| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Il est vrai que les marins français avaient pris une petite revanche psychologique : Collingwood prétendait que la navigation dans l’archipel grec était impossible en hiver pour les vaisseaux de ligne. Rigny et Lalande démontrèrent brillamment qu’il n’en était rien. Ces années de navigation dans des mers très dures furent très formatrices pour Jurien. Il y apprit entre autres choses les joies de la manœuvre.
Il bénéficia aussi des enseignements de Lalande qu’il va retrouver bientôt en escadre de la Méditerranée. En effet, après avoir reçu en 1836 son premier commandement, celui du cotre le Furet affecté à la station des côtes d’Espagne, Jurien fut promu lieutenant de vaisseau en avril 1837 et embarqua sur l’Iéna comme aide de camp de l’amiral Lalande. Il y vit à l’œuvre les premiers navires à vapeur et nota les réactions négatives de la plupart de ses camarades :
Nommé en 1839 commandant du brick la Comète, il rejoignit devant Tenedos son cher amiral Lalande et vécut à ses côtés la crise diplomatique provoquée par les affaires d’Egypte qui nous mena au bord d’une guerre avec l’Angleterre. Il y découvrit la fragilité des amitiés franco-anglaises lorsque des intérêts supérieurs étaient en jeu. Il nota ainsi en septembre 1839 :
La crise résolue pacifiquement grâce à la volonté de Louis-Philippe, Jurien et sa Comète vont se livrer à d’autres activités, hydrographiques celles-là. Le 24 janvier 1841, une terrible tempête avait soufflé sur la Méditerranée et provoqué d’énormes dégâts et de nombreux naufrages. On s’aperçut alors soudain des lacunes des cartes marines.
Il fallait évidemment combler ces lacunes et Jurien fut chargé avec la Comète de travailler sur les côtes de Sardaigne avec le concours des ingénieurs hydrographes Darondeau et Laroche-Poncié. Il s’acquitta de cette tâche avec succès puisqu’il obtint en 1841 un témoignage de satisfaction et, en avril, sa promotion au grade de capitaine de frégate. Il avait 29 ans. Jurien, sans doute grâce aux recommandations de l’amiral Lalande, fut choisi, en mars 1843, par le nouveau ministre l’amiral Roussin, comme aide de camp. Affectation de courte durée puisqu’en juillet, il recevait le commandement du Palinure, un brick de la station des côtes d’Espagne avec lequel il se distingua en juin 1844 lors d’un incendie survenu à Barcelone et en octobre 1845 en sauvant l’équipage d’un navire marchand français naufragé. En 1846, l’amiral Roussin le recommandait chaudement à son successeur rue Royale pour un avancement exceptionnel. Contrairement à beaucoup d’officiers de sa génération, Jurien, au bout de près de vingt ans de marine, n’avait encore jamais fait campagne dans les mers lointaines. Cette lacune fut comblée en janvier 1847 lorsqu’il reçut le commandement de la corvette la Bayonnaise qui partait pour une mission de trois ans dans les mers d’Extrême-Orient. Il visita ainsi Hong-Kong, les Philippines, les Carolines, les Mariannes, Batavia, assista les baleiniers français alors assez nombreux qui travaillaient dans ces parages, porta secours aux Portugais de Macao lors du typhon qui ravagea la ville en septembre 1849 et recueillit une masse considérable de renseignements hydrographiques sur les mers de Chine. De cette longue et fructueuse campagne, il rapporta deux témoignages officiels de satisfaction du ministre et un récit qui paraîtra en 1873 en deux volumes sous le titre Voyage de la corvette la Bayonnaise. Dès avant son départ pour l’Extrême-Orient et le pacifique, jurien s’était découvert une vocation littéraire et historique en publiant en 1847 les deux volumes de ses Guerres maritimes sous la République et l’Empire, sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir car il y exprime, chemin faisant, certaines de ses conceptions. En octobre 1850, il était promu capitaine de vaisseau et se trouvait affecté au Dépôt des cartes et plans pour y mettre au net les travaux hydrographiques réalisés avec la Bayonnaise. Sur cette marine de la Monarchie de Juillet encore si peu étudiée aujourd’hui, Jurien donne un témoignage précieux. Il remarque en premier lieu que la conquête de l’Algérie, puis la crise franco-anglaise de 1840, ont imposé silence aux théoriciens continentaux qui préconisaient l’abandon total de toute ambition et de toute politique maritimes. Au contraire, un sentiment de fierté et d’enthousiasme s’est développé.
Dans la conclusion de son étude sur les guerres de la Révolution et de l’Empire, Jurien affirmait, avec peut-être un peu trop d’optimisme, que ce mouvement "Jeune Marine" était soutenu par l’opinion publique.
