| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
|
||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome septième Paris - 1876
1251.
‑ INSTRUCTIONS POUR LA COMPOSITION DE LA GRANDE ARMÉE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
3 janvier 1811. Monsieur
le Duc de Feltre, je désire avoir un livret de la Grande Armée, comprenant
l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie, les équipages de pont, le génie,
avec l’emplacement des troupes au 1er janvier et les ordres
qu’elles ont reçus. INFANTERIE. La
Grande Armée sera composée de quatre corps. Le corps d’observation de
l’Elbe comptera pour deux. Je
vous ai fait connaître l’organisation du corps d’armée de l’Océan,
qui n’aura que 3 divisions au lieu de 4, et celle du corps d’observation
d’Italie, qui n’aura que 3 divisions au lieu de 4, savoir : 2 divisions
françaises et 1 italienne. La
Grande Armée ne sera donc composée que de 15 divisions ; j’en joins ici
l’état pour plus de clarté ; il y aura 2 divisions de moins que dans le
premier projet, ce qui influera sur l’artillerie. CAVALERIE La
cavalerie légère sera divisée en 14 brigades. Vous en avez les numéros ;
pour plus de clarté, je joins ici l’état de leur formation. Ces 14
brigades formeront 7 divisions. La
cavalerie de réserve sera composée de 6 divisions, savoir : 5 divisions
de cuirassiers et 1 de dragons ; pour plus de clarté, j’en joins ici
l’organisation. Il
y aura donc une division de cavalerie de plus que je n’avais ordonné ; ce
qui donne une augmentation de deux batteries d’artillerie à cheval de
plus que je n’avais ordonné. ARTILLERIE. Les
14 divisions françaises auront chacune une batterie à pied de six pièces
de 6 et de deux obusiers, et 13 batteries à cheval de quatre pièces de 6
et de deux obusiers, la 7è division étant servie par une compagnie
d’artillerie à cheval polonaise. Le corps d’observation de l’Elbe,
formant deux corps d’armée, aura 4 batteries de réserve, chacune de six
pièces de 12 et de deux obusiers à grande portée ou licornes. Le corps
d’observation de l’Océan aura 2 batteries pareilles. Le corps
d’observation d’Italie aura 2 batteries pareilles ; total de
l’artillerie française attachée aux 14 divisions d’infanterie 35
batteries à pied, à cheval ou de réserve, formant quarante‑huit pièces
de 12, cent quarante‑six pièces de 6, soixante‑dix obusiers,
dont seize à grande portée ou licornes ; total, 264 pièces attachées à
l’infanterie. La
division italienne aura 1 batterie à pied et 1 à cheval. La garde
italienne aura 1 batterie à pied et 1 à cheval. Il y aura 2 batteries
d’artillerie de réserve italienne attachées à la garde ; total de
l’artillerie attachée à l’infanterie italienne, 6 batteries à pied,
à cheval ou de réserve, formant douze pièces de 12, vingt pièces de 6,
douze obusiers, dont quatre licornes ; total, 44 pièces de canon italiennes. L’artillerie
de la cavalerie sera composée de 12 batteries à cheval ou de
soixante‑douze pièces, savoir : quarante‑huit pièces de 6 et
vingt‑quatre obusiers ; total, 72. Le
total de l’artillerie de la Grande Armée sera donc de 51 batteries à
pied, à cheval ou de réserve, formant soixante pièces de 12 françaises
ou italiennes, deux cent quatorze pièces de 6 et cent six obusiers ;
total, 380 bouches à feu, sans comprendre l’artillerie régimentaire. Conformément
à l’état ci‑joint, les 15 divisions auront 174 pièces de régiment,
dont dix italiennes et seize de la Confédération. La
Garde impériale aura 8 batteries d’artillerie à cheval, 8 batteries
d’artillerie à pied et 4 de régiment ; total, 24 batteries servies,
vingt‑quatre pièces de 12, quatre‑vingts pièces de 6,
trente‑deux pièces de 4, quarante obusiers, dont huit à grande portée
ou licornes ; total, 176 pièces. Ce qui, avec les trente‑six pièces
de la garde italienne, y compris les seize de la réserve italienne, fera
212 pièces pour la Garde. Ainsi
il y aura à la Grande Armée quatre‑vingt-quatre pièces de 12,
