Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains

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Institut d'histoire militaire comparée

Commission française d'histoire militaire

 

Conférences sur l'infanterie

Ecole Supérieure de Guerre (1911)

 

 

Le combat au sud d'Hassenhausen de 11 h à 12 h 30

Entrée en ligne du gros de la division Morand

Au moment où le 13e léger se repliait en arrière et à gauche d'Hassenhausen (après 10 h 30), la tête de la division Morand, formée en colonne par division, atteignait 269. Le maréchal Da­vaut alla en prendre la direction. Sur son ordre, la brigade Del­billu (51e et 6e) déployant immédiatement ses quatre bataillons à la même hauteur, se dirigea vers 266. Le général Bronard, avec le 30e et le 1er bataillon du 17e (le bataillon était resté au pont de Kösen), suivit le mouvement dans la même formation, de manière à présenter ses têtes de colonne en arrière des intervalles de la 1ère ligne.

Par ordre du maréchal, l'artillerie s'était établie au centre de la division. Enfin, sur le flanc gauche et sur les pentes mêmes, jusqu'à la Saale, une nuée de tirailleurs français remontait la val­lée. Ceux-ci prenant une certaine avance sur la division, arrivè­rent bientôt sur le versant est de 266 où s'appuyait la droite de Wartensleben, en face du 12e de ligne.

La cavalerie prussienne, forte d'une trentaine d'escadrons, appartenant à toutes les fractions de l'armée, se trouvait dissémi­née en arrière de l'aile droite de Wartensleben. Dès que les esca­drons les plus rapprochés aperçurent le mouvement de la division Morand, ils se jetèrent bravement sur elle conduits par le prince Guillaume. Les bataillons formèrent les carrés, laissèrent appro­cher les escadrons prussiens à 60 ou 80 pas et les reçurent par un feu nourri de mousqueterie et de mitraille. La charge fut repous­sée. Une seconde attaque échoua de même. On fit venir une batte­rie et la cavalerie prussienne reprit ses attaques. Il y eut là plu­sieurs charges successives de cuirassiers, de carabiniers, de dra­gons, de hussards. Bref, tout ce qu'il y avait de cavalerie sur le plateau tenta avec une grande bravoure, mais sans aucune direc­tion, d'arrêter par des attaques incessantes la marche de la divi­sion Morand et d'entamer ses carrés. Les efforts de cette brave et infortunée cavalerie demeurèrent impuissants, complètement dé­cimée et épuisée, elle dut renoncer à la lutte. Ses unités mélan­gées et considérablement réduites, se retirèrent sur Auerstedt.

La division Morand reprit alors son mouvement et son ar­tillerie ouvrit le feu contre la droite de la  division Wertensleben, que la retraite de la cavalerie prussienne venait de découvrir, tandis que les tirailleurs répandus à sa gauche, sur les pentes de la Saale, poussaient résolument en avant.

Fâcheusement impressionnées par la défaite de leur cava­lerie et par l'apparition de forces françaises imposantes sur leur flanc droit, les troupes de Wartensleben commencèrent à s'inquié­ter. Leurs attaques contre Hassenhausen mollirent, puis cessèrent tout à fait ; elles reculèrent peu à peu et, le mouvement s'étendant de proche en proche, la division Wartensleben conversa lentement en arrière sur sa gauche qui resta appuyée à la chaussée, faisant face à la fois à une partie de la division Gudin et à la division Mo­rand toute entière.

Ce mouvement de recul de la division Wartensleben n'eut pas lieu, toutefois, sans quelques retours offensifs exécutés contre les tirailleurs français qui le serraient de trop près : ce qui expli­que la lenteur des progrès de la division Morand.

A 11 h 30, le  centre de la division Wertensleben reçoit un renfort important ; la brigade Lützow, de la division Orange vient s'intercaler entre la brigade Renouard, à droite, et la brigade We­del, à gauche.

A ce moment, la division Morand était encore en arrière de 266, ayant des tirailleurs dans les coupures du terrain et deux batteries devant son front ; mais la gauche de la division Gudin s'était protée résolument en avant dès qu'elle avait vu le mouve­ment de recul de la division Wartensleben.

La brigade Lützow, débouchant en vain de Réhehausen, en­tre les deux fractions de la division Wartensleben, se porte au de­vant des troupes de Gudin qui sortaient d'Hassenhausen et de celles qui se déployaient au sud-est du village. Mais avant que la brigade prussienne ait pu les atteindre, le 61e sort d'un chemin creux où il était abrité, se déploie et ouvre une fusillade intense contre les bataillons prussiens qui sont obligés de s'arrêter. Alors s'établit un long combat de feux avec des fluctuations incessantes des deux infanteries apposées.

Les lignes prussiennes, aussi bien au nord qu'au sud d'Has­senhausen, achèvent d'épuiser leur capacité combative. Les divi­sions Wartensleben et Schmettau étaient déjà trop éprouvées, au moment de l'entrée en ligne de la division Orange, pour que l'in­tervention de cette dernière put produire l'effet décisif que l'on demande à une réserve. Cette division s'accola à des débris qui n'étaient maintenus en ligne qu'au prix d'une dépense énorme d'énergie de la part des chefs.

