ; 200,000 à Ingolstadt ; 200,000 à Passau ; 200,000 à Augsbourg.
Veillez à ce qu’on y travaille de suite. Si
des événements extraordinaires arrivaient, je serais comme un éclair à
Munich. Dans ce cas, voyez le Roi pour qu’il fasse tenir secrètement à
ma disposition 5 ou 6 chevaux de main de ses écuries. Mais, encore une
fois, je ne crois pas cela nécessaire, et les Autrichiens ne tarderont pas
à savoir qu’il y a plus de troupes en Allemagne et en Italie qu’ils ne
peuvent se l’imaginer. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1100.
‑ DEVOIRS DU COMMANDANT D’UNE PLACE ASSIÉGÉE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
6 mars 1809. Faites‑moi
un projet de lettres patentes sur parchemin, avec le grand sceau de l’Etat,
qui donne le commandement de Palmanova au général Walther. Après
la formule et le préambule d’usage, qu’il lui soit ordonné expressément
de ne s’éloigner de l’intérieur de la place que d’une portée de
fusil, et tout au plus d’une portée de fusil ; qu’il est spécialement
chargé : de conserver le complet de l’organisation, de la
surintendance, des approvisionnements de l’artillerie et des magasins ;
qu’il ne doit, sous aucun prétexte, rendre la place. Investi et assiégé,
être sourd à tout ce que l’ennemi pourra dire : que les Français
repassent les Alpes, que Paris est pris, etc., etc. En général, peu de
communications avec l’ennemi. Enfin,
il perdra notre estime, encourra la rigueur des lois qui condamnent à mort
lui et tout l’état-major s’il livre la place, même quand les deux
lunettes seraient prises, le corps de la place ouvert. Que si l’ennemi
avait fait sauter la contrescarpe, il doit alors retrancher le bastion et
s’exposer aux hasards d’un assaut. Que la vie d’un Français n’est
rien en comparaison de son honneur, et qu’il ne doit pas avancer la
reddition d’une heure, sous prétexte d’une rédaction honorable. Rédigez
ces lettres patentes avec soin ; elles serviront de lettres patentes pour
les autres places. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1101.
‑ APPROVISIONNEMENT A RÉUNIR ET A DIRIGER SUR LE DANUBE. A
ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR GÉNÉRAL, A
PARIS. Paris,
6 mars 1809. Mon
Cousin, prévenez le maréchal duc d’Auerstaedt que j’ai donné ordre
à M. Otto de demander au roi de Bavière qu’il soit fabriqué un million
de rations de biscuit, savoir : 200,000 à Ulm, 200,000 à Ingolstadt,
200,000 à Passau, 200,000 à Augsbourg et 200,000 à Munich. Chargez le
maréchal de tenir la main à l’exécution de cette disposition. Donnez
ordre au duc d’Auerstaedt de faire diriger sur le point le plus près du
Danube, soit sur Ratisbonne, sur Ingolstadt, soit sur Neuburg ou Donauwœrth,
la plus grande partie des souliers et biscuit qui sont dans les magasins de
l’armée d’Allemagne. Il y a des souliers à Magdeburg, à Hanovre : il
faut les faire venir ; il faut faire venir ce qu’il y a dans les magasins
de Stettin, de Glogau et de Küstrin. Il y a aussi des souliers à Mayence ;
il faudrait les diriger sur Ulm. Les magasins de Magdeburg contiennent
5,000 habits d’infanterie et d’artillerie, 1,200 vestes, 1,600 capotes,
40,000 chemises, etc. Faites diriger tout cela sur Ulm et Donauwœrth. Il y
a 400,000 rations de biscuit à Magdeburg, 200,000 à Forchheim, 160,000 à
Kronach, 130,000 à Bamberg, 220,000 à Würzburg ; total, 1,110,000
rations ; je ne parle pas de ce qui est à Danzig, Stettin, Glogau, Küstrin.
Il serait bon de diriger une grande partie de ces magasins sur Donauwœrth.