Avec le Second Empire, Jurien allait accéder à des responsabilités de plus en plus importantes. En 1852, il recevait le commandement de la frégate l’Uranie, école des canonniers avec laquelle il expérimenta de nouvelles méthodes de tirs à feux convergents. L’année suivante, il était demandé comme chef d’état-major par l’amiral Bruat, commandant l’escadre de l’Océan. Celui-ci justifiait sa démarche dans une lettre à l’intéressé en expliquant qu’il a été, comme lui, élevé, "dans les principes de l’amiral Lalande qui les avait lui-même puisés à l’école de votre père. Nous continuerons cette bonne famille autant qu’il nous sera possible". Pour la première fois de sa carrière, Jurien participa à des opérations de guerre lors de la campagne de Crimée. Les services qu’il y rendit lors du bombardement de Sébastopol le 17 octobre 1854, lors du débarquement de Kertch où il commanda les troupes, lors de la prise de Kinburn lui valurent les éloges de son chef auquel le liait une sincère amitié. Il écrira plus tard :
En décembre 1855, à 43 ans, il était promu contre-amiral. De cette dure campagne de Crimée, Jurien tira quelques enseignements intéressants. En premier lieu, l’importance de la maîtrise de la mer et du rôle joué par la flotte. A propos du siège de Sébastopol, il écrit :
Dans cette mer Noire que les compagnies d’assurances tenaient pour une des plus dangereuses du monde, "on eut jamais admis que des vaisseaux la pussent impunément sillonner en hiver", la flotte a accompli
La marine a joué en effet dans cette campagne un rôle primordial en tant que base d’opérations de l’armée de terre. "C’est, écrit Jurien, par ce pont jeté en travers de la mer Noire que viennent incessamment les munitions, les renforts, les vivres, tout jusqu’au bois de chauffage" et au foin pour la cavalerie. Cette symbiose présenta l’avantage de développer la compréhension entre armée et marine.
Au moment de l’opération de Kertch, Jurien nota les hésitations du commandement :
C’est probablement cette expérience qui inspira à Jurien des réflexions sur la nécessité d’un état-major dont il sera question plus loin. Autre enseignement de cette campagne qu’il met bien en lumière : les limites que rencontrait à cette époque l’action d’une flotte contre la terre. Après l’attaque infructueuse du 17 octobre 1854 contre Sébastopol, il notait :
Il insistait aussi sur les insuffisances de la préparation : "on avait brusqué l’attaque, personne n’était prêt, l’effort qui devait tout emporter avait été décousu, successif au lieu d’être simultané" 14. De ces constatations, Jurien tirera une sorte de théorie des opérations amphibies qui sera analysée plus loin. Celle-ci ne sera guère retenue malheureusement et les exécutants feront cruellement les frais en 1915, aux Dardanelles, de cet oubli des enseignements de l’histoire. La guerre terminée, Jurien, qui avait lié de bonnes relations avec les alliés anglais, présida en 1856 la délégation envoyée à la revue navale passée en rade de Spithead par la reine Victoria. L’année suivante, il recevait le commandement en sous-ordre de l’escadre de Méditerranée avec pavillon sur l’Algésiras, ce qui lui donna l ’occasion de participer aux opérations en Adriatique pendant la guerre d’Italie sous les ordres de l’amiral Romain Desfossés. C’est à lui qu’incomba l’organisation du blocus de Venise en juin 1859 mais l’armistice de Villafranca, signé le 7 juillet, interrompit ces opérations de l’escadre qui devait appareiller le 8 pour attaquer la ville15. La paix revenue, Jurien reçut des attributions administratives et fut nommé membre du Conseil de perfectionnement de l’Ecole polytechnique et, en avril 1861, du Conseil d’amirauté et président de la commission des pêches et de la domanialité maritime. Mais ce ne fut qu’un bref intermède dans sa carrière de marin puisqu’en octobre 1861 il recevait le commandement de la division navale du golfe du Mexique. En janvier 1862, il était promu vice-amiral. Commandant interarmées au Mexique, il dirigea le débarquement des troupes à Vera-Cruz et signa, le 19 février, la convention de La Soledad qui aurait pu régler pacifiquement le différend franco-mexicain mais Napoléon III refusa de la ratifier. Revenu au Mexique en juillet 1862 sur la frégate cuirassée la Normandie, premier bâtiment de ce type à traverser l’Atlantique, Jurien dirigea la 22 novembre l’attaque de Tampico et rentra en France en avril 1863. L’Empereur ne lui tint pas rigueur de sa lucidité dans l’affaire mexicaine puisqu’en janvier 1864, il le prenait comme aide de camp, ce qui lui donnait libre accès à la cour où il devint un familier et souvent un confident de Napoléon III et d’Eugénie. En janvier 1866, il était élu membre de l’Académie des Sciences. En 1868, Jurien de la Gravière recevait enfin le principal commandement de la flotte, le plus envié, celui de l’escadre d’évolutions en Méditerranée avec pavillon sur le cuirassé Magenta. Pendant deux ans, il va faire naviguer cette force sans arrêt, étudiant à fond la nouvelle artillerie, l’organisation des diverses spécialités, l’amélioration de l’habillement, de la nourriture, révisant enfin la tactique des bâtiments de combat à vapeur. De cette expérience, il tira des