| Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains |
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Institut d'histoire militaire comparée Commission française d'histoire militaire
Conférences sur l'infanterieEcole Supérieure de Guerre (1911)
Comparaison
des procédés tactiques en usage en 1806 et avant 1870
La
comparaison des procédés en usage en 1806 avec les règles posées par
l'instruction de 1867 fournit l'occasion de faire quelques rapprochements
intéressants. Ordre
de bataille – L'organisation de l'armée du
Rhin en 1870 est analogue à celle de la Grande Armée de 1806. Les
corps d'armée de 1870 ont 4 ou 3 divisions d'infanterie, suivant qu'ils
sont commandés par des maréchaux ou des Généraux de division. A chaque
corps d'armée sont, en autre rattachées une division de cavalerie et une réserve
d'artillerie dont l'importance varie avec le nombre des divisions dont se
compose le corps d'armée[1]. La
division d'infanterie comprend : -
2 brigades à 2 régiments de 3 bataillons, -
1 bataillon de
chasseurs comptant à l'une des deux brigades, -
3 batteries d'artillerie, dont 2 de 4 et 1 de
mitrailleuses, -
une fraction de cavalerie de la force d'un
escadron. La division d'infanterie est toujours l'unité de bataille,
comme de bataillon est resté d'unité de combat. Rien
n'est changé dans la constitution de l'ordre de bataille qui continue à être
sur 2 lignes. Les lignes sont, suivant les cas, formées de bataillons déployés
sur deux rangs ou en colonnes. Les bataillons de chasseurs jouent le rôle dévolu
autrefois aux troupes légères et encadrent, en général, les batteries
quand celles-ci viennent prendre position en avant du front. Le 16 août
1870, vers 1h de l'après-midi, 4 compagnies du 5e bataillon de
chasseurs, appartenant à la division Grenier du corps Ladmirault, sont envoyées
en avant et sur les flancs de l'artillerie déployée sur la croupe du
Poirier du Bois dessus. La brigade Bellecourt (13e et 43e
régiments) se forme en bataille en arrière de l'artillerie. Les
corps d'armée qui s'engagent se ménagent une réserve particulière. Il y
a en outre pour l'armée une réserve générale composée de grosses unités
d'infanterie et de cavalerie. C'est ainsi que l'armée française est
constituée dans la matinée du 15 août 1870. Les
tirailleurs – Le rôle des tirailleurs est
toujours, comme ne 1806 de refouler les postes avancés de l'ennemi, de
jeter le désordre dans sa première ligne, de gêner l'établissement de
son artillerie, tout en empêchant de se livrer à des entreprises analogues
contre nos troupes. Les tirailleurs sont des agents de préparation, non
d'exécution. Dès qu'ils sont trop vivement pressés, ils se retirent dans
les intervalles des bataillons et se conforment, à leur mouvement en exécutant
des feux. Les
marches d'approche – en terrain accidenté
doivent se faire en lignes de colonnes à intervalles de déploiement. La 1ère
ligne se déploie dès qu'elle tombe sous le feu de l'artillerie ou de
l'infanterie. C'est, dit-on, la formation qui offre le moins de prise aux
corps de l'ennemi et qui permet de développer la plus grande quantité de
feux. Comme l'effet de l'artillerie allemande se fera sentir de très bonne
heure, nous verrons l'infanterie française prendre l'ordre déployé à
grande distance de l'ennemi et s'avancer dans cette formation qui deviendra
son ordre habituel d'approche. Rien, dans ces dispositions,, ne révèle un
progrès sur le passé. Le
combat par le feu de toute la ligne commence dès que les tirailleurs ont dégagé
le front. Sous
le 1er Empire, les feux à commandement étaient considérés
comme impraticables au combat ; les lignes n'exécutaient que le feu
de deux rangs à volonté. Le feu à volonté est prévu dans le règlement
de 1869, mais on lui préfère le feu à commandement, recommandé spécialement
en vue de sauvegarder les munitions, dont on redoute le gaspillage par
suite de la mise en service d'un fusil à chargement rapide. Mais
sur les champs de bataille de 1870, les prescriptions du règlement ne sont
pas observées ; on n'exécute que le feu à volonté. La
charge : doit s'exécuter en colonne. Les
bataillons déployés après avoir exécuté des feux, formeront la
colonne double (ancienne colonne d'attaque) et marcheront droit à l'ennemi
sans tirer. On recommande de ne pas prendre le pas de course, contrairement
à certaines habitudes constatées en Crimée et en Italie, et de s'en tenir
au pas de charge pratiqué sous le 1er Empire. Il est
sous-entendu que, si la 1e ligne ne parvient pas à reformer la
