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Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

Correspondance militaire
de Napoléon Ier

Extraite de la correspondance générale et publiée

Par ordre du ministère de la guerre

Tome sixième

Paris - 1876

 

 

1115. ‑ INSTRUCTIONS POUR LE MAJOR GÉNÉRAL AU MOMENT DU DÉPART POUR L’ARMÉE D’ALLE­MAGNE.

Paris, 30 mars 1809.

 

Les Autrichiens n’ont point déclaré la guerre. Croire qu’ils attaqueront sans rappeler leur ambas­sadeur ne paraît pas probable. C’est ce qu’ils firent cependant en 1805. Mais l’empereur, comme empereur d’Allemagne, avait un prétexte plausible, celui de prétendre avoir le droit d’entrer en Ba­vière et de pouvoir encore négocier à Ulm, jusqu’à l’arrivée des Russes. D’ailleurs, alors, l’armée française était encore à Boulogne, et l’espoir de pouvoir s’emparer de l’armée bavaroise et de déterminer la cour de Stuttgart a pu motiver la marche qu’a tenue à cette époque le gouvernement autrichien. Aujourd’hui pourquoi attaqueraient‑ils sans déclaration de guerre ? Les troupes françaises sont prêtes ; les Autrichiens savent bien qu’ils ne prendront ni l’armée saxonne ni l’armée bavaroise, qui sont prêtes et réunies, et d’ailleurs ils s’exposeraient à s’attirer la guerre avec la Russie. Cependant la guerre est sans doute imminente avec l’Autriche , qui ne peut nourrir longtemps une si grande quantité de troupes réunies. Tout indique pourtant que vers le 15 avril leur armée sera prête à entrer en campagne. Il est donc convenable que nous le soyons aussi à cette époque, et, à la direc­tion près, nous le sommes aussi.

Au 15 avril, 1,500 chevaux de la Garde, seize pièces d’artillerie, 6,000 hommes d’infanterie, mes chevaux et ma Garde seront à Strasbourg.

Le 1er avril, le duc d’Auerstaedt sera réuni avec ses vingt régiments d’infanterie entre Nuremberg, Bamberg et Baireuth, et la division Saint‑Hilaire en­tre Nuremberg et Ratisbonne.

L’armée bavaroise a une division à Straubing, une à Landshut et une à Munich.

Au 1er avril, le général Oudinot aura 18,000 hommes sous les armes entre Augsbourg et Donauwœrth.

      Le maréchal duc de Rivoli se trouve réuni à Ulm avec plus de 25,000 Français.

          Le contingent de Bade est réuni à Pforzheim ; celui de Hesse‑Darmstadt à Mergentheim ; mais le duc de Rivoli est autorisé à faire venir ces contin­gents sur Ulm, aussitôt qu’il croirait les hostilités imminentes. Ainsi donc, du 1er au 15 avril, j’aurai trois corps d’armée qu’il faudra réunir sur le Da­nube, soit sur Ratisbonne, soit sur Ingolstadt, soit sur Donauwœrth.

Alors le corps du duc d’Auerstaedt, composé de quinze régiments d’infanterie  et de sept régiments de cavalerie, le corps du duc de Rivoli composé de douze régiments d’infanterie et de quatre régi­ments de cavalerie, le corps composé de la division Saint‑Hilaire et du corps du général Oudinot, qui aura douze demi‑brigades, six régiments d’infan­terie et sept régiments de cavalerie, enfin la ré­serve de cavalerie, composée de sept régiments de cavalerie légère, de six régiments de grosse cava­lerie, présentent une force totale de plus de 130,000 Français et de 10,000 alliés ; en tout, 140,000 hommes.

Il faut donc : 1° qu’Augsbourg soit à l’abri d’un coup de main, et que, au lieu de ralentir les tra­vaux des fortifications, on redouble d’activité pour les rétablir ; que cette place renferme les 200,000 rations de biscuit demandées ; qu’il y ait des fours pour cuire 60,000 rations et des magasins de toute espèce.

2° Toutes les tètes de pont sur le Lech doivent être palissadées et armées avec de l’artillerie plus forte que celle de campagne.

Enfin Donauwœrth doit contenir beaucoup de magasins ; car, si les Autrichiens attaquent, cette ville sera vraisemblablement le quartier général de l’armée.

Il faut ajouter à ces dispositions celle importante de faire bien armer et approvisionner la citadelle de Passau, de manière qu’elle puisse tenir deux ou trois mois.

On doit travailler à Ingolstadt de manière à avoir de bonnes têtes de pont sur le Danube, afin qu’on puisse déboucher quand on le voudra sur la rive gauche.

J’ai donné l’ordre à l’intendant général de faire partir aujourd’hui un commissaire des guerres avec 200,000 francs en or et 800,000 en lettres de change, pour réunir à mes frais un million de ra­tions, qu’on ne touchera qu’en cas de réunion de l’arrnée. Il faut que les Bavarois aient à Augsbourg et à Ulm deux millions de rations. L’ordonnateur Joinville a dû partir avec l’ordre de louer à Donau­wœrth et à Ulm un certain nombre de bateaux avec équipages, pour un mois, pour pouvoir transporter sur le Danube tout ce dont on aura besoin.

Enfin j’ai donné l’ordre au commandant du génie et à l’intendant général d’être rendus à Strasbourg le 1er avril et d’établir des relais de 60 voitures chacun entre Strasbourg et Ulm, afin de transporter sur Ulm tout ce dont l’armée aura besoin, et, entre autres objets, les 3 ou 4 millions de cartouches, les 6,000 fusils, etc., que l’artillerie doit avoir à Ulm, les 12,000 outils que le génie doit y avoir, enfin les objets d’hôpitaux et les souliers que l’on trouverait à Strasbourg. J’ai ordonné à l’intendant général de faire confectionner à Strasbourg 100,000 paires de souliers, 50,000 à Ulm, 50,000 à Augsbourg. Prenez des mesures pour qu’ils soient bons et pour éviter les friponneries.

Tous les effets que les régiments voudront en­voyer à leurs corps seront dirigés sur Ulm, et de là, par le Danube, sur Ratisbonne et Passau, suivant les mouvements de l’armée.

Enfin j’ai ordonné à mon ministre du trésor pu­blic de tenir trois millions à Strasbourg, dont un à votre disposition et deux à la disposition de l’inten­dant général. Vous pourvoirez aux dépenses qui sont du ressort du ministre de la guerre sur ordonnance de l’intendant général, à votre volonté. L’intendant général pourvoira à toutes les dépenses qui seront du ressort du ministre directeur de l’admi­nistration de la guerre.

Le major général partira pour être rendu à Strasbourg avec son état‑major le….. de manière à pouvoir être, suivant les circonstances, le…... soit à Donauwœrth, soit à Augsbourg ; il verra à Metz la division westphalienne en détail.

S’il n’y a rien de nouveau, il séjournera à Stras­bourg pour y activer l’organisation soit de l’artil­lerie, soit Ou génie, administration, etc.

Il expédiera un officier au duc d’Auerstaedt pour le prévenir qu’il sera le….. à Strasbourg. Il or­donnera au général Bertrand, commandant le génie, et à M. Daru, intendant général, d’y être rendus à la même époque, pour y organiser le service. Le général Songis s’y trouve déjà.