considérations sur la tactique navale qui seront publiées en appendice de sa Marine d’aujourd’hui 16. En décembre 1870, il devait appareiller pour une croisière au Levant mais il resta finalement sur les côtes de Provence pour réprimer les troubles suscités à Nice par le parti séparatiste. Ce fut sa dernière campagne à la mer. Le gouvernement républicain ne lui tint pas rigueur de son bonapartisme puisqu’il le nomma en mai 1871 directeur général du Dépôt des cartes et plans de la Marine et président de nombreuses commissions et conseils : Observatoire de Paris, conseil de perfectionnement de l’Ecole navale (1871), commission de révision de la tactique navale (1872), commissions de réorganisation des troupes de marine (1875), du corps de santé, de la défense des côtes. Son autorité s’étendait aux affaires internationales puisqu’en septembre 1873 il fit partie de la commission internationale chargée de régler les différents territoriaux anglo-portugais au Mozambique. En avril 1884, il était nommé membre de la Commission internationale chargée d’étudier les améliorations à apporter au canal de Suez. Maintenu en activité sans limite d’âge en novembre 1877, Jurien accumula les honneurs : président de l’Académie des sciences en 1886, il entra à l’Académie française en 1888. Les dernières années de sa vie furent consacrées à la rédaction d’ouvrages historiques avec une prédilection pour les périodes anciennes. Il étudia ainsi les campagnes d’Alexandre (1883), la marine des anciens (1880), la marine des Ptolémées et la marine des Romains (1885), La guerre de Chypre et la bataille de Lépante (1888), Doria et Barberousse (1886), Les chevaliers de Malte et la marine de Philippe II (1887), Les corsaires barbaresques et de la marine de Soliman le Grand (1887), Les derniers jours de la marine à rames (1885). De nombreux extraits de ces ouvrages avaient paru sous forme d’articles dans la Revue des Deux Mondes. L’amiral Jurien de la Gravière mourut à Paris le 5 mars 1892. De cette œuvre considérable basée sur de vastes recherches historiques et sur une expérience personnelle variée, il faut essayer de dégager quelques idées directrices qui permettront peut-être de mesurer le bien-fondé de la sévérité prononcée par l’amiral Castex. Jurien s’est intéressé aux aspects les plus importants de la vie de la flotte. D’abord à sa conception même et à sa composition sur lesquelles il s’est abondamment exprimé. Le commandement, la formation et l’entraînement du personnel, la tactique enfin plus que la stratégie, ont aussi fait l’objet de sa part de nombreux commentaires. Essayons de synthétiser une pensée qui a naturellement évolué au long d’une carrière active de plus de cinquante ans. Jurien posa d’abord un principe qui devrait être d’évidence mais a été trop souvent négligé dès le XVIIe siècle : "La marine n’est pas seulement de l’administration, elle est avant tout de la politique. On ne met pas une flotte sur les chantiers sans savoir préalablement ce qu’on en veut faire" 17. Mais il a vécu la grande période de bouleversement technique provoqué par la vapeur qui rendait très ardus les choix à opérer. "Nous vivons en des temps douteux, écrit-il en 1847, où il est difficile de prévoir avec quels éléments nous ferons la prochaine guerre, si ce sera avec des flottes ou avec des vaisseaux isolés, avec des navires à voiles ou avec des navires à vapeur". Un seul élément lui paraît certain : quel que soit le système de guerre qui vienne à s’imposer, nos navires, quelle que soit leur catégorie, doivent se trouvent aptes à affronter avec avantage les bâtiments ennemis de même rang et de même force. Principe encore une fois évident qui sera néanmoins très négligé après 1870 et jusqu’à 1914, période pendant laquelle presque tous les navires français seront toujours largement inférieurs en vitesse et en puissance de feu à leurs contemporains anglais ou allemands. Le 15 décembre 1852, il précisait se pensée dans une lettre au ministre : "La composition d’une flotte doit dépendre de l’usage qu’on veut en faire. Il est donc nécessaire d’embrasser dans son ensemble le système de guerre qui conviendrait à notre génie, à nos ressources, à la situation que nous ont créé les événements qui se sont accomplis depuis 1789. Nous n’avons plus ni colonies ni commerce maritime". Application quelque peu exagérée. Il constatait que l’Algérie alimentait un trafic non négligeable, qu’il existait aussi un cabotage considérable, et enfin une armée de Terre à laquelle il fallait fournir des moyens de transport. La conclusion à ses yeux s’imposait donc : "transporter des troupes avec toute la rapidité possible, défendre la mer territoriale, tel doit être le double rôle de notre marine. Je concevrais que la France songeât à inquiéter le commerce britannique dans les mers lointaines par des divisions de frégates ou de grandes corvettes. Elle obligerait ainsi l’Angleterre à augmenter ses dépendances et à diviser ses forces. Mais je crois que la composition de nos stations actuelles suffirait amplement à ce service"18. Conception bien restrictive qui se limitait à jouer les voituriers de l’armée et à assurer la défense des côtes. Quant à la lutte contre le commerce anglais avec des divisions de frégates, c’était un rappel de la stratégie adoptée par Napoléon et Decrès dans les dernières années de l’Empire, qui n’avait guère eu de succès en raison de l’énorme disproportion des forces. Jurien va préciser ses conceptions dans son livre La marine d’aujourd’hui paru en 1872. Etudiant le grand programme naval de 1857, il commençait par remarquer combien "il était sage, je dirai même indispensable, de ne pas vouloir disputer à l’Angleterre l’avantage de nombre. C’était la seule supériorité qu’on dût lui concéder". Il développait ensuite une théorie qui était, semble-t-il, celle de Napoléon III lui-même :
