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Hautes Etudes Maritimes
RECHERCHE
SUR LES THALASSOCRATIES ANTIQUES
Jean Pagès Préface Le
concept de thalassocratie est couramment employé. Il s’en faut cependant
de beaucoup que son contenu soit clairement identifié. Il n’est pas exagéré
de dire qu’il fait partie de ces pré-notions que critiquait tant
Durkheim, c’est-à-dire de ces pseudo-concepts que l’on croit connaître
parce qu’on les emploie constamment, mais sans les avoir jamais soumis
à une sérieuse investigation critique. L’ouvrage du commandant Pagès
constitue une contribution notable à l’approfondissement historique et théorique
d’un concept dont l’élucidation reste insuffisante. Le
premier problème est de savoir de quoi l’on parle. On suppose que la
thalassocratie est un empire qui tire sa richesse ou sa puissance de la mer,
donc du commerce maritime, accessoirement de la pêche (importance de la pêche
du hareng pour les Provinces-Unies). Cet aspect positif s’accompagne
d’un volet négatif : le refus de s’engager dans les disputes et
l’expansion sur le continent. Mais il faut pousser un peu plus loin
l’analyse. À partir de quel seuil peut-on considérer qu’un État entre
dans le champ de la thalassocratie ? Jusqu’à la fin du xviiie
siècle, la Grande-Bretagne ne différait pas fondamentalement des autres
pays européens. Elle était d’abord un pays à dominante agricole,
auto-suffisant sur le plan alimentaire, et son dynamisme commercial
indiscutable ne traduisait pas pour autant une différence de nature par
rapport à l’économie française. Ce n’est qu’avec les guerres de
l’empire, surtout lorsque
le blocus continental l’a contrainte à rechercher de nouveaux marchés
outre-mer, en direction de l’Amérique latine et de l’Orient, que son
commerce maritime a commencé à se distinguer radicalement de celui des
autres pays européens et ce n’est que dans les années 1840, avec
l’abrogation des Corn Laws, qu’elle a résolument choisi le parti
du commerce international, au détriment de son agriculture. Elle a accepté
une nouvelle vulnérabilité, liée à la fin de l’autosuffisance
alimentaire, pour gagner un surcroît de puissance par le commerce et
l’industrie. À partir de ce moment, elle devient véritablement une
thalassocratie, pendant à peu près un siècle. Le cas des États-Unis est
moins net : qu’ils soient aujourd’hui la première puissance
mondiale ne fait aucun doute, mais ils le doivent autant à leur dimension
continentale et à leur population, qui leur assurent des ressources
agricoles, énergétiques et minérales, ainsi qu’un vaste marché intérieur,
dont la Grande-Bretagne n’avait pas l’équivalent. Conséquence logique,
ils sont beaucoup moins dépendants de la mer que leur modèle britannique.
Faut-il parler alors de thalassocratie alors que leur puissance est autant
continentale que maritime ? Sur un plan économique on pourrait en débattre. Mais
l’indicateur économique ne suffit pas. Il faut faire intervenir la
dimension militaire. La langue allemande possède une distinction, que
l’on ne trouve guère ailleurs, entre la seemacht, véritable
puissance maritime, et la seegeltung (le mot est intraduisible),
limitée à la seule dimension économique[1] :
la Hanse, association de marchands sans structure étatique forte, en constitue
peut-être l’exemple le plus achevé[2].
La thalassocratie cumule les deux volets de la puissance, économique et
militaire. La thalassocratie n’est pas seulement riche, elle est également
dominatrice. Elle arme une flotte et dispose d’un réseau de bases qui
lui assurent la souveraineté maritime, la sea supremacy, comme
l’ont eue les Vikings pendant trois siècles, la Grande-Bretagne de 1815
au lancement du plan Tirpitz[3]
et l’US Navy depuis l’effondrement du défi naval soviétique.
Lorsqu’il n’y a pas cette domination (qui n’exclut pas des remises en
cause ou des contestations pourvu qu’elles restent locales et temporaires[4]),
il n’y a pas de thalassocratie. Peut-on parler de thalassocratie
portugaise au xvie
siècle ? Dans l’océan Indien certainement. Almeida et Albuquerque
ne disposaient que de moyens dérisoires et leur supériorité technique
n’a pas empêché des résistances opiniâtres (la première tentative
d’Albuquerque contre Ormuz est un échec)[5].
Ils ont quand même réussi à construire un empire maritime à partir de
leurs bases de Socotra, Goa, Diu, Ormuz…[6]
qui a tenu jusqu’à l’arrivée des Hollandais au xviie
siècle[7].
