| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Correspondance
militaire Extraite
de la correspondance générale Par
ordre du ministère de la guerre Tome septième Paris - 1876
1321.
‑ DISSOLUTION DE L’ARMÉE DE NAPLES. ‑ FORMATION D’UN CORPS
D’OBSERVATION DE L’Italie MÉRIDIONALE. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE PELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
24 juin 1811. Monsieur
le Duc de Feltre, vous recevrez un décret qui dissout l’armée de Naples
et forme un corps d’observation de l’Italie méridionale. Ce corps sera
commandé par le général Grenier et sera composé d’une division de
trois brigades. La
1re brigade sera composée des cinq bataillons du 22è régiment
d’infanterie légère, et commandée par le général Sénécal ; la deuxième
brigade, des six bataillons du régiment de la Tour‑d’Auvergne, et
commandée par le général Lanchantin ; et la 3è brigade, de quatre
bataillons du régiment d’Isemmbourg, et commandée par le général
Decous. Les
deux généraux de brigade restants, savoir : le général Morgan sera
détaché à Otrante pour suivre la correspondance et l'approvisionnement de
Corfou, il correspondra avec le général Grenier ; le général Freyssinet
sera à la disposition du général Grenier, pour être employé selon les
circonstances. L’adjudant‑commandant
Thomas sera le chef d’état‑major de cette division. Deux
compagnies d’artillerie à pied et deux batteries de six pièces de canon
seront attachées à cette division. Tous les employés, commissaires des
guerres, ordonnateurs, officiers du génie et d’artillerie, autres que
ceux nécessaires pour le service de la division, resteront en France. Un
commissaire des guerres restera à Otrante pour être chargé des détails
relatifs à l’approvisionnement de Corfou. Vous
avez dû donner l’ordre au 1er régiment suisse de se rendre à
Rome. Vous donnerez le même ordre à deux compagnies d’artillerie des
quatre qui sont dans le royaume de Naples, et à tout le matériel
d’artillerie, au train et à tout ce qui se trouverait à Naples
appartenant à la France, non employé dans le corps de l’Italie méridionale.
Ce
corps se réunira dans les lieux les plus sains, entre Naples, Capoue et Gaëte.
Il sera exclusivement sous les ordres du général Grenier, qui correspondra
directement avec vous et recevra vos ordres. Il ne sera point employé à la
police du pays, et ne sera commandé par aucun officier au service du roi de
Naples. Le général Grenier veillera à ce qu’aucun homme ne soit débauché.
Il emploiera tout son temps à l’organisation de son corps, à mettre sa
comptabilité en état, à former de bonnes troupes et à se mettre en état
de se porter avec 8 ou 9,000 hommes sur quelque point de l’Italie que ce
soit. Il pourvoira à ce qu’il ait ses ambulances et hôpitaux. Ce corps
sera soldé, nourri et habillé par le roi de Naples et aura les vivres de
campagne. Il y sera attaché un payeur divisionnaire qui rendra ses comptes
au trésor. Comme c’est moi qui ai habillé ces régiments à Naples, le général
Grenier réclamera tous les habillements fournis à mes troupes en 1810 et
1811. Vous
notifierez mon décret au roi de Naples. Vous lui ferez connaître
qu’ayant besoin de réunir toutes mes troupes j’ai dissous l’armée de
Naples et formé un corps d’observation sous les ordres du général
Grenier ; que je laisserai ce corps suffisamment de temps dans le royaume de
Naples pour être assuré qu’il peut s’en passer ; que, tout le temps
qu’il restera dans ses Etats, il sera nourri, payé, entretenu et habillé
par le trésor napolitain ; que, par le traité que j’ai fait avec lui, il
doit me fournir un contingent ; que je désire savoir la partie de ce
contingent qui est prête à partir ; que j’y comprends les troupes
napolitaines qui sont en Espagne. Vous
ordonnerez au général Grenier d’adresser des ordres aux différents régiments
pour la prompte réunion de son corps, et de porter tous ses soins à la
discipline, l’instruction et la bonne tenue des régiments. Vous lui écrirez
que je compte que, du 1er au 15 août, ce corps sera disponible
entre Naples et Gaëte, prêt à se porter où il sera nécessaire. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1322.
