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Stratégique

Histoire Militaire et Stratégie
Correspondance de Napoléon
RIHM
 

 

Correspondance militaire
de Napoléon Ier

Extraite de la correspondance générale et publiée

Par ordre du ministère de la guerre

Tome septième

Paris - 1876

 

1291. ‑ PLAN D’ORGANISATION DU CORPS D’OBSERVATION D’ITALIE.

AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,

MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 20 avril 1811.

Monsieur le Duc de Feltre, je vous envoie le plan d’organisation du corps d’observation d’Italie. Ré­digez cette organisation convenablement. Mon in­tention est de ne rien envoyer de France. La 1re division sera fournie par l’Illyrie, la 2è et la 3è par les régiments français qui sont en Italie, et la 4è par l’armée italienne. Le 2è régiment d’artil­lerie à pied qui est en Italie, le régiment d’artillerie à cheval qui est en Italie, les pontonniers, les ouvriers, etc., qui sont en Italie, ceux qui sont en Illyrie, fourniront à tout ce corps. Il faut compléter le 84è et le 92è, en me proposant d’envoyer des hommes de tous les dépôts qui sont dans les 27è et 28è divisions militaires. L’artillerie fera partie de l’artillerie générale du parc de l’armée. Les pontonniers qui sont nécessaires pour le parc général de l’armée marcheront avec ce corps. Mon intention est de le diriger en cas d’événement par Inspruck sur Dresde, pour se réunir avec le corps d’observation du Rhin, qui, par Wesel et Mayence, se dirigerait sur Magdebourg. Je suppose que je n’ai rien oublié. Vous me ferez connaître après cela ce qui restera en Italie aux régiments.

CORPS D’OBSERVATION DE L’ITALIE.

1re DIVISION. ‑ Cette division sera composée de deux bataillons du 8è d’infanterie légère, deux bata­illons croates, trois bataillons du 84è, trois bataillons du 92è.

Le général Delzons commandera cette division. Il aura sous ses ordres les généraux de brigade Huard et.... (à choisir parmi ceux qui sont en Illyrie), deux commissaires des guerres et adjoints, un officier supérieur d’artillerie, deux officiers du génie, un inspecteur aux revues, un adjudant com­mandant (le prendre en Illyrie), et plusieurs officiers d’état‑major pris dans le grand nombre d’officiers employés à l’état‑major ou comme commandants de place ou à d’autres titres, en Illyrie.

On prendra du 2è régiment d’artillerie à pied, en Illyrie, deux compagnies d’artillerie, avec deux batteries, chacune composée de deux obusiers et de six pièces de 6, ce qui fera seize pièces de canon.

Il prendra également : un détachement d’ouvriers, une compagnie de sapeurs et un détachement du train qui sont en Illyrie ; enfin tout ce qui est néces­saire pour bien former sa division, il le prendra en Illyrie.

Les deux bataillons du 8è d’infanterie légère auront leur compagnie d’artillerie avec leurs caissons.

Les deux bataillons croates auront également leur artillerie ; les attelages et le matériel du 18è d’infanterie légère leur seront cédés pour éviter tous délais ; il suffira donc de créer la compagnie de canonniers croates.

Tout ce qui est relatif à l’état‑major de cette di­vision, aux deux bataillons du 8è, et aux deux ba­taillons croates, sera réuni à Laybach.

Ces deux bataillons croates seront levés. On leur fera connaître que c’est pour aller sur l’Elbe. On les composera de la manière qui pourra être la plus avantageuse.

Les trois bataillons du 84è et du 92è auront cha­cun leur compagnie d’artillerie et leurs chevaux. S’ils avaient licencié les chevaux, ils devraient en acheter sur‑le‑champ en Italie, et partir le 1er mai pour se rendre à Trente sous les ordres du général de brigade Huard, qui enverra les états de situation au général Delzons.

Cette division aura deux compagnies d’artillerie à pied, seize bouches à feu de ligne, huit pièces régimentaires ; total, vingt‑quatre pièces de canon. Elle aura en outre, comme il a été dit plus haut, une compagnie de sapeurs avec ses outils attelés, le tout fourni par l’Illyrie.

Le 92è et le 84è n’ont pas de quoi compléter leurs trois bataillons à 2,500 hommes. Je n’ai pas l’inten­tion d’employer les conscrits de cette année ; ces jeunes gens me feraient de mauvais soldats et péri­raient sur les routes d’Allemagne. Mon intention est donc que ces six bataillons soient complétés moyennant une incorporation de 1,200 hommes tirés de tous les dépôts qui sont dans les 27è et 28è divisions militaires. Le ministre de la guerre me présentera à ce sujet un travail et un projet de décret. Par ce moyen, ces bataillons seront portés à leur grand complet, et formeront, y compris l’artillerie et les sapeurs, une division de plus de 9,000 hommes.

Il sera tiré des provinces illyriennes : 1° une com­pagnie d’infirmiers qui s’y trouve ; 2° une brigade de maçons constructeurs de fours ; 3° des brigades de quarante boulangers.

2è DIVISION. ‑ La 2è division se réunira à Vérone ; elle sera commandée par le général Broussier.

