| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome sixième Paris - 1876
1115.
‑ INSTRUCTIONS POUR LE MAJOR GÉNÉRAL AU MOMENT DU DÉPART POUR L’ARMÉE
D’ALLEMAGNE. Paris,
30 mars 1809. Les
Autrichiens n’ont point déclaré la guerre. Croire qu’ils attaqueront
sans rappeler leur ambassadeur ne paraît pas probable. C’est ce
qu’ils firent cependant en 1805. Mais l’empereur, comme empereur d’Allemagne,
avait un prétexte plausible, celui de prétendre avoir le droit d’entrer
en Bavière et de pouvoir encore négocier à Ulm, jusqu’à l’arrivée
des Russes. D’ailleurs, alors, l’armée française était encore à
Boulogne, et l’espoir de pouvoir s’emparer de l’armée bavaroise et de
déterminer la cour de Stuttgart a pu motiver la marche qu’a tenue à
cette époque le gouvernement autrichien. Aujourd’hui pourquoi
attaqueraient‑ils sans déclaration de guerre ? Les troupes françaises
sont prêtes ; les Autrichiens savent bien qu’ils ne prendront ni l’armée
saxonne ni l’armée bavaroise, qui sont prêtes et réunies, et
d’ailleurs ils s’exposeraient à s’attirer la guerre avec la Russie.
Cependant la guerre est sans doute imminente avec l’Autriche , qui ne peut
nourrir longtemps une si grande quantité de troupes réunies. Tout indique
pourtant que vers le 15 avril leur armée sera prête à entrer en campagne.
Il est donc convenable que nous le soyons aussi à cette époque, et, à la
direction près, nous le sommes aussi. Au
15 avril, 1,500 chevaux de la Garde, seize pièces d’artillerie, 6,000
hommes d’infanterie, mes chevaux et ma Garde seront à Strasbourg. Le
1er avril, le duc d’Auerstaedt sera réuni avec ses vingt régiments
d’infanterie entre Nuremberg, Bamberg et Baireuth, et la division
Saint‑Hilaire entre Nuremberg et Ratisbonne. L’armée
bavaroise a une division à Straubing, une à Landshut et une à Munich. Au
1er avril, le général Oudinot aura 18,000 hommes sous les armes
entre Augsbourg et Donauwœrth.
Le maréchal duc de Rivoli se trouve réuni à Ulm avec plus de
25,000 Français. Le
contingent de Bade est réuni à Pforzheim ; celui de Hesse‑Darmstadt
à Mergentheim ; mais le duc de Rivoli est autorisé à faire venir ces
contingents sur Ulm, aussitôt qu’il croirait les hostilités
imminentes. Ainsi donc, du 1er au 15 avril, j’aurai trois corps d’armée
qu’il faudra réunir sur le Danube, soit sur Ratisbonne, soit sur
Ingolstadt, soit sur Donauwœrth. Alors
le corps du duc d’Auerstaedt, composé de quinze régiments d’infanterie
et de sept régiments de cavalerie, le corps du duc de Rivoli composé
de douze régiments d’infanterie et de quatre régiments de cavalerie,
le corps composé de la division Saint‑Hilaire et du corps du général
Oudinot, qui aura douze demi‑brigades, six régiments d’infanterie
et sept régiments de cavalerie, enfin la réserve de cavalerie, composée
de sept régiments de cavalerie légère, de six régiments de grosse cavalerie,
présentent une force totale de plus de 130,000 Français et de 10,000 alliés
; en tout, 140,000 hommes. Il
faut donc : 1° qu’Augsbourg soit à l’abri d’un coup de main, et que,
au lieu de ralentir les travaux des fortifications, on redouble
d’activité pour les rétablir ; que cette place renferme les 200,000
rations de biscuit demandées ; qu’il y ait des fours pour cuire 60,000
rations et des magasins de toute espèce. 2°
Toutes les tètes de pont sur le Lech doivent être palissadées et armées
avec de l’artillerie plus forte que celle de campagne. Enfin
Donauwœrth doit contenir beaucoup de magasins ; car, si les Autrichiens
attaquent, cette ville sera vraisemblablement le quartier général de
l’armée. Il
faut ajouter à ces dispositions celle importante de faire bien armer et
approvisionner la citadelle de Passau, de manière qu’elle puisse tenir
deux ou trois mois. On
doit travailler à Ingolstadt de manière à avoir de bonnes têtes de pont
sur le Danube, afin qu’on puisse déboucher quand on le voudra sur la rive
gauche. J’ai
donné l’ordre à l’intendant général de faire partir aujourd’hui un