‑ ORDRE POUR LA REMONTE DES RÉGIMENTS DE CAVALERIE DU CORPS D’OBSERVATION
DE L’ELBE. AU
GÉNÉRAL LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
25 juin 1811. Monsieur
le Comte de Cessac, je vous ai déjà mandé que les 260 chevaux de la 2è
et de la 3è commande, destinés aux régiments du corps d’observation
de l’Elbe, et dont on n’a pas passé les marchés en France, ne devaient
pas être achetés en France, et que vous deviez mander aux colonels de
faire passer eux‑mêmes ces marchés dans les pays où se trouvent
leurs corps : ceux qui sont à Danzig, à Danzig ; ceux qui sont à
Stettin, à Stettin ; en Hanovre, dans le Hanovre, etc. Vous me remettrez un
projet de décret pour ordonner une sixième commande, qui aura lieu également
dans les pays où se trouvent les régiments, et qui servira à remplacer ce que les corps ont perdu et
les chevaux qui ont été réformés ; de sorte que les quatre régiments de
cuirassiers aient leurs 4,000 chevaux, les quatre régiments de chasseurs,
pareil nombre, et les deux de hussards, leurs 2,000, et qu’au total la
cavalerie du corps de l’Elbe ait 10,000 hommes montés. Ce sera un millier
de chevaux à acheter. Cette sixième commande, qui serait faite dans le
courant d’août, devrait être dirigée de manière qu’au 15 septembre
les 10,000 chevaux fussent présents, équipés et montés. J’ai grandement
à cœur que le corps d’observation de l’Elbe soit au grand complet pour
tout. NAPOLÉON. D’après
la copie. Dépôt de la guerre. 1323. ‑ OBSERVATIONS
A ADRESSER A DEUX OFFICIERS D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR CHARGÉS CHACUN
D’UNE MISSION. Saint‑Cloud,
27 juin 1811. Écrire
à M. Atthalin[1]
que les renseignements qu’il donne sur les places fortes et fortifications
sont suffisants, mais que ses rapports sur le personnel des troupes
sont incomplets. Par exemple, il ne donne pas assez de détails sur les dépôts
des 96è et 55è à Boulogne ; il ne dit pas combien l’on attend de conscrits,
de quels départements, s’il y a de la désertion, ce qu’il y a
d’arrivé, de quelle qualité est l’habillement, s’il y a des
plaintes, si des officiers manquent aux cadres. Il
faut que de l’île de Walcheren il envoie des rapports très‑détaillés
sur ces différents objets : l’Empereur attend ses rapports pour
ordonner le départ de nouveaux conscrits réfractaires pour les régiments
qui sont en Allemagne. Les compagnies dont les cadres ont été remplis par
des conscrits réfractaires de ce régiment, et qui sont destinées pour
l’armée d’Allemagne, sont‑elles parties ? Ont‑elles en des
déserteurs ? Cette mesure réussit‑elle ? M. Atthalin doit entrer
dans des détails sur les dispositions ordonnées par Sa Majesté et sur ce
qui a été exécuté. Écrire
dans le même sens à M. d’Hautpoul. Lui dire de voir en détail les
quatre bataillons, de prendre note des places vacantes, etc., de visiter
avec attention l’artillerie et les équipages de campagne qui sont dans
les dépôts qu’il parcourt, et de faire en sorte que ce qui concerne le
personnel dans ses rapports ne laisse rien à désirer. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1324.