Il estimait avec raison qu’en France, on faisait grand abus "du fétichisme qui s’attache à certaines noms" et en premier lieu à celui de Colbert. Or il est bien évident que les conditions de 1856 ne sont plus celles de 1668. Aujourd’hui, selon lui, la puissance navale n’était plus liée comme au XVIIe siècle aux colonies et au pacte colonial et il est très remarquable de constater que Jurien se déclare très réservé sur l’expansion coloniale, en particulier en ce qui concernait l’Extrême-Orient, sujet sur lequel il se révèle comme un prédécesseur de Castex. Il écrit ainsi à propos des premiers établissements en Indochine : "Nous avons mis la main dans la ruche et nous avons éveillé les abeilles. Tout établissement possédé par l’Europe dans ces mers lointaines doit se sentir menacé". Il n’allait pas jusqu’à conseiller l’abandon mais il restait "très convaincu de se tenir en garde contre des espérances chimériques" et ajoutait aussitôt : "l’avenir colonial, sous quelque forme qu’il se présente, ne m’apparaît donc qu’environné de nuages. Il n’existe plus heureusement de relation intime entre le progrès colonial et les facultés maritimes du pays". Cet avis était alors loin d’être partagé et Jurien se trouvait très en avance sur son temps en préconisant le décrochage des colonies et de l’armée coloniale de la marine. Il s’était félicité, en 1858, de la création de l’éphémère ministère de l’Algérie et des colonies auquel on avait eu le tort de rattacher l’Algérie "que sa proximité et son importance conseillaient d’assimiler dès lors aux départements français". Par contre, il déplorait le maintien de l’armée coloniale au sein du ministère de la Marine, "de sorte que nous perdîmes une merveilleuse occasion de voir enfin clair dans notre budget. Il n’en est pas moins remarquable que la plupart des progrès réalisés par la marine impériale datent de l’époque où, par suite de la séparation des deux ministères, son sort avait cessé d’être étroitement associé à celui de nos possessions d’outre-mer"19. Jurien approuva la politique suivie par l’amiral Hamelin pendant son passage au ministère. C’était, dit-il, "un homme froid, profondément honnête et qu’une longue expérience avait mis au courant de toutes les parties de notre service qui a laissé une trace profonde de son passage aux affaires". Il souligne la difficulté de la tâche du ministre qui devait innover profondément car "l’ancienne constitution de notre établissement naval n’était plus d’accord avec les conditions dans lesquelles allait se développer une marine qui n’avait que de rares analogies avec la marine du passé". Hamelin divisa donc le matériel en trois catégories : la flotte à voiles, destinée dans son esprit à disparaître rapidement, la flotte transformée, matériel de transition que l’on entretiendrait sans le renouveler et enfin la flotte de l’avenir qui comprendrait 150 bâtiments de combat dont 40 vaisseaux de ligne. Jurien considérait ce programme comme "très sérieux et qui tendait à placer nos forces navales sur un pied des plus respectable" mais il émit cependant des critiques. Pour lui, "une partie des dépenses prévues sera absorbée par la construction de navires dont l’existence parasite menaçait de se développer aux dépens de la substance même de notre flotte de guerre". Il visait ainsi la flotte de transport que l’on souhaitait développer pour lui permettre de transporter 40 000 hommes, 6 000 chevaux et 18 000 tonneaux de matériel. A son avis, ce programme de 1857 reposait sur une idée juste et deux idées fausses. L’idée juste consistait à limiter à un petit nombre de navires rapides notre état militaire. La première idée fausse était d’ordre stratégique et attribuait à la marine "pour rôle principal le transport d’une armée sur le littoral ennemi tandis que c’est l’occupation de la route maritime qui est le point essentiel. La sécurité du trajet garantie, les flottes marchandes suffiront pour l’accomplir". Jurien précisera plus tard, comme nous le verrons, ses idées sur ce point. La seconde idée fausse résidait pour lui dans une confusion trop grande entre les dépenses d’investissement et celles de fonctionnement. Il reconnaissait néanmoins que la rénovation de la flotte avait été menée avec des vues assez larges et qu’Hamelin se préoccupa toujours de tenir les unités constamment disponibles20. Jurien approuvait donc ce programme basé sur une flotte de ligne constituée de grands bâtiments de combat. A plusieurs reprises, il revient sur ce sujet dans ses œuvres postérieures et invoque les théories de son maître l’amiral Lalande.