Le général Bertrand se rendra de Strasbourg à Augsbourg et Ingolstadt.

Comme il est probable que les Autrichiens ne fe­ront aucun mouvement, le major général pourra aller à Ulm, où est le corps du maréchal duc de Ri­voli, et à Augsbourg, où est le corps du général Oudinot ; il y passera la revue des troupes, afin de me faire connaître les emplois vacants et de m’en­voyer les promotions présentées. Il pourra égale­ment voir l’armée bavaroise et le corps de Wurtemberg. Au surplus, si rien ne presse, il ne quittera point Strasbourg sans attendre mes ordres, parce que, de là, il sera plus à même d’expédier le mouvement général de l’armée, que je lui adresserai ; mais je vais lui faire connaître mes projets, afin qu’il puisse les faire exécuter sans attendre mes ordres, si les circonstances étaient pressantes.

Mon but est de porter mon quartier général à Ratisbonne et d’y centraliser toute mon armée.

Le quartier général de Donauwœrth et la ligne du Lech est une position à occuper dans le cas où l’ennemi me préviendrait ; mais si les Autrichiens ne bougent pas, je désire que le général Oudinot et le général Saint‑Hilaire se réunissent à Ratisbonne. D’Ausgbourg à cette ville, il y a cinq marches ordi­naires et quatre marches de guerre ; en faisant par­tir le général Oudinot d’Augsbourg le 5 avril, il serait le 10 à Ratisbonne, et, en supposant le général Saint‑Hilaire rendu à Nuremberg le 5 avril, il se­rait le 8 ou le 9 à Ratisbonne, où je pourrai avoir, vers le 10 avril, 30,000 hommes d’infanterie et sept régiments de cavalerie.

Le duc d’Istrie y arriverait le même jour et réu­nirait toute sa réserve de cavalerie.

Le duc d’Auerstaedt porterait son quartier général à Nuremberg ; il n’occuperait Baireuth et les débouchés sur Egra que par l’extrémité de sa gauche. Son quartier général ne serait donc qu’à vingt‑quatre lieues de Ratisbonne, c’est‑à‑dire à trois marches.

Les trois divisions de l’armée bavaroise se trou­veraient également autour de Ratisbonne à un, deux, trois jours de marche au plus.

Le duc de Rivoli porterait son quartier général à Augsbourg, et ne serait qu’à quatre ou cinq marches de Ratisbonne.

Ainsi le quartier général se trouverait à Ratis­bonne, au milieu de 200,000 hommes, à cheval sur une grande rivière, gardant la rive droite du Da­nube depuis Ratisbonne jusqu’à Passau, et on serait alors dans une position à l’abri de toute inquiétude des mouvements de l’ennemi, avec l’avantage du Danube qui apporterait promptement à l’armée tout ce qui lui serait nécessaire.

Qu’est‑ce que l’ennemi, qui est prêt, pourrait entreprendre aujourd’hui contre l’armée ? Ce serait de se porter de Pilsen sur Ratisbonne par Wald­munchen et Cham. De Pilsen à Ratisbonne, il y a cinq marches. Ce cas arrivant, la division bavaroise qui est à Straubing se reploierait sur Ingolstadt, la division bavaroise qui est à Landshut ferait le même mouvement ; le corps du duc d’Auerstaedt se porte­rait sur Ingolstadt et Donauwœrth ; et alors ce serait le cas de mettre le quartier général à Donauwœrth.

Une fois l’armée ainsi cantonnée autour de Ratisbonne, que fera l’ennemi ? Se portera‑t‑il sur Cham ? On sera à même de réunir toutes ses forces contre lui, pour l’arrêter sur les positions qu’on aura reconnues sur la Regen.

Se portera‑t‑il sur Nuremberg ? Il se trouvera coupé de la Bohême.

Se portera‑t‑il sur Bamberg ? Il sera également coupé.

Enfin prendra‑t‑il le parti de marcher sur Dresde ? Alors on entrera en Bohême et on le poursuivra en Allemagne.

Agira‑t‑il sur le Tyrol, en même temps qu’il débouchera par la Bohême ? Il arrivera sans doute à Inspruck ; mais les dix ou douze régiments qu’il aurait à Inspruck ne se trouveraient pas en bataille sur les débouchés de la Bohême, et ces troupes qui seraient à Inspruck apprendraient la défaite de leur armée en Bohême par notre arrivée sur Salzburg.

Enfin si l’ennemi paraît vouloir prendre les extré­mités de la gauche et de la droite pour agir, il faut accepter le centre, ayant pour retraite le Lech et tenant comme garnison Augsbourg, pour être sûr d’avoir toujours cette ville à sa disposition.

Ainsi donc le service du génie se réduit à fortifier les têtes de pont sur le Lech, à fortifier Passau, Augsbourg, Ingolstadt.

Le service des vivres a pour objet la réunion de grands magasins à Augsbourg et à Donauwerth, où il faut des fours pour cuire 30 à 40,000 rations. Les magasins d’Augsbourg seront faits par la Bavière. Ceux de Donauwœrth seront à mes dépens, afin de pouvoir les transporter où je voudrai marcher, soit par l’une ou l’autre rive. L’intendant général doit pourvoir à avoir de quoi confectionner à Donauwœrth deux millions de rations de pain. Il prendra donc les mesures pour avoir ce qui sera nécessaire ; il en fera connaître la dépense.

J’ai demandé aux Bavarois un million de rations de biscuit.

Quant à tout le biscuit qui vient de la gauche, il pourra être dirigé sur Ratisbonne, quand nous y serons ; mais, dans l’incertitude que nous ne puis­sions pas arriver à Ratisbonne avant l’ennemi, tout sera dirigé sur Donauwœrth, point que nous sommes aujourd’hui en état de défendre.

A l’égard des ingénieurs géographes, ils doivent faire la reconnaissance des positions autour de Ratisbonne, des ponts sur le Danube, et le major général écrira au général de Wrede pour avoir des renseignements sur ces ponts et sur les positions. Par exemple, pourrait‑on défendre le pont de Straubing dans le cas où l’ennemi arriverait par la rive gauche ? L’intendant général doit s’assurer de tous les moyens possibles de transport sur le Da­nube. Il doit avoir une compagnie de constructeurs de fours et une compagnie de boulangers.

Aujourd’hui le duc d’Auerstaedt commande toute la première ligne, commandement illusoire, puis­qu’il ne pourrait pas prévoir à temps ce qui arrive­rait sur l’Inn. Ainsi le major général ferait les organisations générales suivant les circonstances, telles que de mettre le général Oudinot sous les ordres du duc de Rivoli. Les vingt régiments d’in­fanterie qui sont sur la gauche du Danube reste­raient sous les ordres du duc d’Auerstaedt.

Le général Oudinot, le corps du duc de Rivoli et tout ce qui serait sur la rive droite du Danube seraient aux ordres du due de Rivoli. Mais, en résultat, mon intention est que, aussitôt que la divi­sion du général Saint‑Hilaire et le général Oudinot pourront se réunir sur Ratisbonne, les deux corps réunis n’en forment plus qu’un, qui sera appelé 2è corps de la Grande Armée, commandé par…. Le corps du duc d’Auerstaedt s’appellera 3è corps de la Grande Armée ; le corps du duc de Rivoli s’appellera le 4è corps de la Grande Armée ; enfin le corps du duc de Danzig s’appellera corps bava­rois de la Grande Armée.