deux cent quatre‑vingt‑quatorze pièces de 6, cent
quarante‑six obusiers et deux cent six pièces de régiment, y compris
la Garde ; total général, 730 bouches à feu. ÉQUIPAGES
DE PONT ET PARCS DE SIÈGE. Il
y aura 3 équipages de pont, dont 2 sont formés et 1 avec les agrès
seulement, servis par 13 compagnies de pontonniers ; 2
équipages de siège avec au moins 12 compagnies françaises pour le
service des 2 équipages, et 12 alliées, dont 3 italiennes, 3 polonaises et
6 des autres nations ; 24
compagnies de sapeurs françaises, 2 italiennes, non compris les sapeurs de
la Garde ; 6
compagnies de mineurs ; 1
bataillon d’ouvriers de la marine, de 6 compagnies. TRANSPORTS
MILITAIRES. Il
y aura 7 bataillons, dont 6 français et 1 italien, formant 1,774 voitures. GÉNIE. 2
équipages de siège et 3 équipages de pont, composés des simples matériaux
en réserve à Danzig. Il
faudrait joindre à l’artillerie un certain nombre de pièces attelées au
parc général, pour pouvoir promptement réparer les pertes. NAPOLÉON. D’après
l’original. Dépôt de la guerre. 1252.
‑ DÉTAILS SUR LA COMPOSITION DE LA GRANDE ARMÉE. AU
GÉNÉRAL LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
10 janvier 1811. Monsieur
le Comte de Cessac, j’ai définitivement organisé la Grande Armée en
quatre corps, à compter du 15 février. 1er
CORPS D’OBSERVATION DE L’ELBE. Le
prince d’Eckmühl, commandant. Les 1re , 2è, 3è, 4è, 5è
divisions d’infanterie et les 1re et 2è brigades de
cavalerie légère. 2è
CORPS D’OBSERVATION DE L’ELBE. Le
duc de Reggio, commandant. Les 6è, 8è et 9è divisions d’infanterie et
les 5è et 6è brigades de cavalerie légère. Au 15 février, tout ce corps
sera réuni à Münster et Osnabrück. CORPS
D’OBSERVATION DE L’OCÉAN. Le
duc d’Elchingen, commandant. Il sera au 15 février à Mayence. Les 10è,
11è, 12è, 7è divisions (la 10è division se réunit à Mayence, la 11è
se réunit à Düsseldorf, la 7è est à Danzig, la 12è division ne pourra
être formée que dans le courant d’avril), les 9è et 14è brigades de
cavalerie légère. Tout cela sera prêt à marcher le 15 février. CORPS
D’OBSERVATION D’ITALIE. Les
13è, 14è, et 15è divisions d’infanterie, les 12è et 13è brigades de
cavalerie légère. Elles seront réunies le 15 février à Botzen, Trente,
Vérone et Brescia. RÉSERVE
DE CAVALERIE. La
réserve de cavalerie sera divisée en trois corps : 1er
corps, général Nansouty : 1re division de cavalerie légère,
général Bruyère ; 3è brigade, général Jacquinot ; 4è brigade, général
Piré ; 1re division
de cuirassiers, général Saint‑Germain ; 5è division de cuirassiers,
général Valence. 2è
corps, général Montbrun : 2è division de cavalerie légère comprenant
les 7è et 8è brigades, général Vattier ; 2è division de cuirassiers, général
Saint-Sulpice ; 4è division de cuirassiers, général Defrance. 3è
corps, général Latour‑Maubourg : 3è division de cavalerie légère
comprenant les 10è et 11è brigades, général Kellermann ; 3è division
de cuirassiers, général Doumerc ; division de dragons, général
Lahoussaye. Du
reste, il n’y a aucun changement dans l’organisation des brigades
d’infanterie, si ce n’est que le 24è léger est mis dans la 10è
division à la place du 26è, et que le 26è est mis dans la 6è division à
la place du 24è. Dans
les derniers états, il n’y avait que 13 brigades de cavalerie légère
; il y en a aujourd’hui 14. La 14è est formée du 4è et du 28è de
chasseurs ; elle est sous les ordres du général Beurmann. Chaque
division de cavalerie aura besoin de son ambulance, des ses commissaires de
guerres et de son administration. Il serait bon que chaque corps, composé
de trois divisions, eût ou un ordonnateur, ou du moins un commissaire des
guerres principal. La
Garde sera toujours composée de quatre divisions, comme il a été dit. Je
désirerais que, vers le 15 février, l’état‑Major général pût
être réuni à Mayence. J’attendrai le rapport que vous devez me faire là‑dessus. NAPOLÉON. D’après
l’original. Dépôt de la guerre. 1253.