- DÉCISION SUR LES ATTELAGES DES NOUVELLES VOITURES DESTINÉES AUX
TRANSPORTS MILITAIRES. AU
GÉNÉRAL LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
4 juillet 1811. Monsieur
le comte de Cessac, je réponds à votre lettre du 3 sur les transports
militaires. Je ne juge pas convenable de signer le projet de décret que
vous me présentez, parce qu’il me semble qu’il n’y a pas besoin de
changement. Les bataillons resteront comme ils le sont, à 40 voitures par
compagnie. Au lieu de leurs caissons actuels, ils auront des chariots du modèle
que vous m’avez présenté. Reste à savoir s’il faut donner à ces
chariots 4 ou 6 chevaux. La question est facile à résoudre. Je pense que
les chariots doivent être construits de manière à pouvoir porter 6
milliers dans l’occasion ; mais ils ne doivent ordinairement être attelés
que de 4 chevaux et ne porter que 4 milliers pesant. Trois chariots portant
4 milliers porteront 12 milliers et emploieront 6 hommes, 3 voitures et 12
chevaux ; deux chariots portant 6 milliers et attelés de 6 chevaux
porteront également 12 milliers et n’exigeront que 6 hommes, 12 chevaux
et 2 voitures ; il y aura donc une voiture d’économisée. Ainsi, sous ce
point de vue, il vaudrait mieux n’avoir que des voitures portant 6
milliers que d’en avoir portant 4 milliers. Mais ces voitures doivent
aussi porter du pain ; or 3 chariots porteront 4,800 rations de pain : 2
chariots ne porteraient que 3,200 ; 2 chariots ne porteraient que 5,600
rations de biscuit, et encore difficilement : 3 chariots en porteront
7,500 ou 7,600. Ce raisonnement sera à fortiori pour le fourrage et les
liquides. C’est ce qui me décide à n’atteler les chariots que de 4 chevaux,
en ne les chargeant que de 4 milliers. Dès lors je n’ai aucun autre
changement à faire à l’organisation que de substituer un chariot du
nouveau modèle à un caisson des transports militaires ; or, ce changement,
je désire le faire partout. NAPOLÉON. D’après
l'original. Dépôt de la guerre. 1325.
- MISE EN ÉTAT DE DÉFENSE DU VALAIS ET
DU SIMPLON. AU
GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE, MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
5 juillet 1811. Il
faut faire une nouvelle reconnaissance du Valais. Les trois casernes
pourront s’exécuter l’année prochaine ; les projets seraient discutés
en décembre. Au lieu d’une caserne défensive, je désire avoir au
Simplon une citadelle qui me rende maître du passage. Une caserne défensive
à Brigg et une autre à Sion, pour maintenir le pays, me paraissent fort
utiles. La caserne de Sion s’appuierait aux forts qui sont sur les
hauteurs, de manière à être parfaitement maître de la ville. Comme
c’est la capitale du pays, en s’y établissant, ce serait le moyen le
plus sûr de contenir les habitants. La caserne de Brigg s’appuierait aux
hauteurs, qu’on pourrait fortifier par des tours. Quant aux points de
Martigny et de Saint‑Maurice, ils sont si près de la France qu’on
ne peut avoir aucune inquiétude. Il
faut s’occuper du Simplon, de Sion et de Brigg, sous le double point de
vue de guerre et de révolte. Il sera avantageux d’occuper ces trois
points d’appui, qui permettent d’avoir le pied en Italie, économiseront
beaucoup de troupes et assureront cette position importante. Si l’on
suppose que l’ennemi force tous ces points, on arrivera à Lausanne et à
Genève. Il sera nécessaire de reproduire aux conseils de décembre les
projets sur Genève. Faut‑il démolir cette place ou la fortifier ? Il
n’est pas convenable de la laisser dans sa situation actuelle. D’après
la Minute. Archives de l’Empire. 1326.
‑ MISE EN ÉTAT DE DÉFENSE DU MONT CENIS ET DE LA MAURIENNE. GÉNÉRAL
CLARKE, DUC DE FELTRE MINISTRE
DE LA GUERRE, A PARIS. Saint‑Cloud,
5 juillet 1811. Je
désire que l’on me soumette, aux conseils de décembre, trois projets de
casernes égales à celles de Lans‑le‑Bourg, pour la défense de
la vallée de Maurienne. Mon principal but serait, en cas de guerre, de
s’en servir pour hôpitaux, et d’avoir ainsi une évacuation d’hôpitaux
depuis le mont Cenis jusqu’à Saint‑Jean‑de‑Maurienne.