colonne pour la charge, celle-ci sera exécutée par des bataillons de la 2e
ligne. L'emploi des grosses colonnes est formellement interdit. La
ressemblance avec 1806 ne pouvait être plus frappante. La
2e ligne a comme n 1806, la mission de renforcer la 1ère
ligne, de la remplacer le cas échéant, ou d'exécuter la charge. Les
localités ont conservé leur prestige en 1870, mais on ne sait plus les
occuper. Au lieu de se borner à tenir les lisières par des tirailleurs et
d'élargir le champ d'occupation à l'extérieur, et celles-ci deviennent
une proie facile pour les projectiles de l'artillerie allemande. C'est
ainsi que, le 18 août, le 94ème de ligne s'enferme tout
entier dans Sainte Marie aux chênes ; de même, le bataillon du 80ème
se borne à occuper la ferme de Saint-Hubert. Au moment de l'assaut de St
Privât, vers 7 heures, 10 bataillons français sont entassés dans le
village. Les
dispositions contre la cavalerie n'ont pas varié. En cas d'attaque de cette
arme, l'infanterie doit recourir aux carrés disposés, soit en échelons,
soit en échiquier, soit obliquement. L'expérience
démontrera que la puissance du fusil permet de résister aux attaques de la
cavalerie à l'aide de dispositions plus élémentaires. Résumé
Cet
examen comparatif nous amène à constater que les prescriptions réglementaires
pour le combat offensif en 1870 ont leur origine en 1806. Mêmes
dispositions en ce qui concerne l'ordre de bataille, l'emploi des
tirailleurs, les marches d'approche en lignes de colonnes, les déploiements
en bataille à proximité de l'ennemi, la formation des colonnes d'attaque,
la charge. Plusieurs
écrivains militaires ont attribué nos échecs de 1870 à l'oubli de la
tradition de 1er Empire. Il y a, dans cette affirmation, une
part de vérité. L'armée française de 1870, bien qu'utilisant les mêmes
formations, n'a aucune des qualités manœuvrières de la Grande Armée de
1806. Elle est victime d'un formalisme étroit qui enlève toute souplesse
à ses formations, brise toutes ses aspirations à l'initiative et engendre
l'inertie. Ayant
perdu l'habitude de la grande guerre, ses chefs ne savent ni faire mouvoir
des masses, ni les faire stationner, ni assurer leur protection. Mais
pour ce qui est du combat de l'infanterie, les procédés réglementaires de
1870 sont une copie servile de ceux en usage dans la belle période de 1er
Empire. S'il y a un reproche à faire à la tactique de combat de
l'infanterie, ce n'est donc pas d'avoir perdu la tradition du 1er
Empire, mais, au contraire, de l'avoir trop bien conservée. D'où vient que
ce qui représente l'état de perfection sous le 1er Empire sera
taxé d'erreur après la guerre de 1870 ? C'est ce qu'un examen
attentif d'un épisode de combat de 1870 va nous faire toucher du doigt. Exécution
Mode
d'action du 2e Corps français le 16 août 1870 (Récit de
l'ouvrage du général Bonnal intitulé : La manœuvre de
Saint-Privat T. II) Situation
à 9 heures du matin – Le corps d'armée est bivouaqué
entre Flavigny et Rezonville par décisions successives, face à l'ouest ;
chaque division sur deux lignes distantes de 200 m ; artillerie et
escadron divisionnaire généralement entre les deux lignes. La
division Bataille (2e) et en tête par brigades accolées ;
à droite la brigade Mengin (12e ch., 23e, 8e),
à gauche la brigade Fauvart-Bastoul (66e et 67e). La
division Vergé (1e) est derrière la précédente par brigades
successives ; en première ligne, la brigade Valazé (3e
ch., 32e, 55e) en deuxième ligne, la brigade Jolivet
(76e et 77e). La
brigade Lapasset[2]
est sur deux lignes au sud de Rezonville, face au sud-est, surveillant le
débouché de la vallée de Gorze et la lisière des bois de St
Arnould et des Ognons. La
réserve d'artillerie et son parc sont au bivouac au S. O. De Rezonville. La
division Laveaucoupet est restée à Metz. Le
service des avant-postes fonctionne conformément aux prescriptions du règlement
de 1832 ; il est constitué par des grand-gardes détachées autour des
bivouacs. Déploiement
du IIe Corps vers 9 h 15
Mis
en alerte par une batterie de la 5e division de cavalerie
prussienne (Rheinbaben), le IIe corps avait pris aussitôt les
armes. Peu de temps après, d'autres corps de canon se faisaient entendre
dans la direction du S.-O.[3]
et une fusillade éclatait vers le vois de Vionville. Les directions menaçantes
imposèrent au IIe corps la forme de son déploiement qui s'exécuta
en éventail autour de Rezonville. Le
général Bataille donna l'ordre à la brigade Mengin de se porter vers
Vionville et Flavigny ; lui-même, se plaçant à la tête de la