Quant au corps de la cavalerie du duc d’Istrie, il sera composé de deux divisions de grosse cavalerie, chacune de trois régiments, de deux divisions de cavalerie légère, chacune de quatre régiments, dont sept régiments français et un wurtembergeois. Ainsi le duc d’Istrie aura huit régiments de cavalerie légère formant 7,000 hommes, six régiments de grosse cavalerie formant 5,000 hommes ; total, 12,000 hommes. S’il est nécessaire, on pourra re­tirer un régiment de cavalerie légère bavarois.

J’ai pris des mesures pour que tous les régiments de cavalerie légère soient portés à 1,000 hommes, en faisant marcher tout ce qu’il y a de disponible aux dépôts en France des régiments qui sont à l’armée d’Espagne.

Quant aux dragons de la division Beaumont, ils for­meront six régiments provisoires dont la tête est déjà arrivée à Strasbourg, et qui pourront partir de cette ville vers le 15 avril, forts d'environ 5,000 hommes.

J’ai aussi ordonné qu’il soit formé, des dépôts des régiments de hussards qui sont en Espagne, des compagnies chacune de 80 à 150 hommes, que je compte destiner à chacun des maréchaux pour leur garde et ordonnances. Chaque maréchal veillera à l’administration et à l’entretien de cette compagnie.

J’ai attaché au service du major général un régi­ment provisoire de chasseurs fort de 1,000 hommes, qui se forme à Versailles, composé de deux esca­drons du 26è régiment de chasseurs, d’un escadron du 10è et d’un escadron du 22è ; un bataillon de Neuchâtel, qui se rend à Paris, un bataillon suisse, une compagnie de 100 gendarmes, la compagnie des guides. Avec ces troupes, le major général fournira des postes sur les derrières de l’armée, pour assurer les communications et escorter les estafettes.

Le grand écuyer doit avoir avec lui des postillons des postes de France et 80 chevaux, pour faire toujours les soixante dernières lieues sur les der­rières de l’armée.

Ainsi donc l’armée française en Allemagne sera composée de trois corps.

Le 2è corps, sous le commandement du duc de Montebello, s’il arrive à temps, ou sous celui du prince de Ponte‑Corvo, sera composé des deux divi­sions du général Oudinot, formant douze demi-­brigades commandées par le général Oudinot et six généraux de brigade ; de la division Saint‑Hilaire, composée de six régiments, ayant sous ses ordres trois généraux de brigade ; de trois régiments de cavalerie légère commandés par un général de bri­gade ; de la division Espagne, composée de quatre régiments, commandés par ce général, ayant sous ses ordres deux généraux de brigade.

Chaque division et chaque brigade de cavalerie légère auront chacune un adjudant commandant.

Chacune des divisions du corps du général Oudinot aura dix-huit pièces de canon ; la division Saint‑Hilaire en aura quinze ; la division Espagne six ; ce qui for­mera trente‑neuf pièces en batterie.

Le 3è corps, aux ordres du duc d’Auerstaedt, sera composé de quinze régiments d’infanterie divisés en quatre divisions, chaque division commandée par un général de division ayant sous ses ordres trois généraux de brigade ; la cavalerie légère, composée de . . . . . régiments, commandée par un général de brigade ; la division Saint‑Sulpice, composée de . . . . . régiments, commandée par deux géné­raux de brigade ; chaque division d’infanterie ayant au moins quinze pièces de canon, et la division Saint‑Sulpice six ; total, soixante‑six pièces en bat­terie ; chaque division et la brigade de cavalerie légère ayant un adjudant commandant et deux adjoints.

Le 4è corps de la Grande Armée, commandé par le duc de Rivoli, sera composé de quatre divisions d’infanterie de . . . . . régiments ; chaque division commandée par un général de division ayant à ses ordres deux généraux de brigade ; une division de cavalerie légère, composée de quatre régiments français et de deux alliés, commandée par un gé­néral de division et deux généraux de brigade. A chaque division seront attachés un adjudant com­mandant et deux adjoints ; chaque division d’infan­terie ayant douze pièces d'artillerie française ; ce qui, avec vingt‑huit pièces d’artillerie des alliés, fera soixante‑seize pièces.

Quant à la division des troupes des petits princes commandée par le général Rouyer, forte de 6 à 8,000. hommes, elle sera commandée par ce général et par deux généraux de brigade sachant parler allemand. Cette division restera provisoirement attachée au 3è corps, mais pourra être appelée au quartier général pour fournir des garnisons aux places et pour l’escorte des prisonniers.

La réserve de cavalerie commandée par le duc d’Istrie aura deux divisions de cavalerie légère, commandées par deux généraux de division et quatre généraux de brigade ; deux divisions de grosse cavalerie, chacune de trois régiments, commandées par deux généraux de division et quatre généraux de brigade ; la réserve de dragons, formant six régiments, commandée par un général de division et trois géné­raux de brigade. Chacune des divisions de grosse cava­lerie de la réserve aura six pièces de canon ; la divi­sion de dragons en aura six ; total, dix‑huit pièces pour la réserve.

Les troupes de Wurtemberg ne sont attachées à aucun corps d’armée. Je désire les tenir à la main. Suivant les circonstances, je pourrai les joindre au duc de Danzig ou à l’un des trois corps d’armée, si les opérations dont je les chargerais les rendaient utiles. Si le général Vandamme ne commande pas les troupes de Wurtemberg, on donnerait ce commandement au général Demont, qui parle allemand, et le général Vandamme remplacerait le général Demont. Les troupes de Mecklenburg sont destinées à tenir position dans la Poméranie suédoise.

Quant à la Saxe, en cas d’hostilités, on engagerait le Roi à se retirer soit à Erfurt ou à Leipzig. Si la ville de Dresde était à l’abri d’un coup de main, on y laisserait 3,000 hommes de garnison, et le reste de l’armée saxonne marcherait pour gagner le Danube.

Les troupes polonaises doivent garder Varsovie et inquiéter Cracovie. En cas d’hostilités, on prévien­drait le prince Poniatowski, commandant le duché de Varsovie, qu’il doit organiser les gardes nationales pour garder les places de Praga, Modlin, et, avec ces troupes, tâcher d’insurger la Galicie.

Le major général travaillera avec le général Bertrand pour tout ce qui regarde le génie, les sa­peurs, et avec l’intendant général pour tout ce qui tient aux équipages militaires, ayant soin de con­sulter ce qui existe pour ne pas faire de faux mou­vements.

GÉNIE.

Chacun des trois corps d’armée aura une com­pagnie de pontonniers, deux compagnies de sapeurs et 6,000 outils.

Le parc du génie aura un bataillon d’ouvriers de la marine de 800 hommes, un corps de marins de 1,200 hommes ; le ministre de la marine leur fera fournir neuf chirurgiens ; neuf compagnies de sa­peurs, 900 hommes, deux chirurgiens ; trois com­pagnies de mineurs, 300 hommes, un chirurgien ; trois compagnies de pontonniers, 300 hommes, un chirurgien ; quatre compagnies de pionniers, 600 hommes, un chirurgien ; deux compagnies d’artillerie et six pièces de canon. Les sapeurs et les mineurs formeront deux bataillons. Les pion­niers formeront un bataillon. Les pontonniers for­meront un bataillon. Ces quatre bataillons seront sous le commandement d’un major du génie.