Les mouvements nombreux de troupes qui ont lieu par cette vallée, et
l’expérience du degré de fatigue qu’éprouve le soldat en la
traversant, doivent déterminer la distance à laquelle il faut placer ces
casernes. Elles devront être disposées de manière qu’un bataillon
puisse y loger. Mais, pour établir ces casernes, il faut que la nouvelle
route soit faite, afin que par leur position elles puissent la défendre. Il
ne faut point avoir égard aux journées d’étapes actuelles, calculées
sur l’ancienne route ; il faut franchir promptement cette vallée et
ordonner de nouvelles étapes qui soient de 12 à 13,000 toises. La première
serait la caserne du mont Cenis, qu’il faudrait achever ; la deuxième
celle de Lans‑le-Bourg ; ensuite on établirait deux on trois
casernes intermédiaires pour arriver jusqu’à Saint‑Jean‑de-Maurienne. Il
sera très‑utile que ces casernes soient crénelées, et il faudra
avoir soin de les placer dans de bonnes positions, de manière que les
troupes qui s’y trouveront puissent se défendre longtemps. Je
désire un projet sur le mont Cenis. Il est d’une grande imprudence de
n’avoir rien sur ce point important. Il faudrait fortifier le couvent,
occuper la hauteur par une tour. Si cela est nécessaire, on ferait
construire une autre tour sur les hauteurs qui défendent le lac. Je désire
qu’un projet bien détaillé, avec des cotes de nivellement, soit présenté
en décembre, afin qu’en cas de révolte ou de guerre cette communication,
si importante sous tant de points de vue, soit assurée. Mais ce projet ne
doit pas me jeter dans de grandes dépenses. Il doit être calculé pour
que les premiers 100,000 francs qu’on y dépensera en 1812 remplissent
mon but, qui est que 200 hommes puissent s’y défendre contre 2,000 ; et,
s’il doit coûter 5 à 600,000 francs, que ce soit en six ans, et que
chaque année il acquière un nouveau degré de force. Un
corps de troupes avec du canon ne pourra arriver au couvent que par le grand
chemin. Il faut donc des ouvrages qui barrent ce chemin de manière qu’on
ne puisse avancer qu’après les avoir pris. Il ne reste plus que le
couvent à mettre à l’abri d’un coup de main contre les troupes qui
arriveraient des montagnes et sans artillerie. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1327.
- MISSION AUX DÉPÔTS DE REMONTE DE SAINTES ET
DE NIORT. AU
CAPITAINE DE MONTESQUIOU, OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR. Saint‑Cloud,
6 juillet 1811. Vous
partirez dans la journée pour vous rendre à Niort et à Saintes. Vous séjournerez
dans ces deux villes le temps nécessaire pour remplir la mission contenue
dans l’instruction ci‑jointe. Vous aurez bien soin de prendre des états
de situation détaillés de chaque dépôt et des régiments de marche qui
s’y réunissent. Vous verrez le général Defrance et les différents
chefs, et vous ne manquerez pas de m’envoyer des rapports tous les
jours. INSTRUCTION. Un
décret du 7 mai a organisé à Saintes et à Niort le dépôt général des
remontes pour l’armée d’Espagne. Saintes est pour les remontes de
dragons et Niort pour celles de la cavalerie légère. Le général y a été
envoyé pour en prendre le commandement. Il a sous ses ordres : 1° les régiments
de marche qu’on a dirigés sur ces dépôts avant de les envoyer à
Bayonne ; 2° les détachements que les dépôts dont les escadrons de
guerre sont en Espagne dirigent sur le dépôt général de Niort et de
Saintes, et les hommes démontés revenant d’Espagne qu’on réunit dans
ce dépôt. RÉGIMENTS
DE MARCHE. ‑ Dans les derniers jours de mai, deux régiments de marche
de dragons ont été organisés, l’un à Nantes pour l’armée de Portugal,
l’autre à Niort pour l’armée du Midi. Un troisième régiment de
marche, formé de détachements de cavalerie légère, a été organisé à
Gand. Voici la composition première de ces trois régiments :