brigade Fauvart-Bastoul, la conduisit face au S.O. ; la division Vergé
et la brigade Lapasset se dirigèrent vers le sud. Offensive
de la Brigade Mengin – En exécution de l'ordre
de son général de division, le général Mengin porta sa brigade par régiments
successifs vers la crête à l'est de l'abreuvoir. La brigade était précédée
du 12e chasseurs qui avait l'ordre d'occuper Vionville, ce
qu'il fit sans coup férir. Un bataillon du 28e fut porté vers
le village en soutien des chasseurs. Les cinq autres bataillons de la
brigade Mengin se formèrent en bataille le long su chemin de St
Marcel, à Flavigny la gauche débordant ce hameau vers le sud. Une
fois Vionville au pouvoir du 12e bataillon de chasseurs, le général
Mengin fit déployer un ou deux pelotons de tirailleurs par bataillon,
laissa un bataillon du 8e à la garde de Flavigny et poussa les
quatre bataillons restants l'espace de 400 mètres jusqu'à la ride de
terrain parallèle au chemin de Gorge à Vionville, situé de 600 à 800 mètres
des batteries prussiennes qui viennent de s'établir sur la hauteur du
cimetière de Vionville[4]. Ces
batteries durent rétrograder au plus vite sous le feu de la brigade Mengin. En
même temps, le 12e bataillon de chasseurs contraignait 2
batteries à cheval prussienne à évacuer la hauteur (291) à l'ouest de
Vionville. Les
événements qui précédent s'accomplirent entre 9 h ¾ et 10 h ¼. Jusque
vers 11 h, moment où toute une division d'infanterie prussienne (6e)
entra en action, la brigade Mengin resta figée sur le terrain gagné à 10
heures et qui est dominé de toutes parts à distance de mousqueterie. Retraite
de la brigade Mengin – Vers 11 heures, le 12e
bataillon de chasseurs, aux trois quarts enveloppé dans Vionville, dut évacuer
ce village et se retirer sur Rezonville, entraînant dans sa retraite le
bataillon du 23e qui lui servait de soutien. Un
bataillon du 8e ayant été laissé à la garde de Flavigny, les
quatre bataillons restant de la brigade Mengin virent fondre sur eux, au même
moment, des troupes plus fortes du double, soutenues par une artillerie
nombreuse et tirant juste. Mal
placée sur un terrain n'offrant aucun abri et dominé à courte distance,
la brigade Mengin se replia lestement sur la positon marquée, au sud de
la grande route, parle chemin de Flavigny à St Marcel. Elle
y tint bravement jusqu'au moment, un peu avant midi, où, à bout de forces
et manquant de munitions, elle fut reensillée, à droite, par le 91e,
et à gauche, dans Flavigny même, par le 94e, appartenant tous
les deux à la division Lafont de Villers (6e corps). Déploiement
de la Division Vergé
Pendant
que, de 9 h ¼ à 9 h ½, les grands gardes d'infanterie
du IIe corps refoulaient à coups de fusil deux brigades de
cavalerie prussienne (6e division) au-delà de la crête sud du
plateau de Rezonville, le général Vergé amenait sa division de ce côté. Cet
officier général commença par détacher un bataillon du 55e à
la Maison Blanche (sur le chemin de Rezonville à Gorze), alors que la
brigade Lapasset se trouvait à proximité de ce point. Ensuite,
il fit marcher la brigade Valazé sur deux lignes de bataillons en bataille :
la première, composée de 2 bataillons du 55e, la seconde, des 3
bataillons du 32e. Le 3e bataillon de chasseurs,
campé au nord de la route Metz-Verdun, et qui appartenait à cette brigade,
avait été mis en désordre par les dragons Murat et le convoi de la
division Forton. On retrouvera plus tard ce bataillon sur l'emplacement de
son camps face à Vionville. La
brigade Valazé avait pour point de direction le sommet du mamelon (32°) à
l'ouest de la lisière occidentale du bois de Vionville. La brigade Jolivet,
à gauche et un peu en arrière de la précédente, eut à marcher sur le
bas de Vionville. Les 2e et 3e bataillons du 77e,
en bataille, constituèrent la première ligne de cette brigade. Derrière
eux, venait le 1er bataillon, réserve du régiment, et, plus
en arrière encore, le 76e, en seconde ligne. Le
général Lapasset, dans la crainte de voir l'ennemi surgir du bois de St
Arnould, déploya 2 bataillons face à ce bois et conserva les autres en réserve. L'artillerie
de la division Vergé suivit d'assez loin le mouvement de son infanterie
et ne dépassa pas le mamelon 311-312. Pendant
la marche en avant de la division Vergé, le dispositif initial s'était
un peu modifié. Ainsi,
le 32e avait fortement appuyé à droite (ouest) et un seul
bataillon du 77e (le 2e) avait pénétré dans le bois
de Vionville, tandis que les deux autres s'étaient, échelonnés sur une
profondeur de 1 200 mètres. Le
76e, en deuxième ligne derrière le 77e, continua de