Les 800 ouvriers de la marine et les 1,200 marins formeront trois bataillons commandés par le colonel Baste, capitaine de vaisseau ; ce qui formera sept bataillons, dont quatre de l’armée de terre et trois de la marine.

Ce corps du parc du génie formera une réserve qui sera commandée par le général Hastrel, pour les marches et la police militaire. On y attachera un commissaire des guerres, un adjoint et quatre cais­sons d’ambulance. Cela formerait un corps de ré­serve qui serait utile un jour d’affaire. Le général Hastrel veillera à ce que ce corps marche toujours dans le plus grand ordre, soit pourvu de vivres et de munitions et bien armé.

Dès aujourd’hui les sapeurs de Würzburg, des quatre régiments des Maisons de Saxe, de Nassau, formeront un bataillon de 3 à 400 hommes, qui suivra la réserve du parc du génie ; le major général fera expédier tous les ordres pour l’organisation de cette réserve.

Les magasins d’artillerie, du génie et des vivres, doivent d’abord être dirigés sur Ulm, où ils seront embarqués sur le Danube pour suivre les mouve­ments de l’armée.

J’ai donné l’ordre de diriger de Strasbourg sur Ulm 6,000 fusils, 6,000 baïonnettes, 6,000 pièces de re­change, 2,000 sabres des trois armes, 2,000 paires de pistolets, 20,000 épinglettes et 1,000 tire‑bourre.

L’intendant général préviendra les corps que les effets d’habillement ou autres effets doivent être dirigés sur Ulm, où on les embarquera sur les ba­teaux conduits par les marins.

Quant aux bataillons des équipages militaires, le 2è bataillon et le 5è sont déjà à l’armée du Rhin ; le 12è se forme à Commercy ; 200 caissons des dépôts des bataillons qui sont à l’armée d’Espagne sont dirigés sur Joigny, où ils formeront deux ba­taillons destinés à la réserve. Ce sera donc cinq bataillons d’équipages militaires à l’armée formant 700 caissons ; ce qui paraît convenable.

Quant aux hôpitaux, ils doivent être concentrés à Amberg, Ingolstadt et Passau, en cas qu’on marchât en avant ; ces trois points devant être approvisionnés et mis à l’abri d’un coup de main.

J’aurai, de ma Garde, à l’armée du Rhin : quatre régiments à cheval, quarante‑huit pièces de canon, une compagnie de marins, une compagnie de pon­tonniers, deux régiments de tirailleurs, deux régi­ments de fusiliers, un régiment de chasseurs à pied, un régiment de grenadiers à pied.

ÉTAT

DE LA COMPOSITION DES DIVISIONS ET BRIGADES DES DIFFÉRENTS CORPS DE LA GRANDE ARMÉE.

Désignation des corps d’armée :

         -A l’État-major général :

                  -Désignation des régiments :

                            -1er régiment provisoire de chasseurs (des 10è, 22è et 26è régiments).

                            -le bataillon de Neufchâtel.

                            -1 bataillon suisse.

                            -1 compagnie de 100 gendarmes.

         -2è corps d’armée (le maréchal duc de Montebello ou le prince de Porte-Corvo) :

                  

Désignation des divisions

Généraux qui les commandent

Désignation des brigades

Généraux qui les commandent

Désignation des régiments

1re

 

Claparède

1re

Conroux

Albert

Schramm

Jarry

1re demi brigade d’inf. légère, 3è idem

1re demi-brigade d’inf. de ligne, 2è idem

3è idem

4è idem

Oudinot

Claparède, Tharreau

 

 

 

 

 Tharreau

1re

Coehorn

Le Suire

Ficatier

 

2è demi-brigade d’inf. légère, 4è idem

5è demi-brigade d’inf. de ligne, 6è idem

7è idem, 8è idem

St-Pilaire

1re

Pouzet

Duppelin

Destabenrath

10è régiment d’inf. légère

3è régiment d’inf. de ligne, 57è idem

72è idem, 105è idem, 22è idem (resté dans les places)

Division de cuirassiers

Espagne

1re

Reynaud

Fouler

4è régiment de cuirassiers, 6è idem

7è régiment de cuirassiers, 8è idem

                                            Cavalerie légère     Colbert                      9è régiment de hussards

                                                                                               7è régiments de chasseurs                                                                                                       29è idem.

         -3è corps d’armée (le maréchal duc d’Auerstaedt) :

 

Désignation des divisions

Généraux qui les commandent

Désignation des brigades

Généraux qui les commandent

Désignation des régiments

1re

 

Morand

1re

Barbanègre

Lacour

L’Huilier

13è régiment d’inf. légère,

17è régiment d’inf. de ligne, 30è idem

61è idem, 65è idem

 

 Friant

1re

Girard dit Vieux

Grandeau

Gauthier

15è régiment d’inf. légère,

33è régiment d’inf. de ligne, 48è idem

108è idem, 111è idem

Gudin

1re

Petit

De Lorencez

Gilly

7è régiment d’inf. légère

12è régiment d’inf. de ligne, 21è idem

25è idem, 85è idem

Demont

1re

 

4ès bataillons du 17è, du 30è, du 61è, du 65è de ligne

4ès bataillons du 33è, du 111è de ligne

4ès bataillons du 7è, du 12è, du 21è, du 85è de ligne

Division de cuirassiers

St-Sulpice

1re

Clément

Guiton

1er régiment de cuirassiers, 5è régiment de cuirassiers

10è régiment de cuirassiers, 11è régiment de cuirassiers

Division allemande

Rouver

1re

 

Rég. n°2 (Nassau), Rég. n°5 (Lippe et Anhalt)

Rég. n°6 (Schwarzburg, Reuss et Waldeck),

Rég. n°4 (des 5 maisons ducales de Saxe).

 

Cavalerie légère  Jacquinot                                                              1er rég. de chasseurs     

                                                                                                     2è idem, 12è idem

                                

         -4è corps d’armée (le maréchal duc de Rivoli)

 

Désignation des divisions

Généraux qui les commandent

Désignation des brigades

Généraux qui les commandent

Désignation des régiments

 

1re

 

Legrand

1re

 

Ledru

Kister

26è rég. d’inf. légère, 18è rég. d’inf. de ligne

Brigade de Bade : 1er régiment de ligne, 2è idem, 3è idem, bataillon de chasseurs à pied

 

 Carra Saint-Cyr

1re

Cosson

Dalesme

Schiner

24è régiment d’inf. légère,

4è régiment d’inf. de ligne, 46è idem,

brigade de Hesse-Darmstadt :

3è bataillon des gardes, 3è bataillon du corps

 

 

Molitor

1re

 

Leguay

Viviez

37è régiment d’inf. de ligne, 2è idem

16è idem, 67è idem

 

 

Boudet

1re

 

Fririon

Valory

3è régiment d’infanterie légère,

56è régiment d’inf. de ligne,

93è régiment d’inf. de ligne

Division de cavalerie légère

St-Sulpice

1re

 