Elle sera composée de quatre brigades. Les quatre généraux de brigade seront les généraux Almeiras, Roussel, Mallet et Digonnet ; l’adjudant comman­dant Blanquet sera chef de l’état‑major ; deux ad­joints d’état‑major, un commissaire des guerres, un chef de bataillon d’artillerie, un officier du génie, un sous‑inspecteur aux revues seront fournis par l’armée d’Italie.

La 1re brigade sera composée de deux régiments d’élite tirés du 9è régiment et du 13è de ligne ; la 2è, de deux régiments d’élite tirés du 29è et du 112è régiment ; la 3è, de deux régiments d’élite tirés du 52è et du 53è de ligne ; et la 4è brigade, de deux ré­giments d’élite tirés du 35è et du 106è.

Chaque régiment d’élite sera composé de deux bataillons d’élite : le 1er bataillon sera formé de quatre compagnies de grenadiers et le second de quatre compagnies de voltigeurs.

Les compagnies seront complétées à 150 hommes ; ce qui portera chaque bataillon à 600 hommes, le régiment à 1,200 hommes, la brigade à 2,400 hommes et la division à 9,600 hommes.

Le régiment d’élite du 9è sera commandé par un colonel, celui du 13è par un major, celui du 29è par un major, celui du 112è par un colonel, celui du 52è par un major, celui du 53è par un colonel, celui du 35è par un major, celui du 106è par un colonel.

Les huit compagnies de canonniers de ces régi­ments marcheront avec les régiments d’élite, et, comme de raison, n’emmèneront avec elles que deux caissons de cartouches et deux caissons de transport ; elles mènent deux pièces, ce qui fera seize pièces de régiment. Il y aura, en outre, une bat­terie de ligne tirée de l’artillerie que j’ai en Italie et composée de deux divisions d’artillerie : savoir, une d’artillerie à cheval, composée de deux obu­siers et de quatre pièces de canon, et une d’artille­rie à pied, composée de deux obusiers et de six pièces de canon. Total de l’artillerie de la division, trente pièces de canon.

Une compagnie de sapeurs avec son caisson d’outils attelé sera également attachée à cette divi­sion.

Les deux régiments d’élite seront fournis sans délai et complétés de vieux soldats. Pour comman­der les deux bataillons du régiment d’élite, le colonel désignera les deux meilleurs des quatre chefs de bataillon du régiment.

Les bataillons d’élite du 29è et du 112è se réuni­ront sans délai à Florence, seront prêts à partir le 1er mai et se dirigeront sur Vérone.

3è DIVISION. - La 3è division se réunira à Man­toue : elle sera composée de trois bataillons du 1er de ligne, deux bataillons du 62è, trois bataillons ou 101è, deux bataillons espagnols.

Cette division sera commandée par le général Partouneaux ; elle sera composée de trois brigades. Les généraux de brigade seront les généraux Pastol, Poujet, Dufour et Heyligers. L’adjudant comman­dant Mariotti sera chef d’état‑major.

Le 4è bataillon du 1er régiment de ligne, le 3è du 62è et le 4è du 101è de ligne, qui sont en France, iront rejoindre leurs régiments par un autre che­min ; de sorte que cette 3è division, qui d’abord ne sera forte que de dix bataillons, y compris les Espa­gnols, le sera de treize après l’arrivée de ces renforts.

Le ministre de la guerre me fera connaître où sont les trois bataillons qui devront rejoindre, quand ils pourront marcher et par où on devra les diriger pour les réunir.

On aura soin de placer les Espagnols hors de Mantoue en les cantonnant à Villafranca, Borghetto, Roverbella, etc. En conséquence, le ministre de la guerre détournera la marche des 1er, 62è, et 101è régiments, qui viennent de Rome, et, au lieu de les laisser continuer leur route sur Plaisance, les dirigera de Bologne sur Mantoue.

Cette division aura une batterie à cheval de six pièces et une à pied de huit pièces ; ce qui, joint aux six pièces de régiment, fera vingt pièces de canon.

Les commissaires des guerres, l’artillerie, les officiers du génie, les sapeurs, les attelages de pièces, tout sera fourni par ce qui est en Italie.

4è DIVISION. ‑ La 4è division sera composée de régiments italiens ; le général Fontanelli la com­mandera. L’artillerie, le génie, le train, les trans­ports, les attelages seront également fournis par l’armée italienne.

Cette division aura six officiers du génie italiens, une batterie d’artillerie à cheval de six pièces et une à pied de huit pièces ; total, quatorze pièces de ligne. Chaque régiment d’élite aura deux pièces de canon, et, comme il y a cinq régiments d’élite, cela fera dix pièces régimentaires. Total de l’artillerie, vingt‑quatre pièces.

La 4è division aura, en outre, deux compagnies de sapeurs, deux compagnies de pontonniers, deux compagnies de transports italiens.

Cette division se formera à Brescia et sera orga­nisée en trois brigades.

GARDE ROYALE. ‑ La garde royale formera une division commandée par le général de division Pino ; elle se composera de deux bataillons d’élite, de deux d’infanterie légère et de deux bataillons de conscrits de la garde.