Mon intention est que le premier magasin de l’armée du Rhin soit formé
à Donauwœrth. Il y aura sur ce point un magasin d’habillement, un
magasin de subsistances et un magasin de cartouches. De là, ces effets
pourront être dirigés sur le Danube, selon les ordres que je donnerai. NAPOLÉON. D’après
l’original. Dépôt de la guerre. 1102.
- ORDRES CONCERNANT L’EFFECTIF QUE DOIT PRÉSENTER
LA CAVALERIE EN ALLEMAGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
8 mars 1809. Monsieur
le Général Clarke, j’ai au delà du Rhin dix‑sept régiments de
cavalerie légère ; mon intention est de prendre tous les moyens pour
porter chacun de ces régiments à une force d’environ 900 ou 1,000
hommes. Pour cela, il y a deux moyens : d’abord, envoyer aux dépôts
de ces dix‑sept régiments l’ordre de diriger sans délai tout ce
qu’ils ont de disponible sur Strasbourg, où les détachements seront
organisés en escadrons de marche pour rejoindre les escadrons de guerre ;
le deuxième moyen, c’est de prendre dans les dépôts des régiments de
chasseurs et de hussards qui sont en Espagne tout ce qui est disponible,
pour renforcer les régiments des armées d’Allemagne et les y incorporer. Pour
le premier moyen, il suffit d’un simple ordre, que vous expédierez aux dépôts
des 5è, 7è, 8è et 9è de hussards, et à ceux des 1er , 2è, 3è,
7è, 11è, 12è, 13è, 16è, 20è de chasseurs, d’envoyer à Strasbourg
tout ce qu’ils ont de disponible. Faites‑moi connaître combien ces
treize régiments pourront envoyer à Strasbourg. Vous
recommanderez au général chargé d’organiser les escadrons de marche
d’avoir bien soin de se conformer, pour cette formation, à celle des brigades
de cavalerie légère de l’armée du Rhin. En conséquence, il réunira
les différents détachements et escadrons de marche, de la manière
suivante, savoir : 1er escadron de marche, composé des détachements
des 1er, 2è et 12è de chasseurs ; 2è escadron, des détachements
des 5è, 7è de hussards et 11è de chasseurs ; 3è escadron, des détachements
des 8è de hussards et 16è de chasseurs ; 4è escadron, des détachements
du 13è de chasseurs ; 5è escadron, des détachements des 9è de hussards,
7è et 20è de chasseurs. On dressera procès‑verbal de cette opération,
et vous m’en rendrez compte à temps, pour que je puisse ordonner le
mouvement de ces escadrons au delà du Rhin. Quant
au deuxième moyen, qui est de tirer des dépôts de cavalerie légère de
l’armée d’Espagne, j’y ai pourvu par le décret qui vous sera adressé. Je
sais que le 10è, le 22è et le 26è de chasseurs ne sont pas compris dans
cette mesure ; mais ces trois régiments exigent un rapport particulier, vu
qu’ils peuvent ne fournir un ou deux escadrons, et que je serai toujours
à temps de les faire agir sans incorporation. Quant
aux cinq régiments qui ont leurs dépôts en Piémont, j’ai ordonné que
ces dépôts dirigeassent sans délai des détachements sur Plaisance.
Donnez ordre que de Plaisance ces détachements continuent leur route sur Vérone.
Le 15è de chasseurs, ayant ses escadrons de guerre en Espagne,
incorporera dans le 14è les 100 hommes qu’il a disponibles à son dépôt. Lorsque
toutes ces opérations seront terminées, je désire que vous me fassiez
connaître quel sera l’effectif de mes dix‑sept régiments de
cavalerie légère en Allemagne. Je
désirerais avoir en Allemagne 14,000 chasseurs ou hussards, 13,000
cuirassiers et 3,000 dragons ; total, 30,000 hommes de cavalerie.
J’attends votre rapport sur les dragons, pour la formation des quatre on
cinq régiments provisoires de dragons. Chargez
le général sénateur Beaumont de se rendre à Strasbourg, pour y être
spécialement chargé de la formation de cette division. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1103.