19è régiment de chasseurs, 23è idem,

8è idem, 14è idem,

Régiment de dragons de Bade,

Régiment de chevau-légers de Hesse-Darmstadt

         -Réserve de cavalerie (le maréchal duc d’Istrie)

 

Désignation des divisions

Généraux qui les commandent

Désignation des brigades

Généraux qui les commandent

Désignation des régiments

1re division de cavalerie légère

 

Montbrun

1re

 

Pajol

De Piré

5è régiment de hussards, 11è régiment de chasseurs

8è régiment de hussards, 16è régiment de chasseurs

2è division de cavalerie légère

 

1re

 

Bruyère

24è idem, 13è idem

7è régiment de hussards,

1er régiment de cavalerie légère de Wurtemberg

Division de dragons

 

Beaumont

1re

 

1er régiment provisoire de dragons,

1er, 2è, 3è, 4è, 5è, 6è idem : se forment à Strasbourg

1er, 2è, 3è, 4è, 5è, 6è idem : se forment à Strasbourg

Division de la grosse cavalerie

 

1re

 

Defrance

Doumerc

 

1er régiment de carabiniers, 2è idem

2è régiment de cuirassiers

Division de  cuirassiers

 

1re

 

Saint-Germain

Davenay

9è régiment de cuirassiers

3è idem, 12è idem

         -Corps bavarois de la grande armée (le maréchal duc de Danzig)

 

Désignation des divisions

Généraux qui les commandent

Désignation des brigades

Généraux qui les commandent

Désignation des régiments

 

1re

 

Derci

1re

Cavalerie

Rechberg

Raglowich

Zandt

1er rég. d’inf. de ligne, 2è idem, 1er bat. d’inf. légère

4er rég. d’inf. de ligne, 8è idem, 3è bat. d’inf. légère

1er rég. de dragons, 1er rég. de chevau-légers

 

 

Wrede

1re

Cavalerie

Minucci

Beckers

Praysing

37 rég. d’inf. de ligne, 13è idem, 6è bat. d’inf. légère

6è rég. d’inf. de ligne, 7è idem, 4è bat. d’inf. légère

2è régiment de chevau-légers, 3è idem

 

 

Sieben

1re

Cavalerie

Vicenti

Schlossberg

Sedwitz

9è rég. d’inf. de ligne, 10è idem, 5è bat. d’inf. légère

5è rég. d’inf. de ligne, 14è idem, 7è bat. d’inf. légère

2è régiment de dragons, 4è régiment de chevau-légers

 

NAPOLÉON.

         D’après l’original. Dépôt de la guerre.

 

 

1116. – ORDRES CONCERNANT L’APPROVISIONNEMENT DE CARTOUCHES ET LE NOMBRE DONT CHAQUE HOMME DOIT EN ÊTRE POURVU.

A ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR GÉNÉRAL,

         A STRASBOURG

Paris, 31 mars 1809.

         Mon Cousin, je reçois la lettre que le duc de Rivoli vous a écrite le 25 mars. Je vois avec peine que la division Saint-Cyr n’a aucune cartouche ; cependant cette division a passé par Strasbourg. Témoignez mon mécontentement, d’abord au général Saint-Cyr : ce n’est pas ainsi qu’on fait la guerre ; quand on quitte une place pour aller à l’armée, on doit se munir de cartouches. Le général Songis a tort également de n’y avoir pas pourvu. Il paraît que le corps du duc de Rivoli, fort d’à peu près 30,000 hommes, est parti de France sans cartouches. Pour en donner 50 à chaque homme, il en faut 1,500,000 en dépôt à Ulm ; c’est donc 3 millions de cartouches qu’il faut réitérer au général Songis de faire partir de Strasbourg, soit sur des voitures du pays, soit par tout autre moyen. Rien au monde n’est plus pressé. Faites connaître au duc de Rivoli que je n’approuve pas qu’il ait renvoyé à Strasbourg les douze caissons attelés de la division Saint-Cyr ; que, si son corps venait à faire un mouvement, il serait privé de ces caissons ; que vous donnez ordre qu’ils en prennent au premier convoi qu’ils rencontreront en route, et qu’ils retournent ; qu’il ne doit pas renvoyer le parc de la division Molitor ; qu’il ne doit pas non plus prendre de cartouches au parc général ; qu’il y en a à Würzburg et dans toutes les places de Bavière ; qu’indépendamment de cela le général Songis en envoie 3 millions à Strasbourg. Cette opération du duc de Rivoli est mauvaise ; c’est ainsi qu’au moment d’aller en bataille on n’a rien. Recommandez au général Songis que tous les détachements qui passent à Strasbourg emportent 50 cartouches par homme. Écrivez au duc de Rivoli d’avoir soin que ses troupes aient 50 cartouches par homme dans les caissons, indépendamment des 50 que chaque homme doit avoir dans le sac. Donnez le même ordre aux généraux qui commandent les Badois, les Hessois et les Wurtembergeois. Écrivez la même chose au duc d’Auerstaedt ; que ses troupes aient, indépendamment des caissons remplis, 50 cartouche par homme, dans le sac ; qu’on lui envoie de Mayence un million de cartouches. Recommandez-leur de ne pas renvoyer leurs caissons, si ce n’est à une ou deux journées, vu qu’on doit toujours être sur le qui-vive et prêt à marcher.

NAPOLÉON.

D’après l’original. Dépôt de la guerre.

 

 

1117. – DEMANDE D’UN CHEF D’ESPIONNAGE POUR L’ARMÉE D’Allemagne.

AU COMTE FOUCHÉ, MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE, A PARIS.

Paris, 5 avril 1809

         Je voudrais avoir un homme parlant parfaitement l’allemand et un peu relevé, pour mettre à la tête de mon espionnage en Allemagne. Je voudrais un homme probe, auquel on pût confier de fortes sommes sans craindre qu’il les détournât à son profit, un homme connaissant l’Autriche et la Bohême. Il aurait sous ses ordres des agents de police. Il pourrait même en ramasser beaucoup de ceux qui ont servi les armées autrichiennes, du côté de Strasbourg. Faites une enquête là-dessus, et rendez-moi compte du résultat.

         D’après la minute. Archive de l’Empire.

 

1118. – MESURES A PRENDRE POUR L’ARTILLERIE ET LES MOYENS DE TRANSPORT D’UNE DIVISION OPÉRANT EN PAYS DE MONTAGNE.

A EUGÈNE NAPOLÉON, VICE-ROI D’Italie, A VÉRONE.

Paris, 5 avril 1809.

         Mon Fils, j’approuve fort que vous ayez préparé six pièces de 6 sur affûts de montagne, pour suivre l’armée ; mais voici ce qu’il faudrait faire pour compléter cette idée : organiser un équipage de montagne à la suite de l’armée, qui consisterait en quatre pièces de 6 sur affûts de traîneau et deux obusiers. Les pièces et les obusiers existent à votre parc de campagne : vous n’aurez pas besoin de les avoir doubles. A Mantoue, on construira en dix jours, ces affûts de traîneau tels que je m’en suis servi dans ma guerre des Alpes. Vous aurez ainsi douze pièces d’artillerie de montagne ; ce qui fait un équipage raisonnable, et qui va partout où peut passer un cheval.

         Il faudra 150 coups à tirer par pièce, c’est-à-dire 600 coups pour les quatre pièces de 6 et 300 pour les deux obusiers.

