| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome septième Paris - 1876
1311.
‑ MISSION SUR LES COTES DE LA MER DU NORD. AU
CAPITAINE ATTHALIN, OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR. Saint‑Cloud,
13 juin 1811. M.
le capitaine Atthalin partira sans délai pour se rendre à Boulogne, d’où
il enverra son premier rapport. Il
verra à Boulogne la situation des troupes qui s’y trouvent, l’état de
leur habillement, de leur armement, combien il y a de malades, comment
elles sont campées. Il
visitera les fortifications et me rendra compte de l’état où il les aura
trouvées, fort par fort. Il
visitera l’arsenal de la marine, la flottille. Il me fera connaître
combien il y a de bâtiments en embossage. Il entrera dans des détails sur
la situation de la flottille, si elle pourrait tenir la mer et ce qu’il
faudrait pour la mettre en état. De
là il ira à Calais, à Dunkerque et Ostende. Il séjournera un jour dans
chacun de ces ports. Il rendra compte de l’effet des écluses de chasse de
Dunkerque, d’Ostende, si elles ont beaucoup approfondi les passes, et
n’omettra rien de ce qui pourra m’intéresser. De
là il se rendra par Blankenberghe à l’Écluse, d’où il enverra une
note sur les travaux qu’on fait à cette place. Il
suivra la route nouvellement faite de l’Écluse à Breskens, où il
passera deux jours. Il verra le fort Impérial, le fort Napoléon, le fort
du Milieu. Il rédigera là un rapport, non‑seulement sur les
fortifications et l’artillerie, mais sur la situation des troupes, sur
les détails de toute espèce, sur les maladies, enfin sur tout ce qui peut
mériter mon attention. Il
ira à bord de l’escadre ; il prendra note des sorties. Il
passera ensuite à Flessingue. Il restera douze jours dans l’île de
Walcheren, et me fera un long rapport sur le campement du régiment de
conscrits réfractaires de Walcheren et des autres troupes qui se trouvent
dans cette île, sur l’esprit qui anime ces conscrits, sur les hôpitaux ;
il donnera ses idées sur le cas qu’on peut faire de ces jeunes gens. Il
parlera en détail dans ses rapports des travaux du génie, des travaux
maritimes, du bassin, de l’écluse, du magasin général et de tous les
autres travaux entrepris. Il instruira de tout ce qui partira de l’île et
y arrivera. Le
douzième jour il partira pour l’île de Schouwen. Il fera un rapport
pareil sur les troupes qui sont dans cette île, sur l’instruction et la
tournure des conscrits réfractaires. Il se fera rendre compte des
mouvements des flottilles qui sont aux ordres des commandants des îles, et
verra si tout se fait comme je l’ai ordonné. Il
ira visiter l’île de Goeree et la place de Willemstadt. Il fera sur ces
deux points les mêmes observations que dans les autres lieux qu’il aura
visités. Il
ira de là à Hellevoetsluis, à Brielle et au Helder. Il restera quatre
jours au Helder, qu’il visitera en détail. Il verra l’escadre
hollandaise. Il visitera les passes du Zuiderzee, les travaux qu’on fait
dans l’île du Texel. Il restera une dizaine de jours dans ces parages,
soit à bord de l’escadre de l’amiral Dewinter, soit au Helder, soit à
Medemblik, pour visiter les chantiers et reconnaître si les vaisseaux en
construction sont poussés avec activité. Il rendra compte de ce qu’il
aura observé sur les équipages, sur les garnisons, sur les officiers, les
travaux, et, là comme partout ailleurs, sur ce qui est susceptible de
m’intéresser. Il
verra les îles et les passes par où l’on peut s’introduire dans le
Zuiderzee. Après
avoir rempli sa mission de ce côté, il ira à Harlingen, et, en longeant
la côte, jusqu’à Groningen ; il parlera dans son rapport de l’état
des batteries de côte. Il
visitera la baie de Delft, l’embouchure de la Jahde, celle du Weser, à
Cuxhaven. M.
Atthalin écrira tous les jours, de toutes les postes, longuement et avec détail.
Il nommera les commandants des places et îles qu’il visitera, fera connaître
leur âge, leur capacité. Il fera mention des douanes, de ce qui concerne
la contrebande, etc. Le
terme de sa mission sera Hambourg. Il prendra connaissance du projet de
fortifications qu’on propose pour cette place et soumettra ses idées. Il
passera cinq ou six jours à Hambourg ; il enverra de là un rapport sur la
situation de l’armée, sur la cavalerie, l’infanterie, l’artillerie,
le train, les équipages militaires, et sur ce qu’il peut être important
que je connaisse. Il
ira visiter Lubeck et me rendra compte de tout ce qu’il y aura vu. Il
attendra à Hambourg de nouveaux ordres. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1312.
– MISSION DANS LES DÉPOTS DE NIORT, SAINTES, AUCH, PAU ET BAYONNE. AU
CAPITAINE D’HAUTPOUL, OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR, A PARIS. Saint-Cloud,
13 juin 1811. Monsieur l’Officier
d’ordonnance Hautpoul, vous partirez demain pour remplir la mission qui
est tracée dans l’instruction ci-jointe. NAPOLÉON. INSTRUCTION POUR LE CAPITAINE D’HAUTPOUL. Saint-Cloud,
13 juin 1811. M. l’officier
d’ordonnance d’Hautpoul se rendra à La Rochelle et de là à l’île
de Ré. Il visitera ces deux points. Ci-joint est la note des cadres envoyés
à l’île de Ré pour recevoir des conscrits réfractaires. M. le
capitaine d’Hautpoul enverra un rapport détaillé de la situation du régiment
de l’île de Ré, sur l’habillement et l’armement, sur l’espèce
d’hommes, sur l’esprit qui anime ce régiment, sur les officiers, sur le
nombre d’hommes fournis aux cadres des compagnies envoyées à l’île de
Ré, et sur la situation de ces compagnies. Il verra manœuvrer les troupes,
visitera l’hôpital et prendra note de tout ce qui peut m’intéresser. Il
rendra compte de l’état de l’armement de la place de la Rochelle, des
batteries de côtes et de l’armement de l’île de Ré. Après
avoir séjourné deux jours dans l’île de Ré, il passera à l’île
d’Aix, où il inspectera l’artillerie. Il ira voir la batterie d’Énette
et m’enverra un rapport détaillé de tout ce qu’il aura observé dans
cette inspection. Il
ira à bord de l’escadre en rade. Il verra si elle fait les manœuvres
convenables, si les conscrits s’exercent et dans quelle situation sont les
bataillons de marins qui montent les vaisseaux. De
l’île d’Aix il ira à l’île d’Oleron ; il visitera la
batterie des Samonards et rendra compte de l’état de défense de cette île. Il
se transportera au dépôt de Niort. Ci-joint est un résumé des ordres que
j’ai donnés concernant ce dépôt et ceux de Saintes, d’Auch et de Pau.