Total, 6,000 hommes environ et 600 che­vaux.

L’artillerie de cette division se composera d’une batterie d’artillerie à cheval, de douze pièces et d’une réserve de douze pièces de 12, servies par l’artillerie à pied italienne.

La garde se tiendra à Milan prête à partir. Chaque bataillon de la garde aura un caisson d’in­fanterie et un pour le transport des vivres, ce qui fera 12 caissons, et en outre 3 caissons pour porter les objets divers ; en tout 15 caissons.

  CAVALERIE. ‑ Le général Grouchy commandera la cavalerie de ce corps d’armée.

CAVALERIE LÉGÈRE. ‑ La cavalerie légère for­mera une division composée de quatre brigades.

La 1re brigade, commandée par le général Gau­thrin, aura le 6è de hussards et le 8è de chasseurs. La 2è brigade, commandée par le général Gérard, aura le 6è et le 25è de chasseurs. La 3è brigade, commandée par le général Thiry, aura le 4è et le 9è de chasseurs. La 4è brigade, commandée par un général italien, sera composée de deux régiments de chasseurs italiens.

RÉSERVE DE DRAGONS. ‑ Trois régiments de dra­gons français et un régiment de dragons italiens formeront une réserve de cavalerie.

Deux batteries d’artillerie à cheval seront atta­chées à cette division.

Les dépôts de ces régiments de cavalerie, qui sont dans la 6è division militaire, aussitôt qu’ils auront reçu leurs conscrits et leurs remontes, formeront un régiment de marche qui viendra ren­forcer les escadrons de guerre.

ARTILLERIE. ‑ Le général d’Anthouard comman­dera l’artillerie du corps d’armée ; cette artillerie sera composée ainsi qu’il suit :

 

Artillerie de régiment

Artillerie de ligne

Artillerie à cheval

1re Division

8

8

6

2è Division

16

8

6

3è Division

6

8

6

4è Division

10

8

6

Garde Royale

 

12

6

Dragons

 

 

12

Réserve

 

16

 

Totaux

40

60

42

Total général

 

142 pièces de canon

 

La réserve sera composée de deux obusiers et six pièces de 12 italiens et de deux obusiers et six pièces de 12 français.

Indépendamment de ce, le ministre de la guerre me fera un détail du double approvisionnement nécessaire ; cela doit entrer dans la composition du parc de l’armée d’Allemagne. L’Italie fournira tout ce qu’elle pourra fournir ; ce qui sera l’objet d’un travail particulier.

ÉQUIPAGES MILITAIRES. ‑ Le 9è bataillon d’équi­pages militaires, qui est à Plaisance, doit faire par­tir au 1er mai pour Vérone une première compagnie ; il en fera ensuite partir une seconde, et toutes les fois qu’il aura ainsi une compagnie prête, il la mettra en marche pour Vérone.

ÉTAT‑MAJOR GÉNÉRAL ET DISPOSITIONS DIVERSES. - Le vice‑roi commandera.

Le général Porson sera chef d’état‑major et se rendra à Vérone ; quatre adjudants commandants lui seront attachés, ainsi que les officiers d’état-­major nécessaires.

Le général Franceschi sera attaché à l’état‑major pour servir dans le besoin.

Un général pour commander le génie sera pro­posé.

On proposera également un directeur du parc pour l’artillerie.

L’ordonnateur Joubert sera l’ordonnateur en chef.

Le ministre de l’administration de la guerre pré­sentera tout ce qui est nécessaire pour l’organisation administrative, de ce corps d’armée : médecins, chi­rurgiens, boulangers, administrateurs, etc.

Le royaume d’Italie formera une compagnie d’in­firmiers italiens et une brigade de maçons construc­teurs de fours, et une brigade de 160 boulangers italiens, de sorte que ce corps aura 200 boulangers, y compris les 40 tirés d’Illyrie.

Le corps d’armée doit se réunir sur l’Adige, l’Oglio et le Mincio.

D’après la copie. Dépôt de la guerre.

 

1292. ‑ INTENTIONS DE L’EMPEREUR SUR L’EFFECTIF QUE DOIT AVOIR LA GARDE A PIED.

AU GÉNÉRAL DUROC, DUC DE FRIOUL, GRAND MARÉCHAL DU PALAIS, A PARIS.

Saint‑Cloud, 24 avril 1811.

Je vous envoie la copie d’un décret sur le recru­tement extraordinaire de la Garde. Vous verrez que tous les bataillons d’infanterie légère et de ligne fournissent chacun deux hommes, savoir : un homme pour les chasseurs et un pour les grenadiers. Je ne comprends pas les 5es bataillons. Cela produira en­viron 500 hommes pour chaque arme de chasseurs et grenadiers ; 200 hommes leur seront fournis par les fusiliers, ce qui fera 700 hommes, qui porteront à 2,400 hommes les deux régiments des grenadiers et des chasseurs.

J’ai ordonné que les quatre régiments de tirail­leurs fourniraient 300 hommes pour les fusiliers, et les quatre régiments de voltigeurs autant. Les régiments de fusiliers, au lieu de perdre, gagneront 100 hommes.