         Il est nécessaire d’avoir pour cet approvisionnement dix petits caissons portés à dos de mulets. Il faut aussi organiser deux brigades de mulets de bât, chacune de 36 mulets, dont vingt chargés de cartouches de 6, trente chargés de cartouches d’obusiers, et vingt-deux chargés de cartouches d’infanterie. Moyennent cela, vous pouvez tenir une division de 8 à 10,000 hommes dans la montagne, et être certain qu’elle ne manquera pas d’artillerie et de cartouches.

NAPOLÉON.

         D’après la copie comm. par S. A. I. Mme la duchesse de Leuchtenberg.

 

 

1119. COMPOSITION DE L’ARMÉE D’Allemagne

A ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR GÉNÉRAL,

A STRASBOURG.

Paris, 8 avril 1809.

         Mon Cousin, à dater du 1er avril, toutes les troupes que j’ai en Allemagne seront connues sous le titre d’Armée  d’Allemagne, dont je me réserve le commandement en chef. Vous en êtes le major général ; le général Songis, commandant l’artillerie ; le général Bertrand, le génie ; le duc d’Istrie, commandant la cavalerie ; le conseiller d’État Daru, intendant général ; le sieur Villemanzy, chargé de la perception des revenus et contributions des pays qui m’appartiennent et inspecteur en chef aux revues de l’armée ; le sieur Roguin, payeur géné­ral. Ainsi, dès à présent, le payeur du corps du duc de Rivoli doit correspondre avec le payeur général Roguin et recevoir ses ordres pour le service. Le sieur Roguin doit donc se rendre à Donauwœrth, où est le quartier général.

Le dépôt de l'armée, en France, est Strasbourg. C’est à Strasbourg qu’on passera le Rhin ; on ne doit plus le passer ni à Mayence ni sur aucun autre point. La route doit être désormais par Stuttgart et Ulm ; de là, elle doit passer par Nuremberg, pour le corps du duc d’Auerstaedt, et par Augsbourg, pour les autres corps. Après Strasbourg, le premier dépôt de l’armée sera Ulm ; le deuxième dépôt sera Augsbourg ; le troisième, Donauwœrth ; le qua­trième, Ingolstadt. Augsbourg et Ingolstadt doivent être mis à l’abri d’un coup de main.

L’armée doit être composée ainsi :

Le 2è corps, commandé par le duc de Montebello et composé du corps du général Oudinot, formé de trois divisions : la Ire commandée par le géné­ral Tharreau ; la 2è, par le général Claparède, et la 3è par le général Grandjean. Chaque division est composée de trois demi‑brigades commandées par trois généraux de brigade ; il doit y avoir un adjudant commandant à chaque division. Le géné­ral Grandjean est arrivé à Paris. Chaque division aura douze pièces de canon et sera forte de 8,000 hommes. Le général Oudinot n’aura que deux divi­sions jusqu’au 1er mai, époque à laquelle se fera l’organisation de la 3è division. La division Saint­-Hilaire fera partie du 2è corps ; elle est de cinq régiments, dont un d’infanterie légère, et comman­dée par trois‑généraux de brigade ; elle aura quinze pièces de canon. Une brigade de cavalerie légère de trois régiments, la division de cuirassiers Espa­gne de quatre régiments, et six pièces de canon, seront attachées au 2è corps ; ce qui le portera à 40,000 hommes d’infanterie, 6,000 de cavalerie, et, avec l’artillerie et les sapeurs, à près de 50,000 hommes, ayant cinquante‑sept pièces de canon.

Le 3è corps sera commandé par le duc d’Auer­staedt et composé de quatre divisions, dont trois de cinq régiments chacune, et la 4è composée de qua­torze 4es bataillons ; chaque division commandée par trois généraux de brigade et ayant quinze pièces de canon. Une division de cavalerie légère de…..régiments, la division de cuirassiers Saint‑Sulpice de quatre régiments, et six pièces de canon, seront attachées à ce corps, ce qui le portera à 45,000, hommes d’infanterie, 6,000 hommes de cavalerie, et, avec l’artillerie, les sapeurs et mineurs, à près de 60,000 hommes, ayant soixante‑six pièces de canon.

Le 4è corps sera commandé par le due de Rivoli et composé de quatre divisions françaises formant 30,000 hommes, de 10,000 hommes d’infanterie, alliés, d’une division de cavalerie légère de quatre régiments français et deux régiments alliés for­mant plus de 5,000 hommes, et de soixante‑huit pièces de canon françaises ou alliées ; total, près de 50,000 hommes.

Le 7è corps sera commandé par le due de Danzig et composé du corps bavarois, fort de 30,000 hommes d’infanterie et de 4,000 chevaux, avec près de soixante pièces de canon.

Le 8è corps sera composé de la division Dupas, forte de cinq bataillons français formant 4,000 hommes, et de quatre régiments des princes confédérés formant plus de 6,000 hommes ; total, 10,000 hommes d’infanterie et douze pièces de canon ; et d’une division wurtembergeoise commandée par le général Vandamme, forte de 10,000 hommes d’infanterie et de 3,000 hommes de cavalerie ; total, 20,000 hommes d’infanterie et trente pièces de canon. Ce corps sera commandé par le duc de Castiglione.

Le 9è corps sera formé par l’armée saxonne aux ordres du prince de Ponte‑Corvo, et composé de trois divisions réunies à Dresde et de deux du du­ché de Varsovie, formant près de 50,000 hommes. Le prince de Ponte‑Corvo aura sous ses ordres l’armée saxonne, toutes les troupes du duché de Varsovie et les garnisons de Glogau et de Danzig.

Le 10è corps sera formé par la réserve, que com­mandera le roi de Westphalie, composée des troupes westphaliennes, de 8,000 Hollandais qui sont à Hambourg, et des troupes qui seront à Magdeburg, Stettin, Küstrin et Hambourg.

La réserve de cavalerie sera commandée par le due d’Istrie et composée de deux divisions de cavalerie légère, commandées, l’une par le général Lasalle et l’autre par le général Montbrun, ayant deux généraux de brigade ; de la division Nansouty, formant six ré­giments et ayant douze pièces de canon ; et de la division des six régiments de dragons provisoires, for­mant 6,000 hommes et ayant six pièces de canon.

La Garde impériale sera composée de dix régi­ments d’infanterie, chacun de 1,600 hommes, de quatre régiments de cavalerie et de soixante pièces de canon, formant un présent sous les armes de plus de 22,000 hommes.

Donnez des ordres en conséquence.

NAPOLÉON.

D’après l’original. Dépôt de la guerre.

 

 

1120. ‑ PLAINTES AU SUJET DE LA DIRECTION DES OPÉRATIONS MILITAIRES EN Espagne ; INSTRUCTIONS ET RECOMMANDATIONS.

AU GÉNÉRAL CLARKE, COMTE D’HUNEBOURG,

MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 9 avril 1809.