1° Régiment de marche du Portugal, organisé à Nantes : 1er
escadron, 13è dragons, 26 hommes ;
22è, 25 ; 18è, 42 ; 2è escadron, 8è dragons, 89 hommes ; 19è, 29
; 3è escadron, 3è dragons, 60 hommes ; 6è, 31 ; 10è, 45 ; 4è escadron,
11è dragons, 50 hommes ; 15è, 29 ; 25è, 55. 2è
Régiment de marche du Midi, organisé à Niort : 1er escadron, 1er
dragons, 31 hommes ; 2è, 39 ; 4è, 45 ; 2è escadron, 9è dragons, 33
hommes ; 14è, 26 ; 17è, 18 ; 26è, 21 ; 3è escadron, 27è dragons, 25
hommes ; 5è, 33 ; 12è, 36 ; 21, 41 ; 4è escadron, 16è dragons, 51 hommes
; 20è, 58. 3è
Régiment de marche de cavalerie légère, organisé à Gand : 1er
escadron, 1er hussards, 85 hommes ; 2è, 44 ; 2è
escadron, 13è hussards, 131 hommes ; 3è escadron, 4è hussards, 90 hommes
; 10è, 110 ; 4è escadron, 5è chasseurs, 34 hommes ; 10è, 65 ; 21è, 50 ;
22è, 99 ; 27è, 34. Dans
le courant de juin, les deux régiments de dragons ont été dirigés sur
Saintes, et le régiment de cavalerie légère sur Niort. Ils ont dû
arriver à ces destinations dans les derniers jours de juin. A leur arrivée,
le général Defrance a dû faire, dans leur organisation, les changements
suivants : 1° monter de préférence les anciens soldats du régiment qui
se trouvent aux dépôts ; 2° convertir le régiment de cavalerie légère
en cinq escadrons de marche organisés ainsi qu’il suit, savoir : les détachements
des 5è, 10è, 21è, 27è chasseurs, 2è hussards et 10è, appartenant à
l’armée du Midi, formant deux escadrons ; les détachements des 22è
chasseurs, 1er et 3è hussards, appartenant à l’armée de
Portugal, formant deux autres escadrons ; enfin le détachement du 4è
hussards, appartenant à l’armée d’Aragon, formant un 5è escadron. En
outre, il a été prescrit au général Defrance de renvoyer les cadres
appartenant aux 1er, 3è, 8è, 9è et 10è régiments de dragons,
devenus chevau‑légers. Ces cadres se composent des officiers,
sous‑officiers et soldats ayant plus de deux ans de service. Les
chevaux et les harnais doivent être laissés au dépôt ; les soldats qui
n’ont pas deux ans de service doivent être incorporés dans les régiments
de marche ; et, comme ces détachements se composent en grande partie de
jeunes soldats, le renvoi des anciens n’affaiblira pas beaucoup ce que
fournissent les cinq régiments de dragons, qui font ici exception. M.
de Montesquiou écrira si tous les ordres ont été exécutés, si tous les
détachements sont arrivés, où sont ces régiments, quels sont les
officiers qui les commandent, si la solde est payée, comment les chevaux
sont harnachés, etc. DÉPÔT
DE NIORT ET DE SAINTES. ‑ Le décret du 7 mai, qui a organisé ces dépôts,
a ordonné l’achat de 1,000 chevaux pour chaque dépôt, et l’envoi de
2,000 selles qui doivent être fournies des magasins de Paris. Ces selles
sont‑elles arrivées ? Depuis, 500 chevaux de dragons et 500 chevaux
de chasseurs ont été tirés des dépôts de cavalerie de la 6è division
militaire et dirigés sur Saintes et Niort. Enfin, les dépôts de tous les
régiments de cavalerie qui ont leurs escadrons de guerre en Espagne ont dû
diriger sur ces mêmes dépôts un premier envoi de tout ce qu’ils avaient
de disponible au 15 juin. Ils ont dû faire un second envoi au 1er
juillet. Ils doivent en faire un autre au 15 juillet. M.
de Montesquiou doit voir si tout est arrivé et dans quelle situation tout
se trouve. Je compte réunir ainsi, dans les premiers jours d’août, 8,000
hommes de cavalerie. Il doit s’assurer si mes intentions seront remplies.
Il doit non‑seulement envoyer tous les renseignements que le général
Defrance lui donnera, mais encore tout ce qu’il pourra recueillir par
lui‑même. Il verra les chefs ; il s’assurera si la solde est au
courant, si les habits, les chevaux, les harnais sont arrivés, si les
selles sont bonnes, si les chefs se trouvent à la tête de leurs détachements.