De même, il ne restait pas abusif de parler de thalassocratie espagnole
au xviie siècle
dans l’Atlantique. La puissance maritime espagnole a exercé une maîtrise
des mers durable, injustement dévalorisée par l’historiographie
anglo-saxonne dominante. Le désastre de Matanzas (1628), avec la capture de
la flotte de l’or par le corsaire hollandais Piet Heyn, a davantage frappé
les esprits que la résistance de cet empire ibéro-américain, qui a duré
plus de trois siècles, n’abandonnant aux concurrents que quelques îles
caraïbes, et qui a toujours maintenu ses liaisons avec la métropole, y
compris au plus fort de la guerre de Succession d’Espagne, à
l’exception du désastre de Vigo (1702) : les pertes par fortune de
mer ont été supérieures à celles du fait des attaques étrangères et
l’or américain a sauvé Philippe V. Une réévaluation est en cours[8]. La
Hollande a supplanté le Portugal dans l’océan Indien au xviie
siècle et créé un empire maritime que l‘on peut qualifier de
thalassocratie[9].
Mais un système politique fondé sur la domination des marchands et les
libertés des sept provinces a empêché l’entretien d’une flotte de
guerre permanente capable de faire face au rival britannique. Les exploits
de Ruyter ou de Tromp n’ont pas suffi. Il est vrai que l’Angleterre a été
paradoxalement aidée par l’hostilité française qui a obligé les
Provinces-Unies à se défendre d’abord sur le continent. Le vainqueur de
ce jeu européen a été la Grande-Bretagne, la thalassocratie moderne la
plus “achevée”, la plus complète, même si son ascension a été plus
longue, plus laborieuse, en tout cas moins “naturelle” que ne l’a dit
l’historiographie victorienne[10]. Le
problème peut paraître relativement simple dans le cas de la puissance
dominante, même s’il est toujours possible de discuter de la part
relative de la mer dans cette puissance. La controverse apparaît véritablement
lorsque l’on descend d’un cran. Dès
l’Antiquité, le problème se posait avec la Crête, les cités phéniciennes
et Carthage. Le manque de documentation nous interdit de conclure à coup sûr,
mais il semble bien que ces cités commerçantes n’aient pas été de véritables
thalassocraties, dans la mesure où elles n’ont pas développé des
flottes de guerre professionnelles et permanentes. Celles-ci
n’apparaissent qu’en Grèce, précisément à Athènes, dans les décennies
qui ont précédé les guerres médiques[11].
Les cités phéniciennes n’avaient pas d’adversaires à leur mesure sur
mer et Carthage était dominée par une oligarchie mercantile, divisée
entre clans antagonistes, qui avait une conception trop étroite de ses intérêts
pour avoir la stratégie globale indispensable au développement d’une véritable
thalassocratie[12]. Que
penser des Vikings, qui dominèrent les mers de l’Europe du Nord pendant
près de trois siècles (793-1066), mais ne purent résister à
l’apparition de nouveaux types de bâtiments de commerce qui supposaient
des investissements élevés ?[13]
Thalassocratie sans doute, mais assez rustique. Faut-il accorder crédit
aux soi-disant thalassocraties éphémères que furent le royaume catalan ou
le royaume angevin de Naples ? Charles-Emmanuel Dufourcq a parlé de
“l’orientation thalassocratique des Catalans”[14].
Barcelone s’installe en Sardaigne en 1282, en Sardaigne en 1295, étend
son réseau commercial jusqu’à Constantinople, Alexandrie et Beyrouth.
Mais il s’agit surtout d’expansion commerciale, sans maîtrise de la mer
durable, face à la concurrence de Gênes. Au reste, les flottes de galères,
incapables de tenir longtemps la mer, ne permettaient guère d’envisager
une maîtrise de la mer durable, comme l’a magistralement montré John
Guilmartin[15]. Venise
fut une thalassocratie, avec une marine de guerre permanente disposant du
meilleur arsenal de son époque, une organisation de la navigation
commerciale efficace (la mudda), un réseau supérieur de bases, de
renseignements, d’agents commerciaux… Peut-on en dire autant de sa
concurrente Gênes dont le statut semble moins net ? son empire
maritime n’est pas niable, mais sa marine de guerre n’atteint pas
l’organisation et l’efficacité de sa rivale vénitienne[16]. Le débat risque d’être
sans fin. Peut-être faut-il se résigner à l’impossibilité de fixer des
critères, des seuils à partir desquels on pourrait parler de
thalassocratie. Le seul point de départ assuré est le refus de tout déterminisme.