- OBSERVATIONS SUR
L’INSTRUCTION DONNÉE AUX ÉLÈVES DE L’ÉCOLE DE SAINT‑CYR. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
8 mars 1809. J’ai
été voir hier l’école militaire de Saint‑Cyr ; je l’ai trouvée
moins bien qu’à Fontainebleau. Il m’a paru qu’on s’était relâché
beaucoup sur la tenue et l’instruction. J’en ai témoigné mon mécontentement
au commandant et au vice‑connétable, qui aurait dû y faire de fréquentes
visites pour s’assurer que l’intégrité des règlements était
maintenue. Il
m’a paru mauvais : 1° qu’on n’ait point mis l’infirmerie dans le
nouveau bâtiment, au lieu de la placer au milieu des corps de logis ; 2°
qu’il n’y eût que 18 élèves qui travaillassent à l’équitation. Cependant
il y a 18 chevaux qui peuvent servir à exercer 72 élèves. Vous savez le
besoin qu’a la cavalerie d’officiers intelligents et connaissant le
cheval. Il me semble que tenir un manège pour 18 élèves, c’est ne pas
remplir mon but et perdre un temps utile. 3° Je n’ai pu qu’être très‑mécontent
de voir que les règlements n’étaient point exécutés ; que les chambrées
étaient détruites, des servants introduits ; que les élèves ne vont
plus à la cuisine prendre leur ordinaire, et n’apprennent plus à connaître
le détail de la vie du soldat, ce qui rend ridicule de les faire manger à
la gamelle. 4° Les travaux en terre sont négligés ; aucun élève ne
manie la hache ni la pioche ; aucun ne sait faire un gabion ou un saucisson.
5° L’artifice est encore plus négligé. La plupart des élèves
m’ont dit qu’il fallait une livre de poudre pour faire dix cartouches ;
on ne leur a donné aucune idée sur la confection des artifices ; ils ne
connaissent ni la poudre, ni aucune des manières de l’employer. 6° Les détails
de l’artillerie sont aussi négligés ; les pièces sont sans prolonges.
Les élèves n’ont aucune idée des manœuvres de force. Aucun n’a
jamais prononcé le mot de but‑en‑blanc. Beaucoup m’ont dit
qu’un fusil portait à dix‑huit cents mètres. Aucun n’a idée
du poids et de la charge d’un canon. Ils ne savent pas, comme officiers
d’artillerie, ce qu’il importe à un officier d’infanterie de savoir.
Ce qu’ils ne sauront qu’avec le temps, on pourrait le leur apprendre en
quinze jours avec l’intelligence naturelle à leur âge. Je les ai trouvés
plus avancés sur l’administration militaire ; mais peu savent ce que
c’est que du biscuit, une ration d’eau‑de‑vie, etc. Quant à
des gabions, à des palissades, saucissons, jamais ils n’en ont fait, ni
vu faire ; aucun n’a manié un outil de pionnier. Je n’ai pas reconnu
l’école de Fontainebleau. J’irai visiter cette école tous les mois.
Il faut qu’on revienne en tout et pour tout à ce qui se faisait à
Fontainebleau et ne s’en éloigner en rien. A‑t‑on pu oublier
mes intentions au point de faire entrer en ligne des hommes qui n’ont fait
d’exercice qu’en blanc, qui n’ont jamais fait d’exercice à feu, tiré
à la cible ? tandis que j’entendais qu’un élève sortant de l’école
militaire tirât comme un chasseur baléare. Il faut que chaque élève
use dix cartouches à balle par jour en tirant au but, et apprenne à
manier son fusil. En effet, ils ont moins d’expérience et sont plus
jeunes que le dernier soldat de la compagnie qu’ils sont appelés à
commander. On m’a donné pour raison qu’on n’avait pas de magasin à
poudre ; mais un seul caisson suffit, et la poudre ne gâte rien, ni ne fait
mal à rien. Que, sous quinze jours, il y ait à Saint‑Cyr un caisson
chargé de vingt mille cartouches à poudre et de dix mille à balle. Les
élèves feront les cartouches, les étoupilles, les lances à feu, etc.