- INSTRUCTIONS POUR L’ORGANISATION
DU CORPS D’ARMÉE
DU MARÉCHAL DAVOUT. AU
MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE D’ECKMUHL, COMMANDANT L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A
PARIS. Paris,
21 janvier 1811. Mon Cousin, mon
intention est d’envoyer à votre armée un nouveau régiment français
d’infanterie légère et quatre régiments hollandais, et qu’il soit
formé une 4è division, de sorte que votre corps sera composé de quatre
divisions, chacune de cinq régiments, savoir : d’un régiment
d’infanterie légère et de trois régiments de ligne français et d’un
régiment hollandais. La division où sera le 33è léger aura un autre régiment
d’infanterie légère français. Mon intention est de réunir
l’artillerie et tout ce qui est nécessaire pour pouvoir, dans le courant
de l’été, former, de ces quatre divisions de cinq régiments chacune,
cinq divisions de quatre régiments. Il
est donc nécessaire qu’il y ait aux parcs de l’artillerie et du génie
le matériel nécessaire pour former ces cinq divisions. Comme chaque régiment
sera de quatre bataillons, je désire qu’il y ait trois pièces régimentaires
au lieu de deux ; ce qui ferait soixante pièces de régiment. Chaque
division d’infanterie devrait avoir une compagnie d’artillerie légère,
ce qui ferait cinq compagnies ; la cavalerie, trois compagnies ; ce qui
ferait huit compagnies d’artillerie légère pour le corps d’armée.
Chaque division d’infanterie devrait avoir aussi une batterie et demie
d’artillerie à pied, ce qui ferait environ huit compagnies d’artillerie
à pied. Il faudrait donc un matériel de soixante‑quinze bouches à
feu pour l’infanterie, de dix‑huit pour la cavalerie, ce qui ferait
quatre‑vingt‑treize, et de sept pour le parc ; total, cent pièces
de canon. Je pense qu’il faudrait cinq compagnies de sapeurs pour les
divisions et quatre compagnies pour le parc, et quatre compagnies de
pontonniers pour le parc. Les
dix régiments de cavalerie actuellement existants formeraient la
cavalerie de l’armée. Il faudrait que le génie eût tous les outils nécessaires.
Les régiments ayant le nombre de leurs caissons augmenté, on compléterait
les quatre bataillons du train ; ce qui fournirait les caissons nécessaires
pour les cartouches, et près de quatre‑vingts caissons seulement pour
les vivres, ou presque l’équivalent d’un bataillon. Il y aurait, indépendamment
de cela, deux bataillons d’équipages militaires, formant deux cent
quatre‑vingt‑huit caissons. Ainsi
votre corps d’armée serait composé de cinq divisions d’infanterie, de
trois brigades de cavalerie légère, d’une division de cavalerie de réserve,
de cent quatre‑vingts bouches à feu, et présenterait, tout compris,
une force de 80,000 hommes, que je voudrais avoir toujours disponible pour
former l’avant‑garde et porter où cela serait nécessaire. J’ai désigné
le général Haxo pour commander le génie. Faites mettre sur un état
l’organisation que je projette, et sur un autre ce que vous avez et ce qui
vous manque. NAPOLÉON. D’après
l’original comm. par Mme la maréchale Princesse d’Eckmühl. 1254.
