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LA
PENSÉE NAVALE FRANçAISE DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIE SIECLE
(1600-1661)
Hubert GRANIER
A la fin du XVIe siècle, le
royaume de France est divisé en cinq Amirautés : l'Amirauté
de France, qui a autorité sur les côtes de Picardie, de
Normandie, d'Aunis et de Saintonge ; les Amirautés de
Bretagne, de Guyenne, de Languedoc et de Provence, indépendantes
de celle de la France.
L'Edit de mars 1584, promulgué par Henri
III, reprend les textes antérieurs de François ler et de Henri
II1 imposant le Rôle d'Equipage
sur les navires pour réduire les désertions et codifiant le
Droit de visite ; il montre ce qu'est la Marine en France à
la fin du XVIe siécle et "l'imbrication
extrême des flottes de guerre et marchande".
Ce texte définit le rôle de
l'Amiral de France, chargé du guet de la mer et de la défense
des côtes, de la protection de la navigation, du commerce
maritime et de la pêche. L'Edit précise en son début : "En
toutes armées qui se feront et se dresseront par la mer, l'amiral
de France sera et demeurera chef et notre lieutenant général et
sera obéi par tous les lieux, places et villes maritimes à qui
que ce soit et puissent appartenir, sans aucune
contradiction" 2.
L'amiral de France, assisté de
son vice-amiral, des commissaires et contrôleurs de la Marine créés
par Henri III, est responsable de l'armement, de l'équipement et
du ravitaillement des "navires armant pour le Roi pour
courir sus aux pirates" ; la course est, en effet,
la forme principale de la guerre sur mer. L'Edit confie à
l'amiral le soin d'accorder les congés pour l'armement en course
et codifie la législation des prises ; il prescrit aux
armateurs "bourgeois de navire" l'équipement en
matériel et armes, prévoit une prime à la construction des bâtiments
de plus de 300 tonneaux, afin d'encourager le développement de la
flotte marchande, fixe l'effectif des équipages en fonction du
tonnage du navire et impose aux navires effectuant des croisières
lointaines de naviguer en groupe pour se soutenir mutuellement ;
il oblige les maîtres de navire, les pilotes de port et les maîtres
charpentiers et calfats à subir des épreuves de contrôle de
leur compétence avant d'être admis dans ces fonctions.
L'Edit de Henri III a donc l'ambition de
mettre de l'ordre dans la profession maritime et de préciser les
responsabilités de l'amiral de France en temps de paix et de
guerre. En cas de conflit, l'amiral réunit les navires marchands
disponibles dans les ports des Amirautés pour constituer l'Armée
navale, car le Roi ne dispose pas d'une flotte de guerre
permanente, malgré la tentative de Henri II d'armer au Levant et
dans le Ponant une flotte de galères. Les opérations navales
sont simples : descentes lucratives sur les côtes de
l'adversaire, capture de ses navires en mer et en cas de rencontre
avec les forces navales adverses, choc frontal se terminant après
un combat au canon et enveloppement tactique par les galères par
l'abordage. comme l'écrit Joanès Tramond : "L'art
de la guerre navale demeure encore primitif".
LES IDÉES DE
HENRI IV EN MATIÈRE NAVALE3
A l'issue des guerres de
Religions et à l'avènement de Henri IV, ancien amiral au Levant,
la France a cessé d'être une puissance maritime, le Roi n'a plus
un seul navire apte au combat et ses marins sont passés au
service des Anglais et des Hollandais. Le cardinal d'Ossat et le
président Jeannin supplient le Roi de créer une flotte, mais le
trésor est vide ; le budget de la Marine en 1605 est de 65 000
livres. malgré l'hostilité de Sully, qui ne voit pas l'utilité
d'une marine, il s'élève à 300 000 livres en 1607 et à
485 000 livres en 1609, ce qui démontre la volonté royale
de restaurer notre puissance maritime et permet d'acheter quelques
galères à Gênes et des vaisseaux en Hollande pour lutter contre
les Barbaresques.
Henri IV est conscient de la
faiblesse maritime de la France et en est humilié. Il constate
que :
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Pour
l'accomplissement de sa grandeur, la France doit être
aussi forte et puissante sur mer, comme elle est forte,
crainte et redouté sur terre... (Il
faut) toutes sortes de moyens pour bâtir et entretenir
bon nombre de vaisseaux 4.
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Il tente de développer le commerce
avec les Echelles du Levant, de créer un port à Sète, négocie
avec l'Espagne et l'Angleterre des traités de commerce et de libre
circulation, encourage la constitution de Compagnies de commerce,
mais n'a pas les moyens de restaurer l'activité maritime dans le
Ponant et de s'opposer aux exactions des pirates barbaresques en Méditerranée,
malgré les exploits isolés de Beaulieu-Persac.