Qu’une cible soit établie sous quarante‑huit heures, et que les 150
élèves qui ne sont nécessaires pour entrer dans la ligne tirent dix
cartouches à balle par jour. Donnez l’ordre qu’on leur fasse faire des
pieux, des palissades, qu’on trace sans retard un ouvrage de fortification
et qu’on les y fasse travailler. L’artillerie
est entièrement négligée à cette école. L’officier qui y est m’a
paru peu apte ; d’ailleurs il est seul. J’avais établi à
Fontainebleau deux maréchaux des logis. Il faudrait un officier d’examen
qui portât plus de zèle dans l’instruction des jeunes gens, et auquel
vous prescrirez d’employer plusieurs heures par jour à faire répéter
aux élèves les détails de l’artillerie et la théorie des armes. L’officier
du génie n’est point logé, parce que, dit‑on, il n’y a pas de
logement ; c’est une mauvaise raison ; qu’il soit établi dans le bâtiment
de l’École dès lundi prochain, et qu’il fasse travailler ces jeunes
gens aux détails d’exécution de son arme. Les ouvrages de campagne
doivent être tracés par l’officier du génie ; un officier
d’infanterie doit lui servir d’aide et diriger les élèves dans les
travaux à faire. Les
élèves sont plus instruits sur la première partie de l’administration
militaire, mais peu connaissent l’administration d’une armée en
campagne ; que cette seconde partie soit imprimée sans délai et montrée
aux premières classes, et que le commissaire des guerres chargé de cette
partie de l’instruction ne découche point. Il faut que les
élèves arrivant à leur corps en sachent plus que les vieux officiers
d’infanterie ; qu’ils connaissent un peu de mathématiques, un peu de
fortification, moins de littérature ; pourvu qu’ils sachent écrire, cela
leur importe moins que de savoir, à leur entrée au corps, ce qu’ils ne
sauront qu’en cinq, ou six ans d’expérience, si on ne le leur montre
point au collège. Je
n’ai pas vu de grue, de chèvre, etc. Donnez des ordres pour que le système
actuel soit promptement changé, qu’on en revienne à la stricte exécution
des règlements, et pour que je n’aie que des louanges à donner à un établissement
qui, sous tant de titres, a des droits à mon approbation, à ma première
visite, que je ferai à la fin de mars. D’après
la minute. Archives de l’Empire.
1104.
‑ SITUATION DES TROUPES D’INFANTERIE EN ALLEMAGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Rambouillet,
12 mars 1809. Monsieur
le Général Clarke, il y a à l’armée du Rhin vingt et un régiments
d’infanterie : treize ont les grenadiers et voltigeurs de leur 4è
bataillon avec les bataillons de guerre et viennent de recevoir l’ordre
d’envoyer les 1er et 2è compagnies de fusiliers, pour porter ces 4es
bataillons à quatre compagnies. Le
7è d’infanterie légère doit recevoir le même ordre. C’est par erreur
que, dans une de mes lettres précédentes, on a mis le 5è régiment
d’infanterie légère. Les grenadiers et voltigeurs de ce régiment sont
au 4è bataillon ; faites‑les partir, sans délai, avec ce qu’il y a
de disponible des compagnies de fusiliers, de sorte que ce régiment ait
quatre compagnies de son 4è bataillon avec ses bataillons de guerre. Le
17è de ligne et le 21è ont déjà leur 4e bataillon à l’armée du Rhin. Quatre
régiments, savoir : le 13è régiment d’infanterie légère, le 25è,
le 48è et le 108è, ont leur 4è bataillon aux camps de Boulogne et
d’Anvers. Ces 4es bataillons ne pourront partir pour l’Allemagne que
lorsqu’on aura pourvu, par l’organisation des réserves, à la défense
des camps. Le 15è régiment d’infanterie légère a son 4è bataillon en
Espagne. Ainsi l’armée du Rhin devrait avoir 84 bataillons ; mais un
bataillon est en Espagne et quatre sont retenus momentanément dans les
camps de Boulogne et d’Anvers ; total, cinq bataillons à déduire. Il
devrait rester à l’armée du Rhin 79 bataillons. Mais il y a encore une
autre déduction à faire sur ce nombre. Quatorze régiments ne pourront
envoyer les 5è et 6è compagnies de leur 4è bataillon que lorsqu’elles
auront été complétées par la conscription de 1810 ; ce qui fait vingt
et une compagnies de moins, ou la valeur de près de quatre bataillons à déduire.