M. le capitaine d’Hautpoul vérifiera si ces ordres sont exécutés, et
fera un rapport sur la situation du dépôt de Niort, sur l’habillement,
l’armement, l’équipement, les remontes, sur l’esprit des soldats, sur
les officiers et sur l’époque où les différents corps seront en état
d’entrer en campagne. Il
fera les mêmes observations au dépôt de Saintes. Lorsque
sa mission sera terminée dans ces deux dépôts de cavalerie, il se rendra
à Auch, où il passera trois jours. Il enverra de là un rapport détaillé
sur la situation des bataillons du train d’artillerie, sur les chevaux,
harnais, et sur ce qu’on peut tirer de ce dépôt en état de faire la
guerre. De
là il ira à Pau, où il fera le même rapport sur les équipages
militaires. Enfin
il ira à Bayonne, il visitera l’artillerie en détail, les affûts, les
caissons, et verra comment on les répare. Il visitera les manutentions, les
magasins de vivres et de munitions, les baraques, les troupes qui y sont
campées. Il
ira voir le tracé de la tête de pont de la Bidassoa et le lieu où
l’on a le projet de placer la tour. Il
aura soin de mander tout ce qu’il apprendrait sur ce qui se passe en
Espagne. Après
avoir passé à Bayonne quinze jours, qu’il emploiera à tout voir et à
m’instruire de tout, M. d’Hautpoul reviendra par Pau et Auch, pour voir
les progrès qu’ont faits ces dépôts depuis son passage. Il
ira visiter le dépôt de Toulouse. Il
repassera par les dépôts de Saintes et de Niort, pour constater les progrès
de ces dépôts. M.
d’Hautpoul écrira tous les jours, longuement, et n’omettra rien de ce
qui peut mériter l’attention. D’après
l’original comm. par M. le général marquis d’Hautpoul. 1313.
‑ INSTRUCTIONS CONCERNANT LE MATÉRIEL ET LES APPROVISIONNEMENTS DE
L’ARMÉE D’ESPAGNE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
15 juin 1811. Je réponds à
votre rapport sur le matériel de l’artillerie. Je désire que vous me présentiez
de nouveaux états avec les changements suivants. Je
ne veux rien fournir de Bayonne que de la poudre. Je voudrais n’en tirer
aucune pièce, aucun affût et, s’il est possible, aucun caisson. Je
voudrais prendre de préférence, ou au moins sans distinction,
l’artillerie, les affûts et caissons espagnols, comme les français. Je
voudrais même faire rentrer successivement l’artillerie française en
France et n’employer plus en Espagne que de l’artillerie espagnole. Le
nombre des caissons que vous demandez me paraît trop fort d’un huitième
; un approvisionnement et demi me paraît suffisant ; or, vous portez
un approvisionnement et cinq huitièmes, c’est donc un huitième de
caissons à ôter partout. Les bases pour les caissons d’infanterie me
paraissent trop élevées. Je dis pour les caissons et non pour les
cartouches ; car l’armée peut être divisée en armée active et armée
stationnaire ; les postes et les garnisons qui se servent des cartouches
qui sont dans les places composent l’armée stationnaire. Je crois que vos
bases sont bonnes pour les cartouches. Il faut y porter les modifications
suivantes pour ce qui concerne les caissons. Pour
les caissons, l’armée d’Aragon ne doit être considérée que comme
ayant 25,000 baïonnettes ; l’armée de Portugal ne doit compter que pour
35,000 baïonnettes ; l’armée de réserve que pour 40,000. L’armée du
Nord, étant de la Garde, doit faire un système à part et ne sera pas
comprise ici. Cette manière de calculer fait une grande réduction dans le
nombre des caissons et des chevaux. Mais il est nécessaire d’avoir une
plus grande quantité de caissons d’infanterie à Bayonne et dans les dépôts,
pour pouvoir approvisionner dans le cas où l’on marcherait sur Lisbonne. Le
nombre de cartouches que vous exigez peut être diminué de trois millions
lorsqu’il y a de la poudre et des boulets dans les places, et l’on peut
ne confectionner ces trois millions que selon les besoins. Les
cent mille coups de canon me paraissent suffisants, vu qu’il y a de la
poudre et des boulets, et que d’ailleurs un grand approvisionnement doit
exister à Bayonne, soit pour les cas fortuits, soit pour l’expédition de
Lisbonne, qui exigerait alors tout autre calcul. On
peut aussi économiser en organisant différemment l’artillerie de
l’armée d’Aragon. On suppose qu’elle comprend quatre divisions, avec
douze pièces par division et deux divisions de réserve ; une pièce de 8,
un obusier et quatre pièces de 4 formeront une division d’artillerie. Le
commandant d’artillerie sera le maître d’organiser les divisions
paires avec deux pièces de 8 et quatre pièces de 4, et les divisions
impaires avec deux obusiers et deux pièces de 4 ; ce qui ferait pour huit
divisions huit pièces de 8, huit obusiers et trente‑deux pièces de
4. Les deux divisions de la réserve seraient composées chacune de trois pièces
de 12, de deux obusiers et d’une pièce de 4 ; ce qui ferait pour l’armée
d’Aragon six pièces de 12, douze obusiers et trente-quatre pièces de
4. Pour
l’armée de Portugal, il y a quatre ou six pièces de régiment ; elles
devraient compter. Les divisions devraient être formées de même. Cette
armée ayant six divisions, cela ferait douze obusiers, douze pièces de 8