Je vous renvoie votre correspondance de l’armée d’Espagne. Écrivez au maréchal Jourdan qu’il rend compte des événements comme s’il était historien ; qu’il est inconcevable qu’on laisse la Romana sur les confins de la Galice ravager les derrières du duc d’Elchingen et du duc de Dalmatie ; qu’il n’est pas question de discuter si le duc d’Elchingen a bien ou mal manœuvré ; qu’il était plus naturel d’envoyer la division Lapisse culbuter la Romana et rouvrir les communications avec le duc d’Elchingen ; que je vois avec peine que l’armée n’est pas commandée, et que ce défaut d’activité occasionnera des événements fâcheux ; que donner l’ordre au général Kellermann de marcher sur Villafranca est une absurdité, puis­qu’il n’a que de la cavalerie ; qu’il peut bien marcher sur Astorga et Benavente, mais non s’engager dans les montagnes ; que lui ôter son artillerie est une mesure fausse ; que ce général se trouvera ainsi sans aucuns moyens pour enfoncer une maison ; que vous lui réitérez, ce que vous n’avez cessé de lui mander, que la première opération à faire est de se mettre en communication avec le duc d’Elchingen ; que les plus grands malheurs peuvent résulter de cette apathie et de cet oubli des premiers principes de la guerre ; que la division Lapisse est le corps le plus près, qu’il faut l’envoyer sur‑le‑champ pour rétablir la communication entre le duc d’Elchingen et Valladolid et faire passer au duc d’Elchingen des instructions pour qu’il s’organise mieux ; qu’il est inconcevable que la Romana étant aussi près d’As­torga et de Benavente, on expose ainsi les garni­sons de ces villes ; qu’on n’en évacue pas les hôpi­taux, enfin qu’on ne prenne aucune mesure ; que ce n’est pas ainsi qu’on commande une armée ; qu’il est de toute nécessité de ne pas s’avancer dans le midi que le nord ne soit tranquille, qu’on ne sache au vrai la situation des ducs d’Elchingen et de Dalmatie, et qu’on ne se soit défait de la Romana ; qu’en dirigeant les troupes avec tant de lenteur et de mollesse on ne fera pas, avec les immenses armées qu’on a, ce qu’on ferait avec le quart ; que marcher en Andalousie par deux routes nécessitera le maintien de deux communications ; que cela ne peut dépendre désormais que de la situation où l’on se trouvera. Engagez le général Kellermann à ne pas disséminer sa cavalerie ni son artillerie, et à ne pas compromettre la tête de ses postes ; que sa conduite relativement à Astorga et Benavente est inconcevable, et qu’il a très‑mal fait de ne pas prendre des mesures dans des circonstances si importantes.

D’après la minute. Archives de l’Empire. 

 

 

1121. ‑ QUANTITÉ DE MUNITIONS DE GUERRE A AVOIR.

A ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR GÉNÉRAL DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A STRASBOURG.

Paris, 10 avril 1809.

   Mon Cousin, je réponds à votre lettre du 7. J’ai arrêté le travail proposé par le ministre de la guerre, parce qu’enfin on ne peut pas faire des choses impossibles. On doit trouver en Bavière des munitions de guerre ; on doit en envoyer de Mayence, Neuf-Brisach, Huningue, par les charrois du pays, et d’Ulm sur Passau par le Danube. Toute l’artillerie de l’armée est approvisionnée. Il y a une grande quantité de cartouches d’infanterie. La proposition de ne mettre que 25 forges au lieu de 45, et de ne pas donner d’approvisionnement attelé au parc général, afin d’obtenir une réduction de 200 voitures, m’a paru raisonnable ; cela épargnera des attelages et des hommes du train. Si l’armée d’Allemagne a un double approvisionnement attelé, soit aux divisions, soit aux parcs des corps d’armée, soit au parc général, elle est bien. Avec double approvisionnement, il y a de quoi soutenir trois grandes batailles comme celles d’Austerlitz ; en porter davantage est un embarras inutile. Mais il n’est pas douteux qu’un double approvisionnement ne serait pas suffisant, si l’on n’en avait un troisième en dépôt à quatre ou cinq journées sur les derrières de l’armée. Ainsi, dans la situation actuelle, on doit avoir une réserve de cartouches entre Ulm, Donauwœrth et Ingolstadt, dans des caisses qui se portent sur des charrettes. Si l’armée marche du côté de l’Inn, par exemple, cet approvisionnement de réserve devra venir à Passau, et l’armée qui serait en avant de l’Inn aura ses deux approvisionnements et un troisième à Passau. Si l’armée se portait sur Vienne, elle ne se trouverait éloignée que de 8 ou 10 jours de son troisième ap­provisionnement. Sans doute il en faudrait alors un quatrième pour remplacer le troisième et pour que l’armée pût le trouver en cas d’un événement de retraite. Un principe que le général Songis ne doit pas perdre de vue, c’est qu’il n’y a rien de pis que d’avoir des voitures non attelées ; ce n’est qu’un embarras. Il faut avoir des caisses qu’on transporte sur des charrettes du pays, et à cinq ou six jours derrière l’armée, et dans des lieux désignés pour servir de dépôts. Il n’y a point une division de l’armée qui n’ait 60 cartouches par homme portant fusil attelées à sa suite ; il n’y a point de corps d’ar­mée qui n’en ait à son parc 60 autres attelées ; ainsi il y a donc à la suite de chaque corps d’armée 100 à 120 cartouches. Le parc général en a quel­ques‑unes à sa suite ; le soldat en a 50 dans le sac, et il y en a 60 dans les dépôts, qui peuvent arriver à quatre ou cinq jours de distance pour renouveler celles consommées. Ainsi donc 150 cartouches atte­lées, soit à la division, soit au corps d’armée, soit au parc général, feraient pour l’armée 15 millions de cartouches ou 900 caissons ; 50 cartouches dans le sac feraient 5 millions, et 5 millions dans les dé­pôts sur les derrières, en échelons, feraient 25 millions de cartouches, ou 200 par homme. Les dépôts doivent être à Ulm, Donanwœrth, Passau, ln­golstadt, et faire leur mouvement en échelons.

En résumé, je suis satisfait si les corps de l’armée ont 10 millions de cartouches, soit à la division, soit au parc du corps d’armée ; je le suis si l’armée en a 5 millions pour les soldats, 5 millions au parc général et 5 millions en réserve à transporter par eau ou par les voitures du pays ; enfin je le suis s’il y a un approvisionnement simple de coups de ca­non réparti dans les différents dépôts, en échelons, et se remplaçant successivement.

NAPOLÉON.

  D’après l’original. Dépôt de la guerre.

 

 

1122. - ORDRE DE SE METTRE EN MOUVEMENT ; INSTRUCTIONS.

A EUGÈNE NAPOLÉON, VICE‑ROI D'ITALIE, A VALVASONE.

Paris, 12 avril 1809, onze heures du soir.

Mon Fils, à peine arrivé à Vérone ou à Trente, je suppose que vous aurez appris que les Autrichiens ont commencé les hostilités, et que vous vous serez porté à votre quartier général en Frioul. Le télé­graphe m’apprend seulement que les Autrichiens ont passé l’Inn et, par là, déclaré la guerre. Je crois vous avoir déjà fait connaître que mes instructions étaient que, si les Autrichiens attaquaient avant le 15, on se repliât derrière le Lech, où je serai de ma personne le 15. J’attends avec impatience d’ap­prendre ce qu’ils auront fait en Italie ; mais toutes les nouvelles me portent à croire qu’ils veulent rester là sur la défensive.