Quant au 2è régiment de grenadiers, il suffit de le tenir au complet ; les 80 hommes qui lui manquent lui seront fournis par les quatre régiments hollan­dais, à raison de 20 hommes chacun.

Par ce moyen, la Vieille Garde, au lieu de 4,800 hommes, aura plus de 6,000 hommes.

Je vois, par l’état de situation de la Garde au 15 avril, que les fusiliers‑chasseurs avaient en Espagne 1,600 hommes ; ce qui fait plus de 200 hommes par compagnie. Ils doivent fournir 200 hommes ; il leur en restera 1,400 ; ils recevront 300 hommes ; ils seront donc au delà du complet.

Les fusiliers‑grenadiers ont 1,500 hommes en Espagne. Les quatre régiments de voltigeurs ont 5,500 hommes ; ils fourniront 300 hommes ; il leur restera plus de 5,000 hommes, ou 160 hommes par compagnie.

Même observation pour les tirailleurs 

J’ai à Paris 300 fusiliers ou voltigeurs et 300 fu­siliers ou tirailleurs ; ce qui peut faire un bataillon de 600 hommes. Ils reçoivent 2,000 conscrits, ce qui fera 2,600 hommes. Je compte donner ces 2,600 hommes aux cadres des 1ers régiments de voltigeurs et de tirailleurs qui viennent d’Espagne ; ce qui fera un beau régiment et permettra à la Garde de faire marcher 8,000 hommes d’infanterie. Les trois bataillons de sergents et de caporaux sont de 2,400 hommes. Je pourrai donc disposer de 10,000 hommes d’infanterie de la Garde pour aller à l’ennemi. Il faudra tenir la main à ce que les trois bataillons soient complétés par la partie de la Garde qui est en Espagne.

  Voilà pour le moment présent. Mais, si la Garde ne part qu’en juillet, je la composerai ainsi, savoir :     1er régiment de grenadiers, 1,600 hommes ; 2è régiment de grenadiers, en me servant du cadre du 1er régiment de tirailleurs qui vient d’Espagne,            1,600 hommes ; 1er régiment de chasseurs, 1,600 hommes ; 2è régiment de chasseurs, en me ser­vant du cadre du 1er  régiment de voltigeurs,            1,600 hommes ; 2è régiment de grenadiers hollandais, 1,600 hommes ; deux bataillons de fusiliers­ sergents, 1,600 hommes ; deux bataillons de tirail­leurs et de voltigeurs‑caporaux, 1,600 hommes ; un 5è régiment de tirailleurs, 1,600 hommes ; un 5è régiment de voltigeurs, 1,600 hommes. Total, dix bataillon de la Vieille Garde et huit de la Jeune : dix-huit bataillons ou 15,000 hommes ; ce qui, avec 3,000 Italiens, me ferait 18,000 hommes, ou trois‑belles divisions de la Garde à pied.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1293. ‑ DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS SUR LA CONDUITE D’UNE TROUPE QUI N’EST PAS ALLÉE AU SECOURS D’UNE AUTRE.

AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE ,

MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Saint‑Cloud, 28 avril 1811.

Aussitôt que les nouveaux renforts seront arrivés en Catalogne, il faudra rouvrir les communications avec Barcelone et écrire au duc de Tarente de venir prendre le commandement de la haute Cata­logne, car il paraît que Baraguey d’Hilliers ne sait ce qu’il fait et a bien peu la confiance du soldat et de l’armée. On me rend compte que, dans l’attaque sur Figuières, un bataillon du 3è d’infanterie légère a été forcé et écrasé, tandis que deux bataillons et un régiment de cavalerie qui pouvaient aller à son secours n’en ont pas reçu l’ordre, quoique les soldats eux‑mêmes le demandassent à grands cris. Demandez un rapport à ce sujet au général Bara­guey d’Hilliers. Comment ne s’y est‑il pas lui‑même porté au premier bruit ?

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1294. ‑ NOTE SUR LA MISE EN ÉTAT DE DÉFENSE DE HAMBOURG.

…………avril 1811.[1]

         Cuxhaven offre l’avantage de pouvoir contenir les chantiers de construction, car il paraît qu’on          pourra construire des vaisseaux de guerre sur l’Elbe ; il aurait encore l’avantage de contenir la flottille ; enfin il aurait celui d’être le point de réu­nion et de rendez‑vous des Français qui sont dans les trois départements et qui s’y trouveraient à l’abri de toute incursion. Il y aura toujours à Ham­bourg, Brême et Lubeck, 8 à 10,000 Français, soit employés, soit gendarmerie, douanes ou dépôts ; ces hommes,         au lieu d’errer dans l’Allemagne, auraient là un point d’appui dans des circonstances où l’armée serait en avant. Cuxhaven aurait donc tous les avantages, excepté celui de donner un point sur l’Elbe.