Le général Morand, jugeant que le moment est venu de passer à l'attaque, fait avancer les 51e et 30e à hauteur du 61e, et les trois régiments se portent à l'attaque de la brigade Lützow et de ce qui restait de la division Wartensleben. « Le choc fut terrible pour le 61e. La mitraille ouvrait les rangs qui aussitôt se resser­raient. Chaque mouvement du régiment était marqué sur le ter­rain par les braves qu'il y laissait. »

Le 51e se heurtait contre le régiment Möllendorf, de la bri­gade Lützow, au moment où ce dernier exécutait une contre-atta­que et réussissait à la repousser, grâce au concours d'un bataillon du 30e. C'était la dernière résistance sérieuse. La brigade Lützow commença à plier. Il était midi ½ environ.

Le combat au nord d'Hassenhausen de 11 h à 12 h 30

Malgré le renfort apporté par la brigade Henri de Prusse, de la division Orange, la capacité offensive de la division Schmet­tau s'est épuisée. Le colonel Sharnhorst, qui dirige le combat de ce côté, ne dispose d'aucune réserve, et sur son flanc gauche appa­raissent des troupes ennemies. Il ignore ce qui se passe à sa droite, et, dans l'état de dépression physique et morale des trou­pes sous ses ordres, l'attitude de la division Wartensleben doit avoir une influence prépondérante sur ses décisions.

La droite de la division Schmettau a pu gagner du terrain tant que la division Wartensleben a progressé. Mas voici que des groupes de cette dernière division commencent à se retirer, l'un après l'autre, poursuivis par le feu de l'ennemi : c'est le signal de la retraite générale pour l'aile gauche. Le mouvement rétrograde s'effectua d'abord avec calme, puis il s'accéléra par l'intervention très active de la division Friant.

Nous avons vu quelle était la situation à 11 h de la division Friant aux environs de Spielberg. Le 108e tenait le village, le 111e, déployé à sa gauche, se reliait à la division Gudin qui combattait défensivement sur tout son front. La brigade Kister (48e et 33e) était au nord de Spielberg ayant à côté d'elle la brigade de cavale­rie Viallannes (croquis 5).

Dès  que les quatre compagnies de voltigeurs de la brigade Kister eurent atteint la lisière du bois au nord-ouest de Spielberg, le gros de cette brigade se porta à l'ouest du village ; en même temps, l'artillerie de la division se déployé le long du ruisseau de Benndorf et commença à entourer de feux la gauche de la division Schmettau. Le 48e de ligne couvrait la droite des batteries. Vers midi, ces dispositions étant prises, le maréchal fut avancer la divi­sion Friant. Le 48e rejoint ses voltigeurs et se lance en aveugle dans les bois, laissant ainsi à découvert l'artillerie de la division[1]. Le général Friant, voyant disparaître ce régiment, le remplaça par le 108e, qu'il poussa vivement à la droite de son artillerie et sur Pappel.

La division toute entière suivit le mouvement du 108e : l'ar­tillerie et le 33e par la rive droite du ruisseau de Benndorf, le 111e par la rive gauche, poussant devant lui l'aile gauche de la division Schmettau que canonnait l'artillerie.

Nota : Ici se termine le récit détaillé de la bataille d'Auers­tedt. La dernière phase n'offre pas, au point de vue de la tactique d'infanterie, un intérêt suffisant pour justifier de longs dévelop­pements ; on s'est borné à en faire un récit très succinct afin de ne pas laisser la curiosité du lecteur tout à fait en suspens.

Retraite des prussiens

Vers 1 heure, le 108e arriva devant Pappel et, après un combat très vif, en chassa le bataillon de grenadiers qui l'occupait.

Les troupes de la division Schmettau qui, jusqu'alors, avaient tenu ferme et avaient effectué leur retraite dans un cer­tain ordre, en entendant le bruit de ce combat en arrière d'elles, se sentirent tournées ; elles se débandèrent, ne songèrent plus qu'à la fuite et se précipitèrent vers Tangwitz. La retraite allait leur être coupée par le 108e quand le prince Henri de Prusse, devan­çant la division Schmettau, arriva à son tour devant cette localité. Les quatre bataillons de sa brigade, bien qu'ayant éprouvé de grosses pertes, étaient encore assez en mains pour qu'on put leur demander un nouvel effort. A leur tête, le prince Henri de Prusse attaqua Pappel par l'est.

En même temps deux bataillons étaient envoyés de Gern­stedt, où se trouvait la réserve, sur Pappel. Sans cette attaque concentrique, le 108e évacua le village où s'engouffrèrent les ba­taillons débandés de la division Schmettau. Ceux-ci, grâce à l'énergie de leurs chefs, purent franchir le défilé et prendre la route d'Auerstedt.