et quarante‑huit pièces de 4 ; deux divisions de réserve seraient
composées chacune de quatre pièces de 12, de deux obusiers ; ce qui ferait
huit pièces de 12, douze pièces de 8, seize obusiers et
quarante‑huit pièces de 4. Le
corps d’observation de réserve, formé à quatre divisions, aurait son
matériel organisé de la même manière que celui d’Aragon, hormis que
les deux divisions de réserve auraient chacune quatre pièces de 12 et deux
obusiers. Je désirerais que les quatre obusiers de la réserve fussent des
obusiers prussiens ou des licornes, qui portent plus loin. Ainsi l’armée
de Portugal et celle de réserve venant à agir sur Lisbonne auraient seize
pièces de 12 et un grand nombre d’obusiers. L’armée d’Aragon
agissant sur Valence aurait aussi besoin de six pièces de 12. En général,
les pièces de 12 sont très‑nécessaires en Espagne, puisqu’on
s’y défend dans des bicoques, et, par exemple, Abrantès aurait été
pris si l’armée de Portugal avait eu des pièces de 12 et des obusiers. C’est
sur ces données que vous devez m’organiser les équipages. L’artillerie
de l’armée de Portugal doit, ce me semble, être organisée avec
l’artillerie qu’elle a et ce qui est à Madrid. Ainsi
je suppose que j’économiserai des chevaux et des caissons par cette
nouvelle organisation. Mais ces chevaux et ces caissons, je veux les
retrouver pour former un grand parc, sous le titre de parc général, qui
partira de Bayonne pour approvisionner l’armée de Portugal si elle
prenait l’offensive. Dans ce parc général, il faudra faire entrer les
agrès nécessaires pour un équipage de pont sur le Tage, les outils de
mineurs, etc. ; mais, comme ces opérations ne se décideront qu’autant
qu’on sera parfaitement tranquille sur le Nord, on pourra employer un,
deux ou trois des bataillons du train destinés aujourd’hui pour le Nord,
sauf à les remplacer par les quinze cadres qui sont à Metz et à
Mayence, et que vous compléteriez pendant l’hiver. Ainsi les attelages
seraient trouvés pour le parc général, qui devrait contenir un
approvisionnement complet en cartouches d’infanterie et de canon pour les
équipages de l’armée de Portugal et surtout pour les obus et les pièces
de 12. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1314.
‑ INSTRUCTIONS RELATIVES AU CORPS D’ORSERVATION DE LA RÉSERVE, AU
CAMP DE BAYONNE, ET AUX RÉGIMENTS DE MARCHE D’ESPAGNE ET DE PORTUGAL. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
18 juin 1811. Monsieur le Duc
de Feltre, je reçois votre rapport du 15 sur les différents corps
d’observation. Je réponds d’abord à ce qui concerne le corps d’observation
de la réserve. CORPS
D’OBSERVATION DE LA RÉSERVE. 1re
Division. ‑ Donnez ordre qu’au 1er juillet le 4è
bataillon du 81è, complété à 700 hommes bien armés et bien équipés,
soit dirigé sur Lyon, où il s’embarquera sur le Rhône, débarquera à
Pont- Saint‑Esprit et de là se rendra à Pau. Le
bataillon du 60è, qui est à Genève partira également pour Lyon et
suivra la même route. Si
le général qui commande la division ne trouvait pas que ces bataillons
fussent encore en état de partir, il pourra suspendre leur départ
jusqu’au 10 juillet. Moyennant
ces dispositions, la première division de réserve sera complétée. 2è
Division. ‑ Donnez ordre aux deux bataillons du 5è léger de se
rendre à Bayonne et aux trois bataillons du 10è léger de se réunir à
Rennes. Il
est bien nécessaire alors de pourvoir à la garnison de Brest. Les quatre
compagnies des 4ès bataillons, tant du 3è de ligne que du 105è, qui
restent au dépôt, se compléteront chacune à 200 hommes et partiront pour
Brest, où les hommes seront incorporés dans les trois premiers
bataillons ; dans le cours de juillet, deux autres compagnies du 4è bataillon
conduiront 500 autres soldats ; de sorte que les trois premiers bataillons
recevront 1,300 hommes, ce qui les mettra à leur complet. S’il
n’y avait pas 800 hommes prêts à partir au 1er juillet, on ne
ferait partir que trois compagnies ou 600 hommes. Au
1er juillet, faites passer la revue du 4è bataillon du 10è léger,
afin de connaître quand il pourra partir pour rejoindre les trois premiers
bataillons. 3è
Division. ‑ Donnez ordre au 1er de ligne de partir de
Grenoble le 25, au 62è de partir le 26 et au 101è de partir le 27. Ces
régiments se rendront à Valence, où ils s’embarqueront pour
Pont‑Saint‑Esprit, et de là se rendront à Nîmes. Donnez
ordre au 23è léger de partir d’Auxonne ; il s’embarquera sur la Saône,
changera de bateau à Lyon et se rendra ainsi par eau d’Auxonne à Pont-Saint‑Esprit
; de là il se rendra à Nîmes. Donnez
ordre au 4è bataillon du 1er de ligne, qui est à Marseille, et
aux 3è et 4è bataillons du 62è, qui sont à Toulon, d’en partir pour se
rendre à Nîmes. Ainsi les quatre bataillons des régiments de cette
division seront réunis. Mais Toulon ne sera pas suffisamment gardé. Vous
donnerez ordre que le bataillon du 8è léger, celui du 18è léger et celui
du 23è de ligne, qui sont dans la 7è division militaire, soient complétés
avec tout ce que le 5è bataillon a de disponible et se mettent en marche
au 1er juillet pour Toulon. Donnez le même ordre pour les 5è,