L’explication géopolitique[17]
est tentante, mais elle est insuffisante. La géographie favorise ou gêne[18],
elle n’explique pas tout. Il n’y a pas de continuité entre les
navigateurs frisons du haut Moyen Âge et les Provinces-Unies de l’époque
moderne[19].
Les États-Unis ont peut-être été favorisés par la nature, mais leur
destinée n’est devenue “manifeste” qu’au début du xxe
siècle : pendant le premier siècle de leur existence, ils n’ont été
qu’une puissance maritime de troisième ou quatrième ordre, dont la
marine était surclassée par celles de l’Argentine ou du Chili ![20]
Une
autre voie pourrait être le recours à l’approche culturaliste,
aujourd’hui en vogue. La condition majeure de la thalassocratie serait
alors une mentalité thalassique, c’est-à-dire tournée vers la mer. Athènes
remplit indiscutablement cette condition, les discours des orateurs cités
par le commandant Pagès en apportent la preuve indiscutable. Il suffit de
songer à la stratégie adoptée durant la deuxième guerre médique,
lorsque la ville d’Athènes elle-même est abandonnée aux Perses, ou
durant la guerre du Péloponnèse, lorsque la population athénienne abandonne
l’essentiel de son territoire pour s’enfermer derrière les Longs Murs
pendant que ses escadres ravagent les côtes du Péloponnèse. De même,
Venise fait très tôt “le choix de la mer”[21],
se détournant de l’expansion vers l’intérieur pour consacrer toute son
énergie au grand commerce avec l’Orient. À ce compte, la Grande-Bretagne
amorce le tournant vers la thalassocratie très tôt, lorsqu’elle renonce,
après la guerre de Cent Ans, à des conquêtes sur le continent. Le Lybelle
of English Polycie (1445) de Thomas Moleymes, évêque de Chichester,
annonce déjà ce tournant vers l’empire maritime, qui s’amplifie chez
les auteurs élizabéthains au xvie
siècle[22].
Mais il s’en faut de beaucoup que cette approche triomphe sans
restriction. Il suffit de rappeler l’attachement de la dynastie de
Saxe-Cobourg au royaume de Hanovre (qui, il est vrai, contrôle les
embouchures de l’Elbe et de la Weser) et l’intervention continuelle des
armées anglaises dans les guerres du continent, de Malplaquet (1709) à
Waterloo (1815). La stratégie indirecte, à base de subsides aux
coalitions, de maîtrise des mers et d’opérations périphériques, théorisée
par Liddell Hart dans l’entre-deux-guerres, n’est qu’un type idéel,
un modèle que l’histoire ne vérifie pas vraiment[23]. Cette
approche culturaliste est très stimulante, mais il ne faut pas en abuser.
Il n’y a pas plus de déterminisme culturel que de déterminisme géographique.
On ne manque pas d’exemples de civilisations dont la culture était à
dominante continentale et qui ont développé des empires maritimes, que
l’on pourrait qualifier de thalassocraties : c’est le cas de Rome[24],
de l’Islam au temps de sa domination de la Méditerranée[25],
de Byzance à l’histoire si complexe[26],
de la Chine dont l’immense histoire maritime a trop longtemps été déformée
par un prisme continental[27].
En contrepoint, il faudrait aussi prolonger l’intuition fulgurante de
Karl Polanyi sur la thalassophobie, cet envers méconnu de la thalassocratie[28].
Contestée par certains historiens qui récusent l’idée trop généralisante
du port de commerce[29],
elle n’en a pas moins une réelle valeur heuristique. On le voit, les problèmes
causés par le concept de thalassocratie sont immenses. Il n’est pas sûr,
que, de cette entreprise de vérification, ledit concept sorte validé.
L’essai le plus global et le plus ambitieux d’évaluation de la mer en
tant que facteur de puissance, celui de Georges Modelski, évacue le concept
de thalassocratie pour s’articuler autour de celui de seapower, de
puissance maritime[30],
définie comme “use and control of the sea”. Peut-être, la
thalassocratie n’est-elle finalement qu’un mythe, au sens sorélien du
terme, une image motrice. En effet, on en parle, le plus souvent, dans un
but apologétique. Cet aspect intéressé apparaît avec le concept lui-même :
les orateurs athéniens vantent la thalassocratie, largement imaginaire, de
la Crête minoenne, pour mieux faire passer leur programme d’expansion
navale[31].