LES PROJETS DE L'AMIRAL
HENRI DE MONTMORENCY ET LES THÉORIES DE NOYER DE SAINT-MARTIN
DURANT LA MINORITÉ DE LOUIS XIII
En 1612, Henri de Montmorency succède
à 17 ans à son oncle Charles de Montmorency-Dampville dans la
charge d'amiral de France et reçoit en 1613 l'amirauté de Guyenne.
Lors de l'Assemblée des Notables de 1617, il invite "les
gentilhommes à voyager par mer et trafiquer librement en tous pays",
présente un programme cohérent pour développer le commerce
maritime et remet en vigueur les primes à la construction des
navires prévues par l'Edit de 1584. Par l'Ordonnance du 26 juin
1617, il rétablit le monopole du pavillon en créant des Compagnies
de commerce.
Durant la même période, l'économiste
du Noyer de Saint Martin5 préconise
que Louis III soit "Roi absolu et seigneur de la mer. Il ne
faut pas aller faible - dit-il - car qui est
puissant à la mer est roi partout respecté et au contraire, qui
est faible ne sera tenu pour rien". Du Noyer considère
qu'il n'y a que par le moyen de la navigation que l'on puisse
enrichir l'Etat et rendre le Roi redoutable à ses voisins, car
toutes les richesses et grandeurs du monde viennent de la mer et des
manufactures. "Le grand commerce seul permet d'exécuter les
beaux desseins et de réaliser les grands projets". Du
Noyer crée en 1618 la Royale Compagnie des Voyages au long Cours,
qui ne se développe pas malgré l'appel aux villes, aux
particuliers, au Prévôt des Marchands de Paris et aux Etats de
Bretagne, car l'opinion publique demeure continentale. Les projets
de Montmorency et les théories de Du Noyer n'aboutiront pas à des
réalisations durables, mais le grain est semé et Richelieu
reprendra leurs idées.
RICHELIEU THÉORICIEN
DE LA PUISSANCE NAVALE
Les idées de Richelieu en matière
maritime ont fortement subi l'influence de l'un de ses conseillers,
Isaac de Razilly. Issu d'une famille très liée à la fortune du
cardinal (son frère Claude sera auprès du vice-amiral de Sourdis
en 1638 et 1639 à Fontarrabie et la Corogne, chef d'escadre de
Bretagne en 1640, conseiller du duc de Richelieu, chef de l'armée
navale, en 1647, gouverneur des îles de Ré et d'Oléron, vice-roi
du Canada), il est chevalier de Malte. Après s'être distingué au
siège de la Rochelle, il commande la marine au Havre en 1626 et
devient chef d'escadre en 1629, lieutenant pour le roi en
Nouvelle-France.
Dans un mémoire6
de 17 pages adressé en 1626 au Cardinal, il démontre "de
quelle importance sont les affaires de la mer".
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"Il
faut considérer que l'or et l'argent ne croissent pas
en France... Donc le Roi qui sera le plus fort sur la
mer sera maître de cet or et de cet argent... On
pourrait apporter 2000 autres exemples de la mer pour
prouver qu'un roi qui ne possède pas de forces
maritimes, son pays est une proie. Il convient donc de
faire voir la situation de la France et de savoir si
toutes choses nécessaires pour la navigation s'y
trouvent , ce qui est très facile à prouver, car
dans tout le globe terrestre, il ne se trouve pas un
royaume, qui se puisse égaler à sa bonté."
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Donnant la liste des ports
de Picardie, de Bretagne, de Poitou et de Saintonge, Razilly
poursuit :
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"Les
meilleurs havres sont en Bretagne, commodes pour
y mettre les navires de telle grandeur que l'on
voudra".
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Après avoir étudié
les "risques sur mer", les méthodes
afin de "trouver fonds pour la navigation"
et les entreprises coloniales antérieures Razilly
conclut :
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"Quiconque
est maître de la mer a un grand pouvoir
sur la terre".
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S'inspirant
des idées déjà exprimées et de ces mémoires,
Richelieu va mettre en forme dans son Testament
Politique7,
en particulier dans les chapitres "De
la puissance du Prince" et "De
la puissance de la mer" des idées
stratégiques et démontrer la nécessité
pour le royaume de disposer d'une marine de
guerre puissante et permanente.