11è et 79è. Nommez deux majors en second, l’un pour commander les trois
premiers bataillons, l’autre pour commander ces trois derniers. Par
ce moyen, Toulon aura six bataillons, indépendamment des deux bataillons
suisses ; ce qui sera suffisant. CAMP DE BAYONNE. Je
vous ai donné ordre qu’au 1er juillet les 4es bataillons des
14è, 114è, 115è, 116è, 117è, et 121è, complétés avec tout ce que les
5es bataillons ont de disponible, se rendissent à Bayonne ; vous nommerez
un colonel en second pour surveiller l’instruction et avoir le détail
de ces six bataillons, qui seront connus sous le nom de brigade
de l’armée d’Aragon. Au 10
juillet, le général Monthion en passera la revue et vous enverra l’état
de situation, avec des notes sur les officiers et sous‑officiers, sur
l’habillement et l’armement. Tous les officiers qui seraient hors d’état
de servir seront proposés pour la retraite. J’ai
donné le même ordre pour les 4es bataillons des 118è, 119è, 120è, et
122è. Ces quatre bataillons seront sous les ordres d’un colonel en second
et composeront la 2è brigade, qui sera connue sous le nom de brigade
de l’armée du Nord Les
4es bataillons des 17è, 31è, 27è, 39è, 59è, 69è, 65è, 76è et 86è légers
formeront la brigade de Portugal. Vous donnerez deux majors en second au
colonel en second qui doit la commander. La
4è brigade sera celle de l’armée du Midi ; elle sera composée des 4es
bataillons des 34è, 28è et 75è. Donnez
ordre au bataillon du 6è d’infanterie légère, qui est à Phalsbourg,
d’en partir au 1er juillet, s’il est au complet de plus de
600 hommes ; autorisez le général qui commande la division à en retarder
le départ, si ce bataillon n’est pas encore en état. A son arrivée à
Bayonne, le bataillon du 6è se joindra à la brigade du Portugal. Ce
qui fera vingt‑quatre bataillons sous l’inspection du général
Monthion. Donnez
ordre que tout ce qu’il y a de disponible aux dépôts des 14è, 17è, 27è,
39è, 59è, 69è, 76è, 65è, 86è, 34è, 28è et 75è se dirige sur Bayonne
pour y compléter les 4es bataillons de leurs régiments. Il sera appelé
8,000 conscrits sur la réserve pour compléter ces 4es bataillons et les
porter à 20,000 hommes. Recommandez que tout ce qui passera désormais à
Bayonne, soit hommes isolés, soit hommes sortant des hôpitaux, qui
appartiendraient à ces régiments, soit retenu et placé dans les 4es
bataillons de leurs régiments. RÉGIMENTS DE MARCHE
D’ESPAGNE ET DE PORTUGAL. Enfin
deux régiments de marche seront formés : le premier, qui sera le régiment
de marche des armées d’Espagne, sera composé de la manière suivante,
savoir : 1er
bataillon : une compagnie du 9è léger, deux du 27è, deux du 21è, une du
28è. Ce bataillon se formera à Compiègne. 2è
bataillon : deux compagnies du 12è léger, deux du 2è, deux du 4è. Ce
bataillon se formera à Saint‑Denis. 3è
bataillon : trois compagnies du 32è de ligne, deux du 58è, une du 43è. Ce
bataillon se formera à Vincennes. 4è
bataillon : deux compagnies du 8è de ligne, deux du 45è, deux du 54è. Ce
bataillon se formera à Metz. 5è
bataillon : deux compagnies du 63è de ligne, deux du 94è, deux du 95è,
deux du 96è. Ce bataillon se formera à Metz. 6è
bataillon : deux compagnies du 40è de ligne, deux du 88è, deux du 100è,
deux du 103è. Ce bataillon se formera à Metz. 7è
bataillon : deux compagnies du 16è de ligne, deux du 64è, deux du 26è,
une compagnie de chacun des trois régiments polonais. Ce bataillon se
formera à Bordeaux. Un
colonel en second sera chargé de la formation de ce régiment ; il aura
sous ses ordres deux majors en second : le premier sera à Compiègne et
commandera les 1er , 2è et 3è bataillons ; l’autre sera à
Metz et commandera les 4è 5è et 6è bataillons. Le 7è bataillon se
joindra au régiment à son passage pour Bordeaux. Chaque
compagnie sera fournie par le 5è bataillon, qui la complétera à 150
hommes. Elle sera habillée et mise en bon état. Il y aura trois officiers
par compagnie, et le nombre des sergents et caporaux sera complet. Au
10 juillet, ces compagnies se mettront en marche. A la même époque, les
majors en second seront rendus l’un à Compiègne et l’autre à Metz. Le
colonel en second restera à Paris et recevra la correspondance des majors
en second. Un chef de bataillon sera chargé de passer la revue du 7è bataillon
à Bordeaux et correspondra avec le colonel en second. Ainsi
ce premier régiment de marche aura sept bataillons et sera fort d’environ
7,000 hommes. Au
15 juillet, vous me rendrez compte de sa situation pour que je puisse donner
l’ordre définitif du mouvement. Vous remarquerez que je n’y comprends
pas les 34è, 28è, 75è, 51è et 55è, parce que ces régiments ont leurs
4es bataillons à compléter. Il est bien entendu que tout ce que les 34è,
28è et 75è peuvent avoir de disponible à leurs 5es bataillons doit se
mettre en marche le 15 juillet pour se rendre à Bayonne et y être incorporé
dans les 4es bataillons qui sont au camp sous cette ville. Le
2è régiment, qui sera le régiment de marche de Portugal, sera composé de
la manière suivante, savoir : 1er
bataillon : une compagnie du 25è léger, une du 22è de ligne, deux du 50è.