Ainsi l’armée du Rhin aura donc, au 1er avril, 75 bataillons, qui, à 840
hommes chacun, doivent donner une force de 63,000 hommes. Lorsque
l’armée du Rhin aura reçu les quatre bataillons de Boulogne, 3,360
hommes, sa force se trouvera portée à 66,360 hommes. Enfin, lorsqu’elle
aura reçu les vingt et une compagnies que les 4es bataillons ont de moins
en ce moment, 2,940 hommes, la force totale de l’armée sera définitivement
de 69,000 hommes. Le
corps d’Oudinot doit être composé de douze demi‑brigades, chacune
forte de trois bataillons, ce qui devrait faire trente‑six bataillons
; mais il y en a quatre, savoir le bataillon du 28è, celui du 46è, celui
du 50è et celui du 75è, qui ne pourront passer le Rhin que lorsqu’il
aura été pourvu à la défense des côtes. Resteraient donc
trente‑deux bataillons. Mais ces trente‑deux bataillons n’ont
encore chacun que quatre compagnies, hormis les tirailleurs corses et les
tirailleurs du Pô, qui en ont chacun neuf ; il manque donc deux compagnies
à chacun des trente autres bataillons, ce qui fait soixante compagnies de
moins, ou la valeur de dix bataillons à déduire. Ainsi
l’armée d’Oudinot aura donc, au 1er avril, vingt‑deux bataillons,
qui, au complet de 840 hommes, doivent présenter une force de 18,480
hommes. A quoi il faut ajouter une treizième demi‑brigade, formée de
trois bataillons portugais et forte de 1,500 hommes environ ; ce qui portera
la force du corps du général Oudinot, au 1er
avril, à 19,980 hommes. Lorsque ce corps aura reçu les quatre
bataillons de Boulogne, il devra former un total de 23,340 hommes. Enfin,
lorsqu’il aura reçu les 5es et 6es compagnies que les 4es bataillons complètent en ce moment
(soixante compagnies à 140 hommes, 8,400 hommes), le corps du général
Oudinot devra définitivement être fort de 31,740 hommes. Le
corps d’observation du Rhin est de douze régiments, ce qui devrait faire
48 bataillons ; mais sept bataillons sont en Espagne, un au camp de Boulogne
et quatre sont au corps du général Oudinot ; total, douze bataillons à déduire.
Le corps d’observation du Rhin, au lieu de 48 bataillons, ne peut être
composé, au 1er avril, que de 36, ce qui doit faire une force de
30,240 hommes, et, lorsque le bataillon que ce corps d’armée a sur les côtes
aura pu le rejoindre, sa force totale sera alors de 37 bataillons et de
31,080 hommes. Le
corps des villes hanséatiques a deux régiments, ce qui devrait faire huit
bataillons ; mais le 5è d’infanterie légère a deux bataillons en
Espagne et le 19è de ligne en a un an camp de Boulogne, ce qui fait trois
bataillons à déduire ; restent donc cinq bataillons, qui, au 1er
avril, doivent présenter une force de 4,200 hommes, et, lorsque le
bataillon que ce corps a au camp de Boulogne aura pu rejoindre en Allemagne,
la force du corps des villes hanséatiques se trouvera être de 5,040
hommes. Ainsi
on peut résumer des trois manières suivantes l’aperçu de la situation
de mes armées en Allemagne :
NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre.
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