Il parlera des officiers, etc. Il
ira d’abord en droite ligne à celui des dépôts de Saintes et de Niort,
où le général Defrance se trouve, et, après avoir, séjourné dans
l’un assez de temps pour le bien connaître, il se rendra dans l’autre.
Il écrira tous les jours ce qui se passe et attendra là de nouveaux
ordres. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1328.
‑ INSTRUCTIONS POUR L’ENVOI ET LA MARCHE D’UN CONVOI D’ARGENT SE
RENDANT EN ESPAGNE. AU
PRINCE DE NEUCHATEL ET DE WAGRAM, MAJOR GÉNÉRAL DE L’ARMÉE D’ESPAGNE,
A PARIS. Saint-Cloud,
7 juillet 1811. Mon
Cousin, donnez ordre au général Avy de partir, du 13 au 15 juillet, de
Bayonne avec le sixième convoi, qu’il doit escorter. Il aura sous ses
ordres : 1° le régiment de marche de dragons de l’armée du Midi, fort
de 500 hommes et de 500 chevaux ; 2° un bataillon d’infanterie légère
pour l’armée du Midi, 330 hommes ; 3° un bataillon d’infanterie de
ligne pour l’armée du Midi, 740 hommes ; 4° un bataillon appartenant à
l’armée de Portugal, 430 hommes ; total, 2,000 hommes et 500 chevaux. Chaque
homme d’infanterie, avant de partir de Bayonne, prendra 40 cartouches ;
chaque dragon en prendra 20 ; de plus, les dragons auront soin de se munir
de fers pour leurs chevaux pendant la route. Un détachement du train, de
ceux qui doivent partir vers la fin de juillet, pressera son départ d’Auch,
de manière qu’on puisse organiser deux pièces de 4, deux caissons et
deux caissons d’infanterie, en tout six voitures, pour lesquelles 24 à 25
chevaux seront suffisants. Cette artillerie, qui sera servie par un détachement
de la compagnie de marche de l’armée du Midi, accompagnera le convoi du général
Avy et pourra servir en route. Le général Avy tiendra son convoi
constamment réuni. Il marchera sans s’arrêter jusqu’à Valladolid,
escortera toujours son convoi, n’en laissera détourner aucun homme ni
aucun argent, enfin remplira fidèlement ses devoirs à cet égard. Le
convoi séjournera deux jours à Vitoria et deux jours à Burgos, afin de
faire les réparations nécessaires et que tout soit maintenu en bon état. Ce
sixième convoi se composera : 1° d’un million pour le roi d’Espagne
(pour juin 500,000 francs, pour juillet 500,000 francs en argent) ; 2°
d’un million pour l’armée du Nord, savoir, les 647,000 francs que le
duc d’Istrie a pris à Vitoria, et un complément de 353,000 francs en
traites ; 3° d’un million pour l’armée du Centre, 750,000 francs en
argent, 250,000 francs en traites ; 4° de quatre millions pour l’armée
de Portugal, deux millions en argent, deux millions en traites ; 5° de deux
millions pour l’armée du Midi, 1,500,000 francs en argent, 500,000 francs
en traites ; total, 8,353,000 francs, dont 5,250,000 francs en argent,
3,103,000 francs en traites. A
l’arrivée du convoi à Vitoria et à Valladolid, tous les hommes isolés
appartenant aux armées du Centre, du Portugal et du Midi, y seront réunis.
Vous écrirez à ce sujet au duc d’Istrie et au général Caffarelli, en
exceptant toutefois les détachements destinés à faire partie de la
colonne du général Van der Maësen, et qui se trouveraient réunis à
Burgos au moment du passage du général Avy. Je suppose que ce général se
fera joindre ainsi dans sa route au moins par 1,000 hommes appartenant à
l’armée de Portugal ; ce qui le fera arriver à Madrid avec 3,000 hommes.