Ce bataillon se réunira à Orléans. 2è
bataillon : deux compagnies du 26è de ligne, deux du 66è, deux du 82è. Ce
bataillon se réunira à Bordeaux. 3è
bataillon : deux compagnies du 47è de ligne, deux du 70è, deux du 15è. Ce
bataillon se réunira à Rennes. Ces
bataillons se trouveront formés au 25 juillet, de manière à pouvoir être
rendus au 1er septembre à Bayonne. Moyennant
ces dispositions, je me trouve avoir pourvu à tout ce qui est relatif au
corps d’observation de réserve, à ce qui était nécessaire pour les
garnisons de Brest et de Toulon, et à l’organisation préparatoire
convenable pour tout ce que les dépôts d’Espagne et de Portugal
pourraient fournir. Il
ne reste plus qu’à faire l’appel des 8,000 conscrits qui doivent être
dirigés sur Bayonne pour porter au grand complet les vingt‑quatre
bataillons qui s’y réunissent. Si
les dépôts d’Espagne peuvent fournir plus que je ne leur demande, vous
me le ferez connaître. Le
génie et l’artillerie sont l’objet d’un travail à part. Les
dispositions sont faites pour les équipages militaires. Pour
la cavalerie, les dispositions sont également faites. Il me paraît que les
dépôts de Saintes et de Niort, les régiments de marche du Midi et de Portugal,
et tout ce que les dépôts ont ordre d’envoyer, compléteront, d’ici au
1er janvier, un corps de 10,000 chevaux. Je
suppose que vous ne tarderez pas à me faire connaître tout ce que les dépôts
auront fait partir au 15 juin, et que vous leur avez renouvelé l’ordre de
faire partir tout ce qu’ils auront encore de disponible du 15 au 1er
juillet, et ainsi de suite tous les quinze jours. Je
suppose également que vous avez envoyé au ministre de l’administration
de la guerre l’organisation des trois divisions du corps de réserve. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1315.
- FORMATION DE NEUF RÉGIMENTS DE CHEVAU‑LÉGERS. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
18 juin 1811. Je viens de
prendre un décret par lequel j’ordonne la formation de neuf régiments
de chevau-légers. Trois existent ; les six autres sont des régiments de
dragons convertis en régiments de chevau‑légers. Ainsi le nombre des
régiments de dragons, au lieu de trente, ne sera plus que de vingt-quatre. Mon
intention est que tous ces régiments de chevau‑légers soient armés
de lances. Les
six régiments de chevau‑légers qui étaient dragons porteront
l’uniforme vert, afin que le fonds de l’approvisionnement de drap du dépôt
puisse servir. Ils pourraient porter les couleurs qu’ils ont aujourd’hui
; on pourrait même leur laisser le casque, et par ce moyen il n’y aurait
que la selle, l’armement et la coupe de l’habit à changer. J’ai
prescrit fort au long dans le décret ce qui devrait être fait en Espagne
pour l’incorporation. Cependant vous laisserez dans vos instructions à
chaque maréchal la latitude d’y faire les changements qu’il jugerait
indispensables. Vous leur ferez connaître que, s’ils ont plus d’hommes
que de chevaux, et que par conséquent ils aient à renvoyer des hommes en
France, ce sont les hommes des régiments supprimés qu’ils doivent
renvoyer de préférence. Il
est nécessaire de donner des ordres pour que les régiments qui cessent
d’être dragons n’achètent plus pour leur remonte des chevaux de
dragon, et fassent désormais des achats propres à l’arme des chevau‑légers.
Les chevaux et les selles de dragon qui existent aujourd’hui doivent être
dirigés sur Saintes. Quant
au 30è de dragons, il faudrait le faire rentrer en France, en le faisant
passer par le mont Cenis jusqu’à Lyon. Arrivés à Lyon, tous les hommes
seront embarqués sur la Saône et remonteront jusqu’à Auxonne, hormis
la moitié qui, sous les ordres des officiers et sous‑officiers nécessaires,
conduira au dépôt de Saintes tous les chevaux harnachés et équipés. Immédiatement
après la remise de ces chevaux, les hommes reviendront à leur dépôt, où
se formera le régiment de chevau‑légers. Les
trois autres régiments étant déjà chevau‑légers, je n’ai rien
à y changer. Il
est nécessaire que vous expédiiez sur‑le‑champ des ordres au général
Defrance, afin qu’il ne fasse entrer aucun officier,
sous‑officier et soldat des cinq régiments qui changent dans la
composition des régiments de marche de Portugal et du Midi. Vous lui expédierez
le décret et vos instructions par une estafette extraordinaire. S’il en
était entré dans la composition de ces régiments, et qu’ils fussent déjà
partis, il les ferait arrêter à Bordeaux pour subir les changements nécessaires. Vous
lui ferez connaître que, dans les cas imprévus où il serait embarrassé,
le principal est que la plus grande quantité possible d’hommes et de
chevaux parte pour l’Espagne, et qu’il est maître d’y pourvoir, en
rendant sur‑le‑champ compte. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1316.
‑ ORDRES CONCERNANT LA PROMPTE ORGANISATION DU TRAIN DU GÉNIE ET LA
REMISE AU GÉNIE DES OUTILS DONNÉS A L’INFANTERIE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
18 juin 1811. Faites‑moi
connaître si, au 1er juillet, je puis disposer des 5è et 6è
compagnies du train du génie, ayant chacune leurs 50 voitures attelées, et
portant par compagnie 9,000 outils. Si je ne peux les avoir pour le 1er
juillet, faites en sorte qu’elles soient organisées le plus tôt
possible. Je suppose que les chevaux ont été achetés et les outils
confectionnés. Il faut renoncer à donner des outils à l’infanterie ;
ils sont trop lourds et gêneraient le soldat dans sa marche ; il finirait
par les jeter : ce serait une très-grande perte ; faites‑en faire
la remise au génie. Vous recevrez un décret par lequel j’ordonne que
l’on complète les compagnies du train de l’armée de Portugal et les
compagnies des sapeurs de l’armée de réserve. Vous prendrez les fonds
sur le budget du génie : ce sera un objet de 250,000 francs. Faites en
sorte qu’au 15 août cela existe à Bayonne. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1317.