commissaire des guerres avec 200,000 francs en or et 800,000 en lettres de
change, pour réunir à mes frais un million de rations, qu’on ne
touchera qu’en cas de réunion de l’arrnée. Il faut que les Bavarois
aient à Augsbourg et à Ulm deux millions de rations. L’ordonnateur
Joinville a dû partir avec l’ordre de louer à Donauwœrth et à Ulm un
certain nombre de bateaux avec équipages, pour un mois, pour pouvoir
transporter sur le Danube tout ce dont on aura besoin. Enfin
j’ai donné l’ordre au commandant du génie et à l’intendant général
d’être rendus à Strasbourg le 1er avril et d’établir des
relais de 60 voitures chacun entre Strasbourg et Ulm, afin de transporter
sur Ulm tout ce dont l’armée aura besoin, et, entre autres objets, les 3
ou 4 millions de cartouches, les 6,000 fusils, etc., que l’artillerie doit
avoir à Ulm, les 12,000 outils que le génie doit y avoir, enfin les objets
d’hôpitaux et les souliers que l’on trouverait à Strasbourg. J’ai
ordonné à l’intendant général de faire confectionner à Strasbourg
100,000 paires de souliers, 50,000 à Ulm, 50,000 à Augsbourg. Prenez des
mesures pour qu’ils soient bons et pour éviter les friponneries. Tous
les effets que les régiments voudront envoyer à leurs corps seront dirigés
sur Ulm, et de là, par le Danube, sur Ratisbonne et Passau, suivant les
mouvements de l’armée. Enfin
j’ai ordonné à mon ministre du trésor public de tenir trois millions
à Strasbourg, dont un à votre disposition et deux à la disposition de
l’intendant général. Vous pourvoirez aux dépenses qui sont du ressort
du ministre de la guerre sur ordonnance de l’intendant général, à votre
volonté. L’intendant général pourvoira à toutes les dépenses qui
seront du ressort du ministre directeur de l’administration de la
guerre. Le
major général partira pour être rendu à Strasbourg avec son état‑major
le….. de manière à pouvoir être, suivant les circonstances, le…...
soit à Donauwœrth, soit à Augsbourg ; il verra à Metz la division
westphalienne en détail. S’il
n’y a rien de nouveau, il séjournera à Strasbourg pour y activer
l’organisation soit de l’artillerie, soit Ou génie, administration,
etc. Il
expédiera un officier au duc d’Auerstaedt pour le prévenir qu’il sera
le….. à Strasbourg. Il ordonnera au général Bertrand, commandant le génie,
et à M. Daru, intendant général, d’y être rendus à la même époque,
pour y organiser le service. Le général Songis s’y trouve déjà. Le
général Bertrand se rendra de Strasbourg à Augsbourg et Ingolstadt. Comme
il est probable que les Autrichiens ne feront aucun mouvement, le major général
pourra aller à Ulm, où est le corps du maréchal duc de Rivoli, et à
Augsbourg, où est le corps du général Oudinot ; il y passera la revue des
troupes, afin de me faire connaître les emplois vacants et de m’envoyer
les promotions présentées. Il pourra également voir l’armée
bavaroise et le corps de Wurtemberg. Au surplus, si rien ne presse, il ne
quittera point Strasbourg sans attendre mes ordres, parce que, de là, il
sera plus à même d’expédier le mouvement général de l’armée, que
je lui adresserai ; mais je vais lui faire connaître mes projets, afin
qu’il puisse les faire exécuter sans attendre mes ordres, si les
circonstances étaient pressantes. Mon
but est de porter mon quartier général à Ratisbonne et d’y centraliser
toute mon armée. Le
quartier général de Donauwœrth et la ligne du Lech est une position à
occuper dans le cas où l’ennemi me préviendrait ; mais si les
Autrichiens ne bougent pas, je désire que le général Oudinot et le général
Saint‑Hilaire se réunissent à Ratisbonne. D’Ausgbourg à cette
ville, il y a cinq marches ordinaires et quatre marches de guerre ; en
faisant partir le général Oudinot d’Augsbourg le 5 avril, il serait le
10 à Ratisbonne, et, en supposant le général Saint‑Hilaire rendu à
Nuremberg le 5 avril, il serait le 8 ou le 9 à Ratisbonne, où je pourrai
avoir, vers le 10 avril, 30,000 hommes d’infanterie et sept régiments de