Mais Jurien rédigeait ses souvenirs en 1882 et il était amené à s’interroger :
Au milieu de ces hésitations bien compréhensibles, il demeurait, dans les premières années de la IIIe République, résolument partisan de la flotte de la ligne. Répondant en octobre 1873 à une enquête lancée par le ministre de la marine, l’amiral Dompierre d’Hornoy, il se déclarait hostile au décuirassement des grandes unités et, vers la même époque, il écrivait dans les souvenirs d’un amiral :
Fort de l’expérience qu’il a vécue en 1855 à l’attaque de Kinburn par les batteries flottantes cuirassées, il n’hésitait pas à prophétiser :
Après avoir élaboré ce plaidoyer éloquent et appuyé en faveur de la flotte de ligne, Jurien, sans doute sous l’influence de ses études sur les marines antiques, se passionna pour les flottilles et les opérations amphibies. Dans La marine d’autrefois, prenant exemple sur César et Germanicus débarquant en Angleterre et remontant les fleuves d’Allemagne, il développa une théorie des flottilles de débarquement qui contient des aspects très modernes et assez prémonitoires. Il prévoit ainsi des péniches embarquées en pontée sur des transports qui seront lancées à la côte sous la protection du feu de la flotte de ligne. Il n’oubliait pas, en effet, de préciser : "la flottille n’opérera jamais qu’à l’abri de ce rempart". A son avis, d’ailleurs, cette flottille constituerait une véritable force de dissuasion. "Je soutiens qu’une flottille convenablement équipée exerce déjà du port où on la rassemble une action stratégique de la plus extrême importance" 24. Cette passion tardive pour les flottilles amène Jurien à proférer des affirmations qui le feront considérer comme un précurseur de la Jeune Ecole.
Obsédé par ses études sur les marines antiques, il ne vit pas que la puissance de feu nouvelle de l’artillerie bouleversait bien des données25. Revenant sur ce sujet en 1885 dans son livre Les derniers jours de la marine à rames, Jurien précisait ainsi sa pensée :
Nous voici en pleine utopie du genre de celles des extrémistes de la Jeune Ecole et on peut se demander comment un homme d’expérience comme Jurien a pu se laisser aller à proférer de telles élucubrations et de telles imprécisions. Comment seront armés ces chétifs navires, par quel miracle atteindront-ils une telle mobilité ? Pas un mot à ce sujet et nous sommes au royaume de l’affirmation gratuite, familière aux adeptes des théories de Gabriel Charmes. A l’évidence, Jurien se faisait beaucoup d’illusions sur les possibilités, à cette époque, des flottilles de débarquement. Ces vues légèrement délirantes sont d’autant plus étranges sous la plume de Jurien que, dans La marine d’aujourd’hui, il avait fort bien vu l’importance de la guerre des communications maritimes et s’était radicalement séparé de la Jeune Ecole sur ce point. Il estimait en effet que le rôle primordial de la flotte consistait "à occuper les grandes voies maritimes… L’occupation de la mer, ne fût-elle que temporaire, doit avoir, même dans une guerre continentale, des conséquences de la plus haute portée". Il l’avait constaté lors de la guerre de Crimée et celle de Sécession l’a confirmé. C’est la raison pour laquelle il se prononçait alors de la manière la plus nette contre la guerre de course dont les résultats stratégiques n’ont jamais été concluants.
Il reconnaissait que la guerre de course pouvait constituer le recours du faible.
On ne saurait condamner en termes plus nets tout un pan des théories de la Jeune Ecole. En ce qui concerne la conception et la composition de la flotte, les vues de Jurien de la Gravière demeuraient donc assez incertaines et quelquefois peu cohérentes. Il resta toujours partisan de maintenir la flotte de ligne dont la nécessité pour lui ne faisait aucun doute. Mais sur la fin de sa vie, il s’enthousiasma pour des flottilles de débarquement dont il ne définit jamais très précisément les caractéristiques. Assez critique sur le programme de 1857, il a bien vu en revanche, l’importance d’une flotte non pas de transport de troupes, mais de soutien logistique. Dès 1872, il soutenait la nécessité de posséder des bâtiments ravitailleurs rapides capables de suivre les escadres en opérations et d’augmenter leur autonomie. C’était alors une vue audacieuse qui ne sera réalisée que beaucoup plus tard. Jurien ne s’est pas préoccupé que des questions de composition et d’emploi de la flotte. Il s’est aussi beaucoup soucié du problème du commandement, de la formation et de l’entraînement des officiers et des équipages, enfin des doctrines tactiques sur lesquelles nous le verrons se tromper totalement. A propos du commandement, Jurien fut, à son époque, un des rares officiers à réclamer la création d’un véritable état-major de la marine. Il se déclara favorable aux amiraux-ministres mais pour ajouter aussitôt : "placez donc un amiral à sa tête. Seulement si vous m’en croyez, donnez à cet amiral ce qu’il trouve quand il prend la mer, un grand état-major". Il n’était pas satisfait de l’embryon d’organisation créé en 1869 par l’amiral-ministre Rigault de Genouilly puisqu’il écrivait en 1882 :
Dans son esprit, cet état-major serait un bureau d’études préparant les opérations dans tous leurs aspects car, "si éclairé, si laborieux, si intelligent qu’on le suppose, le cabinet d’un ministre n’aura jamais le calme et le loisir d’un établissement fixe dont le labeur n’a pas à craindre de brusque interruption"29. C’est exactement ou presque la conception qui sera celle de Castex et que celui-ci fera enfin prévaloir grâce à Georges Leygues en 1920. Jurien était donc, ici encore, très en avance sur les idées de son temps. Il se préoccupa aussi beaucoup des questions de formation et d’entraînement. Dans la préface de La marine d’autrefois, il rappelait cette vérité éternelle :
C’est pourquoi il ne cessa d’insister sur l’importance de la formation des cadres et il protesta avec énergie en 1872 contre le projet de suppression du vaisseau-école.