marcher et alla prolonger les 2 ailes du 2e bataillon du 77e
dans les bois et à l'ouest du bois. Brigade
Valazé – Lorsque les deux bataillons
disponibles du 55e, en première ligne de la brigade Valazé,
atteignirent le bord septentrional du mamelon 329, ils virent devant eux, à
400 mètres, une ligne de tirailleurs prussiens (1er et 2e/48e)
dont le feu, éclatant aussitôt, les contraignit à riposter. Le
IIIe bataillon et deux compagnies du IIe bataillon du
76e, quand ils parvinrent, un peu plus tard, entre le 55e
et le bois de Vionville, ouvrirent le feu également. Cet
engagement se produisit vers 9 h ¾. Brigade
Bastoul – Bientôt arrivèrent, à la droite
des bataillons de la brigade Bastoul formée, elle aussi, sur deux lignes
de bataillons déployés en bataille, le 66e, en première ligne,
le 67e en seconde ligne. Vers
10 heures, une batterie prussienne, puis successivement trois autres,
prirent position au bord sud du mamelon 329 et ouvrirent le feu, à 600 mètres,
sur les bataillons du 76e et du 55e qui leur faisait
face. En
présence d'une telle audace, les 3 batteries de la division Vergé, en
position sur le mamelon 311, par conséquent en contrebas et à 1 000 mètres
de leur infanterie, auraient dû se précipiter en avant, mais elles
demeurèrent où elles étaient. Seule
une batterie à cheval de la réserve d'artillerie du IIe corps,
qui avait été mise à la disposition du général Bastoul, rejoignit
l'infanterie, mais elle se retira au bout d'une demi-heure. Première
attaque de prussiens – Au moment, vers 10 h 1/4,
où le 3e bataillon du 66e, précédant un peu les
deux autres[5],
arriva sur l'alignement de la brigade Valazé, il vit, marchant sur lui, un
bataillon ennemi en ligne de colonnes (1er et 2e/48e). Un
feu rapide, suivi d'un court mouvement offensif, rejeta cette troupe en désordre
sur le bois de Gammont, dans lequel elle ne tarda pas à disparaître,
laissant sur le terrain nombre de blessés et de tués. Ses
deux autres bataillons du 66e, bientôt prolongés à droite par
le 67e tout entier, rejoignirent, sur ces entrefaites, leur IIIe
bataillon et s'alignèrent sur lui. Observations
– que les deux bataillons disponibles du 55e et huit compagnies
du 76e, engagés de front contre un ennemi de force à peu près
égale, se soient arrêtés, il le fallait bien, mais la brigade Bastoul,
n'ayant devant elle aucun ennemi en vue, aurait dû continuer son mouvement
en avant. L'aile
gauche des troupes prussiennes qui faisaient face aux bataillons du 55e
et du 76e, étant dépourvue de soutiens et d'une réserve, il
suffisait au 67e de conserver légèrement à gauche (à l'est)
pour prendre en flanc la ligne de combat ennemi. Ce
mouvement, s'il se fut produit, aurait déterminé la retraite précipitée
de toutes les fractions prussiennes alors engagées. L'examen
de la carte montre l'importance capitale qu'il y avait à enlever à
l'ennemi le crête 329-314 et à le rejeter jusqu'au pied des pentes, car il
eut été fort difficile aux prussiens, même en leur supposant des renforts
puissants, de déboucher à nouveau des bas-fonds et de gravir les pentes
sous un feu violent. D'après
ce que l'on sait du caractère et de la capacité manœuvrière des
officiers de la 5e division d'infanterie prussienne, croit-on
que, mis aux lieu et place de leurs adversaires de la brigade Bastoul, ils
seraient restés inertes sur l'alignement de la brigade Valazé. Deuxième
attaque des prussiens – Vers 10 h ¾,
un autre bataillon prussien (1er/52) formé, comme le précédent,
en ligne colonnes, avec fort peu de tirailleurs en avant, apparaît, à
courte distance, devant le front des deux bataillons de gauche du 67e. Accueilli
par une fusillade terrible, ce bataillon chavire et s'enfuit vers le vois de
Gaumont ; il fut suivi, mais on immédiatement, par le 3e
bataillon du 67e, dont deux compagnies pénétrèrent dans le
couvert, atteignit une clairière, et, une fois là, furent mises en déroute
par un feu de mousqueterie soudain, violent et rapproché. Troisième
attaque prussienne – Entre 10 h ¾ et 11 heures, alors que le 3e
bataillon du 67e reprenait sa place dans la ligne de bataille, à
son retour du bois de Gaumont, une nouvelle attaque
prussienne (2e
et 3e/12e et
2e et 3e/ 52e), beaucoup plus forte que les
deux précédentes, surgit à quelques centaines de mètres du front des 2e
et 1er bataillons du 67e. Pourvue
de tirailleurs assez nombreux, cette attaque provoqua, par le feu, un léger
recul du 67e, et en profita aussitôt pour avancer résolument,
tandis qu'un bataillon en échelon de gauche (ouest) avancé, se rabattait