cavalerie. Le
duc d’Istrie y arriverait le même jour et réunirait toute sa réserve
de cavalerie. Le
duc d’Auerstaedt porterait son quartier général à Nuremberg ; il
n’occuperait Baireuth et les débouchés sur Egra que par l’extrémité
de sa gauche. Son quartier général ne serait donc qu’à
vingt‑quatre lieues de Ratisbonne, c’est‑à‑dire à
trois marches. Les
trois divisions de l’armée bavaroise se trouveraient également autour
de Ratisbonne à un, deux, trois jours de marche au plus. Le
duc de Rivoli porterait son quartier général à Augsbourg, et ne serait
qu’à quatre ou cinq marches de Ratisbonne. Ainsi
le quartier général se trouverait à Ratisbonne, au milieu de 200,000
hommes, à cheval sur une grande rivière, gardant la rive droite du Danube
depuis Ratisbonne jusqu’à Passau, et on serait alors dans une position à
l’abri de toute inquiétude des mouvements de l’ennemi, avec
l’avantage du Danube qui apporterait promptement à l’armée tout ce qui
lui serait nécessaire. Qu’est‑ce
que l’ennemi, qui est prêt, pourrait entreprendre aujourd’hui contre
l’armée ? Ce serait de se porter de Pilsen sur Ratisbonne par Waldmunchen
et Cham. De Pilsen à Ratisbonne, il y a cinq marches. Ce cas arrivant, la
division bavaroise qui est à Straubing se reploierait sur Ingolstadt, la
division bavaroise qui est à Landshut ferait le même mouvement ; le corps
du duc d’Auerstaedt se porterait sur Ingolstadt et Donauwœrth ; et
alors ce serait le cas de mettre le quartier général à Donauwœrth. Une
fois l’armée ainsi cantonnée autour de Ratisbonne, que fera l’ennemi ?
Se portera‑t‑il sur Cham ? On sera à même de réunir toutes
ses forces contre lui, pour l’arrêter sur les positions qu’on aura
reconnues sur la Regen. Se
portera‑t‑il sur Nuremberg ? Il se trouvera coupé de la Bohême. Se
portera‑t‑il sur Bamberg ? Il sera également coupé. Enfin
prendra‑t‑il le parti de marcher sur Dresde ? Alors on entrera
en Bohême et on le poursuivra en Allemagne. Agira‑t‑il
sur le Tyrol, en même temps qu’il débouchera par la Bohême ? Il
arrivera sans doute à Inspruck ; mais les dix ou douze régiments qu’il
aurait à Inspruck ne se trouveraient pas en bataille sur les débouchés de
la Bohême, et ces troupes qui seraient à Inspruck apprendraient la défaite
de leur armée en Bohême par notre arrivée sur Salzburg. Enfin
si l’ennemi paraît vouloir prendre les extrémités de la gauche et de
la droite pour agir, il faut accepter le centre, ayant pour retraite le Lech
et tenant comme garnison Augsbourg, pour être sûr d’avoir toujours cette
ville à sa disposition. Ainsi
donc le service du génie se réduit à fortifier les têtes de pont sur le
Lech, à fortifier Passau, Augsbourg, Ingolstadt. Le
service des vivres a pour objet la réunion de grands magasins à Augsbourg
et à Donauwerth, où il faut des fours pour cuire 30 à 40,000 rations. Les
magasins d’Augsbourg seront faits par la Bavière. Ceux de Donauwœrth
seront à mes dépens, afin de pouvoir les transporter où je voudrai
marcher, soit par l’une ou l’autre rive. L’intendant général doit
pourvoir à avoir de quoi confectionner à Donauwœrth deux millions de
rations de pain. Il prendra donc les mesures pour avoir ce qui sera nécessaire
; il en fera connaître la dépense. J’ai
demandé aux Bavarois un million de rations de biscuit. Quant
à tout le biscuit qui vient de la gauche, il pourra être dirigé sur
Ratisbonne, quand nous y serons ; mais, dans l’incertitude que nous ne
puissions pas arriver à Ratisbonne avant l’ennemi, tout sera dirigé
sur Donauwœrth, point que nous sommes aujourd’hui en état de défendre. A
l’égard des ingénieurs géographes, ils doivent faire la reconnaissance
des positions autour de Ratisbonne, des ponts sur le Danube, et le major général
écrira au général de Wrede pour avoir des renseignements sur ces ponts et
sur les positions. Par exemple, pourrait‑on défendre le pont de
Straubing dans le cas où l’ennemi arriverait par la rive gauche ?