‑ MODIFICATIONS DANS L’ORGANISATION DES TRANSPORTS MILITAIRES. AU
GÉNÉRAI, LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
18 juin 1811. Monsieur le Comte
de Cessac, les caissons des équipages militaires ne portent que 1,000
rations. Je les trouve parfaitement approvisionnés pour le service de la
distribution de la troupe et pour porter du pain du magasin au camp. Ils ne
sont bons qu’à cela. Veut‑on les employer à transporter du
biscuit, on est obligé de le mettre en barils, sans quoi tout se brise ; on
ne porte pas plus de 1,000 rations, et les barils ne tardent pas à mettre
les caissons hors de service. Veut‑on les employer pour transporter du
blé, de la farine, des sacs de riz, des sacs d’avoine, des bottes de
foin, des tonneaux de vin ou d’eau‑de‑vie, ils n’y sont pas
propres. Cela me porte donc à changer l’organisation des transports militaires,
à donner à tous les bataillons de l’armée un caisson conforme à votre
modèle, à avoir un caisson par bataillon, servi par les équipages
militaires, et à tout le reste substituer de bonnes charrettes de roulier
à larges jantes, attelées de 8 chevaux et conduites par 4 hommes, pouvant
l’être au besoin par 3, et portant 10 milliers. Le
corps d’observation de l’Elbe est de quatre-vingts bataillons, formant
60,000 hommes. Chaque bataillon aura son caisson qui lui portera pour un
jour de pain. Je désire avoir 80 caissons de transports militaires servis
par deux compagnies ; mais, comme je destine six compagnies à ce corps
d’armée, je désire que les quatre autres, au lieu de servir 160 caissons
du modèle actuel, servent 80 charrettes de rouliers à larges jantes et
portant chacune 10 milliers. Quatre
compagnies servant 160 caissons portent 160 milliers, et quatre compagnies
du même nombre d’hommes et de chevaux, avec 80 charrettes, porteront
800 milliers. Dans le premier cas on ne porte du pain que pour deux jours,
dans le dernier on en porte pour dix jours. Je
désire organiser le service de 120 charrettes de roulier, portant 1,200
milliers de biscuit en barils ; ce serait pour 60,000 hommes pendant vingt
jours. Cette méthode sera très‑bonne à employer dans la Pologne, en
Portugal et dans tous les pays où les vivres sont chers. Ces charrettes
formeront des magasins ambulants qui viendront aussi vite que les autres
caissons, ou à peu près ; et iraient‑elles plus doucement, elles
arriveront toujours assez à temps, puisqu’elles ne doivent que remplacer
les vivres que porte le soldat. Présentez‑moi un rapport sur cet
objet, qui me paraît fort important. On
aura besoin, par exemple, de porter des vivres en Portugal : il faut y
renoncer avec les caissons, il faut y renoncer avec les mulets. Deux
bataillons serviront 240 voitures, lesquelles porteront 2,400,000 rations
de biscuit : ce sera donc des vivres pour 60,000 hommes pendant quarante
jours, ce qui est réellement un magasin ambulant. Les mulets de bât, les
caissons d’équipages seraient destinés à venir puiser à ces magasins.
Cela servirait beaucoup mieux que 480 voitures d’équipages militaires,
qui emploient le même nombre d’hommes et de chevaux, et ne portent des
vivres que pour six à sept jours. En admettant ce nouveau moyen de
transport, on aurait assez des voitures actuelles ; il faudrait adopter un
modèle et employer les matériaux à construire de grosses voitures. NAPOLÉON. D’après
l’original, dépôt de la guerre. 1318.
‑ DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS SUR LES CONVOIS D’ARTILLERIE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
20 juin 1811. Faites‑moi
faire un état à colonnes de tous les convois d’artillerie partis de
Wesel et de Mayence pour Danzig, avec l’endroit où ils se trouvent chaque
jour. Dans la colonne qui désignera les convois, on indiquera de quelle espèce
de chevaux ils sont attelés, sous quelle escorte ils marchent, et par
quelles voitures et de quelles sortes de voitures ils sont composés. Cet état
m’est nécessaire pour bien connaître ces grands mouvements et juger de
l’importance de ces convois. Un
autre état de cette espèce m’est également nécessaire pour
l’artillerie de l’armée d’Espagne. Il
est d’usage de me changer ces états tous les quinze jours, en y
mentionnant les augmentations survenues dans l’intervalle. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1319.