Hambourg aurait tous ces avantages ; la flottille pourrait s’y retirer ; les vaisseaux de ligne, il est vrai, ne pourraient y arriver ; mais il est difficile, d’ici à quelques années, de se résoudre à faire des chantiers de construction dans une partie de l’Em­pire aussi éloignée et si peu affectionnée. Les ponts et chaussées paraissent avoir le projet d’y établir un Port. Il sera facile d’être maître de ce port et des îles qui couvrent l’Elbe vis‑à‑vis Hambourg. Dès lors, 8 à 10,000 hommes, qu’on suppose enfermés dans Hambourg, auraient non‑seulement la posses­sion de la ville, mais aussi celle de tout le littoral de l’Elbe. L’ennemi, pour attaquer cette place, sera obligé à une circonvallation immense. A tous ces avantages Hambourg joint celui d’être la capi­tale, la position centrale, et de se garder elle-­même.

Quelle garnison et quelle dépense faudrait‑il ­pour occuper cette place, et pour avoir deux ou trois points bien retranchés, en forme de citadelles, pour contenir les habitants ?

Dœmitz a l’avantage de donner un point sur l’Elbe, le plus près de l’Oder ; mais il s’éloigne beaucoup de Hambourg ; il ne contribue directement ni indirectement à la défense de cette ville ; les transports de Hambourg, Brème et Lubeck, sur ce point doivent être difficiles. Toutefois il est né­cessaire que le comité pèse les avantages et les inconvénients de ces localités, réunisse les mé­moires et les plans, et me mette le tout sous les yeux. Le seul point d’appui de tout le Nord est Magdebourg, et Magdebourg est beaucoup trop loin ; un point de refuge devient nécessaire. Dans cette ma­tière, ce qui arrête toujours, ce sont les garnisons ; il faut calculer que dans les trois départements il y aura toujours 1,500 douaniers, 1,000 hommes de la marine, 500 hommes de gendarmerie, ce qui forme déjà 3,000 hommes d’élite, indépendamment des gardes forestiers, des percepteurs des droits réunis, des divers percepteurs des impositions, des autres Français établis à Hambourg, des habitants qui seront vraiment affectionnés à la France, des Français même qui s’y établiront ; on peut compter tout cela pour près de 6,000 hommes.

Les dépôts de l’armée, qu’on suppose toujours en avant, seront un objet de 4 ou 5,000 hommes ; et enfin un corps d’observation, qu’il est impossible de ne pas laisser sur les côtes, formera toujours un corps de 5 à 6,000 hommes.

On voit donc qu’on pourra toujours réunir un corps de 14 à 15,000 hommes pour contenir et garder cette ville.

       Si l’armée, au contraire, n’est pas en avant, mais en Hollande, en France ou sur d’autres frontières, occupée d’une autre guerre, les fortifications de Hambourg seraient encore utiles ; car les Anglais débarqueraient seuls, ou de concert avec les Danois, une armée de 25,000 hommes pour s'en emparer.

Si donc la ville de Hambourg présentait des faci­lités pour son Occupation, il y aurait de fortes raisons pour en profiter.

Sa grande population est sans doute une objec­tion ; mais Gênes est aussi peuplée, Anvers, Stras­bourg, Lille, Mayence, Danzig, sont des villes tout aussi peuplées, et enfin, dans la situation des armées d’aujourd’hui, il faut de grandes villes pour servir de dépôts.

La population de Barcelone est plus forte ; et cependant qu’ont‑ils pu faire ? Malgré leur rage et leur passion, ils ont manqué de pain, et il n’y a jamais eu que 4,000 Français de garnison.

En coordonnant deux ou trois points forts où des mortiers puissent brûler la ville, en ayant une bonne citadelle où seraient placés tous les établis­sements d’artillerie, toutes les casernes, les muni­tions et les vivres, les dépôts, la grande population cesserait d’être un obstacle.

L’emplacement de cette citadelle devrait être entre Hambourg et l’Elbe, de manière à être maître de l’entrée du port et à s’étendre jusqu’à la rive gauche par des ouvrages extérieurs, de manière qu’en supposant Hambourg pris cet immense camp retranché pût faire une bonne résistance. Il est urgent d’avoir là une très‑bonne place.

Au premier aspect du plan de Hambourg, on voit que l’attaque est sur un espace de 1,400 toises ; c’est donc l’objet de deux ou trois beaux forts extérieurs.

Il faudrait présenter le projet d’une citadelle, placée immédiatement sur la rive droite de l’Elbe, qui se liât, s’il était possible, avec le château de Harbourg, de sorte que l’ennemi ne pût se placer entre la citadelle et la ville, et qu’on restât maître des îles ; et, comme ces îles peuvent être inondées, on peut les occuper par des forts qui feraient un système dont on tirerait le parti qu’on voudrait.

Le problème se réduirait à ce que l’ennemi ayant pris Hambourg n’eût encore rien. Alors l’ennemi serait obligé d’employer une armée de 30 ou 40,000 hommes contre 12 ou 15,000 hommes de toute espèce de troupes, qui l’arrêteraient extrê­mement longtemps.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1295.          ‑ OBSERVATIONS CONCERNANT DE MAUVAIS SUJETS DES BATAILLONS DE L’ILE D’ELBE.

AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,

MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Saint‑Cloud, 30 avril 1811.