L’intendant général doit s’assurer de tous les moyens possibles de
transport sur le Danube. Il doit avoir une compagnie de constructeurs de
fours et une compagnie de boulangers. Aujourd’hui
le duc d’Auerstaedt commande toute la première ligne, commandement
illusoire, puisqu’il ne pourrait pas prévoir à temps ce qui arriverait
sur l’Inn. Ainsi le major général ferait les organisations générales
suivant les circonstances, telles que de mettre le général Oudinot sous
les ordres du duc de Rivoli. Les vingt régiments d’infanterie qui sont
sur la gauche du Danube resteraient sous les ordres du duc d’Auerstaedt. Le
général Oudinot, le corps du duc de Rivoli et tout ce qui serait sur la
rive droite du Danube seraient aux ordres du due de Rivoli. Mais, en résultat,
mon intention est que, aussitôt que la division du général
Saint‑Hilaire et le général Oudinot pourront se réunir sur
Ratisbonne, les deux corps réunis n’en forment plus qu’un, qui sera
appelé 2è corps de la Grande Armée,
commandé par…. Le corps du duc d’Auerstaedt s’appellera 3è corps de la Grande Armée ;
le corps du duc de Rivoli s’appellera le 4è corps de la Grande Armée ;
enfin le corps du duc de Danzig s’appellera corps
bavarois de la Grande Armée. Quant
au corps de la cavalerie du duc d’Istrie, il sera composé de deux
divisions de grosse cavalerie, chacune de trois régiments, de deux
divisions de cavalerie légère, chacune de quatre régiments, dont sept régiments
français et un wurtembergeois. Ainsi le duc d’Istrie aura huit régiments
de cavalerie légère formant 7,000 hommes, six régiments de grosse
cavalerie formant 5,000 hommes ; total, 12,000 hommes. S’il est nécessaire,
on pourra retirer un régiment de cavalerie légère bavarois. J’ai
pris des mesures pour que tous les régiments de cavalerie légère soient
portés à 1,000 hommes, en faisant marcher tout ce qu’il y a de
disponible aux dépôts en France des régiments qui sont à l’armée
d’Espagne. Quant
aux dragons de la division Beaumont, ils formeront six régiments
provisoires dont la tête est déjà arrivée à Strasbourg, et qui pourront
partir de cette ville vers le 15 avril, forts d'environ 5,000 hommes. J’ai
aussi ordonné qu’il soit formé, des dépôts des régiments de hussards
qui sont en Espagne, des compagnies chacune de 80 à 150 hommes, que je
compte destiner à chacun des maréchaux pour leur garde et ordonnances.
Chaque maréchal veillera à l’administration et à l’entretien de cette
compagnie. J’ai
attaché au service du major général un régiment provisoire de
chasseurs fort de 1,000 hommes, qui se forme à Versailles, composé de deux
escadrons du 26è régiment de chasseurs, d’un escadron du 10è et
d’un escadron du 22è ; un bataillon de Neuchâtel, qui se rend à Paris,
un bataillon suisse, une compagnie de 100 gendarmes, la compagnie des
guides. Avec ces troupes, le major général fournira des postes sur les
derrières de l’armée, pour assurer les communications et escorter les
estafettes. Le
grand écuyer doit avoir avec lui des postillons des postes de France et 80
chevaux, pour faire toujours les soixante dernières lieues sur les derrières
de l’armée. Ainsi
donc l’armée française en Allemagne sera composée de trois corps. Le
2è corps, sous le commandement du duc de Montebello, s’il arrive à
temps, ou sous celui du prince de Ponte‑Corvo, sera composé des deux
divisions du général Oudinot, formant douze demi-brigades commandées
par le général Oudinot et six généraux de brigade ; de la division
Saint‑Hilaire, composée de six régiments, ayant sous ses ordres
trois généraux de brigade ; de trois régiments de cavalerie légère
commandés par un général de brigade ; de la division Espagne, composée
de quatre régiments, commandés par ce général, ayant sous ses ordres
deux généraux de brigade. Chaque
division et chaque brigade de cavalerie légère auront chacune un adjudant
commandant. Chacune
des divisions du corps du général Oudinot aura dix-huit pièces de canon ;
la division Saint‑Hilaire en aura quinze ; la division Espagne six ;
ce qui formera trente‑neuf pièces en batterie. Le 3è corps,
aux ordres du duc d’Auerstaedt, sera composé de quinze régiments
d’infanterie divisés en quatre divisions, chaque division commandée par
un général de division ayant sous ses ordres trois généraux de brigade ;
la cavalerie légère, composée de . . . . . régiments, commandée par un
général de brigade ; la division Saint‑Sulpice, composée de . . . .