- INSTRUCTIONS RELATIVES A L’ORGANISATION DU CORPS D’OBSERVATION DE
L’ELBE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
23 juin 1811. Monsieur
le Duc de Feltre, le corps d’observation de l’Elbe a quatre divisions
d'infanterie. Au 15 août il sera porté à cinq divisions, moyennant le départ
des 4es et 6es bataillons. Si
ce corps devait marcher entre le 15 août et le 1er septembre, on
répartirait les deux premiers bataillons des 127è, 128è et 129è entre
les divisions. Ainsi donc, au 1er septembre, ce corps serait
composé de cinq divisions françaises et d’une 7è division, qui est la
division de Danzig, que doit commander le général Grandjean La
1re division doit avoir trois régiments ou quinze bataillons
français, et deux bataillons des trois régiments qui se forment à
Hambourg ; ce qui ferait dix‑sept bataillons, composant trois
brigades. Les 2è et 3è divisions seraient de même force ; la 4è division
aurait seize bataillons et trois brigades : le 33è léger ne doit avoir que
quatre bataillons ; la 5è division aurait vingt bataillons et quatre brigades
; la 7è division serait composée des trois premiers bataillons des trois
régiments qui sont à Danzig, savoir : le 5è, le 10è et le 11è, soit
neuf bataillons ; de quatre bataillons westphaliens, de deux bataillons
saxons, de deux bataillons bavarois et d’un bataillon wurtembergeois ;
total, 18 bataillons et 4 brigades. Ces dix‑huit bataillons formeraient
quatre brigades de la manière suivante : 1re brigade, cinq
bataillons polonais ; 2è brigade, quatre autres bataillons polonais ; 3è
brigade, quatre bataillons westphaliens ; 4è brigade, les deux bataillons
saxons, le bataillon wurtembergeois et les deux bataillons bavarois. Ces
sept divisions se composeraient donc de cent cinq bataillons et vingt
brigades ; ce qui ferait 88,000 hommes d’infanterie. Il
resterait en outre 7 à 8,000 hommes pour le fond de la garnison de Danzig. Les
garnisons de Küstrin, Stettin et Glogau seraient formées par les troupes
du prince primat de Darmstadt et du grand‑duché de Berg. La
7è division sera toute réunie à Danzig. Le général Grandjean sera sous
les ordres du général Rapp, gouverneur général, et en même temps correspondra
directement avec le prince d’Eckmühl pour tout ce qui concerne la
formation et la situation de sa division. Quatre généraux de brigade
seront attachés à cette division, savoir : trois généraux de brigade
français et un général polonais. Ce
qui restera pour la garnison de Danzig se composera de trois bataillons
polonais, de deux bataillons westphaliens, de deux saxons et d’un
wurtembergeois ; total, 8 bataillons, indépendamment de l’artillerie et
des sapeurs. Ces huit bataillons seront plus que suffisants du moment que
le corps d’observation de l’Elbe sera sur la Vistule ; mais il est bien
entendu que la 7è division doit rester constamment dans le territoire de
Danzig et sous les ordres du général Rapp, pendant tout le temps que le
corps d’observation de l’Elbe restera sur les derrières. J’ai donc, dès
ce moment, près de 25,000 hommes à Danzig. CAVALERIE.
‑ Le prince d’Eckmühl a sept régiments de cavalerie légère, y
compris le 9è de chevau‑légers ou 30è de chasseurs ; il a, en
outre, un régiment de chevau‑légers polonais à Danzig : c’est
donc huit régiments, qui doivent présenter 7,200 hommes à cheval au 1er
septembre. Je porte 100 chevaux par régiment, pour la différence de
l’effectif au présent. Le prince d’Eckmühl a, en outre, une division
de cuirassiers, qui, en septembre, doit avoir 4,000 hommes à cheval. Cela
fait donc 11,000 chevaux. Les
trois divisions de cuirassiers qui sont restées en France, ne pouvant être
employées à d’autre service qu’à la guerre d’Allemagne, sont prêtes
à se porter au corps d’observation de l’Elbe. En septembre, chaque régiment
serait de 800 chevaux, hormis les carabiniers et le 1er de
cuirassiers, qui seront à 900 chevaux ; cela ferait donc 9,000 chevaux,
qui, joints aux 11,000 existant en Allemagne, porteraient la cavalerie à
plus de 20,000 chevaux. ARTILLERIE.
‑ Chacun des seize régiments du corps d’observation de l’Elbe
ayant quatre pièces de canon, cela ferait soixante‑quatre pièces ;
la 7è division en aurait dix‑huit, ce qui ferait
quatre‑vingt-deux pièces de régiment. Chacune des six divisions
doit avoir quatorze pièces, ce qui ferait quatre‑vingt-quatre, et,
en outre, une réserve de seize pièces ; total, 100. Les quatre divisions
de cuirassiers doivent en avoir quarante‑huit. Total général, 230
bouches à feu. Les
quatre bataillons du train qui sont au delà du Rhin doivent être complétés
en matériel, personnel et attelages, et enfin doivent être tenus dans le
meilleur état. Toutes les compagnies d’artillerie à pied et à cheval
doivent être portées au grand complet par des conscrits qui, si aucune
nouvelle circonstance ne presse, partiront à la fin de septembre de leur dépôt,
où on leur aura fait faire le polygone pendant les mois d’août et de
septembre. Les
compagnies de sapeurs seront portées également au grand complet par des
conscrits. Dans
le courant de juillet, d’août et de septembre, toutes les compagnies
d’infanterie seront mises au grand complet de 140 hommes, indépendamment
des malades, par des envois de conscrits réfractaires, qui seront tirés de
Walcheren et autres dépôts. Le
seul corps d’observation de l’Elbe formera donc une armée de six
divisions d’infanterie, de quatre brigades de cavalerie légère et de
quatre divisions de grosse cavalerie, formant un total, l’artillerie
comprise, de 120,000 hommes, indépendamment de ce qui est employé pour
les garnisons de Danzig, Stettin, Küstrin et Glogau. L’armée
du roi de Saxe est prête à partir, forte de 20,000 hommes d’infanterie
et de 4,000 chevaux. L’armée
du grand‑duché de Varsovie a 24,000 hommes d’infanterie et 10,000
de cavalerie. L’armée
de Westphalie a 12,000 hommes d’infanterie et 3,000 de cavalerie. En
cas d’événement, toutes les troupes seraient sous les ordres du prince
d’Eckmühl. Ainsi il y a dans ce moment réunis sous la main du prince
d’Eckmühl 145,000 hommes d’infanterie, 40,000 de cavalerie et 15,000
d’artillerie ; total 200,000 hommes. Mon
intention est que vous continuiez à faire tous les mouvements nécessaires
pour compléter le corps d’observation de l’Elbe. Sans doute, il n’y a
pas de presse ; mais mon intention est que, en cas de circonstances
extraordinaires, ce corps puisse en vingt-quatre heures se mettre en
mouvement et se porter sur la Vistule. Les sapeurs, l’artillerie (matériel
et personnel), l’administration et les transports militaires doivent être
complétés. Quant
aux équipages, chaque bataillon doit avoir son caisson ; il y a cent neuf
bataillons, c'est 109 caissons. Le 12è bataillon ayant 236 voitures doit
être tout entier dans l’arrondissement du corps d’observation de l’Elbe,
et rester à la disposition du maréchal prince d’Eckmühl. Il
ne doit jamais rien manquer à ce corps d’armée. Au
mois de février, le corps d’observation de l’Elbe sera augmenté
d’une division, qui sera la 6è ; elle sera composée d’un régiment
d’infanterie légère que je désignerai et des 127è, 128è et 129è régiments
complétés à quatre bataillons, chacun ayant ses quatre pièces de régiment
et sa compagnie d’artillerie. Ainsi
le corps d’observation de l’Elbe se trouvera augmenté de seize
bataillons ; de plusieurs divisions d’artillerie et de seize pièces
de régiment ; ce qui portera ce corps de 120,000 à 130,000 hommes.