– ORDRE CONCERNANT LES PLACES A RÉSERVER AUX MILITAIRES RETIRÉS ET BLESSÉS. AU
GÉNÉRAL COMTE ANDRÉOSSY, PRÉSIDENT DE LA SECTION DE LA GUERRE AU CONSEIL
D’ÉTAT, A PARIS. Paris,
27 janvier 1811. Réunissez
la section de la guerre et proposez-moi un projet pour récompenser les
militaires retirés et blessés en leur donnant de préférence les places
des administrations forestières, des postes, des tabacs, des contributions,
enfin par toute espèce de places que les militaires, officiers et soldats
retirés sont susceptibles d’occuper ; car il est contre mon intention et
la justice de donner ces places à des gens qui n’ont rien fait. Je me
rapporte au zèle et à l’intelligence de la section pour me proposer les
mesures convenables. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1255.
‑ ORDRE POUR LA RELATION DES SIÈGES FAITS EN
ALLEMAGNE ET EN ESPAGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
2 février 1811.
Je désirerais qu’on fît au Dépôt de la guerre le plan des
attaques et des sièges des différentes places prises dans les campagnes
d’Allemagne, comme Danzig, Raab, les places de Silésie, avec des cartes
et des mémoires. Mon intention n’est pas d’imprimer ce travail, mais de
le garder au Dépôt, de
sorte qu’en cas d’une guerre ces matériaux puissent être consultés.
On peut également faire un projet pour récompenser les militaires retirés
et rédiger
l’historique des sièges des places d’Espagne, telles que Saragosse,
Tortose, Lerida, Mequinenza, Ciudad‑Rodrigo, Almeida, l’attaque de
Madrid, de Marbella, de Cadix. Il n’y a aucun inconvénient à imprimer ce
volume. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1256.
‑ ORDRE POUR LA FORMATION D’APPROVISIONNEMENT DE RÉSERVE EN GRAINS. AU
GÉNÉRAL LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris
, 5 février 1811. Monsieur
le Comte de Cessac, mon intention est d’avoir un approvisionnement de réserve
en grains froment de 50,000 quintaux métriques dans chacune des villes de
Toulouse et de Metz. Le froment pour la réserve de Toulouse sera acheté
dans les départements de l’ouest, celui pour celle de Metz dans les départements
du Mont‑Tonnerre, de Rhin‑etMoselle et de la Roër. La
formation de ces réserves et les soins de leur conservation seront confiés
à la direction générale des vivres de la guerre, qui établira une
comptabilité particulière pour ces opérations. Vous
me ferez connaître quelle somme est nécessaire pour former chacun de ces
deux approvisionnements de réserve, pour leur entretien et leur conservation
pendant six mois. Lorsque
les réserves dont il s’agit seront formées, vous m’en rendrez compte,
et je vous ferai passer mes ordres sur l’emploi que je voudrai en être
fait. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1257.
‑ MODIFICATIONS DANS L’ARMÉE D’Allemagne : SA
NOUVELLE COMPOSITION. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
13 février 1811. Monsieur
le Duc de Feltre, au 1er avril l’armée d’Allemagne sera
composée de la manière suivante : 1re
division : le général de division Morand, commandant ; les généraux
Dalton et l’Huillier, généraux de brigade. 13è d’infanterie légère
; 17è, 30è, 61è de ligne. 2è
division : le général de division Friant, commandant ; les généraux
Grandeau et Duppelin, généraux de brigade. 2è d’infanterie légère ;
43è, 48è, 111è de ligne. 3è
division : le général de division Gudin, commandant ; les généraux
Desailly, Boyer et Leclerc, généraux de brigade. 7è d’infanterie légère
; 12è, 21è, 25è de ligne. 4è
division : le général de division Dessaix, commandant ; les généraux
Barbanègre et Friederich, généraux de brigade. 33è léger ; 57è, 108è,
85è de ligne. Chaque
régiment, dans le courant de l’été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16
bataillons par division ou 12,000 hommes. Chaque
régiment aura également, dans le courant de l’été, 4 pièces de
canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division. Il y aura par division
une compagnie d’artillerie à cheval servant une batterie de pièces de 6,
et une compagnie d’artillerie à pied servant une autre batterie ; ce
qui fera 12 pièces par division et 48 pièces pour le corps d’armée.