dans le flanc droit de ce régiment, lequel dut plier sans espoir de
retour. Le
32e (brigade Valazé), en deuxième ligne, se maintint quelque
temps encore sur son terrain et, par son tir enraya un peu la poursuite de
l'ennemi. Le 66e, découvert sur son flanc droit, et manquant de
munitions, fut entraîné en arrière par le mouvement de retraite du 67e. Enfin,
le 55e et l'aile droite du 76e, très éprouvés par
les Faisaient
face, reculèrent de quelques centaines de mètres, jusqu'à un pli de
terrain susceptible de l'abriter, mais n'y firent qu'un arrêt de courte durée. Vers
11 h ½, les brigades Bastoul et Valazé, abîmées par les obus
des deux grandes batteries prussiennes du mamelon 329 et de la hauteur de St
Marie, étaient en pleine retraite sur Rezonville. Seul
la brigade de Jolivet, après l'évacuation du bois de Vionville par les
factions qu'elle y avait envoyées, put se maintenir en majorité (17e
et demi 76e) sur le plateau 312-311, nord du bois de Vionville.
Elle avait à sa gauche (à l'est) la brigade Lapasset qui surveillait le
bois de St Arnould et celui des Ognons. Ravages
produits par l'artillerie prussienne – Deux
batteries prussiennes (6e division d'infanterie) prirent
position vers 10 h ½ sur la hauteur de Ste Marie et
tirèrent sur le 32e, ainsi que sur le 67e formant
l'aile droite de la brigade Bastoul... Les
deux batteries prussiennes furent rejointes, à 10 h ¾, par trois
batteries à cheval[6]
et, à partir de ce moment, il y eut cinq batteries prussiennes en action,
à la distance de 1 500 mètres, contre les bataillons du 67e
et du 32e, ces derniers en deuxième ligne. Les
ravages qu'elles firent, surtout dans les rangs du 67e, furent
horribles[7]. C'est
à cette circonstance qu'il convient d'attribuer, pour une grande part, le
succès de la troisième attaque d'infanterie prussienne. Commentaires
sur l'engagement du IIe corps
La
manœuvre – La brigade Mengin marche au combat
vers Vionville et la hauteur du cimetière. Suivant les habitudes de l'époque,
les objectifs ne sont pas répartis par unité ; la direction est donnée
à un bataillon sur lequel tous les autres bataillons doivent s'aligner. Arrivée
au chemin de St Marcel à Flavigny, la 1e ligne s'arrête
pour donner le temps au régiment de queue de se porter à sa hauteur. Alors
une ou deux compagnies par bataillon, sur l'ordre du général de brigade,
se portent à quelques centaines de mètres en avant pour former les
tirailleurs. Dès que le dispositif est formé, le général Mengin pousse
sa brigade à la petite crête à l'ouest de la ligne Flavigny-l'Abreuvoir.
Les tirailleurs s'y installent d'abord et sont bientôt rejoints par le
reste de la ligne. Pour obtenir l'ensemble et l'alignement sans lesquels
l'infanterie croirait marcher à sa perte, le commandant de la brigade,
qui ne peut se faire entendre à la voix sur une ligne aussi étendue, fait
sonner la charge. La brigade fait son bond et ouvre le feu. Le
feu de cette ligne oblige les batteries ennemies à rétrograder ; néanmoins,
la brigade reste figée sur un terrain défavorable alors qu'un nouveau
bond, exécuté sans la moindre danger, pouvait la mettre en possession
d'une position très avantageuse pour la continuation de la lutte. Une deuxième
sonnerie aurait, sans doute, entraîné la brigade ; elle ne se fit pas
entendre. De
même, le 12e bataillon de chasseurs, qui a réussi à déloger
deux batteries ennemies, ne pousse pas plus loin son succès et laisse la 3e
batterie du major Köber se maintenir en position sur la hauteur 297. Vers
10 h ¼, la brigade Bastoul rejoint la brigade engagée vers le
sud ; un des bataillons de la première brigade, le 3e/66e,
obéissant à une inspiration offensive, rejette un bataillon prussien vers
les voies de Gaumont. La brigade va-t-elle tirer parti de ce succès et
continuer le mouvement pour s'assurer la possession de la hauteur
329, ou, tout au moins, pour chercher à envelopper la ligne ennemie
aux prises avec la brigade Valazé ? Non, elle s'alignera sur cette
dernière. Vers
10 h ½, la hauteur du signal de la Vierge commence à se garnir
d'artillerie. Cette artillerie ne tarde pas à occasionner des pertes sérieuses
aux 67e et 32e régiments qui forment la droite des
troupes engagées vers le sud. On pouvait détacher un bataillon du 67e
vers cette hauteur pour s'en emparer ; la manœuvre s'imposait et elle
était facile à réaliser, puisque l'ennemi n'avait pas d'infanterie de ce
côté ; on eut en outre évité le massacre inutile de deux régiments. A
la suite de ce résumé, deux remarques s'imposent : 1.