. régiments, commandée par deux généraux de brigade ; chaque division
d’infanterie ayant au moins quinze pièces de canon, et la division
Saint‑Sulpice six ; total, soixante‑six pièces en batterie ;
chaque division et la brigade de cavalerie légère ayant un adjudant
commandant et deux adjoints. Le
4è corps de la Grande Armée, commandé par le duc de Rivoli, sera composé
de quatre divisions d’infanterie de . . . . . régiments ; chaque division
commandée par un général de division ayant à ses ordres deux généraux
de brigade ; une division de cavalerie légère, composée de quatre régiments
français et de deux alliés, commandée par un général de division et
deux généraux de brigade. A chaque division seront attachés un adjudant
commandant et deux adjoints ; chaque division d’infanterie ayant douze
pièces d'artillerie française ; ce qui, avec vingt‑huit pièces
d’artillerie des alliés, fera soixante‑seize pièces. Quant
à la division des troupes des petits princes commandée par le général
Rouyer, forte de 6 à 8,000. hommes, elle sera commandée par ce général
et par deux généraux de brigade sachant parler allemand. Cette division
restera provisoirement attachée au 3è corps, mais pourra être appelée au
quartier général pour fournir des garnisons aux places et pour l’escorte
des prisonniers. La
réserve de cavalerie commandée par le duc d’Istrie aura deux divisions
de cavalerie légère, commandées par deux généraux de division et quatre
généraux de brigade ; deux divisions de grosse cavalerie, chacune de trois
régiments, commandées par deux généraux de division et quatre généraux
de brigade ; la réserve de dragons, formant six régiments, commandée par
un général de division et trois généraux de brigade. Chacune des
divisions de grosse cavalerie de la réserve aura six pièces de canon ;
la division de dragons en aura six ; total, dix‑huit pièces pour la
réserve. Les
troupes de Wurtemberg ne sont attachées à aucun corps d’armée. Je désire
les tenir à la main. Suivant les circonstances, je pourrai les joindre au
duc de Danzig ou à l’un des trois corps d’armée, si les opérations
dont je les chargerais les rendaient utiles. Si le général Vandamme ne
commande pas les troupes de Wurtemberg, on donnerait ce commandement au général
Demont, qui parle allemand, et le général Vandamme remplacerait le général
Demont. Les troupes de Mecklenburg sont destinées à tenir position dans la
Poméranie suédoise. Quant
à la Saxe, en cas d’hostilités, on engagerait le Roi à se retirer soit
à Erfurt ou à Leipzig. Si la ville de Dresde était à l’abri d’un
coup de main, on y laisserait 3,000 hommes de garnison, et le reste de
l’armée saxonne marcherait pour gagner le Danube. Les
troupes polonaises doivent garder Varsovie et inquiéter Cracovie. En cas
d’hostilités, on préviendrait le prince Poniatowski, commandant le
duché de Varsovie, qu’il doit organiser les gardes nationales pour garder
les places de Praga, Modlin, et, avec ces troupes, tâcher d’insurger la
Galicie. Le
major général travaillera avec le général Bertrand pour tout ce qui
regarde le génie, les sapeurs, et avec l’intendant général pour tout
ce qui tient aux équipages militaires, ayant soin de consulter ce qui
existe pour ne pas faire de faux mouvements. GÉNIE. Chacun
des trois corps d’armée aura une compagnie de pontonniers, deux
compagnies de sapeurs et 6,000 outils. Le
parc du génie aura un bataillon d’ouvriers de la marine de 800 hommes, un
corps de marins de 1,200 hommes ; le ministre de la marine leur fera fournir