Je vois par une lettre de la grande‑duchesse que deux capitaines du second bataillon étranger de l’île d’Elbe sont indiqués comme peu sûrs et mauvais sujets ; que dans les officiers du régiment ita­lien, deux sont désignés comme ivrognes et d’une conduite peu régulière.

On m’assure que dans les trois bataillons de la Méditerranée qui sont à l’île d’Elbe il y a deux ou trois hommes à ôter, pour mettre dans le bataillon colonial qui est en Corse ; il me semble qu’il faut les ôter sans délai et les envoyer au bataillon en Corse : il ne faut que quelques hommes par compa­gnie pour corrompre tout un régiment.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1296. ‑ ORDRES RELATIFS A LA COMPOSITION DE L’ARTILLERIE DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE.

AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,

MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Saint‑Cloud, 30 avril 1811.

Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre travail du 29 avril sur la composition de l’artillerie de l’ar­mée d’Allemagne. Les bases n’en sont pas bonnes. Il paraît qu’il y a eu erreur dans la copie de ma lettre. Je n’ai pas demandé de pièces de 8 ; j’ai demandé que les batteries fussent de huit pièces de canon. Toutes les divisions de cuirassiers et de dragons doivent avoir douze pièces d’artillerie à cheval, et non pas six. Ainsi le corps d’observation de l’Elbe doit être composé de deux batteries de 12, formées chacune de six pièces de 12 et de deux obusiers à grande portée ; de cinq batteries d’artillerie à cheval, formées chacune de deux obusiers de 5 pouces 6 lignes et de quatre pièces de 6 ; de cinq batteries d’artillerie à pied, composées chacune de deux obu­siers de 5 pouces 6 lignes et de six pièces de 6 ; ce qui fait cinquante pièces de 6, vingt obusiers de 5 pouces 6 lignes, douze pièces de 12 et quatre obu­siers à grande portée ; total, quatre‑vingt‑six bou­ches à feu ; plus deux batteries d’artillerie à cheval, composées de deux obusiers et de quatre pièces de 6, pour la division de cuirassiers qui est en Allemagne. Je préfère, pour la règle, que cela soit porté sur la réserve de cavalerie. Mais, comme, cela doit exister en Allemagne, il faut le porter au corps, en encre noire, pour totaliser, et à la réserve de cavalerie, en rouge. C’est donc quatre‑vingt‑dix‑huit bouches à feu qu’il faut au corps de l’Elbe.

Le corps d’observation du Rhin sera composé de deux batteries de réserve de huit pièces chacune, savoir : six pièces de 12 et deux obusiers à grande portée ; quatre batteries à cheval, chacune de deux obusiers et de quatre pièces de 6 ; et de quatre bat­teries d’artillerie à pied, chacune de deux obusiers et de six pièces de 6 ; ce qui fera douze pièces de 12, quarante pièces de 6, quatre obusiers à grande portée, et seize obusiers de 5 pouces 6 lignes ; total, soixante‑douze bouches à feu.

Le corps d’observation d’Italie sera comme vous l’avez présenté.

Les divisions de grosse cavalerie doivent avoir deux batteries d’artillerie à cheval, chacune de deux obusiers et de quatre pièces de 6.

Quant à l’artillerie de la Garde, elle sera orga­nisée de la manière suivante : deux batteries à che­val, chacune de deux obusiers et quatre pièces de 6 ; deux batteries à pied, chacune de deux obusiers à grande portée et de 6 pièces de 12 ; enfin quatre batteries à pied, chacune de deux obusiers et de quatre pièces de 6 ; ce qui fera pour le service de la Garde seize obusiers, douze pièces de 12 et trente-­deux pièces de 6 ; total, soixante bouches à feu.

Les deux batteries d’artillerie à cheval qui sont en Espagne, les trois compagnies de régiment qui sont également en Espagne ne comptent point dans ce nombre de pièces.

Il sera joint à la Garde quatre batteries d’artillerie à cheval servies par la ligne, chacune de deux obu­siers et de quatre pièces de 6 ; deux batteries à pied, chacune de deux obusiers et de six pièces de 12 ; enfin quatre batteries à pied, chacune de deux obu­siers et de six pièces de 6 ; ce qui fera soixante-­douze pièces d’artillerie. Ainsi la réserve de l’armée, jointe aux soixante pièces de la Garde, sera de cent trente‑deux bouches à feu. Les compagnies du train de la Garde qui sont en Espagne y resteront. Les deux bataillons devront suffire autant que pos­sible à tout service. A cet effet, les compagnies du train de la Garde seront portées au même complet que la ligne, et, si cependant cela ne suffit pas, on y suppléera par le train de la ligne.

Ordonnez tous ces mouvements, sans prendre mes ordres, pour compléter l’artillerie du corps d’observation de l’Elbe comme je viens de le déter­miner. Mais vous ne devez faire aucun mouvement pour ce qui regarde le corps d’observation du Rhin que lorsque j’aurai approuvé ce mouvement et donné un nouvel ordre.

Je vous renvoie donc votre travail pour que vous le corrigiez.