De même il estimait indispensables les escadres d’évolutions qui constituent "notre seule école de tactique". Par contre, il se déclarait hostile aux stations navales que la marine entretenait alors dans toutes les mers du monde et dont il contestait l’utilité pour "protéger un commerce qui souvent n’existe pas". Et il ajoutait avec raison : "Ce qu’il y a de plus sérieux dans les armements de paix, c’est, à mon sens, ce qui peut préparer de bons armements pour la guerre". Jurien de la Gravière appartenait à la génération de marins qui fut traumatisée par les désastres maritimes de la Révolution et de l’Empire qu’il a étudiés en détail et dont il s’efforça de tirer les enseignements en analysant les causes des victoires anglaises.
Il a très nettement vu que, contrairement à ce que prétendront bien des historiens, Nelson n’a rien inventé en fait de tactique et ses victoires sont dues au fait qu’il avait parfaitement mesuré les faiblesses de ses adversaires français et espagnols
La formation sur le tas que reçoivent les officiers anglais lui paraît préférable à la formule française, trop théorique. Rejoignant les vues de certains officiers généraux du XVIIIe siècle, il considérait qu’on était allé trop loin dans le culte des sciences et que davantage de pratique serait préférable. C’est pourquoi il approuvait pleinement les réformes des amiraux de Rigny et de Rosamel qui avaient maintenu le maximum de navires en armement permanent et développé les écoles de spécialités. Il importe qu’officiers et équipages naviguent au maximum pour être libérés de la
Sur ces problèmes de formation et d’entraînement du personnel, Jurien adoptait des idées très modernes de promotion sociale. Il insistait par exemple sur la nécessité d’améliorer la situation matérielle des officiers mariniers et de leur offrir davantage de possibilités d’accession aux grades d’officier. Vers 1847, un maître américain touchait une solde presque quadruple de celle son homologue français.
Jurien a apprécié pleinement les réformes opérées par l’amiral Hamelin en 1856 qui développaient les spécialités et supprimèrent les équipages de haut bord. La marine y a gagné une disponibilité remarquable et c’est avec fierté qu’il note la manière dont la flotte, entre 1858-1830, souvent prise à l’improviste, a su faire face avec rapidité à toutes les tâches qu’on lui a imposées depuis la Chine jusqu’au Mexique. Un autre sujet de préoccupations fut pour Jurien les problèmes de tactique soumis, du fait de l’apparition de la propulsion à vapeur et d’armes nouvelles, à de profonds bouleversements. Ce sera d’ailleurs pour lui l’occasion de commettre d’énormes erreurs de jugement. Il va, en effet, développer une théorie du combat par le choc sur laquelle il s’étend avec insistance dans La marine d’aujourd’hui, ouvrage qui comporte en annexe des considérations générales sur la tactique navale, fruit de l’expérience acquise au commandement de l’escadre d’évolutions et donc rédigées en 1870. "J’avais déjà en 1859 la pensée que, pour un navire à vapeur, le choc devait être le moyen d’action le plus efficace". Il précisait que, lorsqu’il partit pour l’Adriatique à ce moment, les instructions remises à ses officiers
En 1870, il n’a pas changé d’avis. Sous ses ordres, pendant deux ans, l’escadre de Méditerranée a "passé en revue la série complète des évolutions de la tactique à voiles et de la tactique à vapeur". Il en tient toujours pour le choc et développe sa théorie :
Toujours obsédé par des analogies qu’il avait décelées avec la marine de l’antiquité et des galères, Jurien n’hésitait pas à écrire :
Jurien considérait donc que, lorsque deux flottes cuirassées seront en présence, chaque vaisseau se choisira un adversaire qu’il s’efforcera de couler par abordage. Mais comme il est peu probable qu’il y parvienne à la première tentative, les deux flottes tireront des bordées de canon, s’éloigneront et vireront de bord pour recommencer la manœuvre d’abordage. Evidemment la flotte la plus rapide et la plus habile dans cette évolution acquerra sur l’autre un énorme avantage car elle pourra se trouver en position de menacer de pointe les navires qui lui présenteront le flanc. Il en conclut que