Les chefs n'ont ni esprit offensif, ni initiative ; 2.
La troupe n'a aucune aptitude manœuvrière. La
deuxième remarque est, d'ailleurs, la conséquence de la première. L'absence
d'esprit offensif et d'initiative n'est pas particulière à tel ou tel
chef, on la constate dans toute l'armée, à tous les degrés de la hiérarchie.
Il existe quelques exceptions, mais elles sont rares. Un
tel état d'inertie, un tel manque d'aptitude manœuvrière, ne peuvent
s'expliquer par les lacunes que nous avons relevées en faisant l'analyse
des règlements. Ces derniers ne doivent pas supporter toute la
responsabilité du peu d'aptitude manœuvrière de l'infanterie[8].
Un règlement consacre les idées en cours, il ne joue pas, en général, le
rôle d'initiateur. Pour
juger l'armée française de 1870, il est nécessaire de remonter plus haut. L'armée
française est un instrument de guerre défectueux parce que : 1.
Elle n'a pas de cerveau, 2.
Son instrument n'est pas dirigé en vue de la guerre. L'armée
n'a pas de cerveau, c'est à dire pas de commandement supérieur à la
hauteur des exigences de la guerre, pas d'organe spécial chargé, en
temps et paix, de diriger l'instruction des troupes, de préparer leur
mobilisation, leur concentration d'étudier les moyens de les faire vivre,
stationner, mouvoir, combattre, et, e, guerre, de fournir des auxiliaires éclairés
au commandement. Si
le commandement a été inférieur à sa fonction en 1870, la faute en
incombe, pour une grande part, aux institutions. L'armée n'ayant pas de
centre d'instruction, les généraux doivent se former seuls, d'après leurs
propres observations. Or, les occasions d'observer des faits de guerre se présentent
rarement et la méthode d'observation directe ne suffit pas à former des
chefs. Il faut emprunter à l'histoire un certain nombre de faits observés,
d'où quelques commentateurs avisés tirent la substance qui doit servir à
échafauder une doctrine de guerre. Ce n'est pas tout ; les principes
une fois posés, il faut les soumettre à une application raisonnée, les
discuter en commun et en faire sortir les directives qui doivent servir à
la préparation des troupes à la guerre. Ainsi apparaît la nécessité
d'un centre d'instruction destiné à répandre dans l'armée des éléments
de travail et de discussion dont profiteront le commandement supérieur et
les organes chargés d'assurer l'exécution de ses desseins. L'infanterie a
eu dans le maréchal Bugeaud un instructeur remarquable, mais les
enseignements de cet homme de guerre datent de l'époque où le fusil se
chargeait encore par la bouche. Le maréchal ne pouvait donc qu'améliorer
et expliquer les procédés du 1er Empire ; c'est ce qu'il
a fait d'une façon magistrale. L'armée
de 1870 ne possède donc pas de cerveau ; en outre, son instruction
n'est pas dirigée en vue de la guerre. Comment pourrait-il, d'ailleurs en
être autrement, puisque personne n'enseigne la guerre ? L'infanterie
se borne à accomplir certains rites qu'elle a hérités du passé et
qu'elle conserve avec un soin jaloux : elle ne manœuvre que sur les
places d'armes. Ses éléments apprennent à se disloquer et à se
resserrer à des intervalles et à des distances rigoureusement exacts. Ils
ne savent ni utiliser le terrain pour cheminer, ni traverser les bois, ni
occuper des points d'appui, ni se garder. Ils ignorent la manière de se
porter vers un objectif déterminé et de participer à une action commune,
tout en se réservant le choix des moyens les plus propres à assurer le succès.
Le perpétuel alignement auquel ils sont assujettis brise toutes les
initiatives, tous les élans, enlève la vie à l'organisme tout entier. Dans
la 2e partie de la guerre, pour atténuer les effets de l'infériorité
manœuvrière des bataillons de nouvelle levée, en aurait pris
l'habitude, dans les troupes du général Chanzy, d'exécuter les marches
d'approche en ordre préparatoire au combat, sans avoir à faire aucune manœuvre
préalable que l'on considérait comme dangereuse en présence de l'ennemi.