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"Pour
relever le nom du Roi dans les
nations étrangères au point où
il doit être, la puissance en
armes requiert non seulement que
le Roi soit puissant sur la
terre, mais aussi qu'il soit
fort sur la mer... La mer est
celui des héritages sur lequel
tous les souverains prétendent
plus de part et cependant c'est
celui sur lequel les droits d'un
chacun sont les moins éclaircis".
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Le
hollandais Grotius soutient dans son
Mare Liberum que la mer est
ouverte à tous, tandis que le
britannique Selden prétendra dans
son Mare Clausum que les mers
britanniques sont la propriété du
peuple anglais. Richelieu, réaliste,
affirme :
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"Les
vrais titres de la
domination des mers sont
la force et non la
raison ; il faut être
puissant pour avoir
droit à cet héritage".
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Il
poursuit :
|
"Jamais
un grand Etat ne
doit être en état
de recevoir une
injure sans
pouvoir en
prendre revanche
et partant,
l'Angleterre étant
située comme
elle est, si la
France n'était
puissante en
vaisseaux, elle
pourrait
entreprendre à
son préjudice
ce que bon lui
semblerait sans
crainte de
retour ;
elle pourrait
empêcher nos pêches,
troubler notre
commerce et
faire en gardant
l'embouchure de
nos grandes rivières
payer tel droit
que bon lui
semblerait aux
marchands ;
elle pourrait
descendre impunément
dans nos îles".
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Le
cardinal a
parfaitement réalisé
que le point faible
de l'Espagne réside
dans ses liaisons
maritimes
obligatoires avec,
d'une part, les Pays
Bas espagnols et,
d'autre part, ses
possessions
italiennes :
|
"La
séparation
des
Etats
que
forme le
corps de
la
monarchie
espagnole
en rend
la
communication
si mal
aisée,
que pour
leur
donner
quelque
liaison,
l'unique
moyen
qu'ait
l'Espagne
est
l'entretien
d'un
grand
nombre
de
vaisseaux
en Océan
et de
galères
en Méditerranée.
D'où il
s'ensuit
que si
l'on empêche
la
liberté
de tels
trajets,
ces
Etats,
qui ne
peuvent
subsister
d'eux -mêmes,
ne
sauraient
éviter
la
confusion".
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Richelieu
est
conscient du
pouvoir
dissuasif
d'une flotte
de guerre :
|
"Si
Votre
Majesté
a
toujours
dans
ses
ports
quarante
bons
vaisseaux
bien
artillés
et
bien
équipés,
prêts
à
mettre
en
mer
aux
occasions
qui
s'en
présenteront,
elle
en
aura
suffisamment
pour
se
garantir
de
toute
injure,
se
faire
craindre
en
l'Océan
par
ceux,
qui
jusqu'à
présent,
ont
méprisé
ses
forces...
Il
faut
donc
avoir
des
forces
proportionnées
à
l'importance
du
trafic,
qui
s'entreprend
dans
le
royaume
et
l'étendue
de
ses
côtes ;
la
sûreté
de
Sa
Majesté
et
la
réputation
de
Sa
Couronne
l'exigent...
(Elles)
feront
que
le
Grand
Seigneur
et
ses
sujets,
qui
ne
mesurent
la
puissance
des
rois
éloignés
que
par
celle
qu'ils
ont
à
la
mer,
seront
plus
soigneux
qu'ils
n'ont
été
jusqu'à
présent,
d'entretenir
les
traités
faits
avec
eux.
Alger,
Tunis
et
toute
la
côte
de
Barbarie
respectera
et
craindra
votre
puissance
au
lieu
que
jusqu'à
présent,
ils
l'ont
méprisée
avec
une
infidélité
incroyable."
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Enfin
le
cardinal
a
compris
qu'une
défense
dynamique
des
côtes
doit
être
confiée
à
une
flotte
plutôt
qu'à
des
fortifications :
|
"L'expérience
nous
a
fait
voir
dans
la
région
des
îles
de
Sainte
Marguerite
et
Saint
Honorat
que
les
forteresses
flottantes
prévalent
aux
plus
assurées
de
la
terre,
lorsqu'on
sait
s'en
servir
hardiment".
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Les
rÉalisations
de
richelieu,
fondateur
d'une
marine
de
guerre
permanente
Le
grand
mérite
du
cardinal
a
été
d'essayer
de
faire
passer
ses
idées
et
ses
théories
dans
les
faits.
Au
moment
où
il
arrive
au
pouvoir,
il
ne
reste
en
Méditerranée
qu'une
douzaine
de
galères
en
mauvais
état.