2 500 ans plus tard, on retrouve le même arrière-plan politique et idéologique
dans l’analyse de la thalassocratie athénienne par le grand historien
allemand Eduard Meyer. Celui-ci était l’un des propagandistes de la Flottenpolitik
et le parallèle entre Thémistocle et Tirpitz est assez clair[32].
On objectera qu’il s’agit d’un passé révolu, lié à l’impérialisme
whilelminien. Voire… Clark Reynolds, dans sa grande histoire des empires
maritimes[33],
commence par identifier quelques thalassocraties, peu nombreuses : Athènes,
Venise, les Provinces-Unies, la Grande-Bretagne. Il prend soin d’exclure
les États-Unis, mais après avoir dressé une liste de critères qui
correspond trait pour trait à leur situation : “stratégiquement
insulaire ; politiquement libérale ; économiquement marchande et
capitaliste ; socialement diversifiée, avec une classe moyenne
dominante ; religieusement tolérante ; intellectuellement libre
et dynamique ; militairement dominée par la marine”. Il n’est
pas exagéré de dire qu’un tel discours relève davantage de la généalogie
que de l’histoire : il révèle une conception finaliste dans
laquelle la puissance dominante du moment se choisit des prédécesseurs
brillants ou au moins convenables, exactement comme les grandes familles
aristocratiques complètent ou enjolivent les quartiers manquants ou déficients
de leur arbre généalogique. Le
concept n’aurait alors qu’une valeur doctrinale, et non théorique. En
tout cas, il pose une question qui peut contribuer à une meilleure
exploitation des résultats de la recherche historique. Les caractères généraux
qu’il suggère doivent s’accompagner de monographies faisant ressortir
les spécifités de chaque cas. La démarche géopolitique et la méthode
historique sont ainsi associées au lieu d’être opposées. Le grand mérite
du livre du commandant Pagès est de tenter un premier défrichement, à
partir de l’exemple grec dont nous restons les héritiers. Hervé
Coutau-Bégarie Française
d’Histoire Militaire [1]
Cette distinction a notamment été systématisée par Ernst
Wolgast dans un essai superbe, centré sur Athènes et la
Grande-Bretagne, Seemacht und Seegeltung, 1944, resté peu connu
car paru en pleine débâcle du iiie
Reich. [2]
Philippe Dollinger, La Hanse (xiie-xviie
siècles), Paris, Aubier, 1964. [3]
Domination moins absolue qu’on ne l’a dit. D’où les
efforts diplomatiques pour prévenir une entente franco-russe et donc
une réunion des deux flottes contre la Royal Navy. Cf. Gerald S.
Graham, The Politics of Naval Suprematy, Cambridge, Cambridge
University Press, 1965 pp. 78-79. [4]
Au xixe
siècle, à l’apogée de la pax britannica, la Royal Navy est,
plus d’une fois, incapable de réagir à une crise en Méditerranée
orientale par suite de la faiblesse des effectifs de la Mediterranean
Fleet. Mais sa capacité de remontée en puissance est irrésistible.
Elle fait reculer la France en 1840. [5]
Jean Aubin, “Cojeatar et Albuquerque”, dans Mare
Luso-indicum I, Genève, Droz, 1971. [6]
V. Magalhaes Godinho, L’économie de l’empire portugais
aux xve et xvie
siècles, Paris, sevpen,
1969 et C.R. Boxer, The Portuguese Seaborne Empire 1914-1825, New
York, Alfred Knopf, 1969. [7]
Armando da Silva Saturnino Monteiro, “The Decline and Fall of
Portuguese Seapower 1583-1663”, Journal of Military History, janvier
2001. [8]
Amorcée dans l’historiographie anglo-saxonne par J.H. Parry,
The Spanish Seaborne Empire, New York, Alfred Knopf, 1966. [9]
C.R Boxer, The Dutch Seaborne Empire 1600-1800, Londres,
Hutchinson, 1965. [10]
Incarnée par la somme de W. Laird Clowes, The Royal Navy. A
History from the Early Times to the Present, 7 vols, 1897-1903, qui
présentait un développement continu depuis Alfred le Grand. À
comparer avec le superbe essai de Nam Rodger, The Safeguard of the
Sea. A Naval History of Britain 660-1649, New York, Norton, 1997. [11]