Une batterie d’artillerie à cheval sera attachée à chaque brigade de
cuirassiers ; ce qui fera 12 pièces de canon pour les deux brigades et,
avec les 48 pièces de l’infanterie, 60 pièces de canon. Il y aura enfin
une batterie d’artillerie à cheval et deux batteries de pièces de 12 à
la réserve de l’armée, plus 2 canons, ce qui fera 80 pièces, qui, avec
les 64 pièces des régiments, feront 144 pièces. Chaque division aurait
une compagnie de sapeurs avec ses outils. Il y aurait au parc au moins six
compagnies d’artillerie à pied et quatre compagnies de sapeurs avec
leurs outils, indépendamment de 15,000 outils attelés, et au moins deux
compagnies de pontonniers. Il y aurait de plus une compagnie
d’armuriers, le 12è bataillon d’équipages militaires complété selon
mon décret, une compagnie d’infirmiers, etc. Le
corps d’armée aura 16 caissons d’infanterie par division avec les
bataillons, servis par les régiments ; 20 caissons par division avec
l’artillerie de la division ; 80 au parc du corps d’armée ; total, 224
caissons d’infanterie ou 3,584,000 cartouches attelées ; plus, 3
millions de cartouches prêtes à distribuer aux troupes, à Magdebourg ou
à Hambourg. Il
y aura double approvisionnement, savoir : un approvisionnement avec les pièces,
un demi avec le parc de la division, un demi avec le parc de l’armée. Les
bataillons du train devant être portés au complet, il faut les économiser
le plus possible, pour en employer une partie à la formation d’un autre
corps. Je suppose que 600 voitures d’artillerie sont suffisantes, sans y
comprendre l’artillerie des régiments, et qu’ainsi il ne faudra que
deux bataillons bien complets, ayant 3,000 chevaux ; ce qui me rendra
disponibles les deux autres bataillons pour un pareil train de bouches à
feu. Ainsi il ne faut augmenter en rien le matériel de ce corps pour garder
deux bataillons disponibles. Et comme j’ai huit bataillons du train, quand
je les aurai complétés, ils pourront suffire à quatre corps d’armée,
qui, à 80 bouches à feu chacun, formeraient un nombre de 320 pièces, indépendamment
de l’artillerie des régiments. Ayant
pris des mesures pour avoir promptement des pontons à Danzig, mon intention
est qu’il n’y ait aucun équipage de pont à ce corps d’armée.
Soumettez‑moi le plan de cette formation en détail, en désignant les
compagnies d’artillerie, de sapeurs, de pontonniers et celles du train et
des équipages militaires. Comme j’ai porté à 6 compagnies les
bataillons des équipages militaires, il y aura une compagnie à chaque
division et deux au parc de réserve, de sorte qu’il y aura 64 caissons
de régiment pour porter le pain, à un par bataillon ; ce qui, joint à 40
caissons par division, fera 224 caissons. Je conçois qu’au mois d’avril
ce bataillon ne sera pas formé en entier, mais vous me ferez connaître ce
que je pourrai faire marcher à cette époque. Les
mouvements de l’armée d’Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est
le grand dépôt. Ces
ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes
dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m’apporterez
vous‑même la formation de l’armée en ses différentes parties,
avec la désignation des officiers, pour que je l’approuve, et vous
l’enverrez ensuite au prince d’Eckmühl, comme définitivement arrêtée. Je
n’ai pas besoin de dire que dans les six compagnies d’artillerie qui
seront envoyées au parc je ne comprends pas celles des places de l’Oder
et de Danzig. Ce qui est relatif à ces places sera l’objet d’un autre
travail, dont je m’occuperai aussitôt que je pourrai le faire. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1258.
‑ ORDRES CONCERNANT LES REMONTES ET LES EFFECTIFS
DES CORPS DE CAVALERIE STATIONNÉS EN
ALLEMAGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
15 février 1811. Monsieur
le Duc de Feltre, le 13è de cuirassiers a 300 hommes à son dépôt ; mon
intention est que sur ce nombre il soit fait choix de tous les hommes en état
de servir, qui seront distribués de la manière suivante : 70 seront envoyés
au 2è de cuirassiers, 30 au 3è, 100 au 12è, et 10 au 9è ; total, 210.