Sur ces entrefaites, la division Friant qui avait continué son mouvement, se déployait autour de Pappel. Alors, le 108e se jeta de nouveau dans Pappel où passaient les derniers éléments de la division Schmettau et y fit de nombreux prisonniers.

Pendant ce temps, la division Gudin s'avançait sur Tang­witz ; la division Morand entamait également la poursuite. Dès que la brigade Lützow eut commencé à plier, des essaims de ti­railleurs sortirent des flancs des bataillons et se portèrent en avant ; les bataillons suivaient en colonne.

On mena battant les prussiens jusqu'au Lissbach.

A ce moment, la pression des français à l'aile gauche dimi­nua d'intensité, le 30e et le 17e étaient détachés vers Sonnend pour agir contres des troupes prussiennes qui venaient d'apparaître sur le Sonnenkuppe. Le général Morand, se mettant à la tête du déta­chement, bouscula ces troupes et réussit à installer ses pièces sur la hauteur d'où elles prirent en flanc l'armée prussienne en re­traite.

Le IIIe Corps attaque les hauteurs d'Eckarts-berg

A midi 1/2, l'armée prussienne avait commencé à plier. A 1 heure, ses derniers éléments évacuaient les hauteurs d'Hassen­hausen et sa déroute eut été complète sans l'intervention de la réserve commandée par Kalkreuth.

Cette réserve, composée des fractions non employées des divisions Arnim et Künheim, avait reçu l'ordre, dès 10 h 30, de se former en bataille à l'ouest de Gernstedt.

A 2 heures cette réserve se déployait sur la longue croupe à l'est d'Eckartsberg.

A 3 heures, les 3 divisions du IIIe Corps avaient franchi le ruisseau du Lissbach et bordèrent la hauteur de Gernstedt. Le maréchal fit alors reprendre l'attaque par tout le IIIe Corps.

La division Morand reçut comme objectifs les hauteurs en­tre Gernstedt et Auerstedt, puis ce village lui-même.

Le maréchal se porta ensuite à la division Gudin et lui prescrit de marcher sur les hauteurs à l'est d'Eckartsberg, tandis que la division Friant, par Lissdorf, attaquerait Eckartsberg et s'élèverait sur le flanc gauche de la ligne prussienne.

La division Morand, étant la plus rapprochée de l'ennemi, devait l'atteindre la première. Lorsqu'elle arriva sur la hauteur, elle la trouva évacuée. Elle poursuivit à coups de boulets l'ennemi qui se retirait sur Auerstedt et acheva de mettre le désordre dans ses rangs déjà ébranlés. Là s'arrêta son action.

Au centre, la division Gudin avait atteint par sa gauche le point de croisement des chemins d'Eckartsberg et Auerstedt ; sa droite se prolongeait dans la direction de Lissdorf.

La division Friant contournait Lissdorf par le nord et sa droite, formée par le 48e, se dirigeait sur Eckartsberg. La ligne ennemie résistait toujours. C'est alors que le 48e déboucha au nord d'Eckartsberg et attaqua, « le ? bataillon tout entier en tirailleurs soutenu par le 2e en colonne serrée. Le 33e suivait le 48e ». Le village d'Eckartsberg fut enlevé. A partir de ce moment, le IIIe Corps était maître de toutes les hauteurs au nord et à l'est d'Auerstedt. Là s'arrêta la poursuite. Les troupes harassées, bivouaquèrent sur le champ de bataille sous la protection de leurs avant postes.


Pertes

Le IIIe Corps avait perdu 27 % de son effectif :

 

 

Officiers

Hommes

1e division 

98

2181

2e division  

20

900

3e division 

154

3500

Cavalerie

6

193

Total

278

6774

Ordre de la bataille du IIIe Corps Français

(chef d'état-major ; Gal Daultanne)

 

 

1e division

(Général Morand)

ì

í

î

13e Léger – Général d'Honnières,

Brigade Delbilly – 51e et 61e,

Brigade Brouard – 30e et 17e,

Artillerie : 10 pièces.

 

2e division

(Général Friant)

ì

í

î

Brigade Lochet – 108e,

Brigade Grandeau – 111e,

Brigade Kister – 48e et 33e,

Artillerie : 8 pièces.

 

3e division

(Général Gudin)

ì

í

î

Brigade Gauthier – 25e et 85e,

Brigade Petit – 12e et 21e,

Artillerie : 10 pièces.

Brigade de

cavalerie

(Général Viallannes)

ì

í

î

  1er  Régiment de Chasseurs

  2ème ___________id______________

12ème____________id______________

Réserve d'artillerie : 16 pièces.

Au total :         24 000 fusils,

  1 500 sabres,

       44 pièces de canon.

Nota : L'artillerie comprend des pièces de 12, de 8, de 1 et des obusiers de 6 pouces.