A
la même époque et avec la conscription de 1812, tous les 5es bataillons de
ces vingt régiments formeront six brigades, en réunissant dans la même
brigade les 5es bataillons des régiments qui sont dans la même division.
Ces 5es bataillons seront tous complétés à 560 hommes, ce qui fera deux
petites divisions ou 12,200 hommes ; on y attachera deux batteries
d’artillerie. Ces troupes seront chargées de prendre position sur les
derrières et d’occuper Hambourg, Magdebourg et la côte C’est
dans ce sens que tout doit être organisé et dirigé. Ainsi, pour le corps
d’observation de l’Elbe, tout doit être mis en mouvement. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1320.
‑ INSTRUCTIONS RELATIVES A L’ORGANISATION DU CORPS D’OBSERVATION
DE L’OCÉAN. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
23 juin 1811. Monsieur le Duc
de Feltre, donnez ordre que les bataillons d’élite du corps
d’observation de l’Océan soient dissous de la même manière que les
bataillons d’élite d’Italie. Vous
porterez dans la 1re division du corps d’observation de l’Océan
le 4è bataillon du 19è. Ainsi, au lieu de 10 hommes qui manquent, ce sera
850. Vous
comprenez comme existants 300 hommes du dépôt de Walcheren ; or, mon
intention est d’employer ces bataillons de Schouwen et de Goeree à
recruter les corps de l’Elbe. Vous ne devez donc plus compter sur ces 300
hommes pour le 19è du corps de l’Océan. Vous
donnerez ordre que dans le courant de juillet les 4es bataillons des 26è léger,
4è, 19è, 123è, 26è, 72è, 46è, 126è, 18è, 93è, 56è, 124è, 2è, 37è
et 125è de ligne rejoignent leurs régiments. Vous laisserez le colonel et
le général commandant la division choisir le jour de départ qui sera le
plus commode pour le soldat, mais de manière que tous ces bataillons aient
rejoint au 10 août. Vous donnerez ordre que tout ce qui est disponible
dans les 5es bataillons soit employé à compléter ces 4es bataillons. Ainsi
ces corps m’offriront en infanterie 66,000 hommes ; ce qui, avec les dix régiments
de cavalerie, les six de chevau‑légers et l’artillerie, fera une
armée de plus de 80,000 hommes. Le
corps d’observation de l’Océan doit avoir au camp de Boulogne deux
divisions, formant quarante bataillons, et un régiment de cavalerie. Le
camp d’Utrecht doit former une division composée de vingt bataillons. Enfin
un camp près d’Emden doit recevoir une division de dix‑huit
bataillons. Ces
camps doivent être formés du 15 août au 1er septembre. Un maréchal
commandera les camps d’Utrecht et d’Emden ; un autre maréchal commandera
le camp de Boulogne. Faites‑moi
connaître ce que me coûteront ces camps, comme supplément de solde,
s’il y en a à donner, comme vivres de campagne, comme réparation de
baraques, etc. Écrivez à cet effet au ministre de l’administration de la
guerre. Envoyez-lui les états pour que je puisse calculer quelle augmentation
de dépense cela me fera par mois. Pour
pouvoir faire ce mouvement, j’aurai besoin de pourvoir à la garnison de
Paris et aussi à celle du Havre ; il faut également pourvoir à la
garnison de toutes les côtes de la Hollande. Je pense que moins on y
emploiera de monde, mieux cela vaudra. Les bataillons de conscrits de
Walcheren sont suffisants à Schouwen et à Goeree. La réunion de tous
les voltigeurs et quelques détachements de cavalerie des 23è et 24è de
chasseurs seront suffisants pour la garde des côtes. Les
Anglais ne peuvent embarquer aucune troupe d’expédition, pas même 1,500
hommes ; il est donc inutile de perdre la moitié de mes troupes sans raison
sur la côte. Il suffit d’y avoir des canonniers et des détachements de
voltigeurs et de cavalerie pour surveiller la contrebande et prêter
main‑forte aux douanes. Une colonne mobile placée au Helder, une
autre à mi‑chemin entre le Helder et l’embouchure de la Meuse,
une troisième à l’embouchure de la Meuse, me paraissent suffisantes. De
même, dans la 3è division militaire, une colonne mobile sera placée à
Harlingen, une autre entre Harlingen et Emden et une troisième à Emden.
Vous avez dû recevoir des renseignements là‑dessus ; remettez-moi
un projet. Mon
intention est qu’en juillet le 124è quitte la Zeeland, et qu’il ne
reste à Flessingue que les cinq bataillons de Walcheren. Ce régiment doit
prendre tous les jours de la consistance. Je
termine ici tout ce qui est relatif au système d’organisation du corps
d’observation de l’Océan. Mon
projet est de menacer les Anglais et, du 1er septembre au 1er
octobre, d’embarquer des troupes sur mes vaisseaux de l’Escaut,
ainsi que sur mes flottilles de Boulogne et du Zuiderzee, et enfin d’avoir
une expédition prête à se porter en Irlande. Un
corps de 6,000 hommes à Cherbourg est nécessaire ; ils seront pris sur le
camp de Boulogne. Je
désire revoir tous les projets relatifs à cette expédition d’Irlande,
puisque enfin les Anglais continuent à se dégarnir pour l’Espagne.
Rien ne doit être plus facile, vers la fin d’octobre, que de jeter 25,000
hommes en Irlande. D’après
la copie. Dépôt de la guerre.
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