Parvenu à cette première destination, si le général Avy apprend que
les deux armées du Portugal et du Midi sont réunies, il passera d’abord
par l’armée de Portugal pour arriver à celle du Midi ; mais si la réunion
des deux armées n’avait pas eu lieu, le convoi se séparerait. On
dirigerait sur l’armée de Portugal les quatre millions destinés pour
cette armée, en leur donnant pour escorte le bataillon de marche de
Portugal et les 1,000 hommes environ qu’on aurait pu recueillir
appartenant à l’armée de Portugal. Le général Avy s’entendrait avec
le Roi, qui commande l’armée du Centre, afin que l’escorte du convoi de
Portugal ne fût pas moindre de 2,000 hommes, infanterie et cavalerie. Deux
jours après que ce convoi serait parti de Madrid, le général Avy se
mettrait lui‑même en route avec le reste pour l’armée du Midi. Il
est nécessaire d’organiser un nouveau convoi de quatre millions pour les
armées de Portugal et du Midi ; ce convoi sera dirigé sur Burgos, où il
sera mis sous l’escorte de la colonne que le général Van der Haësen
doit conduire à l’armée de Portugal. Faites‑moi connaître quand
les troupes que doit commander ce général seront arrivées à Burgos. Il
faudrait pouvoir y joindre le régiment de marche de dragons de Portugal, et
organiser pour cette colonne six pièces de canon en les faisant servir par
les chevaux qui partent de Bayonne vers la fin de juillet pour le Portugal.
Par ce moyen, ce général aurait une véritable division de 6,000 hommes,
avec du canon et de la cavalerie, et pourrait être partout d’un grand
service. Présentez‑moi un projet d’organisation et d’instruction
pour cette division. NAPOLÉON. D’après
l’original. Dépôt de la guerre 1329.
- OPINION DE L’EMPEREUR SUR L’AGE AUQUEL LA REMONTE PEUT ACHETER LES
CHEVAUX. AU
GÉNÉRAL LACUÉE, COMTE DE CESSAC, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION
DE LA GUERRE, A PARIS. Trianon,
14 juillet 1811 Je
reçois votre rapport du 10 juillet. Je vois qu’il faudrait encore 9,000
chevaux pour compléter à 40,000 chevaux l’effectif des régiments qui
sont en Allemagne, au
delà des Alpes et dans l’intérieur. Il en faudrait 3,000 pour la quatrième
commande, 3,000 pour la cinquième et 2,600 pour le complément. Je ne
compte pas dans ce moment faire cette nouvelle commande de 9,000 chevaux ;
et si pour tant les événements changeaient et que je me décidasse à
faire de nouvelles commandes, j’accorderais la faculté de prendre
jusqu’à des chevaux de huit ans et j’augmenterais le nombre
proportionnel des juments ; mais je ne consentirais pas à recevoir des
chevaux de quatre ans. Je ne ferai une remonte aussi considérable que par
suite des besoins du moment ; or, des chevaux si jeunes ne deviendraient
bons qu’au moment de les réformer ; ce serait une duperie :
j’augmenterais mes dépenses sans augmenter mes moyens de faire la
guerre. D’après
la minute. Archives de l’Empire. 1330.
‑ OBSERVATIONS SUR LE PEU D’ANCIENNETÉ DE SERVICE DES
SOUS‑OFFICIERS DE L’ARMÉE D’ALLEMAGNE. AU
MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE D’ECKMUHL, COMMANDANT L’ARMÉE D’ALLEMAGNE, A
HAMBOURG. Trianon,
14 juillet 1811. Mon
Cousin, j’ai lu avec attention l’état des services des officiers et
sous‑officiers de votre corps d’armée. Je vois avec peine que
presque partout il y a des sergents, des caporaux, etc., qui n’ont qu’un
an de service. Faites‑vous rendre compte de ces irrégularités et réitérez
les ordres qu’aucun sous-officier ne soit nommé qu’il n’ait au
moins trois ans de service. Je vois dans le 13è d’infanterie légère
qu’il y a un sergent qui n’a qu’un an de service ; qu’il y a
dix‑neuf caporaux qui n’ont que deux ans de service. Dans le 12è régiment
de ligne, il y a un sergent qui n’a que six mois de service, etc. Cela ne
devrait pas être. Pourquoi toutes ces irrégularités ? NAPOLÉON. D’après
l’original comm. par Mme la maréchale princesse d’Eckmühl.
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