On promenait ainsi sur le terrain un immense râteau dont une partie
risquait de rester sans emploi. On espérait compenser cet inconvénient
par une grande supériorité numérique. Voilà à quel genre d'expédiant
des troupes non-manœuvrières obligent à recourir. Combien
l'infanterie de 1806 était supérieure à celle de 1870 ! C'est que la
première possédait précisément les vieux avantages qui manquaient à
la deuxième ; elle avait un cerveau et une grande aptitude manœuvrière
acquise par la pratique constante de la guerre, pratique qu'il lui était
d'ailleurs loisible d'entretenir pendant les périodes de paix, puisque la
Grande Armée restait en permanence. Le
combat
Action
des tirailleurs – Nous avons dit que la méthode
de combat de 1870 était imitée de 1806. Il apparaîtra bien vite que cette
méthode n'est plus appropriée aux armes se chargeant par la culasse
L'instruction de 1867, qui dénonce l'action prépondérante du feu, ne
considère pas que le feu des tirailleurs soit capable de tenir en échec
une troupe s'avançant en ligne ou en colonne. Elle voit dans le feu des
tirailleurs un élément de préparation, non de combat. Les faits se
chargeront de démontrer, au contraire, que des tirailleurs convenablement
postés sont parfaitement capables d'arrêter des lignes ou des colonnes. C'est
qu'en effet la vitesse de tir et la portée du fusil se sont accrues dans
des proportions considérables ; les tirailleurs ont un tir plus précis
que les hommes du rang ; ils ne sont pas, au même degré que ces
derniers, énervés par le bruit des détonations, gênés par la fumée ;
ils utilisent mieux les abris du sol. L'arme nouvelle favorise le chargement
et le tir dans la position couchée ; il en résulte une diminution
de vulnérabilité, et , par conséquent, une augmentation de la valeur du
tireur. Contrairement
au principe posé par l'instruction de 1867, l'ordre déployé sur deux
rangs ne représente donc plus la formation qui offre le moins de prise
aux projectiles de l'ennemi, tout en permettant de développer la plus
grande quantité de feux. La formation le plus avantageuses pour le combat
par le feu est devenue la ligne sur un rang. Les
balles qui ont fauché les brigades de la garde prussienne, marchant le 18
août à l'attaque de St Privat, provenaient de fractions françaises
établies sur un rang, ou même
en tirailleurs, à la crête du plateau. Les
unités tapies sur un rang dans les fossés de la route du Point du jour
avaient la conviction qu'elles se suffisaient à elles-mêmes ; elles
appréciaient peu l'arrivée des renforts qui attiraient sur elles le feu de
l'ennemi et prenaient leurs places dans les abris ; elles ne réclamaient
que des cartouches. Les
tirailleurs ont montré qu'ils possédaient la force de résistance. Les
tacticiens d'avant 1870, déniant aux tirailleurs cette force de résistance,
étaient encore bien moins disposés à leur accorder la capacité
offensive. Dans la première partie de la campagne, il n'existe pas
d'exemples d'attaques françaises exécutées en tirailleurs. Action
de la ligne – D'après les règlements, le véritable
combat de feu doit être mené par une ligne pleine tirant sur deux rangs
debout ou à genou, (le tir couché n'étant possible que sur un rang). Les
troupes du IIe corps engagées le 16 août autour de Rezonville
nous montrent ce qu'est ce combat de feu exécuté sur deux rangs dans
l'offensive : Lorsque
les lignes se sont péniblement
rapprochées à 400 ou 300 mètres de l'ennemi, elles s'immobilisent et
tirent dans l'espoir que leur feu suffira à provoquer la retraite de
l'ennemi. Leur vulnérabilité toujours croissante marque le trame de leur
progression, et, quand elles jugent qu'elles ont subi assez de pertes ou
qu'elles sont sur le point d'épuiser leurs munitions, elles prennent généralement
le parti de se retirer. Malgré leur manière défectueuse de combattre,
ces troupes ont eu néanmoins des occasions de remporter quelques succès ;
leur passivité les a empêchées de mettre ces occasions à profit. En
ce qui concerne l'exécution des feux de ligne, il est à remarquer que les
salves prescrites par le règlement sont complètement délaissées. Les
combattants de 1870, pas plus que ceux de 1806, n'ont assez de calme et de
sang-froid pour exécuter des feux à commandement. Le seul feu possible au
combat est le feu à volonté. Les règlements n'en continueront pas moins
à entretenir dans l'infanterie l'illusion que les feux à commandement
peuvent être exigés. Les
longues lignes pleines, debout ou à genou, offrent à l'artillerie et à
l'infanterie ennemie des objectifs sont la vulnérabilité, quoique inférieure