Je ne conçois pas trop pourquoi vous ôtez du corps d’observation de l’Elbe deux compagnies du 5è régiment qui y sont, pour y mettre deux compa­gnies du 2è régiment. Il ne faut, en général, rien ôter au corps de l’Elbe pour donner aux autres corps, puisque ces corps ne se rencontreront peut-­être jamais. Ainsi il faut employer au corps de l’Elbe tout son matériel de l’artillerie, du génie, du train, n’avoir rien à lui envoyer que de nouveau et n’avoir lieu à lui retirer.

Je voudrais placer le 1er d’artillerie à cheval à la réserve d’artillerie de l’armée, devant marcher avec la Garde.

Il ne faudrait pas donner deux compagnies du 2è régiment d’artillerie à cheval pour l’escorte de l'artillerie ; il vaudrait mieux former un escadron de marche de 200 hommes de cavalerie légère ou de dragons.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1297. ‑ MISSION CONFIÉE AU CAPITAINE DE MONTMORENCY, OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR, DANS LES CHARENTES.

Saint‑Cloud, 30 avril 1811.

Monsieur le Comte de Montmorency, rendez‑vous à la Rochelle ; vous ferez le tour de la place ; vous compterez le nombre des pièces qui sont en batterie, vous noterez de quel calibre elles sont ; vous verrez les travaux qu’on y fait, la garnison qui s’y trouve.

De là vous passerez dans l’île de Ré, où vous séjournerez cinq ou six jours. Vous ferez le tour de l’île ; vous prendrez note des batteries, de leur armement, ainsi que des forts qui la défendent ; vous prendrez le nom des officiers qui y commandent, et me rendrez compte de tout ce qui peut m’intéresser. Vous verrez la garnison, le régiment de conscrits réfractaires. Vous vous informerez si les capitaines, lieutenants, sous‑lieutenants, sergents et caporaux sont arrivés ; combien il en manque ; combien il y a de bataillons de formés ; si l’habillement est arrivé, si les conscrits sont habillés ; si l’armement est arrivé et si les conscrits sont armés ; quand ils seront habillés et armés ; quelle volonté ils ont. Si cinq ou six jours ne vous suffisent pas, vous resterez plus longtemps pour vous mettre en état de me donner le plus de détails possible. Vous m’enverrez tous les jours un rapport de ce que vous aurez vu.

Vous reviendrez de l’île de Ré à la Rochelle, et de là vous suivrez le long de la côte jusqu’à l’em­bouchure de la Charente. Vous prendrez connais­sance du nombre et de la force des batteries, du nombre d’hommes employés à chacune d’elles, de la manière dont le service se fait, des travaux qu’on y fait ; vous noterez celles qui sont fermées à la gorge.

De la batterie de Fouras vous retournerez, par la rive droite de la Charente, jusqu’à Rochefort, de batterie en batterie, en faisant les mêmes observa­tions. Vous m’enverrez un premier rapport de Rochefort. Vous visiterez les remparts de cette place ; vous prendrez note de la quantité de pièces qui sont en batterie et de leur calibre, du nombre d’ouvriers qui travaillent à l’arsenal, de l’emplacement des cales et des lieux où sont les bâtiments en désar­mement. Vous m’enverrez l’état de situation des troupes.

De Rochefort vous vous rendrez à l’île d’Aix. Vous visiterez les travaux qu’on y fait, les batteries, leur armement et leur approvisionnement, les com­mandants, les troupes, enfin tout ce qui intéresse mon service. Vous y passerez une nuit entière. Vous irez voir ensuite les vaisseaux et frégates en rade. Vous reviendrez à Rochefort, d’où vous m’enverrez le rapport de votre visite à l’île d’Aix et sur l’es­cadre.

A Rochefort, vous descendrez la rive gauche de la Charente jusqu’à l’île Madame, et de là à l’embou­chure de la Gironde. Vous remonterez de la rive droite de la Gironde jusqu’à Blaye, et vous m’en­verrez le résultat de vos observations pendant cette tournée sur tout ce qu’il m’importe de connaître.

De Blaye vous pourrez aller passer deux jours à Bordeaux, après quoi vous reviendrez en droite ligne dans l’île de Ré ; vous y passerez deux jours pour revoir les progrès qu’a faits le régiment de l’île de Ré, et vous retournerez à Paris.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1298. ‑ PRESCRIPTIONS CONCERNANT LE TRAIN DES ÉQUIPAGES DES ARMÉES D’ALLEMAGNE ET D’ESPAGNE.

AU GÉNÉRAL LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE, A PARIS.

Saint‑Cloud, 2 mai 1811.

Monsieur le Comte de Cessac, les 12è, 2è et 9è bataillons du train des équipages militaires ne sont pas suffisants pour l’armée d’Allemagne ; deux autres bataillons sont nécessaires, et les cadres doivent être en marche pour Sampigny. Avec ces cinq bataillons le service de l’armée d’Allemagne sera assuré, puisque cela fera plus de 1,200 voitures ; ce qui, avec les caissons des régiments, sera le triple de ce que jamais en eut aucune grande armée.