A son avis, dès que l’amiral a donné le signal du combat, "on peut sans crainte fermer le livre des signaux : la responsabilité des capitaines commence". Dans son esprit, le rôle de commandant en chef consiste essentiellement à inspirer à tous ses subordonnés "le bon vouloir mutuel, le soin de la gloire commune, le désir de ne pas survivre à la défaite", en un mot à organiser la victoire. Jurien notait que nombreux furent les amiraux qui se répandirent en récriminations contre le mauvais concours apporté par leurs subordonnés. Ce sera le cas de Ruyter, de d’Estrées, de Keppel, de Grasse, de Suffren, de Villeneuve. Pourquoi ? "N’en cherchez pas les causes ailleurs que dans l’absence d’une règle simple et pratique, dans le partage mal défini de la responsabilité". Il précisait qu’il avait modifié le poste de l’amiral pour lui permettre de faire manœuvrer sa flotte sans signaux. Au lieu de le placer au centre, il l’a mis en tête de ligne ou à une des ailes, ce qui permet d’imprimer "une plus grande aisance aux mouvements tournants". Il conseillait de "partager l’armée en escadres de 6 vaisseaux au moins, de 12 au plus". Celles-ci, qu’il compare aux légions romaines, doivent "dès que l’ennemi est en vue, manœuvrer d’une façon indépendante et concourir, sans la conduite de son chef particulier, à l’exécution du plan d’attaque arrêté par l’amiral". Pour Jurien, la bataille se réduit donc à une série de tentatives d’abordages. On remarquera, mais nous ne sommes qu’en 1870, que ces considérations ne contiennent qu’une seule et brève allusion aux "bâtiments torpilles à propos des unités qui n’ont pas de poste dans l’ordre de combat. Celles-ci doivent s’appliquer à secourir les navires désemparés, à détourner ou à détruire les brûlots et les bâtiments torpilles de l’ennemi, à protéger les mouvements des bâtiments pourvus de machines incendiaires ou explosives". on ne peut pas dire que Jurien ait deviné l’avenir de la torpille qui n’était encore, il est vrai, que dans sa petite enfance. Il s’obstinait à placer sa confiance dans l’éperon qui lui rappelait ses chères galères. De cette analyse des idées exprimées au long de sa carrière par l’amiral Jurien de la Gravière, doit-on conclure au bien fondé du jugement péremptoire émis par l’amiral Castex ? Il est certain que les théories de Jurien sont loin d’être toujours cohérentes et demeurent surtout en définitive fragmentaires et incomplètes. Il restera toujours assez loin de la vue d’ensemble beaucoup plus globale, même si elle contient des erreurs, qui fut celle de l’amiral Grivel37, et on trouve dans son œuvre un assez curieux mélange d’utopie et de réalisme. Disciple proclamé de l’amiral Lalande, il semble avoir bien oublié certains de ses enseignements pour se laisser aller à des vues bien discutables. Est-ce une conséquence de son pacifisme avéré et des illusions auxquelles il serait enclin à s’abandonner ? En 1872, il constatait que "les idées pacifiques ont fait un tel chemin que je m’étonne même quelquefois du sujet qui m’occupe. Je me demande si je ne suis pas en arrière de mon siècle, si mes inquiétudes ne sont pas une injure gratuite à l’avenir". Pris d’un scrupule, il ajoutait aussitôt : "vouloir la paix et restreindre de propos délibéré notre puissance maritime, ce ne serait pas rendre la guerre impossible ; ce serait peut-être la rendre inévitable en laissant à l’ennemi trop de facilité pour la faire sans péril"38. quelques années plus tard, en 1885, il confirmait : "mes vœux sont essentiellement pacifiques ; la guerre est, aujourd’hui, si nous voulons employer le langage des affaires, une opération qui ne paye pas". Il s’étonnait des vastes programmes de constructions neuves que préparait l’Amirauté britannique car il n’en discernait pas la justification. Certes, il mesurait le danger de la course aux armements mais l’idée ne l’effleurait pas que la mauvaise rentabilité de la guerre, réelle ou supposée, n’a jamais été un argument pour l’empêcher39. Ce courant pacifiste était important dans la marine, Grivel en est un autre exemple, chez des hommes effrayés par la puissance nouvelle des armes. Sans doute trop marqué par ses études sur les marines antiques et médiévales, Jurien de la Gravière commettra de vastes erreurs de jugement en se polarisant sur le combat par le choc et en méconnaissant totalement l’avenir de l’artillerie. Cette erreur a certes été assez largement partagée de son temps à la suite des combats maritimes et fluviaux de la guerre de Sécession dont on eut tendance à tirer des enseignements dont la suite des temps allait démontrer la fragilité. "Rien ne prévaut, écrivait Jurien en 1878, contre la supériorité bien établie de l’armement". Comment n’a-t-il pas