Ordre de bataille de l'armée du duc de Bruns-wick

L'armée commandée par le Feld-maréchal ,duc de Bruns­wick, avec le colonel Scharnshorst pour quartier-maître, compre­nait cinq divisions dont les chefs étaient les généraux : Schmettau, Wartensleben, Orange, Künheim, Arnim.

Les divisions Künheim et Arnim formaient la réserve et étaient placées sous les ordres du général Halkreuth.

Chaque division comprenait uniformément :

2 brigades d'infanterie,

1 brigade de cavalerie, 1 détachement de troupes légères.

 

 

 

 

 

Total de la

division :

11 batons,

  3 batteries,

15 scadrons.

 

ì

í

î

Composition de la brigade d'infanterie

 

 

Composition de la brigade de cavalerie

 

 

Composition des troupes légères

ì

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î

1 bataillon de grena­diers,

2 régts d'infrie à 2 batons,

1 batterie de 12.

 

2 régiments de cavalerie à 5 escadrons,

1 batterie à cheval.

 

 

1 bataillon de hussard à 5 escadrons,

1 bataillon de fusiliers.

 

Au total : 52 bataillons,

-                    Les bataillons de grenadiers sont à 700 hommes,

-                    Les bataillons de fusiliers sont à 550 hommes.

-                    70 escadrons, Les escadrons sont à 150 ou 160 sabres.

-                    10 batteries, Les batteries sont à 8 pièces.


Commentaires sur la bataille d'Auerstedt  

Aperçu Général

Dans l'étude de la bataille d'Auerstedt, ce qui frappe tout d'abord, c'est la disproportion numérique considérable qui existe entre les deux armées en présence et ce fait que la victoire se range sans hésiter du côté des petits bataillons ; 26 000 français, en effet, battent 46 000 prussiens qui, cependant, font preuve d'une grande bravoure.

Ce résultat est dû à des causes multiples qui ressortiront d'une étude comparative portant sur : 1° l'organisation des trou­pes ; 2° la valeur du commandement ; 3° l'aptitude manœuvrière des troupes.

1° Organisation des troupes – Le IIIème Corps français a été organisé en 1803 dans les camps de la Manche ; il portait à l'ori­gine le nom d'aile droite de l'armée.

De 1803 à 1806 son organisation n'a subi aucune modifica­tion importante : il comprend trois divisions d'infanterie à la tête desquelles se trouvent placés des généraux du plus grand mérite : Gudin, Friant, Morand. Chaque division est composée : de deux brigades d'infanterie à deux régiments, de 8 à 10 pièces d'artillerie et d'un escadron de cavalerie légère. La division Morand compte, en outre, un régiment d'infanterie légère. Les régiments sont à deux bataillons de 700 à 800 hommes. Chaque division comprend ainsi au total : 8 bataillons (10 à la division Morand), une centaine de chevaux, 8 à 10 pièces d'artillerie de différents calibres (8, 4, Obusiers de 6 pouces), qui se répartissent sur la ligne de bataille en petites batteries de 2 à 3 pièces.

Le corps d'armée a, en outre, une brigade de cavalerie lé­gère à trois régiments et une réserve d'artillerie constituée, en majeur partie, avec des pièces de 12.

L'armée du duc de Brunswick comprend cinq divisions[2] dont la composition, en infanterie, est sensiblement la même que celle des divisions françaises. L'organisation de la cavalerie est très différente dans les deux armées. Chez les français la division d'infanterie n'a que quelques cavaliers pour ses besoins particu­liers, le corps d'armée lui-même n'en possède qu'une fraction rela­tivement faible[3] ; toute la force en cavalerie, groupée en divisions, est réunie en une seule masse qui porte le nom de réserve de ca­valerie. Chez les prussiens, au contraire, toute la cavalerie est répartie entre les divisions d'infanterie à raison de 15 escadrons par division[4]. L'inconvénient de cette dispersion se fera sentir au cours des marches et des opérations.

Le 14 au matin, la division du duc de Weimar, qui consti­tuait organiquement l'avant-garde de Brunswick, n'ayant pas re­joint l'armée la mission de former une nouvelle avant-garde fut confiée au général Blücher[5]. Ce dernier ne put qu'à grand peine réunir une douzaine d'escadrons qu'il emprunta aux deux ou trois premières divisions, et c'est avec ces éléments disparates qu'il exécuta, à 9 heures du matin, les fameuses charges contre l'aile droite de la division Gudin. Plus tard, vers 11 heures, une tren­taine d'escadrons apparaissaient derrière la droite de la division Wartensleben. Il y avait là, venus de toutes les parties du champ de bataille, des gardes du corps, des cuirassiers, des dragons, des carabiniers, que le hasard avait agglomérés sans direction supé­rieure. Tous ces groupes, suivant l'impulsion donnée par le prince Guillaume, qui commandait l'un d'eux, se lancèrent à l'attaque et vinrent successivement se briser contre les carrés du général Mo­rand. Il est indéniable que les 70 escadrons de l'armée du duc de Brunswick auraient produit un effet autrement redoutable, s'ils avaient agi avec l'ensemble et la méthode que pouvait seule leur donner une organisation mieux appropriée aux conditions d'em­ploi de la cavalerie. La répartition de la cavalerie entre les divi­sions d'infanterie ne permit pas de réunir les escadrons au mo­ment opportun, ni de tirer parti de leur nombre.