Il faut donc penser à l’armée d’Espagne. Je désire que les cadres des autres bataillons que j’avais fait revenir restent à Bayonne et soient de là dirigés sur Pau et sur tout autre endroit convenable ; d’autres qui viennent de Catalogue soient                dirigés sur Toulouse ou Carcassonne, et que des mesures me soient proposées pour réunir dans ces dépôts les hommes isolés appartenant aux bataillons qui restent attachés au service des armées d’Espagne. Je désire également qu’on jette un nouveau coup d’œil sur les équipages militaires qui existent en Espagne, et qu’on réitère l’ordre de faire venir les hommes à pied , en faisant revenir de nouveaux cadres et en resserrant ceux qui restent, afin de compléter en hommes, en chevaux, en voitures, en harnais, tous les cadres qu’on aura pu réunir dans les 10è et 11è divisions militaires, et de pou­voir disposer, avant le mois d’août, de 3,000 che­vaux pour remonter les équipages de l’armée d’Es­pagne. Je suppose qu’il faudra réorganiser ces bataillons comme vient de l’être le 10è, c’est‑à‑dire leur donner deux compagnies avec des caissons, en prenant ceux qui se trouvent dans la 10è division militaire, et quatre compagnies avec des mulets de bât.

Pour avoir un travail complet, je désire que vous me remettiez un état de tous les bataillons du train, indiquant pour chacun où se trouvent les compagnies, le présent au 1er avril, les caissons et les chevaux qu’il a, le complet que j’ai ordonné et que vous proposez, les achats qui se font, ce qui reste à ordonner, et enfin le résultat qu’on aura dans le courant de l’été et ce qui se trouvera dispo­nible, soit pour l’armée d’Allemagne, soit pour l’armée d’Espagne. Enfin présentez‑moi des projets de décrets pour lever sur la réserve ce qui est nécessaire pour compléter les bataillons d’Espagne, et mettre à votre disposition les fonds nécessaires pour l’achat des mulets, chevaux, harnais, voitures et bâts de mulet. Faites ce travail avec soin et remettez-le-moi le plus tôt possible, afin qu’ayant le nécessaire pour l’Allemagne j’assure également le nécessaire pour l’Espagne.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

1299. - LES COLONELS DOIVENT CORRESPONDRE DIRECTEMENT AVEC LE MINISTRE DE LA GUERRE.

AU MARÉCHAL DAVOUT, PRINGE D’ECKMUHL, COMMANDANT L’ARMÉE D’Allemagne, A HAMBOURG.

Saint‑Cloud, 10 mai 1811.

Mon Cousin, vous avez ordonné que les Colonels remissent aux généraux de brigade les propositions pour l’avancement ; que ceux‑ci les remettraient aux généraux de division, et que vous les recevriez des généraux de division pour les envoyer au mi­nistre de la guerre. Cela est contraire au principe général établi en France de la communication directe des ministres de la guerre avec les chefs des corps. Cette communication existe depuis Louis XIV, et l’on ne s’en est jamais départi. Il est donc nécessaire que vous laissiez aux colonels la correspon­dance directe avec le ministre de la guerre, soit pour l’avancement, soit pour les notes, soit pour la comptabilité. Cela n’empêche pas qu’on ne doive faire dans votre armée aucun mouvement sans votre ordre. Mais la correspondance des colonels avec le ministre est fondamentale en France. Vous avez mal vu cela.

NAPOLÉON

D’après l’original comm. par Mme princesse d’Eckmühl.

 

1300. - REPROCHES AU MINISTRE DE LA GUERRE SUR L’INEXÉCUTION D’UN ORDRE.

AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,

MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Rambouillet, 16 mai 1811.

Je reçois votre rapport du 15 mai. Vous me répondez, pour vous justifier de ce que quinze gen­darmes restent sans armes dans l’île de Walcheren, que vous avez donné l’ordre. Il vaudrait mieux n’avoir pas donné d’ordre et que ces hommes fussent armés. Lorsque vous donnez des ordres, prenez des mesures pour qu’ils soient exécutés, et punissez ceux qui commettent une faute aussi grave. Pour­quoi renouveler un ordre ? Un ordre doit toujours être exécuté ; quand il ne l’est pas, il y a crime, et le coupable doit être puni. Les rênes d’un ministère de la guerre doivent être tenues d’une main plus ferme que cela.

Le chef de bataillon Balson n’est pas à Sud­-Beveland. Il faut faire une enquête là‑dessus et le traduire à une commission militaire si le fait est vrai, ne se fùt‑il absenté que vingt‑quatre heures.

J’approuve la nomination du capitaine Guettrel pour commandant d’armes à Nord‑Beveland.

Donnez‑moi l’état des services du général de brigade Charnotet, qui est à Flessingue. Il faut dans ce poste un homme capable et sûr.

Présentez‑moi un décret pour mettre un adjudant capitaine dans la place de Tholen, un à Schouwen et un dans l’île de Nord‑Beveland.

D’après la minute. Archives de l’Empire.



[1] Cette pièce ne porte pas de date de jour ; elle se trouve placée parmi les minutes de la correspondance de Napoléon 1er entre deux pièces du 28 avril.

 

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