à celle de la colonne, n'en est pas moins, très considérable. Les lignes
seront avantageusement remplacées par les tirailleurs, à qui
l'augmentation de la vitesse du tir et de la portée des armes vient de
donner une supériorité manifeste. Les combat en lignes pleines en 1870 est
devenu un anachronisme. Action
des colonnes – Le règlement prescrit d'exécuter
la charge en colonne. Il recommande l'emploi des petites colonnes, à
l'exclusion des grosses colonnes analogues à celles de la fin du 1er
Empire. Il
a été reconnu, de tout temps, que le nombre exerce une influence considérable
sur la vigueur avec laquelle un assaillant donne l'assaut. Que l'on cherche
à agglomérer ce nombre sous une forme qui favorise l'élan de la troupe,
rien de mieux, puisque, dans cette circonstance, ce n'est plus de feu qu'il
s'agit, mais d'action morale. Ce
que l'on peut reprocher au règlement, c'est d'avoir fait de la charge en
colonne une obligation. Il
y a eu des charges en colonne sous le 1er Empire ; on en
trouve quelques exemples en 1870, principalement dans la défensive, sous
forme de contre-attaques : le 6 août, à Froeschviller, et le 16, au
ravin de la Cuve (division Cissey). Peut-être y en aura-t-il encore dans
l'avenir si les circonstances s'y prêtent. Mais il est à prévoir que ces
charges en colonne seront de plus en plus rares, parce qu'elles exigent un
ensemble de conditions de plus en plus difficiles à réaliser avec les
perfectionnements constants de l'armement. La
plus grande difficulté, en effet, est d'amener la colonne à distance de
charge. A l'époque du fusil lisse, la distance de charge correspondait à
celle des feux décisifs, 200 mètres environ. Au-delà de cette distance,
le feu n'avait plus aucune régularité. On pouvait donc amener, sans trop
de difficultés, des troupes en colonne pour donner l'assaut, puisqu'elles
n'étaient exposées qu'à des coups de hasard. La
distance à laquelle une troupe peut se lancer à l'assaut tend à diminuer
avec la puissance des armes à feu et à se maintenir en deçà de 200 m
(distance que le fantassin peut parcourir d'un seul bond)/ Or, la distance
des feux décisifs du fusil modèle 1866 est aux environs de 400 mètres, de
300 mètres pour le fusil Dreyse. En réalité, cette zone est beaucoup plus
considérable car la puissance meurtrière de l'armement de 1870 ne cesse
pas brusquement au-delà de 200 mètres, elle est, au contraire, uniformément
décroissante. L'expérience prouve, qu'en terrain découvert, tout le
trajet, à partir de 600 m pour le Dreyse, de 800 m pour le Chassepot,
constitue une zone meurtrière interdite aux gros paquets. Il en résultera
qu'à moins de circonstances de
terrain exceptionnellement favorables, qui permettront d'amener des colonnes
à distance de charge, les assauts seront donnés par des troupes en débandade. Quant
à remettre en colonne au moment de l'assaut comme le prescrit le règlement,
une troupe qui aura mené le combat par le feu, cette manœuvre possible
quelquefois en 1806, est devenue en 1870 une utopie que s'éloignera de plus
en plus de la réalité. En
somme, les procédés réglementaires pour le combat offensif font complètement
faillite sur les champs de bataille de 1870. [1] Les corps d'armée et les divisions ne sont pas constitués en temps de paix. Les divers éléments qui entrent dans la composition de ces groupements s'ignorent entre eux. Les généraux appelés à les commander ne sont même pas désignés et les troupes entrent en campagne avec des chefs qu'elles ne connaissent pas et dont elles ne sont pas connues. [2] Cette brigade provenant du Ve corps a été rattachée au IIe. [3] C'était une batterie à cheval de la 6e division de cavalerie qui venait s'établir en signal de la statue de la Vierge. [4] Le général Mengin réussit à faire exécuter ce bond en faisant sonner la charge. [5] Arrêtés momentanément à hauteur de la grande garde sur le chemin de Rezonville à Chambley. [6] Deux de l'artillerie de corps du IIIe corps et une de la 6e division de cavalerie. [7] Pertes du 67e : Officiers tués 8, blessés 18 ; hommes tués 54, blessés 426, disparus 296. Sur 411 blessures d'origine connue, 315 proviennent de l'artillerie et 96 seulement du fusil. C'est là un fait absolument anormal et caractéristique si on le rapproche de tous les faits semblables sur lesquels on possède une statistique complète. Dans les grandes batailles autour de Metz, la proportion des pertes fait ressortir pour les blessures d'origine connue : fusil 84 % ; canon 16 %. [8] Le règlement de 1791 avait des lacunes et cependant la Grande Armée de 1806 était manoeuvrière.
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