A la fin de la bataille, cette cavalerie était tellement désor­ganisée, que la brigade légère du général Viallannes put pénétrer jusque dans les rangs des fuyards sans être inquiétée. Dans l'ar­mée du duc de Brunswick, il n'existe pas non plus de réserve de batteries ; toute l'artillerie est, comme la cavalerie, répartie entre les divisions.

2° Valeur du commandement – Le 3e corps a été formé et ins­truit par un chef éminent, le maréchal Davaut.

Tous les rouages y fonctionnent régulièrement. L'aptitude à la guerre, que le corps d'armée a montrée au cours de la campagne de 1805, est une preuve de sa bonne organisation.

Le maréchal Davaut est un chef strict, juste et éclairé ; il possède une haute valeur intellectuelle et morale ; il est craint et respecté de ses inférieurs à qui il inspire une confiance absolue.

L'esprit de prévoyance et de décision dont fit preuve le ma­réchal dans la soirée du 13 octobre est digne de remarque. Non content d'avoir fait occuper les ponts de la Saale à Freyburg et Kösen, d'avoir envoyé des reconnaissances dans les directions d'Echartsberg et d'Auerstedt, lui-même monte à cheval à 4 heures du soir et se porte de Naumbourg sur Hassenhausen, en vue d'étudier le terrain sur lequel son corps d'armée aura vraisembla­blement à agir le lendemain. Rentré à Naumbourg, il réunit chez lui les généraux de divisions et les  chefs de service, non pas pour discuter avec eux les instructions de l'Empereur annoncées pour la nuit, mais pour hâter leur exécution. Cette précaution aura pour résultat de rendre la communication des ordres si rapide que le corps d'armée se mettra en marche le 14, dès 4 heures du matin une heure après la réception du courrier de l'Empereur.

Le commandement prussien ne semble pas avoir été à la hauteur de sa tâche ; la veille et le jour même de la bataille, il manifestait la plus grande indécision.

C'est le 12 à 11 heures du soir, que parvint au quartier gé­néral prussien la nouvelle de l'occupation de Naumbourg par les français. Au reçu de cet avis, Brunswick ne prit pas de décision immédiate. Suivant sa coutume en pareil cas, il réunit ses conseillers, Phull, Kleist, Scharnhorst et discuta avec eux les ter­mes des ordres à donner, puis il convoqua les généraux au quar­tier général pour leur faire connaître ses intentions.

Le général Schmettau ne parut pas à l'heure fixée[6].

Comme sa division devait prendre la tête, on attendit son arrivée, ce qui occasionna un retard d'une heure de sorte que l'armée commença son mouvement le 13 à 10 h 30 du matin seu­lement ; environ 12 heures après qu'il eut été décidé.

Les dispositions adoptées par le duc de Brunswick pour le passage de l'Unstrutt pouvaient réussir, à la condition d'être sui­vies d'une exécution immédiate. La première mesure qui s'impo­sait, en tout cas, était l'occupation du pont de Kösen, afin s'inter­dire à l'ennemi l'accès du plateau d'Hassenhausen. Cette manœu­vre exécutée le 13 au soir, aurait donné au duc de Brunswick une grande sécurité sur son flanc droit et lui aurait, sans doute, per­mis de dérober sa marche au 3e corps français. Le général Schmet­tau, qui avait reçu l'ordre d'atteindre Kösen le 13, prit sur lui de s'arrêter à Auerstedt. Sa décision est d'autant plus blâmable que des bruits signalaient la présence de l'Empereur à Naumbourg.

En n'exigeant pas, le 13 au soir, de la division Schmettau, l'effort nécessaire pour atteindre Kösen, le duc de Brunswick par­tage la responsabilité de la conduite de son subordonné. Bien plus, le 14 au matin, il donne ses ordres pour la reprise du mouvement vers l'Unstrutt sans envisager la possibilité d'un engagement gé­néral avec l'ennemi qui lui est signalé à 15 kilomètres d'Auerstedt, où se trouve son quartier général. " Le vieux maréchal Möllendorf, qui accompagnait le roi, avait parlé d'attaquer, mais il avait paru ridicule."

Le 14 au matin, le duc donne l'ordre au général Schmettau de se porter au-delà du Lissbach et de se déployer la droite à la chaussée d'Hassenhausen. L'exécution du mouvement subit un premier retard d'une heure, à cause du brouillard ; un deuxième retard se produit au-delà du Lissbach pour attendre l'entrée en ligne de la division Wartensleben. Il semble que, la bataille un fois décidée, il y avait le plus grand intérêt à faire gagner au plus tôt à la division d'avant-garde le plateau d'Hassenhausen où elle aurait trouvé un terrain de combat avantageux pour elle-même, et où elle aurait pu faciliter l'entrée en ligne des autres fractions de l'armée, dans le cas où leur intervention eut été reconnue néces­saire.