saisi que cet éperon auquel il faisait tant confiance allait être détrôné rapidement par le canon ? Il n’a pas vu que la guerre navale se trouvait déjà et se trouverait de plus en plus bouleversée par l’accroissement constant de la portée des armes et que, par conséquent, la mêlée et l’abordage étaient voués à disparaître, sauf cas tout à fait exceptionnels. La pensée de Jurien de la Gravière demeure donc en définitive ambiguë et incomplète. Ambiguë car on peut, à certains égards, le considérer comme un tenant des théories de la Jeune Ecole avec son goût, d’ailleurs tardif, pour les flottilles, mais il n’alla jamais jusqu’à l’excès, n’envisagea nullement la disparition immédiate des grandes unités et condamnera formellement la guerre de course dont toutes ses études historiques lui ont démontré l’inefficacité stratégique. On peut aussi, avec non moins de raison, le tenir pour un pré-mahanien car il accordait à la bataille une importance essentielle, sans d’ailleurs en développer véritablement la théorie. Incomplète aussi, car cette pensée ne s’attache pas assez à certains aspects de la guerre navale. Ainsi, la question vitale des communications maritimes n’est pas traitée avec le soin qu’elle mérite. Il est exact qu’il donne trop souvent l’impression de "côtoyer la stratégie sans y entrer". L’œuvre de Jurien de la Gravière, rédigée dans ce style très orné, un peu artiste à la manière des Goncourt, qui nous paraît aujourd’hui bien archaïque, ne mérite peut-être pas malgré tout l’extrême sévérité de Castex, car, au milieu de beaucoup de scories et d’erreurs, surnagent quand même quelques idées justes. Enfin, son témoignage sur la marine de son temps et sur les prodigieux changements techniques qu’il a vécus conserve toute sa valeur, même s’il en a tiré des enseignements insuffisants ou discutables. ________ Notes: Amiral Castex, Théories stratégiques, tome I, pp. 37-38. E. Jurien de la Gravière, La station du Levant, tome I, pp. 127-137. La marine d’autrefois, p. 29. Idem, pp. 54-55. Idem, pp. 73-75. Idem, p. 96. Idem, pp. 125-126. Idem p. 57. Guerres maritimes de la République et de l’Empire, tome II, p. 292. La marine d’aujourd’hui, p. 145. Idem, p. 60. Idem, p. 67. Idem, p. 84. Idem, pp. 50-51. Voir à ce sujet les Souvenirs du Comte Fleury, plénipotentiaire à Villa franca, tome II, pp. 119-120. Il semble que l’empereur François-Joseph attacha le plus grand prix à la suspension de cette attaque contre Venise et que la menace représentée par l’escadre hâta la signature de l’armistice. Paris, 1872. “La marine de l’avenir et la marine des anciens”, Revue des Deux mondes 1878, p. 155. Arch. nat. Marine BB4, 1766. La marine d’aujourd’hui, pp. 158-172. Idem, pp.172-177. La marine d’autrefois, pp. 132-137. Jurien résume ici les théories soutenues par l’amiral Lalande dans un article paru le 15 mai 1844 dans la Revue des Deux mondes présentant un programme de développement de la flotte. Souligné par nous. Voici Jurien précurseur de Mahan et des mahaniens français, en particulier Daveluy et Darrieus. Souvenirs d’un amiral, publiés en appendice de La marine d’aujourd’hui, pp. 301-sqq. La marine d’autrefois, pp. 300-328. “La marine de l’avenir et la marine des anciens”, Revue des Deux mondes, 1878, p. 519. Les derniers jours de la marine à rames, pp. 132-134. Il s’agit d’un petit navire marchand français qui fut capturé en décembre 1870 au large de l’embouchure de la Gironde par la corvette prussienne Augusta qui alla ensuite rapidement se réfugier à Vigo où elle resta bloquée jusqu’à la fin de la guerre. Cf. E. Chevalier, La marine française et la marine allemande pendant la guerre de 1870-1871, Paris, 1873, p. 101. La marine d’aujourd’hui, pp. 190-sqq. La marine d’aujourd’hui, pp. 329-330. Guerres maritimes de la Révolution et de l’Empire, tome II, p. 226. Idem, tome I, pp. 9-10. Idem, tome I, p. 281. Idem, tome II, p. 287. La marine d’aujourd’hui, p. 286. Sur ces combats de la Chesapeake (1862) et de Lissa (1866), voir James Ph. Baxter, Naissance du Cuirassé, Paris, 1935, pp. 261-sqq. et H.W. Wilson, Les flottes de guerre au combat, Paris, 1928, tome I, pp. 15-sqq. et pp. 66-sqq. Souligné par nous. Voir notre étude : “Un théoricien méconnu de la guerre maritime : l’amiral Richild Grivel”, dans L’évolution de la pensée navale II pp. 87-114. La marine d’aujourd’hui, pp. 313-314. Les derniers jours de la marines à rames, pp. 134-135.
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