Vous aurez centralisé votre armée dans le Frioul ; vous aurez placé une division dans le débouché de Pontebba, et pour menacer constamment de vous porter sur Tarvis. Je pense que vous aurez eu soin qu’il n’y ait aucun embarras à Udine, que tous les dépôts de cavalerie ainsi que les hôpitaux soient au delà de la Piave ; Palmanova, Osoppo, contiendront vos derniers embarras. Libre ainsi de tout, vous vous conduirez selon les mouvements de l’ennemi. Autant que je peux le calculer, les principales forces de l’ennemi seront à Tarvis ; si cela est, il ne se portera pas sur Goritz et se concentrera à Laybach.

Laissez sur l’Isonzo de la cavalerie et une dou­zaine de mille hommes, et portez‑vous avec toute l’armée sur Tarvis, en ne donnant rien au hasard et en évitant les retranchements que l’ennemi a fait faire, afin de ne pas se casser le nez contre des redoutes. Je suppose que la route du Tyrol sera difficile ; écrivez‑moi par duplicata par le Saint-­Gothard et par l’estafette ordinaire ; j’ai déjà donné l’ordre qu’elle passe par Chambéry et traverse la Suisse. Réunissez bien toute votre armée ; instruisez Marmont des hostilités. Je vous ai déjà recommandé de placer la 14è demi‑brigade provisoire à Vérone et de faire venir la division composée du 62è, des 23è et 22è légers par Bologne et Ferrare en grande marche sur Trévise, afin de vous servir de réserve. Laissez Miollis à Rome. Vous pouvez nommer Grenier, Baraguey d’Hilliey et Macdonald vos lieutenants généraux, en leur laissant leurs divisions ; ils en commanderont deux, puisqu’ils sont plus anciens.

Faites venir à Venise les bricks italiens et français qui sont à Ancône. Je pense que vous devez faire désarmer la frégate française l’Uranie et faire passer l’équipage, officiers, soldats et matelots, à Venise, où ils seront d’un bon service pour la défense des lagunes.

Réitérez les ordres pour que Venise soit bien armée et approvisionnée. Ne vous pressez pas, voyez ce que fait l’ennemi ; ses dispositions doivent vous servir de règle.

NAPOLÉON.

D’après la copie comm. par S. A. I. Mme la duchesse de Leuchtenberg.

 

 

1123. ‑ REPROCHES D’AVOIR DISSÉMINÉ LES TROUPES ; INDICATION DES POINTS DE CONCENTRATION.

A ALEXANDRE, PRINCE DE NEUCHATEL, MAJOR GÉNÉRAL

DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A AUGSBOURG.

Ludwigsburg, 16 avril 1809.

Mon Cousin, je reçois votre lettre par laquelle vous m’annoncez que vous faites partir le corps d’Oudinot pour Ratisbonne. Vous ne me faites pas connaître ce qui nécessite une mesure si extraordi­naire qui affaiblit et dissémine mes troupes. Je pense que, si vous n’avez pas été porté à cette déci­sion par des motifs extraordinaires, vous ordonnerez au général Oudinot d’arrêter son mouvement et de se placer entre Ratisbonne et Augsbourg, afin d’être en mesure de se porter sur cette dernière place, si le cas l’exigeait. Quant à l’ordre d’occuper Straubing par le général de Wrede, je ne le comprends pas, parce que j’ignore pourquoi il l’a évacué. Quant à l’ordre d’occuper Landshut, je ne le trouve pas rai­sonnable. Le maréchal Lefebvre avait bien fait de concentrer ses forces à Munich ; deux divisions sont plus fortes qu’une. Je ne comprends pas bien l’esprit de votre lettre du 13 au soir, et j’aurais préféré savoir mon armée concentrée entre Ingolstadt et Augsbourg, les Bavarois en première ligne, comme s’était placé le duc de Danzig, jusqu’à ce que l’on sache ce que l’ennemi veut faire. Il me tarde d’avoir des nouvelles du duc d’Auerstaedt. Il faut se con­former à mon instruction, qui est de rallier mon armée et de l’avoir dans la main. Si l’ennemi devait déboucher par le Tyrol et que l’on fût dans le cas de donner bataille à Augsbourg sans que le général Oudinot y fût, ce serait un grand malheur. Si, d’un autre côté, on était obligé d’abandonner Augsbourg, qui n’est pas encore en état de se défendre, et de livrer ainsi nos magasins d’Ulm, ce serait encore un grand malheur. Tout était parfait si le duc d’Auer­staedt eût été près d’Ingolstadt, le duc de Rivoli avec les Wurtembergeois et le corps d’Oudinot auprès d’Augsbourg. Puisque l’ennemi a attaqué, il faut savoir quel est son plan. Le principal est qu’Oudinot soit à Augsbourg avant l’ennemi, et qu’il ait les yeux bien ouverts. Quant au duc d’Auerstaedt, aux divi­sions Saint‑Hilaire, Nansouty et Montbrun, l’instruc­tion est pour eux comme pour tout le monde : se concentrer entre Ratisbonne, Ingolstadt et Augsbourg ; de sorte qu’il fallait faire juste le contraire de ce que vous avez fait. Il est possible que je parte d’ici aujourd’hui, de manière à arriver ce soir à Dillingen. Écrivez‑moi par cette route.

NAPOLÉON.

D’après l’original. Dépôt de la guerre.

 

 

1124. ‑ ORDRE DE SE RENDRE DE RATISBONNE A INGOLSTADT.

AU MARÉCHAL DAVOUT, DUC D’AUERSTAEDT, COMMANDANT

LE 3è CORPS DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A RATISBONNE.  

Donauwœrth, 17 avril 1809, dix heures du matin.

Mon Cousin, j’arrive à Donauwœrth. J’apprends que vous occupez Ratisbonne. Mon intention a toujours été de concentrer mes troupes derrière le Lech. Repliez‑vous avec toutes vos troupes sur Ingolstadt. Je donne ordre au duc de Danzig de tenir en respect le corps de Landshut et de protéger voire mouvement. La division Friant doit également se replier sur Ingolstadt ; il peut cependant garder des postes d’observation sur l’Altmühl, en considé­rant l’Altmühl comme une grande tête de pont, à six lieues d’Ingolstadt. Tenez vos troupes resserrées et en ordre ; et si, dans ce mouvement brusque auquel l’ennemi ne s’attend pas, vous trouvez moyen de tomber sur la colonne de Landshut, si elle s’est avancée, ce sera une superbe occasion ; mais ne vous éloignez pas de plus d’une demi‑marche pour la faire naître.

Pour vous rendre à Ingolstadt, vous devez passer par Neustadt. De Neustadt, où vous ne pourrez être que demain soir 18, je serai à même de vous donner des ordres. Toutefois, si vous n’en recevez pas, vous devez continuer votre mouvement sur Geisenfeld, vous trouvant ainsi à trois lieues à In­golstadt, sans jamais passer sur la rive gauche.

J’attends avec impatience des nouvelles de l’en­nemi. Quel est le corps d’armée autrichien qui a débouché à Landshut ? Où se porte‑t‑il ? Quelle est la marche des autres colonnes ennemies, dont vous ou le général de Wrede auriez connaissance ?

NAPOLÉON.

D’après l’original comm. par Mme la maréchale princesse d’Eckmühl.

 

 

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