Ces réserves faites, les dispositions du duc de Brunswick en vue de la bataille générale, dès que celle-ci eut été décidée, sont acceptables : la ligne de combat est constituée par les divisions Schmettau et Wartensleben, que la division Orange doit appuyer ; les deux dernières divisions forment la réserve générale, elles sont l'ordre de se rapprocher de Gernstedt. L'exécution ne répondit pas à la conception. La division Schmettau, deux fois retardée dans sa marche, fut devancée à Hassenhausen par les français, et le dé­ploiement des divisions Schmettau et Wartensleben, qui eurent à franchir un vallon marécageux sans le feu de l'artillerie et des tirailleurs ennemis, se fit dans de mauvaises conditions. La divi­sion Orange intervint trop tard, au moment où les deux premières commençaient à plier ; elle ne recueillit que des débris.

La réserve, qui aurait trouvé un emploi si justifié dans une manœuvre exécutée par la gauche au nord de Spielberg, resta inactive. Le Duc de Brunswick avait été grièvement blessé à 10 h ½ et l'armée prussienne cessa d'être commandée à partir de ce moment. Le roi n'exerça son autorité que pour faire déployer des fractions de cette réserve sur les hauteurs d'Echartsberg. Il en résulta que deux divisions sur cinq ne prirent pas part à la ba­taille.

Du côté des français, le temps est mis merveilleusement à profit pour faire concourir toutes les forces à la bataille, et bien que le mouvement de tout le corps armé doive s'effectuer par la même route, à cause du passage obligé du pont de Kösen, et que la distance à parcourir pour atteindre Hassenhausen soit plus grande pour les français que pour les prussiens, la division Gudin arrive la première et s'empare sans difficulté de ce point d'appui dont le maréchal Davoust a deviné l'importance : elle occupera le village et le terrain environnant et s'y maintiendra jusqu'au mo­ment de passer à l'offensive. La division Friant entre en ligne à 10 heures et entame aussitôt son mouvement enveloppant par la droite. A gauche, la division Morand arrive à temps pour sauver Hassenhausen sur le point de tomber aux mains de l'ennemi, et décide de la victoire en faveur du 3e corps, victoire qui sera rendue définitive par l'enveloppement des deux ailes.

Du côté français, se manifeste le souci constant de déployer une ligne de feux au moins aussi étendue que celle de l'adversaire, de la constituer avec économie sur le front, de manière à avoir plus de monde à opposer à l'ennemi sur les points où on recherche la décision, c.a.d. aux ailes. L'économie sur le front sera réalisée, grâce à une occupation judicieuse des localités dédaignées par les prussiens.

Les troupes en arrière de la première ligne sont dans des formations qui favorisent leur mobilité, et permettent de les por­ter sur un point quelconque du champ de bataille. Chez leurs ad­versaires, au contraire, la 2e ligne, invariablement soudée à la première, ne peut que renforcer celle-ci droit devant elle. Enfin, les réserves sont, suivant le cas, ménagées parcimonieusement ,comme à la division Friant, en vue de l'exploitation ultérieure du succès, ou dépensées jusqu'au dernier homme, comme à la division Morand, quand il s'agit de frapper un coup décisif.

On peut donc en conclure que l'activité du commandant du 3e corps, son esprit de prévoyance et de décision, sa science tacti­que, l'habileté, en un mot , avec laquelle il a utilisé ses troupes, ont pesé d'un grand poids dans le résultat de la bataille d'Auers­tedt. Les avantages inhérents à l'organisation des troupes et à la science tactique du commandant sont manifestement du côté fran­çais.

3° Aptitude manœuvrière et manière de combattre des troupes

La science tactique du commandement ne suffirait pas à garantir le succès ; il faut que les troupes aient l'aptitude manœu­vrière indispensable pour exécuter les desseins du chef et une manière de combattre en rapport avec leurs armes et leur tempé­rament. Ce sont les deux points : aptitude manœuvrière, procédés de combat, qui sont précisément la raison d'être de cette étude et que nous allons examiner d'une façon toute spéciale.

La manœuvre

En étudiant de près les mouvements de deux adversaires sur le champ de bataille d'Auerstedt, on est frappé de la dissem­blance qui existe entre la manœuvre des français, autant elles sont aisées et rapides, autant celles des prussiens sont lentes, ri­gides, compassées, et se plient difficilement au terrain.

Prussiens

Les divisions prussiennes arrivent sur le champ de bataille en une seule colonne qui doit se déployer sur deux lignes avant d'entrer dans la zone meurtrière du canon. Elles s'avancent ainsi en un seul bloc à la rencontre de l'ennemi. Si les lignes trouvent devant elles un obstacle tel que le Lissbach, elles se brisent en un certain nombre de tronçons qui se ressoudent après le franchis­sement de l'obstacle. Les divisions perdent à chaque incident de marche un temps considérable et n'avancent que très lentement. Dès que le contact est pris avec l'ennemi, il n'y a plus de manœu­vre latérale possible, même pour les troupes de la 2e ligne qui res­tent invariablement soudées à la première.