Au
dire
de
Richelieu :
|
"Le
soin
de
la
Marine
était
alors
si
abandonné
que
Votre
Majesté
n'avait
plus
un
seul
vaisseau
et
qu'il
faut
recourir
à
l'étranger.
La
plus
grande
partie
du
trafic
commercial
se
fait
sous
pavillon
hollandais".
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Les
armateurs
achètent
leurs
navires
aux
Hollandais,
qui,
selon
Isaac
de
Razilly :
|
"emportent
l'argent
de
France,
qui
n'y
vient
plus
si
ce
n'est
pour
acheter
de
nos
bois
pour
nous
les
revendre
en
vaisseaux.
Nos
ports
sont
envasés,
les
Barbaresques
pillent
nos
côtes
et
nos
marins
se
livrent
à
la
piraterie".
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L'unification
de
la
Marine
et
l'exercice
du
commandement
Richelieu
va
concentrer
tous
les
pouvoirs
maritimes
entre
ses
mains,
mais
mettra
dix
ans
pour
y
parvenir
face
"aux
situations
acquises
garanties
par
la
vénalité
et
l'hérédité
des
offices
et
aux
institutions
administratives
défendues
par
ceux
qui
avaient
le
fructueux
privilège
d'en
tirer
profit"8.
En
juin
1626,
César
de
Vendôme,
Gouverneur
et
Amiral
de
Bretagne,
frère
naturel
du
Roi,
qui
a
comploté
contre
Richelieu
est
interné
à
Amboise ;
en
août
1626,
Montmorency
sans
doute
compromis
dans
la
conspiration
de
Chalais
est
contraint
de
vendre
sa
charge
d'Amiral
de
France
et
de
Guyenne.
L'Edit
de
Saint
Germain,
d'octobre
1626,
nomme
Richelieu
Grand
Maître,
Chef
et
superintendant
de
la
navigation
et
du
commerce
de
France.
A
la
mort
du
Connétable
en
janvier
1627,
les
charges
de
Connétable
et
d'Amiral
de
France
sont
supprimées
ainsi
que
les
Amirautés.
Le
cardinal
accepte
en
septembre
1631,
sur
proposition
des
Etats
de
Bretagne,
la
charge
de
Gouverneur
de
la
province,
qui
exerce
également
la
fonction
d'Amiral
de
Bretagne
au
nom
du
Roi.
L'Edit
de
Privas,
qui
étend
à
la
Méditerranée
les
pouvoirs
du
Grand
Maître
de
la
navigation,
permet
au
Cardinal
d'éliminer,
en
1631,
Charles
de
Lorraine,
duc
de
Guise,
Gouverneur
de
Provence
et
Amiral
du
Levant ;
celui-ci,
grand
féodal,
s'exile
en
Italie.
Enfin,
Richelieu
fait
pression
sur
Gondi,
général
des
galères,
qui
a
conservé
son
autonomie,
et
l'oblige
à
lui
vendre
en
janvier
1635
sa
charge,
qui
sera
rattachée
à
la
Grande
Maîtrise
en
février
1636.
En
outre,
au
terme
de
dix
années
d'efforts
et
d'intrigues,
le
cardinal
a
acheté
les
Gouvernements
de
Brouage,
de
Honfleur,
du
Havre,
de
Brest,
la
vice
royauté
du
Canada
et
la
Grande
Maîtrise
de
l'Artillerie,
et
limité
les
droits
seigneuriaux
sur
les
côtes
de
France.
Ainsi
est
réalisée
"l'unification
complète
de
la
marine
française" 9.
"Pour
la
première
fois
en
France
était
créée
une
structure
administrative
centralisée
chargée
des
affaires
maritimes,
pas
important
vers
la
création
d'un
secrétariat
d'Etat
de
la
Marine" 10.
Richelieu
est
devenu
le
chef
incontesté
et
craint
de
la
Marine
royale.
Très
autoritaire,
Richelieu
n'accorde
pas
facilement
sa
confiance ;
il
s'entoure
de
gens
à
sa
dévotion :
Martin
de
Mauvoy,
secrétaire
de
ses
commandements
jusqu'en
1637,
puis
Jules
de
Loynes,
les
Razilly,
le
vice-amiral
de
Mantin.
Pour
être
sûr
de
ne
rencontrer
aucune
opposition,
le
cardinal
pratique
le
népotisme
et
fait
de
la
Marine
un
fief
familial :
son
oncle,
frère
de
sa
mère,
le
Commandeur
Amador
de
la
Porte,
devient
intendant
général
et
chef
des
escadres
à
terre,
son
neveu
Pont-Courlay
est
général
des
galères
après
Gondi
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