C’est‑à‑dire que ces 210 hommes seront envoyés aux quatre régiments
qui sont en Allemagne. Par ce moyen, le 13è régiment de cuirassiers, au
lieu de 1,300 hommes, n’aura plus que 1,100 hommes à l’effectif ; ce
qui est suffisant. Comme
les quatre régiments de cuirassiers qui sont en Allemagne doivent être
portés à 1,100 hommes, cela soulagera d’autant la conscription. Il
faudrait donner ordre que tous les hommes, disponibles qui se trouvent aux dépôts
des quatre régiments de cuirassiers, des quatre de chasseurs et des deux de
hussards qui sont en Allemagne, se rendissent aux escadrons de guerre. Il
faudrait y envoyer également toutes les selles disponibles, afin de pouvoir
faire monter sans retard les 1,200 chevaux de cuirassiers et les 1,600
chevaux de chasseurs et de hussards, qui vont être levés sur les lieux. Il
faudrait prescrire aux généraux de cavalerie de bien veiller aux
remontes, et de n’accepter que des chevaux de 5 à 8 ans, qui soient en
bon état. Cinq régiments de dragons sont à l’armée d’Italie ; ils
ont avec eux leurs dépôts ; ils doivent cette année recevoir 900 chevaux.
Il y a en outre, dans le royaume d’Italie ou de Naples, six régiments
de chasseurs ou de hussards qui doivent aussi recevoir une grande quantité
de chevaux. Les
chevaux arrivant très‑difficilement en Italie, j’ai décidé que
les cinq régiments de dragons et les six régiments de hussards et de
chasseurs qui sont à l’armée d’Italie ne garderaient en Italie que
trois escadrons, c’est‑à‑dire 600 chevaux, et que les 4es
escadrons, avec tous les hommes à pied, se rendront en France. Vous désignerez
les places où ils doivent établir leurs dépôts ; et les chevaux de
remonte, ainsi que les hommes de recrue, au lieu d’aller en Italie, seront
dirigés sur ces dépôts. La 6è division militaire me paraît celle
qu’il est le plus convenable de choisir pour placer ces onze dépôts. Il
faudrait décider quelle est la partie des ouvriers et du dépôt qui doit
rester avec les escadrons de guerre. Faites‑moi
un rapport et présentez‑moi un projet de décret là‑dessus.
Concertez‑vous pour cela avec le ministre de l’administration de la
guerre. Il peut y avoir de l’avantage à avoir des dépôts d’infanterie
en Italie, mais il me semble qu’il n’y en a pas pour les dépôts de
cavalerie. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1259.
- ORDRES POUR LA RÉUNION DE
FUSILS A WESEL ET A MAYENCE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Paris,
18 février 1811. Je
vois que les 65,000 fusils qui sont en France sont nécessaires aux gardes
nationales et trop éloignés des frontières de l’est. Ce serait d’un
mauvais effet de les faire venir ; d’ailleurs il faudrait les remplacer
par des fusils d’un autre calibre, ce qui ne serait d’aucun avantage. Je
préfère donc faire un achat de 54,000 fusils à Vienne. Reste à savoir
comment il faudrait faire pour couvrir cet achat, de manière qu’il ait
l’air d’être fait par la Saxe et que nous n’y soyons pour rien. En
attendant, je désire que vous fassiez réunir à Wesel les 21,000 fusils
qui sont en Hollande, les 6,000 qui sont à Maëstricht, et 7,000 qui sont
à Anvers, ce qui fera 34,000 fusils ; que vous les teniez à la citadelle
de Wesel emballés et prêts à partir au premier ordre ; que vous fassiez réunir
à Mayence les 4,500 qui s'y trouvent, les 4,600 qui sont à Metz, les 3,000
qui sont à Mézières, les 9,000 qui sont à Lille, les 1,300 qui sont à
Douai et les 19,000 qui sont à Strasbourg ; qu’ils soient placés dans la
citadelle de Strasbourg, en bon état, emballés et prêts à partir. Il me
paraît convenable que vous les fassiez arranger et emballer à Mézières
et à Lille, et qu’ils se rendent à Mayence tout emballés. Ainsi
j’aurai ces 76,000 fusils, moitié à Wesel et moitié à Mayence. Mettez‑y
la moitié des mousquetons que vous m’avez proposés dans votre dernier
rapport. Ordonnez que cette opération se fasse avec le plus de mystère
possible, de sorte qu’aux premiers jours de mai, si j’avais besoin
d’avoir ces 76,000 armes, elles pussent partir vingt‑quatre heures
après que je l’aurais ordonné. Je n’ai pas besoin de dire qu’il faut
qu’elles soient en bon état et prêtes à servir. Il sera nécessaire de
joindre une certaine quantité de formes de balle de 22 ; je pense qu’il
faudrait en envoyer pour 5,000 fusils et les faire entrer dans les caisses. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1260.