En effet, les troupes de la 2e ligne, étendues parallèlement à celles de la 1ère ligne, participent, comme elles, à tous les in­convénients d'un déploiement prématuré : leur action est limitée à leur propre front, et chaque bataillon doit se borner à soutenir la fraction engagée immédiatement devant lui, ou rester inactif. Cette disposition linéaire est trop rigide pour se prêter à une mo­dification quelconque dans la répartition initiale des troupes ; elle ne favorise pas l'application du système de l'économie des forces ; la moindre erreur de direction ne peut être réparée.

Il est à remarquer, en outre, que le système linéaire, en produisant un effort simultané de toutes les troupes engagées sur le front, tend à provoquer des décisions rapides[7]. Pour être en me­sure, dans ces conditions, soit de renforcer, soit de prolonger les troupes engagées, soit d'exploiter le succès, la réserve doit pouvoir entrer en action à bref délai. Or, une intervention rapide n'est possible que si elle est établie à proximité de la 1ère ligne, et dans une formation telle qu'elle n'ait aucun mouvement préalable à effectuer pour entrer en action : c'est pourquoi elle se forme géné­ralement en bataille, comme les deux premières lignes.

Mais ce rapprochement risque de la compromettre en la faisant participer aux émotions de la lutte ; son déploiement anti­cipé la met dans le cas de s'engager prématurément, et présent, en outre, le grave inconvénient de rétrécir son champ d'action. Telles sont les difficultés inhérentes à la manœuvre de la réserve dans le système linéaire. Il serait plus logique dans bien des cas, de l'employer d'une façon préconçue. L'exemple de la bataille d'Auerstedt nous monter que l'emploi à priori de la réserve par la gauche, au nord de Spielberg, sans attendre le résultat du combat sur le front, était une manœuvre à tenter. L'idée en était venue parait-il , au duc de Brunswick, mais le roi, qui exerça le com­mandement direct de l'armée après la blessure du duc, eut trop peu de confiance dans l'aptitude manœuvrière de ses divisions pour leur faire exécuter cette manœuvre, et il conserva ses réser­ves pour parer à l'imprévu.

Quoiqu'il en soit, en voulant subordonner l'action de la ré­serve aux indications du combat de front, le commandement prus­sien s'est trouvé dans l'impossibilité de la faire donner à temps pour appuyer la première ligne, et n'a pu que lui faire occuper une position de repli.

Français

Combien différente est la manœuvre des français !

Le général Gudin, à peine arrivé au débouché du défilé de Kösen, forme successivement ses régiments en colonne de chaque côté de la Chaussée. La tête de chaque régiment ne s'arrête que le temps nécessaire pour permettre à la queue de rejoindre. Celle-ci marche sans interruption, de sorte qu'il n'y a aucune perte de temps. Plus tard, l'es régiment rompront par bataillon et s'avance­ront en ligne de colonne de bataillon – c.a.d. dans des formations d'autant plus petites qu'ils se rapprocheront davantage de l'en­nemi. S'il a lieu d'occuper certains points particuliers du terrain, les bataillons s'y portent comme s'ils étaient isolés.

C'est ainsi que les bataillons de tête de la division Gudin prennent possession d'Hassenhausen et des mouvements de ter­rain au nord et au sud du village. La division Friant agira de la même manière à Spielberg.

Les avantages de la ligne de colonnes sont incontestables. Dans un terrain moyennement accessible, où les obstacles sont facilement tournés, la marche n'est ni entravée ni ralentie. Un alignement rigoureux n'est pas indispensable. Cette disposition est aussi très avantageuse pour se prémunir contre les entreprises de la  cavalerie, parce qu'elle permet la formation rapide des car­rés. La formation en bataille n'exige que le temps nécessaire au déploiement d'un bataillon ce qui permet de ne se déployer qu'au dernier moment, et quant on est déjà fixé sur la manœuvre de l'ennemi. Enfin, le maintien des colonnes aux ailes favorise les conversions préparatoires à l'enveloppement.

Il suffit pour se convaincre des avantages que présentent ces dispositions, de comparer la souplesse des mouvements de l'aile droite de la division Friant avec la lenteur de la conversion de la division Wartensleben effectuant l'enveloppement d'Hassen­hausen.

Le maintien en colonne des bataillons de la 2e ligne aug­mente leur mobilité, leur indépendance, et leur donne un champ d'action plus étendu. C'est ainsi que le maréchal Davout, au mo­ment de la crise d'Hassenhausen et de la panique du 85e dispose des 21e et 12e régiments, qui constituaient la 2e ligne de la division Gudin, pour rétablir les affaires à sa gauche jusqu'à l'arrivée de la division Morand. Ces mouvements s'exécutent en petites colonnes de bataillon avec une sûreté et une aisance parfaites, ils seraient longs et compliqués en lignes déployées.