H.T. Wallinga, Ships and Sea-Power before the Great Persian
War, Leiden, Brill, 1993, p. 8. [12]
Cf. M. Gras, P. Rouillard, J. Teixidor, L’univers phénicien,
Paris, Arthaud, 1989. [13]
Frédéric Durand, Les Vikings et la mer, Paris, Errance,
1996, p. 132. [14]
Charles-Emmanuel Dufourcq, L’Espagne catalane et le Maghreb,
Paris, sevpen, 1966. [15]
John F. Guilmartin, Gunpowder and Galleys. Changing Technology
and Warfare at Sea in Mediterranean in the Sixteenth Century,
Cambridge, Cambridge University Press, 1974. [16]
Michel Balard, La Romanie génoise (xiie–début
du xve siècle),
Rome, École française de Rome, 1978 et Jacques Heers, Gênes aux xive
et xve siècles,
Rome, École française de Rome, 1965, conformément à l’orientation
dominante de l’historiographie française dans les années 60-70,
traitent surtout des aspects économiques. [17]
Portée à sa quasi-perfection par Karl Haushofer, notamment dans
Weltmeere und Weltmachte, 1937. [18]
Comme pour la Russie, qui a pourtant une tradition maritime
active depuis le xviiie
siècle. Hervé Coutau-Bégarie, “La Russie et la mer. Sur un « déterminisme »
géopolitique”, Hérodote, 47, 4e trimestre 1988. [19]
Cf. les judicieuses réflexions de Stéphane Lebecq, Marchands
et navigateurs frisons du haut Moyen Âge, Lille, Presses
universitaires de Lille, 1983, p. 278. [20]
Kenneth J. Hagan (ed.), In Peace and War. Interpretations of
American Naval History, Westport, Greenwood Press, 1978. [21]
Frederic C. Lane, Venise, une république maritime, Paris,
Flammarion, 1985, p. 35. [22]
Hervé Coutau-Bégarie, “L’émergence d’une pensée navale
en Europe au xvie
siècle”, dans Hervé Coutau-Bégarie, L’évolution de la pensée
navale IV, Paris, ISC-Économica, 1994. [23]
Paul Kennedy, The Rise and Fall of British Naval Mastery,
Londres, Allan and Unwin, 1976. [24]
Thalassocratie par défaut, lorsque le contrôle de toutes les côtes
de la Méditerranée lui en donna spontanément la maîtrise. [25]
Xavier de Planhol, L’Islam et la mer. La mosquée et le
matelot, Paris, Perrin, 2000, décrit une incompatibilité radicale
entre l’Islam et la mer qui est vigoureusement réfutée par Vassilios
Christides dans des travaux nombreux, mais difficile d’accès.
Christides parle de thalassocratie arabe entre les années 820 (conquête
de la Crête et début de celle de la Sicile) et les années 960
(reprise de la Crête et de Chypre par les Byzantins conduits par Nicéphore
Phokas). On peut aussi parle de thalassocratie omanaise, qui a rayonné
dans l’océan Indien jusqu’à Zanzibar. [26]
Le livre capital d’Hélène Ahrweiler, Byzance et la mer,
Paris, PUF, 1966, a une approche d’abord administrative. [27]
Cf., pour une première approche, insuffisante et à reprendre
entièrement, Hervé Coutau-Bégarie, Géostratégie du Pacifique, Paris,
IFRI-Économica, 1987, appendice sur “l’influence de la puissance
maritime sur l’histoire de l’extrême-Orient”
et, surtout, Jacques Dars, La marine chinoise du xe
au xive siècle,
Paris, CFHM-Économica, 1992. [28]
Cf. Karl Polanyi, Les systèmes économiques dans l’histoire
et dans la théorie, Paris, Larousse, 1974. [29]
Jean Aubin, “Le royaume d’Ormuz au début du xvie
siècle”, dans Mare luso-indicum II, Genève, Droz, 1973, p.
77. [30]
Parmi ses travaux, la synthèse la plus achevée est Georges
Modelski & William R. Thompson, Seapower in Global Politics
1494-1993, Londres, Macmillan, 1988. [31]
Claude Baurain, “Minos et la thalassocratie minoenne. Réflexions
historiographiques sur la naissance d’un mythe”, Aegeum VII,
Annales d’archéologie égéenne de l’Université de Liège, “L’égée
préhistorique et la mer”, 1991. [32]
H.T. Wallinga, Ships and Sea-Power before the Great Persian
War, Leiden, Brill, 1993, p. 11. [33]
Clark Reynolds, Command of the Sea. The History and Strategy
of Maritime Empires, Malabar, Krieger, 1983, p. X.
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