‑ INSTRUCTIONS POUR RENFORCER STETTIN ET
DANZIG. AU
MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE D’ECKMUHL, COMMANDANT L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A
HAMBOURG. Paris,
3 mars 1811. Mon Cousin, vous
trouverez ci‑joint copie de la lettre que j’écris au ministre de la
guerre et de celle que j’écris au roi de Saxe. Ces lettres sont secrètes
et ne sont que pour vous. Vous y verrez que je veux avoir 9,000 hommes à
Danzig. Envoyez
à Stettin un très‑beau régiment de la division Friant et un général
de brigade français qui servira à surveiller Liebert et à savoir ce qui
se fait. Vous pourrez même y envoyer la compagnie d’artillerie légère
de la division Friant, avec ses pièces. Je vous préviens que je ne veux
pas que ce soit le IIIè, mais un de vos beaux régiments.
Les compagnies de pontonniers, d’ouvriers, de mineurs, de sapeurs
et d’artillerie destinées pour Danzig doivent être réunies à
Magdebourg, et doivent passer en conséquence d’un seul et même avis que
vous en donnerez à mon ministre à Berlin. Vous pouvez cependant diviser
cette colonne en trois parties pour soulager le pays. Il faut qu’ils
aient fait une marche avant qu’on le sache à Berlin. Cette colonne étant
arrivée à Stettin, le bataillon polonais
du 10è régiment, les quatre compagnies d’artillerie française,
la compagnie de pontonniers, la compagnie de sapeurs français, la
compagnie de mineurs et les ouvriers, s’il y en a, les Saxons, si ceux qui
sont à Stettin appartiennent au régiment qui est à Danzig, toutes ces
troupes, qui feront une force de 2 à 300 hommes, marcheront ensemble, en
ne faisant
pas de marches ridicules, mais en faisant de bonnes marches, et arriveront
à Danzig, en même temps le prince Poniatowski fera arriver à Danzig tout
ce qui appartient aux 10è et 11è régiments et les deux compagnies
d’artillerie. Ainsi tous mes mouvements seront faits ; Danzig, Küstrin,
Stettin et Glogau seront en état. Je désire que vous n’envoyiez aucun
courrier extraordinaire en Pologne ni en Saxe, afin que tout cela se fasse
sans le
moindre mouvement. Les compagnies d’artillerie que vous avez à
compléter pour Danzig, vous devez les faire aller sur Magdebourg, comme
pour y tenir garnison. Quand le mouvement sera démasqué et que ces troupes
seront à 4 ou 5 journées de marche, il n’y aura pas de mal à faire
parler la Gazette de Hambourg du mouvement qui aura eu lieu, mais seulement
comme des troupes en marche pour en relever d’autres et renforcer Danzig,
menacé par les Anglais. NAPOLÉON. P.
S. Aussitôt que mes
troupes seront arrivées à Stettin, vous écrirez au général Rapp pour
qu’on ne tienne pas de propos contre la Russie, et pour qu’il soit au
contraire amical ; que vous lui envoyez des renforts pour
mettre son immense place
à l’abri de tout événement du côté de l’Angleterre. N’envoyez
aucun courrier en Pologne et écrivez‑y le moins possible. Ayez le
meilleur langage pour la Russie : on se plaint qu’il y a des lettres et
des paroles de vous qui sont pour la guerre. Tout ce qu’on dit aux
Polonais, ils le répètent et le publient de toutes les manières. D’après
l’original comm. par Mme la maréchale princesse d’Eckmühl.
|
||||||||||||||||||
|
|
Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin |
||||||||||||||||||