Les dispositions prises par le général Morand pour amener sa division à l'aile gauche du 3e Corps, où elle était impatiemment attendue, constituent un modèle qui n'a pas été dépassé. La divi­sion est formée sur deux lignes de bataillons en colonne par divi­sion à intervalles de déploiement ; les bataillons de la 2e ligne correspondent aux vides de la 1e, l'artillerie est au centre. Les bataillons de la 1e ligne sont précédés de leurs tirailleurs ; la gauche de la division est couverte par quelques compagnies de voltigeurs qui remontent les pentes de la rive gauche de la Saale. Rien n'arrête cette division, ni les obstacles du terrain, ni les atta­ques réitérées d'une nombreuse cavalerie. Elle est prête, soit à la prolonger, soit à exécuter une manœuvre contre la droite ennemie. Le succès couronne finalement ces excellentes dispositions.

Les français ont donc des procédés de manœuvre qui se prêtent à l'exécution de tous les actes de la bataille.

On peut se demander comment l'infanterie française a ac­quis une aptitude manœuvrière si remarquable ; pourtant, à les regarder de près, les manœuvres de français sont loin d'avoir la précision que l'on remarque dans les autres armées. Le fantassin français est dressé d'après les principes de l'ordonnance du 1er août 1791, qui est la copie presque textuelle du règlement prus­sien.

On lui apprend à se tenir debout la poitrine sortie et le ventre rentré, à marcher le pas ordinaire en le décomposant comme s'il n'avait pas marché depuis qu'il a quitté sa nourrice. On met ensuite dans le rang et on apprend aux hommes réunis à marcher en ligne, à changer de direction en tournant les yeux du côté opposé à celui où ils marchent, etc.

Cette instruction fait partie du dressage élémentaire du fantassin depuis un siècle. La tradition s'en est maintenue malgré qu'on y accorde peu d'attention. Toutefois, ce n'est pas à la valeur de ces exercices de détail qu'il faut attribuer la supériorité de l'in­fanterie française, car le rang français n'atteint jamais l'immobi­lité des hommes et des armes qu'on remarque dans les troupes étrangères. Les changements de front s'exécutent sans exacti­tude ; les distances entre les rangs ne sont pas observées.

Mais la manœuvre française, dégagée de toutes les entra­ves méthodiques, se distingue de celles des autres armées par la vitesse. On regarde plutôt à l'ensemble qu'à la stricte précision ; s'il se commet des fautes, on les répare sans bruit. D'ailleurs, la pratique non interrompue de la guerre a ramené les manœuvres aux formes les plus simples et a fait écarter les combinaisons sub­tiles qui ne trouvent pas leur emploi sur le champ de bataille. Changer la ligne en colonne et la colonne en ligne, marcher et converser dans les deux ordres, former les carrés ; à cela se borne la tactique révolutionnaire des français. Aussi le temps d'instruc­tion dans les dépôts est-il court.

Trois semaines, quinze jours suffisent pour envoyer le conscrit à l'armée. Une partie des soldats ne touchent le dépôt que pour y recevoir un fusil. On peut donc affirmer que le soldat fran­çais est théoriquement le moins instruit de tous les soldats mo­dernes mais il est pratiquement le mieux instruit, car, à partir du jour où il est incorporé dans les rangs de l'armée, il n'exécute plus que des manœuvres ayant la guerre pour objet. Il faut ajouter à cela que les cadres dans lesquels entrent les recrues sont excel­lents. C'est donc à la pratique de la guerre seule que l'infanterie française doit sa supériorité manœuvrière.



[1] Il ne reparaîtra sur le champ de bataille que vers 3 heures.

 

[2] Le système divisionnaire a été introduit depuis peu de temps en Prusse à l'instigation du colonel Scharnhorst.

[3] La cavalerie attachée à chaque corps d'armée comprend, en principe, un nombre de régiments égal à celui des divisions du corps d'armée ; c.a.d. 3 ou 4 régiments de légère.

[4] a l'exception de la division d'avant-garde dont la proportion en cavalerie est beaucoup plus forte.

[5] Blücher ne faisait pas partie de l'armée du duc de Brunswick ; il venait d'être appelé de Weimar pour être mis à la tête de la nouvelle avant-garde que l'on se proposait de constituer.

[6] Du côté français, un général manque aussi au rendez-vous fixé par le maréchal Davaut, c'est le général Viallannes ; mais le maréchal ne l'attend pas pour donner ses ordres, une division d'infanterie prendra la tête. A la suite de cet incident le général Viallannes eut sa carrière arrêtée et ne fut pas promu divisionnaire.

[7] Les batailles de la Guerre de sept ans, entre deux adversaires qui pratiquaient la tactique linéaire, étaient réglées en 2 heures.

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