neuf chirurgiens ; neuf compagnies de sapeurs, 900 hommes, deux
chirurgiens ; trois compagnies de mineurs, 300 hommes, un chirurgien ;
trois compagnies de pontonniers, 300 hommes, un chirurgien ; quatre
compagnies de pionniers, 600 hommes, un chirurgien ; deux compagnies
d’artillerie et six pièces de canon. Les sapeurs et les mineurs formeront
deux bataillons. Les pionniers formeront un bataillon. Les pontonniers formeront
un bataillon. Ces quatre bataillons seront sous le commandement d’un major
du génie. Les
800 ouvriers de la marine et les 1,200 marins formeront trois bataillons
commandés par le colonel Baste, capitaine de vaisseau ; ce qui formera sept
bataillons, dont quatre de l’armée de terre et trois de la marine. Ce
corps du parc du génie formera une réserve qui sera commandée par le général
Hastrel, pour les marches et la police militaire. On y attachera un
commissaire des guerres, un adjoint et quatre caissons d’ambulance. Cela
formerait un corps de réserve qui serait utile un jour d’affaire. Le général
Hastrel veillera à ce que ce corps marche toujours dans le plus grand
ordre, soit pourvu de vivres et de munitions et bien armé. Dès
aujourd’hui les sapeurs de Würzburg, des quatre régiments des Maisons de
Saxe, de Nassau, formeront un bataillon de 3 à 400 hommes, qui suivra la réserve
du parc du génie ; le major général fera expédier tous les ordres pour
l’organisation de cette réserve. Les
magasins d’artillerie, du génie et des vivres, doivent d’abord être
dirigés sur Ulm, où ils seront embarqués sur le Danube pour suivre les
mouvements de l’armée. J’ai
donné l’ordre de diriger de Strasbourg sur Ulm 6,000 fusils, 6,000 baïonnettes,
6,000 pièces de rechange, 2,000 sabres des trois armes, 2,000 paires de
pistolets, 20,000 épinglettes et 1,000 tire‑bourre. L’intendant
général préviendra les corps que les effets d’habillement ou autres
effets doivent être dirigés sur Ulm, où on les embarquera sur les bateaux
conduits par les marins. Quant
aux bataillons des équipages militaires, le 2è bataillon et le 5è sont déjà
à l’armée du Rhin ; le 12è se forme à Commercy ; 200 caissons des dépôts
des bataillons qui sont à l’armée d’Espagne sont dirigés sur Joigny,
où ils formeront deux bataillons destinés à la réserve. Ce sera donc
cinq bataillons d’équipages militaires à l’armée formant 700 caissons
; ce qui paraît convenable. Quant
aux hôpitaux, ils doivent être concentrés à Amberg, Ingolstadt et
Passau, en cas qu’on marchât en avant ; ces trois points devant être
approvisionnés et mis à l’abri d’un coup de main. J’aurai,
de ma Garde, à l’armée du Rhin : quatre régiments à cheval,
quarante‑huit pièces de canon, une compagnie de marins, une compagnie
de pontonniers, deux régiments de tirailleurs, deux régiments de
fusiliers, un régiment de chasseurs à pied, un régiment de grenadiers à
pied. ÉTAT DE
LA COMPOSITION DES DIVISIONS ET BRIGADES DES DIFFÉRENTS CORPS DE LA GRANDE
ARMÉE. Désignation
des corps d’armée :
-A l’État-major général :
-Désignation des régiments : -1er régiment
provisoire de chasseurs (des 10è, 22è et 26è régiments). -le bataillon de
Neufchâtel. -1 bataillon suisse. -1 compagnie de 100
gendarmes.
-2è corps d’armée (le maréchal duc de Montebello ou le prince
de Porte-Corvo) :
Cavalerie légère Colbert 9è régiment de hussards 7è régiments de chasseurs 29è idem.
-3è corps d’armée (le maréchal duc d’Auerstaedt) :
Cavalerie
légère Jacquinot
1er rég. de chasseurs
2è idem, 12è idem
-4è corps d’armée (le maréchal duc de Rivoli)
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